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encore; qui reviendront et qui repartiront toujours jusqu’à ce qu’il n’y ait plus dans les highlands que des vieillards, des petits enfants et des femmes, proie facile pour la haine dévorante de l'Anglais !
Il se tut. C'était du {eu qui coului lan: les veines des Ogilvie.
On ne sait pas ce que le Mac-Entyve avait rele à son vin, à son ale et à son whi:\ cela brûlait, Avant que lo huïiti sonné à Saint-Clément, tous les ns avaient quitté l’auberge de la Rerxc d il ne restait que l’hôte et Alpine la Duncaw.
Les autres allaient par les rues incor :"°s de Londres, cherchant les logis des soldats de la Garde-Noire.
Ce fut comme un tocsin sonné à bas bruit.
Vraie ou fausse, l’histoire de Duncaw était bien choisie pour frapper fortement ces naïfs esprits. Vers onze heures avant minuit, les six compaunies, moins les capitaines et quelques officiers supérieurs, étaient réunies dans les terrains déserts qui s’étendaient alors au delà de l’hôpital de Hoxton. Elles se mirent en marche silencieusement vers le nord. La litière de l’enseigne Duncaw était au milieu du groupe formé par ceux qui retournaient au clachan de Gléneil.
— L'accusation portée contre le roi avait trouvé créance, parce que le roi avait menti.
On croit tout d’un menteur.
La Garde Noire, désormais, méprisait.le roi.
Elle ne se révoltait point, elle n’essayait pas de venger les outrages reçus; forte des termes de son engagement, seul pacte qui la liât au gouvernement de l’Angleterre, elle regagnait purement
et simplement la frontière des highlands, son poste officiel. Chaque soldat était gentilhomme par la naissance et volontaire par le texte même de sa lettre de service, revêtue du sceau du roi. Le roi n'avait pas le droit de les appeler au delà du Forth. Le roi s'était abaissé jusqu'au subter fuge, et ils sont plus infûmes, assurément, les pièges que l'on tend du haut du trône. Il n'\ avait point ici de déserteurs.
Le froid de la nuit et limportance de la décision qu'ils venaient de prendre avaient chassé les fu mées du vin. Les Ogilvie étaient calmes et gar daient conscience de Ja responsabilité qui pesai! sur eux, Ils marchaient en avant, et le premier de tous était Sauhder Ogilvie, laird de Bade “aigh, bien qu'il fût seulement second sergent de la compagnie Frazer. La Garde Noire tout en tière reconnaissait momentanément son autorité et suivait le sombre éclair de sa hache dont l'a cier large et poli brillait sur son épaule.
Cette nuit-li même, ils atteignirent et dépas sèrent la ville d'Hertford, à huit lieues de Lon dres, Ils bivouaquèrent, au lever du soleil, dan un bois épais. Leur espoir n'était pas de dissi mauler leur retraite, mais ils voulaient, autant! qu epossible, éviter la nécessité de combattre.
Pendant les premiers jours, aucun signe n’an nonça qu'ils fussent poursuivis. IIS payaient scrupuleusement tont le long du chemin le pain et l'ale, car la modicité de leurs ressources les forçait à une extrême frugalité Ils se mon traient le moins possible et ne marchaient qu’en tre le coucher et le lever du soleil. L'enseigne Duneaw connaissait le pays et savait Gviter les grandes routes. De sa litière, où la souffrance: le tenait cloué toujours, il donnait la direction
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à Baderaigh.
La huitième nuit après le départ de Londres, les sentineiles ouirent, au loin, le bruit tout particulier que produit la marche d'un corps de cavalerie. régulière. C'était dans un bois épais, à quelques lieues d’'Halifax; on avait fait déjà les deux tiers du chemin de Londres à la frontière d'Écosse, et certes, une fois parvenue au delà du solfe de Solway, la Garde Noire savait où trouver des amis.
Des éclaireurs furent envoyés; un régiment de dragons les devançait désormais.
Sur le conseil de Duncaw, les gens du Reicudan-Dhu gardèrent le même bivouac deux nuits de suite, pour laisser aux dragons le temps de s’éeaurer. La deuxième nuit, Baderaigh fut éveillé par une voix qui prononça son nom. Trois homnes enveloppés de longs manteaux étaient près de lui sous le toit de feuillage qu'il s'était fait. Il reconnut deux des convives de laird Angus Ogilvie: Duncan de Lenagh et Douglas de Glencairn,
Le visage du troisième se cachait sous les larses bords de son feutre,
Ce fut le troisième personnage qui parla et qui dit:
— Naunder Ogilvie, j'ai vu tomber ton père auprès de moi dans la bruyère de Sherif-Moor. (‘était un gentilhomme et un chrétien. Asiu sardé la foi de ton père?
Baderaigh se frotta les veux, car il croyait rêver en voyant les partisans de Stuart au coeur nmôme de l'Angleterre.
— Que Dieu et la Vierge soient bénis! murmura-t-il. Longue vie au roi Jacques et à son
fils bien-aimé !
Les trois cavaliers lui prirent la main tour à tour, et le dernier, qui était l’inconnu, la garda entre les siennes.
— Saunder Ogilvie, reprit-il, Les braves soldats de la Garde Noire ont confiance en toi et te suivront où tu voudras les conduire. Il y a de l’autre côté du Forth cinquante mille claymores qui hésitent à sauter hors du fourreau. Si le Reicudan-Dhu se déclarait pour la bonne cause, l’Ecosse entière serait entraînée et le roi reprendrait sa couronne.
— Je ne suis qu’un sergent, répliqua Baderaigh; je ne puis répondre que pour moi.
— Réponds doac pour toi, Saunder Ogilvie, s’écria l'inconnu le prenant au mot, et souvienstoi de ton père!
Baderaigh avait quitté sa couche de feuilles et se tenait debout au milieu des trois jacobites. Il resta un instant silencieux et recueilli en luimême.
— Voici ce que je réponds pour moi, dit-il enfin; le pain de mon dernier repas était à Georges de Brunswick. L’étoffe de mon vêtement lui apvartient et aussi le fer de ma hache. Laissez-moi rentrer en ma maison de Gléneil. Je jetterai au vent les lambeaux de ce Æilt et j'enterrerai ma hache sous la bruyère. Je ne serai plus un soldat; je serai un Ecossais libre Venez me cher cher alors au nom de Stuart et vous aurez tout mon sang.
L’inconnu lâcha su main et se drapa dans les plis sombre de son manteau.
— Baderaigh, prononça solennellement Duncan de Lenagh, je t'ai dit une fois déjà ton ave air. Il y a loin d’ici jusqu’au Ben-Nevis, et tu ne reverras jamais ton manoir de Gléneil!
Douglas de Glencairn ajouta :
— Nous t’apportions pour aujourd’hui le salut, pour demain la fortune. Que ton malheur retombe sur toi!
Quand ils se retirèrent, Baderaigh prêta l’oreille, mais les sentinelles ne crièrent point: Qui rive! Baderaigh se mit à genoux et pria. Il avait agi contre son penchant. Sa conscience de soldat lui criait: “Rien n’excuse la trahison. ”
Le lendemain, circonstance qui devait avoir
es suites fatales, plusieurs officiers et soldats du Reicudan-Dhu lui demandèrent d’où venait ce bruit qu'on avait entendu derrière les branches coupées qui lui servaient de tente. Saunder Ogilvie ne voulut point révéler le secret des trois jacobites et refusa de répondre. Il donna le signal du départ, mais il avait un poids sur le coeur et ses compagnons le regardaient avec défiance.
Trois nuits encore de marches forcées et les compagnies, après avoir évité Carlisle, atteignirent l’extrémité septentrionale du comté de Cumberland et les confins de l'Angleterre. Saunder Ovilvie voulait gagner au nord-est vers Selkirk, éloigné à peine de quinze lieues, mais l’influence de l'enseigne Duncaw avait grandi dans ces derniers jours et l’on se fiait de plus en plus à sa parfaite connaissance du pays.
Bien qu'aucun passage de tronpes n'eût été sisnalé depuis le bivouac d'Halifax, on avait désormais Ja certitude d'être ponrsnivis.
Duncaw déclara qu'il savait un chemin à la fois plus court et plus sûr en côtorant, vers le nord-ouest, les terrains appelés Soliway-Moras {maréeages de Solwav). Le quatrième jour, après une traite de quelques heures seulement,
les six compagnie furent obligées de s'arrêter parce que le passage devenait impraticable.
La colonne s'était égarée et avait donné en plein marais.
La nuit était noire et sans lune; rebrousser chemin au milieu de ces champs de roseaux où l’on enfonçait jusqu'au genou eût été une extra. vagante entreprise, On campa sur un tertre que les vieilles souches de saules avaient élevé audessus du niveau humide et l'on attendit la lumière.
On devait profiter du petit jour pour regagner l'abri du bois. ;
Dunecaw avait coutume de coucher sur un brancard. Quand les premières lueurs de l'aube blanchirent les nuages, on alla réveiller l'enseigne. Sa litière était vide. 11 avait disparu. L’étrangeté du fait S'angmentait par cette circonstance que l'enseigne ne pouvait faire un pas sans l'aide de deux amis qui le sontenaient à droite et à gauche. Cependant il avait disparu senl. Personne, excepté Ini, ne manquait à l'appel
Le crépuscule éclairait déjà les objets voisins, tandis qu'une brume légère et floconneuse en. chaït l'horizon comme un voile. Nos fugitifs, re gardant antour d'eux, virent qu'ils étaient au milieu d'une mer de roseaux dont los tiges balancées ondulaient lentement à la brise du matin. fl était facile de retrouver sa route, car la marche nocturne avait laissé dans ce vert océan une noire et large trouée,
Les gens du Reieudan-Dhu firent rapidement leurs préparatifs de départ. A l'instant où l'avant-garde allait quitter pour rentrer dans les marécaiges, une rafale balava le brouillard vers
le nord-ouest et montra les eaux de la Solway, rétléchissant l’aurore comme un miroir immense.
Selon l’assertion de Duncaw, souvent répétée pendant l'étape de la veille, on devait être à ‘douze ou quinze milles de la mer,
Vingt bouches à la fois murmurèrent le mot trahison, et comme Saunder Ogilvie, obstiné dans Mi Confiance, se faisait encore l'avocat du Mac- Alpine, plus d'un regard soupçonneux se déiourna de Jui. On se souvenait des voix entendues dans sa retraite, la seconde nuit passée au bivouac d'Halifax.
La brume allait toujours devant le vent, dé couvrant peu à peu l'horizon. Il v avait de l'eau au nord et à l’ouest, de l’eau encore, une eau terne et bourbeuse, vers l'est. Le sud seul était ouvert. Le soldat Mac-Rea dit tout à coup:
--Je ne sais si je rêve. Il me semble voir des canons de mousquet briller là-haut dans la bruvere!
Son doigt étendu montrait la colline qui s'étendait vers le midi, dans la direction de Carlisle,
— Des carabines et des casques! ajouta l'enseine Mac-Pherson, Que Dieu nous stuve, car l'homme nous a trahis!
Trois cavaliers descendaient la montée an valp. Le premier, qui portait un costume d'officier, agitait dans sa main un drapeau parlementire. Une dernière rafale balava au loin le nuage qui convrait un tiers de l'horizon, et la “montagne tout entière resplendit aux rayons “bliques dn soleil levant, car, de la base an somnet, y avait du cuivre, de l'acier ou de l'or: deux escadrons de dragons de Bedfort, le 7e ré- “iment d'infanterie de ligne, dit le 2e irlandais,
et trois batteries d’artillerie légère, dont les noirs canons avaient leurs gueules de bronze ouvertes sur le bivouac même du Reicudan-Dhu.
Sir Henry Stapleton, du comté de Surrey, capitaine-lieutenant aux dragons de Bedford, ar rêta son cheval au pied du tertre et dit :
— Gentlemen, rendez-vous an nom du roi!
Vous êtes soldats et il ne vous faut qu’un cou: d'oeil pour voir que la retraite vous est fermée. Nous sommes soldats et nous vous traiterons dans votre malheur selon les lois de la fraternité militaire,