‹ Le règne animal distribué d'après son organisation (volume 2)Chapitre 33 sur 86 · DISTRIBUTION · texte numérisé non relu

DISTRIBUTION

DES ANBHAUX ARTICULES EN QUATRE CLASSES.

Les animaux articulés , qui ont entre eux des rapports aussi variés qao nombreux, se présentent cependant sous quatre formes principales, soit à l'intérieur , soit a rcxtcrieur.

Les AiiivtLiBBs, I^aro., ou Vers a sahg rovgb, Cut., constituent la première. Leur sang, généralement coloré en rouge , comme celui des animaux ver-

(1) Une découverte remarquable à ce sujet est celle de Uérold, que dans Tœuf df« Crustacés et des Arachnides, le vitellus cummunique par le dos avec rintéricur. Voyei sa disseri. sur Pœurdes Arnignces, Narburg, 1824, cl celle de Rathko, sur Tœuf dos Ecrcvisses, Lcipsig, 1820.

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tebrés , circule dans un système double et clos d'artères et de veines , qui a quelquefois un ou plusieurs cœurs ou ventricules charnus, assez marqués; il respire dans des organes qui tantôt se développent au dehors, tantôt restent à la surface de la peau ou s'enfoncent dans son intérieur. Leur corps , plus ou moins alongé , est toujours divisé en anneaux nombreux , dont le premier, qui se nomme tête^ est à peine différent des autres, si ce n'est par la présence de la bouche et des principaux organes des sens. Plusieurs ont leurs branchies uniformément répandues sur la longueur de leur corps ou sur son milieu ; d'autres , et ce sont en général ceux qui habitent des tuyaux , les ont toutes à la partie antérieure. Jamais ces animaux n*ont de pieds articulés; mais le plus grand nombre porte au lieu de pieds des soies ou des faisceaux de soies roides et mobiles. Us sont généralement hermaphrodites , et quelques-uns ont besoin d'un accouplement féc4>roque. Leurs organes de la bouche consistent tantôt en mâchoires plus ou moins fortes , tantôt en un simple tube ; ceux des sens extérieurs en tentacules charnus , et quelquefois articulés , et en quelques points noirâtres, que l'on regarde comme des yeux^ mais qui n'existent pas dans tontes les espèces.

Les CiosTACts constituent la seconde forme ou classe des animaux articules. Ils ont des membres articulés , et plus ou moins compliqués , attachés aux côtés du corps. Leur sang est blanc ; il circule par le moyen d'un ▼entricale''chamu , placé dans le dos , qui le reçoit des branchies situées sur les côtés du corps , ou sous sa partie postérieure , et où il retourne par nn canal ventral , quelquefois double. Dans les dernières expèces, le cœur on Tentricule dorsal s'alonge lui-même en canal. Ces animaux ont tous dc^ antennes ou filaments articulés , attachés au-devant de la' tète , presque toujours au nombre de quatre , plusieurs mâchoires transversales , et deux yenx composés. Cest dans quelques-unes de leurs espèces seulement que Ton trouve une oreille distincte.

La troisième classe des animaux articulés est celle des Arachnides, qui ont, comme un grand nombre de Crustacés, la tête et le thorax réunis en une seule pièce, portant de chaque côté des membres articulés, mais dont les principaux viscères sont renfermés dans un abdomen attaché en arrière de ce thorax; leur bouche est armée de mâchoires, et leur tête porte des yeux simples, en nombre variable; mais ils n'ont jamais d'antennes. Leur circulation se fait par un vaisseau dorsal qui envoie des branches artérielles , et en reçoit de veineuses ; mais leur respiration varie , les lins ayant encore de vrais organes pulmonaires, qui s'ouvrent aux côtés de l'abdomen , les autres recevant l'air par des trachées , comme les Insectes. Les uns et les autres ont cependant des ouvertures latérales , de vrais stygmates.

Les IiisBCTES sont la quatrième classe des animaux articulés , et en même temps la plus nombreuse de tout le règne animal. Excepté quelques genres (les Myriapodes) dont le corps se divise en un assez grand nombre d'articles à peu près égaux , ils l'ont partagé en trois parties : la tête qui porte les antennes , les yeux et la bouche ; le thorax ou corselet qui porte les pieds et les ailes quand il y en a ; et l'abdomen qui est suspendu en arrière da thorax et renferme les principaux viscères. Les insectes qui ont des ailes ne les reçoivent qu'à un certain âge, et passent souvent par deux formes plus ou moins différentes avant de prendre celle d'Insecte ailé»

Dans tous leurs ëtâts ils respirent par des trachées, c'e8t4-dire par des vaisseaux élastiques qui reçoivent Tair par des stygmates percés sur les côtés , et le distribuent en se ramifiant a l'infini dans tons les points da corps. On n'aperçoit qu'un vestige de cœur , qui est un vaisseau attaché le long du dos, en éprouvant des contractions altematives, mais auquel on n'a pu découvrir de branches ; en sorte que l'on doit croire que la nutrition des parties se fait par imbibition. C'est probablement cette sorte de nutrition qui a nécessité l'espèce de respiration propre aux Insectes, parce que le fluide nourricier qui n'était point contenu dans des vaisseaux (l), ne pouvant être dirigé vers des organes pulmonaires circonscrits pour y chercher l'air , il a fallu que Tair se répandit par tout le corps pour y atteindre le fluide. C'est aussi pourquoi les Insectes n'ont point de glandes sécrétoires , mais seulement de longs vaisseaux spongieux qui paraissent absorber, par leur grande surface et dans la masse du fluide nourricier, les propres sucs qu'ils doivent produire (S).

Les Insectes varient à l'infini par les formes de leurs organes de la bouche et de la digestion , ainsi que par leur industrie et leur manière de vivre. Leurs sexes sont toujours séparés.

Les Crustacés et les Arachnides ont été long-temps réunis avec les Insectes sous un nom commun , et leur ressemblent à beaucoup d'égards pour la forme extérieure et pour la disposition des organes du mouvement, des sensations et même de la manducation.

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