‹ Le règne animal distribué d'après son organisation (volume 3)Chapitre 17 sur 101 · TOME 2, à · texte numérisé non relu

TOME 2, à

cée qui caractérise les galéotes. La peau de la gorge est lâche, plissée en travers ,: et susceptible de renflement.

L'Agame des Colons de Daud. (Séb. I, cvir, 3.) (1)

Est brunâtre, porte une très-petite rangée d'épines sur la nuque, et quelques groupes autour de Poreille. Ce saurien vient de la Guiane.

TL'Agame hérissé de la Nouvelle- Hollande. ( Lac. muricata. Shaw. Gén. Zool. Amphib. part. I, pl. £Lxv, No)

Est bien remarquable par sa grandeur et par sa figure extraordinaire ; une suite de grandes écailles épineuses règne par bandes transversales sur la longueur de son dos et de sa queue, et le rapproche des stellions. Sa corse, susceptible de se renfler beaucoup, est garnie d’écailles allongées en pointes, qui lui font une sorte de barbe. Des écailles semblables hérissent ses flancs , et forment deux crêtes obliques derrière ses oreilles.

L'Agame à oreilles, des déserts de la Sibérie australe. ( Lac. aurita. Pall. Daud.IIT, xev.) Quoique beaucoup plus petit, n’est pas moins remar-

quable par les renflemens qu'il peut faire paraïire des deux côtés de sa tête, sous les oreilles (2).

(1) Rien n’égale la confusion des synonymes cités par les auteurs sous les différentes espèces de lézards , mais principalement sous les divers agames , galéotes et stellions. Par exemple, à propos de l’a. game , Daudin cite , d’après Gmelin, Séb. I, cvrr, 1et 2, qui sont des stellions. Sloane , Jam. IT , coLxxHI , 2, qui est un anolis. Edw. CCXLV , 2, qui esl aussi un anolis; et cette même figure est encore citée par lui et par Gmelin sous le marbré ; Shaw la copie même pour représenler le marbré avec lequel elle n’a rien de commun.

(2) Ajoutez l’agame sombre ù Daud. IT, 549. — L’ag. rude , ib. 402. Mais auquel il applique faussement la fig. 6,Séb. I, Lxxxvr. — L'ag. ombre. ( lac. umbra, L. ) Séb, If, Lxxvr, 5, etc.

SAURIENS: 35 Les TAPAYES ou Agames orbiculaires. Daud.

Ne sont que des agames dont le ventre est renflé, et la queue courte et menue. Tel est le éapayaxin du Mexique. Hern. 327. ( Lac. orbicularis. L.) (1).

Les CHANGEANS. ( Trapelus. Cuv. )

Ont la forme et la tête renflée des agames ; mais leurs écailles sont toutes très-petites, lisses, et sans épines. Leurs dents sont aussi les mêmes que celles des stellions.

Le Changeant d'Égypte. Geoff. Rept. d’Eg. pl. v, f. 3, 4.

Est un petit animal découvert par M: Geoffroy, et remarquable par des changemens de couleur plus prompts que ceux du caméléon.

Les GaréoTEs (2). ( CALÔTES. Cuv. )

Diffèrent des agames parce qu’ils sont régulièrement couverts d’écailles, disposées comme des tuiles, libres et tranchantes par leurs bords ; souvent carénées et terminées en pointe, tant sur le corps que sur les membres et sur la queue, qui est très-longue ; celles du milieu du dos sont relevées et comprimées en' épines, et forment une crête plus ou moins étendue; ils n’ont point de fanons ni de pores visibles aux cuisses, ce qui, joint à leurs dents, les distingue des iguanes. |

L'espèce la plus commune ( Lac. calotes. L.), Séb.F,

LExXIL, 4: CIEL, (2 XOv, 4 et 4, Daud RL,

Est d’un joli bleu-clair, avec des bandes transversales

(1) Ajoutez l’agame à pierreries, Daud. TI , 410.

(2) Pline dit que le stellion (des latins) était nommé par les grecs galeotes, colotes et askalabotes. C'était , comme nous l’avons vu, le gecko des murailles. L'application qu’en a faite Linnæus à

son facerta calotes est arbitraire ; elle lui a été suggérée par $Séba;

30 REPTILES | blanches ; deux rangées d’épines derrière l'oreille. Elle nous vient des Indes orientales. On l’appelle caméléon ‘aux Moluques, quoiqu’elle change peu ses couleurs. Ses œufs ont la forme de fuseaux (1).

Les Lornyres de Duméril, sont des galéotes dont la crête se prolonge sur la queue, ce qui rend celle-ci comprimée. Une espèce remarquable est

Le Lophyre à casque fourchu. ( Lacerta scutata. L.)

Séb. E6'"c} 2;

Qui a sa crête dorsale très-haute sur la nuque, et formée de plusieurs rangs d’écailles verticales; deux arêtes osseuses partent du museau, et vont finir chacune en pointe sur l'œil, de son côté. Ce singulier saurien paraît venir des Indes.

Il y en a une espèce voisine en Amérique.

Le Sourcilleux. (Lac. superciliosa. L. ) Séb. I, xc1v, 4.

À crète dorsale basse partout; à légère apparence d’arète sur les yeux.

Les Basrrics. (Basiciscus. Daud.) (2).

Ont pour caractère distinctif des crêtes tranchantes, soutenues par de longues apophyses épineuses des vertèbres, et qui s'étendent sur le dos

(1) Ajoutez l’agame arlequiné, Daud. III, xz1v, et quelques autres espèces non déterminées dans les auteurs.

N. B. 1] faut remarquer que le dessinateur de Séba a donné à la plupart de ses iguanes, de ses agames, de ses galéotes , elc. des langues extensibles et fourchues , tirées de son imagination.

(1) BastAioxos , petit roi. Sous ce nom les anciens entendaient un serpent, dont la tête devait porter une petite couronne. Ils lui attribuaient mille propriétés fabuleuses. C’est arbitrairement que Séba et aprés lui Linnæus l’ont appliqué à notre première espèce de ce sous-venre.

ou au moius sur une partie de la queue. Ces crêtes

‘sont écailleuses comme le reste du corps; leurs écailles du ventre et de la queue sont petites et approchent un peu de la forme carrée; les dents sont fortes, comprimées, sans dentelures ; ils n’en ont pas au palais; leurs cuisses portent une rangée de pores. La peau de leur gorge est lâche sans former de fanon.

Le Basilic à capuchon. ( Lac. Basiliscus. L.) Séb. T, du Daud ATE, XELE

À une crête sur le dos, une autre sur la première moitié de la queue, et une troisième sans osselets sur l’occiput. Sa patrie n’est pas bien connue ; on ne sait rien de certain touchant ses habitudes. Je le croirais volontiers des Indes et aquatique, comme le suivant.

Le Porte-Créte ou Basilic d’Amboine. ( Lac. Amboïnensis. Gm.) Schloss. monogr.

N'a de crête que sur l’origine de la queue ; et porte des épines sur le devant du dos ; vit dans l’eau ou surles arbrisseaux de ses bords ; mange des graines et des vers. Nous avons trouvé dans son estomac des feuilles et des insectes. Sa taille approche quelquefois de quatre pieds. On mange sa chair.

Les DrAcoxs. (Draco. L. ) (1).

Se distinguent au premier coup-d’œil de tous les autres sauriens, parce que leurs six premières

(1) Le nom de dhéxay, draco , désignait en général un grand serpent; quelques anciens ont fait mention de dragons qui portaient une crête et une barbe; ce qui ne s'applique guère qu’à l’iguane ; Lucain parle le premier de dragons volans , fesant, sans

fausses-côtes, au lieu de se contourner autour de l'abdomen, s'étendent en droite ligne, et soutiennent une production de la peau, qui forme une espèce d’aile , comparable à celle des chauves-souris , mais indépendante des quatre pieds. Elle soutient lanimal comme un parachute, lorsqu'il saute de branche en branche, mais elle n’a point assez de force pour choquer l'air, et faire élever le dragon comme un oiseau. Du reste les dragons sont de petite taille , recouverts partout de petites écailles imbriquées , dont celles de la queue et des membres sont carenées. Leur langue est charnue, peu extensible et légèrement échancrée. Sous leur gorge est un long fanon pointu, soutenu par la queue de l'os hyoïde ; et aux côtés deux autres plus petits, soutenus par les cornes de ce même os. La queue est longue ; les cuisses n’ont pas de grains poreux ; sur la nuque est une petite dentelure. Chaque mäâchoire a quatre petites incisives, et de chaque côté une canine longue et pointue, et une douzaine de inâchelières triangulaires, et trilobées.

Ils ont donc les écailles et le fanon des iguanes, avec la tête et les dents des stellions.

Les espèces connues viennent toutes des Indes orien-

tales ; elles avaient été longtemps confondues ; mais Daudin en a bien déterminé les différences spécifiques (1).

doute allusion aux prétendus serpens volans dont Hérodote rapporte l'histoire ; Saint Augustin et d’autres auteurs postérieurs ont ensuite attribué -constamment des ailes aux dragons.

(1) Le dragon rayé. — Le dragon vert, Daud, TI, xzx. — Le dra. gon brun.

SAURIENS. 39 LEs IGuANES proprement dits. (IGüANA. Cuv.)

Ontle corps et la queue couverts depetites écailles imbriquées , tout le long du dosune rangée d’épines, ou plutôt d’écailles redressées, comprimées et pointues, et sous la gorge un fanon comprimé et pendant, dont le bord est soutenu par une production cartilagineuse de los hyoïde. Leurs cuisses portent la même rangée de tubercules poreux que celles des lézards proprement dits, et leur tête est couverte de plaques. Chaque mâchoire est entourée d’une rargée de dents comprimées, triangulaires, à tranchant dentelé; il y en a aussi deux petites rangées au bord postérieur du palais.

L'Zouane ordinaire d'Amérique (1). ( Lac. Iguana. L. Iguana tuberculata. Laur.) Séb.I,xcv,1; XVII, 3; XCVIII, Le Dessus bleu, changeant en vert et en violet, piqueté

de noir ; dessous plus pâle; de grandes épines dorsales ; une grande plaque ronde sous le tÿmpan, à l’angle des mâchoires; les côtés du cou garnis d’écailles pyramidales éparses parmi les autres; le bord antérieur du fanon dentelé comme le dos : long de quatre à cinq pieds ; commun dans toute l'Amérique chaude, où sa chair passe pour délicieuse, quoique malsaine, surtout pour ceux qui ont eu le mal vénérien, dont elle renouvelle les douleurs. {l vit en grande partie sur les arbres, va quelquefois à l’eau, se nourrit de fruits, de grains et de feuilles ; la femelle pond dans le sable des œufs gros comme ceux d’un pigeon, agréables au goût, presque sans blanc.

(1) Les Mexicains le nomment aquaquetz pallia (Hernand. ) ; les Brasiliens , senembi ( Margr. ).

4o REPTILES

L'Zguane ardoisé. Daud. Séb. I, xev, 2; xcvr, 4.

Bleu-violâtre uniforme , plus pâle dessous ; les épines dorsales plus petites : du reste semblable au précédent. L'un et l’autre a un trait blanchâtre oblique sur l'épaule. Celui-ci vient des mêmes pays, et n’est peut être qu'une variété d'âge ou de sexe.

L'Zguane à col nu. Cuv. Mus. Besler. tab. XIII, fig. 3. To. delicatissima. Laur.

Ressemble à l'ordinaire , surtout par les épines dorsales; mais n’a point la grande plaque à l'angle de la mächoire, ni les tubercules épars sur les côtés du cou. Le dessus du crâne est garni de plaques bombées, le

fanon est médiocre et sans dentelures. ZLaurenti le dit des Indes.

L'?guane cornu de Saint-Domingue. Lacép. (Bonnaterre, Encyc. Méth. Erpetolos. Lézards, pl. 1v, £. 4.) Assez semblable à l'igruane ordinaire, et encore plus au précédent ; mais se distinguant par une pointe conique osseuse entre les yeux, et deux écailles relevées sur les narines; il n’a point de grande plaque à l'angle de la mâchoire, ni de tubercules sur le cou.

L'Iguane à bandes, des Indes Orientales. Brongn. Mém. sur les Rept. pl r, fs. 5. ( Caméléon de Brontius ? ) | Bleu-foncé, avec des bandes transversales plus claires;

les dentelures du dos sont petites; le fanon médiocre

et non dentelé; il n'y a point de grande écaille à l’angle de la mâchoire. De Java, et sans doute des autres îles. de cet Archipel.

Les Margrés. (Porycarus. Cuv. )

Se distinguent des à isuanes , parce qu'ils n’ont pas de crête dorsale, et des anolis, parce que leurs

SAURIENS. | 4x doigts ne sont pas dilatés ; leur tête est couverie de plaques ; de petites écailles garnissent le corps, les membres et la queue ; la gorge est extensible et peut former un fanon au gré de l’animal ; ies cuisses ont la série de pores; leurs dents maxillaires sont tranchantes et dentelées, et ils en ont de petites au palais ; ils jouissent, comme les caméléons, de la faculté de changer de couleur ; aussi leur poumon est-il très-volumineux , remplissant presque tout le corps et se divisant en plusieurs branches, et leurs fausses-côtes, comme celles des caméléons, entourent l'abdomen en se réunissant pour former des cercles entiers.

On n’en connait qu'une espèce :

Le Marbré de la Guiane. (Lac.marmorata.1,.) Lacép.E, XxVI/SÉD UE, LxxVE 4.

Gris-roussâtre, marbré de bandes transversales irrégulières d’un roux-brun ; la queue très-longue. Commun à la Guiane.

Les Axozis (1). (AxoLius. Cuv. )

Ont, avec toutes les formes des iguanes et par conséquent des lézards, un caractère distinctif trèsparticulier ; la peau de leurs doigis s’élargit sous

(1) Nom qui désigne, aux Antilles, une espèce de lézard encore mal déterminée. Gronovius l’a donné à l’Ameiva fort gratuitement. Rochefort, dont on l’a pris, ne donne pour figure qu’une copie du teyuguacu de Margrave , ou grand sauvegarde de la Guiane. Nicholson semble annoncer que ce nom s'applique à plusieurs espèces , et celle qu’il décrit paraît être l’anolis roquet , qui aété en effet en-

voyé de la Martinique au Muséum sous ce nom d’anolis,

l’antépénultième phalange en un disque ovale, strié en travers par dessous, qui les aide à s’ättacher aux diverses surfaces, où ils se cramponnent d’ailleurs fort bien par le moyen d’ongles très-crochus, Ils ont de plus le corps et la queue uniformément chagrinés par de petites écailles, et la plupart portent un fanon ou un goitre sous la gorge, qu'ils enflent et font changer de couleur dans la colère et dans l'amour. Plusieurs d’entre eux égalent au moins le caméléon, par la faculté de faire varier les couleurs de leur peau: leurs faussescôtes se réunissent en cercles entiers comme dans les r2arbrés et les caméléons ; leurs dents sont tranchantes et dentelées comme celles des iguanes et des marbrés, et ils en ont de même dans le palais. La peau de la queue a de légers plis ou enfoncemens, dont chacun comprend quelques rangées circulaires d’écailles, Ce genre paraît propre à l’Amérique.

T1 y en a qui ont sur la queue une crête soutenue par les apophyses épineuses des vertèbres (1).

Le grand Anolis à crête.

Long d’un pied ; une crête sur la moitié de la queue, soutenue de douze à quinze rayons; le fanon s'étend jusque sous le ventre. Couleur d’un bleu cendré noirûtre.

De la Jamaïque et probablement des autres Antilles. Nous avons trouvé des baies dans son estomac.

(1} Ils ont été confondus entre eux et avec une parle des sui-

Yans sous les noms de lac. principalis et bimaculata. L

Le petit Anolis à crête. (Lac. bimaculata. Sparrm?) Moitié plus petit que le précédent; même arête; couleur verdâtre , piquetée de brun vers le museau et sur

les flancs. De l'Amérique Septentrionale et de diverses “Antilles.

Le orand Anolis & écharpe.

Fauve nué de lilas cendré ; une bande blanche sur l'épaule ; la queue trop charnue pour qu’on distingue ies apophyses de sa crête; long d’un pied.

D'autres ont la queue ronde. Leurs espèces ont été en partie confondues, sous les noms de roquet, de gottreux, de rouge-gorge et d’anolis. (lac. strumosa , et bullaris. Finn.) Elles habitent dans l'Amérique chaude, et dans les Aniilles, et changent de couleur avec une facilité prodigieuse , surtout lorsqu'il fait chaud. Leur fanon s’enfle dans la colère, et rougit commeune cerise, Ces animaux sont moins grands que notre lézard gris, se nourrissent surtout d'insectes qu'ils poursuivent avec agilité; les divers individus ne peuvent, dit-on , se rencontrer , sans se combattre avec fureur.

L'espèce des Antilles ou Roques de Lacép.T. pl. xxvit. (c’est plus particulièrement le Lacertà bullaris. Gm.)

Le museau court, piqueté de brun , les paupières saillantes ; sa couleur ordinaire est verdatre. Excepté sa queue ronde, elle ressemble beaucoup au petit anolis à crête.

L’Anolis rayé. Daud. IV. xLVIIT. 1.

N'en diffère que par des suites de traits noirs sur les flancs. 11 paraît le même que le Zacerta strumosa. Lin. Séb. II xx. 4. Sa longueur est un peu plus considérable qu’au précédent.

T'Anolis de la Caroline. ( Touane gottreux. Brongn. (1) Catesb. I. 1xvL)

Est d'un beau vert doré, son museau est allongé et

EP

(1) L’anolis pointillé, Daud, IV, xzvui, 2.

44 REPTILES aplati, ce qui lui donne une physionomie particulière, et en fait une espèce bien distincte.

La quatrième famille des sauriens,

Ou les GEcKOTIENS Ne forme encore , dans les auteurs, qu'un seul genre.

Les GEckos. Daud. (STELLro. Schn. AsCALA- BOTES. Cuv.) (1).

Ts ont un caractère distinctif, qui les rapproche un peu des anolis ; leurs doigts sont élargis sur toute leur longueur, ou au moins à leur extrémité , et garnis en dessous d’écailles ou de replis de la peau très-réguliers : ils leur servent si bien à se cramponner , qu’on en voit marcher sous des plafonds ; mais ces doigts sont presque égaux, et en général les geckos n’ont point , comme les anolis, la forme élancée des lézards; ils sont au contraire aplatis, surtout leur tête ; leur marche est lourde et rampante; de très-orands yeux dont la pupille se rétrécit à la lumière comme celle des chats, en font des animaux nocturnes, qui se tiennent le jour dans les lieux obscurs. Leurs paupières très-courtesse retirent entièrement entre l’œil etl’orbite , et disparaissent ,ce | qui donne à Jeur physionomie un aspect différent des autres sauriens. Leur langue est charnue et non extensible; leur tympan un peu renfoncé ; leurs

La = - 4 x mâchoires garnies tout autour d’une rangée de très- PS un 2e OU NN à

(1) Gecko, nom donné À une espèce des Indes, et imité de son cn, comme une aulre espèce a été nommée Zockate à Siam, et une

troisieme geilje au Cap, doxænaGalys, nom grec du gecko des murailles,

SAURIENS. 45 petites dents serrées ; leur peau chagrinée en dessus de très-petites écailles grenues , parmi lesquelles sont souvent des tubercules plus gros, a en dessous des écailles un peu moins petites, plates et imbri. quées. Quelques espèces ont des pores aux cuisses. La queue a des plis circulaires comme celle des anolis ; mais lorsqu'elle a été cassée, elle repousse sans plis, ét même sans tubercules, quand elle en a naturellement, ce qui a fait quelquefois multipher les espèces.

Ce genre est nombreux et répandu dans les pays chauds des deux continens. L'air triste et lourd des geckos , et une certaine ressemblance avec les salamandres et les crapauds, les a fait haïr et accuser de venin, mais sans aucune preuve réelle.

Leurs ongles sont rétractiles de diverses manières, et conservent leur tranchant et leur pointe; conjomtement avec leurs yeux, ils peuvent faire comparer les geckos parmi les sauriens, à ce que sont les chats parmi les mammifères carnassiers ; mais ces ongles varient en nombre selon les espèces, et manquent entièrement dans quelques-unes.

La première et la plus nombreuse division des geckos,

que j’appellerai PLATY-DACTYLES,

À les doists élargis sur toute leur longueur, et garnis en dessous d’écailles transversales.

Parmi ces geckos platydactyles, quelques-uns n’ont pas d'ongles du tout, et leurs pouces sont très-petits. Ce sont de jolies espèces , toutes couvertes de tubercules et peintes de couleurs vives. Celles que l’on connaît viennent de l'Esle- . de-France. Quelques-unes manquent de pores aux cuisses.

46 REPTILES Il y en a une violette dessus, blanche.dessous , avec üne ligne noire sur les flancs. (G. inunguis , Cuv.) Une autre est grise, toute couverte de taches œillées , brunes , à milieu blanc. ( G. ocellatus d’Oppel. ) Quelques autres ont, au contraire, ces pores très-mar-

qués. Tel est | Le Gecko cépédien. Péron.

De l'Isle-de-France , aurore marbré de bleu, une ligne blanche le long de chaque flanc (r).

D'autres platy-dactyles manquent d'ongles aux pouces ; aux deuxièmes et aux cinquièmes doigts de tous les pieds ; ils n’ont point de pores aux cuisses. Tel est

Le Gecko des murailles. ( Lacerta Mauritanica, et Lacerta Turcica. Gm.) Lacertus facetanus. Aldrov. 654. Edw-. 204. Turente, des Provençaux; Tarentola, ou plutôt T'errentola , des Italiens ; Séellio, des anciens Latins ; Geckotte. Lacép. Gecko fascicularis. Daud.

Gris-foncé ; la tête rude; tout le dessus du corps semé de tubercules, formés chacun de trois ou quatre tubereules plus petits et rapprochés ; les écailles du dessous de la queue semblables à celles du ventre. Animal hideux, qui se cache dans les trous de murailles, les tas de pierres , et se recouvre le corps de poussière et d’ordures. 11 paraît que la même espèce habite tout autour de la Méditerranée , et jusqu’en Provence et en Languedoë. Le plus grand nombre des geckos platy-dactyles, ne

manquent d'ongles qu'aux quatre pouces seulement. Ils ont une rangée de pores au-devant de Panus. Tels sont

Le Gecko à goutteleites. Daud..( Gecko. Lacép. I, xx1x: Stellio Gecko. Schneid.) Séb. EF, cvrix, toute la pl.

Des tubercules arrondis, peu saillans, répandus sur URI DT O NOTE BTE 701 I TOR OC IGN RAT Cac SO OS DU

(1) Le lacerta geilje de Sparm. doit appartenir à cette subdiyision. On le croit lrés-venimeux au Cap.

le dessus du corps, dont la couieur rousse est semée de taches rondes et blanches ; le dessous de la queue garni d'écailles carrées et imbriquées. Séba le dit de Ceylan, et prétend que c’est à lui particulièrement qu’on donne le nom de gecko , d’après son cri; mais Bontius l’attribuait , bien auparavant , à une espèce de Java, Probablement le cri et le nom sont communs à plusieurs espèces. Nous nous sommes assurés que l’on trouve celle-ci dans tout l’Archipel des Indes.

Le Gecko à bandes, Lézard de Pandang, à Amboine. (Lacerta vittata. Gm.) Daud. IV, r.

Brun, une bande blanche sur le dos, qui se bifurque sur la tête et sur la racine de la queue, des anneaux blancs autour de la queue. Des Indes Orientales ; il se tient à Amboine, sur les branches de l’arbre nommé pandang-de-rivage (1).

Une seconde division des geckos, que j'appelierai HEMIDACTYLES ,

Ont la base de leurs doigts garnie d’un disque ovale, formé en dessous par un double rang d’écailles en chevron; du milieu de ce disque s'élève la deuxième phalange , qui est grêle, et porte la troisième, ou l’ongle, à son extrémité. Les espèces connues ont toutes cinq ongles, et la rangée de pores des deux côtés de l'anus ; les écailles du dessous de leur queue sont en forme de bandes larges , comme celles du ventre des serpens.

Le Gecko de Siam, appelé Tokaie. ( G. Tuberculeux de Daud.) Perrault. Mém. sur les anim. I°. part. pl. 67. Eongs d’un pied , marbré de bleuâtre et de roussâtre;

hérissé sur le corps et la queue de petits tubercules co-

(1) N, B. Daudin donne à tort des ongles aux pouces de ces deux geckos. Le sputateur, dontil fait un anolis, est un gecko de

celte division.

niques. Ce nom de éokaie est générique en malais, et formé d’après un cri commun à plusieurs espèces.

Le'Gecko de Java.

Le premier qu’on ait nommé ainsi, par imitation de son cri, selon Bontius , ne parait différer du précédent que parce qu’il est plus lisse. Il habite autour de Batavia, dans des lieux humides, de vieux troncs d'arbres, et pénètre dans les maisons, où on l’a en horreur, parce qu'on le croit venimeux (1).

La troisième division des geckos, que j'appellerai THECADACTYLES,

À les doists élargis sur toute leur longueur , et garnis en dessous d’écailles transversales comme les précédens ; ?

mais ces écailles sont partagées par un sillon lonsitudinal profond , où l’ongle peut se cacher entièrement. Ceux que je connais ne manquent d'ongles qu'aux pouces seulement; ils n’ont pas de pores aux cuisses, et leur queue est garnie en dessous et en dessus de petites écailles.

Le Geeko lisse. ( G.lævis. D. Séellio perfoliatus. Schn. Lac. rapicauda. Gun.) Daud: IV'LT

Gris, marbré de brun en dessus ; très - petits grains sans tubercules dessus; petites écailles dessous; sa queue, naturellement longue et entourée de plis comme à l'ordinaire, se casse lres-aisément , et revient alors quelquefois très-renflée , et en forme de petite rave. Ce sont ces monstruosités accidentelles qui l'ont fait appeler alors G. rapicauda. On trouve ce gecko à Surinam (2).

(1) À cette division appartiennent encore le G. à tubercules trièdres et le G. à queue épineuse de Daud.; le premier est le même que le sfell. mauritanicus de Schn. Le stell. platyurus de Schn. en est aussi fort voisin,

(2) Le gecko squalidus Herm. doit appartenir à celle division , s’il n'est pas le même que le fœwis. Le apparlient également,

gecko de Surinam. Daud. y

La quatrième division des geckos , que j'appellerai PryopacryLes (1), a les bouts des doigts seulement dilatés en plaques, dont le dessous est strié en éventail. Le milieu de la plaque est fendu, et l’ongle placé dans la fissure. Il y a à tous les doists des ongles fort crochus.

Les uns ont les doigis libres, la queue ronde.

Le Gecko des Maisons. ( Lac. Gecko. Hasselquist.) Gecko lobatus. Geolfr. Rept. Es. Li, 5. Séellio hasselquistii. Schneid.

Lisse, gris-roussâtre piqueté de brun; les écailles et les tubercules très-petits. Cette espèce est commune dans les maisons des divers pays qui bordent la Méditerranée au midi et à lorient, au Caire , on le nomme abou burs (père de la lèpre), parce qu’on prétend qu’il donne ce mal en empoisonuant avec ses pieds les alimens, et surtout les salaisons, qu’il aime beaucoup. Quand il marche sur la peau, il y fait naître des rougeurs, mais peut-être seulement à cause de la finesse de ses ongles. Sa voix ressemble un peu à celle des grenouiiles (2).

D’autres ont la queue bordée de chaque côté d’une membrane , et les pieds demi-palmés; ils sont probablement aquatiques. (Ce sont les uroplates de Duméril. )

Le Gecko frangé (Stellio fimbriatus. Schn.) Téte plate. Lac. ou f'amo - Cantrata de Madagascar, Brug. Lacép. I, xxx. Daud. IV, zut.

À non-seulement une bordure aux côtés de la queue, mais elle s'étend le long des flancs, où elle est frangée et

(1) De 7vov , éventail.

(2) À cette même division appartiennent plusieurs geckos de l’Archipel des Indes , parmi lesquels se trouve le porphyré que Daudin a cru , à tort , d'Amérique , et synonyme du z7abouta des Antilles ; mais il est certain que le nom de mabouia désigne aux Antilles un

gecko, aussi-bien qu’un scinque ; probablement le gecko lisse,

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