TOME 2, | A
déchiquetée. On le trouve à Madagascar , à ce que l’on dit, sur les arbres, où il saute de branche en branche. Le peuple de ce pays le redoute beaucoup, mais à tort(r)}.
Le Fouette-Queue de Lin. ou Gecko du Pérou (Lac. caudiverbera. Lin.) Feuillée, I, 310.
N'a point de frange aux côtés du corps, mais seulement à ceux de la queue, sur laquelle il y a aussi une crête membraneuse verticale. Feuillée l’a trouvé dans une fontaine des Cordilières. Il est noirâtre, et long de plus d’un pied.
Enfin , il y a des sauriens qui, avec tous les caractères des seckos, n’ont pas les doigts élargis ; je les nommerai
PHYLLURES.
On n’en convaïit encore qu’une espèce de la Nouvelle- Hollande. ( Séellio phyllurus. Schn. Lacerta plalura. White New. South. Wh. p. 246, f. 2.) (2).
Grise, marbrée de brun en dessus , toute hérissée de petits tubercules pointus ; à queue lisse, et aplatie horizontalement en forme de feuille en cœur.
On est obligé d'établir une cinquième famille des CAMÉLÉONIENS | Pour le seul genre des CAMÉLÉONS. (CHAMÆLEO.) (5).
Lequel est bien distinct de tous les autres sauriens ,
(1) Selon la descrip. de Bruguière, le sarroubé de Madag. aurait tous les caractères du famocantrata excepté la frange, et le pouce qui lui manquerait aux pieds de devant.
(2) Rapportée , on ne sait pourquoi , aux stellions par Daudin,
(5) Xauainéor ( petit lion), nom de cet animal chez les grecs , et
surtout dans Aristote qui l’a parfaitement bien décrit , Hist. An, Lib. IL, cap, xx,
SAURIENS. 5i et ne se laisse pas même aisément intercaler dans leur série.
Ils ont toute la peau chagrinée par des petits grains écailleux ; le corps comprimé et le dos comme tranchant; la queue ronde et prenante; cinq doigts à tous les pieds, mais divisés en deux paquets, l’un de deux, l’autre de trois ; chaque paquet réuni par la peau jusqu'aux ongles ; la langue charnue, cylindrique, et extrêmement allongeable ; les dents trilobées ; les yeux grands , mais presque couverts par la peau, excepté un petit trou vis-àvis la prunelle , et mobiles indépendamment l’un de l’autre ; point d'oreille extérieure visible, l'occiput relevé en pyramide. Leurs premières côtes se joignent au sternum, les suivantes se continuent chacune à sa correspondante pour enfermer l'abdomen par un cercle entier. Leur poumon est si vaste, que quand il est gonflé, leur corps paraît transparent, ce qui a fait dire aux anciens qu'ils se nourrissent d’air. Ils vivent d'insectes qu’ils prennent avec l'extrémité gluante de leur langue. C’est la seule partie de leur corps qu'ils meuvent avec vitesse. Ils sont pour tout le reste d’une lenteur excessive. La grandeur de leur poumon est ce qui leur donne la propriété de changer de couleur, non pas comme on l’a cru, selon les corps sur lesquels ils se trouvent, mais selon leurs besoins et leurs passions. Leur poumon en effei les rend plus où moins transparens , contraint plus ou moins le sang à refluer vers la peau, colore
PR
99 MEPTILES même ce fluide plus ou moins vivement, selon qu'il se remplit ou se vide d'air.
Ils se tiennent constamment sur les arbres.
Le Caméléon ordinaire. (Lacerta Africana. Gm:.) Lacép.T, xx11. Séb. 1, LXXXII, 1.
D'Esypte et de Barbarie, qui se trouve aussi dans le midi de l'Espagne, a le capuchon pointu et relevé d’une arêle en avant.
Le Caméléon du Sénégal. ( Lacerta Chamæleon. Gm.) Séb. EL, Lxxx IT, !2.
À le capuchon aplati et sans arête.
Le Caméléon nain du Cap. (Lacerta pumila. Gm.) Daud:1W+ LIT N'a presque point de capuchon; sa gorge est ornée de petits lambeaux frangés.
Le Caméléon des Moluques, à nez fourchu. ( Cham. bifurcus. Brongn.) Daud. IV , rrv.
À deux longues proéminences en avant du museau. La sixième et dernière famille des sauriens est celle | Des Scmcoïntexs,
Feconnaissable à ses pieds courts, à sa langue non extensible et aux écailles égales qui couvrent tout leur corps comme des tuiles.
Les Scnques. ( Scincus. Daud.)
Se reconnaissent à leurs pieds courts, à leur corps presque d’une venue avec la queue , sans renflement à l'occiput, sans crêtes ni fanon, couvert d’écailles uniformes , luisantes, disposées comme des tuiles où comme celles des carpes. Les uns ont la forme d'un fuseau; d’autres presque cylindriques
et plus ou moins allongés , ressemblent à des serpens et surtout à des orvets, avec lesquels ils ont aussi plusieurs rapports intérieurs et qu'ils lient à la famille des iguanes , par une suite non-interrompue de nuances. Du reste leur langue est charnue, peu extensible et échancrée; leurs mâchoires sont garnies tout autour de petites dents serrées; il y en a deux petites rangées dans le palais; leur anus , leurs verges, leur œil, leur oreille ressemblent à ceux des iguanes et des lézards ; seulement leur tympan est plus enfoncé , etle bord antérieur du méat auditif'est quelquefois garni d’une petite membrane dentelée ; leurs pieds ont des doigts tous libres et onguiculés ; ils sont même un peu inégaux dans ceux de derrière , quoique beaucoup moins que dans les lézards. Il y a de nombreuses espèces de scinques dans les pays chauds des deux continens.
Le Scinque des pharmacies (1). (Lac. scincus. Lin. Scincus officinalis. Schn. El adda des Arabes.) Lacép.I, xxirr.
Long de six ou huit pouces; le bout du museau pointu et un peu relevé; la queue plus courte que le corps : celui-ci jaunâtre - argenté; des bandes transvérses noirâtres ; il vit dans la Nubie , l’Abyssinie, l'Arabie , d’où on l’apporte à Alexandrie, et de là dans toute l'Europe. Il a une promptitude extraordinaire à s'enfoncer dans le sable quand il est poursuivi.
(1) Les Grecs et les Latins nommaient scincus , le crocodile terrestre , par conséquent un sauvegarde , auquel ils attribuaient beaucoup de vertus : mais depuis le moyen âge, on vend généralement sous ce nom , et pour les mêmes usages, l’espèce ci-dessus. Les orien-
taux la regardent surtout comme un puissant aphrodisiaque.
54 RÉPTILES
Le grand Scinque des Antilles, nommé Broche où Drochet de terre par les Français (1). Galley-N/asp par les Anglais. ( Lacerta occidua. Shaw.)
Long de plus d’un pied, presque gros comme le bras; la queue pointue, faisant à peine le quart de la longueur totale ; roux, des bandes transverses de taches blondes ; la tête mousse; les dents molaires arrondies ; deux petits lobes au-devant du tympan. Il se tient dans les lieux humides, sous les rochers.
Il y en a diverses espèces de cette grandeur, et à peu près de cette forme, aux Moluques et à la Nouveile- Hollande; telles que le Zacerta scincoides. Shaw. Gen. Zool. Amphib. I, pl. Lxxxr.
Dans un scinque des Antilles, nommé mabouia par quelques naturalistes ( Lacép. I, xx1v.), la queue n’a que moitié de la longueur du corps; les écailles sont lisses, jaunâtres ; le dos est tacheté de brun, et une Hone pâle règne sur chaque côté.
Un autre scinque des Antilles, nommé doré par quelques naturalistes, a les écailles striées chacune de trois lignes relevées ; la queue de la longueur du corps, et celui-ci en entier d’un jaune-brun doré à peu près uniforme.
Le Scinque le plus commun dans tout le Levant.
( Lacertus cyprius scincoïdes. Aldrov. Scinque Schnei-
derien. Daud.)
À la queue plus longue que le corps, les écailles lisses, d'un jaune - verdâtre, une ligne pâle de chaque côté, une triple dentelure au-devant de l'oreille, etc.
tertre r (1) Du Prétend que c’est broche de terre à cause de la facilité avec laquelle il s'enfonce dans le sable ; Rochefort, que c’est brochet de terre, à cause de sa ressemblance avec le poisson de ce uom,
1 ÿ en a encore plusieurs espèces, de diverses tailles et proportions, les unes rayées , les autres tachetées , et toutes assez mal déterminées dans les ouvrages des naturalistes.
On pourrait séparer du genre, les espèces où: les doigts de derrière s’allongent de manière à se rapprocher davantage des proportions des lézards ordinaires ; mais a limite est difficile à fixer.
Les SEers (1). ( Sers. Daud.)
Différent des scinques seulement par leur corps encore plus allongé, tout-à-fait semblable à celui d'un orvet, et par leurs pieds encore plus petits , et dont les deux paires sont plus éloignées l’une de l'autre.
On en a trouvé une espèce à cinq doigts ( Anguis quadrupes. Lin. Lacerta serpens. Gmel.}, et plusieurs à quatre seulement, qui diffèrent entre elles par les proportions et l'allongement du corps et de la queue; elles habitent surtout les contrées orientales: l’une d’elles (Lac. tetradactyla. Lacép. Ann. du Mus. II. r1x. 2 ) a ses écailles du ventre séparées decelles du dos par un sillon comme l’ophisaure(2); une à trois en Italie, nommé cecella ou cicigna (laceria chalcides. Lin.}iqui est vivipare (3); une dont tous les pieds n'ont aucune division et paraissent n’avoir qu'un doigt ;
(1) Seps et chalcis étaient , chez les anciens, les noms d’un animal que les uns représentent comme un lézard, les autres comme un serpent. Il est très-probable qu’ils désignaient le seps à trois doigts d'Italie et de Grèce. Seps vient de cyxe1y corrompre.
(2) Elle me paraît la même que le lac. seps, Linn. quoique celuici lui donne cinq doigts. | Ù
(3) Imperati, Hist. nat. 690. Linné lui donne cinq doigts, mais elle n’en a que trois.
56 REPTILES rs
toutes ses écailles sont pointues et carénées , et elle se rapproche peut-être autant des saléotes que des scinques. (Lac. anguina , Lin.) Fosm. monoor. 1774. K. 1. ( Lac. monodactyla. Lacep. Ann. du Mus. IL. pl. zx). On la croit d'Afrique.
Les Bipèpes. (Brpes. bé )
Sont un petit genre qui ne diffère des seps, que parce qu'ils manquent entièrement de pieds de devant, n'ayant que des omoplates et des clavicules cachées sous la peau ; et leurs pieds de derrière seuls étant visibles. 1} n’y a qu’un pas d’eux à l’ophisaure, et de là aux orvets.
Les uns ont encore trois ou deux petites divisions à leurs pieds de derrière. Tel est le S/e/topusik des bords du Volga (ZLacerta apus. Gm.), Pall. nov. comm. petr. XIX. 1x. qui a aussi un sillon à chaque flanc. D’autres ont ces pieds terminés en rond, et sans divisions. L’Ængsis bipes. Linn. (ZLacerta bipes. Gm.) Séb. I. rxxxvi. 3. est de ce nombre. Sa queue est plus courte que le corps.
J'en ai disséqué une autre espèce rapportée de la Nouvelle- Hollande par M. Péron (le bipède lépidopode Lacep. An. du Mus. tome IV, pl. Lv.). Sa queue est deux fois plus longue que le corps. Ses pieds n’offrent à l’extérieur que deux petites plaques oblongues et écailleuses : mais On y trouve par la dissection un fémur , un tibia , un péroné, et quatre os du métatarse formant des doists, mais sans phalanges. En avant de l'anus sont deux lignes de pores fesant un angle. Ses yeux sont grands et son tympan lrès-visible, sa tête couverte de plaques. IL vit dans la vase.
Les CHaLcipes. (CHaLcipes. Daud.)
Sont comme les seps, des sauriens excessive- A! node 2 5 « :
ment allongés, à pieds courts et distans, en un mot
très-semblables à des serpens ; mais leurs écailles au lieu d’être disposées comme des tuiles sont rectangulaires , et forment, comme celles de la queue des lézards ordinaires , des bandes transversales qui n'empiètent point les unes sur les autres.
Les chalcides joignent donc l’ordre des sauriens et spécialement le genre des lézards, au genre des serpens armphisbènes.
On en possède une espèce à cinq doigts; une à trois
(le chalcide Lacep. quadr. ov. I. xxx11, chamæsaura
cophias Schn. )et une à un seul doiot. Chalc. monodactyle.
Daud. Zacerta anguina. Gm. Séb. IL. Lxvitr. 7-8. On
voit encore à ces animaux Le tympan qui manque dans le sous-genreé suivant.
Les BIMANESs. ( CHiRoOTES. Cuv.)
Ressemblent aux chalcides, et encore plus aux amphisbènes ; mais se distinguent des premiers parce qu'ils manquent de pieds de derrière, et des seconds, parce qu’ils ont encore des pieds de devant. On n'en connaît qu’un du Mexique.
Le Bimane cannelé. ( Bipède cannelé. Lacep. Lacerta lumbricoïdes. Shaw.) Lacep. I. xLt.
À deux pieds courts à quatre doigts chacun , avec un vestise de cinquième , assez complétement organisés à l'intérieur , attachés par des omoplates , des clavicules , et un pelit sternum ; mais sa tête, ses vertèbres , en un mot tout le reste de son squelette ressemblent à celui de l’amphisbène.
I! à huit ou dix pouces de long , est gros comme le petit doigt ; couleur de chair, revêtu d’environ deux cent vingt demi-anneaux sur Je dos , et autant sous le ventre qui se
58 REPTILES rencontrent en alternant sur le côté. On le trouve au Mexique, où il vit d'insectes. Sa langue peu extensible
se termine par deux petites pointes cornées ; son œil est très-petit ; son tympan recouvert par la peau , et invisible au dehors; au devant de son anus sont deux lignes de pores. Je ne lui ai trouvé qu’un grand poumon comme à la plupart des serpens.
LE TROISIÈME ORDRE DES REPTILES, LES OPHIDIENS (1), ou SERPENS.
Sont les reptiles sans pieds , et par conséquent ceux de tous qui méritent le mieux la dénomination de reptiles. Leur corps trèsallongé se meut au moyen des replis qu'il fait sur le sol.
On doit les diviser en trois familles. |
Ceux de la première, Ou les Axqurs (>),
Ont encore leur tête osseuse, leurs dents, leur langue semblables à celles des seps; leur œil est muni de trois paupières ,etc.; ce sont, pour ainsi dire, des seps sans pieds; ils entraient tous dans le genre des