TOME 2; SN
ou non, dont Le one du corps et de la queue est garni de bandes écailleuses , transversales, d’une seule pièce, et qui n’ont ni éperon ni sonnette au bout de la queue. Commeils sont assez nombreux, indépendamment de la soustraction des espèces venimeuses, on a encore subdivisé les autres.
Les Boa, plus spécialement ainsi nommés, ont un crochet de chaque côté de l'anus, le corps comprimé, plus gros dans son milieu , la queue prenante , de petites écailles , au moins sur la partie postérieure de la tête. C’est parmi eux que l’on trouve les plus grands de tous les serpens ; certaines espèces atleisnent trente et quarante pieds de lonsueur, et engloutissent des chiens, des cerfs, et même des bœufs , à ce que disent quelques voyageurs. Le pays natal de chacune n’a pas encore été bien fixé; mais dans les recherches que nous avons faites , il nous a paru que toutes celles qu'on connaît bien viennent d'Amérique. Telles sont :
Le Devin. (Boa constrictor. 5) Tacép. TE xvr,"e Seb. T, xxxvr, 55: Lirrs IL, LxxvEIT, 5: DCIX, 1: ct. Devin et Boa empereur, de Daud. (1).
Reconnaissable par une large chaîne , formée alternativement de oral des taches noirâtres , irrégulièrement hexasones , et de taches piles, ovales, échancrées aux
deux bouts, qui règne le long de son dos.
ne ES me RE SE RS RE A JS
(1) Daudin a cru que Îe devin se trouvait dans l’ancien continent, Mais il est certainement de la Guiane, MM. le Vaillant et Humboldt l'en ont rapporté. M. le Vaillant a aussi rapporté de Surinam les deux espèces suivantes, et chacun sait que le bojobi est du Brésil. Je ne crois pas que pe continent ait de vrais boas de grande
taille, Eu 8 Lrès-grands serpens de l'Inde et de l'Afrique sont deg pylhons.
L'Aboma. ( Boa cenchris, L. Aboma , et Porte - Anneau, de Daud.) Séb. I, Lvr, 4; IL, xxvitr, 2; et XCVIII.
Fauve, portant une suite de grands anneaux bruns le long du dos, et des taches variables sur les flancs.
T° Anacondo. ( Boa scytale et murina. L.) Séb. IT, NAIL 15 el REIXS TJ.
Brun-clair , une double suite de taches rondes brun=< foncé le long du dos, des taches œillées sur les flancs.
Ces trois espèces , qui parviennent presque à une taille égale , se tiennent dans les lieux marécageux des parties chaudes de l'Amérique; adhérant par la queue à quelque arbre aquatique, elles laissent flotter leur corps pour saisir
les quadrupèdes qui viennent boire, etc.
= Les autres boa connus paraissent rester dans des dimen-
sions moindres ; quelques - uns même sont toujours assez petits (1).
On a séparé de ces Bos, Les Enix. Daud. (2).
Qui diffèrent des boa proprement dits, par une queue très -courte, obtuse, et par des plaques ventrales peu
(1) Le Boa broderie (b. hortulana. L.), Séb. IL. LxxxIv. 1. et Vélévant. Daud. V. Lxin. 1. qui n’en differe pas.—Le 0. phrygia. Sh. Séb. I. Lx11. 2.—Le bojobi.(b. canina. Li.) Séb. IT. LxxxT, et xcvi. 2. — Le D. Aipnale.Séb. II. xxx1v 1-2. et Lacép. IL. xvr. 2. pourrait n’être qu’un jeune bojobi.— Le b. merremii. Schn. Merr. beytr. EF. 11. dont Daudin a fait son genre corALLE sur le caractère probablement accidentel et individuel des deux premières plaques doubles sous le cou.— Le b. carinata. Schn. ou l’ocellata. Opp.— Le D. siperinas Sh. Russel. 1V.
(2) ÆErix (crin.). C'est dans Lingus Vépithète d’une espèce
d’orvet,
larges, deux caractères qui les rapprocheraient des toririx, si la conformation de leurs mächoires ne les en éloignait (1). On peut en rapprocher Les ErpErons. Lacép. (2).
Bien remarquables par deux proéminences molles , couvertes d’écailles, qu’ils portent au bout du museau. Leur tête est garnie de grandes plaques ; celles qui règnent sous
le ventre sont très-peu larges, et celles du dessous de la queue diffèrent à peine des autres écailles (3).
Les CouLEuvres (5). (CoLuBER. L. )
Comprenaient tous lesserpens, venimeux ounon, dont les plaques du dessous de la queue sont di- “visées en deux , c’est-à-dire rangées par paires. Indépendamment de. la distraction des espèces veni-
meuses ;, On peut d’abord en séparer
Les PyrHons. Daud.
Qui ont des crochets près de l'anus, et les plaques ventrales étroites, comme les boa.
Il y ena des espèces aussi grandes AA boa : telle est l’Ular-Sawa ou grande Couleuvre des iles de la Sonde (Colub. Javanicus. Sh.) , qui parvient à plus de trente pieds. SEP. Ts ERP TE RIRE XXVIIT, LS COLE 2 OR
(:) L’Erix turc. (boa turc. Olivier. voy. pl. XI.)
(2) Erpeton , de ‘Eeztros (serpent).
(5) Erpeton tentaculé. Lacép. Ann. Mus. IL 1.
(4) Coluber, nom générique des serpens en latin.
(5) Cet ular-sawa ou python améthiste. Daud. boa amethystina. $chn. dont nous avons un grand squelette , et des peaux rapportées de Java par M. Leschenault, estau moins très-voisin du pedda-poda du Bengale, (python tigre Daud.) Russel, xxI1, xx111, XXIV. Co/. boæformis 8h, Boa castanea et albicans Schn. Et il nous paraît ea
Quelques serpens de ce sous-genre ont les premières, d’autres les dernières plaques de” leur queue simples (r). Peut-être n'est-ce quelquefois qu'une variété accidentelle. |
Certaines espèces se rapprochent encore plus que les autres des boa, par les petites écailles du dessus de leur tête, et par les fossettes des bords de deurs lèvres.
Les HurriA, Daud., sont d’autres couleuvres des Indes où, au contraire, les plaques de la base de la queue sont constamment simples, et celles de la pointe doubles ; mais ces petites anomalies méritent peu que l'on y ait égard (2).
Une distinction plus essentielle est celle qu’a établie Laurenti, des Dipsas ( Bungarus. Oppel.), qui ont le corps comprimé , beaucoup moins large que la tête, et où les écailles de la rangée qui règne sur l’épine du dos sont plus grandes que les autres, comme dans les bongares.
Tel-est le Dipsas Indica. ( Colub. bucephalus. Sh.) Séb. I, XLIII (3).
général que tous les prétendus boa de l’ancien continent sont des Pythons. Ular Sawa , signifie en malais serpent des rivières.
Les Boa reticulata, ordinata, rhombeata, Schn. appartiennent aux pythons,
(1) Le Bora, Russ. xxx1x. (Boa orbiculata. Schn.) Quant à celles où les plaques de la base de la queue sont simples , et celles où les bords des lèvres ont de petites fossetles , elles sont nouvelles.
(2) Hurriah, nom barbare tiré de celui que porte au Bengale Pes- - pèce représ. Russ. xL. copiée Daud. V.Lxvi. 2. Une autre merrem. IL. 1v. :
(3) Dipsas, nom grec d’un espèce de serpent que l’on croyait causer une soif mortelle par sa blessure , de dYdæ (soif). La figure donnée par Comrad Gesner au mot dipsas , est précisément de ce sousgenre.
Le dipsas indica est entièrement différent du vipera aitrox. Mus.
ad. Fred. xx. 2, avec lequel Linnæus, Laurenti et Daudin l'ont confondu.
Mais abrès ces séparations, les couleuvres demeureront encore le genre de serpens le plus nombreux en especes.
Il y en a plusieurs en France, comme
La Couleuvre à collier. (Coluber natrix. Li.) Lac. I, VI: 2
Très-commun@ dans les prés, les eaux dormantes ; cendrée, avec des taches noires le long des flancs, et trois taches blanches formant un collier sur la nuque; les écailles carénées, c’est-à-dire relevées d’une arête. Elle vit d'insectes , de grenouilles, eic. On la mange dans
plusieurs provinces.
La verte et jaune. ( Col. atro-virens.) Lacép. IT, vr, 1.
De nos bois, tachetée de noir et de jaune en-dessus, toute jaune-verdâtre en-dessous, les écailles lisses.
La Lisse. ( Col. Austriacus, Gm.) Lacép. IT, 17, 2.
Roux-brun ; marbré de couleur d’acier en-dessous ; deux rangs de petites taches noirâtres le long du dos ; les écailles lisses, portant chacune un petit point brun vers la pointe.
La Vipérine. ( Col. Viperinus. Latr.)
Gris-brun, une suite de taches noires formant un zigzag le long du dos, et une autre de taches plus petites, œillées , le long des côtés ; le dessous tacheté en damier de noir et de grisâtre; les écailles carénées.
Ces quatre espèces se rencontrent aux environs de. Paris.
Le midi de la France et l'Italie produisent
La Couleuvre Bordelaise. { Col. Girondicus. Daud. }
Presque des mêmes couleurs que la vipérine , mais à écailles lisses, à taches du dos plus petites et plus séparées.
La Quatre-Raies. (Col. Elaphis. Sh.) Lacép. IT, MURS Fauve , à quatre lignes brunes ou noires sur le dos, C’est le plus grand de nos serpens d'Europe; elle passe
quelquefois six pieds. Il est à croire que c’est le boa de Pline.
Le Serpent d’'Esculape. ( Col, Æsculapii. Sh.) (r).
Plus gros et moins long que la quatre-raies; brun dessus ; jaune paille dessous et aux flancs; écailles du dos presque lisses. D’Italie, de Hongrie, d’Illyrie. C'est celui que les anciens ont représenté dans leurs statues d’Esculape, et il est probable que le serpent d'Epidaure était de cette espèce.
Les couleuvres étrangères sont innombrables; les unes se font remarquer par la vivacité de leurs couleurs; d’autres par la régularité de leur distribution ; d’autres par des formes extrêmement srèles et légères. Il en est peu qui atteignent une très-sgrande taille (2).
(1) N. B. Que le col. ZÆsculapii de Läinn. est une espèce toute différente et d'Amérique.
(2) Les couleuvres présentant peu de variétés de structure intéxessantes , je n’ai pas cru nécessaire d’en rapporter ici le long catalogue, On le trouvera dans les ouvr. de Gmelin, de Daudin et de Shaw ; mais il faut consulter leurs énumérations avec précaulionet critique. Elles sont pleines de doubles emplois et de transpositions de synonymes.
Par exemple , le col. viridissimus , et le col. janthinus Merr. E. xn1, ne différent que par l’action de l’esprit-de-vin ; — le col. horridus Daud. Merr. IL. x (col. viperinus Sh.), est le même que le demi-collier, Lac. IL. vit. 2, — la coul. violette Lacép. IL. virt. 1. et le col. reginæ. Mus. ad, fr. xur, 2. ne différent encore que par Paction de la liqueur.—On doit regarder comme les mêmes, le co/. lineatus. Séh. XI, 3. Mus.ad. fr. XII, 1. XX. 1. Le col. jaculatrix. SC. I. 9. Scheuchz. pccxv. 2. le col. atratus. Séb. I. 9. 1x 2. eb même le terlineatus. Lacep. IL, xur, 1, — le col. sibilans Séb, I, 1x. 1. IL. Lvi. 4. et la coul.
Ne]
7 RERTILES
Les AcrocHORDEs, ( AcrocHoRDUS. Horus.)
Se distinguent aisément dans cette famille par les pelites écailles uniformes qui leur couvrent le corps et la tête en dessus et en dessous.
L'espèce connue, Oular caron de Java. ( Acrochordus Javensis. Lac. IT, xt, 2. Anguis granulatus. Schn.)
À ses écailles relevées chacune de trois petites arêtes , et ressemblant , lorsque la peau est très-bourrée, à des. tubercules isolés. Elle devient fort grande. Hornstedt a avancé à tort qu'elle vit de fruits, ce qui serait bien extraordinaire dans un serpent (1).
Les serpens venimeux à plusieurs dents maxillaires ne sont bien connus que depuis peu de temps, et ont altéré une division (qui paraissait fort nette.
Leurs mâchoires sont organisées et armées à peu près comme celles des précédens ; seuement elles ont un moindre nombre de dents
chapelet Lac. IL. x11. 1. paraissent également identiques, ainsi que ie col. Æsculapir Jacq. et le flavescens Scopol., etc. etc. Quant aux iranspositions de synonymes elles sont innombrables.
N. B. Les ENHYDRESs de Daud. seraient des couleuvres non venimeuses, à queue comprimée ; mais Ja seule espèce qu’il cite, anguis syphura. Herm. aff, an. p. 269. et Obs. zool., p. 288, est évidemment un hydrophis ou une pélamide.
(1) Nous n’av ons rien pu voir qui ressem blât à l’os particulier que M. Oppel dit avoir observé dans les acrochordes, et qui y remplacexait les crochets à venin , et nous sommes assurés d’ailleurs
par le témoignage de M. Leschenault, que l’acrochorde n’est point yenimeux,
OPHIDIENS. VAN E à la rangée extérieure , c’est-à-dire à los maxillaire, et la première de ces dents, plus grande que les autres, est percée, et conduit le venin dans la plaie, comme dans les venimeux à crochets, dont nous parlerons plus bas. | Ces serpens forment trois genres, distingués comme ceux des deux familles voisines
par l’armure de leur ventre et du dessous de leur queue.
Les BoxGaRESs (1). Daud. (PseupoBoa. Oppel.)
Ont, comme les boa , des plaques simples partout, Leur tête est courte, couverte de, grandes plaques; leur occiput peu renflé ; ce qui les caractérise Île imieux , c’est que leur dos très-caréné est garni d’une rangée lofgitudinale d’écailles plus larges que Îles latérales.
Ces serpens viennent des Indes où on les appelle serpens de roches. Il y en a une espèce qui atteint sept ou huit pieds de longueur (2). |
Les TRIMÉRÉSURES. Lac. | Qui ont des plaques entières sous la base de Îa queue et des doubles plaques sous le reste de sa lon-
(1) Bungarus, nom barbare , tiré de celui de Bungarum-pamma que la plus grande espèce porte au Bengale.
(2) Le Bongare à anneaux. Daud. V.Lxv. Boa fasciata. Sch. copié de Russel, TIT.—ajoutez : le Long. bleu WBoa lineata. Sh. Russ. I. Je
7h RRPTILES
sueur. La tête a aussi de grandes plaques; mais les écailles du dos n’ont rien de particulier. Ils viennent également des Indes (r).
Les Hypres. (Hyprus. Schn.) (2). (Hydrophis ct Pélamides. Daud.)
Ont la partie postérieure du corps et la queue très-comprimées et très-élevées dans le sens vertical, ce qui leur donnant la facilité de nager en fait des animaux aquatiques. Ils sont fort communs dans certains parages de la mer des Indes. Linnæus avait rangé ceux qu'il connaissait avec les orvets, à cause de leurs écailles presque toutes petites. Daudin les a subdivisés comme il suit :
Lrs Hyproruts (3).
Ont sous le ventre, comme les tortrix et les erpetons, une rangée d’écailles un peu plus grandes quesles autres ; leur tête est petite, non renflée, garnie de grandes plaques. On en a trouvé quelques espèces dans les canaux d’eau salée du Bengale, et d’autres plus avant dans la mer des Indes (4).
(1) On ne doit ranger ici que le trimérésure petite-tête. Lacep. Ann, Mus, IV. vi. 1. Le irimérésure vert; ib., est un trigonocéphale, |
(2)Hydrus, nom grec d’un serpent aquatique ; peut-être de notre couleuvre commune ; mais les Aydres marins d’Ælien sont précisément de ce genre.
(5) Hydrophis, serpent d’eau.
(4) Voyez les hydrophis de Russel , serpens de Corom., pl. xLiv., eh ETS. partie. pl vi—x. — L'ayspisure, le leyoselasme, et le jgister re. Facép., Ann. Mus. IV, rentrent aussi dans le sous-genxe.
LES OPHIDIENS. 72 Les PEramiDes (1).
Ont aussi ces plaques; mais leur occiput est renflé à cause de la longueur des pédicules de leur mâchoire inférieure, qui est très-dilatable, et toutes les écailles de leur corps sont égales ,» petites, rangées COMME des pay és.
4 L'espèce la plus connue ( Anguis platurus. 175 Hydr us bicolor. Schn. Séb. II, Lxxvrr, 1. Russel, XEI
Quoique fort venimeuse, se mange à Otaïti, J'ajoute à ces deux sous-genres celui
.Des Cnersvores (Cuersyprus. Cuv. ) (2).
Dont la tête et tout le corps sont également couverts de petites écailles. T'el est l’oular-limpé, (acrochordus fasciatus. Sh. Amph. pl. cxxx.) serpent très-venimeux, qui habite le fond des rivières de Java (3).
Lessserpens venimeux par excellence , où à crochets isolés, ont une structure très-particulière dans leurs organes de la manducation.
Leurs os maxillaires supérieurs sont fort petits, portés sur un long pédicule , analogue à l’apophyse ptérygoide externe du sphénoïde , et très-mobiles ; il s’y fixe une dent
des hydrophis. Ce sont également des serpens de la mer des Indes, Ajoutez l’hydrus curtus. Sh.—l'hydrus spiralis. id. pl. 125.
(1) Bélamis, nom grec et latin d’un poisson du genre des scombres.
(2) Xseovdpes, nom grec de la couleuvre à collier.
(3) L’Hydrus granulatus Schn. doit en être voisin.
N. B. Les Hydrus caspius, enhydris, rhynchops, piscator et pa lustris Schn. ne sont que des couleuvres ou des vipères ordinaires.
Son Aydrus colubrinus est le plature & bandes.
76 REPTILES aigué, percée d’un petit canal, qui donne issue à une liqueur secrétée par une glande considérable située sous l'œil. C’est cette liqueur qui, versée dans la plaie par la dent, porte le ravage dans le corps des animaux, et y produit des effets plus ou moins funestes selon l'espèce qui l’a fournie. Cette dent se cache dans un repli de la gencive quand le serpent ne veut pas s'en servir ; et il y a derrière elle plusieurs germes destinés à se fixer à leur tour pour la remplacer si elle se casse dans une plaie. Les naturalistes ont nommé les dents venimeuses crochets mobiles, mais c'est proprement l’os maxillaire qui se"meut ; il ne porte point d’autres dents, en sorte que dans cette sorte de serpens malfaisans l’on ne voit, dans le haut de la bouche, que les deux rangées de dents palatines.
Joutes ces espèces venimeuses, dont on connait bien la reproduction , font des petits vivans, parce que leurs œufs éclosent avant d'avoir été pondus. C’est ce qui leur a valu le nom général de vipères, contraction de vivipares (1).
Les serpens venimeux , à crochets isolés,
e . Fr (1) Notez que plusieurs couleuvres non venimeuses, sont égale-
OPHIDIENS. 9 présentent des caractères extérieurs à peu près de même nature que ceux des précédens.
Mais le plus grand nombre a les mâàchoires très-dilatables et la langue très -extensible. Leur tête large en arrière a généralement un aspect féroce qui annonce en quelque sorte leur naturel. Il en existe surtout deux grands genres, les crotales et les vipères, autour desquels s’en groupent quelques petits.
Les CROTALES (1). (CroTALUS. Lin.) Vulgairement Serpens à sonnettes.
Sont célèbres par dessus tous les autres serpens pour l’atrocité de leur venin. Ils ont, comme les boa et les bongares , des plaques transversales simples sous le corps et sous la queue, mais ce qui les distingue le mieux, c’est l’instrument bruyant qu'ils portent au bout de la queue , et qui est formé de plusieurs cornets écailleux emboîtés lâchement les uns dans les autres, qui se meuvent et résonnent légèrement quand l’animal rampe ou quand il remue la queue. Il paraît que le nombre de ces cornets augmente avec l’âge, et qu'ilen resteun de plus à chaque mue. Le museau de ces serpens est creusé - d’une petite fossette arrondie derrière chaque na-
\ ment vipipares ; nommément la vrpérine , le demi-collier , etc. Plusieurs boa sont aussi vivipares. Nous nous en sommes assurés pour l'anacondo.
(1) Crotale, de xeoransr (cresselle},
rine (1). Toutes les espèces dont on connaît bien la patrie, viennent d'Amérique. Elles sont d'autant ‘plus dangereuses que la contrée ou la saison sont plus chaudes ; mais leur naturel est en général tranquille et assez engourdi.
Le serpent à sonnettes rampe lentement, ne mord que lorsqu'il est provoqué, ou pour tuer la proie dont il veut se nourrir.
Quoiqu'il ne grimpe point aux arbres, il fait cependant sa nourriture principale d'oiseaux , d’écureuils, etc. On a cru long-temps qu’il avait le pouvoir de les engourdir par son haleine, ou même de les charmer, c’est-à-dire de les contraindre par son seul regard à se précipiter dans sa gueule, II paraît qu'il lui arrive seulement de les saisir dans les mouvemens désordonnés que la frayeur de son aspect leur inspire (2).
La plupart des espèces ont sur la tête des écailles semblables à celles du dos.
L'espèce la plus commune aux Etats-Unis, (Crotalus Aorridus. Li.) Caiesb. IT, xzr.
Est brune, avec des bandes transversales irrégulières noiratres.
Celle de la Guiane ( Crotalus durissus). (3) Lacép. IT, KITS 0
À des taches en losange, bordées de noir, et quatre
(1) Voyez Russel et Home, Trans. Phil. de 1804, pl. x1r, p. 76.
(2) Voyez BARTON , Mémoire sur lu faculté de fasciner, attribuée au serpent à sonnettes, Philad. 1796.
(5) Ces deux noms de durissus et d’horridus ont été diversement:
échangés entre ces deux espèces par les naturalistes,
lignes noires le long du dessus du col. Toutes deux sont également redoultées , et peuvent faire périr en quelques minutes. Elles parviennent l’une et l’autre à six pieds et plus de longueur.
Les autres ont la tête garnie de grandes plaques.
Tel est le AZillet. ( Crotalus miliaris. ) Catesb. IT, xLrr.
Ïl paraît qu’il y a aux Indes quelques serpens venimeux , à plaques entières sous le corps et sous la dueÿe. ae tête est couverte d’écailles semblables à celles du corps; mais ils n’ont aucun des autres attributs des serpens à sonnettes. Ils manquent nommément des fossettes derrière les narines. On peut leur réserver le nom de ScyraLes. Lair. (r).
Les AcanrHopxis. Daud. N’ont des plaques doubles que sous le petit bout de la queue, qui est terminée par un aiguillon très-pointu. Il n’y a de gvrandes-plaques que sur le devant de leur tête, et point de fosses derrière les narines. Leur occiput
(1) Ils séméduisent au Sc. zic-zac Daud. V, Lxx. (boa horatta. Sh.}
copié de Russel serp. de Corom. IL, et peut-être au Sc. krail. id.
Rien ne prouve quele Sc. zoir, (col. cacodæmon, Sh.) et le Sc. pisci= vore, ( col. aquaticus , Sh.) Catesb. Carol. IT, xzurt et xLIV, aient des plaques simples sous la queue. Il ne paraît même pas, quoiqu’en dise Catesby , que le piscivore soit venimeux. Du moins sa figure montre des dents de couleuvre. Quant au Sc. ammodyte, Séb. IL, Lxxvr. 1. { Col. alecto. Sh. } c’est le même que le Sc. catenatus Latr. LaAcHesIs Daud. ou Crotalus mutus TL; mais ses plaques sont doubles, Enfin
le Scytale à groin Latm (Boa contortrix L.,) Catesb. If, Lvr, ou le
CenceRris mokeson Daud. est une couleuvre que je me suis assuré
n'être pas venimeuse.
Sxvr#hy, nom grec d’un serpent qui, d'après la description de Nicandre, devait être l’érix ture.
30 | REPTILES très-renflé sur les côtés, a des écailles pareilles à celles du dos (1).
Les LANGAHA. Brug. Ont derrière Fanus des plaques qui entourent toute la queue, comme des anneaux , et le bout de la queue garui seulement de petites écailles. Leur tête est garnie de grandes plaques , et leur museau long et pointu. On n’en connaît qu'un. ( Langaia nazuta. Sh.) Brug. journ.
de phys. 1784, février. Cop. Lacép. IT. xx1r2 (2). Les VIPpÈREs. ( ViPeRa. Daud.)
© Sont, en n'ayant égard qu'aux tégumens, des couleuvres venimeuses , car elles ont, comme les couleuvres, des plaques entières sous le ventre, et divisées en deux sous la queue. Aussi Linnæus et Lacépède neles ont-ils pointséparées des couleuvres.
Les espèces sont très-nombreuses , mais M. Oppel
distingue d’abord de la foule,
(1) L’Acanthophis cerastin. Merrem. IE, x1r. (Foi aipebrosa Sh. ) et une espèce nouvelle. 7
(2) Langaha, nom de ce serpent à Madagascar, selon Bruguières.
N. B. Le genre CLorHontE Daud, ne résulte que d’un mal entendu ; ce naturaliste a cru voir dans la description du boa anguina par Schn. des crochets venimeux.
Son genre CENCHRIs tient à une double erreur ; il a cru le serpent à groin de cochon Catesb. Carol. Il, Lv:, venimeux , ce qu’il n’est sûrement pas ; et il a jugé que les plaques simples qu’un individu a pu avoir à la base de la queue donnaient un caractère constant , tandis que ce n’était qu'un accident très-rare. Ce serpent est une couleuvre, et n’est point comme le croit Daud. synon. du mokesor
ou mokasin des Anglo-Américains , lequel devient beaucoup plus: grand.
OPHIDIENS. Sr LEs TRIGONOCÉPHALES.
Qui ont des fossettes derrière les narines, comme les serpens à sonnettes , qu'ils égalent presque par la force de leur venin. Leur queue se termine souvent par un petit aiguillon corné. Leur occiput est fort élargi par l’écartement des mâchoires.
Dans les uns, la tète est couverte d’écailles pareilles à celles du dos (1).
Dans d’autres, elle est seulement garnie d’écailles granulées comme du chagrin. Tels sont
La Trigonocéph. jaune , Vipére jaune des Antilles, ou F'er de lance. ( Fip. lanceolata.) RANCE Il, v,1. Co. Megæra. Sh.
Le plus dangereux serpent de nos îles à sucre. Il atteint six pieds.
Le Trigon. à losanges. (Crotalus mutus. IL. Colub. Alecto. Sh. Scytale ammodyte. Latr.) Séb, II, ÉSRVE SE
Remarquable parce que le petit bout de sa queue n’a en dessous que de petites écailles, comme en dessus (2).
Le Trig. verd. ( Trimérésure verd. Lac.) Ann. Mus. INF DVI. 2!
À quelquefois deux ou trois plaques entières sous l'origine. de sa queue ; mais ce n’est qu’un accident
individuel (3).
(1) Vipera Weigelii — la vipère à tête triangulaire. Lac. IL. v. 2.
(2) C’est de ce serpent que Daud. a fait son genre LaCHESIS, mais je me suis assuré que ses plaques sous-caudales sont doubles. Ajoutez vipera atrox Li. Mus. ad. fred. IT, xx11. 2.
(3) Nous avons vu des individus avec et sans ces plaques. Ce ser-
pent est le même que le boodro-pam, Russel. , serp. Corom, IX.