‹ Le règne animal distribué d'après son organisation (volume 3)Chapitre 21 sur 101 · TOME · texte numérisé non relu

TOME

Dans quelques-uns encore elle est couverte de grandes plaques (r).

Un autre caractère a déterminé M. Latreille à séparer Les PLATURES.

Qui ont la queue comprimée, la tête couverte de plaques, et vivent dans les eaux de la mer des Indes, comme les bydrophis et les pélamides. Tel est

Le plature à bandes ( Col. laticaudatus. L. où Hydrus Colubrinus. Schn.) Daud. VII, zxxxv.

Bardé en travers de blanc et de noirätre.

On pourrait distinguer encore, selon nous, des vipères, les naia et les élaps.

Les N'ArA ZLaurenti (2).

Elargissent en disque la partie de leur corps la plus voisine de leur tête, en redressant et tirant en avant les côtes qui la soutiennent; leur tête est couverte de grandes plaques.

L'espèce la is célèbre est

Le Serpent à lunettes. ( F. Naia. Col. Naja. X.) Laçep. LL, \2rx 1.

Ainsi nommé d'un trait noir en forme de lunette, dessiné sur la partie élargie. On le trouve aux Indes ; il est très-venimeux; mais l’on prétend que l’ophiorhiza mungos est le spécifique de sa morsure. Les bateleurs en apprivoisent, qu’ils savent faire jouer et danser, pour étonner le peuple, après toutefois qu’ils leur ont arraché les dents (3).

On fait le même usage en Egypie d’une autre espèce: l'Haje (Vip. Haje. Geoff. Col, haje. L.), Geolf. Eg. rept. pl. vit, dont le cou s’élargit un peu moins, el qui est verdätre bardée de brunâtre. Les jongleurs de ce pays-làsavent,

(1) Les espèces m'en paraissent nouvelles.

(2) Nata, Noia , nom de ce serpent dans l’{nde.

(3) Voyez Kœmpfer amæn, exol. pe 065.

en lui pressant la nuque avec le doigt, mettre ce serpent dans une espèce de catalepsie qui le rend roide et immo bile ( {e change en verse où béton ). L’habitude qu'a l’'haje de se redresser quand on en approche, avait fait croire aux anciens Égyptiens qu’il gardait les champs qu'il habitait; ils en faisaient l'emblème de la divinité protectrice du monde , et c’est lui qu’ils sculptaient sur le portail de tous leurs temples, des deux côtés d’un globe. C'est incontestablement le serpent que les anciens ont décrit sous le nom d’aspie (1).

Les Eraps. Schn. (2).

Ont aussi de grandes plaques sur la tête; mais non-seulement ils ne peuvent dilater leurs côtes, leurs mächoires inême ne peuvent presque s’écarier en arrière, à cause de la brièveté de leurs os tympaniques, et surtout de leurs os mastoidiens , d’où il résulte que leur tête, comme celle des tortrix et des amphisbènes, est tout d’une venue avec le corps ; ils se rapprochent donc à cet égard des rouleaux.

L'espèce la plus commune

Elaps lemniscatus. ( Coluber lemniscatus. L.) Séb,T, x, ult-et Il EX Vr 3:

Est marquée d’anneaux noirs rapprochés trois à trois sur un fond blanc. Le bout de son museau est noir. Elle est de la Guiane, où on la redoute beaucoup, et où elle fait redouter aussi, quoique innocens, le £ortrix scytale,

(1) Ajoutez Col. niveus. L. probablement le même que le s1p. melaaura. Daud. Séb. IT, xv, 1, mais décrit sur un individu décoloré.

(2) M. Schneider comprenait parmi ses Elaps tous les serpens qu’il supposait manquer d’un os mastoidien séparé; mais il n’en jugeait qu’à l'extérieur par le peu de renflement de locciput ; aussi ce caractère ne se trouve-t-il vrai que dans lestortrix d’Oppel. Il n'avait d’ailleurs égard ni aux écailles ni au venin, "EAæŸ, £Aod sont des noms

grecs d’un serpent non venimeux.

et le coluber Æsculapii. L., parce qu'ils lui ressemblent

par leur forme, leur grandeur et leurs couleurs. Il y a

au reste , dans les deux Continens, plusieurs élaps à

près des mêmes couleurs (r).

Après ces séparations, il resterait les VirèREs ordinaires , que l’on pourrait encore diviser à peu près comme les trigonocéphales en

Celles qui ont toute la tête couverte d’écailles imbriquées et carénées (ou les Cora de Laurenti), espèces étrangères , dont l’occiput est élargi comme celui des trigonocéphales , et qui ne leur cèdent point pour la force du venin (2).

Celles qui ont la tête couverte d’écailles granulées, comme

La Vipère commune. ( Col. berus. L.) (3).

Brune; une raie noire en zig-zag le long du dos, et une rangée de taches noires de chaque côté; le ventre ardoisé. C’est celle qui s'était si fort multipliée ces dernières années dans la forêt de Fontainebleau. Il y en a des individus où le zig-zag est interrompu, ce qui leur fait quatre séries de taches alternatives. C’est alors le co/.

(1) Tels sont Elaps anguiformis. Schn.—/a vip. Psyché. Daud. VIII, c. 1.— Col. lacteus. Li. Mus. ad. fr. xvrit, 1, et mieux Séb. II, XXXV,2.— El. nob. Surinamensis. Séb. T1, vi, 2, et Lxxxvi, 1.—Col. Latonius Merrem. I, 11, et Séb. II, xxxiv, 4, et xzin1 , 3, le même que le C. Zubricus.—Col. fulvius.

(2) Tels sont l’aspic de Lacép. IT, 11, 1, ( sp. ocellata Latr. ) espèce étrangère, et fort voisine de l’Ærropcs. Li. Mus. Ad. Fr. XIII, 1 ;— le vip. Clotho. Séb. UE, xcurr , 13—le vip. Lachesis, id. XCLV , 2 ;— la dabote. Lacép. Il, xrr1, 2, la même que la Brasilienne. id. ib. IV , 1;—la vip. à courte queue. Cuv. Séb. II, xxx, 1 ; —la vip. élégante Daud. Russel. VII,

(3) Berus est un nom de serpent, employé seulement par les auteurs du moyen âge, tels qu’ Albert, Vincent de Beauvais, et pour uue espèce aquatique , probablement la couleuvre à collier.

redi de Laur. et de Gm. ( Col. aspis. L.)(1). D’autres où les angles externes du zig-zag se prolongent en demibandes transverses très-noires ,sur un fond plus roux ; c'est cette variété qu’on a nommée aspic (2). D'autres sont presque entièrement noires.

La V'ipère à museau cornu.(f.ammody tes(3). Jacq.Coll. IV. pl. 24 et 25. Vip. Illyrica d’Aldrov. Col. Aspis. Gmel.)

À peu près semblable à la précédente pour les couleurs et leur distribution ; seulement un peu plus foncée ; se distingue par une petite corne molle et couverte d’écailles sur le bout du museau. On la trouve dans le midi de l’Europe.

Le Céraste. ( F. Cerastes.) Lacép. IT, 1, 2.

Grisâtre ; portant sur chaque paupière une corne pointue et solide. D'Egypte (4).

Celles qui ont sur le milieu de la tête trois plaques un peu plus grandes, comme

* La Vipérerouge ou Æsping des Suédois. ( 7. Chersæa(s). Col. chersæa. TL.) Coluber berus , de Laurenti et de Daudin.

Presque semblable à la vipère commune, et s'en distinguant principalement par les trois plaques en question. (1) La vipère représentée par Charas, dont Laurenti a aussi vouln. faire une espèce, ne diffère point de celleque cetanteur nomme vipére de Redi , qui n’est elle-même qu’une variélé de la commune. |

(2) Aspic, #ca1is, serpens d'Egypte dont il y avait plusieurs sortes ; d’après ce que l’on dit du renflement de son cou, et de la facilité que l’on avait à la charmer : l’une de ces espèces devait étre l’Aaje. Voyez ci-dessus , p. 82.

(3) Ammodytes , nom grec et latin d’un serpent vivant dans le sable, et analogue à la vipère.

(4) Kegasys , cornu. Les anciens connaissaient bien celte espèce.

(5) Xsecuiæ, terrestre , épithèle de l’une des espèces d’aspic. Æsping

est probablement une corruplion d’aspic,

86 | REPTILES | Elle habite lenordde l’Europe. ll y enades individus tous noirs, qu'on a nommé V’ipère noire. ( Col. prester. I.) (rt). Enfin, celles qui ont le dessus de la tête tout garni de plaques , comme L’'AÆémachate de Perse et des Indes. ( Col. Aæmachates. Gm.) Lacép. If, 111, 2. Séb. LVIII, 1, 3 (2).

Brun-roux , marbré de blanc.

La troisième et dernière famille desophidiens Ou les SERPENS nus,

Ne comprend qu'un genre très-singulier, et que plusieurs naturalistes croient devoir reporter parmi les batraciens, quoique l’on ignore s'il est soumis à des métamorphoses.

C’est celui des

Cécicres. (CœcicrA. (5). L.)

Ainsi nommé parce que ses yeux excessivement petits sont à peu près cachés sous la peau. Celle-ci est lisse, visqueuse, et paraît nue comme dans les anguilles ; à peine y apercoit-on, quand elle est desséchée, des vestiges d’écailles; mais elle offre des plis transverses sur les côtés. La tête des cécilies est déprimée ; leur anus rond et à peu près au bout du corps; leurs côtes sont beaucoup trop courtes pour

(1) Prester, meysÿp, nom grec d’un serpent que plusieurs auteurs disent le même que le dipsas, De re3uv, brüler.

(2) Aj. le col. F. nigrum , Scheuchz. phys, sacr. IV, DCcxvIr , 1.

(3) Cæcilia , txaduction de TYDhaÿ et nom latin de l’orvel, que Von appelle encore aveugle dans plusieurs pays d'Europe, quoiqu'il ail de fort beaux yeux.

entourer leur tronc; l'articulation des corps de leurs vertèbres se fait par des facettes en cône creux, remplies d’un cartilage gélatineux, comme dans les. poissons et dans quelques-uns des derniers batraciens; et leur crâne s’unit à la première vertèbre par deux tubercules , aussi comme dans les batraciens, dont les seuls amphisbènes approchent un peu à cet égard parmi les ophidiens ; les os maxillaires couvrent l'orbite quin’y est percé que comme un trés-pefit trou, et ceux des tempes couvrent la fosse temporale , de sorte que la tête ne présente en dessus qu’un Re osseux continu. Leurs dents maxillaires et palatines aiguës et recourbées en arrière, ressemblent cependant à celle des serpens proprement dits; mais leur mâchoire inférieure n'a point de pédicule mobile , attendu que l'os tympanique est enchâssé avec les autres os dans le bouclier du crâne.

L’oreillette du cœur de ces animaux n’est pas divisée assez profondément pour êtreregardée comme double ; leur deuxième poumon est encore fort petit. Il paraît qu’ils pondent des œufs à écorce demimembraneuse et réunis en Cane chaînes. Leur oreille n’a pour tout osselet qu'une petite Poe

sur la fenêtre ovale.

Les espèces dont on sait bien la patrie viennent de la Guiane; il y en a d’assez grandes, et d’autres qui -surpassent à peine un ver de terre. Leurs mœurs sont peu connues (1).

(1) Cœcilia glutinosa, Séb. W,xxv,2,—Cœcilia tentaculata.Lacep.

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