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LE QUATRIÈME ORDRE DES REPTILES

LES BATRACIENS (r).

N'ont au cœur qu’une seule oreillette et un seul ventricule. Ils ont tous deux poumons auxquels se joignent, dans le premier âge, des branchies plus ou moins analogues à celles des poissons, portées aux deux côtés du col par des arceaux cartilagineux qui tiennent à l'os hyoïde. La plupart perdent ces branchies et l'appareil qui les supporte en arrivant à l'état parfait. Deux genres seulement, les szrènes et les protés les conservent toute leur vie.

ant que les branchies subsistent , l’aorte en sortant du cœur, se partage en autant de rameaux, de chaque côté, qu'il y a de branchies. Le sang des branchies revient par des veines qui se réunissent vers le dos en un seul tronc artériel, comme dans les poissons ; cest de ce tronc, ou immédiatement des veines qui le forment que naissent toutes les artères qui nourrissent le corps, et même celles qui conduisent le sang pour respirer dans le poumon.

IT, xx1, 2.—TLa cécilie à ventre blanc. Daud. VII, xC17, 1.—La céc. lombroïcide. 14. ib. 2.

(1) De Bareuyos (grenouille), animaux analogues aux grenouilles.

Mais dans les espèces qui perdent leurs branchies, les rameaux qui s’y rendent s’oblitèrent , excepté deux, qui se réunissent en une artère dorsale, et qui donnent chacun une petite branche au poumon. C’est une circulation de poisson métamorphosée en une circulation de reptle.

Les batraciens n’ont ni écailles, ni carapaces, ni ongles aux doigts; une peau nue revet leur corps (1). ji

L’enveloppe de leurs œufs est simplement membraneuse ; le mâle dispose sa femelle à les pondre par des embrassemens très-longs, et dans plusieurs espèces il ne Les féconde qu'à l'instant de leur sortie. |

Ces œufs s’enflent beaucoup dans l’eau après avoir été pondus. Le petit ne diffère pas seulement de l’adulte par la présence des branchies ; ses pieds ne se développent que par dégrés, et dans plusieurs espèces il a encore un bec et une queue qu'il doit perdre, et des intestins d’une forme différente.

(1) M. Schneider a constaté que la grenouille écailleuse de Wallbaum, n'avait paru telle que par accident , quelques écailles de lézards gardés dans le même bocal, s'étant altachées à son dos. (Scan.

Hist. Amphib. Fasc. T, p. 108.)

O0 REPTILES Les GReNouILLES. (RAXA. L. )

Ont quatre jambes et point de queue dans leur état parfait. Leur tête est plate, leur museau arrondi, leur gueule très-fendue ; leur langue molle ne s’attache point au fond du gosier, mais au bord de la mâchoire et se reploie en dedans. Leurs pieds de devant n’ont que quatre doigts; ceux de derrière ont quelquefois le rudiment d’un sixième,

Leur squelette est entièrement dépourvu de côtes. Une plaque cartilagineuse à fleur de tête tient lieu de tympan, et fait reconnaître l'oreille par dehors. L'œil a deux paupières charnues, et une troisième cachée sous l’inférieure, transparente et horizontale.

L'inspiration de Pair ne se fait que par les mou-

vemens des muscles de la gorge, laquelle en se dila-

tant recoit de l'air par les narines , et en se contractant pendant que les narines sont fermées au moyen de la langue, oblige cet air de pénétrer dans le poumon. L’expiration au contraire s'exécute par les muscles du bas-ventre. Aussi quand on ouvre le ventre de ces animaux vivans , les poumons se dilatent sans pouvoir s’affaisser, et si on en force un à tenir sa bouche ouverte, il s’asphyxie parce qu'il ne peut plus renouveler l’air de ses poumons.

Les embrassemens du mâle sont très-longs. Ses pouces ont un renflement spongieux qui grossit au temps du frai et qui l’aide à mieux serrer sa femelle, Il féconde les œufs au moment de la ponte. Le petit être qui en sort se nomme tétard. Il est

BATRACIENS. OT d'abord pourvu d’une longue queue charnue, d’un petit bec de corne, et n’a d’autres membres apparens, que de petites franges aux côtés du col. Elles disparaissent au bout de quelques jours, et Swam-

merdam assure qu'elles ne font alors que s’enfoucer sous la peau , pour y former les branchies. Cellesci sont des petites houppes très-nombreuses, attachées à quatre arceaux cartilagineux , placés de chaque côté du cou, adhérens à l’os hyoïde, et enveloppées dans une tunique membraneuse , recouverte par la peau générale. L'eau qui arrive par la bouche et en passant dansles intervalles des arceaux cartilagineux, en sort tantôt par deux ouvertures, tantôt par une seule, percée , ou dans le milieu, ou au côté gauche de la peau extérieure selon les espèces. Les pates de derrière du têtard se développent petità petitet à vue d’œil ; celles de devant se développent aussi, mais sous la peau qu’elles percent ensuite. La queue est resorbée par degrés. Le bec tombe et laisse paraître les véritables mâchoires qui étaient d’abord molles et cachées sous la peau. Les

‘branchies s’anéantissent et laissent lespoumons exercer seuls la fonction de respirer qu'ils partageaient avec elles. L’œil que l’on ne voyait qu’au travers d’un endroit transparent de la peau du tétard se découvre avec ses trois paupières. |

Les intestins, d’abord très-longs, minces, contournés en spirale , se raccourcissent et prennent les renflemens nécessaires pour l'estomac et le colon. Aussi le tétard ne vitil que d'herbes aquatiques, et l'animal adulte que d'insectes et autres maiières

animales. Les membres des tétards se régénèrent presque comme ceux des salamandres. L'époque de chacun de ces changemens particuliers varie selon les espèces. Dans les pays tempérés et froids, lanimal parfait s'enfonce pendant l'hiver sous terre, ou sous l'ean dans la vase, et y vit sans manger et sans respirer ; mais pendant la belle saison , si on l’empêche de respirer quelques minutes, en l’'empéchant de fermer la bouche , il périt

LEs GRENOUILLES proprement dites. (RAnaA.)

Ont le corps effilé, et les pieds de derrière très-longs, très-forts, et toujours parfaitement palmés; leur peau est lisse ; leur mâchoire supérieure est garnie tout autour d’un rang de petites dents fines, et il y en a une rangée transversale interrompue, au milieu du palais. Les mâles ont de chaque côté, sous l'oreille, une membrane mince, qui

se gonfle d’air quand ils crient. Ces animaux nagent et sautent très-bien.

La Grenouille commune ou verte. (Rana esculenta. TL. ÿ

Roœsel. Ran. pl. x1II, XIV.

D'un beau vert, tacheté de noir; trois raies jaunes sur le dos; le ventre jaunâtre. C'est l'espèce si commune dans toutes les eaux dormantes, et si incommode en été par la continuité de ses clameurs nocturnes. Elle fournit un aliment sain et agréable. Elle répand ses œufs en paquet dans les mares.

La Grenouille rousse. ( Rana temporaria. L.) Rosel. Rén)plir, IT, tn

Brun-roussâtre, tacheté de noir; une bande noire partant de l’œil et passant sur l'oreille.

C'est l’espèce qui paraît la première au printemps;

BÂATRACIENS. O3

elle va plus à terre que la précédente, et coasse beaucoup moins. Son têtard grandit un peu moins avant la métamorphose.

Parmi les grenouilles étrangères on peut distinguer

La Jakie.,(Rana paradoxa. L.)Séb.T, rxxvrrr. Merian. Surin. LX XI. Daud.Gren. XXII, XXIII.

De toutes les espèces du genre, celle dont le têtard grandit le plus avant sa métamorphose complète. La perte d’une énorme queue, et des enveloppes du corps, fait même que l'animal adulte a moins de volume que le têtard, ce qui a donné à croire aux premiers observateurs que c’était la grenouille qui se métamorphosait en têtard , ou ( comme ils disaient ) en poisson. Cette erreur est aujourd’hui complétement réfutée.

La jakie est verdätre, tachetée de brun, et se reconnaît surtout à des lignes irrégulières, brunes, Le long de ses cuisses et de ses jambes. Elle habite à la Guiane.

La Grenouille taureau. Bull-Frog des Anelo-Américains. (ana taurina. Cuv. R. pipiens. Daud.) Catesb. IT, zxxr. Daud. xvrxr.

Une des plus grandes espèces. Verte, marbrée de noirâtre ; une ligne jaune le long du dos.

LEs RAINETTES. (HyYLA.) |

Ne diffèrent des grenouilles que parce que l'extrémité de chacun de leurs doists est élargie et arrondie en une espèce de pelotte visqueuse, qui leur permet de se fixer aux corps et de grimper aux arbres. Elles s’y tiennent , en effet , tout l'été, et y poursuivent les insectes ; mais elles pondent dans l’eau, et s’enfoncent dans la vase en hiver, comme les autres grenouilles. Le mâle a sous la gorge une poche qui se gonfle quand il crie.

La Rainette commune, ( Rana arborea. L.) Roœs. Ran. plie, x, me

Verte dessus, pâle dessous, une ligne jaune et noire le long de chaque côté du corps. Elle ne produit qu’à l’âge de quatre ans, et s’accouple à la fin d'avril. Son tétard achève sa métamorphose au mois d'août.

Les rainettes étrangères sont assez nombreuses ; 1l y en a plusieurs de jolies. La plus remarquable est

La Rainette à tapirer. (Rana tinctoria.)

Dont le sang, imprégné dans la peau des perroquets aux endroits où on leur a arraché quelques plumes, fait revenir , dit-on, des plumes rouges ou jaunes, et produit sur l'oiseau cette panachure qu'on appelle sapiré. On assure que c’est une espèce brune, à deux bandes blanchâtres , réunies en travers en deux endroits. { Daud. pl. var.)

Les CrAPpAUDs. ( Buro.)

Ont le corps ventru, couvert de verrues ou papilles, d’où suinte une humeur fétide; un gros bourrelet derrière l'oreille; point du tout de dents ; les pates de derrière peu allongées. Ils sautent mal, et se tiennent plus généralement éloignés de l’eau. Ce sont des animaux d’une forme hideuse, dégoûtante, que l’on accuse mal à propos d’être venimeux par leur saiive, leur morsure, leur urine, et même par l'humeur qu’ils transpirent.

Le Crapaud commun. ( Rana Bufo. 1.) Roœs. Ran. XX.

Gris-roussâtre ou gris-brun; quelquefois olivâtre ou noirâtre ; le dos couvert de beaucoup de tubercules arrondis, gros comme des lentilles. Le ventre garni de tubercules plus petits et plus serrés. Les pieds de derrière demi-palmés. Il se tient dans les lieux obscurs et étouffés, et passe l'hiver dans des trous qu'il se creuse, Son accouplement se fait dans l’eau, en mars et avril ; lorsqu'il a lieu sur terre, la femelle se traîne à l’eau en

portant son mâle : elle produit des œufs petits et innom-

brables, réunis par une gelée transparente en deux cor-

dons, souvent longs de vingt et trente pieds, que le mâle

tire avec ses pates de derrière. Le têtard est noirâtre, et

de tous ceux de notre pays, c’est celui qui est encore le

plus petit, lorsqu'il prend des pieds et perd sa queue.

Son ouverture branchiale est à gauche. Le crapaud comamun vit plus de quinze ans et produit à quatre. Son cri a

quelque rapport avec l’aboiement d’un chien.

Le Crapaud des joncs. ( Rana bufo calamita. Gm.) Rœs. XXIV. Daud. XX VIII, x.

Olivätre; des tubercules comme au précédent ; mais pas de si grands bourrelets derrière les oreilles; une ligne jaune longitudinale sur l’épine ; une rougeâtre dentelée sur le flanc : les pieds de derrière sans aucune mem- Drane. Il répand une odeur empestée de poudre à canon ; vit à terre; ne saute point du tout, mais court assez vite; grimpe aux murs pour se retirer dans leurs fentes, et a pour cela deux petits tubercules osseux sous la paume des mains; ne va à l’eau que pour l’accouplement, au mois de juin, pond deux cordons d'œufs, comme le crapaud commun; le mâle crie comme celui de la rainette, et a de même une poche sous la gorge.

Le Crapaud brun. ( Rana bombina. +. Gm. Bufo fuscus. Laurenti.) Roœs. XVII, XVIIT.

Brun-clair, marbré de brun-foncé ou de noirätre; les tubercules du dos peu nombreux, gros comme des lentilles; le ventre lisse; les pieds de derrière à doigts allongés et entièrement palmés ; il saute assez bien; se tient de préférence près des eaux; répand une forte odeur d’ail lorsqu'il est inquiété. Ses œufs sortent du corps en un seul cordon, mais plus épais que les deux que rend le crapaud commun. Son têtard est de ceux qui n'ont qu’une ouverture branchiale au côté gauche ; tarde plus

que les autres de ce pays-ci à passer à l’état parfait, et est déjà fort grand , qu’il a encore sa quéue, et que ses pieds de devant ne sont pas sortis. IL a même l'air de rapetisser lorsqu'il perd tout-à-fait son enveloppe de têtard. On le mange en quelques lieux, comme si c'était un poisson.

Le Crapaud à ventre jaune. ( Rana bombina. Gni.) Roœs. XXITI. Daud. XX VI.

Le plus petit et le plus aquatique de nos crapauds ; grisâtre ou brun en dessus; bleu-noir, avec des taches aurore en dessous; les pieds complétement palmés, et presque aussi allongés que ceux des grenouilles; aussi saute-t-1l presque aussi-bien qu’elles.

Il se tient dans les marais et s’accouple au mois de juin; ses œufs sont en petits peloions, et plus’ grands que ceux des espèces précédentes.

Le Crapaud accoucheur. ( Bufo obstetricans. Laur.) Daud pl'xxxrr st 2.

Petit, gris; des points noirâtres sur le dos; de blanchâtres sur les côtés. Le mâle aide la femelle à se délivrer de ses œufs, qui sont assez grands, et se les attache en paquets sur les deux cuisses, au moyen de quelques fils d’une matière glutineuse. Il les porte encore, qu’on distingue déjà au travers de leur enveloppe les yeux du têtard qu'ils contiennent. Lorsqu'ils doivent éclore, le crapaud cherche quelque eau dormante pour les y déposer. Ils se fendent aussitôt, et le iêtard en sort et nage. Il est fort petit et vit de chair. Cette espèce est commune dans les lieux pierreux des environs de Paris.

On y trouve aussi quelquefois

Le Crapaud variable. Crap. vert. Lac. ( Lana variabilis. Gw.) Pall. Spic. VII, vr, 34. Daud. XX VII, 2.

Blanchâtre, tacheté de vert, remarquable par leschan-

semens de nuances de sa peau, selon qu’il veille ou dort,

est à l'ombre, au soleil, etc.

Parmi les crapauds des pays étrangers, on peut remarquer A cause de sa grandeur monstrueuse,

Le Crapaud agua. ( Rana marina. Gm.) Daud. xxxvrr.

Long de huit ou dix pouces sans les pieds; des verrues grandes comme des fèves; de la Guiane.

Æ cause de leur figure extraordinaire.

Le Crapaud cornu. (Rana cornuta. Gm.) Daud. pl. xxx viri. Séb. L, LxxIT, 1 , 2.

À tête et gueule très-larges; un tubercule conique audessus de chaque œil.

Le Crapaud perlé. (Rana margaritifera. Gm.) Daud. pl. xxx111. Séb. I, rxxr, 6, 7.

Une crête droite ,roideet arrondie, derrière chaque œil.

On doit, à l'exemple de Laurenti, séparer des crapauds, et même de toui le grand ‘genre des grenouilles,

Les PrpA.

Qui se distinguent par leur corps aplati horizontalement; par leur tête large et triangulaire; par l'absence de toute langue ; par un tympan caché sous la peau ; par de petits yeux placés vers le bord de la mâchoire supérieure; par des doigts de devant fendus chacun au bout en quatre petites pointes; enfin, par l’énorme larynx du mäle, fait commeune boîte osseuse triangulaire , au dedans de laquelle sont deux os mobiles qui peuvent fermer l’entrée des bronches (7).

(1) Cest ce que M. Schneider a décrit sous le nom de cista sternalis.

N. B. Nous ne donnons pas ici l’'énumération des espèces de gre- - nouilles, de rainettes , de crapauds et de pipas, parce que nous trouvons celle de Daud. , rept. tome VIII. , assez bonne. Il faut y joindre son ouvrage in-4°, sur ces trois genres , en se souvenant que les planches en sont presque toutes coloriées d’après des individus allérés,

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