TOME 2. AR
99 REPTILES La seule espèce connue y (Rana pipa. A.) Séb. I, zxxvir. Daud. xxx1, XXxIT. Vit à Cayenne et à Surinam, dans les endroits obscurs des maisons. Lorsque les œufs sont pondus, le mâle les place sur le des de la femelle et les y féconde de sa laite; alors la femelle se rend à l’eau, la peau de son dos se gonfle, et forme des cellules dans lesquelles les. œufs éclosent. Les petits y passent leur état de têtard , et n’en sortent qu'après avoir perdu leur queue et développé leurs pates. C’est là l’époque où la mère
revient à terre.
LES SALAMANDRES. ( SALAMANDRA. Brongn. )
Ont le corps allongé , quatre pieds et une longue queue , ce qui leur donne la forme générale des lézards ; aussi Linnæuslesavait-1l laissées dans ce genre: mais elles ont tous les caractères des batraciens.
Leur tête est aplatie; l'oreille cachée entièrement sous les chairs, sans aucun tympan, mais seulement avec une petite plaque cartilagineuse sur la fenêtre ovale; les deux mâchoires garnies de dents nombreuses et petites; deux rangées longitudinales de pareilles dents au palais ; la langue comme dans les grenouilles ; point de troisième paupière ; un squelette avec de très-petits rudimens de côtes, mais saus sternum; un bassin suspendu à l’épine par des ligamens; quatre doigts devant, cinq derrière. Dans l’état adulte, elles respirent comme les grenouilles et les tortues. Leurs têtards respirent d’abord par des branchies en forme de houppes au nombre de trois de chaque côté du cou, qui s’oblitèrent ensuite ; elles sont suspendues à des arceaux cartilagineux
dont il reste des parties à l'os hyoïde de l'adulte; un opercule membraneux recouvre ces ouvertures; mais les houppes ne sont jamais revêlues d'une tunique et flottent au dehors ; les pieds de devant se développent avant ceux de derrière. Les doigts poussent aux uns ef aux aufres successivement.
LEs SALAMANDRES TERRESTRES. (SazawanDRA. Laur.)
Ont, dans l'état parfait, la queue ronde ; ne se tiennent dans l’eau que pendant leur état de têtard, qui dure peu, ou quand elles veulent mettre bas. Les œufs éclosent dans l’oviductus.
La Salamandre terrestre commune. ( Zacerta Salaman-
dra. L.) Lac. KL.
Toute noire, à grandes taches d’un jaune vif ; sur ses côtés sont des rangées de tubercules , desquels suinte dans le danger une liqueur laiteuse, amère , d’une odeur forte, qui est un poison pour des animaux très-foibles. C’est peut-être ce qui a donné lieu à la fable que la salamandre peut résister aux flammes. Elle se tient dans les lieux humides, se retire dans des trous souterrains ; mange des lombrics, des insectes, de l'humus ; reçoit la semence du mâle intérieurement ; fait ses petits vivans et les dépose dans des mares ; ils ont dans leur premier âge la queue comprimée verticalement.
LEs SALAMANDRES AQUATIQUES. (TRITON. Laurenti.)
Conservent toujours la queue comprimée verticalement, et passent presque toute leur vie dans l’eau.
Les expériences de Spallanzani sur leur force étonnante de reproduction , les ont rendues célèbres. Elles repoussent plusieurs fois de suite le même membre quand on le leur coupe, et cela avec tous ses os, ses muscles, ses vaisseaux , etc. Une autre faculté non moins singulière , est celle
que leur a reconnue Dufay, de pouvoir être prises dans la glace , et d'y passer assez long-temps sans périr.
Leurs œufs sent fécondés par la laite répandue dans l’eau, et qui pénètre avec l’eau dans les oviductus ; ils sortent en longs chapelets; les petits n’éclosent que quinze jours après Ja ponte, et conservent leurs branchies plus ou moins longtemps selon les espèces. Les observateurs modernes en ont reconnu plusieurs dans notre pays; mais il reste quelque doute dans beurs déterminations , attendu que ces animaux changent de couleur , selon l’âge, le sexe et la saison, et que les crêtes et autres ornemens des mâles ne sont bien développés qu'au printemps. Lorsque l'hiver les surprend avec des branchies, ils les conservent jusqu’à l’année suivante en grandissant toujours.
Les mieux caractérisées sont :
La Salamandre marbrée. (S. marmorata. Latreille. )
A peau chagrinée, vert pâle en dessus, à grandes taches irrégulières brunes ; brune pointillée de blanc en dessous. Peu aquatique. Son mâle est, dit-on,
La Salamandre crétée. (Sal. cristata. Latr. )
À peau chagrinée, brune dessus, à taches rondes noirâtres; fauve dessous, tachetée de même; les côtés pointillés de blanc. La crête du mâle découpée en dentelures
algues.
La Salamandre ponctuée. (S. punctata. Latr.)
Peau lisse ; dessus brun clair; dessous pâle ou rouge. des taches noires et rondes partout ; des raies noires sur la tête; la crête du mâie festonnée; ses doigts un peu élargis. R
La Salamandre palmipède. (Sal. palmata. Latr.)
Dos brun; dessus de la tête vermiculé de brun et de
noirâtre ; flancs plus clairs, à taches rondes noirâtres. ventre sans taches.
Le mâle a trois petites crêtes sur le dos, les doigts dilatés et réunis par des membranes, la queue terminée par un petit filet.
Parimi les salamandres aquatiques étrangères, on peut remarquer
La grande Salamandre de l’ Amérique septentrionale. ( Salamandra gigantea. Barton.)
Longue de quinze à dix-huit pouces ; d’un bleu noirâtre. Elle habite dans les rivières de l’intérieur et dans les grands lacs.
On trouve encore en Amérique des animaux semblables à des larves de salamandres, qui paraissent indiquer l’existence de quelques autres grandes espèces. Tel est
L'Axolotl des Mexicains. ( Siren pisciformis. Shaw. } Gen. Zool., vol. IIL, part. 11, pl. 140.
Long de huit à dix pouces ; gris, tacheté de noir; il habite dans le lac qui entoure Mexico, et quelques-uns prétendent qu’il conserve toujours ses branchies (1).
Il en a existé autrefois de bien plus grandes ; car on en
trouve dans les schistes d'Œningen, près du lac de Constance , le squelette d’une espèce de trois pieds de long,
(1) Ajoutez la Sirène quadrupède , longue de trois pieds, de la Louisiane, dont parle M. Barton. (Some Account on Siren lacertina , p. 28.)—La Sirène operculée. Beauvois, Trans. phil. de Philadelphie, IV. |
Voyez sur l’axoloil, le proteus, et la sirène, mon mémoire inséré dans le premier Vol, des Obs. zoolos. de M. de Humboldt, p. 193 ef
suivantes.
celui-là même que l’on a cru long-temps être un squelette humain (r).
Les PRoTÉESs. (ProTEUS. Laurenti.
Ce genre, formé jusqu'ici d’une seule espèce , ( Proteus anguinus. Laur. Siren anguina.Schn.) est un animal long de plus d’un pied, gros comme le doigt, à queue comprimée verticalement , à quatre petites jambes dont les antérieures ont trois doigts, les postérieures deux seulement. Outre des poumons intérieurs , 1} porte, comme les larves dé salamandres, trois branchies de chaque côté, en forme de houppes, qu’il paraît conserver toute sa vie. Les arceaux cartilagineux, et l’opercule membraneux sont aussi comme dans ces larves. Son museau est allongé, déprimé; ses deux mâchoires garnies de dents ; sa langue peu mobile, libre en avant; son œil excessivement petit et caché par la peau , comme dans le rat taupe ; son oreille couverte par les chairs comme dans la salamandre ; sa peau lisse et blanchâtre. On ne le trouve que dans les eaux souterraines par lesquelles certains lacs de la Carniole communiquent ensemble.
Son squelette ressemble à celui des salamandres, excepté qu’il a beaucoup plus de vertèbres, etmoins de rudimens de côtes; inais sa tête osseuse est toute différente de la leur , par sa conformation générale.
(1) Voyez mon mém. sur les reptiles fossiles, dans mes recherches sur les os foss. tome. IV.
BATRACIENS. 10 LEs SIRÈNES. (SIREN. L.)
Autre genre aussi composé d’une seule espèce (S:ren lacertina.{.), etconservant, comme le protée , pendant toute sa vie, trois houppesbranchiales libres de chaque côté du cou et sans opercule, en même temps que des poumons à l’intérieur ; mais la Sirène n’a que les deux pieds de devant divisés chacun en cinq doigts. Elle n’a ni pieds de derrière, ni même aucun vestige de bassin. Son squelette a des vertèbres beaucoup plusnombreuses et autrement figurées que celui de la salamandre(go). Il y a moins de côtes (huit paires). La tête est autrement conformée. L’œil est fort petit, l'oreille cachée, la mâchoire inférieure armée de dents tout autour, et plusieurs rangées des deux côtés du palais; le corps entier ne ressemble pas mal à celui d’une anguille. il approche quelquefois de trois pieds de longueur, et est noirâtre.
La sirène habite les marais de la Caroline , et surfout ceux qu’on établit pour la culture du riz. Elle s'y nourrit de vers de terre , d'insectes, etc. (1).
(1) M. Barton conteste l'habitude de se nourrir de serpens, et le chant semblable à celui d’un jeune canard, que Garden attribue à la
sirène, (Barton, Some Account on Siren lacertina, etc.)