‹ Le règne animal distribué d'après son organisation (volume 3)Chapitre 24 sur 101 · LA QUATRIÈME CLASSE DES VERTÉBRÉS, OU LES POISSONS · texte numérisé non relu

LA QUATRIÈME CLASSE DES VERTÉBRÉS, OU LES POISSONS

Se compose de vertébrés ovipares , à circulation double, mais dont la respiration s’opère uniquement par lintermède de Peau.

Pour cet effet ils ont aux deux côtés du cou un appareil nommé branchies, lequel consiste en feuillets suspendus à des arceaux qui tiennent à l’os hyoïde, et composés chacun d'un grand nombre de lames séparées à la file, et recouvertes d'un üssu d'innombrables vaisseaux . sanguins. L'eau que le poisson avale s'échappe entre ces lames par des ouvertures nommées ouies, et.agit, au moyen de l'air qu'elle content, sur le sang continuellement envoyé aux branchies par le cœur, qui ne représente que l'oreillette et le ventricule droits des animaux à sang chaud.

Ce sang, après avoir respiré, se rend dans un tronc anteel situé sous l’épine du dos, et qui fesant fonction de ventricule gauche, l'envoie par tout le corps, d où 1l revient au cœur par les veines.

La structure totale du poisson est aussi évi-

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EN GÉNÉRAL. 105 demment disposée pour la natation que celle de l’oiseau pour le vol. Suspendu dans un liquide presque aussi pesant que lui, le premier n'avait pas besoin de grandes ailes pour se soutenir. Un grand nombre d'espèces porte immediatement sous l’épine une vessie pleine d'air qui, en se comprimant ou ense dilatant, fait varier la pesanteur spécifique et aide le poisson à monter ou à descendre. La progression s'exécute par les mouvemens de la queue qui choque alternativement l’eau à droite et à gauche, et les branchies, en poussant l’eau en arrière, y contribuent peut-être ausst. Les membres étant done peu utiles, sont fort réduits; les pièces analogues aux os des bras et des jambes sont extrêmement raccourcies; ou mème disparaissent en entier; des rayons plus ou moins nombreux soutenant des nageoires membraneuses représentent grossièrement les doigts des mains et des pieds: Les nageoires qui répondent aux extrémités antérieures, se nomment pectorales ; celles qui répondent aux postérieures, verérales. D'autres rayons placés aux extrémités des apophysesépineuses, soutiennent des nageoires verticales sur ledos, sous la queue et à son extrémité, lesquelles en se redressant ou en s’abaissant, étendent ou

rétrécissent au gré du poisson la surface qui choque l'eau. On appelle les nageoires supérieures dorsales , les inférieures anales, et celle du bout de la queue caudale. Les rayons sont de deux sortes; les uns consistent en une seule pièce osseuse, ordinairement dure et pointue, quelquefois flexible et élastique; on les nomme rayons épineux; les autres sont composés d’un grand nombre de petites articulaitions et se divisent d'ordinaire en rameaux à l'extrémité ; ils s'appellent ræyons mous, rayons articulés, rayons branchus.

On observe autant de variétés que parmi les reptiles pour le nombre des membres. Le plus souvent il y en à quatre; quelques-uns n’en ontque deux; d’autres en manquent toutà-fait. L’os qui représente l’omoplate est quelquelois retenu dans les chairs comme dans les classes supérieures; d'autrefois iltient à lépine, mais le plus souvent il est suspendu au crâne. Le bassin adhère bien rarement à l’épine, et fort souvent au lieu d’être en arrière de l’abdomen, il est en avant, et tient à l’appareil claviculaire. ,

Les vertèbres des poissons s'unissent par des surfaces concaves remplies de cartilage ; clans la plupart elles ont de longues apophyses

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épineuses qui soutiennent la forme verticale du corps. Les côtes sont souvent soudées aux apophy$es transverses. On désigne communément ces côtes et ces apophyses par le nom d'arètes.

La tête des poissons varie plus pour la forme que celle d'aucune autre classe, et cependant elle se laisse presque toujours diviser dans le même nombre d'os. Le frontal y est composé de six pièces; le pariétal de trois; l’occipital de cinq; cinq des pièces du sphénoïde et deux de celles de chaque temporal, restent dans la composition du crâne.

Outre les parties ordinaires du cerveau qui sont placées comme dans les reptiles à la filè les unes des autres, les poissons ont encore des nœuds à la base des nerfs olfactifs.

Leurs narines sont de simples fossettes creusées au bout du museau et tapissées d’une pituitaire plissée très-régulièrement.

Leur œil a sa cornée très-plate, peu d’humeur aqueuse, mais un cristallin presque olobuleux et très-dur.

Leur oreille consiste en un sac quireprésente le vestibule et contient en suspension des osle plus souvent d’une dureté pierreuse, et en trois canauxsemi-circulaires membraneux, plu-

tôt situés dans la cavité du crâne qu'engagés dans lPépaisseur de ses parois, excepté dans les chondroptérygiens où ils y sont entièrement. { n’y a jamais ni trompe, ni osselets, et les sélaciens seuls ont une fenêtre ovale, mais à fleur de tête.

Le goût des poissons doit avoir peu d’énergie, puisque leur langue est le plus souvent osseuse et garnie de dents ou d’autres enveloppes dures.

La plupart ont, comme chacun sait, le corps couvert d’écailles; tous manquent d’organes de préhension; des barbillons charnus accordés à quelques-uns peuvent suppléer à l'imperfection des autres organes du toucher. | |

L'osintermaxillaire forme dans le plus grand iombre le bord de la mâchoire supérieure et a derrière lui le maxillaire nommé communément os labial ou mystace; une arcade palaune composée du palatin, des deux apophyses ptérigoïdes, du jugal, de la caisse et de l’écailleux, fait, comme dans les oiseaux et dans les serpens, une sorte de mâchoire intérieure, et fournit en arrière l'articulation à la mâchoire d'en bas qui a généralement deux os de chaque cÔté ; mais ces pièces sont réduites à de

EN GÉNÉRAL. 109 moindres nombres dans les chondroptérygiens. | H peut y avoir des dents à l’intermaxillaire, au maxillaire, à la mâchoire inférieure , au vomer, aux palatins, à la langue, aux arceaux des branchies et jusque sur des os situés en arrière de ces arceaux, tenant comme eux à l'os hyoïde et nommés os pharyngiens.

Les variétés de ces combinaisons ainsi que célles de la forme des dents placés à chaque point, sont innombrables.

Outre l'appareil des arcs branchiaux, l'os hyoïde porte de chaque côté des rayons qui soutiennent la membrane branchiale; un opercule osseux composé de quatre pièces, articulé en arrière à l’arcade palatine, se joint à cette membrane pour former la grande ouverture des ouïes. Plusieurs chondroptérygiens man-, quent de cet opercule. |

L’estomac et les intestins varient autant que dans les autres classes pour l'ampleur, la figure, l'épaisseur et les circonvolutions. Excepté dans les chondroptérygiens , le pancréas est remplacé ou par des cœcums d’un tissu paruculier situés autour du pylore, ou par ce tissu même appliqué, au commencement de l'intestin.

Les reins sont fixés le long des côtés de l’épine et la vessie comme à l'ordinaire au-devant du rectum.

Les testicules sont deux énormes glandes, appelées communément lartes ; et les ovaires deux grappes à peu près correspondantes aux laites pour la forme et la grandeur. Quelquesuns des poissons ordinaires peuvent s’accou-= pler et sont vivipares ; leurs petits éclosent dans l'ovaire même et sortent par un canal très-court. Les sélaciens seuls ont, outre lovaire, de longs oviductus qui donnent souvent dans une véritable matrice, et font ou des petits vivans, ou des œufs enveloppés d’une substance cornée ; mais la plupart des poissons n’ontpas d’accouplement, et quand la femelle a pondu, le male passe sur ses œufs pour y répandre sa laite et les féconder.

La classe des poissons est de toutes, celle qui offre le plus de difficultés quand on veut la subdiviser en ordres, d’après des caractères fixes et et sensibles. Après bien des efforts, je me suis déterminé pour la distribution suivante, qui dans quelques cas pêche contre la précision, mais qui a l'avantage de ne point couper les familles naturellesæ

Les poissons {forment deux séries distinctes,

EN GÉNÉRAT. RE

celle des cHoNDROPTÉRYGIENS et celle des rors- SONS PROPREMENT DITS. |

La première a pour caractère général que les palatins y remplacent les os de la mâchoire supérieure; toute sa structure a d'ailleurs des analogies évidentes que nous exposerons : elle se divise en trois ordres.

Les cyccLosromes, dont les mâchoires sont soudées en un anneau immobile et les branchies ouvertes par des trous nombreux. |

Les sÉLACIENS, qui ont les branchies des précédens, mais non leurs màchoires.

- Les srurionæxs, dont les branchies sont ouvertes comme à l'ordinaire par une fente garnie d’un opercule.

La deuxième série où celle des porssons ORDINAIRES, m'offre d’abord une première division dans ceux où l'os maxillaire et l’arcade palatine sont engrenés au cràne: j'en fais un ordre des PECTOGNATHES , divisé en deux familles : les gyr2rodontes et les scléroderines.

Je trouve ensuite des poissons à mächoires complètes, mais où‘les branchies au lieu d'a : voir la forme de peignes, comme dans tous les antres, ont celles de séries de petites houppes; j'en forme encore un ordre que je nomme

de 1e) POISSONS

LOPHOBRANCHES , et qui ne comprend qu'une famille. ;

Alors il me reste encore une quantité innombrable de poissons auxquels on ne peut plus appliquer d’autres caractères que ceux des organes extérieurs du mouvement. Après de longues recherches, j'ai trouvé que le moins mauvais de ces caractères. est encore celui qu'ont employé Rai et Artedi, tiré de la nature des premiers rayons de là dorsale et de l’anale. On divise ainsi des poissons ordinairesS en MALACOPTÉRYGIENS, dont tous les rayons sont mous, excepté quelquefois le premier de la dorsale ou les pectorales, et en ACANTHOPTÉRYGIENS, qui ont toujours la première portion de la dorsale, ou la première dorsale quand il y en a deux, soutenus par des rayons épineux , et où l’anale en a aussi quelques-uns et les ventrales au moins chacune un.

Les premiers peuvent être subdivisés sans inconvéniens d’après leurs ventrales, tantôt situées en arrière de l'abdomen, tantôt adhérentes à l'appareil de l'épaule, ou enfin manquant tout-à-fait.

On arrive ainsi aux trois ordres DES MALA- COPTÉRYGIENS ABDOMINAUX, des SUBBRACHIENS et

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