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LE SEPTIÈME ORDRE DES POISSONS, OU CELUI

DES MALACOPTERYGIENS APODES,

Peut être considéré comme ne formant qu'une famille naturelle, qui est celle

Des ANGUILLIFORMES ;;

Poissons qui ont tous une forme allongée, une peau épaisse , qui laisse peu paraître leurs écailles, peu d’arètes et qui manquent de cœcums. Presque tous ont des vessies natatoires , lesquelles ont souvent des formes singulières.

Le grand genre des ANGuiLLes. (MurzÆxA. L. )

Se reconnaît à des opercules petits, entourés concentriquement par les rayons (2), et enveloppés

(1) Ophil, punctatus , B1. 358. — Oph. striatus, id, 350. (2) Aucun de ces poissons ne manque d’opercules ni de rayons, comme quelques naturalistes l’ont cru, La murène commune a sept

fort en arrière par un trou ou une espèce de tuyau, ce qui, abritant mieux les branchies, permet à ces poissons de demeurer quelque temps hors de l’eau sans périr. Leur corps est long et grèle ; leurs écailles presque insensibles et comme encroutées dans une peau grasse et épaisse ; ils manquent tous de ventrales et de cœcums et ont l’anus assez loin en arrière. -

On l’a démembré successivement en cinq ou six seures que nous croyons devoir encore subdiviser.

LEs ANGuIrres. (ANGuILLA. Thunb, et Shaw.

MurÆNA. BL )

Se distinguent par le double caractère de nageoires pectorales , et d’ouies s’ouvrant de chaque côté sous ces nagcoires. Leur estomac est en long cul-de-sac. Leur intestin à peu près droit ; leur vessie aérienne allongée porte vers son milieu une glande propre.

LEs ANGUILLES proprement dites. (MurzÆNA. Lacép.)

Ont la dorsale et la caudale sensiblement prolongées autour du bout de la queue, et y formant par leur réunion une caudale pointue.

Dans les ANcuILLESs vraAIESs, la dorsale commence à une assez grande distance en arrière des pectorales.

Les unes ont la mâchoire supérieure plus courte; telle est

rayons de chaque côté; le mur. colubrina'en a jusqu’à 25. Ces rayons sont même très-forts dans les synbranchus, où l’opercule

est d’ailleurs complet , et formé de toutes les pièces qui lui sont crdinaires,

MALACOPTÉRYGIENS APODES. 231 L'Anguille vulgaire. (Mur. Anguilla. L.) BI. 73.

Poisson répandu -presque par tout le glohe, et d’un goût généralement estimé, quoique un peu indiseste. Sa teinte verdâtre en dessus, argentée en dessous, prend plus ou moins de brun ou de jaune, selon les eaux qu'elle habite. Il y en a même des individus tachetés de brunfoncé (1).

D’autres ont la mâchoire supérieure plus longue (2).

Dans les CoNGREs,

La dorsale commence assez près des pectorales , ou même sur elles; et dans toules les espèces que l’on connait, la mâchoire supérieure est la plus longue.

Le Congre commun. (Mur, Conger, L.) BI. 155.

Se trouve dans toutes nos mers, et atteint cinq ou six pieds de long, et la grosseur de la jambe. Sa dorsale et son anale sont bordées de noir, et sa ligne latérale ponctuée de blanchâtre. On l’estime peu pour là table. Cependant l’on pourrait en faire des salaisons avantageuses.

Le Myre. (Mur. Myrus. L.) Rondel. 407 (5).

De la Méditerranée; avec les formes du congre, reste toujours plus petit, et se reconnait à quelques taches sur

(1) Ajoutez le lepidope diaphane , Risso, pl. v, £. 19 ; c’est une an-

guille par ses branchies; je ne lui ai pas pu découvrir de ventrales ‘écailleuses.

(2) Mur. longicollis , Cuv; ( Lac. IT, 111, 5 , sous Le nom de mu TŒ@nG MyTUS. )

(3) Myrus était, chez les anciens, un poisson que quelques-uns regardaient comme le mäle de la murène ; Rond. IL, c, l’a appliqué le premier à cette espèce quiesttrès-distincte, quoique depuis Willughby personne ne lait bien décrite que M, Risso , et qu’il n’en existe pas de figure. |

le museau, une bande en travers sur l’occiput, et deux rangées de points sur la nuque, de couleur blanchâtre (1).

Les OpPuisures. (Orxisurus. Lac.)

Diffèrent des anguilles proprement dites, parce que la dorsale et l’anale se terminent avant d'arriver au bout de la queue, qui se trouve ainsi dépourvue de nageoire, et finit comme un pomçon. Leurs intestins sont les mêmes qu'aux anguilles , mais il en pénètre une partie dans la base de la queue, plus eu arrière que l'anus.

Dans les uns, les pectorales ont encore la grandeur ordinaire; leurs dents sont aiguës et tranchantes.

Le Serpent de mer.( Mur. Serpens. L.) Salv. 57.

De la Méditerranée; long de cinq à six pieds et plüs et de la grosseur du bras ; brun dessus, argenté dessous; le museau grêle et pointu; vingt rayons à la membrane branchiale (2).

En d’autres, les pectorales sont excessivement petites, et ont même échappé quelquefois aux observateurs. Ces espèces lient les anguilles aux murènes ; leurs dents sont

obtuses (3).

(x) La Méditerranée produit encore quelques petites espèces de congres , décrites par MM. de Laroche et Risso, sous les noms de nur. balearica , Lar. Ann.du Mus. XIII, xx,5,ou mur. Cassin: Risso. — Mur. mystax, Lar. ib. XXIIT , 10. — Mur. nigra , Risso, p. 93.On doit aussi en rapprocher le ur. strongylodon ;, Schn. g1, qui est loin d’être une variété du m#yrus, comme le croit l’auteur.

(2) Ici vient sans doute le mur. ophis , BL: 154. = Ophisurus guttaus, Cuv. Espèce nouvelle de Surinam.

(5) Mur. colubrina , Bodd.ou annulata, Thunb, ou murenophis solubrin. Lac. V ,x1x, 1. — Mur. fasciata, Thunb. — Mur. nob,

saeulosa, donné sous le nom d'ophisurus ophis , Lac. Il, VI, 2

Les MurÈNes proprement dites. {MurænA. Thunb. GymnoraorAx. Bl. Murænopuis. Lacép.) (r).

Manquent tout-à-fait de pectorales ; leurs branchies s’ouvrent-par de petits trous latéraux ; leurs opercules sont si minces, et leurs rayons branchiostéges si grêles, et tellement cachés sous la peau, que d’habiles naturalistes en ont nié l’existence. Leur estomac est un sac court, et leur vessie aérienne pelite, ovale, et placée vers le haut de l'abdomen.

M. de Lacépède nomme particulièrement murénophis, les espèces qui ont une dorsale et une anale bien Ra

Les unes ont des dents tranchantes.

La plus célèbre est ‘ La Murène commune. (Mur. helena. X..) BI. 153.

‘Poisson très-répandu dans la Méditerranée, et dont les anciens faisaient un grand cas ; ils en élevaient dans des viviers, et l’on a souvent redit l’histoire de Vedius : Pollion, qui fesait jeter aux siennes ses esclaves fautifs. Ce poisson atteint trois pieds et plus ; il est tout marbré de brun et de jaunätre. Sa morsure est souvent cruelle (2).

D'autres ont des dents obtuses. Leur estomac est beaucoup plus allongé, et leur vessie natatoire encore plus petite (3).

(1) Muræna , quuediyn, noms latin et grec de la murène commune,

(2) Ajoutez : Mur. reticularis , BI. 416. — Mur. favaginea , Schn. 105. — Mur. afra, B1. 417. — Mur. punctata, Schn. 526, — Mur. unicolor , Lar. Ann. Mus. XIII, xxv , 15 , la même que zur. chris= tini, Risso, 368. — Murenophis hauy , Lac. V, xvit, 2. — Mur. picta, Thunb. , le même que murenophis pantherine , Lac. — Murenophis grise, Lac. V, x1x, 641, 3. — Mur. meleagris , Sh.

(3) Mur. stellata , Lac. Séb. IL, vx1x, 1. — Mur. catenata, BI. 415. — Mur. undulata , Lac. V, xix , 2. — Mur. sordida , Cuv. Séb. EXIX, 4,

D'autres les ont simplement menues et serrées. Leur museau est plus pointu et leur gueule plus fendue (r).

M. de Lacépède nomime GYMNOMURÈNES des espèces à dents obtuses , où l’on n’aperçoit pas même une saillie de Ja peau qui tienne lieu de dorsale ou d’anale, qui sont par conséquent dénués de toules nageoires apparentes (2); et l’une d’elles , qui jouit en outre de la faculté de répandre

beaucoup de mucosité, a donné lieu à son genre Mur£No- BLENNE.

LEs SPHAGEBRANCHES. (SPHAGEBRANCHUS. BI.)

Diffèrent des murènes, principalement en ce que les ouvertures de leurs branchies sont rapprochées l’unede l’autre, sous la gorge. Les nageoires verticales ne commencent, dans plusieurs, à devenir saillantes que vers la queue, et leur museau est avancé et pointu. Ils ont l’estomac en long cul-de-sac, l'intestin droit, et la vessie longue, étroite, et placée en arrière.

Il y en a des espèces absolument sans nageoires pectorales (3).

Et d’autres où l'on en voit de petits vestiges (4).

Il y en a même (les APrericates. Dumér. CÉciLres. Lacép. } où l’on n’aperçoit aucunes nageoires verticales, et

qui sont, par conséquent , des poissons entièrement sans nageoires (5).

(5) Mur. saga , Risso , 370.

(2) Mur. zebra, Sh. Séb. IT, Lxx, 3, ou gymnomuréne cerclée, Lac. V,‘xix 4

(3) Sphagebranchus rostratus, BL. 419, 2, et le soi-disant Zeptocephale spallanzani , Risso, 85, — Le monoptère , Lac. — Cœcula Pteryga, Vahl. Mém. d’hist. nat. de Copenh. III , xi1,1, 2.

(4) Sphageb. imberbis, Laroche ; Ann. Mus. XII, xxv , 18.

® (5) Muræna cœca, L. Laroche , Ann, Mus, XL, xx1, G.

MALACOPTÉRYGIENS APODES. pis

Les SYNBRANCHES. (SYNERANCHUS. Bl. UNiBRANcHA- PERTURE. Lac.)

Se distinguent d’abord des sphagebranches, en ce que leurs branchies ne communiquent au-dehors que par un seul trou, percé sous la gorge, et commun aux deux côtés. Ils n’ont aucunes nageoires pectorales, et leurs verticales sont presque entièrement adipeuses. Leur tête est grosse, Jeur museau arrondi, leurs dents obtuses , leurs opercules en partie cartilagineux ; leurs rayons des ouïes forts, et au nombre de six. Leur canal intestinal est tout droit, et l’estomac ne s’en distingue que par un peu plus d’ampleur, et ‘une valvule au pylore. Ils manquent de cœcums, et ont une vessie aérienne longue et étroite. Leur séjour est dans les mers des pays chauds, et il y en a qui deviennent assez grands (1). :

Les ALABES. Curv.

Ont, comme les synbranches, une ouverture commune sous la gorse pour leurs branchies ; mais on leur voit des peclorales bien marquées, entre lesquelles est un petit disque concave. On distingue au travers de la peau un petit opercule et trois rayons; les dents sont pointues, et les intestins comme dans les synbranches.

Nous n’en connaissons qu'un pelit, de la mer des Indes.

Les Gymxotes. (Gymnorus. L.) (2).

Ont, comme les anguilles, les ouïes en partie fermées par une membrane, mais cette membrane

(1) Synbr. marmoratus , Bl. 418. — Synbr. immaculatus , id. 419 , et les espèces indiquées par M. de Lacép. tome V, p.656 et sui- ‘vanles. Dondon. paum, Russel. xxxv, n’a point de nageoire du tou,

(2) Gymnotus , ou plutôt gymnonotus(dos-nud), nom donné à ces poissons par Artédi.

s'ouvre au-devant des nageoires pectorales; l'anus est placé fort en avant; la nageoiïre anale règne sous la plus grande partie du corps, et le plus souvent jusqu’au bout de la queue , mais il n'ÿ en a pas

le long du dos.

Les GyMNotes proprement dits. (Gymnorus. Lacép.)

N'ont même aucune nageoire sur le dos, ni au bout de la queue , sous lequel s’étend la nageoire anale.

Les GYMNOTES vrais.

Ont la peau sans écailles sensibles. Leurs intestins, pliés plusieurs fois, n’occupent qu’une cavité médiocre. Ils ont de nombreux cœcums , et un estomac en forme de sac court et obtus, fort plissé en dedans. Une de leurs vessies aëriennes, cylindrique et allongée, s’étend beaucoup en arrière dans un sinus de la cavité abdominale. L'autre, ovale et bilobée, de substance épaisse, occupe le haut de l'abdomen, sur l’œsophage.

Nous n’en connaissons que des rivières de l'Amérique Méridionale. Le plus célèbre est

Le Gymnote électrique. ( Gymnotus electricus. XL.) BL. 156.

À qui sa forme presque tout d’une venue, sa tête et sa queue obtuses ont fait donner aussi le nom d’A4nguille électrique. A atteint cinq et six pieds de longueur , et donne des cormmotions électriques si violentes, qu’il abat les hommes et les chevaux. IL use de ce pouvoir à volonté, et le dirige dans le sens qu’il lui plaît, et même à distance, car il tue de loin des poissons; mais il épuise ce pouvoir par l'exercice , et a besoin, pour le reprendre, de repos et de bonne nourriture (r). L’organe qui produit

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