‹ Le règne animal distribué d'après son organisation (volume 3)Chapitre 61 sur 101 · DEUXIÈME CLASSE DES MOLLUSQUES · texte numérisé non relu

DEUXIÈME CLASSE DES MOLLUSQUES

Nagent comme les céphalopodes , dans les eaux de la mer, mais ne peuvent s’y fixer ni y ramper faute de pieds. Leurs organes du mouvement ne consistent qu'en nageoires, placées, comme des ailes , aux deux côtés de la bouche. On n’en connaît que de petites espèces et en petit nombre , toutes hermaphrodites.

Elles se rapportent à deux formes principales qui pourraient constituer deux ordres.

Les unes ont une tête distincte.

Les Crrio. (CLio. Lin. Crionxe. Pall. )

Ont le corps oblong, membraneux , sans manteau, la tête formée de deux lobes arrondis , d’où sortent de petits tentacules ; deux petites lèvres

(1) Planc. IT , fig. 1. A. B, C. et les fig. de Soldani , copiés Montf, ioc. cit., pl. XLIL,

N. B. La carinaire (argonautfa vitreus Gm.) appartient au genre pPterotrachæ a ; Vars. cornu est une delphinule. Quant à larg. arctr-" cus ; autant qu’on en peut juger par la descrip. de Fabr. Groenl. 58€,

ce doit être an ptéropode.

charnues et une languette sur le devant de la bouche, et les nageoires chargées d’un rézeau vasculaire qui tient lieu de branchies ; l'anus et l’orifice de la génération sont sous la branchie droite. Quelquesuns leur attribuent des yeux. |

La masse des viscères ne remplit pas à beaucoup près l'enveloppe extérieure : l'estomac est large , l'intestin court, le foie volumineux.

L'espèce la plus célèbre ( Clio borealis), fourmille dans les mers du Nord, et fait, par son abondance, une pâture

pour les baleines, quoique chaque individu ait à peine un pouce de long (1). ‘

Bruguière en a observé une plus grande, et non moins abondante , dans la mer des Indes; elle se distingue par sa couleur rose, sa queue échancrée, et son corps partagé en six lobes par des rainures. Encycl. Méth. pl. des Mollus- AuES, pl. LXXV,É. 1,2.

Les CLÉODORES. Péron.

Pour lesquelles Brown avait créé le genre clio , paraissent appartenir de très-près aux précédentes. Elles ont une enveloppe en forme de pyramide triangulaire, d’où elles font sortir deux ailes membraneuses entre lesquelles est la bouche qui est ‘encore garnie d’une petite lèvre ou aile demi-circulaire (2).

(1) Le Clio. borealis, de Pallas (spicil. X,pl. 1,f. 18,19}, le clio retusa de Fabricius { faun. groenl. Li. 334), et le clio limacina de Phips (Ellis, Zooph. pl, 15, f. 9, 10.) dont Gmelin fait autant d’es-

pèces différentes, ne paraissent que ce seul et même animal. ) (2) L’archonte, Montf. (Soldani, I, xx v, $. 132, doit peu s'éloigner Ldes cléodores.

380 PTÉROPODES. Il paraît qu'il faut également placer ici LEs CYMBULIES de Péron,

Qui ont une enveloppe cartilagineuse ou gélatineuse en forme de chaloupe ou plutôt de sabot , d’où sort une grande nageoire à trois lobes, dont l’impair est plus petit, et à la base de laquelle sont deux tubercules et une petite barbe charnue. (Ann. du Mus. XV, pl 3.fiocetir.)

LES LIMACINES , Cuv.

Doivent encore former un petit genre très-voisin de tous les précédens.

Leurs ailes et leur tête sont très-semblables à celles des clio, mais leur corps se termine par une queue contournée en spirale, et se loge dans une coquille très-mince , d’un tour et demi, ombiliquée d'un côté et aplatie de l’autre, où l'impression de la queue fait paraître beaucoup plus de tours qu’ n’y en a. L'animal se sert de sa coquille comme d’un bateau, et de ses ailes comme de rames quand il veut nager à la surface de la mer.

L'espèce connue ( Clio helicina de Phips et de Gmel. 4rgonauta arctica. Fabric. Faun. Gfroenl. 387.) n’est guères moins abondante que le Clio boréal dans la mer Glaciale, et passe aussi pour un des principaux alimens de la baleine.

LEs PNEUMODERMES. ( PNEUMODERMON. Cu.)

Commencent à s’écarter un peu plus des clio. Ils ont le corps ovale, sans manteau ef sans coquilles , les Dranchies attachées à la surface, et formées de petits feuillets rangés sur deux ou troislignes à la partie opposée à la tête; les nageoires petites; la bouche gar-

PTÉROPODES. 4 ra nie de deux petites lèvres et de deux faisceaux de nombreux tentacules , terminés chacun par un sucoir, a en dessous un petit lobe ou tentacule charnu (x).

L'espèce connue ( Prneumodermon peronit. Cuy. Ann. du Mus, IV, pl. 59, et Péron. ib. XV. pl. 2) a été prise dans l'Océan par M. Péron. Elle n’a guères qu’un pouce de longs.

Les autres ptéropodes n’ont pas de tête disuncte et leurs branchies sont attachées en dedans de leur manteau. |

On n’en connait qu’un genre.

Les HyALes. ( HyALEA. Lam. CavoziNA. Abildo. )

Ont deux très-orandes ailes, point de tentacules, un manteau fendu par les côtés, logeant les branchies dans le fond de ses fissures , et revêtu d’une coquille également fendue par les côtés, dont la face ventrale est très-bombée , la dorsale platte, plus longue que l’autre, et la ligne transverse qui les unit en arrière, munie de trois dentelures aiguës. Dans l’état de vie, l'animal fait sortir par les fentes latérales de sa coquille des lanières plus où moins longues, qui sont des productions du manteau.

L'espèce la plus connue (4zomia tridentata, Forskahl; Cavolina natans, Abildoaard ; Æyalea cornea, Tam. ) Cuv. Ann. du Mus. IV, pl. 59, et Péron, ib. XV, pl. 3, fig. 13,a une petite coquille jaunâtre, demi-transparente , que l’on trouve dans la Méditerranée et dans l'Océan (2).

(1) M. Blainville pense que les nageoires portent le tissu branchial, et que ce que j'ai regardé comme des branchies est une autre sorte de ‘nageoire. En ce cas l’analogie avec les clios serait encore plus grande. (2) Aj. Hyal. lanceolata , Lesueur , Bull. des sc. juin 1813, pliV, £. 3. — Hyal. inflexa, ib. f.4.

N. B. Le glaucus, la carinaire, et la firole , que M. Péron rapporte

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