TOME
Ils ont tous les antennes coudées et la languette petite, arrondie et votée, ou en cuiller.
Les uns vivent en sociétés, et nous offrent trois sortes d'individus, dont les mâles et les femelles ailés, et les neutres sans ailes; dans les deux dernières sortes d'individus, les antennes vont en grossissant, et la longueur de leur premier article égale au moins le tiers de leur longueur totale; le second est presque aussi long que le troisième, et a la forme d’un cône renversé. Le labre des neutres est grand, corné, et tombe perpendiculairement sous les mandibules. Ces hyménoptères comprennent le genre |
Des Fourmis (FormicA) de Linnæus.
Si vantées pour leur prévoyance, dont plusieurs sont si connues, les unes par les dégats qu’elles font dans nos jardins, dans l’intérieur même des habitations , où elles attaquent les sucreries, les viandes conservées, et leur communiquent une odeur de muse désagréable; les autres par le tort qu'elles font aux arbres, en rongeant leur intérieur pour sy établir et s’y propager.
Les fourmis ont le pédicule de l’abdomen en forme d’écaille ou de nœud, soit unique, soit double, caractère qui les fait aisément reconnaître. Elles ont des antennes brisées, ordinairement un peu plus grosses vers le bout, la tête triangulaire, avec les
HYMÉNOPTÈRES. #83 yeux ovales ou arrondis et entiers, le chaperon grand, les mandibules très-fortes dans le plus grand nombre, mais dont la forme varie beaucoup dans les neutres; les mâchoires et la lèvre petites, les palpes filiformes, dont Îles maxillaires plus longs; le corselet comprimé sur les côtés, et l'abdomen presque ovoïde, muni, dans les femelles et les ouvrières, tantôt d’un aiguillon, tantôt de glandes situées près de l'anus, et qui sécrètent un acide particulier , distingué sous le nom de formique. à
Elles vivent en sociétés et souvent très -nombreuses. Chaque espèce est de trois sortes : les méles et les femelles, qui ont des ailes longues, moins veinées que dans les autres hyménoptères de cette section, et très-caduques, et les neutres, privés ‘ d'ailes, et qui ne sont que des femelles dont les ovaires sont imparfaits. Les deux premières sortes d'individus ne se trouvent, sous leur dernière forme, que passagèrement dans l'habitation. Ils em sortent dès qu’ils ont acquis des ailes. Les mâles, très-inférieurs pour la taille aux femelles, ayant encore la tête et les mandibules proportionnellement plus petites, et les yeux plus gros, les fécondent au milieu des airs, où ils forment avec elles des essaims nombreux , et périssent bientôt après, sans rentrer dans leur ancien domicile, où+leur présence n’est plus nécessaire. Ces femelles, propres à devenir mères, s’éloignent de leur berceau, et après avoir détaché leurs ailes, au moyen de leurs pattes, fondent un nouvel établissement. Quelques-unes cependant, parmi celles qui s'ac-
couplent aux environs de la fourmilière, sont retenues par les neutres, qui les ramènent dans l’habitation , les empêchent d’en sortir, leur arrachent les ailes, et les contraignent d'y faire leur ponte; mais elles en sont chassées , à ce que l’on croit, dès que le vœu de la nature est rempli.
Les neutres, distincts, non-seulement par le défaut d'ailes et d’yeux lisses, mais encore par la grandeur de leur tête, leurs fortes mandibules, leur corselet plus comprimé et souvent noueux; leurs pieds proportionnellement plus longs, sont seuls chargés des travaux relatifs à l'habitation et à l’éducation des petits. La nature et la forme des nids ou fourmilières varient selon l'instinct particulier des espèces; elles les établissent plus généralement dans la terre; les unes n’emploient que ses molécules, etleur habitation est presque entièrement cachée; les autres s'emparent de fragmens de matières végétales et autres qu’elles rencontrent, et élèvent au-dessus du terrain où elles se sont établies, des monticules coniques ou en forme de dômes. On en connaît qui ont pour domicile habituel le tronc des vieux arbres, dont elles percent l’intérieur en tout sens ou en manière de labyrinthe. Elles tirent parti de la sciure. Diverses routes ou galeries, quoique irrégulières en apparence, conduisent au séjour spécial de la race future.
Les neutres vont à la recherche des provisions, paraissent s’instruire par le toucher et l'odorat de l’heureux succès de leurs découvertes, s’encourager et s'aider mutuellement ; des fruits, des insectes ou
leurs larves, des cadavres de quadrupèdes ou d’oiseaux de petite taille, etc., leur servent de nourriture. Elles donnent la becquée aux larves, les transportent, dans les beaux jours, à la superficie extérieure de leur habitation, pour leur procurer de la chaleur , les redescendent plus bas , aux approches de la nuit ou du mauvais temps, les défendent contre les attaques de leurs ennemis, et veillent avec le plus grand soin à leur conservation , particulièrement lorsqu'on dérange leurs nids. Elles ont la même attention pour les nymphes, dont les unes sont renfermées dans une coque et les autres à nu; elles déchirent l’enveloppe des premières lorsque le temps de leur dernière métamorphose est arrivé.
On donne vulgairement le nom d'œufs de fourmis aux larves et aux nymphes; ceux de la F. fauve servent de nourriture aux jeunes faisans. Les neutres empêchent les individus, qui viennent d'acquérir des ailes, de sortir, jusqu’au moment propice et toujours déterminé par une chaleur de l'atmosphère assez forte. Elles leur donnent alors leur liberté, en leur frayant des issues favorables.
La plupart des fourmilières sont uniquement composées d'individus de la même espèce; mais la nature s’est écartée de ce plan à l'égard de la F1 * roussétre où armazone., et de celle que j’ai nommée. sanguine. Veurs neutres se procurent par la violence des auxiliaires de leur caste , mais d'espèces différentes, et que j'ai désignées sous le nom de roircendrée et rmineuse. Lorsque la chaleur du jour
commence à décliner, et régulièrement à la ménre heure, du moins pendant quelques jours, les fourmis amazones Où lésionnaires quittent leurs nids, s’avancent sw: une colonne serrée , plus ou moins nombreuse suivant l'étendue de la population, et se dirigent en corps d’armée jusqu’à la fourmihère qu'elles veulent spolier. Elles y pénètrent, malgré l'opposition et la défense des propriétaires , saisissent avec leurs mandibules les larves et les nymphes des fourmis neutres, propres à ces sociétés , et les transportent, en suivant le même ordre, dans leur habitation. D'autres fourmis neutres de leur espèce, mais en état parfait, qui y ont pris naïssance ou qui ont été arrachées à leurs foyers, de la même manière ; en prennent soin , ainsi que de la postérité de leurs vainqueurs. Telle est la composition des fournilières mixtes. Ces curieuses observations , et que j'ai vérifiées, sont dues à M. Huber fils, qui marche si glorieusement sur les traces de son père.
On sait que les fourmis sont très-friandes d’une liqueur sucrée qui transsude du corps des pucerons et des gallinsectes. Quatre à cinq espèces portent et rassemblent au fond de leur nid, surtout dans la mauvaise saison, ces pucerons et leurs œufs même. Elles s’en disputent aussi entre elles la possession. Il yena qui se construisent, avec de la terre, de petites galeries, partant de la fourmilière et prolongée dans toute la longueur des arbres, jusqu'aux branches chargées de ces insectes.
Parmi les individus neutres de la même espèce. il en est dont la tête et les mandibules sont plus
fortes , et l’on a soupconné qu’ils pouvaient avoir des fonctions particulières. Les fourmis pourvues de sexe périssent au plus tard vers la fin de l’automne ou dès les premiers froids. Les ouvrières passent l'hiver engourdies dans leurs fourmilières; leur prévoyance si célébrée n’a d’autre but , à cet égard , que d'augmenter et de consolider leur habitation par toutes sortes de moyens: car des vivres seraient inutiles pour un temps où elles ne peuvent en faire usage.
L'économie des fourmis étrangères , particulièrement de celles qui habitent les contrées équatoriales, nous est inconnue. Si celle qu’on a nommée Jourmi de visite rend quelquefois service à nos colons , en purgeant leurs habitations des rats et d’une foule d'insectes domestiques destructeurs ou incommodes, d’autres espèces font maudire leur existence , par les pertes considérables qu’elles font éprouver et qu'il est impossible de prévenir.
Latreille divise le genre des fourmis de la manière suivante.
19. Les Fourmis proprement dites (Formuitca}), qui manquent d’aiguillon , dont les antennes sont insérées près du front , et qui ont des mandibules triangulaires , dentelées et incisives. Le pédicule de l'abdomen n’est jamais formé que d’une écaille ou d’un seul nœud.
La F. biépineuse ( F. bispinosa. ) Lat. Hist. nat. des Fourm. p. 133,1v, 20, noire; deux épines en avant du corselet ; écaille de l'abdomen terminée en une pointe longue et aiguë. À Cayenne. Elle compose son nid d’une grande quanlité de duvet, qu'elle tire, à ce qu'il paraît,
. “es semences d’une espèce de fromager.
La PF fauve. (F. rufa. Lin.) Lat. ibid. y, 28. Mulet long de pres de quatre lignes , noirâtre , avec une grande partie de la tête, le corselet et l’écaille fauves; corselet inégal; les petits yeux lisses un peu apparens. Elle forme dans les bois des nids en pain de sucre ou en dôme , composés de terre, de fragmens de bois, etc., et qui sont souvent très-considérables. Elle fournit l’acide dit formique. Les individus ailés paraissent au printems.
La F. sanguine. ( F, sanguinea.) Lat. ibid v, 29. Mulet semblable à la précédente, mais d’un rouge sanguin, avec l’abdomen d’un noir cendré. Elle vit dans les bois, et c’est une de celles que M. Huber nomme F. amazones ou légionnaires.
La F',mnineuse. (F. cunicularia. Lat.) Tête et abdomen du mulet noirs ; environs de la bouche, dessous de la tête, premier article des antennes , corselet et pieds d’un fauve pâle. Cette espèce et la suivante sont enlevées par les fourmis amazones, et transportées dans leurs nids, pour qu’elles les remplacent et les aident dans l'éducation des petits de leurs races.
La À. noir cendrée. (F. fusca. Lin.) Lat. ibid. vi, 32. Mulet d’un noir cendré, luisant, avec la base des antennes et les pieds rougeâtres; écaiile grande, presque triangulaire ; apparence de trois yeux lisses.
2°: Les PoryErGuESs (PoiyerGus), où l’aiguillon manque encore, mais dont les antennes sont insérées près de la bouche, et dont les mandibules sont étroites, arquées ou très-crochues. + ;
La 7. roussätre de Latreille (Hist. rat. des Fourmis,
. vui, 38) est celle que M. Huber fils désigne plus spé-
cialement sous le nom d’amazone. Voyez ses Recherches
sur les Fourmis indigènes , pag. 210—260, pl. 11, À. roussäâtre. Dans toute la France.
3°. Les Ponères (PonErA). Les mulets et les femelles
armés d’ün aiouillon; pédicule de l'abdomen formé d’une seule écaille ou d’un seul nœud. | On trouve aux environs de Paris une espèce de ce sousgenre, la A. resserrée (F. contracta) de Latreille, ibid. vir, 40. Le mulet n’a presque pas d’yeux et vit sous les pierres, en société très-peu nombreuse. Il est très-petit, noir, presque cylindrique, avec les antennes et les pieds d’un brun jaunâtre. |
4°. Les Myrmices (MyrmMIcA ), ayant aussiun aiguillon, mais dont le pédicule de l’abdomen est formé de deux nœuds ; leurs antennes sont découvertes, et les palpes maxillaires sont longs, à six articles distincts. Telle est
La F. rouge ( F' rufa) de Linnæus. Lat. ibid. x, 62. Le mulet est rougeâtre , finement chagriné, avec l'abdomen luisant et lisse; une épine sous le premier nœud de son pédicule ; son troisième anneau un peu brun. Cette fourmi pique assez vivement. Dans les bois.
5°, Les Artes (ATtrA) de Fabricius, ne diffèrent des
myrmices que par leurs palpes très-courts, et dont les maxillaires ont moins de six articles. La tête des mulets est ordinairement très-grosse.
De ce nombre est la F. de visite ( Aita cephalotes. Fab. } Eat. ibid, 1x, 57.
6°. Les CRYPTOcÈREs (CRYPTOCERUS), toujours munis
d’un aiguillon, avec le pédicule de l'abdomen formé de deux nœuds; mais dont la tête, très-grande et aplatie , a une rainure de chaque côté, pour loger une partie des antennes. Espèces propres à l'Amérique méridionale (1).
Les autres HÉTÉROGYNES vivent solitairement ; chaque espèce n’est composée que de
- (1) Voyez Latr. Hist. Nat. des fourmis; ejusd. Gen. Crust. et Insect. IV , p. 124; Huber , sur les fourmis indigènes ; Fabricius, etc,
deux sortes d'individus, de 7n&les ailés, et de femelles aptères et toujours armées d’un fort aiguillon. Les antennes sont filiformes ou sétacées, vibratiles, avec le premier et le troisieme articles allongés; la longueur du premier n’égale jamais le tiers de la longueur totale de ces organes. |
Ils forment le genre
Des Murizres (MuTILLA) de Linnæus.
Les unes, dont on n’a encore observé que les mâles, ont les antennes insérées près de la bouche, la tête petite et l'abdomen long et presque cylindrique, comme dans
Les Doryres (DoryLus) de Fabricius.
Insectes propres à l’Afrique et aux Indes orientales (1).
Les Lagipes (Lagipus } de Jurine.
Hyménoptères de l'Amérique méridionale, en diffèrent par les mandibules plus courtes et moins étroites, et leurs palpes maxillaires de la longueur au moins des labiaux, et composés au moins de quatre articles ; ils sont très-petits et de deux articles au plus dans les doryles (2).
Les autres ont les antennes insérées près du milieu de la face de la tête, qui est plus forte que dans les précédens ; l'abdomen est tantôt conique, tantôt ovoide ‘ou elliptique. Ce sont |
Les MuriLLes proprement dites. (MuTiLLaA.)
On trouve ces insectes dans les lieux chauds et sablon-
(1) Voyez Fabricius et Latreille, Gen. Crust. et Insect. IV, p:. 125.
(2) Voyez Jurine, et Latr. ibid,
HYMÉNOPTÉRES. 491
eux. Les femelles courent très-vite et sont toujours à terre. Les mâles se posent souvent sur les fleurs; mais on ignore d’ailleurs leur manière de vivre.
Les espèces dont le cor elet est presque cubique, sans nœuds ni apparence de divisions en dessus, dans les femelles, composent les genres mutille et aptérogyne (1) de:
Latreille. L’abdomen des aptérogynes a les deux premiers anneaux en forme de nœuds , comme dans plusieurs fourmis.
La M. tricolore (Mutilla europæa. Liu.) Coqueb. Illust. Icon. Insect. dec. IT, xvr, 8. La femelle est noire, avec le corselet rouge, et trois bandes blanches , dont les deux dernières rapprochées sur l'abdomen. Elle a un fort aiguillon. Le mâle est d’un noir bleuâtre, avec le dessus du corselet rouge et l’abdomen comme dans la femelle (2).
Les espèces qui, dans les deux sexes; ont le corselet égal en dessus, mais partagé en deux segmens distincts, avec l'abdomen conique dans les femelles, elliptique et déprimé dans les mâles, composent le genre myrmose de Latreille et de Jurine (3).
Celles où le corselet des femelles est encore égal en dessus, mais divisé en trois segmens par des sutures , et qui ont les palpes maxillaires très-courts , avec le second article desantennes emboîlé dans le premier, forment le genre des myrmecode Latr. (4).
Les sclérodermes de Klug n’en diffèrent que par les palpes maxillaires allongés et les antennes, dont le second article est découvert (5).
(1) Latr. ibid. p. 121.
(2) Ibid. et Olivier , art. mutille de l'Encyel. méthod. (5) Latr. 1bid, p. 119, et Jurine sur les Aymen.
(4) Latr. ibid. p, 118.
(9) Latr. ibid,
Les méthoques de Latreille ont le dessus du corselet comme noueux ou articulé (1).
La seconde famille de cette section,
Celle des Fouisseurs (Fossores) ou Guñres- ICHNEUMONS.
Comprend des hyménoptères à aiguillon, dont tous les individus sont ailés, de deux sortes, et vivant solitairement ; dont les pieds sont exclusivement propres à marcher, et dans plusieurs à fouir; les ailes sont toujours étendues. Ils composent le genre
Des SPHEx (SPHEx) de Linnæus.
La plupart des femelles placent à côté de leurs œufs, dans les nids qu’elles ont préparés pour leurs petits, et le plus souvent dans la terre ou dans le bois, divers insectes ou leurs larves ; quelquefois aussi des arachnides qu’elles ont préalablement percés de leur aiguillon, et qui servent de nourriture à ces petits. Les larves n’ont jamais de pieds, ressemblent à un petit ver, et se métamorphosent dans la coque qu’elles ont filée, avant de passer à l’état denymphe. L’insecte parfait est ordinairement très-agile et vit sur les fleurs, Les mâchoires et la lèvre sont allongées, et en forme de trompe dans plusieurs,
(1) Latr. ibid.
Nous distribuerons les nombreux sous-genres qui dérivent du genre primitif des sphex en six petites coupes.
Dans les deux premières, les yeux sont souvent échancrés; le corps des mâles est ordinairement étroit, allongé, et se termine postérieurement, dans un grand nombre, par trois pointes , en forme d’épines , ou des dentelures.
1°. Ceux dont le premier segment du corselet est ianiôt en forme d'arc, et prolongé latéralement jusqu'aux ailes, tantôt en carré transversal ou en forme de nœud ou d’article ; qui ont les pieds courts, gros, très-épineux ou fort ciliés , avec les cuisses arquées près du genou; et dont les antennes sont sensiblement plus courtes que la tête et le corselet, dans les femelles. Ce sont les ScociitTes de Latreille, ainsi nommées du genre
Des Scortes. (ScoLrA.)
Les uns ont les palpes maxillaires longs , composés d’articles sensiblement inésaux, et le premier article des antennes presque conique.
Tels sont
Les Trpxies (Tipx14. Fab.), auxquelles on peut associer les éengyres de Latreille (r).
Les autres ont les palpes maxillaires courts, composés d’articies presque semblables, avec le premier article des antennes allongé et presque cylindrique.
Tantôt cet article reçoit et cache le suivant, comme dans
Les Myzines (Myz1Ne. Latr.), qui ont les mandibules dentées (2).
Les Méries (Merta. Illis.), où les mandibules n’ont point de dentelures (3).
(1) Latr. Gen, Crust, et Insect, IV, p. 116 ; Fab, et Jur. (2) Latr. ibid.
(5) Latr. ibid,
494 INSECTES Tantôt le second article des antennes est découvert ainsi que dans
Les ScoLtes proprement dites. (ScoLra. Fab.)(r).
2°. Les fouisseurs dont le premier segment du corselet est conformé ainsi que dans les précédens ; qui ont encore les pieds courts, mais grêles, point épineux ni fortement ciliés ; et dont les antennes sont, dans les deux sexes, aussi ue au moins que la tête et le corselet.
Leur corps est ordinairement ras ou n’a qu'un faible duvet. Cette subdivision embrasse la famille des SaPyGiTEs de Latreille, dont la dénomination est prise du genre principal
Des SApyces. (SaApyGA.)
Les uns ont les antennes filiformes ou sétacées, comme dans
Les THynnes (Tuynnus. Fab.), qui ont les JEUX entiers (2).
Les Porocures (Porocarum. Spin.), où ils sont échan crés, et dont les mandibules sont, en outre, trèsdentées (£).
Les autres ont les antennes plus grosses vers leur extrémité, ou même en massue, dans quelques mâles. Tels sont
Les SAPyGEs proprement dites. (Saryca. Lat.)
Elles voltigent autour-des arbres et des murs exposés au soleil, et paraissent y déposer teurs œufs (4).
Les réramies de Latreille, d’après la forme du premier
(1) Latr, ibid. el Fab.
{2) Latr. ibid.
segment du corselet et leurs ailes étendues ou sans plicature, appartiennent à ceite subdivision; mais elles doivent être rangées, sous des rapports plus importans, dans la famille des d'ploptères.
3°. Les fouisseurs qui avoisinent encore les précédens, à l'égard de l’étendue et de la forme du premier segment du corselet; mais dont les pieds postérieurs sont une fois au moins aussi longs que la tête et le tronc ; et qui ont les antennes le plus souvent grèles , formées d’articles allongés, peu serrés ou lâches, et très-arquées ou contournéés, du moins dans les femelles. :
Latreille les réunit dans sa famille des SPRÉGIMES, nom dérivé du genre dominant, celui
Des SpHEx. (SPHEX.)
Les uns ont le premier segment du corselet carré, soit transversal, soit lousitudinal , et l'abdomen attaché au corselet par un pédicule très-court ; leurs.jambes postérieures ont ordinairement au côté interne une brosse de poils.
Ils forment le sous-senre
Des PowpiLes. (PomerLus. Fab.)
Auxquels on peut réunir les pepsis de Latreille, dont les palpes sont presque de la même longueur avec la languette allongée et très-bifide; ses céropales , qui ont le labre entièrement découvert et les antennes presque droites dans les deux sexes ; les apores de M. Spinoia , dont les ailes supérieures n’ont que deux cellules cubitales au lieu de trois; la seconde famille des misques de M. Jurine, parfaitement semblables aux autres pompiles, mais où la troisième cellule Cubitale est plus petite et pétiolée; et les sa/zus de Fabricius, où lepremier segment du corselet, au lieu d’être transversal, comme dans les précédens, est aussi long ou plus long que large, et dont les mandibules n’ont pas de dentelures.
On trouve dans l'Amérique équinoxiale de grandes espèces de pompiles, dont les ailes supérieures sont souvent
496 INSECTES colorées de rouge ou dé bleu. Les nôtres, beaucoup plus
petites, approvisionnent souvent leurs larves d'arachnides fileuses , comme
Le P. des chemins (Sph. viatica. Lin.) Panuz. Faun. Insect. Germ. LXV, xvi, très-noir, avec l’abdomen rouge, entrecoupé de cercles noirs.
Les autres ont le premier segment du corselet rétréci en devant, en forme d’article ou de nœud, et le premier anneau de l'abdomen, et quelquefois même, en outre, une partie du suivant, rétréci en un pédicule allongé.
Ils forment le genre
Des SPHEx proprement dits. (SPHEx.)
Qu'on a encore subdivisé ainsi :
Ceux dont les mandibules sont dentées, qui ont les palpes filiformes, presque égaux, les mâchoires et la languette très-longues, en forme de trompe, fléchie en dessous, en ont été séparés par M. Kirby, sous le nom générique d'ammophile.
Le Sphex du sable (Sphex sabulosa) de Linnæus,
Panz. Faun. Insect. Germ. LXV, x1r, est de cette divi-
- sion. Il est noir , avec l’abdomen d’un noir bleuâtre , rétréci, à sa base, en un pédicule long, menu, presque conique ; le second anneau, sa base exceptée, et le troisième, sont fauves; le mâle a un duvet soyeux et argenté sur le devant de la tête.
La femelle creuse avec ses pattes, dans la terre, sur le bord des chemins, un trou assez profond, dans lequel elle dépose une chenille, qu’elle tue ou blesse mortellement, au moyen de son aiguillon, et y pond un œuf auprès d'elle. Elle ferme le trou avec des grains de sable , ou même avec un petit caillou. Il paraîtrait, d’après quelques observations, qu’elle fait successivement, et en recommençant la même manœuvre, d’autres pontes dans le même nid.
Le Sphex du gravier (Pepsis arenaria. Fab.) Panz. ibid. LXV , xr1r, est encore une ammophile. Il est noir, velu , avec le pédicule de l'abdomen formé brusquement par son premier anneau; le second, le troisième et la base du quatrième sont rouges (1).
Les espèces dont les mandibules et les palpes sont encore conformés de même, mais dont les mâchoires et la lèvre sont beaucoup plus courtes , et fléchies , tout au plus, à
leur extrémité, sont comprisés par Latreille dans les genres sphex, pronée et chlorion (2).
Le CAlorion comprimé, très-commun à l’Esle-de-France, y fait la guerre aux kakerlacs, dont il approvisionne ses
petits. Îl est vert, avec les quatre cuisses postérieures rouges.
Le C./obé, qui est entièrement d’un vert doré, se trouve au Bengale. |
D’autres espèces ayant toujours les mandibules dentées, mais dont les palpes maxillaires sont beaucoup plus longs que les labiaux, et presque en forme de soie, composent le genre dolichure du même auteur (3). Toutes celles qui terminent, n’ont point de dentelures aux mandibules, et sont comprises dans son genre pélopée, et celui de podie (4).
Les Pélopées où Potiers font , dans l'intérieur’ des maisons, aux angles des corniches', des nids de terre, arrondis ou globuleux, formés d’un cordon tournant en spirale, et présentant surieur côté inférieur deux ou trois rangées de trous, de sorte que ces corps ressemblent à l'instrument connu sous le nom de sifflet de chaudronnier. Les ouvertures sont les entrées d’autant de cellules, dans
(1) Latr. Gen. Crust. et Insect. IV, p. 53.
(2) Voyez Latr. Gen. Crust. et Insect. IV, p. 55-57. (5) Ibid. p. 57,genre pison, et p. 387, dolichurus. (4) Ibid. p. 59.