‹ Le règne animal distribué d'après son organisationChapitre 74 sur 92 · TOME · texte numérisé non relu

TOME

chacune desquelles l'insecte place une araignée, un diptère, etc., avec un de ses œufs, et qu'il bouche ensuite avec de la terre.

Du nombre de ces hyménoptères est

Le Sphex tourneur (Sphex spirifex) de Linnæus, qui est noir, avec le filet de l’abdomen et les pieds jaunes. Dans les départemens méridionaux de la France.

4°, Dans d’autres fouisseurs, le premier segment du corselétne forme plus qu'un simple rebord linéaire et transversal , dont les deux extrémités latérales sont éloignées de l’origine des ailes supérieures. Les pieds sont toujours courts ou de iongueur moyenne. La tête, vue en dessus, paraît transverse, et.les yeux s'étendent jusqu’au bord postérieur. L’abdomen forme un demi-cône allongé, arrondi sur les côtés de sa base. Le labre est entièrement à nu ou trèssaillant. M. Latreille fait de ces insectes une petite famille, qu'il appelle bembécides , du genre de Fabricius ; dont elle est formée, celui de

BEmBEx. (BEMBEx.)

Ces hyménoptères propres aux pays chauds , ont le corps allongé, pointu postérieurement , presque toujours varié de noir et de jaune ou de roussâtre , glabre, avec les antennes rapprochées à leur base , un peu coudées au second article et grossissant vers le bout; des mandibules étroites, allongées , dentées au côté interne et croisées; les jambes et les tarses garnis de petites épines ou de cils, qui sont plus remarquables aux tarses antérieurs des femelles. On voit souvent une ou deux dents élevées sous l’abdomen des males, Ils ont des mouvemens très-rapides, volent de fleur en fleur , en fesant entendre un bourdonnement aigu et coupé. Plusieurs répandent une odeur de rose. {ls ne paraissent qu’en été. Les uns ont üne fausse trompe, fléchie en dessous , avec le labre en triangle allongé.

Taniôt les palpes sont très-courts; les maxillaires n’ont que quatre articles et les labiaux que deux. Tel est

Le B. à bec. ( Apis rostrata. Lin.) Panz. Faun. Insect. Germ. I, x. Mâle. Grand, noir , avec des bandes transverses d’un jaune citron sur l’abdomen, dont la première interrompue , et les suivantes ondulées. La femelle, qui a moins de jaune à la tête, que le mâle, creuse dans le sable des trous profonds , où elle empile des cadavres dedivers insectes à deux ailes, particulièrement de syrphes et de mouches, et y fait sa ponte; elle bouche ensuite avec de la terre la retraite qu’elle a préparée à ses petits. Dans toute l'Europe (1).

Tantôt les palpes maxillaires, assez allongés, ont six articles, et les labiaux quatre, comme dans les monédules de Latreille (2). |

Les autres n’ont point de fausse-trompe, et le labre est court et arrondi. Tels sont les stizes du même et de M. Jurine (3).

5°. D’autres fouisseurs , ayant presque le port de ceux de la divisou précédente, en diffèrent par le labre caché en totalité ou en grande partie, et souvent par leurs antennes - filiformes. Ce sont les LARRATES de Latreille.

Les uns ont une profonde échancrure au côté inférieur de leurs mandibules, et peuvent être réunis en un seul sousgenre, celui

Des LARRES. (LARRA.)

On y rapportera les palares, les larres, les lyrops, les miscophes et les dinètes. Les palares de Latreille ou les

(1) Voyez Latr. Gen. Crust. et Insect: IV, 97.'

(2) Latr. ibid, la plupart des bembex de Fab.

(3) Faatr. ibid. la plupart des larres de Fäbricius, telles que les suivans : vespiformis , erytrocephala, cincta, crassicornis, bifas-

siata, analis, ruficornis, cingulata, ruifrons , bicolor , fasciata.

gonius de M. Jurine , se distinguent des autres à leurs an tennes très-courtes et à leurs yeux très-rapprochés en arrière, et renfermant les petits yeux lisses (1).

Les autres n’ont point d’échancrure au côté inférieur des mandibules. |

Tantôt les yeux sont entiers ou sans échancrure, comme dans les sous-genres suivans :

Les ASTATES (AsTATA. N1TELA. Lat.), dont les antennes sont filiformes , et qui ont les yeux très-allongés (2).

Les Oxyrèces (OxyBELus), où les antennes, un peu plus grosses vers le bout, sont coudées, coniournées et très-courtes ; qui ont les jambes épineuses , et une à trois pointes en forme de dents , à l’écusson.

Les femelles font leurs nids dans le sable (3).

Les GoryTes (GoryTEs) ou les arpactes de Jurine, et auxquels nous réunissons les zyssons, ayant aussi des antenues plus grosses vers le bout, mais notablement plus longues que la tête , presque droites, et dont l’écusson n’est point épineux (4).

Tantôt les veux sont échancrés, comme dans les Try- POxYLONS (TRYPOxYLON , Prson. Lat.), ou les apius de M. Jurine.

Le Larre potier (Sphex figulus. Lin.) Jurine, Hym. 1x,

G. 8, noir, luisant; chaperon couvert d’un duvet soyeux

argenté ; abdomen long , porté sur un long pédicule, en

forme de massue. La femelle profite des trous que lui offre le vieux bois, et qui ont été creusés par d’autres

(1) Voyez Latr. ibid. et ses Consid. général, sur l’ordre des Crust. des Arachn. et des Inseët.

{2) Latr. Gen. Crust. et Insect. IV, p. 67 et 77; Jurine, geure dimorpha.

(3) Voyez Olivier, Encycl. méthodique, article oxybéle.

(4) Latr. ibid, ; Jurin, genre arpacte et nysson,

HYMÉNOPTÈRES. Bot

insectes , pour y placer ses œufs, et les petites araignées destinées à nourrir ses petits. Elle en ferme ensuite Youverture avec de la terre glaise (1).

6°. Les autres fouisseurs ont aussi le premier segment du corselet très-court, linéaire et transversal; les pieds courts ou de longueur moyenne; mais leur tête, très-grosse, parait, vue en dessus, presque carrée; les yeux, quoique très-grands, se terminent, en dessus, à quelque distance du bord postérieur. L’abdomen a toujours une forme ovale ou elliptique.

Ils composent la famille des CrABRoN1TESs de Latreille, que l’on peut diviser en trois sous-senres.

Les Merzines. (Mezrinus. Fab.)

Auxquels nous associons les pemphredons de Latreille, ou les cémones de Jurine, ainsi que ses a/ysons et ses stigmes, ont les antennes insérées près de la bouche, filiformes, point ou peu coudées; les mandibules tridentées dans les femelles , les palpes maxillaires beaucoup plus longs que les labiaux , et la languette divisée distinctement en trois parties ; la base de leur abdomen est toujours rétrécie en manière de long pédicule. |

Les uns font leurs nids dans la terre; les autres dans les trous du vieux bois , comme le cémone unicolor de Jurine, qui nourrit sa larve de pucerons (2).

Les Crarrons. (CRABRO. Fab.)

Dont les antennes, pareillement insérées près de la bouche et filiformes ou en fuseau dans quelques-uns , sont très-brisées ; dont les mandibules se terminent simplement en une pointe bifide ou échancrée ; qui ont les palpes courts, presque égaux , et la languette presque entière.

QG) Latr. ibid. ; Jur. gen. apius ; et Fab. Syst. Piez. (2) Voyez Latr. Gen, Crust, et Insect, IV, p. 82-87.

5o2 INSECTES

Leur chaperon est souvent très-brillant, doré ou argenté. Quelques mâles sont remarquables par la dilatation en forme de palette, de truelle, ayant même l’ajparence d’un crible, des jambes ou du premier article des tarses des deux pieds antérieurs.

La femelle d'une de ces espèces (C. cribrarius) approvisionne ses larves d'une pyrale qui vient sur le chêne. Les autres femelles les nourrissent avec des diptères , qu’elles empilent dans les trous où elles font leur ponte(r).

Les PaiLaNTHEs. (Parcanrtaus. Fab.)

Dont nous ne séparons pas les cerceris, se distinguent des précédens par leurs antennes insérées au milieu de la face de la tête, à une distance sensible de la bouche, et terminées en massue ou plus grosses vers le bout. Les organes de la manducation ont beaucoup de rapports avec ceux des crabrons.

Les femelles creusent leurs nids dans le sable, et y mettent, pour nourrir leurs larves, des cadavres d’abeilles, d’andrènes et même de charansons (2) |

La troisième famille des Hyménoptères porte-aiguillons ,

Celle des DrrLortères.

Est la seule de cette section qui nous offre des ailes supérieures doublées longitudinalement dans leur repos. Elle comprend le genre

(1) Latr. ibid, (2) Latr. ibid. À (5) Latx, ibid.

HYMÉNOPTÉRES. | 503 Des GuêÊpes (VEspA) de Linnæus.

Ces hyménoptères ont toujours les antennes plus épaisses vers leur extrémité, et coudées au second article; les yeux échancrés; le chaperon grand, souvent diversement coloré dans les deux sexes; les mandibules fortes et dentées ; une pièce, en forme de languette, sous le labre; les mâchoires et la lèvre allongées; la languette communément divisée en trois parties, dont celle du milieu plus grande, en cœur, et les latérales étroites, allant en pointe; le premier segment du corselet arqué, avec les côtés élargis, en forme d’épaulette, et repliés en arrière, jusqu’à la naissance des ailes ; et le corps glabre, ordinairement coloré de noir et de jaune ou de fauve. Les femelles et les neutres sont armés d’un aiguillon très-fort et venimeux. Plusieurs vivent en sociétés, composées de trois sortes d'individus. j

Les larves sont vermiformes, sans pattes, et renfermées chacune dans une cellule, où elles 5e nourrissent tantôt de cadavres d’insectes, dont la mère les a approvisionnés au moment dela ponte , tantôt du miel des fleurs, du suc des fruits et de matières animales , élaborées dans l'estomac de la mère ou dans celui des mulets, êt que ces individus leur fournissent journellement.

Les uns ont les antennes composées de douze à treize articles distincts, selon les sexes, et terminées en pointe; la languette, soit divisée en trois pièces , dont celle du mi- Jieu plus graude, en cœur , avec deux petites taches arron-

dies et glanduleuses à son extrémité, et les latérales étroites, pointues, ayant aussi chacune une tache semblable: soit composée de quatre filets longs et plumeux.

Tantôt les mandibules sont beaucoup longues que larges, rapprochées en devant , en forme de bec; la languette est étroite et allongée ; le chaperon est presque en formede cœur ou ovale, avec la pointe en avant et plus ou moins tronquée.

Ils vivent tous solitairement, et chaque espèce n’est composée que de mâles et de femelles. Ces derniers individus approvisionnent leurs petits avant leur naissance et pour tout le temps qu’ils seront en état de larve. Les nids de ces petits sont ordinairement formés de terre, et tantôt cachés dans les trous des murs, dans la terre, dans le vieux bois, et tantôt extérieurs et situés sur des plantes. La mère renferme dans chacun d’eux des chenilles ou d’autres larves qu'elle empile circulairement, quelquefois aussi des aranéides , après les avoir préalablement percées de son dard; ces cadavres servent de nourriture à la larve de la guêpe.

Les divers sous-cenres compris dans cette division peuvent être réduits à deux :

Les Synacres. (Synacris. Lat. Fab.)

Dont la languette est divisée en quatre filets longs et plumeux, sans points glanduleux à leur éxtrémité. Les mandibules des mâles sont souvent très-grandes et en forme de cornes. Les espèces connues sont peu nombreuses et

propres à l'Afrique (1).

| Les EumÈnes. (Eumenes. Eat. Fab.)

Où la languette est divisée en trois pièces, glanduleuses

(1) Synagris cornuta , Latr. Gener. Crust. et Insect. IV, p. 135 ; Fab. System. Piezat.; Drur. Insect. IT, xuvir1, 3, le mâle;—vespa çalida, Linn.—+. Aæmorrhoidalis, Fab.

HYMÉNOPTÈRES. 5oi

à leur extrémité, dont celle du milieu plus grande, évasée au bout, en forme de cœur, échancrée ou bifide.

L'’abdomen des unes est ovoïde ou conique, et plus épais à sa base. Tels sont

Les céramies de Latreille, qui, par une exception sin= gulière, ont toujours les ailes étendues et les palpes maxillaires très-petits, et de trois à quatre articles (1).

Les ptérocheiles de M. Klüg, remarquables par leurs mâchoires et leur lèvre très-longues , formant une espèce de trompe fléchie en dessous, et reconnaissables encore par leurs palpes labiaux hérissés de longs poils, et n'ayant que trois articles distincts (2).

Les odynères de Latreille, auxquels il réunit les rygchies de M. Spinola, où ces parties de la bouche sont beaucoup plus courtes, et dont les palpes labiaux sont presque glabres, avec quatre articles apparens.

La femelle d’une espèce de cette division (7’espa mura= ria. Lin.) Réaum.Mém. VI, xxvI,1—10, pratique dans le sable ou dans les enduits des murs, un trou profond de quelques pouces, à l'ouverture duquel elle élève, en dehors , un tuyau d’abord droit, ensuite recourbé, et composé d’une pâte terreuse , disposée en gros filets contournés. Elle entasse, dans la cavité de la cellule intérieure, huit à douze pelites larves du même âge, vertes, semblables à des chenilles, maïs sans pattes, en les posant par lits les unes au-dessus des autres, et sous une forme annulaire. Après y avoir pondu un œuf, elle bouche le trou, et détruit l’'échafaudage qu'elle avait construit (3).

(1) Latr. Consid. génér. sur l’ord. des Crust. et des Insect. p, 529 ; —gnatho Lichtenstenii , Klug. nouv. genres de Piézat. tab. 1, 3:

(2) Panz. hymen, p. 145; ejusd. vespa phalærata, Faun. Insect, Germ. XLVILE, xxr.

(3) Voyez Latr. Gen, Crust, et Insect, IV, p. 139 et 156; plusieurs guêpes de Fabricius,

Bo6 | INSÉCTES

Dans les autres, l'abdomen a son premier anneau étroit et allongé en forme de poire, et le second en cloche, comme dans

Les EumÈènes proprement dités, auxquelles on peut rapporter les zèthes (1) de Fab. et les discælies (2) de Lat.

L’E. étranglée. (E.coarctata. Fab.) Panz. Faun. Insect. Germ. LXIII, xrr, le mâle. Longue de cinq lignes, noire, avec des taches et le bord postérieur des anneaux de l’abdomen jaunes ; le premier anneau en poire allongée, avec deux petits points jaunes; une bande oblique , de la même couleur, de chaque côté du second, qui est le plus grand de tous et en cloche. |

La femelle construit sur les tiges des végétaux, et particulièrement des bruyères , avec de la terre très-fine , un nid sphérique, le remplit, suivant Geoffroi, de miel, et y dépose un œuf (3).

Tantôt les mandibules ne sont guères plus longues que larges, et ont une troncature large et oblique à leur extrémilé; la languette est courte ou peu allongée ; le chaperon est presque carré.

Ces espèces forment le genre

Des GuËpes proprement dites. CUS PozisrTes. Lat.)

Elles sont réunies en sociétés nombreuses, composées de mâles, de femelles et de rzulets. Les individus des deux dernières sortes font ; avec des parcelles de vieux bois ou d’écorce, qu'ils détachent avec leurs mandibules , et qu'ils réduisent, en les délayant , en forme de pâte, de la nature du papier ou du carton, des gâteaux ou rayons ordinaire-

1) Latr. ibid.

) Latr. ibid.

) Latr. ibid.

ment horizontaux , suspendus en dessus par un ou plusieurs pédicules , et qui ont au côté inférieur un rang d’alvéoles verticaux , en pyramides hexagonales et tronquées. Ces cellues servent uniquement à loger, et d’une manière isolée, les larves et les nymphes. Le nombre des gâteaux, composant le même nid ou le même guépier, varie. Il est tantôt nu, tantôt enveloppé, avec une ouverlure commune et extérieure , presque toujours centrale, et qui correspond quelquelois à une file de trous, pour la communication intérieure, si les gâteaux adhèrent aux parois de l'enveloppe, et soit en plein air, soit caché en terre ou dans des creux d’arbres. Sa figure est encore très-diversifiée, selon les espèces.

Les femelles le commencent seules, et pondent des œufs , d’où sortent des mulets ou des guêpes ouvrières, qui l’aident à agrandir le guépier, ainsi qu’à élever les petits qui éclosent ensuite. Leur société n’est, jusqu’au commencement de l’automne, composée que de ces deux sortes d'individus. A cette époque paraissent les jeunes mâles et les jeunes femelles. Toutes les larves et les nymphes qui ne peuvent subir leur dernière métamorphose avant le mois de novembre, sont mises à mort et arrachées de leurs cellules par les muleis , qui périssent avec les mâles au retour de la mauvaise saison. Quelques femelles survivent, et deviennent au printemps les fondatrices d’une nouvelle colonie. Les auêpes se nourrissent d'insectes, de viandes ou de fruits , et alimentent leurs larves de l'extrait de ces substances. Ces larves qui, à raison de la situation inférieure des ouvertures de leurs cellules ; s’ÿ tiennent le corps renversé, ou la tête en bas , s’enferiment et se font une coque, lorsqu’elles veulent passer à l’état de nymphe. Les mâles ne travaillent

"point.

Dans plusieurs espèces, la portion du bord interne des mandibules qui est au-delà de l'angle, et qui le termine, est plus courte que celle qui précède cet angle ; le milieu du

devant du chapéron s’avance en pointe. Ces espèces forment le genre polisté de Latreille et de Fabricius (r).

Tantôt l'abdomen ressemble, par la forme de ses deux premiers anneaux, à celui des eumènes proprement dites. Telle est

‘ La Guépe tatua.(Polistes morio. Fab.) Cuv. Bull. de la Soc. philom., n°.8; Lat. Gen. Crust. et Insect. I, XIV , 5. Elle est entièrement d’un noir luisant. Son nid a la forme d’un cône tronqué , comme celui de la guêpe cartonnière; mais il est d’un carton plus grossier , plus grand, avec le fond plat et percé à l’un des côtés. A Cayenne. :

Tantôt l’abdomen a une forme ovalaire ou elliptique. Tel est celui de

La Guépe des arbustes (Vespa gallica. Lin.) Panz. Faun. Insect. Germ. XLIX, xx1r, un peu plus petite que la guêpe commune; noire; chaperon, deux points sur le dos du corselet, six lignes à l’écusson , deux taches sur le premier et sur le second anneaux de l’abdomen, leur bord supérieur , ainsi que celui des autres, jaunes ; abdomen ovalaire, brièvement pédiculé. Son guépier a la forme d’un petit bouquet étagé, composé de vingt à trente cellules, dont les latérales plus petites. Il est ordinairement fixé sur une branche d’arbuste.

Tantôt encore l’abdomen des polistes est ovoïde ou conique, comme dans

La Guépe cartonnière. ( Vespa nidulans. Fab.) Réaum. Insect. VI, xx, 1,3, 4; xxr, 13 xxI1I—xxIv. Petite, d’un noir soyeux; avec des taches et le bord postérieur des anneaux de l’abdomen jaunes. Son nid, suspendu aux branches d’arbres, par un anneau, est composé d'un carton très-fin, et a la forme d’un cône tronqué. Les

(1) Latr. Gen. Crust, et Insect, IV, p. 141,

gâteaux, dont le nombre augmente avec la population et

donne quelquefois au guêpier une grandeur considérable , sont circulaires, mais concaves en dessus et convexes en dessous, ou en forme d’entonnoir, et percés d’un trou central. Ils sont fixés aux parois intérieures de l’enveloppe par toute leur circonférence. L’inférieur est uni en dessous, ou n’a point de cellules ; son ouverture sert d’issue ou de porte. À mesure que la population s'accroît, ces auêpes construisent un nouveau fond, et garnissent de cellules la surface inférieure du précédent.

Les autres guêpes ont la portion supérieure du bord in= terne de leurs mandibules, celle qui vient après l’angle, aussi longue ou plus longue que l’autre partie de ce bord ; le milieu du bord antérieur de leur chaperon est largement tronqué, avec une dent de chaque côté. Leur abdomen est toujours ovoide ou conique. Elles comprennent le genre des guépes propres de Latreille (1).

La Guépe Jrélon (7: espa crabro. Lin.) Réaum. Insect. VI, xvitr, long d’uu pouce; tête fauve, avec le devant jaune; corselet noir, tacheté de fauve ; anneaux de l’abdomen d’un brun noirâtre, avec une bande jaune, marquée de deux ou trois points noirs au bord postérieur. Elle fait son nid dans des lieux abrités, comme dans les greniers, les trous des murs, et dans les troncs d'arbres. Il est arrondi, composé d’un papier grossier et couleur de feuille morte. Les rayons , ordinairement en petit nombre, sont attachés les uns aux autres par des colonnes oudes piliers, dont celui du milieu est beaucoup plus épais. L’enveloppe est généralement épaisse et friable. Cette espèce dévore les autres insectes et particulièrement les abeilles , dont elle vole aussi le miel.

La Guépe commune ( Vespa vulgaris.) Réaum. ibid. XIV, 1—7, longue d'environ huit lignes. Noire, devant

(1) Latr. Gen. Crust, et Insect. IV, p. 142.

de la tête jaune, avec un point noir au milieu; plusieurs taches jaunes sur le corselet, dont quatre à l’écusson ; une bande jaune, avec trois points noirs au bord postétérieur des anneaux.

Elle fait, dans la terre, un nid analogue à cet de la guêpe frélon, mais composé d’un papier plus fin, et dont les rayons sont plus nombreux. Les piliers qui les soutiennent sont égaux. Son enveloppe est formée de plusieurs couches, disposées par bandes, et se recouvrant successivement par leurs bords.

Une autre espèce de guèpe (r17edia. Lat.), d’une taille intermédiaire entre celles des deux précédentes, fait un nid semblable, mais qu'elle attache aux branches des arbres. | Les autres diploptères ont les antennes terminées en bouton ou en massue très-obtuse et arrondie au bout; elles n'otfrent que huit à dix articles bien distinicts ; la languette est composée de deux filets très-longs, avec la base molle, en forme de tube cylindrique, les recevant dans la contraction et retirée alors dans la gaine du menton.

Les quatre palpes sont très-couris ; lés maxillaires n'ont que trois à quatre articles ; les labiaux en ont trois.

Fabricius a d’abord réuni ces insectes dans un seul genre,

celui des Masanris. (Masarrs.)

Dont Latreille a détaché depuis les célonites. Les antennes de ceux-ci sont à peine plus longues que la tête ; leur huitième article forme avec les derniers un bouton globuleux. Ces hyménopières se tiennent accrochés aux plantes, avec les ailes rejetées sur les côtés. Leur corps se met en boule (1).

Les masaris proprement dits (2) ont les antennes plus RS À int rh te MORE Lie | LUE Re he ©

(1) Latr. Gen. Crust, et Insect. IV, p. 144; Jur. hymen. pL x,

gen. 17. Fab. Syst. Piezat.

(2) Latr, ibid. ; Coqueb. Illust, Icon. Insect. Dec, Il, xv, mâle.

HYMÉNOPTÈRES. Br

longues et terminées en une m” Sue formée par le huitième et dernier article. L’abdomen est plus allongé que celui des célonites.

On ne connoît qu’un petit nombre d’espèces particulières au midi de l’Europe et au nord de l'Afrique.

La quatrième et dernière famille des Hyménoptères porte-aiguillons,

Celle des Merrirères. (AnrnoPmca. Liat. )

Nous offre, dans la propriété qu'ont les deux pieds postérieurs, celle de ramasser le pollen des étamines, un caractère unique et qui la distingue de toutes les autres familles d'insectes ; le premier article des tarses de ces pieds est très-grand, fort comprimé, en palette carrée ou en forme de triangle renversé.

Leurs mâchoires et leur lèvre sont ordinairement fort longues et composent une sorte de trompe. La languette à le plus souvent la figure d’un fer de lance ou d’un filet itrès-long, et dont l’extrémité est soyeuse ou velue. Les larves vivent exclusivement de miel et de la poussière fécondante des étamines. L'insecte parfait ne se nourrit luimème que du miel des fleurs.

bra | INSÈCTES Ces hyménoptères emprassent le genre Des ABEILLEs ( Aris) de Linnæus.

Que je diviserai en deux subdivisions. La première ou celle

Des ANDRENÈTES. (ANDRENETÆ. Lat.)

A la division intermédiaire de la languette en forme de cœur ou de fer de lance, plus courte que sa gaîne, et pliée en dessus dans les unes, presque droite dans les autres. Elle se compose du genre des pro-abeilles de Réaumur et de De Géer ; ou des andrènes de Fabricius et des melittes de M. Kirby (1).

Ces insectes vivent solitairement et n’offrent que deux sortes d'individus, des mâles et des femelles. Leurs mandibules sont simples ou terminées au plus par deux dentelures ; les palpes labiaux ressemblent aux maxillaires ; ceuxci ont toujours six articles. La languette est divisée en trois pièces, dont les deux latérales très-courtes, en forme d’oreillettes. La plupart des femelles ramassent avec les poils de leurs pieds postérieurs la poussière des étamines, et en composent avec un peu de miel, une pätée, pour nourrir leurs larves. Elles creusent dans la terre, et souvent dans les lieux battus , sur les bords des chemins ou des champs , des trous assez profonds, où elles placent cette pâtée avec un œuf , et ferment ensuite l’ouverture avec de la terre.

Nous partagerons cette subdivision en deux sous-genres.

Les Hyrées. (Hyræus. Fab.—Prosopis. Jur.)

Qui ont la division moyenne de la languette évasée à son extrémité, presque en forme de cœur, et doublée dans le repos. | ;

Les uns ont le corps glabre et le second et le troisième

SO

(1) Monog. apum éngliæ , excellent ouvrage.

article des antennes presque de la même longueur. N’ayant point de poils, ils ne recueillent point de pollen, et paraissent déposer leurs œufs dans les nids des autres hyménoptères | de cette famille. Ce sont les Aylées proprements dits de Latreille et de Fabricius (1).

Les autres ont le corps velu, avec le troisième article des antennes plus long que le second. Les femelles font des récoltes sur les fleurs. Latreille les distingue sous le nom générique de collète. Telle est

Notre Aylée glutineux (Apis succincta. Tin. de ou l'abeille dont le nid est fait d'espèces de membranes SOyeusesy de Réaumur, Ins. VI, x11; petite, noire, avec des poils blanchâtres ; ceux du corselet roussâtres ; abdomen ovoide; bord postérieur de ses anneaux couvert d’un duvet blanc, formant des bandes. Le mâle (epodia calendarum , Panz.)

a les antennes plus longues. La femelle fait dans la terre

un trou cylindrique, dont elle enduit les parois d’une

liqueur gommeuse qu’on peut comparer à la bave vis= queuse et luisante que les limaçons laissent sur les lieux de leur passage. Elle y place ensuite bout à bout et dans une file des cellules composées de la même substance, d’une forme analogue à celle d’un dé à coudre et renfermant chacune un œuf et de la pâtée (2).

Le second sous-genre, Celui des ANDRÈNES.(ANDRENA. Fab.)

Se distingue du précédent par la figure en fer de lance de la languette.

. Dans les unes , cette languette se replie sur le côté supé-

rieur de sa gaine, comme dans les andrènes proprement dites (3), et les dasypodes de Latreille (4). Les femelles

(1) Latr. Gen. Crust. et [nsect. IV, p. 149.

(2) Ibid.

(3) Latr. Gen. Crust. et Insect. IV , p. 150. (4) Ibid,

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