TOME
des dernières ont le premier article des tarses postérieurs fort long, hérissé de longs poils, en forme de plumaceau.
Dans les autres, la languette est droite ou un peu courbée en dessous à son extrémité. Tels sont les sphécodes (1), les halictes (2) et les nomies (3) de ce naturaliste.
Les sphécodes mâles ont des antennes noueuses; leur languette, ainsi que celle des femelles , est presque droite, à divisions presque également longues; celle du milieu est beaucoup plus longue dans les halictes et dans les nomies. Les femelles des halictes ont à l'extrémité postérieure de leur abdomen une fente longitudinale. Les cuisses et les jambes des pieds sont renflées ou dilatées dans les nomies mâles.
T’Andrène des murs ( Andrena flessæ. Panz. Faun., Ins. Germ. LXXXV , xv.) Réaum. Insect. VI, yrrr, 2, Jonoue de six lignes; des poils blancs sur la tête, le corselet, les bords latéraux des derniers anneaux de l'abdomen et aux pieds; abdomen d’un noir bleuâtre; ailes noires , avec une teinte violette. La femelle creuse, dans les enduits de sable gras , des trous, au fond desquels elle dépose un miel de la couleur et de la consistance du cambouis , et d’une odeur narcotique. Commune dans nos environs. |
La seconde tribu des Hyménopières mellifères,
Celle des APIAIRES. (Aprariz. Lin.)
Comprend les espèces dont la division moyenne de la lansueite ést aussi longue au moins que le menton ou sa gaine tubulaire, et en forme de filet ou de soie. Les mâ-
(1) Ibid.
(2) Ibid.
(3) Ibid.
HYMÉNOPTÈRES, . D choires:et la lèvre sont très-allongées et forment une sorte de trompe coudée et repliée en dessous, dans l’inaction.
Les deux premiérs articles des palpes labiaux ont, le plus souvent, la figure d’une soie écailleuse, comprimée, et qui embrasse les côtés de la languette; les deux autres sont très-petits ; le troisième est communément inséré près de l'extrémité extérieure du précédent, qui: se termine en pointe. ! à
Les unes vivent solitaires; les pieds postérieurs de leurs. femelles n’ont ni duvet soyeux (/a brosse ) à la face intèrne du premier article de leurs tarses (/4 corbeille), ni d’enfoncement particulier au côté extérieur ‘de leurs jambes ; ce côté, ainsi que le même du premier artiole des tarses, sont le plus souvent garnis de poils nombreux et serrés.
Tantôt le second article des tarses postérieurs des femelles est inséré au milieu de l'extrémité du précédent ; l'angle extérieur et terminal de celui-ci ne paraît point dilaté ou plus avancé que l’intérieur, dans -les sous-senres suivans. j
Dans ces apiaires on peut encore séparer les espèces dont les mandibules sonÉpetites, étroites, arquées, crochues , avec une dentelure au plus et située sous la pointe, Leur labre membraneux ou coriace èst en demi-ovale et transversal, ou triangulaire. Les divisions latérales de la languette sont en forme de soie, souvent allongée.
Tels sont Les PaAnurGEs. (PanurGus. Panz.)
Dont les pieds postérieurs sont garnis de poils, servant à la récolte du pollen. La tige des antennes , à prendre. du troisième article. forme dans les femelles une sorte de fuseau , ou de massue allongée, presque cylindrique, amincie vers sa base.
Par la longueur et la composition de leurs palpes maxil-
laires, souvent même par la forme des labiaux, et par les habitudes , ces apiaires se rapprochent des andrènes.
Nous réunirons aux panurges les rophites (1) de M. Spinola, et. les systrophes (2) d’Illiger. Les mâles de ces dernières apiaires ont l'extrémité de leurs antennes roulée sur elle-même. Les panurges (3) proprement dites n’ont point de dentelure aux mandibules. Celles des rophites et des systrophes en ont une sous celle qui forme la pointe; mais les antennes des rophites ne sont point recoquillées.
L£s Nomanes. (NowapaA. Fab.)
Qui ne ramassent point le pollen des fleurs et déposent leurs œufs dans les nids des autres mellifères , et dont les antennes sont filiformes dans les deux sexes.
Il y eu a dont le corps est velu par places, et dont les divisions latérales de la languette sont au moins aussi longues que Les palpes labiaux, comme dans les eucères. On a formé, avec ces espèces , les genres melecte (4) ; crocise (5) et oxée (6). Les palpes maxillaires manquent dans les oxées. Ceux des crocises ont trois articles ; on en compte six à ceux des melectes.
‘ Les autres espèces de nomades ont le corps ras ou simplement pubescent ; les divisions latérales de la languette sont beaucoup plus courtes que les palpes labiaux. Elles composent les genres : 2omade proprement dit (7), épéole (G),
(1) Insect. Ligur.
(2) Latr. Gen. Crust. et Insect. IV, p. 156.
(3) Latr. art. panurge , Encycl, méth.
(4) Latr. Gen. Crust. et Insect. IV, p. 172. ,
(5) Lair. ibid.
(6) Oliv. art. oxée, Encycl, méth.
(7) Latr. Gen. Crust. et Insect. IV, p. 169. Oliv. Encycl. meth.
art. 20omade. La nomade à antennes rousses ( apis ruficornis, Linn. ;
Panz, Faun. Insect, Germ. LV, xvin}), de notre Tableau élémentaire de l'Histoire des animaux , est de cetie division.
(8) Latr. ibid. ; notre zomade variée (apis variegata Linn. » Panz. ibid, LXI, xx), ibid, de cette division.
HYMÉNOPTÈRES. ait
pasite (1), philérème (2) et ammobate (3). Le labre est court et presque en demi-ovale dans les trois premiers. Les palpes maxillaires des nomades proprement dits ont six articles ; on n’en distingue que quatre à ceux des pasites, et qu’un seul à ceux des épéoles. Le labre des philérèmes et des ammobates est en forme de triangle allongé et tronqué. Ici les palpes maxillaires ont six articles ; là, ou dans les philérèmes, ils n’en ont que deux.
Les autres apiaires, où, comme dans les précédens, le premier article des tarses postérieurs n’est point dilaté à l’angle extérieur de son sommet, diffèrent de celles que nous venons de voir, par leurs mandibules fortes, souvent sillonnées , tantôt triangulaires , très-dentées ou incisives , tantôt trèsavancées et en pince. Le labre est carré, souvent même très-long dans les uns , transversal et presque corné dans les autres. Les divisions latérales de la languette ne forment qu’une petite écaille. Presque toutes les femelles ramassent le pollen des fleurs, et le plus souvent avec un duvet soyeux qui garnit le dessous de leur ventre. Beaucoup emploient, dans la construction de leurs nids, des parties de végétaux ou le maçonnent. Les mâles ont ordinairement les deux pieds antérieurs arqués , ciliés, propres à embrasser et à retenir leurs femelles dans l’accouplement, qui a lieu sur les plantes ou durant leur vol. L’extrémité de leur abdomen est souvent courbé en dessous et terminé par des
dentelures. Leurs antennes sont renflées vers le bout dans plusieurs.
Ces apiaires forment deux sous-genres :
LEs Mécacnaires, ( Mecacuire. Lat. — ANTHOPHORA. Fab.)
Qui ont un labre en forme de quadrilatère ou de-paral-
ER D AT IE ES CRT PTT ETS
(21) Latr. ibid.
(2) Latr. ibid.
lélogramme, crusfacé au' plus, et iombant perpendiculairement entre les mandibules.
Les unes ont le labre fort allongé ou en carré long, et les palpes maxillaires oo eu tout au plus de die articles.
La plupart des femelles ont une brosse soyeuse sous l’abdomen ; les autres n’ont point d’instrument pour récolter le pollen, et font leur ponte dans les nids des autres insectes de cette famille , et ont de l’affinité avec les nomades.
Plusieurs mégachiles de cette division ont le corps simplement ovale ou oblong; la longueur du second article de leurs palpes labiaux ne surpasse pas sensiblement celle du premiér. On a formé de ces espèces les genres : cæ/ioxyde(r), mégachile proprement dit (2), osmnie (3), anthidie (4), et celui de stélide (5). Dans les deux premiers, les femelles, ou quelquefois les deux sexes, ont l'abdomen soit conique, soit triangulaire et plat'en dessus. Leurs palpes maxillaires n’ont jamais que deux articles. Les cœlioxydes n’ont point de brosse soyeuse au ventre. Leurs mandibules sont proportionnellement moins robustes que celles des suivans. Leur écusson est souvent échancré ou épineux. Ce sont des apiaires parasites. Les femelles des mégachiles propreimtbnt dites de Latreille ont les m'andibules très-fortes, avec le dessous de l'abdomen très-soyeux.
La M. des murs ( Xylocopa muraria. Fab.) Réaum. Insect. VI, VII, VIII, 1—8 , une des plus grandes de ce senre. La femelle est noire, avec les ailes d’un noir violet ; le mâle est couvert de poils roussâtres , avec les derniers anneaux noirs. La femelle construit son nid
(1) Latr. Gen. Crust. et Insecl. IV , pag. 166. (2) Latr. ibid.
(3) Latr. ibid. et art. osmie de l'Encycel. méth. (4) Lair. ibid. et Annal. du Mus. d'Hist, nat.
avec de la terre très-fine, dont elle forme ün mortier; elle l'applique sur les murs exposés au soleil ou contre des pierres. Îl devient très-solide et ressemble à une motte de terre. Son intérieur renferme douze à quinze cellules, dans chacune desquelles elle dépose un œuf.et
de la pâtée. L’insecte parfait éclot au printemps de l’'année suivante.
Une autre espèce très-voisine ‘de la précédente ( Apis sicula. Ross.) donne au sien la forme d’une boule , et le place sur des branches de végétaux.
D'autres mégachiles, nommées par Réaumur abeilles coupeuses de feuilles, emploient dans la construction de leurs nids, des portions parfaitementovales ou circulaires de feuilles , qu’elles entaillent , au moyen de leurs mandibules, avec autant de promptitude que de dextérité. Elles les emportent dans les trous droits et cylindriques qu’elles ont creusés dans la terre et quelquefois dans les murs, ou le tronc pourri des vieux arbres elles tapissent avec ces portions de feuilles le fond de la cavité, en- forment une cellule qui a la figüre d’un dé à coudre, y mettent la provision mielleuse dont la larve doit se nourrir, y pondent un œuf, et la ferment avec un couvercle, plat ou un peu concave, et pareillement de portion de feuille. Elles font une nouvelle cellule, et de la même manière, au-dessus de ja première, puis une troisième , et ainsi de suite, jusqu’à ce que le trou soit plein. De ce nombre est
La M. du rosier ( Apis centuncularis. Lin.) Réaum. Insect. VI, x, longue d’environ six lignes, noire .avec un duvet d’un gris fauve; de petites taches blanches et transverses sur les côtés supérieurs de l'abdomen, et son dessous garni de poils fauves. Le mäle est décrit par Linnæus, comme une autre espèce, sous le nom de /agopoda.
D’autres espèces analogues coupent des feuilles de chênes, d’ormes, de ronces, pour lemême but. Les femelles de celles
avec lesquelles on a formé les genres osmie, anthidie et stelide ont l’abdomen en demi-ovale et convexe en dessus.
Les osmies.ont les palpes maxillaires de quatre articles, ou de trois au moins bien distincts. Les unes sont maçonnes et ont souvent deux ou trois cornes sur le chaperon qui paraissent leur être de quelque usage dans la construction de leurs nids. Elles les cachent dans la terre, les fentes des murs, dans des trous dé portes, de vieux bois, . quelquefois méme dans des coquilles d’hélix, et y emploient du mortier. Elles sont généralement velues et printanières. Les mâles ont ordinairement les antennes assez longues. D’autres coupent des pétales de fleurs et en font des cellules à la manière des coupeuses de feuilles. L’abeille zapissière de Réaumur compose les siennes de portions de pétales de coquelicot, et quelquefois de navette. D’autres s’établissent dans les galles des arbres.
Les anthidies (1), dont les palpes maxillaires n’ont qu’un seul article, arrachent le duvet cotonneux de quelques plantes, pour former le nid de leur postérité.
Les stélides (2) qui ont deux articles aux mêmes palpes, et dont le corps est presque ras, choisissent, dans un dessein semblable, les trous du vieux bois.
Telle est aussi la manière de vivre des mégachiles à corps étroit, cylindrique ou linéaire, dont le second article des palpes est beaucoup plus long que le premier , espèces qui composent le genre Aériade (3) de M. Spinola'et celui dechelostome (4) de Latreille. Dans le premier, les mandibules des deux sexes présentent peu de différence. Mais celles des mâles des chelostomes sont très - avancées et fourchues, ou en pince. qq mme qe
(1) Latr. Ann. du Mus. d’'Hist. nat. tom. 13,
(2) Latr. Gen. Crust, et Insect, IV, p. 163.
(3) Insect. Ligur. ; Latr. ibid.
(4) Latr. ibid,
em!
HYMÉNOPTÈRES. bot
Les autres mégachiles ont le labre carré, presque aussi long que large, et les palpes maxillaires composés de six articles. Telles sont les cératines (1) de Latreille. Leur ou est presque ras, allongé, avec les pieds velus.
Le second sous-senre de cette division est celui
Des XyLocores. (XyLocopA. Lat. Fab.)
Appelées communément abeilles perce-bois , menuisières, etc. Leur labre est très-dur, corné ou écailleux, transversal , échancré et cilié en devant. Elles ont de grands rapports avec les mégachiles, et plus particulièrement avec celles de la division des osmies. Elles ressemblent à de gros bourdons. Leur corps est ordinairement noir, quelquefois couvert en partie d’un duvet jaune, avec les ailes souvent colorées de violet , de cuivreux ou de vert, et brillantes. Le mâle, dans plusieurs espèces, diffère beaucoup de la femelle. Les antennes sont brisées. Les mandibules ont des sillons et sont terminées par deux ou trois dentelures. Les palpes maxillaires ont six articles. L’abdomen n’a point de brosse soyeuse. |
La X. violette ( Apis violacea. Lin.) Réaum. Insect. VI, v, vi, longue de près d’un pouce, noire, avec les ailes d’un noir violët; un anneau roussâtre au bout des antennes du mâle. La femelle creuse dans le vieux bois sec et exposé au soleil un canal vertical, assez long, parallèle à la surface du corps qu'elle a choisie, et divisé en plusieurs loges, par des cloisons horizontales formées avec de la rapure de bois agglutinée. Elle dépose successivement, dans chacune d'elles, en commençant par l'inférieure, un œuf et de la pâtée. Elle creuse
«quelquefois jusqu’à trois canaux dans le même morceau de bois.
(à) Latr. ibid.
bon, - INSECTES-
Ces apiaires se trouvent plus particulièrement dans les pays chauds (1).
T'antôt dans d’autres apiaires, qui vivent encore soltairement, l'insertion du second article de leurs tarses postérieurs paraît être plus rapprochée de l’angle interne de lextrémité de l’article précédent que de son angle extérieur, celui-ci étant plus'avancé.
Ces apiaires peuvent être compris dans deux sous-genres.
Celui Des EucÈres. (Eucera. Scop. Fab.)
Qui n’ont au plus qu’une dentelure au côté interne des mandibules, et dont les palpes maxillaires sont composés de cinq à six articles.
Ces insectes volent avec beaucoup de rapidité de fleur en fleur et toujours en bourdonnant. Plusieurs mâles ont au premier et dernier article des tarses intermédiaires un faisceau de poils; d’autres sont distingués de l’autre sexe, soit par leurs longues antennes, soit par un épaississement plus remarquable des deux cuisses de la seconde paire de pieds ou par celui des deux dernières. L’extrémité antérieure de leur tête ‘est souvent colorée de jaune ou de blanc. Les femelles ont souvent les jambes et le premier article des tarses des pieds postérieurs très-garnis extérieurement de poils. Elles font leur nid, soit dans la terre, soit dans les fentes des vieux murs. Plusieurs choisissent de préférence les terrains coupés à pic et qui sont exposés au soleil. Les celiules où elles pondent, sont composées de terre, en forme de dés à coudre, ainsi que celles de beaucoup de mégachiles, et très-lisses en dédans. Elles en bouchent l’entrée avec la même matière.
Les espèces dont les deux divisions latérales de la lan «+