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(1) Latr, Gen. Crust. et Insecl. IV, p. 158. Fabricius en a con-
fondu plusicurs espèces avec les bourdons (bombus).
guette sont aussi longues que les palpes labiaux, en forme de soie, et dont les mâles ont de longues antennes, forment le genre proprement dit des eucères. M. Spinola en a détaché sénériquement, sous le nom de macrocère, les espèces dont les palpes maxillaires n’ont que cinq articles distincts, et qui n’ont que deux cellulles cubitales aux ailes supérieures.
L’E. longicorne ( Apis longicornis. Lin.) Panz. Faun. Insect. Germ. Fasc. LXIV , xx1, le mâle; LXXVIIR xix,et LXIV , xvr, la femelle. Le mâle est noir, avec le labre et l’extrémité antérieure de la tête jaunes; son dessus , le corselet et les deux premiers anneaux de l’abdomen sont couverts d’un duvet roussâtre. Les antennes sont noires et un péu plus longues que le corps. La femelle a les antennes courtes ; les mâchoires et la lèvre forment à leur base une petite saillie ; l'abdomen a des raies grises : l'anus est roussäire. Elle paraît dès le premiers jours du printems (1).
Les autres eucères ont les deux divisions latérales de la languelte-beaucoup plus courtes que les palpes, labiaux. Les antennes des mâles sont quelquefois en massue, comme dans le genre rnelliturge (2) de Latreille. Elles sont toujours filiformes ou à peine plus grosses vers le bout dans les anthophores (3) de Latreille ou les mégilles de Fabricius. Les saropodes (4) du premier n’ont que cinq articles aux palpes maxillaires, et les palpes labiaux se terminent d'une manière continue , en une pointe formée par les deux derniers articles. “”
L’anthophore pariétine de Latreille (Ænzal. du Mus.
(1) Voyez pour les autres espèces Fab, et Latr. Gen. Crust, et Insect. IV , p. 173.
(2) Latr. 1bid.
(5) Latr, ibid.
(4) Latr. ibid.
b24 INSECTES
d’Hist. nat. tom. 3) fait son nid dans les murs ; elle élève à son entrée un tuyau perpendiculaire et un peu courbé, composé de grains de terre. Sa ponte achevée, elle le détruit ou l’emploie peut-être pour boucher l'entrée du nid. L'autre sous-genre de cette division, celui
Drs CEnrais. (CENTRIs. Fab.)
À plusieurs dentelures au côté interne des mandibules. Les palpes maxillaires n’ont au plus que quatre articles , ou en manquent même tout-à-fait.
Les espèces de ce sous-genre ne se trouvent qu'en Amérique.
Les centris proprement dits (1) ont quatre articles aux palpes maxillaires. 11 n’y en a qu’un à ceux des épicharis (2) de M. Klüg. Enfin les palpes ont disparu dans ses acanthopes (3).
Les dernières apiaires vivent en société, composée de méles, de femelles, et d’une quantité considérable de mulets et d’ouvrières; les pieds postérieurs de ces derniers individus ont à la face externe de leurs jambes (/& palette ), un enfoncement lisse (la corbeille), où ils placent une peloite de pollen, qu’ils ont recueilli avec le duvet soyeux, ou la brosse, dont la face interne du premier article des tarses (la pièce carrée) des mêmes pieds est garnie.
Les palpes maxillaires sont très-petits et formés d’un seul article. Les antennes sont coudées.
Tantôt les jambes posérieures sont terminées par deux” épines, comme dans * .
Les Evciossrs. (Eucrossa. Lat. Fab.)
Dont le labre est carré, et qui ont la fausse trompe de la
(1) Latr, Gen. Crust. et Insect. IV, p. 177.
(2) Latr, ibid.
(3) Latr, ibid,
longueur du corps, avec les palpes labiaux terminés en une pointe (1) formée par les deux derniers articles.
Les Bourpons. (Bomgus. Lat. Fab.)
Où le labre est transversal , qui ont la fausse trompe notablement plus courte que le corps, et le second article des palpes labiaux terminé en pointe, portant sur Le côté exté= rieur les deux autres.
On désigne communément sous ce nom , les mâles de notre abeille domestique. Mais les insectes dont il s’agit ici ont le corps beaucoup plus gros , plus arrondi, et chargé de poils , souvent distribués par bandes diversement colorées. Ils sont bien connus des enfans, qui les privent souvent de la vie pour avoir le miel renfermé dans leur corps et le sucer. Ils vivent dans des habitations souterraines, réunis en société de 50 à 60 individus , ou quelquefois de 200 à 300, qui finit aux approches de l'hiver. Elle se compose de-mäles , distingués par la petitesse de leur taille, leur tête moins forie, leurs mandibules plus étroites, terminées par deux dents, et barbues , ainsi que très-souvent par des couleurs différentes; de /emeëles qui sont plus grandes que les autres individus , et dont les inandibules, ainsi que celles des mulets ou des ouvrières ; c'est-à-dire dela troisième sorte d’individus , sont en forme de cuiller; les ouvrières sont d’une taille intermédiaire, entre les deux autres. Réaumur cependant en distingue deux variétés ; les: unes plus fortes etde grandeur moyenne, et les secondes plus petites, et qui lui ont paru plus vives et plus actives. M. Huber fils a vérifié ce fait. Suivant lui, plusieurs des ouvrières qui naissent au printems s’accouplent au mois de juin avec des mâles provenus de leur mère commune , pondent bientôt après , mais ne mettent au jour que des individus de ce dernier sexe; ceux-ci féconderont les femelles ordinaires ou tardives , celles qui
(1) Latr. ibid, Espèces propres à l'Amérique méridionale,
ne paraissent que dans l’arrière-saison , et qui doivent, au printems de l’année suivante, jeter’ les fondemens d’une nouvelle colonie. Tous les autres individus , sans en excepter les petites femelles, périssent.
Celles des femelles ordinaires qui ont échappé aux rigueurs de l'hiver, profitent des premiers beaux jours pour faire leur nid. Une espèce ( Æpis lapidaria ) s'établit à la surface de la terre, sous des pierres; mais toutes les autres le placent dans la terre, et souvent à un ou deux pieds de profondeur , et de la manière'que nous allons expôser. Les prairies, les plaines sèches et les collines sont les lietix qu’elles choisissent. Ces cavités souterraines d’une étendue assez considérable, plus larges que hautes, sont en forme de dôme; leur voûte est construite avec de la terre et dela mousse, cardée par ces insectes , et qu’ils y transportent brin par brin, en y entrant à reculons. Une calotte de cire brute et grossière en revêt les parois intérieures. Tantôt une simple ouverture ménagée au bas du nid sert de passage; tantôt un chemin tortueux, couvert de mousse, et long d’un à deux pieds conduit à l'habitation. Le fond de son intérieur est tapissé d’une couche de feuilles, sur laquelle doit reposer le côuvain. La femelle y place d'abord des masses de cire brune, irrégulières, mammelonées, que Réaumur nomme la pétée, et qu’il compare, à raison de leurs figures et de leurs couleurs, à des truffes. Leurs vides intérieurs sont destinés à renfermer les œufs et les larves qui en proviennent. Ces larves y vivent en société, jusqu’au moment où elles doivent se changer en nymphes; elles se séparent alors et filent des coques de soie, ovoïdes, fixées verticalement les unes contre les autres; la nymphe y est toujours dans une situation renversée, ou la tête en bas, comme le sont, dans leur coque, les femeiles de l'abeille ordinaire ; aussi ces coques sont-elles toujours percées à leur partie inférieure , lorsque l’insecte parfait en est sorti. Réaumur dit que les larves vivent de la cire qui forme leur logement; mais dans l'opinion de M. Huber, elle les garantit
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simplement du froid et de l’humidité, et la nourriture de ces larves consiste dans une provision assez grande de pollen , humecté d’un peu de miel, que les ouvrières ont soin de leur fournir ; lorsqu'elles l’ont épuisée, elles percent à cet effet le couvercle de leurs cellules , et les referment ensuite. Elles les agrandissent même, en leur ajoutant une nouvelle pièce, lorsque ces larves, ayant pris de la croissance, sont trop à l’étroit. On trouve, en outre, dans ces nids, trois à quatre petits corps composés de cire brune ou de la même matière que la pâtée, en forme de gobelets ou de petits pots presque cylindriques, toujours ouverts, plus : ou moins remplis d’un bon miel. Les places qu’occupent les réservoirs à miel ne sont pas constantes. On a dit que les ouvrières fesaient servir au même usage les coques vides. Mais le fait me paraît douteux, ces coques étant d’une matière soyeuse et percées inférieurement.
Les larves sortent des œufs quatre à cinq jours après la ponte, et achèvent leurs métamorphoses dans les mois de mai et de-juin. Les ouvrières enlèvent la cire du massif qui embarrasse leur coque, pour faciliter leur sortie. On avait cru qu’elles ne donnaient que des ouvrières; mais nous avons vu plus haut, qu'il en sort aussi des mâles, et nous en avons indiqué les fonctions. Ces*ouvrières aident la femelle dans ses travaux. Le nombre des coques qui servent d'habitation aux larves et aux nymphes s’accroit, et elles forment des gâteaux irréguliers ,s’élevant par étages. sur les bords desquelson distingue surtoat la matière brune que Réaumur nomme pâtée. Suivant M. Huber, les ouvrières’ sont très-friandes des œufs que la femelle pond, et entr'ouvrent même quelquefois , en son absence, les cellules où ils sont renfermés , pour sucer la matière laiteuse qu’ils contiennent ; fait bien extraordinaire, puisqu'il semble démentir l'attachement connu des ouvrières pour le germe de la race dont elles sont les gardiennes et les tutrices. La cire qu’elles produisent a, d’après le même observateur , la même ori-
gine que celle de l’abeille domestique, où n’est qu'un miel élaboré, et qui transsude aussi par quelques-uns des intervalles des anneaux de l’abdomen. Plusieurs femelles vivent en bonne intelligence sous le même toit et ne se témoignent point de l’aversion. Elles s’accouplent hors de leur demeure, soit dans l’air, soit sur des plantes, où je les ai vues quelquefois ainsi réunies. Les femelles sont bien moins fécondes que celles de l’abeille domestique. On trouve communément dans nos environs les espèces suivantes :
Le B. des mousses ( Apis muscorum. Lin.) Réaum. Insect. VI, 11,1,2, 3, jaunâtre; poils du corselet fauves. Mêmes couleurs dans tous les individus.
Le B. des pierres ( Apis lapidaria. Lin. ) Réaum. ibid. I, 1-4. La femelle est noire, avec l’anus rougeâtre et les ailes incolores. Le mâle ( Bombus arbustorum. Fab.) a le devant de la tête et les deux extrémités du corselet jaunes. L’anus est rouge, ainsi que dans l'individu précédent. Cette espèce fait son nid sous des tas de pierres.
Le B. souterrain ( Apis terrestris. Lin. ) Réaum. ibid.
IT, 1, noir, avec l'extrémité postérieure du corselet et la base-de l'abdomen jaunes ; anus blanc (1).
Tantôt les apiaires sociales n’ont point d’épines à à l’ex= trémité de leurs jambes postérieures.
Elles forment deux sous-genres :
Les ABEILLES proprement dites. ( Apis. Lat.)
Dont les ouvrières ont le premier article de leurs tarses postérieurs en carré long, et garni à sa face externe d'un duvet soyeux , divisé en bandes transversales ou sirié.
(1) Voyez pour les autres espèces le mémoire de M. Huber, Transactions de la Soc. Linnéenne , tom. 6; M. Jurine sur les Ayméno-
ptères, genre breme, et Panzer sur le même ordre d'insectes.
L'Abeille domestique ( Apis mellifica. Lin.) Réaum. Insect. V, xxI—xxxViII, noirâtre; écusson et abdomen de cette couleur ; une bande transversale grisâätre , formée par un duvet, à la base du troisième anrieau et des suivans.
Les abeïlles ou mouches & miel sont beaucoup plus petites et plus oblongues que les bourdons. Leur corps n’a, sur quelques parties, qu’un simple duvet, et ses couleurs sont peu variées. Leur société est composée d’ouvrières ou de mulets, dont le nombre ordinaire est de quinze à vingt mille (quelquefois trente mille); d'environ six à huit cents mâles (mille et au-delà dans quelques ruches), appelés bourdons par les cultivateurs , faux-bourdons par E Réaumur, et communément d’une seule femelle, dont les anciens fesaient un roi ou le chef de la population, et que des modernes désisnent sous le nom de reine. Les ouvrières , plus petites que les autres individus , ont les antennes de douze articles, l'abdomen composé de six anneaux, le premier article des tarses postérieurs, ou la pièce carrée , dilaté en forme d’oreillette pointue, à l’angle extérieur de leur base , couvert, à sa face interne, d’un duvet soyeux, court, fin et serré, et sont armées d’un aiguillon. La femelle présente les mêmes caractères ; mais les ouvrière: ont l’abdomen plus court; leurs mandibules sont en forme de cuiller et sans dentelures. Leurs pieds postérieurs ont, sur le côté externe de leurs jambes, cet enfoncement uni et bordé de poils qu’on a nommé corbeille ; la brosse soyeuse du premier article des tarses des mêmes pieds , a sept à huit stries transversales. Les mâles et les femelles sont plus grands , avec les mandibules échancrées sous la pointe et velues; la trompe plus courte, surtout dans les mâles. Ceux-ci diffèrent des uns et des autres par leurs antennes de treize articles ; par leur tête plus. arrondie, avec les yeux plus grands, allongés et réunis au sommet; par leurs mandibules plus petites et plus velues ; par le défaut d’aiguillon; par les