TOME
ont ious les pieds presque semblables , tandis que les deux antérieurs sont en palatine dans les mâles, caractère qui distingue particulièrement ce sous-genre. Les deux autres diffèrent peu entre eux.
Parmi les nymphales dont les palpes inférieurs sont plus courts, on séparera d’abord ceux dont les antennes se terminent plutôt en une massue allongée qu’en bouton ou en forme de tête. Latreille réunit ces espèces dans son genre nymphale proprement dit (1), auquel il en réunit plusieurs autres de Fabricius.
Viennent ensuite les nymphales, dont les antennes se terminent brusquement par un bouton ou une petite tête, dont les palpes inférieurs sont contigus à leur extrémité, et forment, ainsi réunis, une pointe ou une sorte de bec. Ce sont les vanzesses de Latreille. Leurs chenilles sont chargées d’épines longues et dentées. Leurs chrysalides ont souvent des taches dorées ou argentées, et deux pointes courtes , en forme de cornes , à leur extrémité antérieure. On trouve communément en Europe les espèces suivantes :
Le N. morio (Papilio antiopa. Lin.) Engram. Pap. d’Europ. 1 etiv,1. Ailes anguleuses, d’un noir pourpre foncé, avec une bande jaunâtre ou blanchätre au bord postérieur, et une suite de taches bleues au - dessus. Sa chenille est noirâtre, épineuse, avec une rangée de taches rouges, carrées et partagées en deux, le long du dos. Elle se nourrit des feuilles du bouleau, de l’osier et du peuplier, et y vit en société. Elle paraît à deux époques.
Le N. paon de jour ( Papilio io. Lin.) Engram. ibid. 11. Ailes anguleuses et dentées ; dessus d’un fauve rougeâtre, avec une grande tache en forme d'œil sur chacun;
(1) Les Pap. jasius, populi, sibilla, camilla, abaris, iris, pipleis, bolina, demophon , dirce, de Fabricius ; les argonautes de Cramer, etc.
celle des supérieures rougeâtre au milieu, entourée d’un cercle jaunâtre; celle des inférieures noirâtre, avec un cercle gris autour, et renfermant des taches bleuâtres ; dessous des ailes noiräâtres. Sa chenille est noire, pointillée de blanc, avec des épines simplement velues; elle vit sur l'ortie.
Le N. belle-dame ( Papilio cardui. Lin.) Engram. ibid. vil. Ailes dentées ; leur dessus rouge, varié de noir et de blanc; leur dessous marbré de gris, de jaune et de brun, avec cinq taches , en forme d’yeux, bleuâtres sur leurs bords. La chenille vit solitaire sur les chardons. Ii yen a de brunâtres avec des raies jaunes, ou de roussâtres, avec des bandes transverses jaunes. Elle est épineuse. Ce lépidoptère ne paraît qu’à la fin de l’été.
Le N. vulcain ( Papilio atalanta. Lin.) Engram. ibid. vi. Ailes dentées , un peu anguleuses; leur dessus noir, traversé par une bande d’un beau rouge, avec des taches blanches sur les supérieures ; dessous marbré de diverses couleurs. La chenille est noire, épineuse, avec une suite de traits , d’un jaune citron, de chaque côté. Elle vit sur l'ortie, en mange de préférence la graine, et se tient cachée au sommet entre des feuilles qu’elle roule et fixe avec de la soie.
La même division comprend quelques autres espèces très-communes dans notre pays, telles que la grande tortue (P. polychloros. Lin.), la petite tortue (P. urticæ. Lin.), le gamma ou Robert le diable. ( P. C. album.) La chrysalide de celui-ci représente grossièrement une face humaine ou le masque d’un satyre.
. Enfin les derniers nymphales diffèrent de ceux que nous venous de citer par leurs palpes inférieurs écartés à leur extrémité , et terminés brusquement par un article grêle, en forme d’aiguille. Ces espèces composent le genre argynnis de Latreille. Les unes ont des taches nacrées sous leurs ailes. Leurs chenilles ont des épines , mais dont deux plus
545 INSECTES grandes ; situées sur leur cou. Les autres ont.des aïles tachetées en forme de damier ou d’échiquier. Leurs chenilles ont de petits tubercules velus. Fabricius forme avec ces derniers lépidoptères le genre melitæa (1).
Un second sous-genre, celui
Des Céruosies (CEeruosrA) de Latreille.
Se compose d'espèces qui ne diffèrent des nymphales que par les crochets simples , ou sans divisions, de leurs tarses. Ces lépidoptères sont intermédiaires entre Îles précédens et ceux qui succèdent. Ils sont tous exotiques (2).
Les Daxaïpes. (Danaus. Lat. — Partie des DAN. FESTIvI
de Linnæus.)
Se distinguent des deux sous-senres précédens par leurs palpes inférieurs très-écartés l’un de l’autre, grêles, presque cylindriques et courts. Leurs ailes inférieures n’embrassent point ou presque pas le dessous de l'abdomen ; les crochets des tarses sont toujours simples. Ces caracières sont communs au sous-genre suivant; mais les danaides ont les ailes triangulaires, guère plus longues que larges, l'abdomen ovale, et le bouton des antennes courbe à son extrémité. Les espèces de ce sous-senre sont propres aux pays chauds de l’ancien continent. Le disque de leurs ailes inférieures présente souvent , du moins dans l’un des sexes ,une petite poche. Les chenilles sout épineuses (3).
(1) Les Pap. paphia, adippe, aglaia, dia, niobe, euphrosine, lathonia, lucina , cynthia, cinxia , maturna, eic.
(2) Les Pap. cydippe , penthesilea, de Fab. ; les espèces nommées par Cramer : juno , alcionea, phlegia, eugenia , calliope , euterpe , diaphana , lenea, nise, melanida , etc. Elles ont le port des héliconiens.
(5) Les P; midamus, plexippus ; chrysippus, similis, idea, etc. de Fab.
Les Hezicon1eNs. ( Hericonius. Lat. )
Semblables aux danaïdes, mais ayant les ailes étroites et allongées , et l’abdomen grêle et cylindrique. Le bouton de leurs antennes est droit. On les trouve plus particulièrement dans l'Amérique méridionale (1).
Les autres lépidoptères diurnes de cette division ont six pieds presque semblables, ou également propres à la marche, dans les deux sexes.
La plupart de leurs chrysalides sont non - seulement fixées par l'extrémité de leur queue, mais retenues encore transversalement par un lien de soie, qui forme au-dessus de leur corps une boucle ou un demi-anneau; d’autres sont enveloppées dans une coque grossière.
Nous distinguerons parmi eux ceux dont les ailes inférieures n’embrassent point l’abdomen en dessous; leur bord interne est plissé ou concave. Les crochets du bout de leurs tarses sont simples.
Leurs chenilles, dans des momens de crainte ou d’inquiétude , font sortir de la partie supérieure du col, une corne molle, fourchue, et qui jette ordinairement une odeur désagréable. Elles ont la peau nue.
LEs PapizLons proprement dits. ( Les Parirrons EQUITES de LinnϾus.)
Qui ont les palpes inférieurs très-couris, atteignant à peine, par leur extrémité supérieure, le chaperon, trèsobtus, avec le troisième article presque nul ou très - peu distinct.
Leur chrysalide est nue et attachée avec un cordon de soie.
Les espèces de ce sous-genre sont remarquables par leur taille et la variété de leur coloris. On les trouve plus parti-
(1) Les P. horta, terpsicore, calliope, melite, polymnia, euterpe, ricint , charitonia, clio , erato , melpomene, etc. de Linnæns,
culièrement dans les contrées équatoriales des deux hémisphères. Celles qui ont des taches rouges à la poitrine forment la division des chevaliers troyens de Linnæus. Il a désigné sous le nom de grecs celles qui n’en ont pas en celte partie. Plusieurs ont les ailes inférieures prolongées en forme de queue, et telle est celle de notre pays qu’on a nommée :.
Le P. à queue du fenouil, ou grand porte-queue ( Papilio machaon. Lin. ) Engram. Pap. d'Europ. xxxIv, Lxx, et Suppl. 3, vi, n°. 68. Ailes jaunes avec des taches et des raies noires; les ailes inférieures prolongées en queue , et ayant près du bord postérieur des taches bleues, dont une en forme d’œil, avec du rouge, à l’angle interne.
La chenille est verte, avec des anneaux noirs, ponctués de rouge, et vit sur la carotte, le fenouil, etc. dont elle mange les feuilles.
On trouve encore en France un autre papillon à queue, celui qu'on nomme le flambé ( P. podalirius), Engram. ibid. xxx1v, et Suppl. III, vr, n°. 69 (1).
Les PARNASsIENS. ( PARNAssIUS. Lat.)
Dont les palpes inférieurs s'élèvent sensiblement au-dessus du chaperon , vont en pointe, et ont trois articles trèsdistincts. Le bouton de leurs antennes est court, presque ovoide et droit, Les femelles ont une espèce de poche cornée et creusée en forme de nacelle, à l'extrémité postérieure de leur abdomen.
Leurs chenilles ont sur le cou un tentacule rétractile, de même que celles des papillons proprement dits; mais elles se forment avec des feuilles liées par des fils de soie, une coque, où elles se changent en chrysalides.
(1) Voyez pour les autres espèces Fabricius et Cramer (Pap. exot.) ; division des equites,
Ces espèces ne se trouvent que dans les montagnes Alpines ou sous-Alpines de l’Europe et du Nord de l'Asie. Tel est
Le ?P. apollon ( Papilio apollo. Lin. ) Engram. ibid. XLVII, LXXV, LXXVI, n°. 99. Blanc, tacheté de noir; quatre taches blanches, en forme d’yeux, bordées d’un cercle rouge et d’une cercle noir, sur les ailes inférieures. Sa chenille vit sur le sedum telephium, sur des saxi- Jrages, etc. Elle est d’un noir velouté, avec une rangée de points rouges, de chaque côté, et une autre sur le dos. La chrysalide est arrondie, d’un vert noirâtre, saupoudrée de blanc ou de bleuâtre (r).
Les Tuaïs ( Tuaïs) de Fabricius.
Qui ont les palpes des parnassiens, mais dont le bouton des antennes est allongé et courbe. L’abdomen des femelles n’a point de poche cornée.
Leurs chenilles n’ont pas, à ce qu’il paraît, de tentacule rétractile. Ces espèces sont propres aux contrées méridionales de l’Europe; quelques-unes ne se trouvent aussi que dans les montagnes (2).
Nous passons maintenant à d’autres lépidoptères diurnes, ayant, comme les précédens , six pieds presque égaux, mais dont les ailes inférieures s’avancent sous l'abdomen et lui forment une gouttière, ainsi que nous l’avons déjà vu, dans la plupart des nymphales; les crochets de leurs tarses sont bifides ou unidentés.
Leurs chenilles n’ont point de tentacules. Plusieurs vivent sur des plantes crucifères.
Ces lépidoptères forment le sous-genre
(:) Ce sous-genre comprend en outre quelques espèces voisines: de la précédente, Ggurées par Hübner, et le Pap. mnémosyne de: Linnæus,
(2) Les Pap. hypsipyle, rumina, Fab, ; le petit apollon, d'Engramelle, LxxvI, n°5, 99, qua.
552 INSECTES Des Prérines. ( Preris — DaNaAr caNpipr. Lin. }
Auquel nous joignons les Coliades de Fabricius et de Latreille (1).
2°. Nous terminons cette première section des lépidoptères diurnes par ceux dont les palpes inférieurs ont trois articles distincts, mais dont le dernier est presque nu, ou bien moins fourni d’écailles que les précédens , et dont les crochets des tarses sont très-petits, point ou à peine saillans.
Leurs chenilles sont ovales ou en forme de cloportes. Leurs chrysalides sont courtes, contractées , unies et toujours attachées, comme celles des trois sous-genres précédens, par un cordon de soie qui traverse le corps.
Linnæus les comprenoit parmi les papillons plébéiens , division des ruricoles , et Fabricius (Entom. Syst.) dans une coupe homonyme de son genre des Aespéries.
I1 l’a divisé récemment en plusieurs genres, mais dont les caractères ont besoin de revision. Latreille partage ces lépidoptères plébéiens en deux coupes génériques. Les polyommates (2) qui ont six pieds semblables, et les érycines (3), dont les deux antérieurs sont plus petits et en palatine, du moins dans l’un des sexes. Les érycines sont propres à l Amérique méridionale , tandis que les polyommates ne se trouvent que dans l’ancien Continent.
(1) Ici se rangent les lépidoptères désignés sous le nom général de brassicaires, tels que le grand papillon du chou (P. brassicæ , Lin.), le petit P. du chou (P. rapæ, Lin.), le P. blanc veiné de vert ( P. napt, Lin.),le P. blanc marbré de vert ( P. daplidice , Lin.}, le P. blanc de lait (P, sinapis, Lan.), le P. aurore ( P, cardamuines, Lin, }), etc. espèces presque toutes printanières. Viennent encore le papillon souci (P. hyale, Tin.), le P. citron (P. rhamni, Lin.) le P. cléopatre, ( P. cleopatra, Lin. ), elc. Ces dernières forment le genre colias de Fabricius.
(2) Voyez Latr. Gen, Urust. et Insect. IV, pag. 206.
(3) Ibid. p. 205, et Zvol. et Anat. de MM. Humboldt st Bonpland.