TOME
Les supérieures sont élroiles et fort allongéés, tandis que les inférieures s'étendent beaucoup en largeur et sont plissées dans le repos. Tantôt couchées sur le corps, tantôt moulées autour de lui ou pendantes et serrées sur ses cûtés , elles lui forment une sorte de manteau. Ainsi enveloppé , le corps de l’insecte a une figure linéaire ou celle d'un triangle long et fort étroit.
Ces lépidoptères sont très-pelits, mais souvent ornés de couleurs brillantes, avec le bord postérieur de leurs ailes frangé. Leurs chenilles ont communément seize pattes. On en trouve deux de moins à quelques autres , et jusqu’à dixhuit et toutes membraneuses dans une espèce de mineuse. Leur corps est ordinairement ras et peu celoré.
Les espèces qui vivent dans des tuyaux portent le nom de teignes ; mais on les a distinguées en £eignes et en faussesteignes, suivant que leurs habitations sont portatives ou fixes. Plusieurs des teignes qui gâtent ou détruisent les étoffes de laine , les pelleteries, etc., sont de la première sorte. Ces fourreaux sont construits des matières dont la chenille se nourrit , liées avec de la soie , ou superposées sur un tuyau de cette substance. On en connaît qui emploient jusqu’aux lichens des mürs. La forme de ce fourreau varie. Ces chenilles savent l’allonger par un bout, ou même le fendre, pour y ajouter une nouvelle pièce et l'élargir, à mesure qu’elles croissent. Elles y subissent leurs métamorphoses, après en avoir , au préalable , fermé les ouvertures avec de la soie.
D'autres chenilles de cette tribu ont été nommées 77:neuses , parce qu’elles creusent en divers sens, et souvent en manière de galeries , le parenchyme des feuilles dont elles se nourrissent. Telle est l’origine de ces portions desséchées, en forme de taches, de lignes ondulées, que l’on observe sur beaucoup de feuilles. Les boutons, les fruits, les semences, souvent mème celle du blé, enfin jusqu'à des galles résineuses de quelques arbres conifères, servent de domicile et de nourriture à d’autres.
LEPIDOPTERES. 79
Cette tribu est maintenant composée de plusieurs sousgenres. |
Les uns n’ont que deuxspalpes apparens ; les supérieurs sont cachés.
Tantôt les palpes inférieurs se recourbent dès leur origine , comme dans les sous-genres suivans :
Les LirHosres. (LiTHosiA. Fab.)
Qui ont une langue allongée et très-distincte; les antennes écartées à leur naissance (en peigne ou barbues dans plusieurs mâles); les palpes inférieurs moins longs que la tête, cylindriques, avec le dernier article fort court.
Leurs ailes sont couchées et croisées sur le corps. Leur front n’est point huppé. Leurs chenilles vivent à nu ou sans fourreau(r).
Les YronomEeutTes. (YronomEuTA. Lat.)
Très-voisines des lithosies , mais ayant les palpes inférieurs plus longs que la tête, avec le dernier article allongé et conique; ils forment souvert deux espèces de cornes pointues et recourbées en arrière de la tête.
Les espèces dont les palpes sont très-longs, forment le genre des æcophores de Latreille.
L'Y. du fusain. ( Tinea evonymelle. Fab.) Ræs. Insect. I, Class. 4, Pap. noct. virr. Ailes supérieures d’un blanc luisant, avec des points noirs irès-nombreux ; les inférieures noirâires. ANA
L'Y. du cerisier. ( Tinea padella. Fab.) Roes. ibid. vrx. Ailes supérieures d’un gris plombé, avec une vingtaine de points noirs. “
La chenille, ainsi que celle de la précédente, vit en société nombreuse, sous une toile. Elle se muitiplie queiquefois prodigieusement sur nos arbres fruitiers, dont
(:) Voyez Fabricius, Entom, Syster. suppl.
elle dévore les feuilles. Leurs branches semblent être recouvertes de crêpes (1).
Les ALucites (AzLuciTA) deFabricius, ou les ADpèLes de Latreille.
Qui ont une langue distincte; les antennes excessivement longues , très-rapprochées à leur base; et les yeux grands et presque contigus dans les mâles. !
Leurs palpes inférieurs sont courts , cylindriques et velus. Leurs ailes sont très-brillantes. On trouve ces insectes, au printemps, dans les bois.
L’4. de Degéer. ( 4. Degeerella. Fab.) Des. Insect. T, XXXII, 193. Antenhes trois fois plus longues que le corps, blanchâtres, avec la partie inférieure noire; ailes supérieures d’une jaure brun doré, sur un fond noir qui y forme des raies longitudinales, avec une large bande d’un jaune d’or , bordée de violet , transverse.
L'A. de Réaumur ( 4. Reaumurella. F.) est noire, avec les ailes supérieures dorées, sans taches (2).
Les TEIGNESs. (TINEA.)
Semblables aux alucites par les palpes, mais dont la langue est peu distincte, ou lrès-courte, et composée, au
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(1) Nous placerons dans ce sous-genre beaucoup de teignes de Fabricius , telles que celles qu’il nomme bracetella, leucatella , cinctella, oliviella, geofroyella , schefferella, rœsella, linnella, rajella, etc. , et la plupart des espèces dont les chenilles sont mineuses ou rouleuses de feuilles.
La teigne des blés, qui fait tant de ravages dans les départemens méridionaux de la £'rance , appartient au même sous-genre , ainsi que la teigne Aarrisella , dont la chenille, suivant les observations de M. Huber fils, se forme une sorte de hamac.
(2) Voyez pour les autres espèces Fabricius, Entom. System. supplem. ; Latr. Gen, Crust, et Insect, IV, p. 223; Hübner sur les lépid.
d'Europe , etc,
plus, de deux très-petits filets membraneux et disjoints ; leurs antennes sont écartées ; leur tête est huppée.
La T! des tapisseries. ( Pyralis tapezana. Fab.) Réaum. Insect. IIT, xx, 2-4. Ailes supérieures noires; leur extrémité postérieure , ainsi que la tête, blanches.
La chenille ronge les draps ou d’autres étoffes de laine, cachée sous une voûte ou un demi-tuyau, qu’elle forme de leurs parcelles, et qu’elle allonge en avançant. C'est une fausse-teigne pour Réaumur.
La 7. des draps ( Tinea sarcitella. Fab.) Réaum. Ins. III, vr, 9, 1v, d'un gris argenté ; un point blanc de chaque côté du corselet. Sa chenille se trouve sur les draps et les étoffes de laine. Elle se fabrique, en tissant avec de la soie, les brins qu'elle détache, un tuyau immobile; elle l’allonge par le bout, à mesure qu’elle croit, le fend pour l’élargir et y ajouteune pièce. Ses excrémens ont la couleur de la laine qu’elle a mangée.
La T. des pelleteries. (T. pellionella. Fab.) Réaum. Insect. IIT, vr, 12-16. Ailes supérieures d’un gris arsenté, avec un ou deux points noirs sur chacun. Sa chenille vit dans un tuyau feutré , sur les pelleteries, dont elle coupe les poils à la racine, et qu’elle détruit rapidement.
La Teigne à front jaune (F. flavifrontella. Fab.) ravage de la même manière les collections d'Histoire naturelle.
La T,des grains. (T! granella. Fab.) Roes. Ins. I, class. 4, Pap. noct. x11. Ses ailes supérieures sont marbréesde gris,
de brun et de noir, et se relèvent par derrière. Sa chenille (fausse teigne des blés ) lie plusieurs grains de blé avec de la soie, et s’en forme un tuyau, dont elle sort, de
temps en temps, pour ronger ces grains. Elle nuit beaucoup.
x # ; Tantôt les palpes antérieurs se portent en avant, dans la plus grande partie de leur longueur.
Les GALLÉRIES. (GALLERIA. Fab.)
Où les palpes inférieurs sont uniformément couverts d’écailles , avec le dernier article un peu courbé; les écailles du chaperon forment une saillie au-dessus d’eux.
La langue est très-courte. Les ailes sont appliquées sur les côtés du corps, et se relèvent postérieurement en queue de coq.
Ea G. de la cire (G. cereana. Fab.) Hübn. Tin. 1v,
25, est longue d’environ cinq lignes, cendrée, avec la tête
et le corselet plus clairs; de petites taches brunes le long
du bord interne des ailes supérieures : leur bord postérieur échancré. :
Réaumur désigne sa chenille sous le nom de fausseteione de la cire. Elle fait de grands désâts dans les ruches ; elle en perce les rayons , èn construisant, à mesure qu’elle avance, un tuyau de soie, recouvert de ses excrémens , qui sont formés de la cire dont elle se nourrit.
La G:.des ruches (Alvearia) de Fabricius , se rap-
vroche plus des teignes que de ce sous-senre. . LA
Les Paycipes. (Paycis. Fab.)
Ressembient beaucoup aux teignes ; mais leurs palpes inférieurs sont beaucoup plus grands, avancés, avec un faisceau d’écailles au second article, et le troisiènie relevé perpendiculairement et presque nu. Leur langue est trèscourte, Leurs anteñnes sont ciliées ou barbues dans les mâles.
Les euplocampes de Laireille peuvent être réunis à ce sous-genre. Les antennes des mâles sont seulement plus en peigne (1).
(1) Voyez Fab, et Lat. Gen, Crust. IV, p. 225.
Les Ypsoropnes ( YPsoropHus) de Fabricius, on les ALUGiTEs de Latreille.
Ne diffèrent des paycides que par leurs antennes qui sont plus simples, et par leur langue plus distincte ou plas Jongue (1).
Les autres tineïtes ont les quaire palpes découverts ; les
inférieurs sont plus longs et s’avancent en forme de museau ou de bec. Tels sont
Les CramgBus. (Crameus. Fab.) Leur corps ést étroit et allongé, presqué cylindrique; les ailes sont roulées autour de lui.
On trouve ces lépidoptères dans lés pâturages secs, sur les plantes (2).
La huitième et dernière tribu des lépidoptères nocturnes, Celle des Frssipennes. (PrenornoriTes. Lal.)
A de grands rapports avec la précédente, quant à la forme étroite et allongée du corps et des ailes supérieures, mais s’en éloigne, ainsi qué de toutes les autres du même ordre, en ce que les quatre ailes, ou deux au moins, sont refendues dans leur longueur, en manière de branches ou de doigts, barbus sur leurs bords, et ressemblant à des plumes. Les ailes iitent celles des oiseaux.
Linnæus comprend ces lépidoptères dans sa division des phalènes alucites. De Géer les nomme phalène-tipules.
Nous en formerons , avec Geoffroi et Fabricius , le sousgenre
. Des Pr£ROPHORES. (PTEROPHORUS.)
Leurs chenilles ont seize pattes, vivent de feuilles ou de fleurs, sans se construire de fourreau.
(1) Fab. Entom. Syst. suppl., et Lat. ibid. p. 293. # (2) Ibid. ; Latr. ibid. ; le crambus carneus et quelques autres es« pèces, doivent former un sous-genre propre,
Taniôt les palpes inférieurs se recourbent dès leur nais< sance, sont entièrement garnis de petites écailles et pas plus longs que la tête; ils composent le genre ptérophore proprement dit de Latreille. Leurs chrysalides sont à nu, hérissées de poils ou de petits tubercuies , tantôt suspendues par un fil, tantôt fixées, au moyen des crochets de l'extrémité postérieure de leur corps, # une couche de soie sur des feuilles , etc.
La P. à cing digitations. (P. pentadactylus. Fab.) Roœs. Insect. I, CI. 4, Pap. noct. v. Ailes d’un blanc de neige; les supérieures divisées en deux lanières, et les inférieures en trois (1). |
Tantôt les palpes inférieurs sont avancés, plus longs que la tête, avec le second article très-garni d’écailles, et le dernier presque nu et relevé. La chrysalide est renfermée dans une coque de soie. Latreille distingue ces espèces sous le nom générique d'ornéode (2).