LE DOUZIÈME ET DERNIER ORDRE DE LA CLASSE DES'NSECTES
Celui des DIPTÈRES. (Anrzrara. Fab.)
À pour caractères distinctifs : six pieds ; deux ailes membraneuses, étendues, ayant, presque toujours au-dessous d’elles, deux corps mobiles, en forme de balanciers; un
(1) Consultez le mémoire de M. Kirby, tome x1°. des Transactions de la Société linnéenne,
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suçoir composé de pièces écailleuses, en forme de soies, d'un nombre variable (deux à six), et soit renfermé dans la gouttière supérieure d’une gaine, en forme de trompe, terminée par deux lèvres, soit recouvert par une ou deux lames inarticulées , qui lui servent d’étui.
Leur corps est composé , à la manière de celui des autres insectes à six pieds, de trois parties principales. Le nombre des yeüx lisses, lorsqu'ils sont présens, est toujours de trois. Les antennes sont ordinairement insérées sur Le front et rapprochées à leur base; celles des diptères de notre première famille ont beaucoup de rapports, par leur forme, leur composition, et souvent leurs appendices, avec les antennes des lépidoptères nocturnes ; mais dans les familles suivantes, qui font le plus grand nombre, elles ne sont composées que de deux ou trois articles, dont le dernier a souvent la figure d’un fuseau ou d’une palette lenticulaire ou prismatique, munie soit d’un petit appendice, en forme de stylet,
soit d’un gros poil ou d'une soie, tantôt simple, tantôt velue ou barbue. Leur bouche n’est propre qu’à extraire et conduire des matières fluides; lorsque ces substances nutritives sont contenues dans des vaisseaux
propres, mais dont l’enveloppe est aisément perméable, les pièces du suçoir font l’oflice de lancettes, percent l'enveloppe et fraient un passage à la liqueur, qui suit le canal intérieur etremonte, par un effet de la pression qu’exercent sur elle ces pièces, au pharinx situé à la base du suçoir. La gaiñe du suçoir, ou le corps extérieur de la trompe , ne sert qu'à maintenir leé-Jancettes, et se replie ordinairement sur elle-même, dans leur action. Cette gaine paraît représenter la lèvre inférieure de la bouchedes insectes broyeurs, comme les pièces du sucçoir | semblent être les analogues, du moins dansles genres où il est le plus compliqué, des autres parties , tellés que le labre, les mandibules et les mâchoires. La base de la trompe porte très-souvent deux palpes filiformes ou terminés en massue, composés, dans quelquesuns, de cinq artieles, mais dans le plus grand nombre d’un à deux seulement. Le tronc ne paraît être formé, dans la plupart, que d’un seul segment, les deux derniers étant intimement unis l’un avec Vautre, et l’antérieur ayant presque disparu. Les ailes sont simplement veinées, et le plus souvent horizontales.
L'usage des balanciers n’est pas encore bien connu; l'insecte les fait mouvoir avec
une grande vitesse. Beaucoup d'espèces, parüculièrement celles des dernières familles, ont au-dessus des balanciers , deux pièces membraneuses, semblables à deux valves de coquilles, attachées ensemble par un de leurs côtés , et qu'on a, nommées atlerons ou cuillerons. L'une de ces pièces est unie *à . l'aile, et participe à ses mouvemens; mais alors les deux pièces se trouvent presque dans le même plan.
L’abdomen ne tient souvent au corselet que par une portion de son diamètre transversal; il est composé de cinq à neuf anneaux apparens, et se termine ordinairement en pointe dans les femelles ; dans ceux où le nombre des anneaux est le moindre , les derniers forment souvent une espèce de tarière ou d’oviducte, présentant une suite de petits tuyaux rentrant les uns dans les autres, comme une lunette d'approche. Les organes sexuels des mâles sont extérieurs dans plusieurs espèces, et repliés sous le ventre. Les pieds, longs et grêles dans la plupart, se terminent par un tarse de cinq articles, dont” le dernier a deux crochets, et très-souvent/ deux ou trois pelottes vésiculeuses où membraneuses. |
Plusieurs de ces insectes nous font du tort, soit en suçant notre sang et celui des animaux domestiques, en déposant même leurs œufs sur leur corps, afin que leurs larves y puisent leur nourriture, soit en infectant , pour le même motif, les viandes que nous conservons et les plantes céréales. D’autres, en revanche, nous sont utiles en dévorant des insectes nuisibles, en consumant les cadavres ou les matières animales répandues sur la surface de la terre, et qui corrompent le fluide que nous respirons, ou en hâtant la dissipation des eaux putrides.
La durée de la vie des diptères, arrivés à leur état parfait, est très-courte. Tous subissent une métamorphose complète, mais modifiée de deux manières principales. Les larves de plusieurs changent de peau pour se transformer en nymphes. Quelques-unes mème se filent une coque; mais les autres ne muent point ; leur peau se durcit, se contracte et se raccourcit le plus souvent; elle devient pour la nymphe une coque assez solide, qui a:
d'apparence d’une graine ou d’un œuf. Le corps de la larve s’en détache d’abord, et laisse sur les parois intérieures les organes extérieurs qui lui étaient propres, tels que les crochets
de sa bouche, etc. Bientôt elle se présente sous la forme d’une masse molle ou gélatineuse, nommée boulle - allongée, au dehors de laquelle on ne distingue aucune des parties qui caractérisent l’insecte parfait. Enfin, quelques jours après, ces organes se prononcent et se déterminent, et l’insecte est véritablement en état de nymphe. II sort, en fesant sauter l'extrémité antérieure de sa coque comme une calotte.
Les larves des diptères n’ont point de pattes; mais on observe dans quelques-unes des appendices qui les simulent. Cet ordre d'insectes est le seul où nous voyons des larves à tête molle et variable. Ce caractère est presque exclusivement propre aux larves des diptères qui se transforment sous leur peau. Leur bouche est ordinairement munie de deux crochets, qui leur servent à piocher les matières alimentaires. Les orifices principaux de la respiration, dans presque toutes les larves du même; ordre, sont situés à l'extrémité postérieure de leur corps. Plusieurs offrent, en outre, deux stigmates sur le premier anneau, celui qui vient immédiatement après la tête ou qui en tient lieu.