PREMIER ORDRE DES OISEAUX
LES OISEAUX DE PROIE (AccipirnES, Lin.)
Se reconnaissent à leur bec et à leurs ongles crochus, armes puissantes , au moyen desquelles ils poursuivent les autres oiseaux, et même les quadrupèdes faibles et les reptiles. Ils sont, parmi les oiseaux , ce que sont les carnassiers parmi les quadrupèdes. Les muscles de leurs cuisses et de leurs jambes indiquent la force de leurs serres; leurs tarses sont rarement alongés; ils ont tous quatre doigts ; l'ongle du pouce et celui du doigt interne sont les plus forts.
Ils forment deux familles , les diurnes et les nocturnes.
Les diurnes ont les yeux dirigés sur les côtés; une membrane appelée cire, couvrant la base du bec , dans laquelle sont percées les narines ; trois doigts devant, un derrière sans plumes , les deux externes presque toujours réunis à leur base par une courte membrane; le plumage serré, les pennes fortes, le vol puissant. Leur estomac est presque entièrement membraneux , leurs intestins peu étendus , leurs cœcums très courts , leur sternum large et complètement ossifié pour donner aux muscles de l'aile des attaches plus étendues, et leur fourchette demi-circulaire et très écartée pour mieux résister dans les abaissements violents de Thumérus qu'un vol rapide exige.
Linnaeus n'en faisait que deux genres, qui sont deux divisions naturelles, les Vautours et les Faucons.
Les Vautours (Vultur, Lin.)
Ont les yeux à fleur de tête , les tarses réticulés , c'est-à-dire couverts de petites écailles, le bec alongé, recourbé seulement au bout, et une partie plus ou moins considérable de la tète, ou même du cou, dénuée de plumes. La force de leurs serres ne répond pas à leur grandeur, et ils se servent plutôt de leur bec que de leurs griffes. Leurs ailes sont si longues, qu'en marchant ils les tiennent à demi étendues. Ce sont des oiseaux lâches, qui
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se nourrissent de charognes plus souvent que de proie vivante; quand ils ont mangé, leur jabot forme une grosse saillie au dessus de leur fourchette, il coule de leurs narines une humeur fétide , et ils sont presque réduits à une sorte de stupidité.
Les Vautours proprement dits ( Vultub , Cuv. )
Ont le bec gros et fort, les narines en travers sur sa base , la tète et le cou sans plumes et sans caroncules , et un collier de longues plumes ou de duvet au bas du cou. On n'en a encore vu que dans l'ancien continent.
Le Vautour fauve. ( F.fulvus. Gmel. Vultur trencalos. Beclistein. Le Percnoptère. Buff. enl. 526, et le grand Vautour, id., Hist. des Ois., I, in-4'', pi. v(l). Le Vautour. Albin. III, i. Nauman, pi. ii. )
D'un gris ou brun tirant sur le fauve, le duvet delà tête et du cou cendré, le collier blanc, quelquefois mêlé de brun; les pennes des ailes et de la queue brunes, le bec et les pieds plombés; le ventre de l'adulte blanc. C'est l'espèce la plus répandue : elle se trouve sur les montagnes de tout l'ancien continent. Son corps égale et surpasse celui du Cigne (2).
Le Vautour brun.{V. cinereus. Gm.) Enl. 425. Nauman, pi. i. Vieillot, Gai. pi. I. udrrian .de la Peyrouse. Vautour noir, cendré, etc. /Egyphis Savigny.
D'un brun noirâtre; le collier remontant obliquement jusque vers l'occiput, qui a lui-même une touffe de plumes; les pieds et la membrane de la base du bec d'un violet bleuâtre; non moins répandu que le précédent, et encore plus grand , il attaque assez souvent des animaux en vie (3).
VOricou. ( V. auricularis. Daud.) Vaill. Afr. pi. ix. Noirâtre, une crête cbarnue longitudinale de chaque côté du cou, au dessous de l'oreille. De l'Afrique (4).
L'Amérique produit des Vautours remarquables par les caroncules qui surmontent la membrane de la base de leur bec; celui-ci est gros comme dans les précédents, mais les narines sont ovales et longitudinales. Ce sont les Sarco- RAMPHUS de Duméril (5).
Le Roi des Vautours ou Irubi Cha. d'Azz. ( Vult. papa. Lin.) Enl. 428. Vieillot, Gai. 3.
Grand comme une Oie, noirâtre dans le premier âge ( Spix, pi. i), puis varié de noir et de fauve (Vaill. Afr. xiii.) enfin, la quatrième année, à manteau fauve et à pennes et collier noirs. Les parties nues de sa tête et de son cou
(1) N. B. L'histoire du grand Vautour dans Buffon est celle de l'espèce suivante , mais la figure appartient à celle-ci .Le Vautour fauve est le genre Gyps de Savigny.
(2) Le Vautour des Indes, Lath. et Sonnerat, Temm., pi. col. 26, est au moins une espèce très voisine ainsi que \e Chassefiente , Vaill., Afr. pi. x. Ajoutez V. œgipius , Temm. , col. 407. — V. imper ta lis , ib., 426.
(ô) Le r. monachus , Edw. , ccxc ; Vaill. , xu et col. 13 , ne diffère presque du V. brun que par un bec un peu court. Le Vautour à aigrette ou des Lièvres {V cristalus, Gm.) n'est connu que sur une mauvaise figure de Gesner, faite probablement d'après quelque espèce d'Aigle. Le V. barharus est le même que le Lœmvicr-Geyer ou Falco barbatus.
(4) Le Vautour de Pondicbéry , Sonnerat , pi. cv , ou V. ponticerianus , pi. col. 2, est très voisin de l'Oricou. Ses crêtes latérales ne remontent pas si haut ; son bec est moins fort.
(5) IVI. Vieillot a changé ce nom on Zopilote ou Gypagus.
sont teintes de couleurs vives , et sa caroncule est dentelée comme une crête de Coq. Il se tient dans les plaines et autres parties chaudes de l'Amérique méridionale. Son nom vient de ce que les Urubus , par crainte , lui cèdent la place quand il se jette sur un cadavre qu'ils ont commencé à' dévorer.
Le Condor ou grand Vautour des Andes. {Fuit, gryphus. Lin.) Humb. Obs. zool. pi. vm, et Temm. pi. col. 133 et 408.
Noirâtre, avec une grande partie de l'aile cendrée, et le collier soyeux et blanc; le mâle, outre sa caroncule supérieure, qui est grande et sans dentelures, en a une sous le bec comme un Coq. Dans le premier âge, cet oiseau est brun cendré et sans collier. La femelle manque de caroncules, et est tout entière d'un gris-brun. C'est l'espèce si fameuse par l'exagération avec laquelle on parlait de sa taille ; mais elle est seulement un peu supérieure à celle de notre Lœmmer-Geyer, dont le Condor a aussi les mœurs. Il habite les plus hautes montagnes de la Cordilière des Andes, dans l'Amérique méridionale, et c'est l'oiseau qui s'élève le plus haut.
Les Cathartes , Cuv. ( Gallinazes, ou Catraristes , Vieillot ) ,
' Ont le [bec des précédents, c'est-à-dire gros, et à narines ovales et longitudinales , mais point de crête charnue ; leur tête et leur cou sont sans plumes.
Le C. Vautourin. ( Vult. californiamis. Sh. ) Temm. col. 31.
De la nouvelle Californie; il approche du Condor pour la taille; ses ailes sont plus longues à proportion ; tout son plumage est brun.
VAoura. {F. aura. L.) Enl. 187. Vieillot, Am. sept. 11, et Galer. iv.
Noir ; la queue étagée ; de la grandeur d'un Coq.
Les Percnoptères (1), Cuv. (Gypaetos, Bechstein; Neophron, Savipny)
Ont le bec grêle, long, un peu renflé au dessus de sa courbure; les narines ovales, longitudinales, et la tête seulement, mais non le cou, dénuée de plumes. Ce sont des oiseaux de taille médiocre, et qui n'approchent point, pour la force, des Vautours proprement dits ; aussi sont-ils encore plus acharnés sur les charognes et sur toutes les espèces d'immondices , qui les attirent de très loin : ils ne dédaignent pas même les excréments. Illiger les comprenait avec les précédents parmi ses Cathartes.
Le Percnoptère d'Egypte. {Fuit, percnopterus , Fuit, leucocephalus et Fuit, fuscus. Gmel. Enl. 407 et 429. Vieillot, Galer. 11. Naum. pi. m. Faut, de Gîngi. Sonn. etDaud. Origourap. Vaill. Afr. xiv. Rachamah de Bruce. Poule de Pharaon, en Egypte.
Grand comme un Corbeau, la gorge et les joues nues, le mâle, adulte, blanc, à pennes des ailes noires; le jeune et la femelle bruns. Cet oiseau se répand dans tout l'ancien continent, et est surtout fort commun dans les pays chauds, qu'il purifie de cadavres. Il suit en grandes troupes les caravanes dans le désert, pour dévorer tout ce qui meurt. Les anciens Egyptiens le respectaient, à
(1) Percnoptère , ailes noires. Nom de l'espèce d'Egypte chez les anciens.
T. I. âS
cause des services qu'il rentl au pays, et l'ont souvent représenté dans leurs monuments. Encore aujourd'hui on ne lui lait aucun mal; il y a même des dévols musidmans qui lèguent de quoi en entretenir un certain nombre.
VUrtibu. {F. jota. Ch. Bonaparte.) Vieillot. Am. sept. pi. i.
Delà laille et de la forme du précédent; le bec plus fort; le corps entier d'un noir brillant; la lête entière nue. Commun dans toutes les parties chaudes et tempérées de l'Amérique, où il rend les mêmes services que le Percnoplère dans l'ancien continent , se jetant en troupes sur les cadavres, et consumant toutes les immondices (1).
Les Griffons. (Gypaetos. Storr. Phène. Savig.)
Rangés par Gmelin dans le genre fako, se rapprochent davantage des Vautours par leurs mœurs et leur conformation ; ils en ont les yeux à fleur de tête , les serres proportionnellement faibles , les ailes à demi écartées dans le temps du repos, le jabot saillantaubas du cou quandil est plein ; mais leur tête est entièrement couverte de plumes : leurs caractères distinctifs consistent en un bec très fort, droit, crochu au bout, renflé sur le crochet; en des narines recouvertes par des soies roides , dirigées en avant, et en un pinceau de pareilles soies sous le bec; leurs tarses sont courts et emplumés jusqu'aux doigts, leurs ailes longues; la troisième penne est la plus longue de toutes.
Le Lœmmer Geyer, ou en français Vautour des Agneaux. {Kiilt. barbarus et Falco barbatus. Gmel.) pi. col. -431. Edw. cvi. Vieillot. Galer. pi. vni. Naum. pi. IV et v. Nisser de Bruce. Abyss. pi. xxxi.
Le plus grand des oiseaux de proie de l'ancien monde, dont il habite, mais en petit nombre, toutes les hautes chaînes de montagnes ; il niche dans les rochers escarpés, attaque les Agneaux, les Chèvres, les Chamois, et même, à ce qu'on dit, les hommes endormis ; on prétend qu'il lui est arrivé d'enlever des enfants. Sa méthode est de forcer les animaux à se précipiter des roches escarpées, et de les dévorer quand ils sont brisés par leur chute. 11 ne rebute cependant point la chair morte. Long de près de quatre pieds, il a jusqu'à neuf et dix pieds d'envergure. Son manteau est noirâtre, avec une ligne blanche sur le milieu de chaque plume ; son cou et tout le dessous de son corps d'un fauve clair et brillant: une bande noire entoure sa lête. Les jeunes, jusques et compris la (|uatriènie année, ont le cou et la poitrine d'un brun plus ou moins foncé. Cet oiseau est le Phène des Grecs, et VOssifragn des Latins (2).
Les Faccons ( Falco, Lin.)
Forment la deuxième , et , de beaucoup , la plus nombreuse division des oiseaux de proie diurnes. Ils ont la tête et le cou revêtus de plumes; leurs sourcils forment une saillie qui fait paraître l'œil enfoncé , et donne à leur physionomie un caractère tout différent de celle des Vautours : la
(1) On a long-temps confondu cet oiseau avec VÂiira; mais son bec est bien pbis grèle.
Ajoutez le Catharte moine , pi. col. 222.
(^) Smngny , Ois. d'Ep;yp. et de Syrie, p. 18, dans le grand ouvrage sur rÉgyple,a Iipremier bien établi cette synonymie.
OISEAUX DE PROIE. lUJ
plupart se nourrissent de proie vivante ; mais ils (liftèrent beaucoup entre eux par le courage qu'ils mettent à la poursuivre. Leur premier plumage est souvent autrement coloré que celui des adultes, et ils ne prennent ce dernier que dans leur troisième ou quatrième année, ce qui en a fait beaucoup multiplier les espèces par les naturalistes. La femelle est généralement d'un tiers plus grande que le mâle , que l'on désigne , à cause de cela, sous le nom de tiercelet.
On doit subdiviser d'abord ce genre en deux grandes sections.
Les Faucons proprement dits (Falco, Bechsteiii), vulgairement Oiseaux de proie nobles ,
Forment la première. Ils sont les plus courageux , proportion gardée avec leur taille, qualité qui lient à la force de leurs armes et de leurs ailes; en effet, leur bec, courbe dès sa base, a une dent aiguë à chaque côté de sa pointe, et c'est la seconde penne de leurs ailes qui est la plus longue, la première étant d'ailleurs presque aussi longue qu'elle, ce qui rend l'aile entière plus longue et plus pointue. Ilrésulte encore delà des habitudes particulières : la longueur des pennes de leurs ailes en affaiblit l'effort vertical, et rend leur vol, dans un air tranquille, très oblique en avant; ce qui les contraint, quand ils veulent s'élever directement, de voler contre le vent. Ce sont les oiseaux les plus dociles, et dont on tire le plus de parti pour la chasse, en leur apprenant à poursuivre le gibier et à revenir quand on les appelle. Ils ont tous les ailes autant et plus longues que la queue.
Le Faucon ordinaire. {Falco communis. Gm.) (1)
Grand comme une Poule, se reconnaît toujours à une moustache triangulaire noire qu'il a sur la joue, plus large que dans aucune espèce du genre ; du reste, il varie pour les couleurs à peu près comme il suit : le jeune a le dessus brun et les plumes bordées de roussàtre, le dessous blanchâtre, avec des taches longitudinales brunes. A mesure qu'il vieillit, les taches du ventre et des cuisses tendent à devenir des lignes transverses , noirâtres ; et le blanc augmente à la gorge et au bas du cou; le plumage du dos devient en même temps plus uniforme et d'un brun rayé en travers de cendré noirâtre ; la queue est en dessus brune, avec des paires de taches roussâtres, et en dessous avec des bandes pâles qui diminuent de largeur avec l'âge; la gorge est toujours blanche ; les pieds et la cire du bec sont tantôt bleus et tantôt jaunâtres.
On peut suivre ces différences , enl. 470, le jeune ; 421 , la vieille femelle; 450, le vieux mâle (2), Nauman , pi. xxivetxxv; Wils. Am. IX,
pi. LXXVI.
Ceux qu'on appelle Faucons pèlerins , enl. 469, et Wils. Amer. IX , pi. lxxvi {Falco stellaris , F. j^eregrinus ^ Gm.), paraissent des jeunes un peu plus noirs que les autres.
C'est l'espèce célèbre qui a donné son nom à cette sorte de chasse où l'on
(1) Il faut bien se garder cependant d'y rapporter les prétendues variétés du Falco co»tw««- M«s entassées par Gmelin; ainsi la var. «, Friscli Lxxiv,est une Buse ;'î,id. LxjLV,est une Buse palue ; f,id. lxxx, l'oiseau Saint-Marliu;^)' ,id. lxxvi , une Buse un peu plus pâle qu'à l'ordinaire; K Aldrov. cccc.sciv , une espèce très distincte , etc.
En revanche ,les Falco islandus , harbarus et pcretjrinus , pourraient bien n'être tous cjue le Faucon ordinaire en différents étals de mue.
(2) Frisch ne donne <ju'un jeune Faucon, pi. lxxxui. Edwards donne la vieille femelle ]il. \\\ ; le jeune , pi, iv.
se sert des oiseaux de proie. Elle habite tout le nord du globe, et y niche dans les rochers les plus escarpés. Son vol est si rapide , qu'il n'est presque aucun lieu de la terre où elle ne parvienne. Le Faucon fond sur sa proie verticalement comme s'il tombait des nues , ce qui fait qu'il ne peut prendre les oiseaux qu'au vol; autrement il se briserait. On emploie le mâle contre les Pies et autres oiseaux plus petits, et la femelle contre les Faisans et même contre les Lièvres.
Il en existe une autre espèce un peu plus grande : le Lanier {Falco lanarius, Lin. 5 F. Sacer, Naum. pi. xxiii), qui paraît venir de l'Orient plutôt que du Nord , et dont le plumage est à peu près celui du jeune Faucon , si ce n'est que sa moustache est plus étroite , moins marquée , et sa gorge mouchetée ; elle se rapproche du Gerfaull par sa queue , qui dépasse les ailes : on la dresse surtout en Hongrie.
Notre Europe produit encore six espèces inférieures pour la taille , dont trois ont en petit les formes et les qualités du vrai Faucon.
Le Hobereau. [Falco subbuteo. Lin.) Enl. 432. Naum. xxvi.
Brun en dessus, blanchâtre, tacheté longitudinalement de brun en dessous ; les cuisses et le bas du ventre roux ; un trait brun sur la joue.
VÉmerlllon. {Falco œsalon. Lin.) Enl. 468. Naum. xxvii.
Brun dessus , blanchâtre dessous , tacheté en long de brun , même aux cuisses; le plus petit de nos oiseaux de proie. Le Rochier {Falco lithofalco , Lin.) , enl. 447, cendré dessus, blanc roussâtre , tacheté en long de brun pâle dessous , n'en est que le vieux mâle. Il niche dans les rochers.
Les trois autres espèces ont les doigts moins longs , et leurs tubercules moins saillants. Elles ne volent pas aussi vite , chassent aux Souris, aux insectes, et prennent les oiseaux perchés.
La plus répandue est
La Cresserelle. {Falc. tinnunculus . Lin.) Enl. 401 et 471. Naum. xxx.
Rousse, tachetée de noir en dessus, blanche, tachetée en long de brun pâle dessous; la tête et la queue du mâle cendrées. Elle tire son nom de son cri aigre ; elle niche dans les vieilles tours , les masures.
La petite Cresserelle. {Falco cenchris. Frisch et Naum. F. tinnunculoîdes , Sclîintz etTemm.) Naum. xxix. Frisch. lxxxix.
Le mâle est sans taches en dessus , semblable d'ailleurs à la Cresserelle ; les ailes un peu plus longues, et les ongles blancs. Cette espèce, long-temps confondue avec la précédente , habite de préférence le midi de l'Europe.
La Cresserelle grise. {Falco rufipes. Beseke. F. Fespertinus. Gm.) Enl. 431. Naum. xxvui.
Le mâle est cendré foncé; il a les cuisses et le bas-ventre roux ; la femelle aie dos cendré, tacheté de noir, la tête et tout le dessous plus ou moins roux. Plus petite encore que la précédente , plus répandue à l'orient de l'Europe , et commune en Sibérie , elle est rare en Allemagne et en France (1).
(l) Ajoutez en espèces étrangères, l» voisines de la Cresserelle : \e Montagnard, Vaill. xsxv {F. capensis , Sh.);— F. sparverius , enl. 465 ; Wils. II , xvi , 1 , et IV , xxxii, 2, et deux ou trois espèces, dont les ailes , semblables d'ailleurs à celles des oiseaux nobles
Les Gerfaults (HiEROFALco , Cuv.) (1)
Ont les pennes de Taile comme les autres oiseaux nobles , dont ils montrent aussi toutes les inclinations ; mais leur bec n''a qu'un feston comme celui des ignobles (2); leur queue, longue et étalée, dépasse visiblement leurs ailes, quoique celles-ci soient elles-mêmes très longues ; leurs tarses , courts et réticulés , sont garnis de plumes au tiers supérieur. On n'en connaît bien qu'une espèce.
Le Gerfault {Falco candicans et F. Islandus. Gm.), Buff. enl. 210, 456, 462. Naum. XXI, xxn.
Plus grand d'un quart que le Faucon, est le plus estimé de tous les oiseaux de fauconnerie. On le tire principalement du nord; son plumage ordinaire est brun dessus , avec une bordure de points plus pâles à cbaque plume , et des lignes transverses sur les couvertures et les pennes; blanchâtre dessous , avec des taches brunes longues, qui, avec l'âge, se changent, sur les cuisses, en lignes transverses ; enfin la queue rayée de brun et de grisâtre ; mais il varie tellement par le plus ou moins de brun ou de blanc , qu'il y en a de tout blancs sur le corps , et où il ne reste de brun qu'une tache sur le milieu de chaque penne du manteau ; les pieds et la membrane du bec sont tantôt jaunes , tantôt bleus (5).
La seconde section du grand genre/afco est celle des
Oiseaux de proie appelés ignobles,
Parce qu'on ne peut les employer aisément en fauconnerie; tribu bien plus nombreuse que celle des nobles, et qu'il est nécessaire encore de beaucoup subdiviser. La plus longue peiTne de leurs ailes est presque toujours la quatrième, et la première est très courte , ce qui fait le même effet que si leur aile avait été tronquée obliquement parle bout, d'où résulte un vol plus faible , toutes choses égales d'ailleurs ; leur bec est aussi moins bien armé, parce qu'il n'a point de dent latérale près de sa pointe , mais seulement un léger feston dans le milieu de sa longueur.
Les Aigles (Aquila, Briss.),
Qui en forment la première tribu, ont un bec très fort, droit à sa base , et
pour la proportion relative des plumes , sont plus courtes que la queue , telles que F. punctatus , Cuv. col. 45 ; — F. columbarius , Wils. II, xv , 3.
20 Voisines du Hobereau : F. cœrulescetis , Edw. cviii , qui forme le genre hierax de M. Vigors; Vieill. Gai. xvni , et col. 97 , à peine plus grand qu'un Jloineau ; — F. aurantius, Lath.; rufogularis, Ejd.; thoracicus , lUiger , col. 348 ; —F. bidetitatus, Lath. , ou Bidens rufiventer y Spis. VI , qui se distingue par une double dent à son bec , col. 38 , et le jeune , col. 288 , ou Bid. albiventer , Spix , VII , mais avec des ailes trop courtes ; — F.diodon, col. 198; — F. femoralis , Temm.col. 121 et 345, et Spix. VIII ; — F. Aldrorandii, Reinw. col. 128. Les espèces à deux dents, comme bidentatus etc., sont les HARPAGUS de BI. Vigors.
3° Voisines du vrai Faucon : le Chiquera, Vaill., Afr. xxx {F. chiquera, Sh.);— F. biarmicus, T. col. 324 ; — le F. huppé {Falc. frontalis , Daud.; F. galericulatus , Sh.) , Vaill. Afr. xxviii ;— Le F. huppart, T. (F. lophotes, Cuv.) enl. 10 ;— Le F. à culotte noire, Vaill. XXIX (F. tibialis, Sh.).
(1) Hierax, Hiero-Falco , Faucon sacré, Sacre, tous noms tenant à l'ancienne vénération des Égyptiens pour certains oiseaux de proie. Gerfault est corrompu A^ Hiero-Falco.
(2) Nauman, I, p. 278 , assure que ce sont les fauconniers qui usent la dent du bec des Gerfaults. En ce cas , ils rentreraient, à la longueur de leur queue près , dans la catégorie des autres Faucons ; et il faudrait leur associer le Lanier.
(3) Aj. comme espèce étrangère le Gerfault cendré (F atricapillus), Wils. VI, tu, 5, dont la Buse cendrée, Edw. lui (F. cinerus , Gm.), pounail bien être le jeune âge.
courbé seulement vers sa pointe. C'est parmi eux que se trouvent les plus prandes espèces du genre , et les plus puissants de tous les oiseaux de proie.
Les Aigles proprement dits ( Aquila , Cuv.)
Ont le tarse emplumé jusqu'à la racine des doigts : ils vivent dans les montagnes , et poursuivent les oiseaux et les quadrupèdes ; leurs ailes sont aussi longues que la queue , leur vol aussi élevé que rapide , et leur courage surpasse celui de tous les autres oiseaux.
V Aigle commun. {Falco fulvus , F. melanaëlos, F. niger, Gm.) (1) Enl. 409. Naum. pi. vin et ix. Wils. Vil, lv, 1.
Plus ou moins brun, l'occiput fauve, la moitié supérieure de la queue blanche, et le reste noir. C'est l'espèce la plus répandue dans toutes les contrées montagneuses.
h'' Aigle roj-al {Falco chtysaëlos) , enl. 410, n'en dilTère que par sa queue noirâtre , marquée de bandes irrégulières cendrées. On assure que c'est l'Aigle commun dans son plumage parfait (2).
V Aigle impérial {Falco imperialis /Bechst.), F. Mogilnik, Gm , ; Aquila heliaca, Savign.; Eg. Ois. pi. xiij Vieillot, Gai. ix; Naum. pi. vi et vu; Temm. col. 15 et 152,
A les ailes encore plus longues , une grande tache blanchâtre aux scapulaires , les narines transverses, la queue noire , ondée de gris à sa partie supérieure. La femelle est fauve , à taches brunes. Son port est plus trapu qu'à l'Aigle commun, et il est encore plus terrible pour les autres oiseaux. Il habite les hautes montagnes du midi de l'Europe , et c'est sur lui que l'on se plaît à reporter les récits exagérés que faisaient les anciens de la force , du courage et de la magnanimité de leur Aigle doré.
Le pelil Aigle ou Aigle tacheté, Aigle criard. {Falco nœvius et Falco maculatus. Gm.) Naum. pi. x et xi. Aq. melanaetos. Savig. Eg. Ois. pi. i etii, f. 1.
D'un tiers plus petit que les deux autres , à tarses plus grêles , à plumage brun ; à queue noirâtre avec des bandes plus pâles. Le jeune a le bout de la queue blanchâtre ; des taches fauve-pâle forment une bande sur les petites couvertures, une au bout des grandes, qui remonte sur les scapulaires, et une au bout des pennes secondaires. Le haut de l'aile est chargé de gouttelettes fauves. Les vieux deviennent tout bruns. Cette espèce est commune dans les Apennins et autres montagnes du midide l'Europe, mais elle se montre plus rarement dans le nord. Elle n'attaque que des animaux très faibles. On l'a trouvée assez docile pour l'employer en fauconnerie; mais on dit qu'elle se laisse chasser et vaincre par l'Epervier.
On a cru devoir placer parmi les Aigles un oiseau de l'orient de l'Europe {Falco pennatus , Gm. col 53; Briss. Suppl. pi. i), qui n'en a guères que les tarses empennés et les plumes pointues du vertex , mais qui n'est pas aussi grand que la Buse, et a le bec presque aussi courbé qu'elle; son plumage est
(1) L'espèce réelle est Lien représentée, enl. 409 : c'est Falc. fulvus. Dans certains états de mue, on voit dans son plumage le blanc de la base des plumes : c'est alors F. fulvus canadensis , Edw. I. Quant au F. melanaetos , il n'est fondé que sur de vagues indications desanciens, et Ton ne cite que la même pi. enl. 409. Enfin le F. niger. ou Aigle à dos noir de Brown , n'est qu'une légère difFérencc d'âge. i
(2) Tenun. Man. d'Oinit. I, p, Ô9.
fauve , lachelé de brun , ses pieds bleus. Il est très rare en France et en Allemagne (1).
La Nouvelle-Hollande produit des Aigles de la même forme que les nôtres, à la queue près , qui est étagée (2).
Les Aigles pêcheurs Cuv. (Hali^tus, Savigny)
Ont les mêmes ailes que les précédents, mais les tarses revêtus de plumes seulement à leur moitié supérieure , et à demi écussonnés sur le reste. Ils se tiennent au bord des rivières et de la mer, et vivent en grande partie de poisson.
VOrfraie el le Pxgargue {Falco ossifragus , F. albiciUa et F. albicaudus, Gm.)
Ne forment qu'une espèce qui , dans ses premières années , a le bec noir , la queue noirâtre, tachetée de blanchâtre, et le plumage brunâtre, avec une flamme brun foncé sur le milieu de chaque plume (enl. 112 et 415, Naum. xiv; c'est alors le F. Ossifragus), et qui , avec l'âge , devient d'un gris-brun uniforme, plus pâle à la tête et au cou, avec une queue toute blanche et un bec jaune pâle (Frisch. lxx ; Naum. xii et xiii ; c'est le F. albicilla) (3). En tout temps elle attaque principalement les poissons. On la trouve dans tout le nord du globe.
\? Aigle à têle blanche. {Falco leucocephalus.) Enl. 411. Wils. IV xxxvi et VII, Lv, 2.
Brun foncé uniforme, à tête et queue blanches, à bec jaunâtre. Presque aussi grand que nos Aigles communs, il vit dans l'Amérique septentrionale, et y poursuit sans cesse le poisson. Il paraît qu'il en vient quelquefois dans le nord de l'Europe. Dans sa jeunesse, il a le corps et la tête brun cendré. On ne doit cependant pas le confondre avec le vieux Pygargue à tête blanchâtre.
Nous remarquons parmi les Aigles pêcheurs étrangers :
lue petit Aigle des Indes. {F. ponticerianus. Gm.) Enl. 416. Vieillot. Gai. x.
Moindre qu'un Blilan; d'un beau roux-marron vif; la tête, le cou et la poitrine blancs ou gris de perle. C'est V Aigle gaf'ttda, qui, dans la religion des Brames, est consacré à P^ischnou (A).
(1) On en a pris un vivant près de Paris, en 1828. M. Temm. fait encore une espèce européenne de Y Aigle boimelli , col. 288, mais on ne l'a pas dans tous ses états.
Aj. le Grijfard, Vaill. Afr. I {F. armiger, Sh.) ; — V Aigle malais (F malaiensis , Reinw.), col. 117; — le petit Aigle du Sénégal (F. Senegallus , Cuv.), semblable au petit Aigle de l'Europe, les narines moins rondes , beaucoup de petites bandes grises sous la queue du jeune. Le jictit Aigle du Cap {F. nœvioïdes , Cuv.), varié de brun , de fauve et de noirâtre.
(2) V.fuscosus, col. 32.
(ô) On a vérifié plus d'une fois ce changement à la ménagerie du Muséum. Quant au petit Pygargue , F. albicaudus , ce n'est que le mâle du grand F. albicilla.
(4) Ici doivent se placer le Blagre , Vaill. Afr., v [Falc. hlagrus , Sh.) , qui est probablement le F. leucogaster , Lath., ou Aigle océanique , col. 49; — le Focifer , Vaill.; Afr. IV (F. Focifcr, Sh.) ; — le Caffre , Vaill. Afr. ly {F. lulturinus, Sh.); —V Aigle de Mare du Bengale (F. Macei, Cuv.), col. 8 et 223; — V Aigle agiiia {F. aguia , T.), col. 302; — le F. ichtyœtus, Ilorsf. Jav.; — \e Milrago ochrocephalus , Sp. I, ou Chiviactiivia d'Azz., ou F degener ,ï[\^.
Il faut remarquer . au reste , que le passage des Aigles aux Buses se fait par nuances insensibles.
Les Balbusards (Pandion, Saviguy)
Ont le bec elles pieds des Aigles pêcheurs; mais leurs ongles sont ronds en dessous, tandis que, dans les autres oiseaux de proie, ils sont creusés en pouttière ; leurs tarses sont réticulés, et c'est la seconde plume de leurs ailes qui est la plus longue.
On n'en connaît qu'une espèce, répandue au bord des eaux douces de presque îout le globe, avec peu de variations dans le plumage : c'est
Le Balbusard. {Falco haliœtus. Lin.) Enl. 414, et mieux : Catesby, U. Wils. V, XXXVII. Vieillot, Galer. ii. Naum. xvi.
D'un tiers plus petit que l'Orfraie; blanc, à manteau brun; une bande brune descendant de l'angle du bec vers le dos; des taches brunes sur la tête et la nuque, quelques-unes à la poitrine; la cire et les pieds tantôt jaunes, tantôt bleus.
Les Circaètes (Circaetus, Vieillot)
Tiennent une sorte de milieu entre les Aigles pêcheurs, les Balbusards et les Buses. Ils ont les ailes des Aigles et des Buses, et les tarses réticulés des Bal- Busards : tel est
Le Jean-le-blanc . (F. gallicus. Gm. F. leucopsls. Bechst. F. lyrachydactylus. Temm.) Enl. 415. Naum. xv.
Sa taille est supérieure à celle du Balbusard; la courbure de son bec est plus rapide que dans les autres Aigles, et il a les doigts courts à proportion. Il est brun dessus, blanc dessous, avec des taches d'un brun pâle; sa queue a trois bandes pâles. Ses allures sont plutôt d'une Buse que d'un Aigle. Il vil surtout de Serpents et de Grenouilles.
Le Bateleur , Vaillant, Afr. vu et viii {F. ecaudatus , Sh.) ,
Est une espèce d'Afrique, remarquable par l'extrême brièveté de sa queue.
et la belle variété de son plumage. La cire de son bec est rouge (1).
L'Amérique produit des Aigles à longues ailes comme les précédents, à tarses nus, écussonnés, où une partie plus ou moins considérable des côtés de la tête, et quelquefois de la gorge, est dénuée de plumes. On leur donne le nom commun de Caracara (2).
Le Caracara ordinaire. {Falco brasiliensis. Gm.) Polyboinis viilgaris. Vieillot, Galer. pi. vu. Le Jeune, Spix, I .
Grand comme un Balbusard ; rayé en travers de blanc et de noir; des plumes eflilées, blanches à la gorge ; une calotte noire, un peu prolongée en huppe ; les couvertures des ailes, les cuisses et le bout de la queue noirâtres. C'est l'oiseau de proie le plus nombreux au Paraguay et au Brésil (3).
(1) Aj. V Aigle couronné d'Azzar. (F. coronatus , T.) , col. 234 ; — le Circaète du Sénégal (C. cinereus) , Vieill. Galer. des ois. pi. xii ; — le Caracara funèbre {F. Norœ- Zelandiœ, Lat.) , col. 192 et 224.
(2) Azzara. Voy. III , p. 30 etsuiv.
(3) C'est bien le Caraeara de Margrav , mais sa description ne le ferait pas reconnaître. On en trouve une meilleure dans Azzara. Notre caractère est pris de la nature. Le F. cheriuay , Jaeq. Beyt. p. 15 , n» 11 , pourrait bien n'en être qu'une variété d'âge. Aj. le Caracara noir {F. aterrimus, Temm.), col. 37 et 342, ou Daptrius ater , Vieill. Gai. pi. V ; — Gymnops fasciatus , Spi\, IV. Son Gymnojis s/r/jî/n^Ms en est le jeune.
TV. B. C'est de mes Caracaras que M. Vieillot a fait ses genres daptrius ^ ihyctere\ pohjhorun , suivant que le nu do leur tête s'étend plus ou moins.
Le petit Aigle à yorge nue. (Falco arjuilinus. Gm.) Enl. 417. Ibycter leucogaster. Vieillot. Galer. vi.
Noir , le ventre et les couvertures inférieures de la queue blancs , la gorge nue et rouge.
Les Harpies ou Aigles pêcheurs à ailes courtes (Harpyia , Cuv.) (1)
Sont aussi des Aigles d'Amérique , qui ont les tarses très gros , très forts , réticulés, et à moitié emplumés, comme les Aigles pécheurs proprement dits, dont ils ne diffèrent que par la brièveté de leurs ailes ; leur bec et leurs ongles sont même plus forts que dans aucune autre tribu.
La grande Harpie d'Amérique, Aigle destructeur de Daudin; grand Aigle de la Guiane de Mauduit (probablement le Falco harpyia et le i^. cristatus , (Lin. F. harpyia et iînperialis, Sh.) col. 14 (2),
Est un des oiseaux qui ont les serres et le bec le plus terribles; sa taille est supérieure à celle de TAigle commun ; son plumage est cendré à la tête et au cou, brun noirâtre au manteau et aux côtés de la poitrine, blanchâtre au dessous, et rayé de brun sur les cuisses : des plumes alongées lui forment «ne huppe noire sur le derrière de la tète, et lorsqu'il les relève et qu'il écarte celle des joues , il prend beaucoup de la physionomie d'une Chouette. Il porte souvent son doigt externe en arrière comme le pouce.
On le dit si fort , qu'il a quelquefois fendu le crâne à des hommes à coups de bec; les paresseux font sa nourriture ordinaire, et il n'est pas rare qu'il enlève des faons.
Les Aigles-Autours, Morphnus (Cuv.) (3)
Ont , comme les précédents , les ailes plus courtes que la queue; mais leurs tarses élevés et grêles , et leurs doigts faibles , obligent de les en distinguer. Il y en a qui ont les tarses nus et écussonnés.
h'' Aigle- Autour huppé de la Guiane {F. guianensis, Daud.), Petit-Aigle de la Guiane^ Maud. Encycl.,
Ressemble singulièrement , pour les couleurs et pour la huppe, au grand Aigle pêcheur du même pays ; mais il est moindre pour la taille, et ses tarses élevés , nus et écussonnés, l'en distinguent suffisamment; son manteau est noirâtre , quelquefois varié de gris foncé; son ventre blanc, avec des ondes fauves, plus ou moins marquées ; sa tête et son cou , tantôt gris, tantôt blancs, et sa huppe occipitale , longue et noirâtre.
Li'Urubitinga. (Falco urubitinga. Lin.) Spix, I j,,
Noir, sans huppe, avec le croupion et la base de la queue blancs. Le jeune a le dessus brun , le dessous fauve, moucheté de brun (col. 55). Ce bel oiseau chasse sur les lieux inondés (4).
(1) M. Vieillot a adopté ce genre et ce nom.
(2) C'est incontestablement ry3g«/««/2/<' de Fernandès; mais cet auteur exagère beaucoup sa taille en le comparant à un mouton. C'est aussi le F. cristatus de Jacq., et par conséquent le Falc. Jacqtmiiàe Grael.
(5) Morphnus , nom grec d'une espèce indéterminée d'oiseaux de proie. C'est de mes Morphnus que M. Vieillot a fait ses Spiziaf es.
(4)Lerilol longipes, Illig.; Vaq.picta, Spix, I, ne paraissent que déjeunes Urubitinga. — Aj. YAifjlc-Autour moucheté {Àq. maculosa) , Vieill. Amer, pi. ni bis; — le Panetna (Aq. viilvoïdes, Spix, I).
D'autres ont les tarses élevés et emphimés sur toute leur longueur.
Il'' jiigle- Autour noir huppé d' Afrique. (Falco occipifal/s. Daud. Huppart. Vaill. Af'r. 1,11. Bruce, Abyss. pi. xxxii.)
Grand comme un Corbeau , noir, une longue huppe pendante dePocciput: les tarses , le bord de l'aile et des bandes sous la queue blanchâtres. Il habite toute la largeur de l'Afrique .
U Aigle- Autour varié ou XJrutaurana (1). {Falco ovnatus. Daud.i^. superbuset coronatus. Sh.). Autour huppé. Vaill. Air. I, xxvi. Spizaëtusoîmaf us. Vie'iWot. Galer. xxi. Aigle moyende la Guiane. Maud. Encycl. Épervier patu d'Azzara.
Calotte et huppe noires, côtés du cou d'un rou vif, manteau noir varié
de gris , onde de blanc ; dessous blanc , rayé de noir aux flancs, aux cuisses
et aux tarses; queue noire, avec quatre bandes grises. C'est un bel oiseau de
l'Amérique méridionale , qui varie du noir et blanc au brun foncé (1).
Il y a enfin , en Amérique, des oiseaux à bec comme tous les précédents, à
tarses très courts, réticulés, à demi couverts de plumes par devant, à ailes plus
courtes que la queue, et dont le caractère le plus dislinctif consiste en narines
presque fermées, semblables à une fente. On peut en faire une petite tribu sous
le nom deC\MiNDis, Cuv. (3). Tel est
IjG petit Autour de Cayenne, Buff. {Falco cayennensis, Gm.), enl. 473,
Spix. viiis ■
Qui a encore , pour caractère propre , une petite dent à l'endroit où le bec se courbe. L'adulte est blanc , à manteau noir-bleuâtre, à tête cendrée, avec quatre bandes blanches sur la queue; le jeune aie manteau varié de brun et (le roux , et la tête blanche, avec quelques taches noires (4).
Les AuTOL'RS, Cuv. ( AsTUR, Beclîstein; Daedelion, Savigny) ,
Qui forment la seconde division des ignobles , ont, comme les trois dernières tribus des Aigles , les ailes plus courtes que la queue; mais leur bec se courbe dès sa base , comme dans tous ceux qui vont suivre.
On appelle plus particulièrement Altoirs ceux qui ont les tarses écussonnés et un peu courts.
(1) C'est bien sûrement VUrulauranaAe Margrav ; mais cet auteur le dit grand comme un Aigle, ce qui est un tiers au moins de trop. \^ Harpyia braccata, Spix III , en est le jeune.
(2) Ajoutez ici , en espèces huppées , le Blanchard , Vaill. Afr. in {F. Albcscens , Sli.) ; — V Autour tyran {F. tyrannus, Pr. Max.), col. 73; — V Autour cristatelle , Teniin. col. 283 : en espèces non huppées , V Autour neigetix , Temm.,col. 127 ; — VA ut. incolore, id. ib. 134, ou Falco lineatus, Horsfield, Jav.
(ô) Cymindis , non grec d'une espèce indéterminée d'oiseaux de proie.
(4) Je ne sais si ce n'est pas le jeune Cymindis que représente la Buse mantelée {F. palliatus. Tenim.) , col. 204, très difiérente de celle qui porte le même non français , col. 437.
Aj. le Cyvi. bec en hameçon {F. Hamatus , Illig.) , col. Cl et 231; F. Icucopygus, Sp. II- ; — le C « bec en croc {F. uiicinatus, id.) , col. 103 , 104 et 103. Ces oiseaux varient fort en couleurs, avec l'âge.
N. B.l.'Airjle de Gottingue {F. glaucopis , Merrem. Beytr. II, pi. vu) est une Buse commune. V Aigle blanc {F. alhns, Sh. John White, Voy.) est un Autour.
Ij j4u tour ordinaire , {Falco paliunbarius ^ Lin. enl. 418 et 461 , et le jeune- , F. galUnarius, Gmel.,enl. 425, etFrisch., lxxu.) Naum. xvii, xviii (1),
La seule espèce de ce pays-ci, est brune dessus, à sourcils blanchâtres; blanche dessous, rayée en travers de brun dans Padulte; mouchetée en long dans le premier âge ; cinq bandes plus brunes sur la queue. L'Autour égale le Gerfault pour la taille , mais non pour le courage, fondant toujours obliquement sur sa proie. On s'en sert cependant en fauconnerie pour des gibiers l'aibles. Il est commun dans toutes nos collines et montagnes basses.
Parmi les autours étrangers, on peut remarquer celui de la Nouvelle-Hollande (Falco Novœ-Hollandiœ), Voy. de White, p. 250, qui est souvent tout entier d'un blanc de neige ; mais il paraît que c'est là une variété d'un oiseau du même pays , cendré dessus , blanc dessous , avec des vestiges d'ondes grises (2).
On peut encore rapprocher des Autours quelques oiseaux d'Amérique, à ailes courtes et à tarses courts , mais réticulés.
V Autour rieur ou à calotte blanche. (Falco cachinnans. Lin . Nacagua d'' Azi. . ) Vieillot, Galer XIX. Spix. 111 ^.
Nommé d'après son cri ; blanc; le manteau et une bande qui part du tour de l'œil et s'unit sur la nuque à. sa correspondante , bruns ; la queue à bandes brunes et blanches. Des marécages de l'Amérique méridionale , où il vit de reptiles et de poissons (3).
On réserve communément le nom d'EpERviF.R (Nisus , Cuv. ) , à ceux qui ont
les tarses écussonnés et plus élevés, mais les passages d'une division à l'autre
sont presque insensibles.
VEpervier commun {Falco nisus, Lin.), enl. 412 et 467. Naum. xix, xx.
A les mêmes couleurs que l'Autour , mais ses jambes sont plus hautes , et . sa taille d'un tiers moindre. Cependant on l'emploie aussi en fauconnerie. Le jeune a les taches du dessous en flèches ou en larmes longitudinales et rousses ; les plumes de son manteau sont aussi bordées de roux.
11 y a des espèces étrangères encore plus petites (4).
Mais il y eu a aussi de beaucoup plus grandes. Ainsi
VEpervier chanteur, {Faucon chanteur, Vaill. Atr. xxvii ; Falco musicus, Daud.),
Est grand comme l'Autour, cendré dessus, blanc rayé de brun dessous et
(1) Probablement aussi F. gyrfalco, F. gentilis, Gm., tant les oiseaux de proie étaient mai déterminés à l'époque où nous avons donné notre première édition.
(2) Autres Autours étrangers : VAut. à ventre gris {F. poliogaster , T.), col. 294 et 295;— r^u^ à trois bandes (F. trivirgatus, T.), col 303; —Wiut. à nuque blanche (F. leucauchen, T.) , col. 306 — VAut. radieux {F. radiât us , Lath.), col. 123 — VAut. poHosome , Quoy et Gaym. ; Voy. de Freycinet , pi. xiv ; — VAut. culhlanc {F. leucorrhous), ib. , pi. xui ; — VAut à queue cerclée {F. unicinctus,! .), col. 313. Ces trois derniers tiennent beaucoup des formes de l'Urubitinga. — VAut. de Pensijhanie (F. Pcnsylvanicus , Wils. IV, liv , ); —VAut. à queue rousse {F. borealis , L. ), Vieill. Am. pi. XIV bis; Wils. LU, 1 ; — VAut. lérérien (F.leverianus), Wils. lu, 2; — VAut. multiraie {F. striolatus, T.) , col. 87 et 294, ou Asturine cendrée, VieiLl.,îGal. xx; — VAut. monogramme (F. monogrammicus ,1 .),co\. 314; — VAut. Dussumier {F. Dussumieri, T.) , col. 308 et 336. Ceux-ci conduisent insenblement aux Éperviers.
(5) Ici vient le F. vielanops , Lath. col. 105. C'est de cette subdivision que M. Vieillot a fait ses Herpéthotiières.
(4) Comme le Gabar , Vaill. Afr. , xxxui (F. gahar , Sh.) , col. 122 et 140;— le Minute id. xxxiv {F. minidus, Sh.).
au croupion , brun varié de roux dans la jeunesse. On le trouve en Afrique , où il chasse aux Perdrix, aux Lièvres , et niche sur des arbres. C'est la seule espèce connue, d'entre les oiseaux de proie, qui chante agréablement (1).
Les 3I1LANS ( MiLvi'S, Bechslein. )
Ont des tarses courts , des doigts et des ongles faibles, qui , joints à un bec également proportionné à leur taille , en font les espèces les plus lâches de tout le genre ; mais ils se distinguent par leurs ailes excessivement longues et par leur queue fourchue , qui leur donnent le vol le plus rapide et le plus facile.
Les uns ont les tarses très courts , réticulés et à demi revêtus de plumes parle haut, comme la dernière petite tribu des Aigles (les Elanus , Savigny). Tels sont :
Le Blac, {Falco melanopterus . Daud.) Sav. Eg. Ois. pi. 11. f. 2. Vaill. Afr. XXXVI et XXXVII. Ch. Bonap. Am. II, xi , 1.
Grand comme un Epervier ; à plumage doux et soyeux , à queue peu fourchue , cendré dessus , blanc dessous , les petites couvertures des ailes noirâtres. Le jeune est brun varié de fauve. Cet oiseau est commun depuis l'Egypte jusqu'au Cap, et paraît se retrouver aux Indes et même en Amérique. Il ne chasse guère qu'aux insectes.
Le Milan de la Caroline. {Falco furcalus. Lin. ) Catesb. iv. Wils. n, 2. Vieillot. Am. X.
Blanc , les ailes et la queue noires , les deux pennes extérieures de celle-ci très longues; plus grand que le précédent. 11 attaque aussi les reptiles (2).
Les Milans proprement dits
Ont les tarses écussonnés et plus forts.
Le Milan comtnun. {Falco milvus. Lin.) Enl. 422. Naum. xxxi, f. 1.
Fauve , les pennes des ailes noires , la queue rousse ; il est celui de tous nos oiseaux qui se soutient en l'air le plus long temps et le plus Iranquillcment. Il n'attaque guère que des reptiles (3).
(1) Autres Épcrviers étrangers; la Buse mixte couleur de plomb ; Azz. n" 07 , ou Epervier à doigts courts {F. hemidactilus , T.), col. ni et xli ; — leFalcmarjuinosIris , enlum. 460, col. 86; — le Falc. columbarius, Catesb. iv, Vieill. Ain., pi. 11, et Wils. II, xv,3; — ri?;^. tachiro , Vaill. Afr. 24 {F. tachiro , Daud.), col. 377 et 420 ; —VEp. coucoïde{F. cuculnïdes, T.), col. 110 etl20 ; —VEp. àpoilrine l'eusse {F. xanthothorar, T.) col. 9^- — VEp. vergeté {F. virgatus , T.), col. 109; — VEp. à ailes courtes {F. hrachipterus , T.), col. 14 et 116, ou F. conceiitricus, Illig.; —VEp. chaperonné {F. pileatus, pr. Max.), col. 203; — VÉp. à joues mies {F. gymnogenijs), col. 307; — VEp. ardoisé {C. pensylvanicus , Wils. VI, xlvi,1; très difTérent de l'Autour nommé de même , id. pi. liv) et le jeune , col. 67 ; — VÉp. rapide { F. velox) , Wils. VI , pi. liv , 1 , en est la jeune femelle selon Ch. Bonap.; — l'^"/?. à épaules rousses {F. lineatus) Wils. VI, LUI, 3 )—VÉp. d'hyver {F. hiemalis) ; Wils. IV, xxxv, 1; — VEp. rayé. {F. striatus)., Vieill. Am. pi. iLis-^ — VÉp. noir {C. tiiger) , Vieill. Galer. xxii.
(2) Ajoutez le Milan riocour { C. riocourii, Vieill. col. 83, qui a donné le genre Nauclerus de Vigors. — Le Milan à queue irrégulière {C. dispar, Teram.), col. 319. — Le Milan cressercllo de Vieillot est devenu son genre Ictinia.
(5) Ajoutez \e Parasite, Vaill. Afr.xxii, ou \c Milan noir, enl. 472; Naum. xxi, f. 2, Savigny; Eg. Ois. pi. m, f. 1 ; c'est le FaJc. atcr, le Falc. œgyplius, et le Falc. Forskah-
Les BoNDRÉES (Pernis, CllV.) (1)
Ont, avec le bec faible des Milans, un caractère très particulier , en ce que l'intervalle entre Pœil et le bec , qui dans tout le reste un genre Falco est nu, et garni seulement de quelques poils , se tronve chez elles couvert de plumes bien serrées et coupées en écailles; leurs tarses sont à demi emplumés vers le haut, et réticulés : elles ont du reste la queue égale , les ailes longues , le bec courbé dès sa base , comme tous ceux qui vont suivre. Nous n'en possédons qu'une espèce.
La Bondrée commune. {Falco apivorus.) Enl. 420. Naum. xxxv, xxxvi.
Un peu moindre que la Buse, brune dessus , différemment ondée de brun et de blanchâtre dessous , selon les individus ; la tète du mâle est cendrée à un certain âge. Cet oiseau chasse aux insectes , surtout aux Guêpes et aux Abeilles.
Il en existe quelques autres dans les pays étrangers.
La Bondrée huppée de Java {Pern. ci'istata. Cuv.)
Toute brune, à tête cendrée comme la nôtre , mais à queue noire, avec une bande blanchâtre sur le milieu ; une huppe brune à l'occiput. Elle a été rapportée de Java par M. Leschenaut (2).
Les BusEs (BuTEo, Bechstein)
Ont les ailes longues, la queue égale, le bec courbé dès sa base , l'intervalle entre lui et les yeux sans plumes , les pieds forts.
Il y en a qui ont les tarses emplumés jusqu'aux doigts. Elles se distinguent des Aigles parleur bec courbé dès la base, etdes Autours ou Aigles-Autours à tarses empennés, par leurs ailes longues. Nous en possédons une :
La Buse patue. {Falco lagopus. Gm. ) (3) Frisch. lxxv. Vaillant Afr. xvni. Wils. Am. IV, xxxiii, 1. Naum. xxxiv.
Variée assez irrégulièrement de brun plus ou moins clair et de blanc plus ou moins jaunâtre. C'est un des oiseaux les plus répandus ; on l'a trouvé presque partout, et on l'a presque toujours regardé comme une variété de quelque autre oiseau (4).
Mais le plus grand nombre des Buses a les tarses nus et écussonués.Nous n''avons ici que
La Buse commune. {Falco buteo. Lin.) Enl. 419. Naum. xxxui.
Brune , plus ou moins ondée de blanc au ventre et à la gorge ; c'est l'oi-
lii, Gniel.jle Falc. parasitictis , Lath. et Shaw ; — le Milan du Mississipi {Falco mississipiensis, Wils. III, xxxv, 1), ou r/c<i/t«e ophiophagc. Vieill. Galer. planch.xvn. N. B. le Falco aiistriacus , Gm., est le jeune du Milan commun.
(1) Pernis ou Pernès, dénomination d'une sorte d'oiseau de proie, selon Arislote.
(2) M. Temminck a représenté cet oiseau (col. 44) sous le nom de Buse ptilorinquc.
(3) C'est le Falco lagopus j brit. Zool. ap., t. I ; le Falco communis ■> leucocephalus ^ Frisch, lxxv; le Falco sancti Johannis , aret. Zool., pi. ix; — les Falco communis fuscus ^ F. variegatus, F . albidus , F . versicolor, Gm. , ne sont que différents états de la buse ordinaire.
(4) Ajoutez la Buse à calotte noire {F. artricapillus ., Cuv.) , col. 79, ou le Buteo meluHoleucos, Vieill. Galer. xiv; — la Buse noire {F. niger), Wils. VI, lui, 1 et 2 , que M. Cil. Bonap. croit le Falco sancti Johannis, de Pennant,
seau de proie le plus abondant et le plus nuisible de nos contrées. Elle demeure toute raunée dans nos forêts, tombe sur sa proie du haut d'un arbre ou d'une butle , et détruit beaucoup de gibier (1). Quelques espèces sont huppées.
Le Bâcha. Vaill. Afr. pi. xv.
Grand comme la Buse, brun , à petites taches rondes et blanches sur les côtés de la poitrine et sur le ventre ; une huppe noire et blanche ; une large bande blanche sur le milieu delà queue. C'est un oiseau d'Afrique, très cruel, qui l'ait sa principale proie des Damans (2).
Les Busards (Circus, Bechstein)
Diffèrent des buses par leurs tarses plus élevés , et par une espèce de collier que les bouts des plumes qui couvrent leurs oreilles, forment de chaque côté de leur cou.
Nous en avons trois espèces dans ce pays-ci , que les variations de leur
plumage ont fait multiplier parles nomenclateurs.
La. Soubuse {Falco pff/arffits L.), enl. 445 et 480, Naum. xxxviii, 2 et xxxix,
1 et2;brunedessus, fauve tachetée enlongdebrun dessous, le Croupion blanc.
L' Oiseau Saint-3Iar tin {Falcocfanciis et F. albicans) (3), enl. 450, Naum. xxxix,
1, cendré , à pennes des ailes noires , n'est que le mâle de la seconde année.
Cette espèce niche par terre , se tient beaucoup dans les champs , vole près
de terre , chasse sur le soir aux Rats , aux jeunes Perdreaux , etc.
Le Busard cendré. {Falco cineraceus. Montag.) Naum. xl. Vieill. Gai. pi. xiii.
Plus grêle , à ailes plus longues que la Soubuse ; le vieux mâle est cendré , et a les grandes pennes ef une bande sur les pennes secondaires noires; la femelle et le mâle de la deuxième année sont bruns dessus , blancs dessous , avec des traits brunâtres à la poitrine; les jeunes ont tout le dessous du corps roux. Ses habitudes ressemblent beaucoup à celles de l'espèce précédente.
La Harpaye. {Falco rufus. L. ) Enl. 470. Naum. xxviu, 1.
Brunâtre et rousse , la queue et les pennes primaires de l'aile cendrées. Le Busard demarais {Falco œruginosus) , enl. 424 , Naum. xxxvii, brun, avec du fauve-clair à la tête et à la poitrine , passe pour le même oiseau plus âgé ; mais il est des observateurs qui le prétendent différent par l'espèce. L'un et
(1) Autres Buses étrangères : le Roii noir. Vaill. Afr. xvi {F . jackal , Daud. et Sh.) ; — le Tachard id. six. {F. tachardus , Sh.) ; — le Buseray, id. xx. {F. busarellus, Sh.) — La Buse à joues grises {F . pollygetiis, Temm.;) col. 325. — La5wse brune {F. /itscMs), Vieill. Am. V. — Le Tachiro, Vaill. xxiv. {F. tachiro , Sh.) — Le Milan cresserelle , Vieill. Am. 10 6«s, et la jeune femelle, col. 180 ; espèce dont le F. plmnbeus, Spix, VIII, est peut-être l'adulte, et où le feston latéral s'aiguise en une dentdans quelques individus, quoique ses pennes soient cellesd'ignobles. — \.n. Buseàaileslongues{F .pterocles,'ïevam.)co\.^Gei\'ôd; — ^La Buse à dos tacheté {F . pœcilo notas, Cuv.), col. 9. — LaBusemantelée (F. lacernulatus, T.), col. 437. La Busepâle {F. linenter, T.), col. 438. — La Buse à queue ferrugineuse {But. ferruginicaudus) Vieill. Am. vi.
(2) Ajoutez la Buse à huppe blanche des Indes {Falco albidus, T.), col. 19.
N. B. La Buse roussûtre, Teram. col. 25, se rapproche un peu des Busards par ses tarses élevés , mais elle n'en a pas le collier. Il y a aussi entre ces deux divisions des passages gradués et par nuances presque insensibles.
(5) C'est aussi le Falc. communis, F. albus, Frisch , pi. lxxv; le Falco montanus , B; le Falco grisous, Gm., et même sou Falco bohémiens.
lautre se tiennent de préférence à portée des eaux, pour y donner la chasse aux reptiles (1).
Enfin le
Messager ou Secrétaire (Serpentarius, Cuv.; Gypogeranus , Illig.) (2)
Est un oiseau de proie d'Afrique, qui a les tarses au moins du double plus longs que les précédents, ce qui fa fait ranger, par plusieurs naturalistes, avec les échassiers; mais ses jambes, entièrement couvertes de plumes, son bec crochu et fendu , ses sourcils saillants , et tous les détails de son anatomie , le placent dans l'ordre des accipitus. Son tarse est écussonné , ses doigts courts à proportion , le tour de son œil dénué de plumes ; il porte une longue huppe roide à l'occiput , et les deux pennes mitoyennes de sa queue dépassent beaucoup les autres. Il habite les lieux arides et découverts des environs du Cap, où il poursuit les reptiles à la course ; aussi a-t-il les ongles usés à force de marcher. Sa grande force est dans le pied. C'est le Falco serpentarius , Cm. enl. 721 ; Vieill. Gai. cclv. On a essayé de le multiplier à la 3Iartinique, où il pourrait rendre les plus grands services en détruisant les Vipères fer-delance qui infectent cette île.