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DEUXIEME ORDRE DES OISEAUX

C'est le plus nombreux de toute la classe. Son caractère semble d'abord purement nég^atif, car il embrasse tous les oiseaux qui ne sont ni nageurs, ni échassiers, ni grimpeurs, ni rapaces, ni gallinacés. Cependant, en les comparant, on saisit bientôt entre eux une grande ressemblance de structure, et surtout des passages tellement insensibles, d'un genre à l'autre, qu'il est difficile d'y établir des subdivisions.

(1) Nous ne voyons pas de différence entre le Str. zorca de Cetti , le Str. carniolica de Scopoli , le Str. pulchella de Pallas et le Scops ; ces auteurs auront cru leurs oiseaux distincts, parce que Linnœus ne donnait qu'une plume aux aigrettes du sien. Ajout, le Str. nudipêde {Bub. nudipes, Vieill.) Amer. , xxn .—Le Strix atricapilla, T. col. 45. , ou Str. Crucigera, Spix, ix. — Le Strix noctula, T. col. 99.

(2) Le Str. kctupa , Tenim. col. 74 , et le Str. Lcschenanldi , id. col. 20 , qui au surplus jiourraicnt bien ne faire qu'une espèce.

Ils n'ont ni la violence des oiseaux de proie , ni le régime déterminé des gallinacés et des oiseaux d'eau ^ les insectes, les fruits, les grains, fournissent à leur nourriture; les grains d'autant plus exclusivement, que leur bec est plus gros; les insectes, qu'il est plus grêle. Ceux qui l'ont fort poursuivent même les petits oiseaux.

Leur estomac est en forme de gésier musculeux ; ils ont généralement deux très petits cœcums; c'est parmi eux qu'on trouve les oiseaux chanteurs , et les larynx inférieurs les plus compliqués.

La longueur proportionnelle de leurs ailes et l'étendue de leur vol sont aussi variables que leur genre de vie.

Leur sternum à l'état adulte n'a d'ordinaire qu'une échancrure, de chaque côté, à son bord inférieur. Cependant, il en a deux dans les Rolliers , les Martins-Pêcheurs , les Guêpiers , et en manque tout-à-fait dans les Martinets, les Colibris.

Nous faisons notre premier partage d'après les pieds , ensuite nous avons recours au bec.

La première et la plus nombreuse division comprend les genres où le doigt externe est réuni à l'interne , seulement par une ou par deux phalanges.

La première famille de cette division est celles des

DENTIROSTRES,

Dont le bec est échancré aux côtés de la pointe. C'est dans cette famille que se trouvent le plus grand nombre des oiseaux insectivores ; cependant, presque tous mangent aussi des baies et autres fruits tendres.

Les genres se déterminent par la forme générale du bec : fort et comprimé dans les Pies-Grièches et dans les Merles , déprimé dans les Gobe-Mouches , rond et gros dans les Tangaras , grêle et pointu dans les Becs-Fins ; mais les passage d'une de ces formes à l'autre sont tellement gradués qu'il est très difficile de fixer les limites des genres.

Les Pies-Grièches ( Lakics, Lin. ) Ont le bec conique ou comprimé, et plus ou moins crochu au bout. Les Pies-Grièches proprement dits

L'ont triangulaire à la base , comprimé par les côtés.

Les Pies-Grièches vivent en famille , volent inégalement at précipitamment, en jetant des cris aigus; nichent avec propreté sur des arbres , pondent cinq ou six œufs, et prennent beaucoup de soin de leurs petits. Elles ont Thabitude

d'imiter sur-le-champ quelques parties du ramage des oiseaux qui vivent dans leur voisinage. Les femelles et les jeunes ont en général le dessous finement rayé en travers.

Les unes ont l'arête supérieure du bec arquée ; celles où sa pointe est forte et bien crochue et où l'échancrure forme à ses côtés une petite dent, ont un courage et une cruauté qui les ont fait associer aux oiseaux de proie par beaucoup de naturalistes. Elles poursuivent en effet les petits oiseaux , et se défendent avec succès contre les gros, attaquent même ceux-ci quand il s'agit de les éloigner de leur nid (1).

Nous avons ici quatre ou cinq espèces de cette subdivision.

La Ple-Grièche commune. {Lanius excubitor. Lin. ) Enl. 445. Naum. xlix.

Grande comme une Grive ; cendrée dessus , blanche dessous j ailes, queue et une bande autour de l'œil noirs ; du blanc aux scapulaires , à la base des pennes de l'aile et au bord externe des latérales de la queue. Elle reste toute l'année en France.

Il y en a, dans le midi de l'Europe, une race ou peut-être une esj>èce de couleur plus foncée, teinte de vineux en dessous {Lan. meridlonalis , Temm.). L'Amérique en a de plus voisines encore (2).

Lapetite Ple-Grièche , dite d'Italie. {Lan. excubitor fninor. Gm.) Enl. 32, 1. Lan. minor. Naum. l.

Un peu moindre que la commune ; le bec plus court et plus gros , les ailes et la queue semblables; cendrée dessus, roussâtre au ventre 5 les bandes noires des yeux réunies sur le front en un large bandeau. C'est une espèce très distincte.

La Pie-Grièche rousse. {Lan.collurio ru/us et Lan.potneranus, Gm.) Enl. 9, 2. Lan. rutilus. Lath. Lan. Ruficollis. Sh. Lan. rufus. Naum. li.

Le bandeau, les ailes et la queue de la précédente ; la taille encore un peu moindre ; le dessus de la tête et du cou roux vif; le dos noir; les scapulaires, Je ventre et le croupion blancs.

VÉcorcheur. {Lan. collurio. Gm.) Enl. 31. Naum. lu.

Encore un peu plus petit ; dessus de la tête et du croupion cendré ; dos et ailes fauves; dessous blanchâtre; un bandeau noir sur l'œil; les pennes des ailes noires, bordées de fauve ; celles de la queue noires, les latérales blanches à la base. 11 détruit une foule de petits oiseaux, déjeunes Grenouilles , et une grande quantité d'insectes, qu'il enfile aux épines des buissons, pour les dévorer à son aise , ou pour les retrouver au besoin.

Les trois dernières espèces nous quittent pendant l'hiver.

Les pays étrangers ont aussi plusieurs de ces Pies-Grièches à becs arqués. Les becs se rapetissent et affaiblissent leurs pointes par degrés , selon les

(1) C'est de cette première subdivision que M. Vieillot a fait son genre Lanius , Gai. pi. cxxxv.

(2) Lan. carolmensis, Wils. III , xxii , 5 , et son Lan. excubitor, I , v , 1 , qu'il regarde comme le même. M. Ch. Bonaparte en fait deux espèces, et les rapporte aux Lan. ludovicianiis et Lan. septentrionalis de Gm., ou aux Lan. ardesiacus et borcalis de Vicill. Ani. LI et L ; mais il faut avouer que ces diverses figures se ressembleul mul.

espèces, au point qu'il est impossible d'établir une limite entre ce sous-genre

et les Merles (1).

D'autres Pies-Grièches ont l'arête supérieure droite dans sa longueur , et crochue seulement au bout. Elles sont toutes étrangères , et leur forme passe par des degrés insensibles, à celles des Fauvettes et des autres Becs-Fins (2).

Quelques-unes de ces Pies-Grièches à bec droit l'ont très fort, et leur mandibule inférieure est très renflée (3).

(1) Les espèces à bec plus fort sont, par exemple : la Pie-Gr. du Cap, ou le Fiscal (Lan. collaris, Gm.),enl. , 447, 1; Vaill. Afr. pi. lxi, lxii. — Le Boubou , Vaillant, lxvhi {Lan. boidboul, Sh.) — Le Brubru, Vaill. lxxi [Lan. capensis , Sh.). — La pet. Pie- Gr. de Madag. {Lan. madagascariensis , Gm. ) , enl. 299. — La petite Pie-Gr. bleue (Lan. bicolor, Gm.), enl. 298. — La Pie-Gr. de la Louisiane {Lan. amcricanus) , enl. 397. — Le Sourciroux , Vaill. lxxvi , 2, ou le Tanagra verderoux de Buff. { Tangara guianensis , Gm.). — La Pie-Gr. à tête noire des îles de Sandwich {Lan. melanocephalus , Gm. ) , Lath. Syn. I , clxv. — La Pie-Gr. à queue pointue {Lan. pyrrhonotoSj Vieill. Gai. cxxxv).

Le genre Lanio, de Vieill., est fait sur une Pie-Grièche à bec arqué , dont les bords de la mandibule supérieure sont un peu anguleux. C'est le Tangara mordoré y Buff. enl. 809 , 2 ( Tan. atricapilla , Gm. ).

Parmi les espèces plus rapprochées des Merles , on peut mettre le Muscicapa tamnophiloïdes , Spix , xxvi , 1. — VOlira, Vaill. lxxv et lxxvi , 1 {Lan. olivaceus, Sh. ).— Le Gonolec(Lan. barbarus, Gm.) , enl. 50, Vaill. clxix. — Le Lan. gutturalis , Daud., Ann. du Mus. III, 144, pi. xv ; ou la Pie-Gr. Perrin, Vaill. cclxxxvi. — Le Merle à plastron noir {Turdus zeilonus, Gm.) , enl. 272, ou le Bacbakiri, Vaill. lxvii {Lan. Bacbahiri, Sh. ). — La Cravatte blanche , Vaill. cxv {Motac. dubia jSh.). — Le Turdus crassirostris , Gm. ., Luth. Syn. II, xxxiv, qui est le même que le Tatiagra capensis, Sparm. caris, pi. xlv, et plusieurs autres aussi équivoques. C'est de celte subdivision à bec plus faible que Vieillot a fait son genre L an iarius, Gai. cxlui.

Ses ViRÉONS n'en diffèrent que par un peu plus de hrièveté et de gracilité dans le bec. f'ir. flavifrons, Vieill. Am. liv, ou Muscic. sylvicola, Wils. I , vu , 3. — f^. musicus, Vieill. LU, ou Muscicapa cantatrix , Wils. II , xviii, 6, ou M. nore boracensis , Gm.

— r. olivaceus, Ch. Bonap., ou M. olivaceus., Wils. II , xii , 3, ou Tamnophilus agilis, Spix, XXXIV, 1.,— F.gilvus, Ch. Bonap., ou M. melodia , Wils. V, xlii , 2. Ils conduisent aux Faui^ettes presque directement.

(2) Le Blanchot, y aiW. Afr. cclxxxv {Lan. ictcrus, Cuv.), ou Tavmophilus , Vieill. Gai. cxxxix. — Le grand Batara d'Azzar., ou Tamnophilus magnus, pr. Max., ou Th. albiventcr, Spix, xxxii. — Le Tchagra , Vaill. lxx {Lan. sencgalcnsis , Sp.; Lan. collurio niclanocephalus , Gm.) , enl. 479, 1 , et 297,1. — Le Fourmilier huppé, Buff. ( Turdus cirrhatus, Gm. ). La Pic-Gr. à huppe rousse d' Amérique { Lan. canadensis , Gm.), enl. 479, 2, est sa femelle. — Le Tac/iet, Vaill. lxxvh {Lan. jnitictatus , Sh. ).— La Pie-Gr. rayée de Cayenne { Lan. doliatus) , enl. 297 , 2 , ou radiatus, Spix, xxxv, 2.

— La Pic-Gr. bridée { Lan. virgatus , Temm. col. 256; 1 ). — La Pie-Gr. masquée ( Lan. persotiatus, id. , ou Lan. nubiens , Licht. ) , col. 256 ,2. — Le Thamnophihts lineatus, Spix , xxxin. — Th. strigilatus, id. xxxvi, 2.— T'A. melanoceph. , id. xxxix, 1.

— Th. leuconotos , ib. 2.

La Pie-Gr. rousse de Madagascar. {Lan. rufus , Gm.), enl. 298.

C'est aussi parmi ces Pies-Grièches à bec droit que doit venir le Geai longup.,\a\\\. \Ln { Lan. galericulatus, Cuv. ) , mais il conduit aux Vangas.

J'y place encore l'oiseau si balotté par les naturalistes. Merle de Mindanaq , de Buff. enl. 627. Turdus mindanensis, Lath. et Gm. , le même que leur G»ac«/a saularis , petite Pie des Indes , ou Dialbird, Albin , III , xvii et xviii , Edw. clxxxi ; Vaill. Afr. cix. ( Sturnus solaris , Daud. ) . — et même le 7 era< boulan { Tard, orientalis ) , enl. 273, 2, pourrait en être rapproché , mais il tient aussi de très près aux Turdirdes.

Le genre Tamnophilus ou Batara, de Vieillot, est formé par une de ces Pies-Grièches à bec droit; mais il est si mal déterminé, que d'autres auteurs y ont mis des Fourmiliers, desViréons, etc.

(3) Lanius lineatus , Leach. Zool. Mise. pi. vi. — Tamnophilus gnttatus , Spix , xxxv.

D'autres , à bec droit et grêle , se font remarquer par des huppes de plumes redressées (1).

Autour de ces Pies-Grièches proprement dites , viennent se grouper quelques sous-genres étrangers , qui en diffèrent plus ou moins , et que nous allons indiquer.

Les Vangas , Buff.

Ont le bec grand , très comprimé partout , sa pointe très crochue , et celle de la mandibule inférieure recourbée en dessus (2).

Les Langrayen ou Pies-Grièches-Hirondelles (Ocypterus (3) , Cuv. )

Ont le bec conique , arrondi de toute part, sans arête, à peine un peu arqué vers le bout, à pointe très fine, légèrement échrancrée de chaque côté, les pieds un peu courts, et les ailes autant et plus longues que la queue : ce qui leur donne le même vol qu'à nos Hirondelles; mais ils y joignent le courage des Pies-Grièches, et ne craignent pas même d'attaquer le Corbeau (4).

Les espèces en sont assez nombreuses sur les côtes et dans les îles de la

mer des Indes , où elles volent continuellement et rapidement à la poursuite

des insectes (5).

Les Cassicans, Buff. (Barita, Cuv.) (6)

Ont un grand bec conique, droit, rond à sa base, entamant les plumes du front par une échancrure circulaire; arrondi au dos , comprimé par les côtés , à pointe crochue et écrancrée latéralement. Ses narines , petites et linéaires , ne sont point entourées d'un espace membraneux.

Ce sont de gros oiseaux de la Nouvelle-Hollande et des îles environnantes,

que les naturalistes ont dispersés arbitrairement dans plusieurs genres. On

leur attribue des habitudes très bruyantes, vmevoix criarde. Hs poursuivent

les petits oiseaux (7),

(1) Le Geoffroy, Vaill. lxxx etLxxxi, et Vieill. Galer. cxlu {Lan. ■plumatus , Sh. ) , dont M. Vieillot a fait son genre Prionops ou Eogadais , Galer. cxlii et le Manicup., Buff. enl. 707 [Pipra alhifrons, Gm.), qui n'a de commun, avec les Pipra, qu'une réunion des deux doigts externes , un peu plus prolongée qu'à l'ordinaire. M. Vieillot en a fait son genre Pithys , Galer. cxxix.

(2) Le Vanga ,Y.n\. 228 {Lan. curvirostris ., Gm. ) , et des espèces nouvelles, telles que le V. destructeur ,Cu\. col. 275. — Le F. strié huppé, Voy. de Freyc. pi. xviii et xix , ou Tamnophilus Vigorsii , Zool. journ.Supp. vu et viii.

(ô) Ocypterus ou Oxypterus (ailes rapides, ailes pointues), nom grec d'un oiseau inconnu, très applicable à ceux-ci.

C'est de mes Lctngrayens que M. Vieillot a fait son genre Artamus.

(4) Sonnerai, !<"" Voy. p. 5G.

(5) Ici viennent Lan. leucorhynchos , Gm. enl. 9 , 1 , le même que Lan. dominicanus , Sonnerat , I*' Voy. , pi. xxv. — Lanius viridis, Enl. 32, 1. — Ocyp. citm-eus. Val. — Ocyp. fusca.tus. — Ocyp. ruflventer.

Consultez, sur ce genre, la monographie que M. Valenciennes en a publiée dans les Mém. du Mus. , tome VI , page 20, pi. vii,viii et ix.

(6) Barita, nom grec d'un oiseau inconnu; M. Vieillot a donné à mes Barita le nom de Cracticus.

(7) Nous rapportons ici le Cassican , Buff. ( Coracias varia , Gm. ; Gracula varia, Sh.), enl. 628. — Le Flûteur (Coracias tihicen , Lath. deuxième Supplément, Gracula tibicen ; Sh. ) , Voy. de Freycinet , pi. xx. — Le Réveilleur ( Corvus gracnlinus , J. White ; Coracias strepera, Lath. Ind. Orn. ; Gracula stre2}era ,Shaw ] Béveilkur de l'île Norfolk, Tia\u\ . ■ Gr. calybé, Vaill. Ois. de Par. lxvh; Vieill. Galer. cix, et une espèce à queue étagée ( Bar. anaphorcsis , Tcmni. ).

Les Calybés ( Chalyb«us , Ciiv. )

Ont le bec de même forme , mais un peu moins gros à sa base que les Cassicans , et les narines percées dans un large espace membraneux. Ceux que Ton connaît viennent de la Nouvelle-Guinée et sont remarquables par de belles teintes d'acier bruni.

Le Calybé de Paradis ( C. pamdisœus , Cuv. ), Paradisœa virîdis , Gmel. enl.634,

A ses plumes de la tête et du cou comme du velours frisé , ce qui , joint à l'éclat de ses reflets , l'a fait placer parmi les oiseaux de paradis.

Le Calybé cornu {C. cornutus , N.), Ba7nta Keraudrenii , Less. et Garn. ; Voy. de Duperr. pi. xiii,

A deux touffes pointues de plumes à l'occiput. Sa trachée-artère se replie trois fois en cercle avant d'arriver au poumon.

Les BÉcARDEs , Buff. (PsARis (1), Cuv.) ,

Ont le bec conique, très gros et rond à sa base, mais n'échancrant point le frontj sa pointe est légèrement comprimée et croclaue.

Les espèces vivent dans l'Amérique méridionale. La plus connue ,

Lanius cayanus, Gm. enl. 304 et 377 ; Vieillot . Galer. cxxxiv ; Spix , xliv, 1,

Est cendrée , à tète , ailes et queue noires.— Ses mœurs sont celles de nos Pies-Grièches (2).

Les Choucaris Buff. (Graucalus (3) , Cuv.)

Ont le bec moins comprimé que les Pies-Grièches ; son arête supérieure est aiguë , arquée également dans toute sa longueur ; sa commissure aussi un peu arquée ; les plumes qui couvrent quelquefois leurs narines les ont fait rapporter aux Corbeaux; mais l'échancrure de leur bec les en éloigne.

Ils viennent, comme les Cassicans , des parties les plus reculées de la mer des Indes (4).

C'est aux Choucaris que doit se rapporter l'un des plus beaux oiseaux nouvellement découverts dans ces régions, le Coracias puella, Lath. ; Irena piiella , Horsfield ; Drongo azuré, Temm., oiseau de Java d'un noir velouté, dont le dos est du plus beau bleu d'outre-mer que l'on puisse imaginer.

(1) Psaris , nom grec d'un oiseau inconnu. M. Vieillot Ta changé en celui de Tityra, Galer. cxxxiv, 1 ; Spix , en Pachyrhijnchus , Av. brasil. xliv.

(2) Buffon a étendu mal à propos ce nom de Bécarde à un Tyran {Lan. sulfuratus) , et à une Pie-Grièche très voisine des Merles {Lan. harharus). Aj. Pachi/rhi/nchiis semifasciatus, Spix, xliv, 2, qui est le Psaris Cuvieri, Swains. — Le Psaris erythrogenis , Selby, Zool. Journ. I, p. 484. Les Pachyrhynchus niger], Cuvieri, cinerascens, rufescens, Spis , xlv et xlvi , ont le bec plus petit, mais de même forme.

(ô) Graucalus, nom grec d'un oiseau cendré; trois Choucaris sur quatre, sont de cette couleur. M. Vieillot confond cet oiseau avec ses CoRAcmA, qui comprennent les Gijmnodéres elles Gyvmocéphahs , dont nous parlerons plus bas.

i)I8 OISEAUX.

Les BÉTHYLEs (1). (Bkthylus. Cuv.)

A bec gros , court , bombé de toutes parts , légèrement comprimé vers Ifbout.

On n'en connaît qu'un , dont les formes et les couleurs représentent en petit notre Pie commune (2).

Les Falconelles ou Pies-Gvièches- Mésanges (Falcunculus , Vieillot)

Ont le bec comprimé , presque aussi haut que long ; Taréle supérieure arquée.

L'espèce connue {Lanîus fronlatus , Lalh.), deuxième Supp. col. 77; Vieillot, Gai. cxxxvii , est de la taille du Moineau, et presque des couleurs de notre Mésange charbonnière. Les plumes de la tète du mâle se relèvent en huppe. Elle vient de la Nouvelle-Hollande.

Les Pardalotes ou Pies-Grièches-Roitelets (Pardalotus, Vieillot)

Ont le bec court , peu comprimé ; l'arête supérieure aiguë , arquée ; la pointe échancrée. Ce sont de très petits oiseaux à queue courte.

L'espèce la plus connut; {Pipra punctata, Sli. Mise. Zool. III, col. 78; Vieillot, Galer. pi. txxm , est en partie pointillée de blanc, comme un Senegali. Elle vient aussi de la Nouvelle-Hollande (3).

Les GoBE-Mo€CHEs , MtiscicAPA , Lin.

Ont le bec déprimé horizontalement , garni de poils à sa base , et sa pointe plus ou moins crochue et échancrée. Leurs mœurs sont en général les mêmes que celles des Pies-Grièches ; et, suivant leur grandeur, ils vivent de petits oiseaux ou d'insectes. Les plus faibles passent insensiblement à la forme des Becs-Fins. Nous les divisons comme il suit :

Les T-ïRANS. (Tyrannus. Cuv.) (4)

A bec droit, long, très fort; l'arête supérieure droite, mousse; la pointe subitement crochue. Ce sont des oiseaux d'Amérique, de la taille de nos Pies- Grièches, aussi braves qu'elles. Ils défendent leurs petits, même contre les Aigles , et savent éloigner de leur nid tous les oiseaux de proie. Les plus grandes espèces prennent de petits oiseaux, et ne dédaignent pas toujours les cadavres (5).

(1) Bcthylus, nom grec d'un oiseau inconnu. M. Vieillot Ta changé en celui de Pilliirion ou Cissopis,

(2) C'est la Pie Pie-Griècho , Vaill. Afr. lx, et Vieill. Galer. cxi,; Lanius leverianus, Sh.; Lanius picatus , Lath.IUiger en fait un Tangara. On peut en rapproclier la grande Pie-Grièche (Lan. corrinus, Sh.; Vaill. Afr. lxxvui, qui a cependant le bec plus comprimé.

(ô) Aj. Pardal. ornatus , Temm. col. 394, 1.— P.percussus, id. 394, 2. Les Pardalotes conduisent aux Tangaras euphones.

(4) M. Vieillot a adopté ce genre et ce nom , Galer. cxxxiii.

(.n) Le Beniaveo ou Tyran à bec en cuiller , du Brésil, enl. 212 {Lanius pitangua , Gm.). — Le Tyran à rentre faune {Lan. sulfuraceus, Gm.), enl. 296 , le même que le Garlu, ou Geai à ventre jaune, de Cayenne {Corvus flavus , Gm.), enl. 249. —Le Tyran voilé {Musc, relata, Spix, xxii). — Musc, jiohjglotia, id. xxiv. — Musc, similis, id. xxv , dont son Musc, rufina, id. cxxxi , est le jeune.— Le Tyran roux à tête cendrée {Musc, cinerca, Spix, XXVI, 2). — Le Tyran à rentre blanc {Lan. iyrannus, Gm.), enl. 537 et 676, Vieill. Gai. cxxxiv. —Le Tyran cendré {Muscic. cinerascens , Spix, xxii). — Le Tyran à queue rousse {Muscic. andax , Gm.), enl. 453, 2; Wils. Am. II, xui , 1. — Le j)etit Tyran {Muscic. fero.r, Gm.), enl. 571 , 1 . ou Muscic. furcata , Spix , xix. — Le Tyran gris noir

Les MUUOHEBOLLES. (MuSCll'ETA. CuV.)

A bec long, très déprimé, deux fois plus large que haut, même à sa base ; l'arèle très obtuse, et cependant quelquefois vive; les bords un peu en courbe ovale, la pointe et Téchancrure faibles; de longues soies ou moustaches à la base du bec.

Leur faiblesse ne leur permet de prendre que des insectes. Ils sont tous étrangers, et plusieurs sont ornés de longues plumes à la queue ou de belles huppes sur la tête, ou au moins de couleurs vives à leur plumage. Le plus grand nombre vient d^Afrique ou des Indes (1).

Quelques espèces voisines des MoucheroUes, les Platyruynques, se font remarquer par un bec encore plus élargi et déprimé (2).

Le Muscicapa barbota est devenu le genre Tfrannula de M. Swainsou, et le Musc, querula a donné le genre Myagra de MM. Vigors et Horsfield.

D'autres, qui ont aussi le bec large et déprimé, se distinguent par des jambes hautes et une queue courte . On n'en connaît que deux ou trois, tous d'Améri-

{Muscic. vetula, Spix, xvui). — Le Tyran à queue fourchue de Cayenne (Muscic. tyrannus , Gm.) , eal. 471, 2. — Le Tyran à queue fourchue du Mexique {Muscic. forficata, Gm.), eiiL G77. —Le Tyran à queue fourchue du Brésil (Muscic. longicauda, Spis, xvu), Zool. Journ. II, pi. iv. — Le Tyran à huppe verte (Muscic. crinita, Gm.), enl. 569 ; Wils. Am. II, xiu, 2?

(1) On doit distinguer d'abord le Moucherolle à huppe transverse, ou Roi des Gobe-Mouches^ BuS.(Todus regius, Gm.), enl. 289. Viennent ensuite les espèces huppées et à plumes alongées à la queue, telles que le Moucherolle de paradis (Muscic. paradisi et Todus paradisiacus, Gm., enl. 254. Ces figures ne représentent que des femelles ; la queue des mâles est beaucoup plus longue. ) — Le petit Moucherolle de j^a radis ou Schct de Madagascar (Muscic. inutata). — Deux oiseaux que Buflfon décrit aussi ailleurs sous le nom de Vardiole ou Pie de paradis. — Puis des espèces sans huppe, mais à plumes delà queue en partie alongées; le Moucher, yetapa (muscic. psalura, T., col. 286 et 296, ou Muscic. risora , Vieill. cxxsi.) — Le Moucher, à queue de Coq; Gallita d'Azzar. , Muscic. alector, pr. Max. col. 155; Vieill. cxxxn. — Plathyrh. filicauda, Spix, xiv.

Quelques espèces se font remarquer par un cercle membraneux autour de l'œil : Musc, melanoptera, Gmel. enl. 567, 3. — M. telescophtalma , Less. et Garn. , Voy. de Duperrey, Zool. pi. xvni.

D'autres, par un bec long, plat et obtus, presque semblable à celui des Todiers ; mais avec une échancrure qui manque aux Todiers véritables , dont les pieds sont d'ailleurs autrement conformés. Tbf/Ms fï«ereM,ï; Desmar., ou T. melanocephalus , S]}i\,ix.'2.Le est T. cinereus, Spix, x, 1 . et T. maculatus , Desm. — T. griseus, Desm.

Enfin une multituded'autres espèces, comme le G. Manlvlé, Vaill. ci,\,o\x Muscic. borhonica, enl. 57ô , 1 . — Muscic. cristata , enl. 575 , 2 , et Tchitrec , Vaill. Afr. cxlii, 1 . — Muscic. cœrulea, enl.666, 1.— Tbrfws leucocephalus, Pall.; Sp. VI, pi. m, f. 2, ou Muscic. dominicana, Spix, xxix, 2. M.albitcnter, id. xxx, en est la femelle. — T. sijlvia, Desm.— Platyrhynchus chrysoceps, Spix, xi, l. — Plat. ruficauda, ib. l.—Platyr. hirundinaceus, Spix, xui, 1 .—Platyr. cinereus,\b.'2.— Muscic. barbata, enl. 830, 1 , AontM. xanthopygus, Spix, IX, 1, paraît la femelle. — Muscic. coronata, enl. 675, 1. — Le Molenar, Vaill. clx, 1, 2,ou jV/. pistrinaria , Vieill. —Le grand Moucherolle à lunettes, ib. chi\^\y—M.flainnticeps, ïemm. col. 144, ô.— J/. mystax, Spix, xxxi.— M. inurantia, enl. 331, 1.— M. querula, Vieill. Am. xxxix, dont Plat, cinereus, Spis, xin, 2, diffère à peine.— ikf. cucuUata, Lath., etc.

(2) C'est sur cette division que Vieillot a fait son genre Platyrhynchos, Gai. cxxvi.Tels soniMuscic. aurantia, eal. 851, 1. — Todus macrorhynchos , Lath. Syn. I, pi. xxx, ou Todus rostralus, Lath. Desmar. ; et surtout Todus platyrhynchos , Pall. Spic. VI , pi. ui, C. Ou voit que plusieurs MoucheroUes ont été placés parmi les Todiers. Quoique Pallas en ail donné l'exemple , l'échancrure du bec et la séparation du doigt externe s'y opposent. Aj . Platyr. olivaceus , T. col. 12, 1, ou suif urescens , Spix, xu. — Platyr. cancromus , id. ib. 11.

que, et qui se nourrissent de Fourmis ; ce qui les avait fait réunir à la petite tribu des Merles que Ton nomme fourmiliers (1).

Les GoBE-MOucHEs proprement dits (Muscicapa, Cuv.)

Ont les moustaches plus courtes, et le bec plus étroit que les MoucheroUes.

Il est cependant encore déprimé, à vive arête en dessus, à bords droits, à pointe

un peu crochue.

Deux espèces de ce sous-genre habitent notre pays pendant l'été j elles vivent assez tristement sur les arbres élevés. La plus commune est

Le Gobe-Mouche gtns. [Muscicapa grisola, Gm. enl. 565, 1)

Gris dessus, blanchâtre dessous, avec quelques mouchetures grisâtres sur la poitrine. Dans quelques pays, on en tient dans les appartements pour y détruire les mouches. L'autre,

Le Gobe-mouche à collier, {Musc, albicollis, Temra.) , enl. 553, 2 et 3, et mieux Hist. des ois. t. IV, m-A°. pi. xxv, f. 2, le mâle en habit de noces, Naum. lxv, dans les différents états,

Est très remarquable par les changements de plumage du mâle. Semblable à sa femelle en hiver, c'est-à-dire gris avec une bande blanche sur l'aile , il prend dans la saison des amours une distribution agréable de blanc et de noir purs ; une calotte, le dos, les ailes, la queue noirs ; le front, le collier, tout le dessous du corps, une grande tache sur l'aile, une plus petite en avant et le bord extérieur de la queue blancs. Il niche dans des troncs d'arbres (2).

On en a distingué, depuis peu, une espèce sujette aux mêmes variations, mais dont la nuque du mâle, dans la saison de l'amour, est noire comme le dos, et qui n'a pas la petite tache blanche du bord de l'aile. C'est

Le M. luctuosa ou Gobe-Mouche-Bec-Figue. Temm. Naum. lxiv. Edw. xxx,l. Lafem. enl. 668,1.

Il se porte plus au nord que le précédent.

On en a aussi découvert en Allemagne une petite espèce rougeâtre , M. parva, Beschst.; Naum. lxv, 3.

Le bec des Gobe-Mouches, devenant de plus en plus grêle, finit par en rapprocher plusieurs des Figuiers (3) .

(1) Ici viennent Turdiis auritus, Gm. enl. 822, et Vieill. Gai. cxxvn, le même que Pipra hucotis; mais qui n'est ni un Merle ni un 3Ianakin. — Et Pipra nœvia, enl. 823, f. 2. C'est sur cette distinction que M. Vieillot a fait son genre Conopophago, Galer. cxxvn.

(2) Les anciens ont bien connu cet oiseau sous les noms de Sycalis et de Ficedula dans son plumage ordinaire , et sous celui de Melanorchynchos et A^Atricapilla dans son beau plumage ; mais comme le nom de Bèque-Figue , qui répond à Ficedula , s'applique dans le 3Iidi et en Italie à diverses Fauvettes et Farlouses, les naturalistes ont réuni les attributs de ces oiseaux sur un certain état de ce Gobe-Mouche , et en ont formé l'espèce imaginaire présentée sous ce nom de Bec-Figue , dans BufFon et dans ceux qui l'ont suivi. C'est bien sûrement le Gobe-Mouche à collier, et non pas le M. luctuosa, qui est le Bccca-Fico d'Aldrovande, Ornith II , dcclvui et dcclix.

(3) Nous rapportons encore aux Gobe-Mouches proprement dits, le Gillit (Musc, bicolor), enl. 675, 1. — Le Pririt , Vaill. clxi, enl. 567, 1 et 2 {Musc. Senegalensis , Gm.). — M. alhicapilla, Vieill. Am. xxxvii. — M. armillata , ib. iv, 2. — M. diops, Temm. 144, 1 . — M. eximia , ib. 2. — M. ventralis , id. col. 285, 2. — ; M. virescens , ib. 3. — M. ohsoleta, ib. 1. — M. scita , Vaill. Afr. cliv. — Platyr. paganus, Spix. — PL inarinus,ïd. 2. — Pipra elata , id. vni, 2.

Le muscicapa flabellifera , Gmel. ; Lath. Syn. II , part. I, pi. xlix, a donné le genre RipiDURA à MM. Vigors et Horsfield. et le M. riiticella, Gm. (enl. 596; Vieill. Am.

Quelques espèces, où Tarête est un peu plus relevée et se courbe en arc vers la pointe, conduisent aux formes des Traquets (1).

Divers genres ou sous-genres d'oiseaux tiennent d'assez près à certains chaînons de la série des Gobe-Mouches, quoiqu'ils les surpassent beaucoup en grosseur : ainsi

Les Gymnocéphales, Geoff., ou Tyrans-Chauves,

Ont à peu près le bec des Tyrans ; seulement l'arête en est un peu plus arquée ; une grande partie de leur face est dénuée de plumes.

On n'en connaît qu'une espèce : grande comme une Corneille , et de couleur de tabac d'Espagne. De Cayenne (2).

Les Céphaloptères (Geoff.)

Ont au contraire la base du bec garnie de plumes relevées, qui, s'épanouissant à leur partie supérieure, produisent un large panache en forme de parasol. On n'en connaît aussi qu'une espèce , des bords de l'Amazone, de la taille du Geai, noire; aies plumes du bas de la poitrine formant une sorte de fanon pendant. {Cephalopterus orncUus, Geoff. Ann. du Mus. XIII, pi. xv ; Coracina cephaloplera, Vieillot , Galer. cxiv ; Temm. col. 255 ; Corac. ornata , Spix, LIX.)

Les CoTiNGAS ( AmpelIs, Lin. )

Ont le bec déprimé des Gobe-Mouches en général , mais un peu plus court à proportion , assez large et légèrement arqué.

Ceux où il est plus fort et plus pointu ont encore un régime très insectivore : on les nomme PiACHAu, d'après leur cri (Querula, Vieillot). Ils sont d'Amérique, et volent en troupes , dans les bois , à la poursuite des insectes (3).

Les CoTiNGAS ordinaires,

Dont le bec est un peu plus faible, outre les insectes, recherchent encore les baies et les fruits tendres. Ils se tiennent dans les lieux humides, en Amérique, et la plupart se font remarquer par l'éclat du pourpre et de l'azur qui

XXXV et XXXVI ; Wils. I , vi , 6) , le genre setophaga à M. Swainson. Le M. sUnura, Temm. col. 167, 3, à cause de sa queue en coin, est devenu le genre stenura, de Swainson; et les espèces à tête épaissie par les plumes, comme le Muscicapa australis , White , page 239, ont formé son genre paçuycephala : il y a aussi un genre voisin , seisura, formé du Tiirdus tolitans de Latham.

(1) Tels sont VOranor , Vaill. IV, clv, et plusieurs espèces voisines, assez semblables pour la distribution des couleurs, au Muscic. ruticilla, mais différentes pour le bec . telles ({WQ Muscic. miniata , Temm., col. 156. ou Turdus speciosus , Lath. — M . flammea , Forst. Zool. ind. xxv, et Temm. col. 263 ou Parus malabaricus, Lath. — M. hi/acinthina, col. 30. — V^zuroux (71/. azurea) , Vaill. Afr. clviu , 2. M. nigerrima , Vieill.; Dict. Spix, xviii, 1. — M. Ga/ea^a^ Spix, xvii, espèce différente. — M. stellata , Vieill. Vaill. CLvn, 2. — M. longipes ou Miro-Miro de la nouvelle Zél. , Less. et Garn. Voy. de Duper. Zool. pi. xxix, 1. — M. chrysomelas , ib. pi. xvni. — M. nivea, Spix, xix. 1. — M.icterophis^yïeiW. Dict. — M. Mirundinacea, Temm., col. 119. — Le Muscic. multicolor, Gm. ; Lath. Syn. II , l , est tellement intermédiaire entre le Gobe-Mouche et le Rossignol de muraille, qu'on hésite à lui fixer sa place.

Ce sont les espèces de ce type, dont le bec est plus fort, qui paraissent être les Drimo- PHYLES , de M. Temminck.

(2) CesiXe Choucas chauve , Ruif. enl. 521 {Conms calvus, Gm.). V Oiseau mon père, des nègres de Cayenne , Vaill. Ois. d'Amer, et des Indes , pi. xxix.

(3) Ici viennent le Piauhau ordinaire: noir, à gorge pourpre {Muscic. ruhricollis, Gm.), enl. -581 ; Vieill. Galer. cxv , et le grand Piaiihnu entièrement pourpre {Cotingn rouge ,

coloreul le plumage des mâles dans le temps des amours. Le resle de raiinéc, les deux sexes n'ont que des teintes grises ou brunes.)

VOuette {Ampelis carnïfex, L.), enl. 578; Spix, v ,

A la calotte, le croupion et le ventre d'un rouge écarlate, le reste mordoré • la quatrième penne de l'aile est rétrécie, raccourcie et comme racornie.

Le Pompadouv (Jmpelis Pompadora, L.) , enl. 279,

Est d'un beau pourpre clair, avec les pennes des ailes blanches; ses grandes couvertures ont les barbes roides et disposées sur deux plans en angle aigu, comme un toit.

Le Cordon bleu {Ampelis cotinga, Lin.), enl. 186 et 188,

Est du plus bel outre-mer, avec la poitrine violette souvent traversée d'un large ruban bleu, et marquée de taches aurores (1).

Les Tersines ( Tersina ) de Vieillot

Sont des Cotingas à bec un peu plus large à sa base (2).

Les EcHENiLLEuns (Geblepyris (5) , Cuv. )

Ont, avec le bec des Cotingas, un caractère singulier, qui consiste dans les liges un peu prolongées , roides et piquantes des plumes de leur croupion. Ils vivent , en Afrique et aux Indes, de Chenilles qu'ils recueillent sur les arbres les plus élevés, et n'ont rien de l'éclat des vrais Cotingas. Leur queue , un peu lourchue dans le milieu , est étagée sur les côtés (4). On peut en séparer aussi

Les Jaseurs (Bombycilla , Brisson) ,

Dont la tête est ornée d'un toupet de plumes un peu plus alongées que les autres , et qui , de plus , ont presque tous un autre singulier caractère à leurs pennes secondaires des ailes, dont le bout de la tige s'élargit en un disque ovale , lisse et rouge.

L'Europe en possède un , dit , sans que l'on sache trop pourquoi ,

Jaseur de Bohême {Ampelis garrulus , L. ), enl. 261.

Un peu plus grand que le Moineau ; à plumage d'un gris vineux , la gorge noire, la queue noire bordée de jaune au bout , l'aile noire variée de bjanc.

Vaill. Ois. de l'Amer, et des Indes, pi. xxv et xxvi ; Coracias militaris , Shaw). Le Cotiitija gris {Amp. cinerea) , enl. 699, se rapproche aussi des Piauhaus plus que des Cotingas ordinaires.

Le Piauhau à gorge aurore {Coracias scutata , Latli., ou Coracina sculata , Temm., col. 40), a le bec moins large, et se rapproche davantage des Céphaloptères.

(1) Ajoutez encore Amp. cayana, enl. 624. — yliiip. viaynana , enl. 2'J9. — Amp. cucullata, I, col. Ô6ô ; Swains. 111. Zool. xxxvn. — VAmp. cuprea, Meneniic. Av., 1, 2, paraît être une var. du Carnifex.

(2) Ampel. tersa , Gm. ; la Tersine , Buff. ; Vieill. cxix, ou Procné tcrsino, ïemni. , col. 5, ou Procnias hirundinacea , Swains. Zool. III, xxi.

(ô) Nom grec d'un oiseau inconnu. M. Vieillot a donné ensuite à ce genre le nom de Campephaga.

(4) Tels sont le Muscicapa cana, G>m. enl. 541 , ou TÉchenilleur cendré, de Vaillant, Afr. pi. cLxu; Vieill. gai. cxxx ; VÉchenilleur noir, Vaill. lxiv. Son Échenilleur jaune, pi. Lxiii est le jeune de l'Echen. à épaulettes rouges {Turdus phœnicopterus, Tem.) , col. 71 . — Aj . VÉvh. frangé {Cebl. fimbrialus , Temm. col. 249 , 250).

Cet oiseau arrive par Iroupes, dans nos contrés, à des intervalles très longs et sans régularité , ce qui l'a fait regarder long-temps comme de mauvais augure. 11 est stupide , se laisse aisément prendre et élever, mange beaucoup et de tout. On croit qu'il niche dans le fond du nord. Sa chaiï passe pour exquise.

L'Amérique en a une espèce extrêmement semblable , mais un peu plus petite {Ampelisgarruhis, b. Lin.) , Amp. americana, Wils. I, vu, 1 ; Bombycilla carolinens/s , Wils.j B. cedroritm, Vieillot, Gai. cxviii ; Vaillant. Ois. de par. I , pi. l.

Et il y en a une au Japon (B. phœnîcoptera , Temm.). col. 450, qui n'a point d'appendices aux ailes, et dont le bout de la queue et des petites couvertures de l'aile est rouge.

MM. de Hoffmannsegg et Illiger séparent avec non moins de raison des Cotingas,

Les Procnias , Hoffm. ,

Dont le bec, plus faible et plus déprimé, est fendu jusque sous l'œil. Ils vivent en Amérique, et se nourrissent d'insectes.

On peut encore les subdiviser.

Les Procnias proprement dits ont la gorge garnie de plumes.

Une espèce {Ampelis carunculata, Gm.), enl, 793, se distingue par une longue caroncule molle, qu'elle porte sur la base du bec. Elle est blanche dans l'état parfait, verdâtre le reste du temps.

Les AvERANos (Casmarhknchos, Tem.) sont des Procnias à gorge nue.

Dans une espèce , le mâle a toute la partie nue de sa gorge hérissée de caroncules charnues. C'est l'^i'é'rawo de Buff. IV, p. 457 5 ^mp. variegata, Liu., Temm. col. 51.

Une Bulre {Procn. araponga , pr. Max.), col. 368 et 383, ou Casmart ecarunculatus , Spix, iv , n'y a que de très petites plumes clair-semées. Ces oiseaux sont blancs à l'état parfait; le jeune mâle et la femelle sont verdàtres.

Enfin , l'on doit placer immédiatement à la suite des Cotingas,

Les Gymnodères (Geoff. ) ,

Dont le bec est seulement un peu plus fort , mais dont le col est en partie nu, et la tête couverte de plumes veloutées. L'espèce connue est aussi de l'Amérique méridionale, en grande partie frugivore, de la taille d'un Pigeon, noire, à ailes bleuâtres ; c'est le Gvacula nudicollis , Sh. ; le Corvus 7iudiis et le Graculn fetida, Gm. enl. 609 (1).

Les Drongos (Edolics , Cuv.) (2)

Tiennent encore à la grande série des Gobe-Mouches ; leur bec est aussi déprimé et échancré au bout ; son arête supérieure est vive ; mais ce qui les distingue , c'est que les deux mandibules sont légèrement arquées dans toute leur longueur ; leurs narines sont couvertes de plumes , et ils ont , en outre , de longs poils qui leur forment des moustaches.

(1) L'espèce de Vaill., Ois. de l'Amer, il des Indes, jd. xlv et \i.vi , est peut-être différente.

N. B. Vieillot réunit les Choucaris , les Gymnodères et les Céphaloptères dans son genre Coracina.

(2) Vieillot a préféré le nom de Dicrurus.

Les espèces eu sont assez nombreuses, dans les pays qui bordent la mer des Indes. Généralement teintes en noir et à queue fourchue, elles vivent d'insectes ; quelques-unes ont , dit-on , un ramage comparable à celui du Rossignol (1).

Les Phibalures, Vieillot,

Ont Tarête du bec arqué comme les Drongos ; mais ce bec est de moitié plus court que la tête.

VesTpèce connue (Pk.flavii^ostris), YieWlot, Ga\. lxxiv , Temm. col. 118, Ph. cristata, Goains , Zool. 11. pi. xxxi, est du Brésil ; elle a la queue très fourchue , le plumage tacheté de noir et de jaune, et du rouge aux plumes de la tête , qui rappelle certains Tyrans et Gobe-Mouches.

Les Taivgaras (Tatîagra, Lin.)

Ont le bec conique, triangulaire à sa base, légèrement arqué à son arête, échancré vers le bout , les ailes et le vol courts ; ils ressemblent à nos moineaux par leurs habitudes, et recherchent les grains aussi bien que les baies et les insectes. La plupart se font remarquer, dans les collections, par des couleurs vives. Nous les subdivisons comme il suit (2) ;

Les EuPHONES ou Tangaras-Bouvreuils.

A bec court , et présentant, lorsqu'il est vu verticalement, un élargissement à côté de sa base ; leur queue est plus courte à proportion (3).

Les Ïangaras-Gros-Becs.

A bec conique, gros , bombé, aussi large que haut; le dos de la mandibule supérieure est arrondi (4).

Les Tangaras proprement dits.

A bec conique , plus court que la tète , aussi large que haut ; à mandibule supérieure arquée , un peu aiguë (5).

(1) Espèces. Lanius forficatus , Gm. enl. 189; Vaill. ois. d'Afr. iv, 166, et Vieill. , Gai. cxLi. — Lanius malabar icu s , Shaw ; Vaill. IV , clxxv; Sonnerat , Voy. aux Indes et à la Chine, pi. xcvn, qui est aussi le Cuculus jjaradiseus , Briss. IV, pi. xiv, A, 1. — Lanius cœrulescens, Gm. ; Edw. pl.'xLVi ; Vaill. ois. d'Afr. IV, clxxii. — Corvus balicassius , Gm. , enl. 603. — Le Droiigolon, Vaill. IV, clxx. — Le Drongo bronzé, id.

N. B. Le Bec-de-Fer, de Vaill. ois. d'Afr., lxxix, dont Illiger a fait son genre Sparactes, et qui est copié dans Vieillot Galer. pi. cxxxxi , ayant été examiné par M. Temmink , s'est trouvé un Bârbican auquel on avait mis d'autres pieds et ajouté une huppe. Un marchand s'est amusé à tromper, par cette fraude, feu M. Raie de Breukelewaerd , riche amateur hollandais.

(2) Foyez, sur tout ce genre et sur ceux des manakins et des Todiers , l'ouvrage de M. Uesniarets et de mademoiselle Pauline de Courcelles , aujourd'hui madame Rnip.

(3) Tanagraviolacea, enl. 114 ,1,2. — Tanagra cayennensis, ib. 5. — Pipra musira , enl. 809, 1 .— Tan. diademata , Natterer , col. 243, ou Lindo bleu d'Azz.,ou Bouvreuil azuré j\'\(i'i\\. Gai. liv. — Le Lindo bleu doré, Azz. {Tan. chrysogaster, Cuy.). — Tan. viridis , Vieill. Temm. col. 36, 3.

(4) Tanagra magna, enl. 205. — Tanagra atra, enl. 714, 2. — Coracias cayennensis, enl. 616. — Tan. flannniceps, pr. Max., col. 177. — Tan. superciliosa, Spix, Lvu, 1. — Tan. psittacina, ib., 2. — Tan. atricollis , ib. lvi , 2. C'est sur cette division que M. Vieillot a fait son genre Habia.

(5) Tan. Tricolnr , enl. oô. — Mexicatia , enl. 290, 2, et 153, 1. — Gyrola, enl. 135, 2. — Cayoïio, enl. 201 , 2. et 200, 1. — Episcopns , enl. 178. — Cœlestis , Spix, i.v ,

Les Tangaras loriots.

A bec conique , arqué , aigu , échancré an bout (1).

Les Tangaras cardinals.

A bec conique, un peu bombé , une dent saillante obtuse sur le côté (2).

Enfin , les Tangaras rhamphocèles (3).

A bec conique , dont la mandibule inférieure a ses branches renflées en arrière (4).

Les Merles (Ti'rdcs. Lin.)

Ont le bec comprimé et arqué ; mais sa pointe ne fait pas de crochet , et ses échancrures ne produisent pas de dentelures aussi fortes que dans les pies-grièches ; cependant, comme nous l'avons dit , il y a des passages graduels de l'un à l'autre genre.

Le régime des merles est plus frugivore ; ils vivent assez généralement de baies : leurs habitudes sont solitaires.

On réserve plus particulièrement le nom de Merle aux espèces dont les couleurs sont uniformes ou distribuées par grandes masses. La plus répandue est

Le Merle commun ( Ttirdus merrila. L.) Naum. ixxi.

Le mâle (enl. 2) est tout noir avec le bec jaune; la femelle (enl. Ô55)est brune dessus , d'un brun roussàtre dessous , tachetée de brun sur la poitrine.

— T. Farta, Desm. {motactlla relia, L.), enl. 669, 3, dont T. Schrankii, Spix, li, pourrait bien être le jeune. — T.Putictataet siaca, enl. 135. L. — Tan. multicolor , Vieil., galer. Lxxvi , ou fring. zena , L. Catesb. 1 , 42. — Ta?i. thoracica. Tenira. col. 42 , l!

— Tan. citrinella, ib., 2. — Tan. rittata, ib., 48.— T. pentcillata, Spix, xlix. —Tati. auricapilla, id., lu. — Tan. rittata, Temm., col. 48. — Tan. Icucoptera , ou oriolus leucopterits , Latli.,Syn.

(1) Les Tanagra gularis , enl. 156;/J<7eata, 720, 2, et «/}ecM7«/era, Spix, xxxvi , 1, approchent des Becs-Fins par leur Lee plus grêle. Tan. nigricoUis , 720, 1 est un vraî Bec-Fin , une sorte de figuier à bec nn peu gros. — Tanagra cristata, enl. 7, 2, et 301 , 2 dont Tan . brunnea , Spix , xlix , 2 , est le jeune. — T. Nigerrima , enl. 1 79 , 2 , et 71 1'

— T. Oliracea. — T. Archicjnscoj)us, Desm., Spix, lv,2. — Tan. riifiventer, Spix, l, 1 '.

— T. Rufigularis , id., lvi, 5. — T. Saira, id., xLvni ,1. — T. Viridis , ib., 2. Cette division a été nommée Tachypiionds par Vieillot , Gai. lxxxii. — Mais on doit y rapporter aussi son genre Pyranga , qui n'est fondé que sur une déformation individuelle. Nous nommerons son espèce Tan. cyanictera.

Le Palmiste, BufF., enl. 509 , 1 (Tard, pahnariim , Gm.) , Vieill. , Am., II , lxix lui appartient également; son échancrure est à peine sensible , et elle disparaît à peu près entièrement dans une espèce voisine dont Vieillot a fait son genre Icteria {Ict. dumicola Vieill., Am., et gai., pi. lxxxv, ou Pipra pohjglotta, W^ils., I, V! , 2. Cette espèce conduit aux tisserins.

(2) Tanagra mississipiensis., enl. 742, ou T. œstiva, Wils. , Am. I , vi , 3, 4. T. ru-

hra, cLVi, 1. — T. ludoviciana, Wils. , 111., xx, 1.

(3) Vieillot en a fait ses Jacapa ou Rhamphocèles, gai. lxxix.

(4) Tanagra jacapa, enl, 128. — 7". brasilia, enl. 127, \. — T. nigrogularts , Spix. XLvu.

N. B. Le Tanagra atricapilla , 809 , 2 , et le Gtiyannensis sont des Pies-Grièches. Les T. cristafella, Spix, ou Fringilla cristata, Gmel., T. graminea et T. ruficollis Spix Mil. sont des Bruants. ' '

C'est un oiseau défiant, qui cependant s'apprivoise aisément , et apprend à bien chanter et même à parler. Il reste chez nous toute l'année.

Une espèce voisine, mais qui n'est que de passage, et qui suit de préférence les montagnes , est

Le Merle àplastron blanc ( Turdus torqnatus , L. ) enl. , 168 et 182 , Naum. ixx.

Dont les plumes noires sont en partie bordées de blanchâtre et la poitrine marquée d'un plastron de même couleur.

Les hautes montagnes du midi de l'Europe nourrissent deux espèces, le Merle de roche ( T. saxatilis , L. ) enl., 562 , Naum. lxxiii , et le Merle bleu ( T. Cfanus, L. ) enl. , 250 , Naum. lxxii , dont le Merle solitaire ( T. solitarius , L.) ne diffère point (1). Le premier, qui vient plus souvent dans le nord , est le mieux connu ; il niche dans les rochers escarpés , les vieilles ruines , chante bien. Le mâle a la tête et le cou d'un bleu cendré, le dos brun , le croupion blanc , le dessous et la queue orangés (2).

On donne le nom de Grives aux espèces à plumage grivelé , c'est-à-dire marqué de petites taches noires ou brunes. Nous en avons quatre en Europe, toutes brunes sur le dos et tachetées sur la poitrine ; oiseaux chanteurs , vivant d'insectes et de baies, voyageant en grandes troupes, et dont la chair est un manger agréable.

La Drenne ( Turdus viscivorus , L. ) , enl. 489; Frisch , xxv; Naum. lxvi ; 1 ,

Est la plus grande ; le dessous de ses ailes est blanc; elle aime beaucoup le fruit du gui , et contribue à ressemer cette plante parasite.

La Litorne {Turdus pilaris , L.), enl. 490; Frich , xxvi; Naum. ixvn ,

Qui se distingue de la Drenne , surtout par le cendré du dessus de sa tête et de son cou- La Grive proprement dite [Turd. musictis , L.) , enl. 406; Frich., xxvii ; Naum. Lxvi, 2.

Où le dessous des ailes est jaune; c'est celle qui chante le mieux et don! on mange le plus.

Et le Mauvts ( Turd. iliacus , L. ) , enl. 51 ; Frisch , xxvin ; Naum. ixvn , 1 ,

La plus petite , et dont le dessous des ailes et les flancs sont roux (3). Les oiseaux étrangers du genre des Merles sont très nombreux. Nous citerons principalement

(1) Observation de M. Bonnelli.

(2) On pourrait croire, avec M. Shaw , que c'est pour l'avoir confondu avec le Geai de Sibérie , que Linnœus lui a attribué des habitudes de harpie, et l'a nommé tantôt Corvus, tantôt Lanius infaustus.

On peut rapprocher du Merle de roche , le Rocar , Vaillant , Afr. , ci et en ; — VEspionneur, id., cm.

Les espèces étrangères , voisines de nos Merles solitaires par leur plumage maillé, sont Turd. manilensis, enl. 636; probablement le même que Turdus riolaceus, Sonnerat, deuxième Voyage, pi. cviii; — T'urd. ereviita, enl. 359 ; — Jurd. mrius, Horsf. ; — Myiothera Andromedœ , Tem., col. 392.

(3) On en a pris , mais très rarement, en Allemagne , encore deux espèces : la Grive à dos et flancs tachetés de roux {T. Naumantn) , Naum. LXiii , et la Grive à gorge et poitrine noires {T. Bechsleinii), Naum. lxix.

Le Moqueur ( Turdus polyrjloLlus , L. ) Calesb. xxvi.

Espèce de l'Amérique septentrionale ; cendrée dessus , plus pâle dessous , avec une bande blanche à l'aile. Elle est célèbre par son étonnante facilité à imiter sur-le-champ le ramage des autres oiseaux , et même toutes les voix qu'elle entend (1).

<^>uelques-uns de ces oiseaux paraissent tenir aux pies- grièches pour les mœurs, sans que la forme de leur bec puisse les faire distinguer des autres merles (2).

On ne peut pas distinguer davantage, par des caractères sensibles , certains merles d'Afrique , qui vivent eu troupes nombreuses et bruyantes comme les étourneaux, et poursuivent les insectes, ou font de grands dégâts dans les jardins. Plusieurs d'entre eux se l'ont remarquer par les teintes éclatantes de leur plumage couleur d'acier bruni (3) , et l'un de ceux-là par sa queue étagée et d'un tiers plus longue que le corps (4).

Nous croyons devoir en rapprocher le Merle de la Nouvelle Guinée , à queue trois fois plus longue que le corps , à double huppe sur la tête ,dont on

(l)Le Petit moqueur {T. Orpheus) , Edw., txxvni ; — le Moqueur de Saint-Domingue (7". rfoH»t»icMs),enI.558, 1 , en sont très voisins, ainsi que le T. gilviis, Vieill , Am. ,

LXVUI.

Aj. en Grives étrangères à poitrine ou dessous du corps tacheté, T. rufus, Gni., enl. 645, et Vieill. Am. lix ; — T. fuscatus, Vieill. Am. lvu bis; — T. minor , Gmel., ou T. mustelinus , Wils., ou Gr. tannée ou Gr. solitaire, Vieill. Am. lxh et Lxm ; — T. interpres , Ruhl. , col. 458.

A gorge seulement tachetée , du moins dans l'adulte , T. migratorius , L. , enl. 556 j Catesb.,xxix; Vieill. Am. lx , et lxi ; — T. ochrocephalus, col. 136; — T. plumbeus, eul. 560 ; Vieill. Am. lviii; — T. Falklandiœ , T. ; — T. olivacens , Gm.; le Griveron, Vaill. AlV. xcvui ; — T. campestris, pr. Max.

A flancs seulement tachetés , T. punctatus , Sh., Zool. Nouv. lloll.,!, pi. ix, qui est le genre CiNCLOSOMA , Vig. et Horsf. , Tiaas. Lin. sv, p. 219.

En Merles étrangers non tachetés en dessous, T. brasiliensis , Lath. ; — T. perspicillalus ; — T. melanotts ou Réclameur de Vaill. ou T. rociferans, Zool. , 111. clxxix ; T. nœvius, Vieill. Am. lxvi ; — T. liiidus ou Cat-Birdt , Wils. xiv , 2; — T. cifrinus, Teram., col. 445; — T. rubripes , id. 409; — T. leucogaster ,en\. 648, 1; — T. madagascariensis , enX.'Sol , 1. — T. Australasiœ , Sh. Nat. mise. 1013; — il/a/wrus frcnatus, Tem. , col. 585; — T. pectoralis enl. 644, 1; — T. cinnamomcus, enl. 560, 2 ; — T. rufifrons , enl. 644. 10. Ces trois dernières espèces ont été mal à propos rapportées par Buffon aux Fourmilliers.

N.B. Turd. a urocapillus^ Laih., enl. 398, 2, et Vieill. Am. lxiv (Motac. aurocap., L.) , est un vrai Bec-Fin à placer avec les Fauvettes; — Turdus calliope (Lath., Syn., Supplément, fig. du titre) , doit aller avec les Rouges-Gorges ; — Tf^/rf. Cayanus, enl. 515, est une femelle de Colinga. — T. gu.yanensis, enl. 398 , f . 1 , est une femelle du Tanagra dominica, enl. 156,2 , dont Vieillot a fait son Dulus pahiiaruiii , gai. 146.

(2) Nous avons déjà parlé à l'article des Pies-Grièches de quelques espèces rangées d'ordinaire parmi les Merles, comme le Tard, zeilonus , enl. 272. Il paraît que l'on pourrait en rapprocher encore le Turd. cafer , enl. 563, Vaill. cvi, qui diffère très peu , même pour les couleurs, du Lanius jocosus , enl. 508. Ces deux espèces entraîneraient aussi le T. capensis , enl. 517, Vaill. cv, et le T. chrysonhœus , Temm., Vaill. cvn.

D'un autre côté , il serait dilhcile d'éloigner du Zeilonus le Hausse-Col noir , Vail. Afr. ex, et la Cravate noire, id., cxv.

(3) Surtout Turdus auratus , enl. 540 {Nabirop, Vail. Afr. lxxxix), et Turdus nitens , enl. 561 {Couigniop, Vail. xc).

Ici viennent encore VOranvert {T. chrysogaster , Gm.) , enl. 538 ; — le Spréo (T. bicolor, Gm.) , Vaill. lxxxvui ; — le Jaunoir [Tard, morio) , enl. 199, Vail. Af. Lxxxni ou 1(1 Corvus rufipennis, Sb.; et probablement V E datant ,\ ail, lxxxv , et le Choucador , id. Lxxxvi (Corvus splendidus , Sh.).

(4) Turdus œiicus , eul. 220 (lert dure , VulU. Lxxxvn).

a l'ait un oiseau de paradis {Pavadisœa gu taris. Lalli. et Shaw, Par. niyra. Gm.), Vaill. , Ois. de par., xx et xxi ; Vieill. , Ois. de par., pi. vm ; et Galer, cvii) mais seulement à cause de la singularité et de l'incomparable magnificence de son plumage (1). ,

Il faut encore rapprocher des merles voisins des pies-grièches , le Muscicapa carinata. Swains; (111. Zool. 147) dont MM. Vigors et Horsfield font leur genre JIonarcha.

D'autres Merles à plumage brillant , ont les plumes de l'occiput pointues comme TÉtourneauj ce sont les Stournes ou Lamprotornis de ïemmink (2). Certains Merles ont le bec si grêle, qu'ils se rapprochent des Traquets ( les Turdoîdes, ou Ixos, Tem. ) (3); d'autres ont le bec grêle , mais droit et fort, et dans le nombre il en est à queue excessivement fourchue (les Enicures. Tem. ) (4).

Il y en a aussi qui se distinguent par la hauteur de leurs jambes , qui leur donne une apparence d'échassiers ; ce sont les Grallines de Vieill., gai. 150 , ou les Tanypus d'Oppel. Mém. de l'Acad. de Munich, 1812 pi. vm. Les Crinons ( Criniger , Tem. ), sont des Merles dont les poils du bec sont

très forts , et qui ont quelquefois les plumes de la nuque terminées en soie.

Tel est Criniger barbatus , col. 88.

Buffon a séparé avec raison des Merles

Les Fourmiliers (Myothera, Ilig.) (5)

Que Ton reconnaît à leurs jambes hautes et à leur queue courte. lis vivent d'insectes, et principalement de fourmis. On en trouve dans les deux continents.

Cependant les espèces de l'ancien se font remarquer par les couleurs vives de leur plumage : ce sont les Brèves (6) de Buffon \Corvus brachyurus , Gm. , enl. 257 et 258, Edw. , 524) , auxquelles ont été jointes depuis peu plusieurs autres belles espèces (7).

Il faut y ajouter l'Azurin ( Turdus cyanurus , Lath. , et Gmel. ; Corvus cya-

(1 ) Vieillot a donné à cet oiesau le nom générique d'AsTRAPiA.

(2) Turdus mauritianus , Gm., enl. 648 , 2, et col. 149: — Turd. cantor , Sonnerat, premier Voyage, pi. Lxxni ; — Lamprotornis vietatlicus , Temm. col. 266. On devrait distinguer le Lampr. erythrojihris à cause de ses beaux sourcils rouges , formés par des plumes cartilagineuses.

(ô) Tels sont le Podohé {T. erythropterus , Gm.) , enl. 334; — le Janfredric, Vaill. Afr. CXI ; — le Grivetïn , id. cxvni ; — le Coudor , id. cxix; — le Turdus trichas, enl. 709 , 2. Le Terat-Boulan {Turd. orientalis, Gm., enl. 273 , 2) rapproche ce groupe des Pies-Grièches à Lee droit.

Aj. /j-os chalcocephalus, Tem. , col. 433, 1 ; — /. squammatus , ib. 2 ; — T. atriceps, col. 157 , et surtout T. dispar , col. 157, quia sous la gorge des plumes rouges cartilagineuses comme les appendices de l'aile du Jaseur.

(4) Enicurus coronatus, Temm., col. 115 , ou Turd. Leschenaulfii , Vieill. gai. 145 ouj Motacilla speciosa , Horsfield ; — Enic. velatus, T., col. 160. On les rapprocherait à titre aussi juste des Pies-Grièches à bec droit.

(5) Vieillot a changé ce nom en Myrmothera.

(6) Vieillot a donné à ces oiseaux le nom de Pitta.

(7) Telles que Pitta enjthrogaster , Cuv., enl. 212; — P. gigas , Temm. , col. 217 ; — P. cyanoptera y id. ib. 218; — P. superciliosa , G. — P. strepitans , Leadbeater . col. 533.

N. B. La Brève des Philippines, enl. 89, n'est point , comme l'avait dit Vaillant, celle A^Angolc, Ewd. 324, à qui on aurait mis une tête de Merle, nous l'avons en nature.

nurus, Shaw) enl., 355 (1), qui n'en diffère que par une queue un peu taillée en pointe.

Les espèces du nouveau continent , bien plus nombreuses, ont des teintes plus brunes , et varient pour la force et la longueur du bec. Elles vivent sur les énormes fourmilières des bois et des déserts de cette partie du monde ; leurs femelles sont plus grosses que les mâles. Ces oiseaux volent peu , et ont des voix sonores , extraordinaires même dans quelques espèces.

Parmi celles à bec épais et arqué , on remarque

Le Roi des fourmiliers. ( Turdus rex. Gm. Corvus grallarius Shaw. ) enl. , 702.

Le plus grand, le plus élevé sur jambes de tous, et celui qui a la queue la plus courte ; on le prendrait même au premier coup-d'œil pour un échassier ; sa taille est celle d'une caille , et son plumage gris est agréablement bigarré. Il vit plus isolé que les autres (2). Les espèces à bec plus droit, mais encore assez fort, se rapprochent des pies-

grièches de même bec (3).

D'autres ont le bec grêle et aiguisé, ce qui, aussi bien que leur queue striée,

les rapproche de notre troglodyde (4).

Les Orthonyx, Tem. , peuvent être rapprochés des fourmiliers. Ils ont un

bec de Merles, mais court et mince, les pieds hauts , les ongles presque droits ,

et surtout les pennes de la queue terminées en pointe comme dans les grimpe-

reaux.

(1 ) L'Azurin n'est point de Cayenne , comme le dit Buffon , mais des Indes orientales C'est le Pytta cyanura, Vieill. , CLiii. Aj. Myiothera aflinis, Horsf., et même son Turdus cyaneus , qui est la Brève-Bleuet, Temra. col. 194 , mais qui conduit aux Pies-Grièches à bec droit.

Le Pitfa thoracica , Temm. col. 76 , dont MM. Horsfield et Vigors font le type de leur genre Thimalia , s'éloigne peu de l'Aîurin , si ce n'est par des couleurs sombres et par un bec qui diminue plus également en avant ; ce qui le rapproche des Tangaras.

(2) Vieillot a fait de cet oiseau son genre Grallaria, Galer. r.Liv. Ajoutez le grand Beffroi (Turdus tinniens) , enl. 706, 1 , qui est le type du genre Myothera , du même auteur ; son bec est moins gros; — Myrmothera guttata, Vieill. galer. clv.

(3) Telles sont le Tetema {Turdus-Colma, B.) , enl. 821 ; — le Palicour [Turdus forviicivorus), enl. 700 , 1 ; — le Petit beffroi {Turdus lineatus) , enl. 823 , 1 ; — le Thamnophilus stellaris , Spix , xxxix; — Thamn. myotherinus, id. 42. Le M. leucophris , Temm. col. 448 , quoique de Java , paraît approcher de ce groupe. Le Brachypteryx montana, Horsf. Jav., s'en rapproche aussi par la hauteur de ses jambes, mais sa queue est plus longue à proportion et son bec tient de celui du Traquet.

(4) Tels sont le Bamhla {Turd. bambla) , enl. 705; — VArada (Turdus cantans) , enl. 706, 2. Ici vient le genre Rhamphocène, de Vieill. ix, 128.

Mais on est obligé de renvoyer aux Merles plusieurs espèces que Buffon avait placées parmi les fourmiliers , à cause de quelques rapports de couleurs, nommément le Carillonneur (T. tintinnabulatus), enl. 700, 2; —le Merle à cravate (T. ci7inamomeus), enl. 560, 2 ; — ceux de la pi. enl. 644 ,1 et 2 , qu'il juge, contre toute apparence , variétés du Palicour. Je range dans la même catégorie le Thamnophilus grisous, Spix , xli , 1, et xLviii, 2 ; — Striatus , id. xl , 2 ; — Melanogaster , id. xlui , 1. Les Myothera capistrata eimelanothorax , Temm. col. 185.

Il faut aussi renvoyer aux Merles , malgré leur petitesse , les espèces à longues queues nommées par Buffon Four iiiilliers-Rossig nais (Turd. coroya et T. alapi, Gm.) , enl. 701, ainsi que le 71/(/îo/Aera malura Natterer col. 353, et les M. ferruginea et rufimarginata, col. 132 , qui tiennent même de près au T. punctatus et grammiceps ; — les M. gularis et pyrrogenis , Temm. col. 442, 448.

Les Myiothera mentalis et strictothorax Natterer; col 179, me paraissent devoir aller aux Pies-Grièches. Aucun groupe n'a été plus surchargé d'espèces étrangères que celui des fourmiliers. Au reste , il faut avouer qu'il n'est pas plus rigoureusement limité que les autres groupes des dentirostres.

On doit aussi séparer des Merles :

Les Cingles. (Ciivçlcs. Bechst. (1)) Vulgair. Merles d'eau.

Dont le bec est comprimé , droit, à mandibules également hautes, presque linéaires, s'aguisant vers la pointe, et la supérieure à peine arquée.

Wous n'en avons qu'un ,

Siurnus cinchcs. L. ( Turdus cînclus. Lath.) enl. 940. Vieillot, galer. 152.

A jambes un peu élevées, à queue assez courte, ce qui le rapproche des f'ourmilliers. 11 est brun, à gorge et poitrine blanches. 11 a l'habitude singulière de descendre tout entier dans l'eau sans nager , mais en marchant sur le fond, pour y chercher les petits animaux dont il se nourrit.

L'Afrique et les pays qui bordent la mer des Indes nourrissent un genre d'oiseaux voisins des Merles, que je nommerai

PflILÉDON (2).

Leur bec est comprimé, légèrement arqué dans toute la longueur, écbancré près du bout ; leurs narines sontgrandes , couvertes par une écaille cartilagineuse ; leur langue est terminée par un pinceau de poils.

Les espèces, pour la plupart remarquables par quelques singularités de couformation, ont été ballottées dans toutes sortes de genres par les auteurs.

11 en est qui ont à la base du bec des pendeloques charnues (3).

Le Créadion ou Pie à pendeloques (Daud. Ornith. , ii , pi. xvi. corvus paradoxus, Vieill. , gai. 94 , merops carunculatus , Phil. , Lath. , Shaw) est le genre Anthoch^ra de M. Swainson; il y a joint le Merops phrygius, etc.

Les Phdédons à bec grêle et long , comme le Cerlhia cucuUata de Vieillot , forment le genre Myzomela de M. Swainson.

Quelques-unes ont au moins des portions de peau dénuées de plumes sur les joues (4).

3Iême dans celles qui n'ont aucune partie nue, on observe encore quelquefois des dispositions singulières dans le plumage (5).

(1) Vieillot a changé ce nom en celui d'IlYDROBATA.

(2) Cominerson avait eu le projet de nommer ainsi le Polochion (merops moluccensis , Gm.), qui est de ce genre. Foijez Buffon, Hist. des Ois., VI, in-4", p. 477. Vieillot fait de la plus grande partie de ces oiseaux son genre Polochion , et en latin il aime mieux l'appeler Philomon que Philédon, Gai. clxxxix. Le genre Melipiiaga de Lewin rentre aussi à peu près dans ces Philédons.

(ô) Ici y\iini\e Sturnus carunculatus , Lath. etGm., ou Gracula carunculata , Daud. et Shaw (Lath., Syn., III, pi. xxxvi), et le Cerlhia carmicidala, Lath. etGm. (Vieill. Ois. dor. , II , pi. Lxix) , me paraissent lui appartenir également. Ce dernier chante , dit-ou , à merveille, et habite les îles des Amis. C'est de cette subdivision que Vieillot a fait sou genre Créadion, gai. xciv.

(4) Le Goruck, Vieill. Ois. dor. , II, pi. lxxxviii (C. goruck, Sh.); — le Fuscalbiu , id. ib. pi. Lxi (C. lunata) ; — le Graculc, id. ib. pi. Lxxxvn {C. graculina) ; — le Polochion ^ Buff. (Merops moluccensis , Gm.), — le Ph. à oreilles jaunes , Less. 5 Voy. do Duperrey., pi. XXI èis, et quelques espèces nouvelles , appartiennent à cette division.

(5) Nommément dans le Merops Novœ-Hollancliœ, Gm. et Brown , III, IX, ou merle à cravate frisée , Vaill. Afr. ou Merops circinnalus , Lalh. et Shaw , Gen. Zool. , VIII , pi. xxii. Ce sont les plumes des oreilles qui descendent en se frisant presque sur le devant de la poitrine. — Melliph. auricomis , Swains Zool. 111, p. 4ô.

Aj. Ccrlh auricidaia, Vieill. Ois. dor. lxxxv ; C. Novw Hollandiw, ib. 7.

Les esjjèces de ce genre qui n'ont point de ces sortes do singularités, soûl les Cerlhia

Les Mauvates (Eclabes. Cuv. )

Tiennent de près aux philédons. Leur bec est à peu près celui du merle; leurs narines sont rondes et unies. Cesoiseauxse distinguent par de larges lambeaux de peau nue de chaque côté de l'occiput et une place nue à la joue.

Linnaeus en a confondu deux espèces sous le nom de Gracula religiosa (1). ■ L'espèce des Indes {E. indiens), enl. 268, est de la taille d'un Merle, noire, avec une tache blanche vers la base des grandes pennes de l'ade. Ses pieds, son bec et les parties nues de sa tète sont jaunes.

L'espèce de Java ( E.javanus) , Vieill. gai. 95, a le bec plus large, plus fendu, plus crochu au bout et sans échancrure. L'on devrait en conséquence la placer à la suite des RoUes ; mais elle ressemble entièrement à l'autre par tout le reste et surtout par les lambeaux nus de la tête (2).

On dit que c'est de tous les oiseaux celui qui imite le mieux le langage de l'homme.

Les Martins (Gracula. Cuv.) (S)

Sont encore un genre voisin des Merles, habitant de l'Afrique et des pays qui bordent la mer des Indes. Leur bec est comprimé, très peu arqué, légèrement échaneré ; sa commissure forme un angle comme dans les étourneaux. Presque toujours les plumes de leur tête sont étroites, et il y a un espace nu autour de leur œil. Ils ont aussi les mœurs des Étourneaux, et volent comme eux, en grandes troupes, à la poursuite des insectes. Une de leurs espèces paraît quelquefois en Europe, c'est

Le Merle couleur de rose des auteurs. ( Turdus roseus. L.) Pastor rosetts. MeYcr. 3Ierularosea. Naum. lxiii, enl. 251. Vaill. Afr.

D'un noir brillant 5 le dos, le croupion, les scapulaires et la poitrine d'un rose pâle; les plumes de la tête étroites et alongées en huppe. Il rend de grands services aux pays chauds, en détruisant les Sauterelles (4).

Une autre espèce ( Paradisœa tristis, Gm. ; Gracula tristis, Lath. et Shaw ; Gracula grxllivora,T)a.iid.) , enl. 219 est devenue célèbre parles services

irantotiis j Sh., Vieill. Ois. dor. II, pi. lxxxiv; — C. aiistralasiaua, ib. lv; — C. vicllirora, ib. lxxxvi ; — C. cœrulea , ib. lxxxiii ; — C. scnictdus , ib. lv. Merops nigcr, Gm., ou fascictdatus, Lath. ou Gracula nobilis, Merreni, Beytr. Fasc. I, pi. 11, en est encore plus probablement. Dans aucun cas , ce ne peut être un Guêpier. Je place encore parmi ces Philédons le Verdin de la Cochincliine, enl. 64-5, qui est le deuxième Turdus malaharicus, n° 125 , de Gmel. (car le premier, n» 51 , est un Martin), et le Ccrth. cocincinica , Sh. Vieill. lxxvii et lxxviii. — Aj. le Philéd. cap nègre, Temm. [Certhia atricapilla. Lath.), coL 335, 1; — le Philéd. moustac. {Melliph. mystacalis , Temm.), ib. 2; — le Philéd. grivelé {Melliph. mactdaia. T.), col. 29 , 1 ; — le Philéd. réticulé {Melliph. reti- CM/ato), ib. 2; — le Philéd. à joues blanches {Melliph. leucotis) , col. 435; — he Philéd. Dumerilii, Voyage de Duperr. , pi. xxi , et peut-être le Turdoïde à tête blanche , Rappel , Av. , 4.

(1) Ce nom de religiosa ne lui a été donné qu'à cause d'un trait particulier, rapporté par Bontius (Med. Ind. or., p. 67), et étranger à ses mœurs naturelles. J'en ai fait le nom générique en le traduisant en grec.

(2) Rien ne doit être plus désespérant pour les méthodistes que celte difiërence de bec dans deux oiseaux si semblables.

(3) Vieillot a changé ce nom en celui de Cridotheres , Gai. ont.

(4) Depuis ma première cditiou . je me siiis assure de l'affinilé générique du Merle rose et des Martiiis.

de même nature, qu'elle a rendus à rile-de-France. Elle mange d'ailleurs de tout, niche dans les palmiers, se laisse aisément apprivoiser et dresser. Sa taille est celle d'un Merle, sa couleur est brune, noirâtre à la tête ; une tache vers le fouet de l'aile, le bas ventre et le bout des pennes latérales de la queue sont blancs (1).

Les Manorhines (Manorhina., Vieill.)

Ont le bec très comprimé, peu arqué, faiblement échancré, des narines grandes, mais fermées en grande partie par une membrane qui ne laisse qu'une fente étroite ; le col court. Les plumes de leur front, douces comme à déjeunes oiseaux, reviennent en partie sur les narines (2).

Les Chocards, (Pyrrhocorax. Cuv.) (3)

Ont le bec comprimé , arqué et échancré des Merles ; mais leurs narines sont couvertes de plumes comme celle des corbeaux, auxquels on les a long -temps réunis.

Wous en avons un de la taille d'un choucas ,

Le Chocard des Alpes. {Corvus pyrrhocot^ax. L.) enl. 531. Vaill, Galer. 106. i\aum. LVii. 1.

Tout noir, le bec jaune, les pieds d'abord bruns, puis jaunes, et dans l'adulte rouges, qui niche dans les fentes des rochers, des plus hautes mon-

(1) Il est difficile de comprendre comment Linnaeus en avait fait un oiseau de paradis. A ce genre appartiennent encore le Gracula cristatella, enl. 507, etEdw. xix , qui esta peine une variété de l'ordinaire ; — le Porte-Lambeaux, Vaill. Afr. pi. xciii et xciv, qui est le Gr. carunculata, Gm. ou le Gr. larvata, Sliaw, ou le Sturnus gallinaceus, Daud. ; — le Martin-Brame , Tnrd. pagodarutn , Vaill. Afr. xcxv, et Vieill. Gai. cul. Le premier T. malaharicus, le T. ginginianus , le T. dominicanus , enl. G27, 2; le Martin gris fie /èr, Vaill. Afr. xcxv, 1 , et le Sturnus sericeus , Gm. y tiennent également, ainsi que quelques espèces nouvelles. J'y rapporte aussi , par conjecture, le Turd. ochrocep/t«/ws, Latb. [Sturn. ceylanicus, Gm.) Brown, Ill.,xxii.

N. B. On ne peut comprendre quel type Linnœus et ses sectateurs s'étaient fait de leur genre Gracula. Linnœus le forma d'abord, dans sa dixième édition, de sept espèces très disparates , savoir : l» Religiosa, le Mainate 5 2" Fetida, que je soupçonne le même que le Col Nu c'est-à-dire voisin des Cotingas, 3» Barita, et 4" Quiscula , qui sont des Cassiques- 5" Cristatella, qui est un Martin; G" Saularis, ou plutôt iÇo/arjs, qui est une Pie- Grièc'he à bec droit, et le même oiseau que T. mindanensis, enl. 627, 1 ; enfin, 7» Atthis, qui est un Merle.

Dans la douzième édition, il ajouta le Goulin {Gracula calva), et mit le Martin ordinaire parmi les oiseaux de paradis.

Gmelin, d'après Pallas , y ajouta un Carouge {Gr. longirostra) *. Il y plaça aussi le Martin porte-lambeaux {Gr. carunculata)^ tout en laissant le Martin commun dans les oiseaux de Paradis; enfin il y mit le Picuculc {Gr. coyennensis), qui est un Grimpereau. M. Latham y a transporté le Martin { Gr. tristis ), le Col Nu ( Gr. nuda), et un de mes Philédons {Gr. icterops) **. Daudin a mis à la suite du Martin des espèces qui lui ressemblent en effet, et dont Gmelin avait laissé deux parmi les Turdus {Turd. pagodarum et malabaricus). Enfin M. Shaw a complété la bizarrerie de ce genre, en y plaçant encore trois cassicans (ses Gr. strepera, varia et tibicen)., et en leur ajoutant le Talapiot, qui est un Grimpereau, ou une Sittelle {Grac. picoïdes). Il est certain que des genres ainsi composés peuvent excuser, sinon justifier l'humeur des ennemis des méthodes. Foyez le Mém. de M. Lichtenstein, Acad. deBerl. 1817.

(2) Manorhina viridis , Vieill. Gai. cixl; — Merops albifrons , Shaw?

(3) Vieillot a adopté ce genre et ce nom.

* Je ne connais point le Gracula slurnina de Pallas. , », »

•* Je ne connais pas non plus les Orar. melanncephaln ol viridt» rlr M. Lalham ; mnis je les foupçoniie <1 appartenir

aussi :; mes Pl.ilcHons.

tagnes, d'où il descend Thiver, en grandes troupes, dans les vallées. Il vit d'insectes, de Limaçons, mange aussi des grains et des fruits, et ne dédaigne pas les cliarognes.

Il s'en trouve aux Indes un autre,

Le Sici'in {Pyrr. hexanemus, Cuv.), Vaill. Afr. , pi. lxxxii,

Distingué par trois tiges sans barbes aussi longues que le corps, qu'il porte de chaque côté , parmi les plumes qui couvrent son oreille.

Je ne trouve non plus aucun caractère suffisant pour éloigner des Merles

Les vrais Loriots (Oriolus , Lin. ),

Dont le bec , semblable à celui des Merles , est seulement un peu plus fort , et dont les pieds sont un peu plus courts et les ailes un peu plus longues à proportion; Linnœus et plusieurs de ses successeurs leur avaient réuni mal-à-propos les Cassiques, auxquels ils ne ressemblent que par les couleurs.

Le Loriot d'Europe. ( Oriolus galbula. L. Gm. ) enl. , 26. Merle d'or, Merle jaune des Allemands, etc.

Un peu plus grand que le Merle. Le mâle est d'un beau jaune, avec les ailes, la queue et une tache entre l'œil et le bec noires ; le bout delà queue jaune ; mais pendant ses deux premières années , il a, comme la femelle en tout temps, le jaune remplacé par de l'olivâtre, et le noir par du brun. Cet oiseau suspend aux branches un nid artistement fait, mange des cerises et d'autres fruits, et, au printemps, des insectes; il est timide, ne nous demeure que peu de temps dans la belle saison ; voyage à deux ou trois.

Les Indes en produisent quelques espèces assez semblables à la nôtre (1) ; mais on doit surtout distinguer , dans le nombre, le Loriot prince régent (Oriolus regens , col. 520. MeUiphaga regia lawsio : sericulus ckrysocephalus ifwainson ) , Sericula regens, Less., du plus beau noir soyeux , avec des plumes veloutées d'un beau jaune orangé sur la tête et le cou , et une grande tache de même coideur à l'aile (2).

Les GocLiivs (Gymivops, Cuv.)

Ont le même bec fort que les loriots , les narines rondes, sans écailles et sans entourage membraneux , une grande partie de la tête dénuée de plu. mes. {%).

Quelques-uns ont des proéminences sur le bec (4). Dans ces derniers , la langue est en pinceau comme dans les philédons.

(1) Oriolus chinensis, enl. 570; — or. mclanocephalus, enl. 79, ou Loriot rieur, Vaill. Afr. ccLxui; — le Loriot d'or, Vaill, cclx; Vieill. Gai. 8ô; — le Coudougnan , Vaill. ccLxi ; — VOrtolus xanthonothus , Horsfield, Jav.

(2) M. Lesson (Voyage de Duperr., pi. xx) donne comme sa femelle un oiseau de couleur de Grive , assez différent par les proportions.

(3) Le Goulin gris (Gracula calva , Gm.) , enl. 200; — le Goulin vert {Mino Diimontii, Less.) , f^oy. de Duperrey , pi. xxv ; — le Goulin olive {Gracula cyanotis, Latli.; Merops cyanotis , Sh.).

(4) Le Corbicalao , Vaill. Ois. d'Am. et des Indes, pi. xxiv {3Ierops corniculatus , Lath. et Sh.), et une espèce voisine, dont le tubercule, plus grand, se dirige vers le front (Mer. monachus , Lalli.). Ces deux oiseaux de la Nouvelle-Hollande ne sont ni des

2ùi OISEAUX.

Les Lyres (M^ni'ra. Sh.),

Que leur grandeur a fait rapporter par quelques-uns aux gallinacés, appartiennent évidemment à l'ordre des passereaux, par leurs pieds à doigts séparés (excepté la première articulation de l'externe et du moyen) , et se rapprochent des Merles par leur bec triangulaire à sa base, alongé, un peu comprimé et échancré vers sa pointe ; les narines membraneuses y sont grandes, et en partie recouvertes de plumes comme dans les geais. On les distingue à la grande queue du mâle, très remarquable par les trois sortes de plumes qui la composent; savoir les douze ordinaires très longues, à barbes effilées et très écartées ; deax de plus au milieu , Garnies d'un côté seulement de barbes serrées, et deux extérieures courbées en S, ou comme les branches d'une lyre, dont les barbes internes, grandes et serrées, représentent un large ruban , et les externes, très courtes, ne s'élargissent que vers le bout. La femelle n'a que douze pennes de structure ordinaire.

Cette espèce singulière {Mœnura Lyra) , Vieillot, Ois. de paradis., pi. xiv, et XV, etGaJer. , 192; Sh. , Mise. , 577, habite les cantons rocailleux de la Nouvelle-Hollande ; sa taille est un peu moindre que celle du Faisan.

Les Bec-fins (Motacilia. L.)

Forment une famille excessivement nombreuse, reconnaissable à son bec droit, menu, semblable à un poinçon. Quand il est un peu déprimé à sa base , il se rapproche de celui des Gobe-3Iouches; quand il est comprimé et que sa pointe se recourbe un'peu, il conduit aux Pies-Grièchesàbec droit.

On a essayé de les diviser comme il suit :

Les Traouets (Saxicola, Bechst. ) (1)

Ont le bec un peu déprimé et un peu large à sa base, ce qui les lie surtout à la dernière petite tribu des Gobe-Mouches. Ce sont des oiseaux, vifs, assez hauts sur jambes. Les espèces de ce pays-ci nichent à terre ou sous terre, ne mangent que des insectes.

Nous en possédons trois :

Le Traquet. {Motacîl. ynibicola. Lin.) enl. 678. Nauni. xc. 3. 1. 5. Petit oiseau brun , à poitrine rousse , à gorge noire , avec du blanc aux côtés du cou, sur Taile et au croupion. 11 voltige sans cesse sur les buissons, les ronces, et a un petit cri semblable au tictac d'un moulin, d'où lui vient son nom.

Le Tarier ( 3Ioi. rvbetrn ) enl. ib. , 2, Naum. lxxxix, 5, 4,

Ressemble beaucoup au Traquet; mais son noir au lieu d'être sous la gorge, est sur la joue. 11 est un peu plus grand, et se tient plus à terre.

Le Motteux ou Cul-Blanc. {Mot. oenanthe.) enl. hM. Naum. lxxxix, 1, 2.

Le croupion et la moitié des plumes latérales de la queue blancs. Le mâle a le dessus cendré, le dessous blanc-roussâtre, l'aile et une bande sur l'œil noires. Dans la femelle, tout le dessus est brunâtre et le dessous roussàtre.

Calaos ni des Guê[)icrs , c-ixt ils n'ont pas les doigts externes plus réunis que les passereaux les plus ordinaires. BI. Swainson forme du Corhicalao son genre Tropiclonjnehus. (1) Vieillot a ehangc ce nom en celui de Motlcux (OEnantiie).

Cet oiseau se lient dans les champs qu'on laboure , pour prendre les vers que le sillon amène à la surface du sol. On doit en distinguer

Le Motieux à gorge tioire ou 31. roux. (BulT. Saxicola slrapasina. T.) Naum. xc,l,2,

Espèce du midi de l'Europe, qui nous visite aussi quelquefois.

On doit rapprocher des Motieux, un oiseau du midi de la France, noir, à croupion et les deux tiers supérieurs de la queue blancs, qu'on a rangé parmi les Merles. C'est le Turdus Icucurus, Lalh., Synops. II, pi. xxxvui (1) (Saxicola cachitinans, Tem.).

Les RuBiETTEs (2) (Stlvia, Wolff et Meyer ; Ficedula, Bechst.)

Ont le bec seulement un peu plus étroit à la base que les précédents. Ce sont des oiseaux solitaires, qui nichent généralement dans des trous, et vivent d'insectes, de vers et de bayes.

Nous en avons ici quatre espèces :

Le Rouge-Gorge. [Mot. rubecula, L.), enl. 361, 1. Naum. lxxv,1, 2.

Gris-brun dessus, gorge et poitrine rousses, ventre blanc; niche près de terre dans les bois, est curieux et familier. Il en reste quelques-uns en hiver, qui, pendant les grands froids, se réfugient dans les habitations, et s'y apprivoisent très vite.

La Gorge-bleue. {Mot. suecica, L.), enl. 361, 2. Naum. lxxv, 3, 4, 5.

Brun dessus, gorge bleue, poitrine rousse, ventre blanc, plus rare que le précédent, niche au bord des bois, des marais.

La Gorge-noire ou Rossignol de muraille. {Mot. phœnicurus, h.), enl. 551. Naum. Lxxix, 1, 2.

Brun dessus, gorge noire, poitrine, croupion et pennes latérales de la queue d'un roux clair ; niche dans les vieux murs, et fait entendre un chant doux, qui a quelque chose des modulations du Rossignol.

Le Rouge-queue {Mot. erithacus, tytys, gibraltariensis , atrata, Gm.), Edw. 29 j Naum. Lxxix, 3, 4.

Diffère du précédent, surtout parce que sa poitrine est noire, comme sa gorge. 11 est beaucoup plus rare (1).

(1) Ajoutez aux Traquets, Mot. caprata, enl. 255 ; — Mot.fidicata, enl. 183, 1 ; Mot. philippensis , ib. 2; — le Pâtre , Vaill. Afr. pi. clxxx.

Et au Cul-Blanc, Mot leiicothoa ^ enl. 583, 2 ; — V Imitateur , Vaill. Afr. clxxxi , id. ;

le Familier, id. clxxxui; — le Montagnard, id. clxxxiv ; — le Fourniillier , clxxxvi ;

Mot. leucomela , Falc. P^oy. III, xxx, et col. 257, 3. Aj. Saxtc. aurita, T., col. 257, 1 ; — S. monacha , col. 339, 1 ; — S. deserti, ib. 2.

Le Mot. cyanea , Gm. Lath. Syn. II, pi. lui , a le bec des Traquets , et n'en diffèpe que par sa queue un peu plus longue. Vieillot , Gai. ccxui , l'a placé dans son genre Mérion ou Malarius, dont on a fait ensuite un réceptacle de toute sorte d'oiseaux à queue alongée et cunéiforme , tels que \q Mérion bridé , Temra. col. 385, qui est un Merle ; le M. natté et le M. leucoptere , Quoy et Gaym. , Voy. de Freycinet , pi. xxni , qui approchent des Colious; \e Flûteur de Vaill. {Motac. africana), Afr. cxu, qui tient de près aux Syitalla.res , etc.

(2) Ruhielto , nom du Rouge-Gorge dans quelques-unes de nos provinces.

(3) Ajoutez le /?OM5fc-Gor«jre à dos bleu {Mot. sialis), enl. 390; — 3Iot. Culliopc, Lath. Syn. 1er Supp.jfrqntisp.

Les Fauvkttes (Cbrruca, Bechst.)

Ont le bec droit, grêle partout, un peu comprimé en avant ; l'arête supérieure se courbe un peu vers la pointe. Le plus célèbre oiseau de ce sous-genre est

Le Rossignol {Mot. luscinîa, Lin.), enl 615, 2. Naum. ixxiv, 2.

Brun-roussàtre dessus, gris-blanchâtre dessous, la queue un peu plus rousse. Chacun connaît le chantre de la nuit, et les sons mélodieux et variés dont il charme les forêts. Il niche sur les arbres, et ne chante que jusqu'à ce ce que ses petits soient éclos. Le soin de leur nourriture occupe alors le mâle comme la femelle.

La partie orientale de l'Europe produit un Rossignol un peu plus grand, à poitrine légèrement variée de reflets grisâtres. {Mot. phîlomela, Bechst.), Naum., Lxxiv, 1.

Les autres espèces portent en commun le nom de Fauvettes : elles ont presque toutes un ramage agréable, de la gaieté dans leurs habitudes, volettent continuellement à la poursuite des insectes, nichent dans des buissons et, pour le plus grand nombre, au bord des eaux, dans les joncs, etc.

Je place en tête une espèce assez grande pour avoir été presque toujours mise dans le genre des Merles (1). C'est

ha. Rousserolle, Rossignol de rivière, etc. {Turdus arundinaceus , Lin. Sylvia turdoides.). enl. 515. Naum. lxxxi, 1.

Brun roussàtre en dessus, jaunâtre en dessous, gorge blanche; un trait pâle sur l'œil ; un peu moindre que le Mauvis, à bec presque aussi arqué.

Elle niche parmi les joncs, et ne mange ^uère que des insectes aquatiques.

La petite Rousserolle ou Effarvatte. { Mot. arundinacea. Gmel. ) Naum. lxxxi, 2.

Semblable à la précédente pour les mœurs et les couleurs, mais d'un tiers moindre.

La Fauvette de roseaux. {Mot. salicaria. Gm.), enl. 581, 2.

Encore plus petite que l'Effarvatte ; à bec plus court à proportion , grise, olivâtre dessus, jaune très pâle dessous, un trait jaunâtre entre l'œil et le bec.

Il y a encore dans les lieux aquatiques , plusieurs petites Fauvettes à plumage tacheté , long-temps confondues sous le nom de Fauvette tachetée {Mot. nœvia. Gm.), et sur la distinction desquelles on n'est pas encore d'accord (2).

(1) Il y a, dans les pays étrangers, des Fauvettes intermédiaires entre la grande et la petite Rousserolle, et entre celle-ci et la Fauvette des roseaux, en sorte qu'on ne peut, selon moi, séparer la Rousserolle des Fauvettes, bien que j'avoue qu'il résulte de là un passage presque insensible entre les Merles et les Becs-Fins, tout comme il y en a un entre les Becs-Fins et les Pies-Grièches à bec droit, entre les Merles et les Pies-Grièches à bec arqué. Tous ces genres se lient étroitement.

(2) Foijez les Sijh. phragmitis, Naum , lxxxii , 1 ; — iS". cariceti , id. 2, ô ; — S. aquatica , id. 4, 5 ; — S, fluviatilis, id. lxxxui, 1 ; S. locmtella, id. lxxxiv ,2,5. Comparezleur les S. lociistella , Roux, 229 ; — S. Schœnobcnus , id. 2ôO]S. paludicola , id. 231 ; S. cysticola, id. 232 , ainsi que les fig. de Buffon, de Brisson, de Bechstein , etc. Aucun

Nous ferons remarquer seulement dans le nombre la F. cysticole {M. cysticola, Temm.) col. 6, 3, à dos fauve tacheté de noir, a dessous teint de fauve clair, à queue étagée, dont chaque penne a en dessous une tache noire ; c'est une espèce du midi de l'Europe, qui fait son nid en rapprochant les feuilles d'une touffe de gramen ou de carex, et en les cousant ensemble au moyen des filaments de diverses graines (1).

Parmi les espèces plus attachées aux terrains secs, on distingue d'abord,

hsi Fauvette à tête noire. {Mot. a/r/cap«7/rt,Lin.),enl.680, let2. Naum. lxxvii, 2, 3. Roux, 205 bis.

Brune dessus, blanchâtre dessous , une calotte noire dans le mâle, rousse dans la femelle.

La Fauvette proprement dite . {Mot. orphea. Temm.) enl. 579, 1. Naum. lxxvi, 3, 4. S. grisea. Roux. 213.

L'une des plus grandes; brun-cendré dessus, blanchâtre dessous, du blanc au fouet de l'aile, la penne externe de la queue aux deux tiers blanche, la suivante marquée d'une tache au bout, les autres d'un liseré.

On en a distingué depuis quelques années ,

La Fauvette rayée {Sylv. nisoria, Bechst.), Naum. lxxvi, 1,2; Roux, 222,

Où le blanc de la queue est beaucoup moindre, et dont la femelle a des ondes grisâtres en travers de l'abdomen ; c'est la plus grande espèce d'Europe.

La Fauvette habîllarde. {Mot. curruca. Lin.) Gorge-blanche des Anglais. Brit. Zool. PI. V, n" 4. Frisch. xxi. Naum. lxxu. Roux ; 1, 216 ,

Plus petite que les précédentes ; le bec plus menu , mais la première penne de la queue de même blanche en grande partie. Sa tête est cendrée ; son dos brunâtre.

La Fauvette roussâtre. {Mot. sylvia. Gm. .S", cinerea.) Naum. lxxviii , 1, 2 Riet-vink. Noseman, II, pi. xcvii. enl. 579, 5. Roux, 220.

Dessus gris-brun roussâtre, dessous blanc , le blanc de la queue comme aux deux précédentes, les pennes et les couvertures des ailes bordées de roux.

La petite Fauvette, passerinette ou bretonne {Mot. salicai'ia, L.; Sylv. hortensis, Bechst.), Naum. lxxviii , 3; Nosem. lxxii; enl. 579, 2; Roux, 221.

N'a point de blanc à la queue ; elle est en dessus d'un gris brun ou olivâtre , en dessous d'un blanc jaunâtre. (2)

genre d'oiseau n'exigerait plus que celui-ci de nouvelles études monographiques , et un rapprochement des nomenclatures des différents auteurs.

Ajoutez aux Fauvettes aquatiques d'Europe , Sylv. galactodes , T. col. 231, 1 ; — S. luscinioides, Sav. , Egypt. Ois. XIII. A; — 6". cetti , Marmora , ou la Bouscarle , enl. 655, 2; Roux, 212 ; — S. Melanopogon, Temm. col. 243, 2.

(1) Voyez Noiizta stil nido del beccamorchino {Sijlvia cysticola, Temm.), par M. Paul Savi ,Pise, 182Ô.

(2) Les descriptions des Fauvettes sont si vagues, et la plupart de leurs figures ( celles de Nauman exceptées ) si mauvaises , qu'il est presque impossible d'en déterminer les espèces. Chaque auteur les dispose autrement. Ainsi l'on peut compter sur nos descrip-

Bechslein a séparé des autres Fauvettes son Accentor, qui est la Fauvette des Alpes, Bui'L {Mot. alpina. Gm.), eiil. 668, ou le Pégot, Vieillot, Gai. 156, Naum. xcii, 1 (1), parce (jue son bec grêle, mais plus exactement conique que celui des autres becs-fins, a ses bords un peu rentrés.

C'est un oiseau cendré, à gorge blanche, pointillée de noir, avec deux rangées de taches blanches sur l'aile , et du roux vif aux flancs. Il se tient dans les pâturages des hautes Alpes , où il chasse aux insectes , et d'où il descend en hiver dans les villages pour y trouver quelques grains.

Je crois observer le même bec à notre Fauvette d'hiver,

Tralne-Bulssons , etc. (Mot. modularis. Lin.) enl. 615, 1. Naum, xeii , 3

La seule espèce qui nous reste en hiver, et qui égaie un peu cette saison par son agréable ramage. Elle est en dessus d'un l'auve tacheté de noir , et cendré-ardoisé dessous. Elle niche deux fois l'an : l'été elle va dans le Nord et dans les bois des montagnes ; l'hiver, elle se contente aussi de grains à défauts d'insectes.

Le gésier de ces deux oiseaux est plus charnu que ceux des autres Fauvettes (3).

On peut y joindre

\2 Accentor à joues noires. {Ace. montanellus. Tem.)Naum. xm.

Oiseau du sud-est de l'Europe, qui ne vient pas jusque chez nous.

On pourrait aussi distinguer quelques Becs-Fins étrangers, à queue longue et étagée, que l'on a long-temps laissés parmi les Fauvettes (4). Quelquesunes de leurs espèces construisent des nids de coton ou d'autres filaments disposés avec beaucoup d'art (5).

Les Roitelets ou Figuiers (Regulus , Guv.)

Ont le bec grêle , parfaitement en cône très aigu ; et même , quand on le re-

lions, mais non pas absolument sur notre synonimie ; cependant nous croyons nous être accordés avec MM. Nauman et Roux.

Aux espèces dont nous venons de parler ci-dessus , îl faut ajouter : Stjtv. ruscicola , Roux ; — S. passerina, col. 24 , i, — S. sarda, ib., 2; — S. Nattereri, ib. , 5; — S. subalpina , Ronnelli , ou Leucopogon , Meyer, col. 6,2, et 21)1, 2 , et 3; Roux , 218. N. B. Selon M. Savi, le S. passerina, Tenim. col. 29, 4, est le jeune mâle du 6". subalpina. — Le Pitchou { S. ferruginca ) , enl. 655, 1 ; Roux ; 219. Les petites espèces conduisent aux figuiers.

(1) C'est aussi le Sturnus Montanus et le St. collaris de Gm.

(2) Je vois que ce rapprochement a été adopté par MM. Temminck et Nauman. (ô) Nitch. , ap. Naum. II , p. 939.

(4) Mot. fuscata, Gm. enl. 584, 1 ; Motacilla macroura, Gm. enl., 752, 2 ; ou le Capolier, Vaill. cxxix, cxxx, 1 ; — Malurus marginalis Temm. col. 65,2; — Mal. clumans, Ruppel., pi. 11 ; — Mal. squamiceps, id. xii — Mot. subftava. Gm. enl. 584, 2', probablement le même que le CiYr» M, Vaill. Afr. cxxvii; — le Double-Sourcil, id. cxxvui. C'est en partie de cette subdivision que Vieillot et Temminck ont fait leur genre Mérion ou Malurus; mais je n'y mettrais pas, comme le premier, le Mot. cyanca , Gm. qui a le bec de Traquet.

Le Malurus galaclodes de Temminck, pi. color. , 63, 1. est devenu le genre Mcgalur us de MM. Vijrors et llorsfield.

(5) Certaines Fauvettes, tant européennes qu'étrangères, comme iÇ. sarda, ont un petit cercle autour de l'œil. Ce serait le geuie Zo&terops de MM. Vigors et Horsfield.

garde en haut , ses côtés paraissent un peu concaves. Ce sont de petits oiseaux qui se tiennent sur les arbres et y poursxiivent les moucherons. Nous avons ici,

Le Roitelet. {3Tot. regulus. L.) enl. 651, 3. Naum. xliii, 1,2, 5.

Le phi s petit de nos oiseaux d'Europe; olivâtre dessus, blanc-jaunâtre dessous; tête marquée dans le mâle d'une belle tache jaune d'or, bordée de noir, dont les plumes peuvent se relever. Il fait sur les arbres un nid en boule, dont l'ouverture est sur le côté, se suspend aux branches dans tous les sens comme les 3Iésanges, se rapproche des habitations en hiver (1).

On en a distingue depuis peu une espèce un peu plus petite, à tache plus orangée , et qui a un trait noir devant et derrière l'œil. {RcquIus ignicapÙlus, Naum., xciii. 4, 5, 6.)

Le Pouillot. {3Iotac. trochîlus. L.) enl. 651, Naum. lxxx, 5.

Un peu plus grand que le Roitelet; delà même couleur, mais sans couronne ; de mêmes mœurs, mais d'un plus joli ramage, et s'éloignanl en hiver.

Le grand Pouillot. {Motac. hypolaîs.) Bechst III, xxiv. Enl. 581, 3. Naum.

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