‹ Le règne animal (volume 2)Chapitre 76 sur 105 · BIS · texte numérisé non relu

BIS

Forment celui où il yadesespèces de laplusgrande taille; ils ontdes dents aux deux mâchoires, et en manquent au palais: on en reconnaît le plus grand nombre à leur queue comprimée latéralement, qui les rend plus aquatiques. Le voisinage des eaux les rapprochant quelquefois des Crocodiles et des Caïmans, on a dit qu'ils avertissent, par un sifflement, de l'approche de ces dangereux reptiles : c'est probablement cette assertion qui a fait donner le nom de Sauvegarde ou Monitor à quelques-unes de leurs espèces, mais elle n'est rien moins que certaine.

dos ont les arêtes moins saillantes , et les bandes de leur queue sont moins marquées ; serait-ce le Cr. punctulatus de Spix, pi. n ? Malheureusement Spix n'a point insisté sur les caractères pris de l'arête trans verse.

(1) Aboyés, sur cette espèce, le Mcm. de M. Ilarlan, Ac. nat. se. Philad. iv, 242.— Aj. le Caïman à paupières osseuses (Croc, palpchrosus, Cuv.), Ann. du Mus. X, pi. 1 , 6 et 7 , etn,2; et le Croc.trigonatus , Schn. Seb. I, cv, 3; ou le Jacarettnga vioschifvr , Spix, pi. I. Cette espèce a la paupière occupée entièrement dans son épaisseur, par trois lames osseuses , dont les autres Crocodiles ont à peine un léger vestige.

(2) Du latin lacerta , qui a la même signification que Lézard.

(3) Margiav, parlant du Sauve-garde d'Amérique, dit qu'il renomme Toiju-gwjcu , cl chez les Topinambous, Tcmapara {Tcinapam tnpinamhis). Séba a pris ce dernier mot pour le nom lie l'animal, et tous les autres naturalistes l'ont cojjié.

SAURIEÎSS. J'S

Ils se divisent en ileux groupes très distincts. Le premier, ou celui Des MoNiTORS proprement dits ,

Se reconnaît à des écailles petites et nombreuses sur la tête et les membres, sous le ventre et autour de la queue , laquellea en dessus une carène formée par une double rangée d'écaillés saillantes. Leurs cuisses n'ont point cette rangée de pores que nous voyons dans plusieurs autres Sauriens, lis sont tous de l'ancien continent (1). . , - - i

L'Egypte en nourrit deux espèces qui peuvent être considérées comme les types de deux subdivisions :

Le Monitor du Nil. Chiaran des Arabes. ,( Lacerta nilotica , L. ) Mus. VVorm, 313. Geoff. S. Hil. Gr. Ouv. sur l'Egypte. Reptiles, pi. 1, J. 1.

A dents coniques et fortes, dont les postérieures deviennent rondes avec j'âpe- brun avec des piquelures plus pâles et plus foncées, formant divers compartiments , parmi lesquels on remarque des rangées transverses de grandes tacbes ocellées, qui, sur la queue, deviennent des anneaux. Sa queue ronde à sa base , est surmontée delà carène, sur presque toute sa lonpueur : il atteint cinq et six pieds. Le peuple, en Egypte,, prétend que c'est un jeune Crocodile éclos en terrain sec. Les anciens Egyptiens 1 ont gravé sur leurs monuments, peut-être parce qu'il dévore les œufs du Crocodile (2).

L'autre espèce ,

Le Monitor terrestre d'Egypte. Ouaran el hard des Arabes ( Lacerta Scincus , Merr. ) Geoff. Egyp. Rept. III, f. 2.

A dents comprimées, tranchantes et pointues; à queue presque sans carène et demeurant ronde beaucoup plus loin ; ses habitudes ,sont plus terrestres : il est commun dans les déserts qui avoisinent l'Egypte , et les bateleurs du Caire l'emploient à faire des tours, après lui avoir arrache les dents. C'est le Crocodile terrestre d'Hérodote , et , comme le croit Prosper Alpin, le véritable .S-cm^rwe des anciens (3). , ,r • . ,

L'Afrique el les Indes produisent un grand nombre de Monitors a dents tranchâmes, comme le précédent , mais dont la queue est encore plus comprimée qu'à celui du Nil.

Le plus commun dans l'Archipel des Indes , est

Le M. à deux rubans. {Lac. bivittata, Ivuhl.) Blanc dessous, noir dessus, avec cinq rangées transverses de taches blanches ou d'anneaux blancs. Une bande blanche le long du cou, et un angle formé parle blanc delà poitrine, qui remonte obliquement sur l épaule. On en a de trois pieds de long (4).

(1) Seba, et d'après lui Daudin , donnent quelques vrais Monitors pour Américains,

"" 2)ttre\™;e rattachent par fa forme des dents et même par la disposition des taches qui, au reste, se ressemblent dans presque tous les Mon.tors le il/, orne (J/. o,- ».«/«,,, Daùd.),Ann. du Mus., II, xlvi.i, Lac. capcnsis , Sparm.-^e^/. a gorge blancfxc ( ^f. alhogularia , l)aud., Rept., III, pi. xxxu.) . ,, c „™ A. \.

C'est de cette subdivision que M. Fit^inger fait son genre Varanus. Sous ce nom de \ a- RANiis, Merrem comprenait tons mes Monitors proprement dits.

(ô) M. Fitzinger fait de cette espèce son genre Psammosadrus. . ,

(4) A cette espèce se raUachcnt, parla distribution des couleurs , le T. htgarre, Oau.l

L'autre groupe des Monitors a des plaques anguleuses sur la têle , el de grandes écailles rectangulaires sous le ventre et autour de la queue. La peau de leur gorge revêtue de petites écailles, (ait deux plis en travers. Ils ont une rangée de pores sous les cuisses (1)

On peut y établir aussi des subdivisions.

La première, ou

Les Draconnf.s,

A pour caractère distinctif, des écailles relevées d''arètes comme dans les Crocodiles, formant des crêtes sur la queue, qui est comprimée (2).

La grande {Dragonne, Mon. crocodilhius, Merr.) Lacép., Oiiadr. ovip., pl.ix. A aussi des écailles relevées d'arêtes éparses sur le dos. Avec Vàfe les dents du fond de sa bouche deviennent arrondies. Elle atteint de quatre à six pieds de long et vit à la Guiane, dans des terriers, près des marécages. On mange sa chair.

Le Lézardet Daiul. {Lac. bicarhiata, L.) Crocodiliirits amazoniens. Spix.,

pi. XXI.

Est plus petit, et n'a point d'écaillés relevées sur le dos. On le trotive dans plusieurs parties de l'Amérique méridionale. La deuxième, ou

Les Sauvegardes ,

A toutes les écailles du dos et de la queue sans carènes ; les dents sont dentelées, mais avec l'âge celles de l'arrière-bouche s'arrondissent aussi (5).

Les un^ , appelés plus particulièrement Sauvegardes , ont la queue plus ou moins comprimée ; les écailles du ventre plus longues que larges ; ils vivent au bords des eaux.

Tel est surtout

Le Grand Sauvegarde d'Amérique, Teyu-Guacu ; Témapara, etc. {Lacerta tegidxin, Linn., et Shaw.) Seb., L xcvi, \, 2, 3, xcvii, 5, xcix, 1.

A piquetures et taches jaunes , disposées par bandes transverses, sur un fond noir en dessus, jaunâtre en dessous; des bandes jaunes et noires sur la queue (4). Au Brésil, à la Guiane; arrivant à six pieds de longueur. Il va

{Lac varia. Shaw. nat. Mise. 83, .1. White, 253), de la Noiiv. Hollande; — Une espèce voisine, de Manille {M. marmoratus, C); — Le T. élégant et \e T. étoile, Daud. III, XXXI, elSeb.,I, xcxiv. 1, 2, 3, xcxvni, xcix, 2; II,xxx, 2,xc, cv; 1, etc., qui ne forment qu'une espèce originaire d'Afrique. Il faut y ajouter le T. ccpcdien, Daud. , III , xxiv , ou Lac. exanthematica , Bosc. ,.Act. Soc. nat. Par.; pi. v , f. 5 , ocellé partout; — Le M. piqueté de brun du Bengale (M. fieH^a/ewsiS; Daud.; — Le il/, noir, piqueté de vert, des Moluques {M. indiens, Daud.; — Une espèce noirâtre uniforme de Java, M. nigricaim , Cuv.), etc.

Toute comparaison faite , j'ai lieu de croire maintenant que la fig. de Seba I , pi. ci, f. 1 , dont Lin. a fait son Lacerta dracœna , mais qui est très différente de la Dragonne de Lacép., est \qM. hetigcdensis. L'original de Seba est au Muséum.

31. Fitzinger réserve à ces espèces à queue comprimée, le nom génc-riqucde Tupinambis.

(1) Merrem a fait de ce second gvûupe, son genre Teius.

(2) Spix a fait de cette subdivision son genre Crocodilurus, dont Gray a changé le nom >»n Ada.

(3) C'est il ceux-là que M. Fitzinger réserve le nom de Momtor.

(•I) Los individus dosséohi's. ou conservés dans la liqueur . prennonl une teinte bleuâfio

rapidement sur terre ; se réfugie à Teau quand on le poursuit ; y plonge, mais n'y nage point; mange toute sorte d'insectes, de reptiles, des œufs dans les basses-cours, etc. ; niche dans des trous qu'il creuse dans le sable. On mange sa chair et ses œufs (1).

D'autres appelés Amf.iva (2) ne diffèrent des précédents que par une queue ronde, et nullement comprimée, garnie, ainsi que le ventre, de rangées transversales d'écaillés carrées ; celles du ventre sont plus larges que longues. Ce sont des Lézards d'Amérique, assez semblables aux nôtres à l'extérieur, et qui les représentent dans ce pays-là ; mais outre le manque de dents molaires, la plupart n'ont point de collier, et toutes les écailles de leur gorge sont petites; leur tète est aussi plus pyramidale que dans nos Lézards, et ils n'ont pas, comme eux, une plaque osseuse sur l'orbite.

On a confondu sous le nom de Lacerta ameiva, plusieurs espèces, dont

quelques-unes sont encore assez difficiles à distinguer; la plus répandue

{Teyus ameiva, Spix, xxiii, Pr. BLix. de Wied, V"^. liv.,) est longue d'un pied

et plus, verte, avec le dos plus ou moins piqueté et tacheté de noir; on voit

sur les flancs des rangées verticales d'ocelles blancs, bordés de noir.

Il y en a une autre [Teyus cyaneus, Blerr. ; Lacép., 1, xxxi ; Seb., II, cv, 2,)

à peu près de même taille, bleuâtre , à taches rondes, blanches, éparses sur

les flancs et quelquefois sur le corps.

Les individus jeunes de ces Améivas et de quelques autres, ont des raies

noirâtres sur les côtés du dos; il faut y faire attention pour ne pas multiplier

les espèces (3).

On peut séparer des Améivas, certaines espèces qui ont toutes les écailles du ventre, des jambes et de la queue relevées d'une carène (4).

Et d'autres où les écailles du dos sont elles-mêmes carénées, en sorte que leurs flancs seuls ont des petits grains (5).

on verdâtre dans leurs parties claires , et c'est ainsi que les représente Séba ; mais vivant tel que nous l'avons vu , lia les parties claires plus ou moins jaunes. Le Pr. Max. de Wied l'a bien rendu dans sa onzième livr.

(1) Aj. le Tupin. à taches vertes de Daud., si ce n'est pas une simple variété du Sauvegarde. Spix le nomme Tnp. monitor, pi. xix; c'est son T. nigropunctatus qui est le vrai Sauvegarde.

(2) Le nom à'' Ameiva , selon Margrav , désigne un Lézard à queue fourchue , ce qui ne peut être qu'une circonstance accidentelle; Edwards ayant eu un individu de la division ci-dessus, où cet accident s'observait, en a appliqué le nom à toute l'espèce. Margrav compare le sien à son Taraquira qui , d'après sa description, serait plutôt un Marbré.

(ô) Tel me paraît le Teyus oceUifer, Spix, xxv.

Ajoutez YJm. litterata, Daud. Séb., I, Lxxxni; — Am. cœruleocephala , id., Séb., I, xci. ô; — A m. lateristriga, Cuv., Séb., I, xc, 7; — A m. lemniscata {Lacert. lemniscatu, Gmel.), Séb., I, xcii , 4 ; — Teyus tritœniatus, Spix , xxi ,2.-7'. cyanomelas, Pr. Max., cinquième liv.

Je ne sais par quelle confusion de synonymie, Daudin a placé l'v^w. litterata en Allemagne; il est d'Amérique comme tous les autres. Yi'Am. graphique de Daud., Séb., I, Lxxxv, 2 , 4 , est le Monitor piqueté; son Am. argus, Séb., I, lxxxv, 3, est le Monitor cépédien ; son Goitreux, Séb., II, cm , 3, 4, ne diffère pas du litterata; enfin sa Tête rouge , Séb., I, xci, 1, 2, est un Lézard vert ordinaire. Il a probablement été induit en erreur par les enluminures de Séba. Le Lac. ^-lineata , me paraît uni. cœrtileocephala , dont une partie de la queue cassée avait repoussé avec de petites écailles, comme cela arrive toujours après cet accident ; l'axe de cette portion nouvelle de queue , est aussi toujours une tige cartilagineuse sans vertèbres. On ne peut , sur ces circonstances accidentelles , caractériser des espèces, comme l'a fait Slerrem, pour ses Teyus monitor et cyaneus.

(4) L'une d'elles a , dans un sexe , deux petites épines de chaque côté de l'anus , ce qui a donné lieu au genre Centropyx de Spix, xxn, 2.

(o) Le Lézard strié de Surinam, Daud.. p. 347. Fitzingev en fait son genre PsEnno- Amkiva.

Ces espèces se rapprochent encore des Lézards par un collier sous le col (1).

Les Lézards proprement dits

Forment le deuxième genre des lacertiens. Ils ont le fonds du palais armé de deux rangées de dents, et se distinguent d'ailleurs des Améivas et des Sauvegardes parce qu'ils ont un collier sous le col, formé par une rangée tranversale de larges écailles séparées de celles du ventre , par un espace où il n'y en a que de petites, comme sous la gorge, et parce qu'une partie de leurs os du crâne s'avancent sur leurs tempes et sur leurs orbites, en sorte que tout le dessus de la tète est muni d'un bouclier osseux.

Ils sont très nombreux, et noire pays en produit plusieurs espaces confondues par Linnseus sous le nom de Lacerta agilis. La plus belle est le grand Lézard vert^ ocellé, (Lac. ocellaia. Daud.) Lacép., I, xx; Daud., III, xxxui,du midi de la France, d'Espagne el d'Italie; longde plus d'un pied, d'un beau vert, avec des lignes de points noirs, formant des anneaux ou des yeux et une espèce de broderie; et dont le jeune est, selon 31. Milne-Edwards , le Lézard gentil. Daud., III, xxx. — Le vert pkjueté (Lac. virldls. Daud., III, xxxiv); donl\e vert à deux raies {Lac. bllineata. id., xxxvi, 1) est ime variété, selon le même observateur; — le vert el brun des souches {Lac. sepium, id., ib., 2) dont le gris des sables {Lac. arenîcola, id., xxxviii, 2), est luie variélé ; — le gris des murailles {Lac. agilis, id., xxxvni, 1), se trouvent tous dans nos environs. Notre midi produit \evéloce, Pall., auquel il faut rapporter le bostjuien, Daud., xxxvi, 2, et quelques espèces nouvelles (2).

Les Algyres (Algyra. Nob.) ,

Ont la langue, les dents, les pores aux cuisses des Lézards, mais leurs écailles du dos et de la queue sont carénées ; celles du ventre sont lisses et imbriquées ; ils manquent de collier. (3)

Les Tachydromes (4) (Tachydromus. Daud.)

Ont des écailles carrées et carénées sur le dos, sous le ventre et à la queue; Je collier leur manque ainsi que les pores aux cuisses ; mais de chaque côté de leur anus est une petite vésicule ouverte d'un pore. Leur langue est encore comme dans les Lézards. Leur corps et leur queue sont très alongés.

Les Iguaniens (5) Sont une troisième grande famille de sauriens qui a la forme

(1) Il me semble même que le Centropyx a des dents au palais ; mais d'ailleurs ces deux sortes de Lézards ont la tête des Améivas : point d'os sur l'orbite, etc.

N. B. Fitzinger fait un genre (Teyus), du Lézard teyouàe Daudin,qui n'aurait que quatre doigts aux pieds de derrière, mais qui ne repose que sur une description incomplète de d'Azzara, et ne me paraît pas assez authentique.

(2) Je n'ajoute qu'en hésitant les Lac. sericea, Laur., II, 5; Jrgus, id., 5; Terrestris , id.,III,g.

Le Tih'guerlaàe Daudinest un mélange d'un Améiva d'Amérique avec le Lézard vert de Sardaigne, mal décrit par Cetti. Le Cœruleoccjihala , le Lemniscata , le Qitinquelincata sont des Améivas. Le Sexlineata, Catesb., Lxvui, est un Seps.

(3) Lacerta j4lcgrjra, Lin.

(4) T^%Vi,- et à'poifxoy , prompt-coureur.

(5) Iguane, nomoriginairc de Saint-Domingue, selon Hcrnanâès , Scab'gcr , etc.] les habitants l'auraient prononcé Hiuana ou Igoana.

Selon Bontius, il serait originaire de Java , où les naturels le prononcent Legiian. Dans

générale , la longue queue et les doigts libres et inégaux des lacertiens; leur œil, leur oreille, leurs verges, leur anus sont semblables, mais leur langue est charnue, épaisse, non extensible, et seulement écliancrée au bout.

On peut les diviser en deux sections : la première, celle des AcAMiENs, n'a point de dents au palais.

Nous y plaçons les genres suivants :

Les Steluoks. (Stellio. Cuv.)

Qui ont, avec les caractères généraux de la famille des Iguanes, la queue entourée pardes anneauv composés de grandes écailles souvent épineuses. Leurs sous-genres sont comme il suit :

Les CORDYLES (1) (CORDYLUS GrOHOV.)

Ont nonseulement la queue, mais encore le ventre et le dos garnis de grandes écailles sur des rangées transversales. Leur tête, comme celle des Lézards communs, est munie d'un bouclier osseux continu, et couverte de plaques. Dans plusieurs espèces les pointes des écailles de la queue forment des cercles épineux; il y a aussi de petites épines à celles des côtés du dos, des épaules et du de ■ hors des cuisses. Ces dernières ont une ligne de très grands pores.

Le cap de Bonne-Espérance en produit plusieurs confondus long-temps sous le nom de Lacerta cordylus, L. Ces Sauriens si bien cuirassés, un peu plus grands que notre Lézard vert commun, se nourrissent d^insectes (2).

Les Stellions ordinaires (3) (Stellio. Daud.) Ont les épines de la queue médiocres; la tête renflée en arrière par les mus-

ée cas, les Portugais ou les Espagnols Tauraient transporté en Amérique et transformé en Jguana. Ils l'y donnent au Sauvegarde, comme au véritable Iguane. On l'a donné aussi quelquefois , ainsi que celui de Guano, à des Monitors de l'ancien continent. Il faut y faire attention en lisant les voyageurs; je pense même que le Leguan de Bontius n'est pas autre chose qu'un Monitor.

(1) Selon Aristote «le Cordyle est le seul animal qui ait à la fois des pieds et des bran- » chies. Il nage de ses pieds et de sa queue, qu'il a semblable à celle du Silure, autant « qu'on peut comparer les petites choses aux grandes. Cette queue est molle et large. Il » n'a point de nageoires; c'est un animal de marais comme la Grenouille : il est quadru- » pède et sort de l'eau ; quelquefois il se dessèche et meurt. «

Il est évident que ces caractères ne peuvent convenir qu'à la larve de la Salamandre aquatique , ainsi que l'a très bien vu Schneider. Bélon a décrit cette Salamandre sous le nom de Cordyle, mais son imprimeur ajouta par mégarde la figure du Sauvegarde du Nil. Rondelet a appliqué ce nom au grand Slellion d'Egypte ou Caudiverbura de Bélon, parce qu'il avait pris dans la figure, l'oreille pour une fente de branchie. Entre Rondelet et Linné , Cordylus n donc passé pour synonyme de Caudiverbera. L'application spéciale faite au sous-genre ci-dessus est entièrement arbitraire. Merrem l'a changé en Zonurus.

(2) Daudin a rapporté au Cordyle plusieurs synonymes du Stellion , comme il a rapporté au Stellion plusieurs des synonymes du Geckotte. Nous en avons quatre espèces : Le Cord. gris (Cord. griseus), Nob., Séb. 1 , lxxxiv,4; — le C. noir {C. niger), qui a les arêtes des écailles plus mousses , Séb., II , lxu , 5 ; — le C à raie dorsale jaune (C dorsalis ) ; — le C. à petites écailles sur le dos ( C. microlepidotus).

Il y a aussi au Cap des Cordyles dont les écailles , même sur la queue , n'ont presque pas d'épines ( C. lœvigatus, Nob.).

(3) Le Stellion des Latins était un Lézard tacheté , vivant dans les trous de murailles. Il passait pour venimeux, ennemi de l'homme et rusé. De là le nom du Stellionat ou Dol

clés des mâchoires ; le dos et les cuisses hérissés çà et là d'écaillés plus prandes que les autres, et quelquelois épineuses; de petits groupes d'épines entourent leur oreille ; leurs cuisses manquent de pores ; leur queue est longue et finit en pointe.

Nous n'en connaissons qu'une espèce,

Le Slellion du Levant. (Lnc. stcUlo. L.) Seb. I, cvi, f. \, 2, et mieux Tourne!'. Voyage au Lev. ; 1, 120, et Geoffroy, Desc. de l'Egyp. Rept. ; II, 5, Koscordylos des Grecs modernes ; Hardun des Arabes.

Long d'un pied; olivâtre, nuancé de noirâtre; très commun dans tout le Levant, surtout en Egypte. D'après Bélon, ce sont ses excréments que l'on recueille pour les pharmacies, sous les noms de cordylea , crocodUea , ou stercus lacerti, et que l'on recommandait autrefois comme cosmétique; mais il paraît que les anciens attribuaient plutôt ce nom et cette vertu à ceux du Monitor. Les Mahométans tuent notre slellion, parce que, disent-ils, il se moque d'eux, en baissant la tète comme quand ils font la prière.

Les Queues-rudes (Doryphorcs, Cuv.)

Manquent de pores comme les Stellions, mais n'ont pas le tronc hérissé de petits groupes d'épines (1).

Les Fouette-queue (Uromastix (2), Cuv., Stellions Bâtards, Daud.)

Ne sont que des Stellions qui n'ont point la tête renflée, et dont toutes les écailles du corps sont petites, lisses et uniformes, et celles de la queue encore plus grandes et plus épineuses qu'au Stellion ordinaire, mais elle n'en a point en dessous. Il y a une série de pores sous leurs cuisses.

liQ Fouette-queue d'Eaypte {Stellio spinipes , Daud.) Geoff. Rept. >Egyp.,pl. ii,f. 2.

Long de deux ou trois pieds; le corps renflé; tout entier d'un beau vert de pré ; de petites épines sur les cuisses ; la queue épineuse en dessus seulement. On le trouve dans les déserts qui entourent l'Egypte; il a été anciennement décrit par Bélon , qui a dit , mais sans preuves , que c'est le Crocodile terrestre des anciens (3).

Les Agames (âgama , Daud. ) (-4) , Ont une grande ressemblance avec les stellions ordinaires, surtout par

dans les contrais. C'était probablement la Tarentole ou le Gecko tuberculeux du midi de l'Eiirope , Geckotte de Lacép., ainsi que l'ont conjecturé divers auteurs, et, en dernier lieu, Schneider. Rien ne justifie l'appiication faite à l'espèce actuelle; Bélon en est, ju crois, le premier coupable.

(1) Stellio brevicaudatus , Seb., II, Lxn, 6; Daud., IV, pi. Al. St. azurens, Daud. id., 46.

(2) Le nom de Caudiverbera et celui d' 'H:oaaçi!; ne sont pas anciens. Ils ont été forjjés par Ambrosinus pour la grande espèce d'Egypte, dont Bélon avait dit caudâ atrocissimè diverberare creditur. Linné l'a appliqué le premier à un Gecko., et d'autres auteurs à des Sauriens encore tout différents. Aj. Urom. griseus, de la Nouv. Hol.; — Ur. reticulatus , du Bengale; — Ur. acantinurus , Bell., Zool. journ., I, 437; si toutefois c'est une espèce distincte.

N. B. Le Stellion à queue plate de la Nouv. Holl., est un phyllure.

(5) C'est un fouette-queue qui a été décrit par de Lacépède , Rept. II, 497, sous le nom deQuetzpaleo, qui est celui d'un Saurien différent, dont nous parlerons plus bas. — Aj. Ur. ornafus, Ruppel.

(4) Agama, d' avxfx,oç, célibataire. On ne sait pourquoi Linnaeus a donné ce nom à l'un

leur léte renflée ; mais les écailles imbriquées et non verticillées de leur queue les en distinguent. Leurs dents maxillaires sont à peu près les mêmes, et ils en manquent aussi au palais.

Dans

Les AcAMES ordinaires ,

Des écailles relevées en pointe ou en tubercules , hérissent aussi diverses parties du corps et surtout les environs de l'oreille, d'épines tantôt groupées, tantôt isolées. On en voit quelquefois une ranf[ée sur la nucjue , mais elles n'y forniont point la crête paléacée qui caractérise les Galéotes. La peau de la gorge est lâche , plissée en travers , et susceptible de rendement.

11 y en a des espèces dont les cuisses ont la série de pores.

U^t/ame ocellé de la Nouvelle-Hollande {Ag. barbata, N.)

Est bien remarquable par sa grandeur et par sa figure extraordinaire; ime suite de grandes écailles épineuses règne, par bandes transversales, sur la longueur de son dos et de sa queue , et le rapproche des Slellions. Sa gorge , susceptible de se renller beaucoup , est garnie d'écaillés alongées en pointes, qui lui l'ont une sorte de barbe. Des écailles semblables hérissent ses flancs, et forment deux crêtes obliques derrière ses oreilles.

Sous son ventre sont des taches jaunâtres , bordées de noirâtre.

Il faut en distinguer

h'' Agame miiriqué du même pays {Lac. muricata, Sli.) Gen. Zool., vol. 111 , part. 1 , pi. Lxv, f. xi , White. p. 244 ,

Où les écailles relevées sont disposées par bandes longitudinales , et qui a , entre elles , deux séries de taches plus pâles que le fond qui est brun noirâtre. Il prend aussi une assez grande taille.

D'autres espèces n'ont point de pores aux cuisses.

h'' Agame nommé mal-à-propos c?e* Colons. {Ag. colonorum , Daud.) Scb. I,cvn, 3(1).

Brunâtre; à longue queue ; portant une petite rangée d'épines courtes sur la nuque; vient d'Afrique et non pas de la Guiane , comme on l'a dit.

Il y a au Cap, un Agame plus petit, à queue médiocre, varié de brun et de jaunâtre , hérissé sur tout le dessus , d'écaillés relevées et pointues { Ag. aculeata, Merr. (2); Seb., I, vni, 6, Lxxxni, 1 et 2, cix , 6); son ventre prend quelquefois une forme renflée qui conduit aux

de ces Lézards ; Daudin l'a étendu à tout le sous-genre où cette espèce doit entrer , et croit qu'j^yoHtffl est son nom de pays.

(1) Rien n'égale la confusion des synonymes cités par les auteurs sous différentes espèces de Lézards, mais principalement sous les divers Agames , Galéotes et Stellions. Par exemple, à propos de TAganie , Daudin cite, d'après Gmelin, Séb., I, cvii, 1 et 2, qui sont des Stellions; Sloane, Jam., II, cclxxiu, 2, qui est un Anolis;^à\\. ccxlv, 2, qui est aussi un Anolis; et cette même figure est encore citée par lui et par Gmelin sous le Marbré. Shato la copie même pour représenter le Marbré, avec lequel elle n'a rien de commun. Séb. I , cvii , ô , qui est le véritable Ag. colonorum, , de Daud., est cité par Merrem sous Ag. supcrciliosa ; et Séb. I, cix, 6, qui est son Aculeata, est cité sous Orbicularis, etc.

(2) L' Agame à pierreries , Daud. IV, 410; Séb. I, viu , n'est qu'un jeune de cet Agame épineux du Cap, plus varié en couleurs que l'Adulte.

Ajoutez V Agame sombre {Ag. atra) , Daud. III, 349, rude, noirâtre, une ligne jaunâtre le long du dos; — ^Ag. ombre {Lac. utubra.), Daud. , qui n'est point le Lac. timbra de Lin. ; mais se distingue par cinq lignes de très petites épines régnant sur son dos , etc.

Tapayes {Ar/ames orbiculaires , Daud. en partie.) ,

Lesquels ne sont que des Agames qui, avec le ventre renflé, ont la queue courte et menue. Tel est

Le Tapayaxin du Mexique , Hem. 327. {Lac. orblcularls , L.)

A dos épineuK ; à ventre semé de points noirâtres (1).

Les Changeants (Tuapelus , Cuv.)

Ont la forme et les dents des Agames , mais leurs écailles sont petites et sans épines. Ils n'ont point de pores aux cuisses.

"Le Changeant d'Egypte {Trapelus OEgyptlus"), Geoff., Rept. d'Eg. pi. V, f. 3, 4. L'Adulte , Daud. III , xlv, 1 , sous le nom (TOrbictdaire ,

Est un petit animal qui a quelquefois aussi le corps renflé , et se fait remarquer par des changements de couleur, plus prompts que ceux du Caméléon. Lejeune est entièrement lisse; l'adulte a quelques écailles un peu plus grandes , éparses sur le corps , parmi les autres (2).

Les Leiolepis Cuv.

Ont les dents des Agames, la tête moins renflée , et sont entièrement couverts de très petites écailles lisses et serrées. Ils ont des pores aux cuisses (5).

Les Tropidolepis. Cuv.

Sont encore semblables aux Agames pour les dents et pour les formes , mais uniformément recouverts d'écaillés iuibriquées et carénées. Leur série de pores est très marquée (4).

Les Leposoma, Spix. (Tropidosaurus, Boié)

Ne différent des Tropidolepis que parce qu'ils n'ont pas de pores (5).

Les Galéotes (6) (Calotes, Cuv.)

Diffèrent des Agames parce qu'ils sont régulièrement couverts d'écaillés disposées comme des tuiles , souvent carénées et terminées en pointe , tant sur

(1) Je ne pense pas que le sous-genre des Tapayes puisse être conservé; l'espèce de Hernandès ( Lacerta orhicidaris, L. ) , Hern. , p. Ô27 , ne me paraît pas différer de VAgama cormita de Harlan ; An. nat. se. Phil. IV, pi. 45; si ce n'est tout au plus par le sexe. Daudin a représenté à sa place , tome III , pi. xlv, f. 1 , l'adulte de notre Changeant d'Egypte.

(2) Ce sous-genre est aussi assez difficile à séparer nettement de certains Agames trapus et peu épineux.

(3) Nous en avons une espèce de la Cochincliine , à longue queue, bleue, avec des raies et des taches blanches (Leiol. Guttatus , Cuv.).

(4) Ag. undulafa , Daud. , espèce de toute l'Amérique , remarquable par la croix blanche qu'elle a sous la gorge, sur un fond d'un bleu noir. Les Agames nigri-collaris, Spix, xvi, 2 , et Cyclurus , xvu , f . 1 , en sont au moins très voisins.

(5) Spix s'est exprimé peu exactement en disant que les écailles de son Leposome sont verticillées , ce qui a trompé Fitîinger. Le genre Tropidosaure a été fait par Boié, d'après une petite espèce de la Cochinchine , qui est au cabinet du roi.

(6) Pline dit que le Stcllion (des Latins) était nommé par les Grecs Galéotes, Colotes et

le corps que sur les membres et sur la queue qui est très longue ; celles du milieu du dos sont plus ou moins relevées et comprimées en épines , et forment une crête d'étendue variable; ils n'ont point de fanons ni de pores visibles aux cuisses , ce qui , joint à leurs dents , les distingue des Iguanes.

L'espèce la plus commune {Lac. calo/es , L.) , Séb., I, lxxxix ,2, xciii , 2, xcv, 5 et 4 ; Daud., 111 , xliii ; Agama ophiomachus , Merr., est d'un joli bleuclair, avec des traits transversaux blancs sur les côtés, deux rangées d'épines derrière l'oreille. Elle nous vient des Indes orientales. On l'appelle Caméléon aux Moluques , quoiqu'elle cbange peu ses couleurs. Ses œufs ont la forme de fuseaux (1).

Les LoPHYRES , Duméril.

Ont les écailles du corps comme les Agames . et une crête d'écaillés paléacées , encore plus haute que celle des Galéotes. Leur queue est comprimée. Ils n'ont pas de pores aux cuisses.

Une espèce remarquable est

Le Lo-phyre à casque fourchu , {Agama gigantea , (2) Kuhl., Séb. I , c. 2.

Qui a sa crête dorsale très haute sur la nuque, et formée de plusieurs rangs d'écailles verticales ; deux arêtes osseuses partent du museau, et vont finir chacune en pointe sur l'œil de son côlé, en se joignant à la tempe. Ce singulier Saurien paraît venir des Indes.

Les GoNocKPHALEs, Kaup.

Tiennent de près à ces Lophyres; leur crâne forme aussi une sorte de disque, au moyen d'une arête qui se termine au-dessus de chaque œil par une dentelure ; ils ont un fanon et une crêle sur la nuque. Leur tympan est visible (5).

Les Lyriocéphales , Merrem.

Joignent aux caractères des Lophyres , celui d'un tympan caché sous la peau

Ashalabofes. C'était, comme nous l'avons vu, le Gecio des murailles. L'application qu'en a faite Linnaeus à son Lacerta calotes est arbitraire; elle lui a été suggérée par Séba. Spix comprend nos Galéotes dans son genre Lophyrds, qui n'est pas le même que celui de Duméril.

(1) Ajoutez VJg. gutturosa , Merr., ou cristatella , Kuhl., bleu sans bandes, à petites écailles sur le dos; Séb. I, lxxxix , 1 ; — VAg. cristata , Merr. Séb. I , xciu, 4, et II, txxvi, 5, brun-roussâtre , à tacbes éparses , brun-noirâtres, dont VAgame arlequiné ^ Daud. III , XLIV; est le jeune; — ^^Ag. vultuosa , Harl. nat. se. Philad. IV, xix. Toutes ces espèces viennent des Indes orientales; les Lophyrus ochrocollaris el margaritaceus ^ Spis, xu, 2, sont des Galéotes d'Amérique; le premier est le même que V Agama pic ta du pr. Max.; le Loph. panthera, Spix, pl.xxni, f. 1 , en est le jeune; aj. à ces Gai. d'Amérique, Loph. rho)nbifer, Spix, xi , dont Lophyrus albomaxillaris , id. xxui, f. 2 , est le jeune; — Loph. atironitens , Sp. pi. xui.

On pourrait séparei- des autres Galéotes , une espèce delà Cochincbine, à dos lisse, sans écailles apparentes , à ventre, membres et queue couverts d'écailles carénées , {Cal. lepidogaster,ii oh.); YAg. catenata , Pr. Max., cinquième liv., pourrait appartenir à ce groupe.

N. B. Il faut remarquer que le dessinateur de Séba a donné à la plupart de ses Iguanes, de ses Agames , de ses Galéotes , etc. , des langues extensibles et fourchues , tirées de son imagination.

(2) Il n'est pas aisé de dire pourquoi Kuhl a donné à ce Saurien l'épithète de gigantesque^ sa taille ne surpasse point celle des Agames et des Galéotes les plus voisins.

(ô)Isis,]825,I,p.590,Pl. ui.

et sous les muscles , comme dans les Caméléons : ils ont aussi une crête dorsale

et une queue carénée.

Dans l'espèce connue {Lyriocephalus Jiiargar'itacevs , Merr. ; Lacertn scutata, L.; Séb., cix . 3), la crête osseuse des sourcils est encore plus marquée que dans le Lophyre à casque fourchu, et se termine de chaque côté, en arrière, par une pointe aiguë. Desécailles plus grandes sont éparses parmi les petites sur le corps et sur les membres ; sur la queue sont des écailles imbriquées et carénées ; un renflement mou , bien qu'écailleux . est sur le bout du museau. On trouve cette espèce , vraiment étrange, au Bengale et dans d'autres parties des Indes (1). Elle vit de graines.

Les Brachylophes, Cuv.

Ont de petites écailles, une queue un peu comprimée , une crête à la nuque et au dos peu saillante, un petit fanon . une série de pores à chaque cuisse, en un mot beaucoup de l'apparence des Iguanes; mais ils manquent de dents au palais ; celles des mâchoires sont dentelées. Tel est

Viguane à bandes , Brongt. Essai etSIém. des sav. étr. , I , pi. x, f. 5. Des Indes ; bleu-foncé, avec des bandes bleu-clair.

Les Physignathes, Cuv.

Ont, avec les mêmes dents, les mêmes écailles, les mêmes pores , une tête très renflée en arrière, sans fanon, une crête de grandes écailles pointues sur le dos et sur la queue qui est très comprimée.

Nous en connaissons une grande espèce de la Cochinchine ( Physignatus , coc'mcimts, ^oh.) bleue, avec de fortes écailles et quelques épines sur le renflement des côtés de la tête. Elle vit de fruits, de noyaux.

Les IsTicREs (IsTiuRcs, Cuv. LopntRA, Gray.)(2)

Ont pour caractère distinctif , une crête élevée et tranchante qui s'étend sur une partie de la queue et qui est soutenue par de hautes apophyses épineuses des vertèbres ; cette crête est écailleuse comme le reste du corps; les écailles du ventre et de la queue sont petites, et approchent un peu de la forme carrée; leurs dents sont fortes, comprimées, sans dentelures : ils n'en ont pas au palais; leurs cuisses portent une rangée de pores. La peau de leur gorge est lâche sans former de fanon.

Le Porte-crêle , Lacep. {Lac. atnhoinensis , Gm. ) Schlosser , monogr. copie Bonnat. Erpet, pi, v. f. 2,

N'a de crête que sur l'origine de la queue, et porte des épines sur le de-

(1) Fitzinger forme de ce Lyr-iocephalus , du Pneustes de Merrem, et du Phrynoce- PHALUS de Kaup , une famille qu'il nomme Pneustoidea , et qu'il rapproche de celle des Caméléons. Le Pneustes ne repose que sur une desciiption incomplète et vague de d'Azzara , II , 401 , sur laquelle aussi Daudin avait établi son Jgaiiie à quettc prenante , III, 340; d'Azzara dit que l'on ne voit pas son oreille, peut-être parce qu'elle est très petite. Le Phrynocephalcs se compose à\x Lacerta guttata , et àxxLacerla uralensis^ de Lepechin. f^oy. 1 , p. 317, pi. XXH, f . 1 et 2, qui ne font qu'une espèce. M. Kaup assure qu'elle n'a pas de tympan extérieur (Isisde 1825, 1 , 591 ). N'ayant point vu ces animaux, j'hésite à les classer.

Il y aura probablement encore un sous-genre à faire, du Lézard à oreilles {Lacerta aurita , Pall.) , Daud. III , remarquable par les renflements qu'il peut faire paraître des deux cotés de sa tête sous les oreilles ; mais c'est aussi un animal que je n'ai pu examiner.

(2) .rai changé ce nom de l.nphura qui se rapproche trop de celui de Lnphijrit».

vant du dos; vit dans Teaii ou sur les arbrisseaux de ses bords; mange des graines et des vers. Nous avons trouvé dans son estomac des feuilles et des insectes. Sa taille approche quelquefois de quatre pieds. On mange sa chair.

Les Dragons, (Draco. L.) (1)

Se distinguent au premier coup d'œll de tous les autres Sauriens , parce que leurs six premières fausses côtes , au lieu de se contourner autour de l'abdomen, s'étendent en droite ligne, et soutiennent une production de la peau, qui forme une espèce d'aile, comparable à celle des Chauves-Souris , mais indépendante des quatre pieds : elle soutient l'animal comme un parachute, lorsqu'il saute de branche en branche, mais elle n'a point assez de force pour choquer l'air , et faire élever le reptile comme un oiseau. Du reste, les Dragons sont de petite taille, recouverts partout de petites écailles imbriquées, dont celles de la queue et des membres sont carénées. Leur langue est charnue, peu extensible et légèrement échancrée. Sous leur gorge est un long fanon pointu , soutenu par la queue de l'os hyoïde, et aux côtés deux autres plus petits , soutenus par les cornes de ce même os. La queue est longue ; les cuisses n'ont pas de grains poreux ; sur la nuque est une petite dentelure. Chaque mâchoire a quatre petites incisives , et de chaque côté une canine longue et pointue , et une douzaine de mâchelières triangulaires et trilobées.

Ils ont donc les écailles et le fanon des Iguanes, avec la tète et les dents des Stellions.

Les espèces connues viennent toutes des Indes orientales; elles avaient été long-temps confondues; mais Daudin en a bien déterminé les différences spécifiques (2).

Les SlTANES ( SiTANA , CuV. ) (5),

Ont, comme les Dragons, des dents d'Agames et quatre canines ; le corps et les membres couverts d'écaillés imbriquées et carénées; les cuisses sans pores • mais leurs côtes ne s'étendent point. Ils se distinguent par un énorme fanon qui se porte jusque sousle milieu du ventre, et qui a plus du double de la hauteur de l'animal.

L'espèce connue (AV. ponticeriana. Cuv.) est petite et fauve ; elle a le long du dos une série de grandes taches rhomboïdales , brunes. Elle vit aux Indes orientales.

C'est peut-être de cette tribu des Agamïens que l'on doit rapprocher un reptile fort extraordinaire, qui ne se trouve plus que parmi les fossiles d'anciennes couches jurassiques.

Le Ptérodactyle , Cuv.

Il avait la queue très courte , le cou très long, la tête fort grande , les mâchoires armées de dents égales et pointues ; mais son caractère principal con-

(1) Le nom de rjpy.ycuv, draco , désignait en général un grand serpent; quelques anciens ont fait mention de Dragons qui portaient une crête et une barbe ; ce qui ne s'appliquerait guère qu'à Y Iguane; Lucain parle le premier de Dragons volans, faisant sans doute allusion aux prétendus Serpens volants dont Hérodote rapporte l'histoire; saint Augustin et d'autres auteurs postérieurs ont ensuite attribué constamment des ailes aux Dragons.

(2) Le Dragon rayé; — le Dragonvert, Daud. III, xli ; — le Dragonbrun.

(3) Sitane, nom de l'espèce à la côte de Coromandel.

sislaient dans ralongenient excessif du deuxième doigt de ses pieds de devant, lequel dépassait le tronc de plus du double, et servait probablement à soutenir quelque membrane qui aidait l'animal à voler, comme celle que supportent les côtes du Dragon (1).

La deuxième section de la famille des Iguaniens, celles des Iguaniens propres, se dislingue de la première parce qu'elle a des dents au palais.

Les Iguanes proprement dits, (Igijana. Cuv.)

Ont le corps et la queue couverts de petites écailles imbriquées ; tout le long du dos une rangée d'épines , ou plutôt d'écailles redressées, coraprimces et pointues; et sous la gorge un fanon comprimé et pendant, dont le bord est soutenu par une production cartilagineuse de l'os hyoïde. Leurs cuisses portent la même rangée de tubercules poreux que celles des lézardsproprement dits, et leur tète est couverte de plaques. Chaque mâchoire est entourée d'une rangée de dents comprimées, triangulaires, à tranchant dentelé ; il y en a aussi deux petites rangées au bord postérieur du palais.

L'Iffuatie ordinaire d'Amérique {%.{ Lac. iguana, L. Iguana tuberculata , Laur. ) Seb. I, xcv, 1, xcvii, 3. xcvin, 1.

Dessus; vert-jaunâtre, marbré de vert pur : la queue annelée de brun; dans la liqueur il paraît bleu, changeant en vert et en violet, et piqueté de noir. Dessous : plus pâle; une crête de grandes écailles dorsales en forme dVpines ; une grande plaque ronde sous le tympan, à Pangle des mâchoires ; les côtés du cou garnis d'écailles pyramidales éparses, parmi les autres; le bord antérieur du fanon dentelé comme le dos : long de quatre à cinq pieds. Commun dans toute l'Amérique trophical, où sa chair passe pour délicieuse, quoique malsaine. 11 vit en grande partie sur les arbres , va quelquefois à l'eau, se nourrit de fruits, de grains et de feuilles ; la femelle pond dans le sable des œufs gros comme ceux d'un pigeon, agréables au goût , presque sans blancs.

L'Iguane ardoisé. Daud. , Séb. 1, xcv, 2, xcvi, 4.

Bleu-violâtre uniforme; plus pâle dessous; les épines dorsales plus petites: du reste semblable au précédent. A l'un et à l'autre un trait blanchâtre, oblique sur l'épaule. Celui-ci vient des mêmes pays, et n'est probablement qu'une variété d'âge ou de sexe (3).

V Iguane à col nu , { Ig. nudicollis , Cuv. ) Mus. Besler , tab. XIII, fig. 5 , Ig. delicatissima , Laur.

Ressemble à l'ordinaire , surtout par la crête dorsale; mais n'a point la

(1) Foî/es mes R echerches sur les ossements fossiles, deuxième édit. , tome V, part. 2, pi. xxiii.

(2) Les Mexicains le nomment Aquaquetzpallia (Hernand.); les Brésiliens Senembi (Margrav).

(5) J'ai même tout lieu de croire que cette conclusion doit être étendue aux Iguanes de Spix; pi. 5, 6, 7, 8 et 9; ils ne me paraissent que des variétés d'âge de l'espèce commune.

{îrantle plaque sous le tympan, ni les tubercules épais sur les côtés du cou. Le dessus du crâne est garni de plaques bombées, l'occiput tuberculeux; le fanon est médiocre; il n'a que peu de dentelures, et seulement en avant. Laurenti le dit des Indes, mais c'est une erreur, nous l'avons reçu du Brésil et de la Guadeloupe (1). »

V Iguane cornu de Sa'mt-Domingue , Lacep. {Ig. cornuta, Cuv. ) , Bonnaterre. Encyc. méth. Erpetolog. Lézards, pi. iv, f. 4.

Assez semblable à V Iguane ordinaire , et encore plus au précédent ; mais se distinguant par une pointe conique, osseuse entre les yeux, et deux écailles relevées sur les narines ; il n'a point de grande plaque sous l'oreille , ni de tubercules sur le cou, mais les écailles des branches de la mâchoire sont bosselées.

Ulguane à queue armée, de la Caroline ( Ig. cycklura, Cuv. )

Est dépourvu, comme les deux précédents, de grande plaque sous l'oreille etde petites épinessurle cou; mais des écailles plus grandes que les autres cl un peu carénées, forment d'espace en espace des ceintures sur sa queue (2).

Les Ophkyesses ( Ophryessa , Boié. )

Ont des petites écailles imbriquées , une crête dorsale, peu saillante , se prolongeant sur la queue qui est comprimée ; des dents maxillaires dentelées , et des dents au palais ; toutes circonstances qui les rapprocheraient des Iguanes, mais ils n'ont pas de fanon , ni de pores aux cuisses.

Le Sourcilleux , ( Lac. superciliosa , L. ) Séb. I , cix , 4. Lophyrus xiphurus .

Spix, X.

Nommé ainsi à cause d'une carène membraneuse que forme son sourcil , est une espèce d'Amérique, fauve, avec une bande festonnée, brune, le long de chaque flanc.

Les Basilics (Basilisccs. Daud.)

Manquent de pores, et ont des dents au palais, comme les Ophryesses. Leur corps est couvert de petites écailles ; il y a sur leur dos et sur leur queue une crête continue et élevée , que soutiennent les apophyses épineuses des vertèbres, comme celle de la queue des Istiures.

L'espèce connue ( Lacerta basiUscus , Lin. ), Séb. I, cl. Daud. III , xlii , se reconnaît à une proéminence membraneuse de son occiput, en forme de capuchon, soutenue par du cartilage. C'est un animal de la Guiane, qui devient grand ; il est bleuâtre, avec deux bandes blanches, une derrière l'œil, l'autre derrière les mâchoires, qui se perdent vers l'épaule (3). Il se nourrit de graines.

(1) Je soupçonne lMHi6ZyrAy«cA«s cristatus, Bell. Zool. jouni. I, Supl. pi. 12, d'être un individu mal préparé de mon Iguane à col nu.

(2) Il me semble aussi que cet Iguane est le même que M,. Hai-lan (An. des se. nat. de Phil., IV, pi. XV.) appelle Cijchluta carinata ; mais alors il y aurait, comme pourl'Amblyrhynchus, erreur relativement aux dents palatines. Ces dénis existent dans tous mes Iguanes, je m'en suis assuré.

(5) C'est à tort que l'on a cru jusqu'à présent , sur le témoignage de Séba , le Basilic de» Indes.

Les Marbrés (Polychrbs. Cuv.)

Ont , comme les Iguanes , des dents au palais , et des pores aux cuisses , quoique peu marqués ; mais leur corps , couvert de petites écailles, n'a aucune crête. Leur tête est couverte de plaques; leur queue est longue et grêle; leur gorge extensible peut former un fanon au gré de l'animal; ils jouissent, comme les Caméléons, de la faculté de changer de couleur. Leur poumon est très volumineux, remplissant presque tout le corps, et se divisant en plusieurs branches. Leurs fausses côtes , comme celles des Caméléons , entourent l'abdomen , en se réunissant pour former des cercles entiers.

Le Marbré de la Guiane. {Lac. inarmorata, L.) Lacép. I, xxvi ; SeL. II, Lxxvi, 4j Spix. XIV.

Gris-roussàtre, marbré de bandes transversales irrégulières, d'un rouxbrun et quelquefois mêlées de bleu ; la queue très longue. Commun à la Guiane (1).

Les EcpHiMOTES , Fitzinger.

Ont les dents et les pores des Marbrés , mais de petites écailles sur le corps seulement ; la queue, qui est grosse, en a de grandes pointues et carénées. Leur tête est couverte de plaques. Ils ont la forme un peu courte et aplatie de certains Agames , plutôt que la forme élancée des Marbrés.

L'espèce la plus commune {Agama tuberculata. Spix. XV. 1, ou Tropidurus torquatus. Pr. Max. (2) est cendrée, semée de gouttes blanchâtres, et a de chaque côté du cou un demi-collier noir. Elle vit au Brésil.

Les QuETZPALEo (S) (Oplcrcs) Cuv. •

Ont aussi , avec les dents des Marbrés , les formes des Agames , mais ils manquent de pores aux cuisses , et les écailles de leur queue, pointues et carénées lui donnent du rapport avec celle des stellions ; leurs écailles du dos sont aussi pointues et carénées , mais très petites. On n'en connaît qu'un du Brésil,

Le Quetzpaleo gris, à collier noir. [Opl.lTorquatus, Cuv.)

Avec un demi-collier noir de chaque côté du cou.

Les Anolis (AnoLirs. Cuv.) (-4)

Ont, avec toutes les formes des Iguanes et surtout des Marbrés, un caractère distinctif très particulier : la peau de leurs doigts s'élargit sous

(1) Aj. Polichrus acutirosln's , Sp'i's.^XlY .

(2) Le Tropidurus du pr . Max. de Wied , n'est pas , comme il l'a pensé , le Quetzpaleo de Séba, quoiqu'il ait aussi des demi-colliers noirs.

(ô) Ce nom de Quetzpaleo donné par Séba à cette espèce, paraît corrompu du Mexicain aqua quetz pallia qui paraît être un nom de l'Iguane; le Quetzpaleo de Lacép. , l'ept. iu 4°, II , 497 y est un Fouette-Queue ; mais c'est de l'animal de Séba qu'il cite la figure.

(4) Anoli , Anoalli, nom de ces Sauriens aux Antilles; Gronovius l'a donné à VAméiva fort gratuitement. Rohefort, dont on l'a pris, ne donne pour figure qu'une copie du Teytiguaçu de Margrav , ou grand Sauve-Garde de la Guiane. Nicholson semble annoncer

l'antépénultième phalange en un disque ovale , strié en travers par dessous, qui les aide à s'attacher aux diverses surfaces , où ils se cramponnent d'ailleurs fort bien par le moyen d'ongles très crochus. Ils ont de plus le corps et la queue uniformément chagrinés par de petites écailles , et la plupart portent un fanon ou un goitre sous la gorge , qu'ils enflent et font changer de couleur dans la colère et dans l'amour. Plusieurs d'entre eux égalent au moins le Caméléon , par la faculté de faire varier les couleurs de leur peau. Leurs côtes se réunissent en cercles entiers, comme dans les Marbrés et les Caméléons. Leurs dents sont tranchantes et dentelées , comme celles des Iguanes et des Marbrés, et ils en ont de même dans le palais. La peau de la queue a de légers plis ou enfoncements , dont chacun comprend quelques rangées circulaires d'écailies. Ce genre paraît propre à l'Amérique.

Il y en a qui ont sur la queue une crête soutenue par les apophyses épineuses des vertèbres, comme dans les Istiures et les Basilics (1).

Le grand Anolis à crête. {An. velifer, nob.)

Long d'un pied ; une crête sur la moitié de la queue, soutenue de douze à quinze rayons; le fanon s'étend jusque sous le ventre. Couleur d'un bleu cendré noirâtre.

De la Jamaïque et des autres Antilles. Nous avons trouvé des baies dans son estomac.

lie petit Anolis à crête. {Lac. bimaculata , Sparrm? )

Moitié plus petit que le précédent; même arête ; couleur verdâtre, piquetée de brun vers le museau et sur les flancs. De l'Amérique septentrionale et de diverses Antilles.

Le grand Anolis à écharpe. {An. equestris, Merr.)

Fauve, nué de lilas cendré; une bande blanche sur l'épaule ; la queue trop charnue pour qu'on distingue les apophyses de sa crête ; long d'un pied.

D'autres ont la queue ronde, ou seulement un peu comprimée. Leurs espèces sont nombreuses et ont été en partie confondues, sous les noms de Roquet, de Goitreux, de Rouge-Gorge et ôi Anolis {Lac. stru77iosa, et bullaris, Lin.). Elles habitent dans l'Amérique méridionle, et dans les Antilles, changent de couleur avec une facilité prodigieuse, surtout lorsqu'il fait chaud. Leur fanon s'enfle dans la colère, et rougit comme une cerise. Ces animaux sont moins grands que notre Lézard gris; se nourrissent surtout d'insectes, qu'ils poursuivent avec agilité; les divers individus ne peuvent, dit-on, se rencontrer, sans se combattre avec fureur.

L'espèce des Antilles, ou Roquet de Lacép., I, pi. xxvii (c'est plus particulièrement le Lacerta bullaris, Gm.), a le museau court, piqueté de brun; les paupières saillantes; sa couleur ordinaire est verdâtre. Excepté sa queue ronde, elle ressemble beaucoup au petit Anolis à crête.

que ce nom s'applique à plusieurs espèces, et celle qu'il décrit paraît ètveV Anolis roguet , qui a été en effet envoyé de la Martinique au Muséum sous ce nom à'' Anolis. M. Bfbreau de Jonnès a même constaté que c'est aujourd'hui le seul nom sous lequel on le connaisse.

(1) Ils ont été confondus entre euxet avec une partie des suivants, sous lesnoms de Laa. principalis et bimaculata.

h''Anolis rayé, Daud. IV, xlviii, 1.

N'en diffère que par des suites de traits noirs sur les flancs. Il paraît le même (iae\c Lacerta strumosa. Lin. Séb. II, xx, 4. Sa longueur est un peu plus considérable qu'au précédent.

h'yinolisde la Caroline , Iguane goiti'eux , Brongn.) Catesb. II, lxvi.

Est d'un beau vert doré; une bande noire à la tempe; son museau est alongé et aplati, ce qui lui donne une physionomie particulière, et en fait une espèce bien distincte. (1) C'est à cette famille des Iguaniens, à dents au palais, qu'appartient un énorme

animal fossile, connu sous le nom d'animal de Maëslricht, et pour lequel on a

fabriqué récemment le nom de Mosasaurus (2).

La quatrième famille des Sauriens ,

ou LES GECKOTIENS;,

Se compose de Lézards nocturnes, et tellement semblables . que l'on pourrait les laisser dans un seul genre.

Les Geckos. Daud. (Stellio. Sch. Ascalabotes. Cuv.) (3)

Sauriens qui n'ont point la forme élancée de ceux dont nous avons parlé jusqu'à présent, mais sont, au contraire , aplatis, surtout à leur tête ; ils ont les pieds médiocres et les doigts presque égaux; leur inarche est lourde et rampante ; de très grands yeux , dont la pupille se rétrécit à la lumière , comme celle des chats , en font des animaux nocturnes , qui se tiennent le jour dans les lieux obscurs. Leurs paupières, très courtes, se retirent entièrement entre l'œil et l'orbite, ce qui donne à leur physionomie un aspect dififérent des autres Sauriens. Leur langue est charnue, et non extensible; leur tympan un peu renfoncé; leurs mâchoires garnies tout autour d'une rangée de très petites dents serrées ; leur palais sans dents; leur peau, chagrinée en dessus de très petites écailles grenues, parmi lesquelles sont souvent des tubercules plus gros ; en dessous , des écailles un peu moins petites , plates et imbriquées. Quelques espèces ont des pores aux cuisses. La queue a des plis circulaires, comme celle des Anolis; mais, lorsqu'elle a été cassée, elle repousse sans plis, et même sans tubercules , quand elle en a naturellement , ce qui a fait quelquefois multiplier les espèces.

(1) Aj. V Anolis àpointshlancs, Daud. IV, xlviii , 2; — VÂn. viridis , pr. Max. 6" liv.; — Jn. gracilis, id. , et plusieurs autres espèces dont je n'ai malheureusement point de figures à citer.

(2) Ployez sur cet animal, le cinquième vol., 2« part, de mes Rechyrclies sur les ossements fossiles.

On a découvert parmi les fossiles , plusieurs reptiles de grande taille, qui paraissent aussi devoir être rapprochés de cette famille, mais dont les caractères ne sont pas assez complètement connus pour que l'on puisse les classer avec sûreté.

Tels sont le Geosaurus découvert, par M. de Sœmmering , le Megalosaurus de M. Buckland ; ricuANODON de M. Mantell. , etc. J'en traite plus au long dans le cinquième vol. , 2» part, de mes Recherches sur les ossements fossiles.

(ô) Gecko j nom donné à une espèce des Indes, et imité de sou cri, comme une autre espèce a été nommée Tockato à Siam, et une troisième Gcitje au Cap. xçxxXxGo^ç, nom grec du Gecko des murailles.

Ce genre est nombreux et répandu dcans les pays chauds des deux continents. L'air triste et lourd des Geckos , et une certaine ressemblance avec les Salamandres et les Crapauds , les a fait haïr et accuser de venin , sans aucune preuve réelle.

La plupart ont les doigts élargis sur toute ou partie de leur longueur, et garnis en dessous de replis très réguliers de la peau, qui leur servent si bien à adhérer aux corps , que l'on en voit marcher sous des plafonds. Leurs ongles sont rétractiles de diverses manières , et conservent leur tranchant et leur pointe ; conjointement avec leurs yeux , ils peuvent faire comparer les Geckos parmi les Sauriens , à ce que sont les Chats parmi les mammifères carnassiers ; mais ces ongles varient en nombre selon les espèces , et manquent entièrement dans quelques-unes.

La première et la plus nombreuse division des Geckos, que j'appellerai

Platydactyles,

A les doigts élargis sur toute leur longueur, et garnis en dessous d'écailles transversales.

Parmi ces Geckos l'ialydactyles, quehpies-uns n'ont pas d'ongles du tout, et leurs pouces sont très petits. Ce sont de jolies espèces, toutes couvertes de tubercules et peintes de couleurs vives. Celles que l'on connaît viennent de l'Ilede-France.

Quelques-unes manquent de pores aux cuisses (1).

Il y en a une violette dessus, blanche dessous, avec une ligne noire sur les flancs (G. iniaigids, Cuv.).

Une autre est grise , toute couverte de taches œillées, brunes , à milieu blanc (G. ocellatus , d'Oppel).

Quelques autres ont, au contraire, ces pores très marqués. (2) Tel est

Le Gecko cépédien , Péron.

De l'Ile-de-France; aurore, marbré de bleu; une ligne blanche le long de chaque flanc.

Je ne sais cependant si les pores, dans ce premier sous-genre, ne sont pas une marque du sexe.

D'autres Platydactyles manquent d'ongles aux pouces, aux deuxièmes et aux cinquièmes doigts de tous les pieds; ils n'ont point de pores aux cuisses (3). Tel est

Le Gecko des murailles. (Lacer/us facetanvs , Aldrov, 654.) Tarente, des Provençaux; Tarentola, ou plutôt Terrentola , des Italiens; Stellio, des anciens Latins; Geckotte.hAce^. Gecko fascicularis ,Bai\(\.

Gris-foncé; la tête rude; tout le dessus du corps semé de tubercules formés chacun de trois ou quatre tubercules plus petits et rapprochés; les écailles du dessous de la queue semblables à celles du ventre. Animal hideux, qui se cache dans les trous de murailles, les tas de pierres, et se recouvre le corps de poussière et d'ordures. Il paraît que la même espèce habite tout autour de la Méditerranée, et jusqu'en Provence et en Languedoc.

g (1) C'est à cette division que M. Gray réserve le nom de Platydactyle.

(2) M. Gray a fait de cette division son genre Phchuma ; le Lacerta geitje de Sparm. , doit y appartenir. On le croit très-venimeux au Cap.

(ô) C'est de cette division que M. Gray a fait son genre Tarentola.

Il y en a en Egypte et en Barbarie une espèce voisine, à tubercules simples et ronds, plus saillants sur les flancs {C. œgyptiacus, nob.) Egyp., Rept., pi. V, f. 7, (1).

Le plus grand nombre des Geckos Platydactyles ne manquent d'ongles qu'aux quatre pouces seulement. Us ont une rangée de pores au-devant de l'anus (2). Tels sont

Le Gecko à gouttelettes. Daud. {Gecko, Lacép. I, xxix; Stellio Gecko, Schneid.) Seb. I, cvui, toute la pi.

Des tubercules arrondis, peu saillants, répandus sur le dessus du corps, dont la couleur rousse est semée de taches rondes et blanches ; le dessous de la queue garni d'écaillés carrées et imbriquées. Séba le dit de Ceylan, et prétend que c'est à lui particulièrement qu'on donne le nom de Gecko, d'après son cri ; mais Bontius l'attribuait, bien auparavant, à une espèce de Java. Probablement le cri et le nom sont communs à plusieurs espèces. Nous sommes assurés que l'on trouve celle-ci dans tout l'Archipel des Indes.

Le Gecko à bandes. Lézard de Pandang à Amboine. {Lacerta vîttata, Gm.) Daud. IV, L.

Brun; une bande blanche sur le dos, qui se bifurque sur la tête et sur la racine de la queue; des anneaux blancs autour de la queue. Des Indes orientales; il se tient à Amboine, sur les branches de l'arbuste nommé pandang de rivage (3).

Il y a de ces Platydactyles à quatre ongles, dont le corps est bordé d'une membrane horizontale, et les pieds palmés.

Un des plus remarquables est

Le Lacerta homalocephala , Crevelt., Soc. des nat. de Berl., 1809, pi. viii.

Qui a les côtés de la tête et du corps augmentés d'une large membrane, laquelle est découpée en festons sur les côtés de la queue. Ses pieds sont palmés. On le trouve à Java, au Bengale. (4)

Les Indes en ont une autre espèce, à tête et corps bordés, et à pieds palmés, mais sans festons à la queue et sans pores au-devant de l'anus (Ptero- PLEURA Horsjieldii, Gray., Zool.,jour., n° X, p. 222.)

Enfin quelques Platydactyles ont des ongles à tous les doigts.

Nous en avons une espèce lisse, à pieds palmés {Â. leachianus, Nob.).

Une seconde division des Geckos, que j'appellerai

Hemidactyles,

Ont la base de leurs doigts garnie d'un disque ovale, formé en dessous par un doubles rang d'écaillés en chevrons;du milieu de ce disque s'élève la deuxième phalange, qui est grêle, et porte la troisième, ou l'ongle, à son extrémité. Les espèces connues ont toutes cinq ongles, et la rangée de pores des deux côtés de l'anus ; les écailles du dessous de leur queue sont en forme de bandes larges, comme celles du ventre des Serpents.

(1) Cette figure intitulée : var. du Gecko annulaire , a trop d'ongles.

(2) Cette division est nommée en particulier. Gecko par M. Gray.

(3) N. B. Daudin donne à tort des ongles aux pouces de ces deux Geckos.

(4) M. Fitzinger fait de ce platy dactyle bordé , son genre Ptychozoon. M. Gray en sépare ses Pteropleora , à cause ne l'aLsence des pores.

IJ y en a une espèce dans le midi de l'Europe (G. verruculatus, Nob.) d'un gris roussâtre, avecle dos tout semé de petits tubercules coniques un peu arrondis; la queue a des cercles formés de semblables tubercules. D'Italie, de Sicile, de Provence, comme le G. fascicularis.

Une espèce très semblable (G. mabuia, Nob.) , à tubercules encore plus petits, ceux de la queue plus pointus, grise, uuagée de brun, et des anneaux bruns sur la queue ; est répandue dans toutes les parties chaudes de l'Amérique; elle s'introduit dans les maisons. On la connaît sous le nom de Mahotiia des murailles (1).

Il y en a, à Pondichéry et au Bengale, de si semblables, que l'on serait tenté de croire qu'ils y auraient été transportés par les vaisseaux (2).

On trouve aussi aux Indes, un Ilémidactyle à corps bordé {q. marginatus , Nob.); ses pieds ne sont point palmés. Sa queue est aplatie horizontalement, et a les bords tranchants et un peu frangés. Il a été envoyé du Bengale par M. Duvaucel.

La troisième division des Geckos, que j'appellerai

Thecadactyles

A les doigts élargis sur toute leur longueur, et garnis en dessous d'écailles transversales; mais ces écailles sont partagées par un sillon longitudinal profond, où l'ongle peut se cacher entièrement.

Ceux que je connais ne manquent d'ongles qu'aux pouces seidement ; ils n'ont pas de pores aux cuisses, et leur queue est garnie en dessous et en dessus de petites écailles.

Le Gecko lisse. {G. lœvis. D. Stellio perfoliatus, Schn. Lac. rapicauda, Gm.) Daud. IV, Li. Connu dans nos îles sous le nom de Mabouia des bana-

Gris, marbré de brun ; de très petits grains sans tubercules dessus ; petites écailles dessous ; sa queue , naturellement longue et entourée de plis comme à l'ordinaire, se casse très aisément, et revient quelquefois très renflée, et en forme de petite rave. Ce sont ces monstruosités accidentelles qui l'ont l'ait appeler alors G. rapicauda (5).

La quatrième division des Geckos, que j'appellerai

Ptvo-Dactyles (4),

A les bouts des doigts seulement dilatés en plaques, dont le dessous est strié en éventail. Le milieu de la plaque est fendu, et l'ongle placé dans la fissure. Il y a <à tous les doigts des ongles fort crochus.

Les uns ont les doigts libres, la queue ronde.

(1) Autant que l'on peut enjuger par la figure, le Thecadactylus pollicaris , et le Gecko actileatus, Spix, xvm , 2 et 3 , pourraient n'être que ce Mabouia des murailles , en différents âges. Moreau de Jonnès en a donné une monographie , mais il l'y confond avec des espèces différentes.

(2) A cette division appartiennent encore le G. à tubercules trièdres et le G. à quetie épineuse de Daud. ; le premier est le même que le SteU. mauritanicus , de Schn. Le Stell. j}latyurusde Schn. en est aussi fort voisin.

(ô) Le Gecko squalidus, Herm. , doit appartenirà cette division , s'il n'est pas le même; que le Lœvis. Le Gecko de Surinam . Daud., n'est qu'un individu plus jeune et mieux coloré du Lœtis.

(-1) De ttIuov , éventail.

Le Gecko des Maisons, {Lac. Gecko. Hasselquist.) Gecko lobalus, GeoCf'r. Rept. Egyp. III, 5. Stellio Hasselqtdstiî, Schneid.

Lisse; gris-roussâtre, piqueté de brun ; les écailles et les tubercules 1res petits. Celte espèce est commune dans les maisons des divers pays qui bordent la Méditerranée, au midi et à Torient. Au Caire, on la nomme abou burs (père de la lèpre), parce qifon prétend quVlle donne ce mal en empoisonnant avec ses pieds les aliments, et surtout les salaisons, qu'elle aime beaucoup. Quand elle marche sur la peau, elle y fait naître des rougeurs, mais peutêtre seulement à cause de la finesse de ses ongles. Sa voix ressemble un peu à celle des Grenouilles.

D'autres ont la queue bordée de chaque côté d'une membrane, les pied demipalmés ; ils sont probablement aquatiques. Ce sont les Uroplates de Duméril.

Le Gecko frangé, (Stellio fmbrialus, Schn.) Tête plate. Lac. ou Famo-Cantrata de Madagascar, Brug. Lacép. I. xxx, Daud. IV, ui.

A non-seulement une bordure aux côtés de la queue, mais elle s'étend le long des flancs , oii elle est frangée et déchiquetée. On le trouve à Madagascar, à ce que l'on dit, sur les arbres, où il saute de branche en branche. Le peuple de ce pays le redoute beaucoup, mais à tort (1).

Le Fouette-Queue de Lin. ou Gecko du Pérou , (Lac. caudiverhera , Lin.) Feuillée,!, 319.

N'a point de frange aux côtés du corps , mais seulement à ceux de la queue, sur laquelle il y a aussi une crête membraneuse, verticale. Feuillée l'a trouvé dans une fontaine des Cordillères. Il est noirâtre , et long de plus d'un pied.

On peut faire une cinquième division ,

Les Spheriodactylks ,

De certains petits Geckos , qui ont les bouts des doigts terminés par une petite pelotte sans plis , mais toujours avec des ongles rétractiles.

Lorsque la pelotte est double ou échancrée en avant, ils tiennent de près aux Ptyodactyles non bordés. Ceux que l'on connaît viennent du Cap on des Indes. Tel est

Le G. porphyre. Daud.

Gris roussâtre, marbré et piqueté de brun (2).

Plus souvent la pelotte est simple et ronde. Les espèces sont d'Amérique. Tel est

Le Gecko sputateur à bandes. Lacép., Rept. I , pi. xxvin, f. 1.

Petite espèce, joliment marquée de bandes transverses brunes, tranchées sur un fond roux; elle est répandue dans les maisons à Saint-Domingue, où on lui donne aussi le nom de Mabouia. Il y a dans la même île , une espèce voisine , mais d'un cendré uniforme , id., ib., f. 2. Enfin, il y a des Sauriens qui, avec tout les caractères des Geckos, n'ont

(1) Selon ladescrip. de Brugière, le Sarroubé de Madagascar aurait tous les caractères du Famocantraca excepté la frange , et le pouce qui lui manquerait aux pieds de devant. M. Fiizinger en a fait son genre Sarruba.

(2) Davidin a cm à tort ce Gecko d'Amérique et synonyme des Mabouia.

pas les doigts élargis. Leiu-s ongles, au nombre de cinq, soûl néanmoins rétractiles.

Les uns ont la queue ronde, les doigts striés en dessous et dentelés au\ bords. Ce sont

Les Stexodactyles.

Il y en a un en Egypte (S(en. guttatus), Égyp., Rept. , pi. v, f. 2 (1) , lisse , gris, semé de taches blanchâtres.

D'autres ont les doigts grêles et nus; ceux qui ont la queue ronde sont

Les Gymnodactyles de Spix.

11 y en a en Amérique à séries régulières de petits tubercules. Gyinnodactylus geckoides , Spix. X , viii , 1 , en paraît aussi un.

D'autres ont la queue aplatie horizontalement en forme de l'euille; je les nomme

Phyllures.

On n'en connaît encore qu'une espèce , de la Nouvelle-Hollande (6'te///o phyllurus, Schn.; Lacerta platura, WhiteNew. South. Wh., p. 246, f. 2) (2), grise, marbrée de brun en dessus, toute hérissée de petits tubercules pointus.

On est obligé d'établir une cinquième famille

DES CAMÉLÉONIENS ,

Pour le seul genre

des Caméléons (Cham^leo.) (â),

Lequel est bien distinct de tous les autres Sauriens , et ne se laisse pas même aisément intercaler dans leur série.

Ils ont toute la peau chagrinée par des petits grains écailleuv ; le corps comprimé et le dos comme tranchant ; la queue ronde et prenante ; cinq doigts à tous les pieds , mais divisés en deux paquets , l'un de d'eux. , l'autre de trois : chaque paquet réuni par la peau jusqu'aux ongles ; la langue charnue, cylindrique et extrêihement alongeable ; les dents trilobées ; les yeux grands, mais presque couverts par la peau, excepté un petit trou vis-à-vis la prunelle , et mobiles indépendamment l'un de l'autre ; point d'oreille extérieure visible , l'occiput relevé en pyramide. Leurs premières côtes se joignent au sternum, les suivantes se continuent chacune à sa correspondante , pour enfermer l'abdomen par un cercle entier. Leur poumon est si vaste que , quand il est gonflé , leur corps paraît transparent, ce qui a fait dire aux anciens qu'ils se nourissaient d'air. Ils vivent d'insectes, qu'ils prennent avec l'extrémité gluante de leur langue : c'est la seule partie de leur corps qu'ils meuvent avec vitesse. Ils sont pour tout le reste d'une lenteur excessive. La grandeur de leur pou-

(1) Sous le nom impropre A^ Agame iwnclué. Il est reproduit , suppl., pi. I, f. 2; et une csjiècc voisine, f. 4.

(2) Rapportée , «n ne sait pourquoi , aux Slellions par Daudin.

(ô) %a^a/A£Uy, (pclit Lion) , nom de cet animal chez les Grecs, et surloul dans Ari-;tôle ([ui l'a parfaitement bien décrit , Hist. an. , lib. II , cap. xi.

mon est probablement ce qui leur donne la propriété de changer de couleur, non'pas, comme on l'a cru, selon les corps sur lesquels ils se trouvent, mais selon leurs besoins et leurs passions. Leur poumon , en effet, les rend plus ou moins transparents , contraint plus ou moins le sang à refluer vers la peau , colore même ce fluide plus ou moins vivement , selon qu'il se remplit ou se vide d'air. Ils se tiennent constamment sur les arbres.

Le Caméléon or^dinalre. ( Lacerta africana , Gm. ) Lacep. I, xxii , Séb. I, Lxxxii, 1 , Lxxxm , 4 (1).

U'Egypte et de Barbarie, qui se trouve aussi dans le midi de TEspagne, et jusque dans les Indes , a le capuchon pointu et relevé d'une arête en avant: les grains de la peau égaux et serrés, la crête supérieure dentelée jusqu'à la moitié du dos, l'inférieure jusqu'à l'anus.

Le capuchon de la femelle saille moins , et les dentelures de ses crêtes sont plus petites.

Une autre espèce, assez semblable, etdes îlesSéchelles(C/2«?n. tigr'is, Cuv.), a le casque comme la femelle du commun , les grains du corps fins et égaux , et se distingue par un lambeau comprimé et dentelé sous le bout de sa mâchoire inférieure. Son corps est semé de points noirs.

Une autre espèce voisine, de l'île de Bourbon ( Cham. vemicosus, Cuv.) , a des grains plus gros, épars parmi les autres; et une série de verrues, parallèle au dos aux deux tiers de sa hauteur. Le capuchon est comme dans la femelle du commun ; les dentelures du dos sont plus fortes ; celles du ventre plus faibles.

Le Caméléon nain {Lacerta pumîla, Gmel.) Chamœleon pumilus. Daud. IV, LUI.) Cham. margarîtaceus , Merr. Séb. lxxxii , 4, 5.

A le capuchon couché en arrière , des verrues éparses sur les flancs , sur les membres et sur la queue; sous la gorge des lambeaux nombreux, comprimés , finement dentelés , qui varient selon les individus. Il se trouve au Cap , à rile-de-France , aux Séchelles (2).

Le Caméléon du Sénégal ( Lacerta chamœleon, Gm.) Ch. planiceps , Merr. Seb. I , lxxxiii , 2.

Aie capuchon aplati et presque sans arête, de forme horizontalement parabolique. Il se trouve en Barbarie et même en Géorgie.

Une espèce, de l'Ile-de-France {Cham. pardalis , Cuv.), a le casque plat comme celle du Sénégal , mais son museau a un petit bord proéminent en avant de la bouche ; des grains plus gros sont épars parmi les autres , et son corps est semé irrégulièrement de taches rondes , noires , bordées de blanc.

Une autre espèce ( Cham. Parsonii , Cuv. ) trans. phil. lvui à casque plat, un peu tronqué en arrière, a la crête du sourcil prolongée et relevée de chaque côté sur le bout du museau , en un lobe presque vertical. Ses grains sont égaux , et il n'a de dentelure ni en dessus ni en dessous (5). Enfin

Le Caméléon des Moluques , à nez fourchu {Cham. bifurcus , Brongn. ) Daud, IV, liv.

A le casque plat, demi-circulaire, deux grandes proéminences comprimées , saillantes , en avant du museau , qui varient en longueur probable-

(1) Le Cam. trapu, Ég. , Rept. , iv,5; Cham. carinatiis , Merr., Ch. subcroceus, id.

(2) Je crois que le Chavi. seicheUensis deKuhl, n'est qu'une femelle du Pumilus.

(3) Je ne connais point le Cham. dilepis, Leach. , ou hilobus, Ruhl.

ment selon les sexes. Ses grains sont égaux , son corps est semé de taches bleues serrées , et il y a au bas de chaque flanc , une double série de taches blanches.

La sixième et dernière famille des Sauriens est celle Des scincoidiens ,

Reconnaissable à ses pieds courts , à sa langue non extensible et aux écailles égales , qui couvrent le corps et la queue comme des tuiles.

Les SciiVQCES (SciNcus. Daud.)

Ont quatre pieds assez courts; un corps presque d'une venue avec la queue; sans renflement à l'occiput , sans crête ni fanon; couvert d'écaillés uniformes, luisantes, disposées comme des tuiles ou comme celles des Carpes. Les uns ont la forme d'un fuseau; d'autres, presque cylindriques et plus ou moins alongés , ressemblent à des Serpents , et surtout à des Orvets, avec lesquels ils ont aussi plusieurs rapports intérieurs , et qu'ils lient à la famille des Iguanes par une suite non interrompue de nuances. Du reste , leur langue est charnue , peu extensible et échancrée , leurs mâchoires sont garnies tout autour de petites dents serrées. Par leur anus , leurs verges , leur œil , leur oreille , ils ressemblent plus ou moins aux Iguanes et aux Lézards ; leurs pieds ont des doigts tous libres et onguiculés.

Certaines espèces ont des dents au palais et une dentelure au bord antérieur du tympan.

On doit distinguer dans le nombre , à cause de son museau tranchant et

un peu relevé (1) ,

Le Scinque des pharmacies {Lac. scincus. Lin., Scincus officinalîs Schn. El adda des Arabes.) Lacep. I, xxiii, Bruce. Abyss., pi. 39. E^ypt. Rept. Suppl.pl.2,f. 8. ^ Min F

Long de six ou huit pouces ; la queue plus courte qne le corps : celui-ci jaunâtre-argenté ; des bandes transverses noirâtres ; il vit dans la Nubie , l'Abyssinie , l'Arabie , d'où on l'apporte à Alexandrie , et de là dans toute l'Europe. Il a une promptitude extraordinaire à s'enfoncer dans le sable quand il est poursuivi (2).

Parmi ceux qui ont le museau mousse , on peut remarquer une espèce répandue dans toutes les Indes. {Se. rufeseens) , verdâtre ; une ligne jaunâtre le long de chaque flanc , les écailles chacune à trois petites arêtes relevées.

Une du midi de l'Afrique, très répandue autour du Cap {Se. trivittatus) , brune; trois lignes plus pâles tout le long du dos et de la queue. Des taches noires entre les lignes (3) .

(1) C'est de cette espèce seulement que Fitzinger compose son genre Scincus , les autres forment son genre Mabodia.

(2) Les Grecs et les Latins nommaient Scincus, le Crocodile terrestre , par conséquent un Monitor , au.vuel ils attribuaient beaucoup de vertus ; mais depuis le moyen-âge , on vend généralement sous ce nom , et pour les mêmes usages , l'espèce ci-dessus. Les orientaux la regardent surtout comme un puissant aphrodisiaque.

(5) Aj. Scincus erijthrocephalus. Gilliams , Se. nat. Phil. I, xvui ; — Se. hicolor , Harlan. ib. IV, xvui, \; — Sc. inultiseriatus, Nob. GeoflF. Eg. rept. IV, f. 4 , sous le nom à'Ânolis pavé. — Nous croyons aussi devoir rapporter à cette subdivision", quoique nous

Et surtout imc grande espèce du Levant (Se. cyprins , Cuv.) Lac. cf prias scincoides, Aldrov. , Quadr. , Dig. , 666, Geoff. , Desc. de PEypt. , Rept. pi. III, f. 3, sous le nom à'' 4noUs ijijantpsrfue ; verdàtre, à écailles lisses , à queue plus longue que le corps; une ligne pâle le long de chaque flanc.

D'autres Scinques, les Tilioua , Gray , n'ont point de dents au palais.

Il en, est une très répandue dans le midi de l'Europe, la Sardaigne, la Sicile, l'Egypte ( Se. variegatus, Se. oeellatus , Schn. , Daud. , IV, lvi, Geoff., Egypt. , Rept. pi. V, f. 1, sons le nom A^Anolis marbré , et mieux Savig. , ib. , supp. , pi. II, f. 7 ), qui a sur le dos , les flancs et la queue , de petites taches noires, rondes, marquées chacune d'un trait blanc. Le plus souvent une ligne pâle règne le long de chaque côté du dos.

Nos Antilles en ont plusieurs espèces, dont une s'y nomme improprement Anolis de terre et Mabouia, Lacép. , pi. xxiv , lisse, brun-verdâtre; des points noirâtres épars sur le dos ; une bande brune mal terminée , allant de la tempe sur l'épaule et au-delà (1).

Les Moluques et la nouvelle-Hollande ont des espèces de cette division , remarquables par leur grosseur. (3).

Les Seps {%) (Seps, Daud.)

Diffèrent des Scinques seulement par leur corps encore plus alongé , tout-à-fait semblable à celui d'un Orvet , et par leurs pieds encore plus petits, et dont les deux paires sont plus éloignées l'une de l'autre. Leurs poumons commencent à montrer de l'inégalité.

Ou en possède une espèce à cinq doigts , dont les postérieurs inégaux. {S. Scincoides , Nob. )

Une à cinq doigts à peu près égaux et courts { Anguis quadrupes , Lin., Lacerta serpens , Gm.), Bloch, Soc. des nat. de Berl. , tom. II, pi. 2 (4). Des Indes orientales.

Une à quatre doigts, dont les postérieurs inégaux (le Telradaclylus deeresîensis , Per.) (5), et une à trois, d'ailleurs très semblable à la précédente ( Tridactylus decresiensls , Per. ). Toutes deux viennent de l'île de Grès , et sont vivipares.

Une à trois doigts très courts et à pieds très petits, nommée , en Italie, Cecellaon Cicigna (Lacerta chalcides , L.), grise; à quatre raies longitudinales , brunes : deux de chaque côté du dos. Elle est aussi vivipare , se meut avec

n'ayons pu encore nous le procurer, le gros Scinque , appelé Galley wasp , à la Jamaïque ; Sloane ,11, pi. 273, f. 9. {Lacerta occidua, Sh.).

(1) La fig. de Lac. est exacte, sauf la queue qui est trop courte , l'individu l'ayant eue cassée , comme il arrive souvent à tous les Lézards. — Aj. le Se. à flancs noirs, Quoy et Gaym. , voy. de Freyc. , pi. 42; — Se. histriatus , Spix, xxvi, 1 .

(2) Lac. scincoides, White , 242 ; — Scincus nigroliiteus , Quoy et Gaym , Freyc. 41 ; — Seine, crotaphomelas , Per. et Lacép., etc.

N. B. Je n'ai pu nommer que très peu d'espèces de Scinques , parce qu'elles sont si ma! caractérisées dans les auteurs , qu'il m'est presque impossible d'en indiquer la synonymie avec quelque certitude. C'est le genre qui a le plus besoin d'une monographie.

(3) Sojis et Chalets étaient chez les anciens , les noms d'un animal que les uns représentent comme un Lézard , les autres comme un Serpent. Il est très probable qu'ils désignaient les Seps à trois doigts d'Italie, et de Grèce. Seps vient de (7i^iJJeiV, corrompre.

(4) Gray en a fait son genre Lygosoma ; Fitzinger la laisse dans ses Mabuia ou Scinques sans dents palatines.

(5) C'est à celte espèce que Fitzinger réserve le nom générique de Seps ; il l'appelle Seps Pcronii.

rapidilé, sans s'aider de ses pieds ; vit dans les prés , se nourrit d'araignées , de petits limaçons, etc. (1).

Nos provinces méridionales en ont une très semblable, mais à huit ou neuf raies brunes, également espacées ( Zygnis slriata, Fitz. )

On pourrait séparer des autres une espèce dont les écailles , toutes carénées et pointues , sont à peu près disposées en verticilles (2) ( Lac. anguma ^ L.);Z,<7C. monodactyla, Lacep.,Ann. du Mus. II,lix,2, et Vosmaer.,Monogr. 1774, {'. I , sous le nom de Serpent-lézard. Ses pieds sont de petits stylets non divisés. Elle vit aux environs du cap de Bonne-Espérance.

Les Bipèdes (Bipes. Lacép.) ,

Sont un petit genre qui ne dijffère des Seps que parce qu'ils manquent entièrement de pieds de devant , n'ayant que des omoplates et des clavicules cachées sous la peau , et leurs pieds de derrière seuls étant visibles. II n'y a qu'un pas d'eux aux Orvets.

Les uns ont une rangée de pores au-devant de l'anus (3).

J'en ai disséqué un , rapporté de la Nouvelle-Hollande par feu Pérou ( le Bipède lépidopode , Lacep. , An. du Mus. , tome IV, pi. lv) , qui a les écailles du dos carénées, et la queue deux fois plus longue que le corps (4). Ses pieds n'offrent à l'extérieur que deux petites plaques oblongues et écailleuses : mais on y trouve par la dissection un fémur , un tibia, un péroné , et quatre os du métatarse formant des doigts, mais sans phalanges. Un de ses poumons est de moitié moindre que l'autre. 11 vit dans la vase.

D'autres n'ont pas cette rangée de pores.

II y en a luie petite espèce du Cap, décrite depxiis long-temps ( Anguis bipes, Lin., Lacerta b'ipes, Gm. ) , Séb. I , lxxxvi , 3, dont les pieds se terminent chacun par deux doigts inégaux (5).

Le Brésil en produit une autre ( Pygopus cariococca)^ Spix. , xxviii , 2, plus gran-de, à pieds indivis, comme ceux du lépidopode, mais plus pointus, à écailles toutes lisses. Il est verdâtre , avec quatre lignes longitudinales noirâtres (4).

Les Chalcides (Chalcides. Daud.)

Sont, comme les seps, des Lézards très alongés et semblables à des Serpents ; mais leurs écailles, au lieu d'être disposées comme des tuiles, sont rectangulaires, et forment, comme celles de la queue des Lézards ordinaires , des bandes transversales qui n'empiètent point les unes sur les autres.

(1) Merrem , au contraire, avait fait son genre Seps de cette seule espèce. Fitzinger l'appelle maintenant , d'après Oken , Zygnis, et y joint le Tridactylc de l'isle Dccres de Péron , qui se rapproche bien davantage du Tétradactyle de la même île.

(2) C'est le genre Monodactylus, Merr. ou Cham^saura , Fitz.

(3) Ils forment le genre Pygopcs de Merrem.

(4) La fig. de Lacép. est faite d'après un individu dont la queue avait été cassée et reproduite ; en général , dans toute cette classe , on est fort sujet à être trompé sur la longueur proportionnelle des queues.

(5) C'est le genre Bipes, Merr. ou Scelotes de Fitzinger. Le Seps yronovicn ou monodactyle de Daudin , dont Blerreni a fait son genre Pygodactyle , n'en était qu'un individu mal conservé, et ce genre doit être rayé , comme Merrem le soupçonnait déjà. Le Seps sexlineata , Harlan. Se. nat. Phil. IV, pi. xvni , f . 2 , n'en est qu'une variété.

(0) Le Pyg. stria fus, Spix,xxvui,l , ne m'en paraît que le jeune âge.

Les Ttns ont un sillon de chaque côté du tronc, et le tympan encore très apparent. Ils se lient aux Cordyles, comme les Seps se lient aux Scinques, et conduisent sous plusieurs rapports aux Sheltopusics et aux Ophisaures.

On en connaît une espèce à cinq doigts, des Indes orientales ( Lac. seps. Lin. )•

Une à quatre ( Lac. tetradaclyla , Lacép.) , Ann. du Mus. , II, lix, 2 (1). D'autres ont le tympan caché, et conduisent directement aux Bimanes, et par là aux Amphisbènes'.

Il y en a une espèce à cinq doigts (2).

Une du Brésil, à quatre devant et à cinq derrière {Heterodactylus imbricatus , Spix. , XXVII, 1 ).

Une à quatre, à tous les doigts (3).

Une dont les doigts, au nombre de cinq devant, et de trois derrière, sont réduits à de petits tubercules si peu visibles, que Tespèce a été regardée tantôt comme ayant trois doigts, tantôt comme n'en ayant qu'un (4). Elle est de la Guianne.

Les Bimanes (Chirotes. Cuv.)

Ressemblent aux Chalcides par leurs écailles verticillées, et encore plus aux Araphisbènes par la forme obtuse de leur tête ; mais se distinguent des premiers parce qu'ils manquent de pieds de derrière, et des seconds, parce qu'ils ont encore des pieds de devant. On n'en connaît qu'un , du Mexique ,

Le Bimane cannelé {Bipède canelé , Lacép. Chamœsaura propus, Schn. Lacerta lumbricoïdes . Shaw. ) , Lacép. I , xli.

A deux pieds courts, à quatre doigts chacun, avec un vestige de cinquième, assez complètement organisés à l'intérieur, attachés par des omoplates , des clavicules , et un petit sternum; mais sa tête , ses vertèbres, en un mot tout le reste de son squelette ressemblent à celui de l'Amphisbène.

Il a huit ou dix pouces de long; il est gros comme le petit doigt, couleur de chair, revêtu d'environ deux cent vingt demi-anneaux sur le dos , et autant sous le ventre, qui se rencontrent en alternant sur le côté. On le trouve au Mexique, où il vit d'insectes. Sa langue, peu extensible, se termine par deux petites pointes cornées; son œil est très petit; son tympan est recouvert par la peau, et invisible au-dehors; au-devant de son anus sont deux lignes de pores. Je ne lui ai trouvé qu'un grand poumon et un vestige de petit , comme à la plupart des Serpents (5).

(1) C'est le genre Tetradactylus de Merrem , ou Sachophis de Fitzinger.

(2) C'est celle-ci qui forme le genre Chalcides de Fitzinger. (ô) C'est le genre BRACiiypusde Fitzinger.

(4) Dans la première supposition , c'est le Chalcide de Lacép. pi. xxxii. Le Chamœsaum cophias de Schn. , le genre Chalcis de Merrem et le genre Cophias de Fitzinger. Dans la deuxième hyp. , c'est le Chalcide monodactyle àe Daudin , ou le genre Colobus de Merrem ; mais tous ces genres se réduisent à une seule espèce.

(5) Les genres qui terminent cet ordre des Sauriens , s'interposent de diverses manières entre les Sauriens ordinaires et les genres placés en tête de l'ordre des Ophidiens, au point que plusieurs naturalistes ne croient plus aujourd'hui devoir séparer ces deux ordres, ou bien qu'ils en établissent un , comprenant d'une part les Sauriens , moins les Crocodiles , et de l'autre les Ophidiens de la famille des Anguis ; mais il existe parmi les fossiles d'anciennes formations calcaires , deux genres bien plus extraordinaires , et qui , avec une tête et un tronc de Sauricn , ont des pieds portés sur des membres courts, et formés d'une mul-

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