RACIQUES
Elles étaient presque toutes comprises par Linnaeus, dans son genre Perça ; mais nous avons été obligés de les diviser comme il suit , d'après le nombre des rayons des ouïes , celui des nageoires dorsales , et la nature des dents.
La première subdivision a sept rayons aux branchies, deux nageoires sur le dos , et toutes les dents en velours.
Les Perches proprement dites (Perça. Nob. )
Ont le préopercule dentelé , l'opercule osseux terminé en deux ou trois pointes aiguës, la langue lisse. Quelquefois le sous-orbitaire et l'huméral sont dentelés , mais faiblement.
La Perche commune, (Perça fluvialis L.) Bl. 52.
Verdàtre , à larges bandes verticales noirâtres 5 les ventrales et Tanale rouges ; est l'un de nos plus beaux et de nos meilleurs poissons^d'eau douce. Elle vit dans les eaux pures. Ses œufs sont réunis par de la viscosité, en longs cordons entrelacés en réseaux.
L'Amérique septentrionale produit quelques espèces voisines (1).
Les Bars (Labrax. Nob.)
Se distinguent des Perches par des opercules écailleux, terminés en deux épines, et par une langue couverte d'âpretés.
Le Bars commun, loup ou louhine des provençaux, spigola des Italiens [Labrax lupus. Nob.) Perça labrax. Lin. Se. diacantha. Bl. 305. Cuv. et Val. II. xi.
Est un grand Poisson de nos côtes , d'un excellent goût , de couleur argentée. Il est surtout très commun dans la Méditerranée, et c'était le Lupus des anciens Romains, le Labrax des Grecs. Les jeunes sont généralement tachetés de brun.
(1) Perc. flavescetis, Cuv. et VaL, II, p. 46; — P. serratog-rannlata, ib., 47 ; — P. gratiulata, ib. , 48 , et pL IX; —P. acuta, ib. , 49, et pi. X ; — P. gracilis, ib. , 50.
Aj. P. plu.micri ou Sciœna. plnmieri, Bl. 506, ou Ccntropome plumier, et Cheilodiptèrechrysoplùrp. Larép. . III, xxxui; — P. riliafa , Kiihl; — P. mnrginata, Cuv. ri Val., 55.
ÂCANTHOPTÉRYGIENS. 441
Il y en a, aux Etats-Unis, une belle et fjrande espèce rayée longitudinalement de noirâtre {Lahr. lineatus, Nob.), Sciena lineata, Bl., 304, et Perça saxatilis, Bl. Schn. pi. 20 (I).
On pourrait encore séparer des Bars, une espèce des Etats-Unis, qui a des écailles jusque sur le maxillaire {Lahrax mucronatus, Cuv. et Val. II, xii).
Les Varioles (L\tes. Nob. )
Ne diflfèrent guère des Perches que par de fortes dentelures , et même une petite épine à l'angle du préopercule, et des dentelures, aussi plus fortes au sous-orbitaire et à l'huméral.
La Variole du Nil {Lates niloticus. Nob. Perça nilotica. Lin.) Keschr des Arabes. Geoff. gr. ouvr. sur TEg. Poiss. pi. 9, f. 1.
Est un très grand et très bon poisson, déjà remarqué des anciens (leur latus ou lates), de couleur argentée.
Les rivières des Indes en nourrissent d'autres espèces (2).
Les Centropomes (Centropomds. Laccp.) Ont le préopercule dentelé, mais leur opercule est obtus et sans armure. On n'en connaît qu'un (3).
liC C. Brochet de mer. {Centrop. undecii7ialis. Nob.) Sciœna iindecimalis. Bl. 305. Cuv., et Val. II, xiv.
Grand et bon poisson, connu dans toute l'Amérique chaude, sous le nom de Brochet, et qui a en effet le museau déprimé comme notre vrai Brochet; mais ses dents sont en velours, et tous ses autres caractères sont ceux des Percoïdesàdeux dorsales; il est argenté, teint de verdàtre avec la ligne à latérale noirâtre (4).
Les Grammstes (Grammistes. Nob.)
Ont des épines au préopercule et à l'opercule , et non des dentelures ; deux dorsales rapprochées; les écailles petites, et comme noyées sous iepidenne ; l'anale sans épine sensible.
Les espèces sont petites, rayées, en longueur, de blanc sur un fond noirâtre. Elles viennent de la mer des Indes (5).
(1) C'est aussi le Perça Mitchilli , Trans. de New-Yorck. , t, 1 , 415 ; — Aj. Perça elongata, Geoff.,Eg., pi. XIX, 1 ; — Labr. u-aigiensis, Less. etGarn-, Cuv. et Val., II, 83; — Labr.japonictts, Nob., Il , 85.
(2) Le Pêche nairc de Pondichery, ou Coc/ct/jodes Anglais de Calcutta {Latesnobilis, nob.), Russel, II, cxxxi, Cuv. et Val., II, xin, qui est aussiV Holoceutre hebtadactijle , Lacep.; — Holoc. calcarifer ,^\. 244.
(o) Lacep. a compris dans son genre centropome , plusieurs poissons qui n'en ont pas le caractère , comme le Bars , la Variole , etc.
(4) Bl. , pi. 505, Ta mal à propos teint de rouge; la Sphijrène oriert , Lacep. , V,pl. iv , f. 2 , n'est qu'une mauvaise figure de ce poisson ; c'est aussi le Camuri de Margrav.
(5) Grammistes orientalis , Bl., Cuv. et Yal. , n pi. xxvn. La Sciùnc rayée, Lacep. , IV, 323 ; sa Persèque triacanthc, ib. ,424 ; sa Persèque pentacanthc , ib.; son Bodian sir ra/es, ib., -302; son Cc/îf/o;jo«K' .sj.r razeS; V, 690; le Perça bilineafa , Thunb.,Nov. et. Stokb. , XIII, pi. V, p. 142, en paraissent des variétés.
T. I. oU
Les Aprows (Aspro. Nob.)
Ont le corps alongé ; les deux dorsales séparées; de larges ventrales; des dents en velours ; la tête déprimée ; le museau plus avancé que la bouche, et terminé en pointe arrondie.
Il y en a deux espèces dans les eaux douces de TEuropc ; leur chair est légère et agréable.
'VJpron commun. {Aspro vulgaris. Nob. Perça asper. Lin.) lîl. 107, 1 et 2 Ciiv. et Val. II, xxvr.
Du Rhône et de ses affluents; verdàtre ; trois ou quatre bandes verticales noirâtres ; huit épines à la première dorsale.
Le Ciiic/le. (Perça Zingel. L.) Bl. 105.
Du Danube; plus grand que l'Apron, assez seml)lable en couleurs; treize épines à la première dorsale.
Cette subdivision comprend encore quelques poissons étrangers, assez singuliers dans leur conformation , pour donner lieu à autant de sousgenres.
Les HcRONS (HiJRO, Cuv. et Val.)
Ont tous les caractères des Perches proprement dites, excepté que leur préopercule n'a pas de dentelures (1).
Les Etelis (Ibid.)
Joignent aux caractères de ces mêmes Perches, des dents en crochets à leurs mâchoires, mais non pas, comme les Sandres, à leurs palatins (2).
Les NiPHONS (Ibid.)
Ont les dents en velours des Perches, et de fortes épines au bas du préopercule et à Topercule (3).
Les Enoploses (Enoplosus Lacep.)
Ont les caractères des Perches , de plus fortes dentelures à l'angle du préopercule, et surtout le corps très comprimé, et, ainsi que les deux dorsales, très haut verticalement (4).
Les DiPLOPRiONS (Kuhl., et Van Hasselt.)
Ont avec les caractères des Perches, le corps comprimé, un double rebord dentelé au bas du préopercule, et deux épines à l'opercule (5).
Les ÂPOGNOivs (Apogon Lacep.) Ont le corps court , garni , ainsi qui les opercules , de grandes écailles
(1) Htiro iiigrican.s , Cuv. et Val. , II , pi. xvu.
(2) Etelis carhunculus , ib. , pi. xviii. (ô) Niphon spinosiis , ilj. , xix.
(4) Enoplosus arwalus , ib. , xx , ou Chœtodon armatus ,i\\'\\\ic , p.
(3) Diploprion hifasciatum , Cuv. et Val. , II . xxi.
ACANTHOPTÉRYGIENS. Uô
qui toiubent aisément ; les deux dorsales très séparées , et un double rebord dentelé au préopercule. Ce sont de petits poissons le plus souvent colorés en rouge.
Il y en a un dans la Méditerranée, vulgairement nommé Roi des Rougets {Apogon rex mullorttm, NoIj. Mullus imberhis , Lin.), Cuv. Mém. du Mus. I, 356 et pi. XI, 1". 2, long de trois pouces 5 rouge ; une tâche noire de charpie côté de la <[ueue (1).
Les CnEiLODiPTÈREs Lacep.
Réunissent tous les caractères des Apogons et n'en diffèrent que par des crochets ou dents longues et pointues , qui arment leurs mâchoires.
Ce sont des poissons de la mer des Indes ; de taille peu considérable, et la plupart rayés longitudiualement (2).
Les POMATOMES (PoMATOMUS. Riss).
Ont, connue les Àpogons, deux dorsales écartées, et des écailles qui tombent de même facilement ; mais leur préopereule, est simplement strié, leur opercule échancré ,leur œil énorme; ils n'ont que des dents en velours ras.
On n'en connaît qu'une espèce, excessivement rare, de la Méditerranée {Pomat. télescope, Risso.), Cuv. et Val., II, xxiv.
Une deuxième subdivision comprend les Percoides à deux dorsales, et à dénis longues et pointues, mêlées parmi leurs dents en velours.
Les ÂMBAssEs (Ambassis. Commers.)
Ont à peu près la forme des Apogons; leur préopercule a une double dentelure vers le bas, leur opercule finit eu pointe ; mais ils se distinguent des Apogons, parce que leurs deux dorsales sont contiguës , et qu'il y a une épine couchée au-devant de la première.
Peut-être n'appartiennent-ils pas bien complètement à cette famille, car leur canal intestinal n'a point d'appendices au pylore.
Ce sont de petits poissons d'ean douce , des Indes, rpii y remplissent les ruisseaux et les mares. Plusieurs sont transparents (3).
Il y en a un commun dans un étang de lîle de Bourijon, que l'on y prépare comme des Anchois {Ambassis Commersonii, Cuv. et Val., Il, xxv) (4).
(1) CeslVJpogoii rouqc, Lacep. ; le Corvulus, Gesiier, p. 127Ô; VJmia de &roaov. , Zoopli., IX, 2; le Centropoiiiiis ruhcns , Spiiiol., Aiin. du Mus., X, xxvni, 2; le Dq)terodon ruber , Rafin. caralt. no/lo, etc. Le Dipterodon héxacantlie , Lacep ., lll , pi. IV, f. 2, et VOstorinqitc jleurk-u, id. , III , xxxn ,2, appartiennent aussi à ce genre. Voyez, pour les nombreux Apogons étrangers, Cuv. et Val., II, 151 et suiv.
(2) Chcilod. S-vittatus, Nob., Lacep. III, xxxiv, 1, qui est à la fois son Cheilod. rayé, m, p. 545 ; et son Centropomo iitacrodon, iv, 273. — Cheilod. arabicus [Perça lineala,
Forsk.), Cuv. et Val., II, pi. xxni. — Ch. 'i-lincatus, ib., p. 167.
(3) liamilton Buchanan en fait entrer plusieurs dans ses Cliauda.
(4) C'est le Centropomo ambasse, Lacep. ÏV, 273, et sou Lutjan gymnocéphalc, IV, 21c ; et III. pi. xxni, f. 5. Voyez, pour les autres espèces, Cuv. et Val., II, 181 et suiv.
C'est à celte division qu'appartiennent
Les Sandres, ( Ltjcio-Perca. Nob.) vulgairement Brochets -Perches.
Ainsi nommés , parce qu'aux caractères des Perches , ils joignent des dents qui ont quelque rapport avec celles du Brochet. Le bord de leur préopercule n'a qu'une simple dentelure ; leurs dorsales sont séparées ; quelques-unes des dents de leurs mâchoires et de leurs palatins sont longues et pointues.
Le Sandre d'Europe {Luc- Sandra. Nob. Perça lucioperca. Lin.) Bl. pi. li. Cuv. et Val. II, pi. xv.
Est un excellent poisson des lacs et des rivières de l'Allemagne, et de l'orient de l'Europe; plus alongé que la Perche; verdâtre, à bandes verticales brunes ; il atteint jusqu'à trois et quatre pieds de longueur (1).
Une seconde division comprend les Percoides à sept rayons branchiaux, et à dorsale unique. Elles se subdivisent à peu près selon des motifs analogues à ceux qui ont servi à subdiviser les précédentes : des dents en crochets , ou toutes en velours ; des dentelures et des épines aux pièces operculaires , etc.
Dans la subdivision pourvue de dents en crochets ,
Les Serrans (Serranus. Cuv.)
Ont le préopercule dentelé , et l'opercule osseux terminé en une ou plusieurs pointes. C'est un genre excessivement nombreux en espèces et que l'on peut encore répartir comme il suit :
Les Serbans propres; vulgairement Perches de mer;
Où les deux mâchoires n'ont pas d'écaillés apparentes. Notre Méditerranée en a quelques jolies espèces, comme
Le Serran écriture. {Perça scrïba. Lin.) Cuv. et Val. II, xxviii.
Ainsi nommé de quelques traits irréguliers, bleus, qu'il a sur la tête (2.)
Le Serran commun {Perça cabrilla. Lin.) Cuv. et Val. II, xxix.
A trois bandes obliques sur la joue (5). On en prend aussi dans l'Océan. Cette espèce, et peut-être la précédente, étaient connues des Grecs sous le nom de %^y<, et passaient pour n'avoir que des individus femelles. Cavolini
(1) Aj. le Berschik ou Sandre bâtard {Perça volgensis, Gm.) ; — le S. d'Amérique (Lucïo-perca americana, Cuv. et Val., II, pi. xvi. p. 122.)
(2) C'est aussi le Perça marina de Brunnich, VHolocentrus marinus, de Laroche; YHol. argvs de Spinola ; et VHol. maroccaniis de Bl. Il nous paraît même que VHol. fasciattis, Bl., 240, n'en est qu'un individu altéré.
(3) C'est aussi VHol. virescens, Bl. ; les Serranus flavus et Cabrilla de Rip. ; le Labrus chanus de Gmcl, ou Holocentre chani, Lacep.; le Bodian hiatule de celui-ci, etc. Aj. le Sacchetto {Labrus hcpatus, Lin.; et Labr. adriaticus, Gmel; ou Holocenfrus siagonotus, Laroche, etc. ; — Serranus vitta, Quoy et Gaym., Voyage de Freycin., Zool., lviii, 2; — Hol. argentinus, BL, 235, 2; — Serr. radialis , Q. et G., 316; — Serr. fascicularis, Cuv. et Val., II, xxx; et les autres espèces décrites dans Cuv. et Val., II. p. 239-249.
assure qu'en effet tous les individus qu'il a observés avaient des ovaires, et vers le bas une partie blanchâtre, qui pouvait être regardée comme de la laitance. Il les croit en état de se féconder eux-mêmes.
Les Barbiers (Anthias, B1. en partie.)
Sont des Serrans dont les deux mâchoires et le bout du museau sont armés d'écaillés très sensibles (1).
L'espèce la plus remarquable,
Le Barbier de la Méditerranée {Anthias sucer. Bl. (2) pi. cccxv.) Cuv. et Val. II, XXXI.
Est un charmant poisson, d'un beau rouge de rubis, changeant en or et en argent , avec des bandes jaunes sur la joue. Le troisième rayon de sa dorsale s'élève plus du double des autres; ses ventrales se prolongent beaucoup, et les lobes de sa caudale se terminent en filets dont l'inférieur est le plus long (3).
Les Merous
Sont des Serrans dont le maxillaire n'a pas d'écaillés , mais où la mâchoire inférieure en est couverte de petites.
Il y en a un dans la Méditerranée.
Le Merou brun, {Perça gigas. Gm.)
D'un brun nuageux, et d'une taille qui va à trois pieds et au-delà : on le
prend aussi dans l'Océan.
Les Merous étrangers sont excessivement nombreux; dans plusieurs la dentelure du préopercule devient presque insensible (4); mais en général on ne peut guère les distinguer que par leurs couleurs.
11 en est beaucoup, dont le corps est semé de points de couleurs plus ou moins vives (5).
(1) La plupart de nos Merous sont encore des Anthias pour Bloch , mais nous restreignons ce genre aux espèces auxquelles notre définition convient. Bloch a été si peu exact, que son Anthias sacer n'a pas même le caractère attribué au genre Anthias, d'un opercule sans épine.
(2) Cette épithète était donnée par les anciens à leur Anthias^ grand poisson très différent de celui-ci. Voyez Cuv. et Val., II, p. 255 et suiv.
(3) Aj. Serranus octilatus, Cuv. et Val., II, xxxii, et les autres espèces décrites, ib., p. 262-270.
(4) Cenx-là , lorsque leur museau est nu, forment les Bodians de Bloch; ils ne diffèrent que par cette dentelure moins marquée du plus grand nombre des Holocentres du même auteur. Les Holocentres prennent le nom d'EpiNEPUELUS, quand leur museau est écailleux, et dans ce cas , les Bodians prennent celui de Cepualopholis. Les Lutjans et les Anthias de Bl., diffèrent des Holocentres, parce que leur opercule n'a pas d'épines; dans les premiers le museau est nu ; et il est écailleux dans les autres ; mais tous ces caractères , peu importants en eux-mêmes , sont fort mal appliqués aux espèces.
(5) Ce sont les Jacob Evertsen des Hollandais , tels que : Bodianus guttatus , Bl., 224 ; — Cephalopholis argus, Bl. , Schn. , pi. 61 ; ^ Bodianus hœnak , Bl. , 226; — Holoc. auratus, id., 256; — Hol. cœruleopmictatus , id., 242, 2; — Labrus punctulatus , Lacep., III, xvii, 2, etc. ; et en Amérique, Perça guttata, BL, 512, ou Spare sanguinolent, Lacep.,IV, iv, 1 ; — P. maculata, Bl. , 213, ou Spare atlantique, Lac. , IV, V, 1 ; — Johnius guttatus, Bl., Schn., ou Bonaci-arara , Parra , XVI ,2; — Luijanus lunulatus, BL, Schn. , ou Cabrilla, Parra , xxxvi , 1 ; — Bodianus gualivere, Pana, v ; — Holoc. punctatus, BL; 241 , ou Pi/ra pixanga, Margr., 132; — Gymnocephahis rtiher, BL, Schn., 67. ou Caravna, Mnrî^r.. 147; — Bodia»us apua. Bl.,229.
D'autres où il est semé de taches serrées (1).
D'autres où il est rayé en long (2), ou bardé en travers (3), ou marl)ré par grandes masses (4), ou divisé en deux couleurs (5), ou enfin, d'un teinte plus ou moins uniforme (6). Très peu offrent des caractères tirés de formes bien sensibles; nous citerons cependant
Le Merou à haute voile, {Serr. altivells. Nob.) Cuv. et Val. II, xxxv.
Dont la dorsale s'élève plus que dans les autres ; il est semé de taches noires et rondes, sur un fond brun-clair ; et
Le Merou paille en queue, {Serranus phacton.) ib. pi. xxxiv.
Où les deux rayons mitoyens de la caudale s'unissent en un filet aussi long que le corps.
Nous avons séparé des Serrans
Les Plectropomes. (Plectropoma. Nob.)
Qui n'en diffèrent que parce que les dents, plus ou moins nombreuses, du bord inférieur do leur préopercule , sont dirigées obliquement en avant-, et rappellent un peu les dents d'une molette d'éperon (7).
Et
Les DiAcopEs. (DiAcoPE. Nob.)
Dont le caractère consiste dans une échancrure, vers le bas du préopercule , qui reçoit une tubérosité de l'interopercule. Il y en a de belles et grandes espèces dans la mer des Indes (8).
(1) Epinephelus merra, Bl., pd29; — Holoceutro pa?itherin, Lacep., III, xxvii, ô; — Serranus hontoo, Nob., Russel, 128; — Serr. sitilluSj Russ., 127; — Labriis leopardiis, Lacep., III, XXX, 1, — Holoc. salmonoïdes , ib. , xxxiv, 3; — Bodianus mdanurus , Geoffr. , Ég., xxi , 1.
(2) Sciœnaformosa, Sliaw, Russel , 129.
(ô) Holocentr. tigrinus, Bl., 257; Seb., III, xxvii; — Hol. lanceolatus , Bl., 242, 1; — Anthias orientalis, id., 326; — Anthias striatus, id., 324, qui est aussi VAnthias cheriia, Bl., Sclin., Parra. , xxiv ; et le Spare chrijso7iielane , Lacep.
(4) Serranus geographicîts, Ruhl., Cuv. et Val., II , p. 322.
(5) Serranus flavo cœruleus, Nob., qui est YHoloc. gymnase , Lacep., III, xxvn, 2; sou Bodia7i grosse tête, III, xx, 2, et son Holocentre jaune et bleu, IV. p. 369. C'est encore le Serran bourignon, Quoy et Gaym., Voyaye de Freycin., Zool., pi. lvu, 2.
(6) Holoccntrus ongus, Bl., 234; — Epinej)hclus marginalis, Bl., 328, ou Holocentre rosmare , Lacep. , IV, vu, 2; — Holoc. océanique , Lacep. , IV , vu, 3; — Epinephelus ruber, Bl., 331.
Foijez, sur beaucoup d'autres espèces dont il n'existe point de figures, les desciiplioiis «pie nous donnons dans le tome deuxième de notre Histoire des Poissons.
(7) PI. mêla noie uc H m , Nob.; ou Bodian melanoleuque , Lacep.; ou Labre lisse, id., III, xxni, 2; ou Bodian cyclostome , id., xx, 1, — Holoc. léopard, Lacep., IV , p. 337; Cuv. et Val., II,xxxvi; — Bodianus maculatus , Bl., 228, ou Plcctropome j^onctué , Freycin., Zool., xlv, 1; — Holoce7itrus unicolor,Bl., Schn., Seb., III, lxxvi,10; — Plectr. puella, Cuv. et Val., II, xxvn, et les autres espèces décrites dans le deuxième volume de notre Histoire des Poissons.
(8) Diac. sebœ., Nob., Seb. , III, xxvn, 2, et Russel, 99; — D. rivulata ,T!ioh. , Cuv. cl Val. , II, xxxvni; — D.macnlor , Nob. , Renard; I, ix, 60 ; — D. octolincata , Nob. , ou Holoc. bengalensis , Bl. , 246 , le même ([ue le Labrus S-lineatus, Lacep. , III , xxn , 1 , et que le Sciœna kasmira , Forsk ; Hol. 5-lineatus , Bl. ,239, en est une variété;
Les Mesoprions (Mesoprion. Nob.)
Ont , avec les caractères de dents et de nageoires des serrans , et leur préopercule dentelé, un opercule finissant en angle mousse et non épineux (1).
Il y en a de nombreuses et belles espèces dans les deux Océans (2). Plusieurs sont fort grandes et excellentes à manger.
Nous passons maintenant aux Percoïdes à sept rayons branchiaux, et à dorsale unique, qui ont les dents en yelours.
Les Gremilles ( Agerina. Nob. )
Se distinguent par des fossettes aux os de la tête , et parce que leur préopercule et leur opercule n'ont que de petites épines sans dentelures. Il y eu a deux en Europe , dans les eaux douces.
La Gremille commune ou Perche goujonnière {Perça cernua. Lin.) Bl. 53. 2. Cuv. et Val. III, pi. xli.
Est un petit poisson d'un goût agréable , répandu dans toutes nos eaux douces ; il est olivâtre tacheté de brun.
Le Schrœtz {Perça schraitzer. L.) Bl. 552.
Se trouve dans le Danube; il est plus grand et a sur les côtés des lignes noirâtres, interrompues (5).
Les Savonniers. (Rypticus. Nob.)
N'ont aussi que de petites épines aux pièces operculaircs , et de plus leui's écailles comme celles des Grammistes , sont petites et cacbées dans un
— D. notata, Nob. , Riissel, 98 ; — D. quadriguttala, Nob. , ou Spare lepisure , Lacep., III, XV, 2 ; — /). cakc'ti , Quoy et Gaym. , Fieyc, Zool., lvu , 1 , et plusieurs autres espèces décrites dans le deuxième volume de notre Histoire des Poissons.
(1) La plupart étaient compris dans le genre Liitjanus de Bloch. , mais y étaient mêlés à des espèces d'autres familles , soit sciénoïdes , soit labroïdes , dont nous avons fait d'autres genres.
(2) Mcsopr. rinimacidatus , Russel, 97 ; — Anthias Johnii ^Bl. , 318; — Coins catus , Buchan.58,f.ô0;— M. S-/t>iea<Ms, Russel, 110;— M.monostygma ,"^oh. , Lacep., III, xvu,l ; —nninotatus,l^o\). , Cuv. et Val. ,II,xxxix, Duham,part. II,sect. IV, pi. m, f. 2, et probablement , Spams sy7Wgris , L. , Catesb. , II , xvu , 1 ; — ilf . hiiccanella, Nob. , dont Bloch a pris la figure dans Plumier , et l'a donnée en l'altérant, pour le Spams erythrinus , pi. 274 ; — Bod. aia, Bl. , 227 , ou Acara aia , Margr. , 167 ; — Mes. chrysurus , Cuv. et Val. , II , xl , qui est aussi le Spams chrysurus, Bl. , 262 , ou Acara pilamba de Margr. , 155 ; VAtithias rabirrubia, Bl. , Schn , Parra , xxn , 1 ; le Spare demi-lmie , Lacep., IV. m, 1; et le Colasàe la Guadeloupe, Duham., sect. IV, pi. xii, 1; —il/, cynodon, N. , ou Anthias caballerote , Bl. , Schn., Parra, xxv, 1 ; — Anth.jocu, Bl , Schn , Parr. , xxv, 2; — Sp. tetracanihus , Bl. , 279, qui est aussi le Fivanet gris, Lacep. , IV , iv , 3; et le Lutjanus acutirostris, Desmar.; — A/. s«7/flo, Russel, 100; —M. Itinulatus, Nob.,iMungo- Park. , Trans. lin. , III , xxxv , 6; — Lutj. erytroptems , Bl. , 249 , — Lutj. lutjanus, id., 245; — Spams malabaricus, Bl., Schn.; — M. rangvs, Nob., Russel, 94; — M. rapiili, id. , 95 ; — Alphestes gembra, Bl. , Schn. , pi. 51 , 2, et les autres espèces décrites dans notre deuxième volume.
(3) Aj . Perça acerina , Guldenst. , nov. comment. , Petrop. , XIX , 455.
épiderrae épais. La dorsale unique est surtout ce qui les distingue des Grauimistes.
Il y en a un en Amérique, d'un violet noir {Anthias saponaceus. Bl., Schn.),
Parra., xxiv, 2, à qui sa peau douce et enduite d^ine viscositi'- écumeuse, a
valu ce nom de Savonnier (1).
Les Gerniers. (Polyprion. Nob.)
Ont non-seulement des dentelures au prëopercule , et des épines à l'opercule , mais il y a sur ce dernier os une crête bifurquée et très âpre ; en général, les os de leur tête ont beaucoup d'aspérités.
La Méditerranée en possède^une espèce qui devient énorme; elle est nuagée
de brun; sur un fond plus clair, Polyprion cernium,\a\ex\Q., Mém. du Mus.,
tom. XI, p. 265, et Cuv. et Val., III, pi. xlii (2).
Les Centropristes (Centropristis. Nob.)
Ont tous les caractères des> Serrants , excepté qu'ils manquent de canines , et que toutes leurs dents sont en velours. Ainsi leur préopercule est dentelé , et leur opercule épineux.
Les Etats-Unis en ont un qui devient assez grand, et dont la caudale dans sa jeunesse est trilobée; c'est leur Perche noire (Centropristis nigricans, Nob.) Coryphœna nîgrescens, Bl. Schn., Cuv. et Val., III, pi. xliv. Il est d'un brun noirâtre (3).
Les Growlres ( Gristes. Nob. )
Diffèrent des Centropristes seulement parce que leur préopercule a le bord entier et sans dentelures [h).
Ici se terminerait le genre Perça , tel qu'il a été défini par Artedi et par Linnœus ; mais il reste beaucoup de poissons qui s'en rapprochent, quoique des caractères particuliers obligent d'en faire des genres séparés.
Nous commencerons par les Percoides à moins de sept rayons branchiaux. On peut aussi les subdiviser selon le nombre de leurs dorsales et la nature de leurs dents.
Dans celles à dorsale unique , il en est qui ont aussi des dents en crochets parmi les autres ^ ce sont :
Les CiRRHiTEs. (CiRRHiTEs. Commcrs.) Qui ont comme les Mésoprions, le préopercule dentelé et l'opercule ter-
(1) Aj. Rypticus arenalus, Cuv. et Val., III, pi. xlvi.
(2) \2 Amphiprion australis, Bl. Schn. pi. 47 , ou Americanus , ib. p. 203 ; et VAmph. oxygcneios , ib , ou Pcrca j)rognathns , Forst, ne nous paraissent pas pouvoir être dislinî^ués du Cernier.
(ô) C'est aussi le Ludjan trilobé , Lacep. II, xvi, 3; et le Perça r aria , Milchill. Trans. de New-Vork ,1. — Aj. Perça trifurca, L. ; — la Scorpène de iraigiou, Quoy et Gaym. Freycin. Zool. Lvni , 1 ; et les autres espèces décrites dans notre troisième vol.de l'Hisf. des Poissons.
(4) Le Labre saJinoïde , Lacep. IV, v, 2, ou Cychla rariabilis, Lcsueur , Se. nat. phil. Cuv. et Val. m. pi. XI. v; — Gr. vuirqnarictisin , ib. p. 58.
ACANTHOPTKRYGIENS. 449
miné en angle mousse , et se distinguent parce que les rayons inférieurs de leur pectorale , plus gros et non branchus , dépassent un peu la membrane. Elles n'ont que six rayons aux branchies. Toutes vivent dans la mer des Indes (1).
D'autres de ces Percoïdes, à moins de sept rayons branchiaux, n'ont que des dents en velours , ou manquent du moins de dents en crochets.
Les Chironèmes (CniRO>EMus. Nob. )
Ont à la partie inférieure des pectorales , les mêmes rayons simples qu<' les Cirrhites (2).
Les PoMOTis (PoMOTis. Nob.)
Sont des poissons à corps comprimé , ovale et dont le caractère consiste en un prolongement membraneux à l'angle de l'opercule. Ils vivent dans les eaux douces de l'Amérique (S).
Les Centrarques (Centrarchus. Nob. )
Ont , avec les caractères des Pomotis , de nombreuses épines à la nageoire anale ; de plus, leur langue a un groupe de dents en velours (4). Ils sont du même pays.
Les Priacanthes (Priacanthus. Nob.)
Ont le corgs oblong, comprimé, entièrement couvert, ainsi que toute la tête et même les deux mâchoires , de petites écailles rudes; le préopercule dentelé , et son angle saillant enferme d'épine, elle-même dentelée.
On les trouve dans les mers des pays chauds (5).
Les DouiEs (DciEs. Nob. )
Ont, comme les Centropristes, l'opercule terminé par des épines, le préopercule dentelé et des dents en velours ; mais leur membrane branchiale n'a que six rayons (6).
(1) Lo Cirrhite tacheté , Lacep. V, 3^ qui est aussi son Labre marbré, III, v, 5, et p. 492; — le Cirrhite panther in, ou Sparepantherin , ib. IV, vi, 1 , et p. 160, et Séb. III^ xxvii, 12; — Cirrhites vittatus, Nob. Renard, I, xviii, 102; — Cirrh. aprimts , Cuv. et Val. III , xLvii , etc.
(2) On n'en connaît qu'un de la Nouv.-Holl. , Chironemus georgianus , Cuv. et Val. III, page 78.
(5) Pomotis vulgaris, Nob. ou Labrus auritus, Lin. appelé Perche d'étang, aux États- Unis. Catesb. II , viii , 2, Cuv. et Val. III , pi. 49.
(4) Ccntrarchus œneus, Nob., ou Cychla œnea, Lesueur , Se. nat. Phil. ; — C. sparoïdes ou Labre sparoïde , Lacep. III , xxiv , 2 ; — Labre iris, Lac, IV, ô , qui est aussi un Labre macroptère , III, xxiv, 1.
(5) Anthias macrophtalmus , Bl. 319, ou Cafalufa , Parra, xn, 1; — Anthias hoops, Bl. Schn. 308 ; — Sciœna hamruhr, Forsk. ; — Labrus cruentatus , Lacep. III , ii , 2 , et les autres espèces décrites dans notre troisième volume.
(0) Dules auriga , Cuv. et Val. III, l! ; — D. tœnturus , ib. i,m, et les autres espèces décrites dans oe troisième volume.
Il y en a une espèce {D. rupestrls, Nob.) clans les eaux douces de l'île de France, à peu près de Tapparence d'une carpe, estimée pour sa saveur (1).
Les Thérapous Cuv.
Ont un préopercule dentelé , un opercule terminé par une forte épine , une dorsale très échancrée entre la partie épineuse et la molle ; les dents du rang extérieur plus fortes que les autres , pointues. Dans quelques-uns, les dents du vomer tombent de bonne heure. Ce sont des poissons des Indes, remarquables par une vessie natatoire divisée en deux par un étranglement (2).
On ne peut guère en séparer les Datnia , quoiqu'ils manquent de dents au palais; leur profil est plus rectiligne; leur dorsale moins échancrée (S).
Les Pelâtes Nob.
Ont les mêmes caractères aux opercules et à l'intérieur que les Thérapons; mais leurs dents sont en velours uniforme, et leur dorsale peu échancrée (4-).
Les Hélotes Nob.
Très semblables encore , ont la dorsale fort échancrée, et se distinguent particulièrement parce que leurs dents du rang antérieur sont trilobées (5).
La plupart de ces poissons ont des lignes longitudinales , noirâtres, sur un fond argenté.
Les Percoïdes à moins de six branchiaux et à deux dorsales ne comprennent que deux genres.
Les Trichodons , Steller.
Dont le préopercule a quelques épines assez fortes , et dont l'opercule finit en pointe plate ; ils n'ont point d'écaillés ; leur bouche est fendue presque verticalement.
On n'en connaît qu'un ,
Le Trichodon de Steller^ {Tr. Stellerl. Nob.) Trachinus trichodon. Pall. Mém. de Pétersb. IV, xv, 8 , et Cuv. et Val. III, lvu.
Du nord de l'Océan pacifique (6).
(1) C'est le Centropome de roche, Lacep. IV, 273.
(2) Holocenirus servus, Bl. 238 , l,ou Sciœna jerbua, Forsk.; — Hol. A lineatus, Bl.,2.58, 2;—Ther.puta, Nob. Russe!, pi. 12C, Ther. theraps, Nob. Cuv. et Val. III, liv , et les autres espèces décrites dans notre troisième vol.
(5) Datnia Buchanani , ou Coius datnia, Buchanan , pi. ix , f. 29; et Cuv. et Val. III, LV ; — Datnia cancellata, ib. p. 144.
(4) Pelâtes quinque lineatus , Cuv. et Val. III, 56.
(5) Helotes 6 lineatus, Cuv. et Val. III, Lvn, ou Esclave six liijncs, Quoy et Gayni , Voyage de Freyc. Zool. lxx, 1.
(6) Ce Poisson n'ayant point les ventrales jugulaires, ni une dorsale postérieure alongée, ni une forte épine à l'opercule , ni sept rayons aux branchies , ne peut être une vive, comme l'ont cru Pallas et Tilesius.
Les SiLLAGo, Cuv.
A tête un peu alongée en pointe à bouche petite ; des dents en velours aux mâchoires et au-devant du vomer; un opercule finissant en une petite épine ; six rayons branchiaux ; deux dorsales contiguës , dont la prenaière a ses épines grêles ; la seconde est longue et peu élevée.
Ce sont des poissons de la mer des Indes, très estimés pour le bon goût et la légèreté de leur chair.
L'espèce la plus remarquable ,
Le Pêche madame de Pondichéry, {Sillago domina. N. )
Est brunâtre, et se dislingue par le premier rayon de sa dorsale, alongé en un filet cpii égale le corps. Sa tète est écailleuse et son œil fort petit. Il y en a une autre ,
Le Pêche bicoul , {Sciœna malabar'ica. Bl. Sch. 19.) Soring. Russel. 113.
Long au plus d'un pied ; de couleur fauve. Il passe pour un des meilleurs poissons de Tlnde (1).
Nous p<issons maintenant à des Percoïdes qui ont plus de sept rayons aux branchies. On en connaît trois genres qui ont aussi tous celte particularité , que leurs ventrales ont une épine et sept rayons mous ou davantage , tandis que dans les autres Acanthoptérygiens , les rayons mous n'y sont pas au nombre de plus de cinq.
Les HoLocENTRCMs Artedi (2).
Sont de beaux poissons à écailles brillantes et dentelées , dont l'opercule est épineux et dentelé , et dont le préopercule non-seulement est dentelé, mais présente à son angle, une forte épine qui se dirige en arrière. On en trouve dans les parties chaudes des deux Océans (3).
Les Myripristis Cuv.
Ont tout l'éclat, les formes, les écailles des Holocentruras ; mais leur
(1) Aj. V Atherina sihavia , Forsk., ou jilaticephaliis sihamus , Bl. Schn. Ruppel, poiss. pi. III , f. 1 ; — Sillago macidata, Quoy et Gaym. Freyc. pi, m , f. 3.
(2) N. B. Nous réduisons ce genre aux espèces qui répondent à la définition qu'en avait donnée Artedi, Séb. III , ad tab. xxvii , 1 ; et nous donnons comme lui à ce nom une terminaison neutre, pour qu'on ne le confonde pas avec les Holocentrus de Bloch et de Lacepède , dans lesquels on a mêlé beaucoup d'autres espèces , et surtout des Serrans.
{à) Holocenlru)!!, longipinne , Nob. qui est VHol. sogho , Bl. 232; et son Bodianics jionlacanthns, ou le Jagitanica de 3Jargr. 147 ; c'est aussi le Sciœna rubra , Bl. Schn. Catesb. II ^ n, 2 ; et VAmphiprion matejuelo , Bl. Schn. Parra , xin, 2; — Hol. orientale, Nob. Séb. III, xxvn, 1 ; — Hol. rubrum , Bennet. Poiss. de Ceyl. pi. iv ; —Hol. Ico , Nob. Ren. I, xxvn , 148, très inauv. fig. ; — Sciœna spinifera , Forsk; — Hol. hastatum , Cuv. et Val. III, lix; — Hol. diadcma, Lacep. III, ix, 3, ou Perça pul~ chcllu , Bennet. Journ. zool. angl. III, ix , 3 ; — Hol. sammara , ou Sciœna m iinnara, Forsk, ou Labre anguleux , Lacep. III , xxii, 1 ; — et les autres espèces décrites dans noire troisième volume.
préopercule a un double rebord dentelé, et manque d'épine à son angle- Ce genre est remarquable par une vessie natatoire divisée en deux , dont la partie antérieure est bilobée , et s'attache au crâne par deux endroits où il n'est fermé que d'une membrane , et qui répondent aux sacs des oreilles.
On en trouve aussi dans les parties chaudes des deux Océans (1).
Les Béryx Cuv.
Diffèrent des Myripristis , parce qu'ils n'ont sur le dos qu'une nageoire peu étendue , où l'on ne voit que quelques petites épines presque cachées dans son bord antérieur ; leurs ventrales ont jusqu'à dix rayons mous (2).
On ne peut en éloigner
Les Trachichtes , ( Trachichtys , Shaw.)
Qui , avec la même âpreté que les trois genres précédents , la même petite dorsale que les Béryx , ont une épine plate au bas du préopercule , et une à l'épaule , et dont l'abdomen et les côtés de la queue sont hérissés par de grosses écailles carénées (â).
Toutes les Percoïdes dont nous avons parlé jusqu'ici , ont leurs ventrales attachées sous les pectorales ; mais il y en a aussi quelques genres qui les ont placées différemment.
Les Percoïdes jugulaires les ont sous la gorge, plus en avant que les pectorales.
Les Vives (Trachiisus, Lin.)
Ont la tête comprimée, les yeux rapprochés, la bouche oblique, la première dorsale très courte , la deuxième très longue , les pectorales très amples , et un fort aiguillon à l'opercule.
Elles se tiennent le plus souvent cachées dans le sable ; on redoute beaucoup la piqûre des aiguillons de leur première dorsale ; leur chair est agréable.
Nos mers en nourrissent plusieurs espèces.
La plus commune sur nos côtes de TOcéan (Trachinus draco , Lin.), Salv. 72, ou Tr. lineatus , Bl. Schn. pi. x, et Penn. Brit. Zool. III, xxix , (sous le nom de grande Vive.) est gris roussâtre , avec des taches noirâtres, (les traits bleus et des teintes jaunes, et a trente rayons à la deuxième dorsale , et des stries obliques sur les flancs.
Nous en avons une espèce plus petite, le Boideroc de la Manche {Trachinus vipera , Nob.) ; Otter pike des Anglais , Penn. 28 , Bl. 61 ( sous le nom de
(1) Myripristis jacobus , Cu\. Desmar. Dict. class. d'hist. nat. ; — Myr. japonicus, Cuv. et Val. III, lvui; — Myr. botche, Nob. Russel, 105; — Myr. parvidens, Nob. id. 109; — le Lutjan hexagone, Lacep. IV, 213 ; son Holocentre thunberg, ib. 367; son Centropome rouge , ib. 273; le Sciœna murdjan , Forsk, appartiennent aussi à ce genre. Voyez-en Thistoire dans le troisième vol. de notre Ichtyologie.
(2) Beryx decadactylus , Cuv. et Val. III, 222; — B. lineatus , ib. 226 , et pi. lxx. (ô) Trachichtys australis, Shaw. nat. mise. n« 578 ; et Gen. zool. IV, deuxième pari. ,
page 260.
ACANTHOPTERYGIENS. 455
? ive commune) plus pâle , à flancs lisses, à vin^^t-quatre rayons à la deuxième dorsale. Elle est encore plus redoutée que la commune , parce qu''étant plus petite , on est plus souvent exposé à en être piqué- La Méditerranée a de plus
ha. grande Vive à taches nôtres , {Trach. araneus. Riss.) Salvian. 71 , copié par Willughb. pi. S. 10 , fig. 2.
Plus haute ; à vingt-huit rayons à la deuxit>me dorsale ; six ou huit taches noires le long du flanc. Et
La p'^'ive à tête rayonnée ( Trach. vadiatus. Nob.) Cuv. et Val. III, lxxii.
A vingt-cinq rayons à la deuxième dorsale; la tête grenue et âpre; de grands anneaux noirs alternent avec des taches pleines sur les flancs. Nous ne connaissons pas de Vives des mers éloignées.
Les Percis (Percis, B1. Schn.)
Représentent à quelques égards les Vives, dans les mers des pays chauds : leur principale différence est d'avoir la tête déprimée, et des dents en crochets sur le devant de leurs mâchoires et du vomer ; mais elles en manquent aux palatins. Leur première petite dorsale s'unit un peu plus à la longue qui la suit (1).
Les PiNGuiPEs Nob.
Ont des formes plus lourdes que les Percis , des dents fortes et coniques, des lèvres charnues et des dents aux palatins. Leurs ventrales sont épaisses.
On n'en connaît qu'un du Brésil ( Ping. Brasilianus , Cuv. et Val,, III , LXXIV).
Les Percophis Nob.
Ont au contraire le corps très alongé ; une partie de leurs dents sont longues et très pointues. La pointe de leur mâchoire inférieure saille en avant.
On n'en connaît qu'un , aussi du Brésil [Percoph. Brasilianus ., Nob. ; Perc. Fabre , Quoy et Gaym. Voyage de Freycin. Zool. liu, 1,2.)
Un des genres les plus remarquables des Percoïdes jugulaires est celui des
Uranoscopes , (Uranoscopcs , Lin.)
Ainsi nommé parce que sa tête , de forme presque cubique , porte les yeux à sa face supérieure , de manière qu'ils regardent le ciel : leur bouche est fendue verticalement; leur préopercule crénelé vers le bas, et ils ont une forte épine à chaque épaule; leurs ouïes n'ont que six rayons. Au de-
(1) Percis maculata , Bl. Schn. pi. 38; — P. semi-fasciata , Cuv. et Val. III, Lxxiii; — P. cylindrica , ou Sciœnacylindrica , Bl. 299 , 1 , qui est aussi le Bodianus sebœ , Bl . Schn. Séb. III, xxvii j 16; — P. cancellata , Nob. ou Labre tétracanthe , Lacep. III, p. 475; et II, pi. xm , f . 3 , qui est aussi son Bodian tétracanthe, IV, 302; — P. ocellata, Renard, I, VI ,42; — B. colias, n. ou Enchelyopus colias; Bl. Schn. p. 54 , et les autres espèces décrites dans notre troisième vol.
dans de leur bouche , devant leur langue , est un lambeau long et étroit , qu'ils peuvent faire sortir à volonté , et qui , dit-on , lorsqu'ils se tiennent cachés dans la vase , leur sert à attirer les petits poissons. Une particularité notable de leur anatomie , est l'extrême grandeur de leur vésicule du fiel déjà bien connue des anciens (1).
Dans les uns, la première dorsale, petite et épineuse, est séparée de la deuxième , qui est molle et longue.
V Uranoscope de la Méditerranée {Uranoscopus scaberlAn.) Bl. 173.
Est gris-brun , avec des séries irrégulières de taches blanchâtres. C'est un des poissons les plus laids ; cependant on le mange.
Il y en a de très semblables dans la mer des Indes , et au Brésil (2). D'autres n'ont qu'une dorsale , où la partie épineuse se joint à la molle. Ils sont tous étrangers (.5).
Une troisième division des Percoïdes a les ventrales attachées plus en arrière que les pectorales , ce sont les Percoïdes abdominales.
Le premier genre , celui
Des POLYNÈMES. (PoLYNEMTJS, Lin.)
Ainsi nommés, parce que plusieurs des rayons inférieurs de leurs pectorales sont libres, et forment autant de filaments (-4) ;ils n'ont pas les ventrales très en arrière , et leur bassin est même encore suspendu aux os de l'épaule. Ils tiennent aux Percoïdes par les dents en velours ou en cardes, qui garnissent leurs mâchoires , leur vomer et leurs palatins ; mais ils ont le museau bombé , et les nageoires' verticales écailleuses, comme beaucoup de Sciénoïdes ; leurs deux dorsales sont écartées ; leur préopercule dentelé, leur bouche très fendue ; il y en a dans toutes les mers des pays chauds.
Le Polj à longs filets. {Pol. paradis eus, et Pol. qulncjiiarlus. Lin.) Seb. III, xxvn, 2, Edw. 208, Russel. 185.
Nommé diwsû Poisson mangue, à cause de sa belle couleur jaune; a de chaque côté sept filets , dont les premiers du double plus longs que le corps. Cette espèce manque de vessie natatoire , tandis que les autres en ont une. C'est le plus délicieux des Poissons que l'on mange au Bengale.
Les autres Polynèmes ont les filets plus courts que le corps , et le nombre de ces filets est un des caractères de leurs espèces. Il y en a de grandes , et toutes passent pour de bons mangers (5).
(1 ) Arist. hist. An. HB. II , c , 13.
(2) Aj. Uranosc. affinis, Ur. marmoratus, Ur.guttatus, Ur. fdiharhis, Ur. Y-grœcum; espèces nouvelles décrites dans notre troisième vol.
(ô) Uranoscopus leheck , Bl. Schn. p. 47; Ur. monopterijgiiis , ib. 49, Ur. lœvis, ib. pi. VIII ; Uran. inermis , Cuv. et Val. III , lxxi , Ur. cyrrhosus; deux espèces nouv.
(4) De ^'VfMa {flum).
(5) Polyn.pleboius , ou Emoi, Brouss. Bl. 400; — Pol. uroticmus, Nob. Russel, 184; — Potyn. tetradactijlus , Sliavsr. Russel ,•! 83; — Pol. sextarius , Bl. Schn. pi. iv ; — Pol. ennendacti/liis, Vahl. ; — Pol. dccadactylus , Bl. 401 ; — Polynemus ainericanus, Nob. qui est le Polyn. nommé mal à propos paradisœiis par Bl. pi. 402, et dont M. de Lacep. a fait, mal à propos aussi , un genre particulier , son Polydactyle plumier , V, xiv, 3.
Dans les genres qui suivent , les ventrales sont tout-à-fait en arrière, et le bassin ne tient plus aux os de l'épaule.
Le premier de ces genres avait même long-temps été confondu dans celui des Brochets , c'est le genre des
Sphyrènes. (Sphyr^na, B1. Schn.) (1)
Grands poissons de forme alongée , à deux dorsales écartées , à tête oblongue , à laquelle la mâchoire inférieure forme une pointe en avant de la supérieure, et dont une partie des dents sont grandes, pointues et tranchantes. Leur préopercule n'a point de dentelures , ni leur opercule d'épines. Il y a sept rayons à leurs ouïes, et de nombreuses appendices à leur pylore.
Nous en avons une espèce dans la Méditerranée.
Le Spet (2), {Esox sphyrœna. Lin. Sphyrène spet. Lacep.) Bl. 389.
Qui atteint plus de trois pieds de longueur; il est bronzé sur le dos, et argenté sous le ventre. Les jeunes ont des taches brunes.
L'Amérique en a une ir es \o\smQ {Sph. picuda ^ Bl. Schn.); Parr. xxxv, 5, 2; Lac. V, IX, o.
Et une autre qui devient beaucoup plus grande , et que Ton redoute presque à régal du Requin {Sph. barracuda , Nob. Catesb. II , pi. 1 , f. 1).
Les Paralepis Cuv.
Sont de petits poissons assez semblables aux Sphyrènes , mais dont la deuxième dorsale est si petite et si frêle, qu'on l'a crue adipeuse (B).
Les MiJLiEs (MuLLCs , Lin.)
Tiennent d'assez près aux Percoïdes , par plusieurs détails de leur extérieur et de leur anatoniie , et pourraient néanmoins former à eux seuls une famille à part, tant ils offrent de particularités remarquables.
Leurs deux dorsales sont très séparées ; tout leur corps et leurs opercules sont couverts d'écaillés larges et qui tombent facilement; leur préopercule n'a point de dentelures; leur bouche est peu ouverte, faiblement armée de dents , et ils se distinguent surtout par deux longs barbillons qui leur pendent sous la symphyse de la mâchoire inférieure :
Ils se divisent en deux sous-genres.
LesMuLLEs proprement dits , vulgairement Rougets-Barbets ,
N'ont que trois rayons aux branchies , et manquent d'épine à l'opercule et de dents à la mâchoire supérieure; mais leur vomer a deux larges plaques de petites dents en pavé. Ils n''ont point de vessie natatoire.
(1) ^fjpcityx, dard , trait.
(2) Espelo , broche en Espagnol.
(ô) Il y en a, dans la Méditerranée , deux ou trois petites espèces découvertes par Risso. F oyez sa deuxième édition , fig. 15 et 16.
iSf. POISSONS.
Toutes les espèces sont européennes.
Le Rouget, ( Mullus barbatus. Lin. ) Bl. 348 , 2.
A profil presque vertical, d'un beau rouge vif, est célèbre par son bon goiit et par le plaisir que les Romains prenaient à contempler les changements de couleur qu'il éprouvait en mourant (1). Il est plus connu dans la Méditerranée.
Le Surmulet. {Mullus surmuletus. Lin.) Bl. 57.
Plus grand, à profil moins vertical, rayé en longueur de jaune; plus commun dans l'Océan.
Les Upenel's Nob.
Ont des dents aux deux mâchoires, et en manquent souvent au palais ; leur opercule a une petite épine ; il y a quatre rayons à leurs branchies , et ils possèdent une vessie natatoire. Toutes leurs espèces sont des mers des pays chauds. (2)
La deuxième famille des Acanthoptérygiens, celle Des joues cuirassées.
Contient une nombreuse suite de Poissons auxquels l'aspect singulier de leur tête, diversement hérissée et cuirassée , donne une physionomie propre qui les a toujours fait classer dans des genres spéciaux , bien qu'ils aient de grands rapports avec les Perches. Leur caractère commun est d'avoir les sous-orbitaires plus ou moins étendus sur la joue , et s'articulant en arrière avec le préopercule. L'uranoscope seul , dans la famille précédente, a quelque chose d'approchant ; mais son sous-orbitaire , bien que très large , s'attache en arrière, aux os de la tempe, et non pas au pji^éopercule.
Linnaeus en faisait trois genres : les Trigles^ les Cottes, les Scorpènes; mais on a dû les subdiviser, et il faut y joindre une partie de ses Gasterostes.
Les Trigles (Trigla, Lin.) (B), Vulgairement Grondins on Rougets- Grondins.)
Sont ceux où ce caractère est le plus marqué ; leur énorme sous-orbitaire couvre entièrement la joue , et s'articule même par suture immobile avec le préopercule , qui ne peut se mouvoir qu'avec lui. Les côtés de la tête , à peu près verticaux, lui donnent une forme approchant du cube ou
(1) Senec. quest. nat. III, c, 18.
(2) Mullus rittatus. Gm. Lacep. III, xiv , 1 ; Russel, II, I.'jS; — M. Runselii, N. Russel, \\A'Sl]-^M.hifasciatiis, Lacep. III , xiv, 3; — il/, trifasciatiis , id.III,xv,l, nu M. multibande, Quoy et Gaym. Voyage de Freyc. pi. 59, f. 1 ; et plusieurs autres espèces décrites dans le troisième vol. de notre histoire des poissons.
(ô) T^cyA»^ était le nom grec du MuUe; Artedi avait réuni ces deux genres, et depuis t)u'on les a séparés on a laissé cv nom aux Grondins.
du parallélipipède et ses os sont tous durs et grenus. Le dos porte deux nageoires distinctes, et il y a sous la pectorale des rayons libres, au nombre de trois. Ils ont environ douze cœcums et une vessie aérienne large et bilobée. Plusieurs espèces font entendre, quand on les prend, des sons qui leur ont valu leur nom vulgaire de Grondins.
Les Trigles proprement dits (Trigla. Cuv. )
Ont des dents en velours aux mâchoires et au-devant du vomer ; leurs pectorales, quoique grandes, ne le sont point aSsez pour les élever au-dessus de Teau. Nous eu avons de nombreuses espèces dans nos mers.
Le Rouget commun ( Trigla jtinl. Bl. 355. Trigl. cuculus. Lin. )
A le long de chaque côté du corps, de nombreuses lignes verticales et parallèles, qui coupent la ligne latérale , et sont formées par des replis de la peau , dans chacun desquels est une lame cartilagineuse. Son museau est oblique ; c'est un poisson de bon goût , d'une belle couleur rouge.
Le Kouget camard ( Tr. lineata. Lin. et Tr. adr'iatica. Gm. ) Bl. 35. Rond. 295. Martens. Voyage à Venise. II, pi. ii.
A le museau bien plus vertical , et les pectorales plus longues ; les lignes de ses flancs entourent le corps entier comme des anneaux. Il estapportésur nos marchés avec le précédent (1).
Le Perlon. ( Tr. hirundo. L. ) Bl. 60 (2).
Sans sillons ni épines sur les côtés j le dos brunâtre , quelquefois rougeàtre ; les pectorales du quart de la longueur, noires , bordées de bleu du côté interne. C'est la plus grande espèce de nos côtes ; il y en a de deux pieds et plus. On en fait des salaisons.
On en trouve aux Indes des espèces voisines (3).
La Lfre ( Tr. lyra. L. ) Bl. 350. Rond. 298.
A museau divisé en deux lobes dentelés; une forte épine à l'opercule, au sur-scapulaire et surtout à l'huméral ; des épines le long des dorsales, la ligne latérale lisse , les pectorales du tiers de la longueur ; beau poisson , d'un rouge vif en dessus , blanc d'argent en dessous.
Le Gronau, Gttmard , ou Grondin proprement dit. {Tr. gurnardus. Lin. ) Bl. 58.
LTne épine pointue à l'opercule et à l'épaule ; des écailles un peu carénées à la ligne latérale. Il est d'ordinaire gris-brun dessus , tacheté de blanc dessous ; mais il y en a aussi de rougeâtres et de rouges. C'est l'espèce la plus abondante dans nos marchés.
Il y en a une espèce voisine.
Le Grojidin rouge. ( Tr. cuculus. Bl. 59. ) (4) Constamment rouge , avec une tache noire à la première dorsale.
(1) Le peuple le croit mal à propos la femelle du rouget commun.
(2) C'est le Tr. cuculus , de Brûnnich.
(3) Elles sont nouvelles; nous les décrivons dans le quatrième vol. de notre ichtyologie.
(4) C'est ici le Tr. hirunrlo de Brûnnich; mais ce n'est ni le Cuculus ni V Hirundo de Lin.
4!j8 poissons.
La Morrude (Tr. lucerna. Briinn.) Rondel. 287 (1).
A la ligne latérale garnie d'écaillés plus hautes que larges , el la deuxième épine dorsale prolongée en filet.
La Cavillone. { Tr. aspera. Viviani.) Rondel. 296.
A museau court; à écailles âpres; à tète veloutée; des crêtes aiguës le long des dorsales ; la tempe échancrée.
Ces deux dernières espèces sont petites et propres à la Méditerranée (2).
Lacépède a séparé trois genres de celui des Trigles : Les Prio>otes.
Poissons d'Amérique semblables à notre Perlon ; à pectorales cependant plus longues , et qui peuvent même les soutenir dans l'air ; leur caractère précis consiste à avoir une bande de dents en velours sur chaqtie palatin {%).
Les Malarmats (Peristedion , Lacep.)
Ont été séparés des Trigles avec encore plus de raison. Tout leur corps est cuirassé de grandes écailles hexagones , qui y forment des arêtes longitudinales ; le museau est divisé en deux pointes , et porte en-dessous des barbillons branchus ; enfin leur bouche n'a aucune dent.
On n'en connaît bien qu'une espèce de la Méditerranée ( Trigla cataphracta, L. ) , Rondel. 299 , ronge , longue d'un pied (4).
Le mieux motivé de ces démembrements est celui [Des Dactyloptères, Lacep.
Si célèbres sous le nom de Poissons volants ; les rayons d'au-dessous de leurs pectorales sont beaucoup plus nombreux et plus longs, et au lieu d'être libres comme dans tous les précédents , ils sont unis par wne membrane en une nageoire surnuméraire plus longue que le poisson , et qui le soutient en l'air assez long-temps. Aussi les voit-on voler au-dessus des eaux pour échapper aux Bonites et aux autres Poissons voraces , mais ils y retombent au bout de quelques secondes.
Leur museau, très court, a l'air d'être fendu en bec de lièvre; leur bouche est située en dessous , il n'y a à leurs mâchoires que des dents arrondies en petits pavés; leur casque est aplati, rectangulaire, grenu; leur préopercule se termine en une longue et forte épine qui est une arme puissante. Toutes leurs écailles sont carénées.
(1) Ce n'est pas le Tr. lucerna, de Lin. mais son Tr. obscura , décrit Mus. Ad. Fréd. , deuxième part. , et oublié ensuite. Le Tr. lucerna L. est une espèce factice.
(2) Aj. les espèces voisines delà Cavillone : Tr. jmpilio, Nob. ; — Tr. phalœna ; — Tr. sphinx , décrites dans notre quatrième volume. "^
(5) Tr. punctata , Bl. 552 et 354; — Tr. strigata, Nob. evolans, Lin. anUneata, Mitchill. Trans. de New-Y. I , pi. iv, f . 4 ; — Tr. carolina, Lin. ou palmipcs , Mitch. 1, cit.; — Tr. tribulus , Nob.
(4) La fig. de Bloch , 549 , est fautive et multiplie trop le» rayons de la seconde dorsale. Il y en a aux Indes plusieurs autres espèces.
ACAjNTIIOPTÉRYGIENS. 459
L^espèce de la Méditerranée {Tr'itjla volitans, Lin.), Bl. 551 , est longue d'un pied , brune en dessus; roiigeâtre en dessous ; et a les nageoires noires, diversement tachetées de bleu.
Il y en a «ne espèce voisine, dans la mer des Indes {Dactyl. orientalis , Nob.)Russel. 161.
Les Céphalacanthes Lacep.
Ont presque la même forme et particulièrement la même tête que les Dactyloptères , dont ils diffèrent par l'absence totale des nageoires surnuméraires ou des ailes.
On n'en connaît qu'un très petit de la Guiane (1) ; (Gasteroslcus spînarella, Lin. ) Mus. Ad. Fred. pi. xxxii, fîg. 5.
Les Chabots (Cottus Lin.)
Ont la tête large , déprimée, cuirassée et diversement armée d'épines ou de tubercules; deux nageoires dorsales; des dents au-devant du vomer, mais non aux palatins ; six rayons aux branchies , et trois ou quatre seulement aux ventrales. Les rayons inférieurs de leur pectorale , comme dans les Vives ne sont point branchus ; leurs appendices cécales sont peu nombreuses, et ils manquent de vessie natatoire.
Les espèces d'eau douce ont la tête presque lisse, et seulement une épine au préopercule. Leur première dorsale est très basse. La plus connue est
Le Chabot de rivière. {Cottus gobio. Lin.) Bl. 39, 1 , 2.
Petit poisson de quatre ou cinq pouces ; noirâtre. Les espèces marines sont plus épineuses ; quand on les irrite, elles renflent encore leur tête.
Nos côtes en ont deux nommées Cliaboisseaiix , Scorpions de mer, etc.
L'une (Cottus scorpius , L.) , Bl. 40, a trois épines au préopercule; l'autre, C. bubalis, Euphrasen. Nouv. Mém. de Stockh. VII , 95 , y a quatre épines , dont la première très longue.
La mer Baltique en a une troisième espèce distinguée par quatre tubérosités osseuses et cariées sur le crâne ( C. quadricornls , Bl. 108).
Il y en a de bien plus grandes en Amérique et dans le nord de la mer Pacifique (2).
Cette dernière mer produit aussi une espèce petite , mais que ses formes singulières doivent faire remarquer : c'est
Le Chaboisseau à cornes de cerf, ( Cottus diceraus. Pall.) Synanceia cervus. Tilesius, Mém. de l'Ac. de Pétersb. II , 1811 , p. 278.
Où la première épine du préopercule , presque aussi longue que la tête , a à son bord interne six ou huit piquants recourbés vers sa base (3).
(1) Et non pas des Indes , comme on l'a toujours dit.
(2) C. virginianiis , Will. x , 15 , ou octodecim spinosus, Mitchill. ïiaus. New-York . IV, p. 580 ; — C. jyoli/acanthoccpkaliis j Pall. Zoog. ; Ross., etc.
(ô) Aj. C.pistillùjer, Pall. Zoog. Ross. III, 143.
N. B. Le Cotfus anoslomus, Pall. Zool. Ross. III , 128 , n'est que rtiiaiiosuope.
On a séparé avec raison des Cottes ,
Les AspiDOPHORES . Lacep. (Agonus. B1. Scli. Phalangista. Pall. )
Qui ont le corps cuirassé par des plaques anguleuses, comme les Malarmats. et dont la bouche n'a point de dents au vomer.
Nos côtes de l'Océan en possèdent un {Coït, cataphractus , Lin.) , Bl.; petit poisson de quelques pouces , qui a la bouche ouverte en dessous , et toute la membrane des ouïes garnie de petits filaments charnus.
Le nord de la mer Pacifique en produit plusieurs autres , parmi lesquels il s'en trouve qui ont , comme l'espèce d'Europe, la bouche en dessous , et la membrane des ouïes villeuse (1).
D'autres ont la mâchoire inférieure plus avancée; leur membrane branchiostège est lisse (2).
D'autres encore ont les mâchoires égales et les deux dorsales écartées (3).
Enfin , il y en a une des Indes qui ne porte qu'une seule dorsale. Lacepède'en a fait son genre Aspidophoroïde (4).
On a reconnu dans ces derniers temps , quelques autres groupes qui tiennent en partie des Cottes , en partie des Scorpènes.
Les Hémitriptères (Hemitripterus , Nob.)
Ont la tète déprimée et deux dorsales comme les Cottes; leur peau n'a point d'écaillés régulières, mais il y a des dents à leurs palatins. Leur tête est hérissée et épineuse , garnie de plusieurs lambeaux cutanés. Leur première dorsale est profondément échancrée , ce qui a fait croire qu'il y en avait trois.
On n'en connaît qu'un du nord de l'Amérique {Cottus tripterygius , Bl.
Schn.) (5) qui se prend avec les morues. Long d'un et de deux pieds, de
teintes jaunes et rouges, variées de brun.
Les Hémiléptdotes (Hemilepidotus, Nob.)
Ont aussi à peu près une tête de Cotte , mais leur dorsale est unique ; leurs palatins ont des dents , et il y a sur leur corps des bandes longitudinales d'écaillés , séparées par d'autres bandes nues. Un épiderrae épais ne laisse voir ces écailles que lorsque la peau se dessèche. On n'en connaît que du nord de la mer Pacifique (6).
Les Platycéphales (Platycephalus , Bl.) Ont été détachés des Cottes par des motifs encore plus pressants. Leurs
(1) Phalangistes acipenserinus , Pall. ou Jg. acip., Tiles.
(2) Phal. loricatuSjVaW. ou Agonus dodecaedrus , Tiles; — Phal. fusiformis , Pall. ou A. rostratus , Tiles; — Ag. lœvigatus , Tiles , ou sytignathus senegaletisis , id. Mém. des nat. de Moscou , II , xiv.
(3) Cottus japonicus , Pall. Spic. Zool. VII, v, ou Ag. stegophthalmus , Til. Mém. de Pétersb. IV, xii ; et Voyage de Rrusenstern , pi. 87; — A. decagonus , Bl. Schn. pi. xxvn.
(4) Cottus iHonopterygius , Bl. 178 , 1 et 2.
(5) C'est aussi le Cottus acadianus , Penn. Aut. Zool. III, 571 ; le Cottus hispidus , Bl. Schn. 63; le Scorpœna flava , Mitchill. Trans, New-York, I, n, 8; et peut-être le Scorpœna americana , Gmel. Duhamel, sect. V, pi. n, f. 5 ; mais cette figure serait bien mauvaise.
(6) Cottus hemilepidotus , Tilesius, Mém. de l'Ac. de Pétersb. III , pi. xi , f. 1 et 2 , qui est probablement aussi le Cottus trachiirus , Pall. Zoogr. Ross. III , 138.
ACANTHOPTÊRYGIENS. 461
ventrales sont grandes, à six rayons, et placées en arrièi'e des pectorales ; leur tête est très déprimée , tranchante par les bords , armée de-^juelques épines , mais non tuberculeuse ; ils ont sept rayons aux branchies , et sont couverts d'écaillés; leurs palatins portent une rangée de dents aiguës , etc. Ce sont des poissons de la mer des Indes , qui se tiennent enfouis dans le sable pour guetter leur proie.
Une de leurs espèces a été nommée par cette raison V Insidiateur {Cottus insidiator, Lin.) (1)
Les ScoRPÈNEs (ScoRp^ivA. Lin.)
Ont , comme les Cottes , la tête cuirassée et hérissée ; mais cette tête est comprimée par les côtés. Leur corps est revêtu d'écaillés. Il y a sept rayons à leurs ouïes , et leur dos ne porte qu'une seule nageoire. Sauf la manière dont leur joue est armée , et les tubercules qui leur donnent souvent une figure bizarre , elles se rapprochent beaucoup de certaines Percoïdes, telles que les Grémilles et les Centropristes ; mais comme dans les Cottes les rayons inférieurs de leurs pectorales, quoique articulés, sont simples et non branchus.
Les ScoRPÈNEs propres ou Rascasses ( Scorp^ena. Nob. )
Ont la tête épineuse et tuberculeuse , dénuée d'écaillés ; des dents en velours aux palatins comme aux mâchoires ; des lambeaux cutanés épars sur différentes parties du corps.
Nous en avons deux espèces :
La grande Scorpène, {Se. scropha. Lin.) RI. 182 , et mieux Duham. sect. V, pi. IV.
Plus rouge j à écailles plus larges ; à lambeaux cutanés , plus nombreux ;
La petite Scorpène, {Se. poreus. Lin.) Bl. 181 , et Duham. sect. v, pi. m , x, 2.
Plus brune; à écailles plus petites, plus nombreuses. Elles vivent en troupes dans les endroits rocailleux 5 leurs piquants passent pour faire des blessures dangereuses (2).
Les T^NiANOTES sont des Scorpènes à corps très comprimé , et dont la dorsale, très haute, s'unit à la caudale.
(1) C'est aussi le Cottus spatula , Bl. 424, le Cotte madegasse , Lacep. III, 11, 12; le Calliomjmiis indiens , L. Russel, 46, ou Calliomore indien , Lacep. ; — Aj. Platijc. endrachtensis , Quoy et Gaym. Voyage de Freyc. p. 553; — Coït, scaber , Lin. Bl. 189, Russel , 47 ; — les deux espèces ou variétés de Krusenstern , pi. 59 ; — le Sandkruyper de Renard , deuxième part. , pi. 50 , f. 210 , et une dixaine d'espèces nouvelles que nous décrirons dans le quatrième vol. de notre ichtyologie; mais le Plat, undecimalis , Bl. Schn. est un Centropome; son PI. sa.ratilis, un Cychla ; son PI. dormitator , un Eleolris.
N. B. Le genre Cetitronodon de Lacep. , n'a pour base que le prétendu Silurusimherhis , de Houttuyn , lequel n'est c[\x''vLn platycéphale.
(2) Aj. Se. diabolus, Nob. Duham. sect. V, pi. m, f. 1 ; — Se. hufo, N. ; Parr, xvm, 1, c;
— Se. cirrhosa ou Perça cirrhosa , Thunb. Nouv. aicm. de Stokh. XIV, 1793, pi. vu, f. 2;
— Scorp. papillosa , Forst. Bl. Schn. 196 ; — Se. plumier, Lacep. I , xix , 3 ; — iSc. venosa, N. Russ. 56, et plusieurs espèces nouvelles, décrites dans notre quatrième vol.
4G2 JH POISSONS.
Les Sebastes (Sébastes. Nob. )
Ont tous les caractères des Scorpènes , si ce n'est qu'elles manquent de lambeaux cutanés , et que leur tête, moins hérissée, est écailleuse.
Il y en a une grande espèce dans la mer du Nord , nommée Marulke , et en quelques endroits Carpe ( Sebastes norwegicus , Nob. Perça marina, Penn. Perça norwegica, Mûll.) , Bonnat. Encycl. Jléth. pi. d'ichtyol. fig. 210. Elle est rouge , et passe souvent deux pieds. On la sèche pour en faire des provisions. Ses épines dorsales servent d'aiguilles aux Esquimaux.
La Méditerranée en a une très semblable, mais dont les rayons dorsaux sont moins nombreux {Sebastes imperialis ^ Nob. Scorpœna dactyloptera , Laroche, Annales du Mus. XIII , pi. xxii , f. 9 ). Son palais est noir ; elle manque de vessie natatoire , quoique l'espèce précédente en ait une (1).
Les Ptérois Cuv.
Ont les caractères des Scorpènes proprement dites , si ce n'est qu'elles manquent de dents aux palatins , et que leurs rayons dorsaux et pectoraux sont excessivement alongés.
Ce sont des Poissons des Indes, non moins remarquables par cette singuUère prolongation , que par la jolie disposition de leurs couleurs (2).
Les Blepsias
Ont la tête comprimée , la joue cuirassée , des barbillons charnus sous la mâchoire inférieure , cinq rayons aux ouïes , de très petites ventrales, et une dorsale très haute , divisée en trois par des échancrures .
On n'en connaît qu'un , des îles Alentiennes (3). Les Apistes
Ont des dents aux palatins, et la dorsale indivise des Scorpènes; mais les rayons de leurs pectorales peu nombreux , sont tous branchus. Leur caractère particulier consiste dans une forte épine au sous-orbitaire , qui en s'écartant de la joue , devient une arme perfide (4).
Ce sont des Poissons de petite taille.
Une première subdivision a le corps écailleux, et parmi elles, il en est qui ont un rayon libre sous une grande pectorale (5).
D'autres ont des pectorales ordinaires , sans rayons libres (6).
(1) Le prétendu Scorpœna malaharica, Bl. Schn. 190, est une Sébaste , la même que celle de la Méditerranée. — Aj. Scorp. capensis , Gmel. ; — Holoc. albofasciatus , Lacep. IV, oTi-^ — Perça variabilis , Pall., ou Epinophelus ctliatus , Tiles. Mém. de l'Ac. de Pétersb. IV, 1811 , pi. xvi , f. 1-6.
(2) Scorpœna volitans, Gmel. Bl. 184 ; — Se. antennata , Bl. 185; — Se. Kwniyii, id. nouv. Mém. de Stokh. X , vu , et plusieurs espèces nouvelles, décrites dans notre quatrième vol.
(ô) Blennius villosus , Steller, ou Trachinus cirrhosus , Pall. Zoogr. Ross. III, 237, n" 172. Blepsias est uu nom laissé par les anciens, sans désignation caractéristique.
(4) A7ni;oc, , perf,dus.
(5) Ap. alatus, Nob. Russel, 160. B.; — Scorp. carinata , Bl. Schn.
(6) Cottus australis, J, Whilc, New. South. IV, 266; — ^;j. lœniunolus , Nob. Lacep. IV, m , 2. Figure qui porte pour titre : Tœnianole large raie ; mais qui n'a rien de
Une autre subdivision a le corps nu; et il y en a aussi à rayons libres sous la pectorale (1) , et sans de tels rayons (2).
Les Agriopes
Manquent de l'aiguillon sous-orbitaire , mais ont la dorsale encore plus haute que les apistes et avançant jusqu'entre les yeux. Leur nuque est haute, leurs museau rétréci , leur bouche petite et peu dentée , leurs corps sans écailles (3).
Les Pelors,
Avec la dorsale indivise et les dents aux palatins des scopènes , ont le corps sans écailles, deux rayons libres, sous la pectorale, la tète écrasée en avant , les yeux rapprochés , les épines dorsales très hautes et presque libres; ils n'ont pas l'aiguillon sous-orbitaire des Apistes; leurs formes bizarres , leur aspect monstrueux suffiraient pour les distinguer de tous les autres Poissons. Ils viennent de la mer des Indes (4).
Les SvivAivcÉES (Synanceia. B1. Schn.)
N'ont pas des formes moins hideuses que les Pelors ; leur tête est rude , tuberculeuse , non comprimée , souvent enveloppée d'une peau lâche et fongueuse ; leurs rayons pectoraux sont tous branchus , leurs dorsales indivises , et il n'y a aucune dent ni à leur vomer , ni ^ leurs palatins ; leur affreuse laideur les a fait regarder comme venimeuses, par les pêcheurs de la mer des Indes, qui est leur séjour (8).
Les Lepisacanthes , Lacep. (Monocentris. B1. Schn.)
Forment un genre singulier, à corps court et gros, entièrement cuirassé d'énormes écailles anguleuses , âpres et carénées , où quatre ou cinq grosses épines libres remplacent la première dorsale , et où les ventrales sont composées chacune d'une énorme épine , dans l'angle de laquelle se cachent quelques rayons mous, presque imperceptibles ; leur tête est grosse, cuirassée; leur front bombé; leur bouche assez grande; leurs mâchoires et leurs palatins ont des dents en velours ras, et leur vomer en manque. Il y a huit rayons à leurs branchies.
commun avec le T. large raie du texte , IV , 303 et 304 , qui est un Malacanthe , et le mêmequi est représenté, III, xxviii,2,sous lenomde Labre large raie; — Perça cottoides. Lin. Mus. Ad. Fred. II , p. 84.
(1) Jp. minons, Nob. Russel, 139; —Se. monodaclyle , Bl. Schn.
(2) Les espèces nouvelles sont décrites ainsi que plusieurs des subdivisions précédentes, dans notre quatrième vol.
(3) C'est le Bleimius torrus de Gronov. Act. helv. VII , pi. m, copié Walb. III, pi. 2, f. 1 , ou Coryphœna torva , Bl. Schn , et des espèces nouvelles.
(4) Pel. absctirum, Nob. , ou Scorpœna didactyla , Pall. Spic. Zool. VII, xxvi , iv ; Sel). Ill,xxvni, 3, ou Trigla rnbicmida, Ilornstedt. Méni. de Stockh. ix , m ; et quelques espèces nouvelles que nous décrirons dans notre quatrième vol.
(5) Scorpœna horrida , Lin. Lacep. II, xvu, 2; et moins bien , Bl. 83; — \slSc. brachion , Lacep. III , xii , 1 , ou Synanceia rcrrvcosa , Bl. Schn. pi. 45 ; — Syn. bicapillafa, Larep. II , xi, ô.
On n'en connaît qu'une espèce ; des mers du Japon ,
Le Lépisacanthe Japonais. {Monocentris Japonica. Bl. Schn. pi. 24.)
Long de six pouces ; d'un blanc argenté (1).
Les Épinoches (Gasterosteus. N.) (2).
Ont aussi la joue cuirassée, quoique leur tête ne soit ni tuberculeuse ni épineuse , comme dans les genres précédents. Leur caractère particulier est que leurs épines dorsales sont libres , et ne forment point une nageoire, et que leur bassin se réunissant à des os huméraux, plus larges qu'à l'ordinaire, garnit leur ventre d'une sorte de cuirasse osseuse. Leurs ventrales, placées plus en arrière que les pectorales , se réduisent à peu près à une seule épine ; il n'y a que trois rayons <à leurs ouïes.
Nous en avons quelques-unes , très nombreuses , dans nos eaux douces.
On en confond, sous le nom de Grande Epinoche ( Gasterosteus aculcatus , Lin.), deux espèces qui ont trois épines libres sur le dos, mais dont l'une (G. trachurus , Nob. Bl. pi. 53, f. 3), a tout le côté, jusqu'au bout de la queue, garni de plaques écailleuses. L'autre (G. gfmniirus, Nob. Willughby 341 ) , n'a de ces plaques que dans la région pectorale. L'une ou l'autre paraît quelquefois en quantité si prodigieuse, dans certaines eaux de l'Angleterre et du Nord, qu'on l'y emploie à fumer les terres, à nourrir les Cochons , à faire de l'huile (3).
VÉpinochette ( G. pungitîus. Lin. ) Bl. 53 , 4.
Est notre plus petit Poisson d'eau douce. Elle a sur le dos neuf épines toutes fort courtes ; les côtés de sa queue ont des écailles carénées; mais il y a encore dans nos eaux une espèce très voisine (G. lœvis , N.) , qui manque de cette armure.
On pourrait faire un sous-genre à part
Du Gastré. ( Gast. spinochia. Lin. ) Bl. 53 , 1.
Epinoche de mer, de forme grêle et alongée , qui a quinze épines courtes sur le dos , et toute la ligne latérale garnie d'écaillés carénées. Son bouclier ventral est divisé en deux. Ses ventrales ont, outre l'épine , deux très petits rayons.
Nous croyons pouvoir placer à la suite de cette famille
L'Oréosome (Oreosoma. Cuv.) Petit Poisson ovale, dont le tronc est hérissé en dessus et en dessous, de
(1) Gasterosteus japonicu s , Hoiitt. Mém. de Harl. XX , deuxième part. 299, ou Sciœna japonica , Thub. Nouv. Mém. de Stockli. \l , ui, copié, Bl. Schn. pi. 24.
(2) N. B. Ce nom , qui signifie ventre osseux , ne convient qu'aux Epinoches telles que nous les définissons, et non pas à plusieurs poissons de la famille des Scombres, que Linnuus y avait réunis , parce que leurs épines dorsales sont libres , mais que nous renvoyons à nos LiciiES.
(5) Espèces voisines ou Épinoches à trois épines. G. argyropomiis , N,; — G. hrachycentrus, N. ; — G. tetracantkns, N., trois espèces d'Italie; — G. noi^eboracensis , N.; — G. viger, N., ou hiaculeatus , Mitchill. Trans. de New-Y., I, 1 , 10; — G. qttadracus, id. ib. f. 1 1 ; — C. rafnphrnrfus . Tiles. . Mém. de l'Ac. de Pétersb. III , vin , 1 .
ACANTIIOPTERYGIENS. 465
gros cônes de substance cornée, qui lui font comme des montagnes. Il y en a quatre sur le dos et dix sous le ventre , sur deux rangs, avec plusieurs petits entre ces rangs.
Il a été rapporté de la mer Atlantique par Péron (1).
La troisième famille des Acanthoptérygiens , celle Des SciÉNOÏDEs.
A de grands rapports avec celle des Percoides , et présente même à peu près toutes les mêmes combinaisons de caractères extérieurs, notamment les dentelures du préopercule, et les épines de l'opercule ; mais elle n'a point de dents au vomer ni aux palatins; le plus souvent les os de son crâne et de sa face sont caverneux , et forment un museau plus ou moins bombé. Il arrive aussi assez souvent dans cette famille, que les nageoires verticales sont un peu écailleuses.
11 y a des Sciénoides à deux dorsales, et à dorsale unique ; parmi les premières on compte d'abord le genre des
SciÈNES (ScIjÏNA.)
Qui a pour caractères communs , une tête bombée , soutenue par des os caverneux, deux dorsales ou une dorsale profondément échancrée, et dont la partie molle est beaucoup plus longue que l'épineuse ; une anale courte, un préopercule dentelé ; un opercule terminé par des pointes ; sept rayons aux branchies. Ces poissons ressembleraient assez à des Perches , s'ils ne manquaient de dents au palais. Leur tête entière est écailleuse ; leur vessie natatoire a souvent des appendices remarquables, et les masses pierreuses de leur oreille sont plus grosses que dans la plupart des poissons (2).
Nous divisons ce genre comme il suit :
Les Maigres ou Sciènes propres (Sci^na. Nob. )
N'ont que de faibles aiguillons à Panale. et manquent de canines et de barbillons.
Nos mers en produisent un ,
Le Maigre de l'Aunis, Peisrey de Languedoc , Fegaro des Génois, Umbrina des Romains , etc. ( Sciœna timbra. Nob. )
Qui arrive à une très grande taille, six pieds et plus. Sa vessie natatoire est remarquable par des appendices branchus , qu'elle a de chaque côté en assez grand nombre.
C'est un bon poisson , mais devenu assez rare sur nos côtes de l'Océan (3).
(1) On en trouve la fig. , et la descr. détaillée, dans le quatrième vol. de notre Ichtyologie. Oreosoma, corps montagneux.
(2) Cette détermination du genre Sciène est conforme à ce qu'en avait pensé Artedi; Linnœus et ses successeurs l'ont diversement modifié, mais, à notre gré, peu heureusement.
(3) Artedi l'ayant confondu avec le Sciœtta nigra , ce c'est que dans ces dernieis
-îOG POISSONS.
Les Otoiithes (Otolithus. Cuv.)
Ont , comme le Maigre , les épines de Panale faible , et manquenl de barbillons ; mais parmi leurs dents, il en est en crochets alongés, ou de véritables canines. Ce sont des poissons d'Amérique et des Indes. Leur vessie natatoire a , de chaque côté, une corne qui se dirige en avant (1).
Les Ancylodons
Sont en quelque sorte des Otolilhes , à museau très court , à canines excessivement longues , et à queue pointue (2).
Les CoRBS (CoRviisA. Nob.)
N'ont ni canines , ni barbillons ; toutes leurs dents sont en velours. Ils difft^rent d'ailleurs des Maigres et des Otoiithes par la grosseur et la force de leur dennième épine anale.
Nous en avons une espèce très abondante dans la Méditerranée :
Le Corb noir. ( Sc'iœna nigra. Gni. Bl. 297.
D'un brun argenté; à ventrales et anale noires (3).
Les JoHNius , Bl.
Se lient aux Corbs par une série à peine interrompue , et ont seulement la deuxième épine anale plus faible et phis courte que les rayons mous qui la suivent.
Ce sont des poissons des Indes , à chair légère et blanche , qui entrent pour beaucoup dans la nourriture des habitants (4).
Il y en a aussi au Sénégal (5) , et en Amérique (6).
Les Ombrines ( Umbrina. N. )
Se distinguent des autres Sciènes, par un barbillon qu'elles portent sous la symphyse de la mâchoire inférieure.
temps que son histoire a été de nouveau éclaircie. Voyez mon SIémoire sur le Maigre , dans les Mém. du Muséum, tome I , p. 1 ; — &.\. le Maigre du Caj) , ou Labre hololéptdote, Lacep. III, xxi , 2 ; — le Maigre brûlé, qui est le Perça occllata , Lin. , ou Centro pome œillê , Lacep., le Sciœna imberbis de Mitchill., et le Lutjan triangle , Lacep. III , XXIV, 3.
(1) Ot. ruber, N. , ou le Pêche pierre de Pondichéry; Johnius riiber, Bl. Schn. pi. 17; — Ot. rersicolor, N. Russel, II, cix; — Ot. rcgalis, N. Johnius regalis, Bl. Sch.,ou Labrus squeteague , Mitchill. Trans. New-Y. I, n, 6; — Ot. rhomboidalis , ou Lutjan de Cayenne, Lacep. IV, p. 245; — Of. striatus, Nob., ou guafnctipa , Margr. Brass. 177, et plusieurs autres , qui sont décrits dans notre cinquième vol.
(2) Lonchurus ancylodon , Bl. Sclin. pi. xxv.
(ô) Aj. Corvina miles , N., ou Telia katchelce , Russel, 117 ; — C. trispinosa , N. , ou Bodianus stellifer , Bl. 331 , 1 ; — C. oscula, Lesueur , Se. nat. Phil. iiov. 1822; — Boln ctija , Buchan. poiss. du g. pi. xii, f. 27; — C. furcrœa, N. Lacep. IV, p. 421; et Bola coïtor., Buchan, xxvn , 24; — Bodianus argyroleucus , Mitchill. Trans. Yew-Y. I, VI, 3.
(4) Les Anglais du Bengale leur ont transporté le nom de Merlan , (Whiling.) — John, maculatus j Bl., ou sarikulla , Russ. 123 ; -—7. catalcus , N. Russ. 116, ou Bola chaptis, Buchan. X,25. C'est le Lutjan diacanthe, Lacep., IV, 244; — J. anei , Bl. 357; —J. karutta , Bl. ; — /. pâma, N. Buchan , xxxii , 26.
(5) J. sencgalensis, Nob. esp. nouv.
(6) J. huiucralis. N., ou Lab'ns obHquus, Mitchill. , qui paraît aussi la Perça undu-
ACAMIIOPTERYGIENS. 467
Nous eu avons dans la Médilerranée une belle espèce {Sciœna cirrhosa , L.), Bl. 30O, rayée obliquement de couleur d'acier, sur un fond doré. C'est un bon et grand poisson j qui vient aussi dans le golfe de Gascogne. Il a dix cœciims courts, et une grande vessie aérienne, munie de quelques sinus latéraux , arrondis (1).
Les LoNCHURES , Bl. paraissent ne différer des Ombrines que par une caudale pointue et deux barbillons à la symphyse (2).
Les Tambours (Poconias. Lacep. )
Ressemblent aux Ombrines , mais au lieu d'un seul barbillon , sous la mâchoire, ils en ont un assez grand nombre.
L'Amérique en a un { Poffonias fasclé , Lacep. H, xvi , (5), argenté, avec des bandes verticales, brunes, dans sa jeunesse; il devient aussi grand que notre BLiigre , et a comme lui des appendices branchus à sa vessie natatoire Ce poisson fait entendre un bruit plus remarquable encore que celui des autres Sciénoïdes, et que l'on a comparé à celui de plusieurs Tambours. Ses os pharyngiens sont garnis de grosses dents en pavés (4).
Le genre des
Chevaliers (Eques. BI.)
Ne peut être éloigné de ces Sciénoïdes à deux dorsales. Il se reconnaît à un corps comprimé , alongé , élevé aux épaules et finissant en pointe vers la queue ; leurs dents sont en velours ; leur première dorsale est élevée , la deuxième longue , écailleuse ; ils sont tous d'Amérique (6).
Les Sciénoïdes à dorsale unique, se subdivisent d'après le nombre de leurs rayons branchiaux.
Celles qui en ont sept , forment divers genres , parallèles à plusieurs genres des Percoïdes 5 leur préopercule est toujours dentelé.
Les GoRETTES (HiEMULOPf. N. ) P'ulgairenient gueule rouge aux Antilles,
Ont un profil un peu alongé , auquel on a trouvé quelque rapport avec celui d'un Cochon ; la mâchoire inférieure comprimée et s'ouvrant fortement, ayant sous sa symphyse deux, pores et une petite fossette ovale .
lata, Lin.; — /. Xanthurus , ou Loiostome queue jaune , Lacep. IV, x, 1 ; — /. saxatilis, Bl.Schn.
(1) Le Cheilodiptère cijanoptère , Lacep. III,xvi,3, n'est qu'une Ombrine grossièrement dessinée. Aj. Oinb. Russellii, N. Russel , 118 ; — ^c. nebulosa, Mitchill. III, 3, qui est aussi le Perça albtirntis, L. Catesb. XII , 2 ; Kingfisch ou IFhiting des Anglo-Américains ; — le Pogonathe doré , Lacep. V, 122 , appartient aussi à ce sous-genre.
(2) Lonchurus barbatus. Bl. 339.
(5) C'est le Labrus grunnicns , Mitcli. III , 3 ; les Sciœtia fusca et gigas du même auteur en paraissent des âges plus avancés , et tout annonce que c'est aussi le Labrus chromis de Linnœus ; enfin, le Pogonathe courbine , Lacep. V, 121 , n'en diffère pas non plus. — Aj. Ombrina Fournieri , Desmar. Dicl. class. d'hist. nat. ; ses barbillons sont presque imperceptibles.
(4) Ils sont représentés par Antoine do Jussieu , Mém. de l'Acadéni. des se, pour 1725.
pi. XI.
(3) Eques bahealus, N., ou Eq. amcricanus , Bl. 347,1, ou Chœtodon lanceolatus , Lui. Edw. 210 ; — Eq.punctatus , Bl. Schn. III , 2 ; — Eq. acuminalus, N. Grammisle*. uccmiiinatus, Bl. Schn.Séb. IlIjXxxvn,, 55.
iC8 POISSONS.
Leurs dents sont en velours. Les parties de leur mâchoire inférieure, qui rentrent quand la bouche se ferme, sont généralement d'un rouge vif, ce qui leur a valu leur nom (1). Leur dorsale est un peu échancrée j sa partie molle est écailleuse ; ils viennent tous d'Amérique (2).
Les Pristipomes (Pristipoma. N.)
Ont le même préopercule , les mêmes pores sous la symphyse que les H^EMuLONs; mais leur museau est plus bombé, leur bouche moins fendue , leur dorsale et leur anale n'ont point d'écaillés. Leur opercule finit en angle mousse , caché dans son bord membraneux.
C'est un genre très nombreux , dont les espèces sont répandues dans les parties chaudes des deux Océans (S).
Les Diagrammes (Diagramma. N.)
Manquent de la fossette sous la symphyse, mais y ont les deux petits pores antérieurs , et en outre deux pores plus gros sous chaque branche. Du reste, leurs mâchoires, leurs opercules, leurs nageoires, sont comme dans les Pristipomes.
11 y en a dans les deux océans ; ceux de l'Atlantique ont les écailles plus grandes (4).
Ceux des Indes sont plus nombreux, et ont les écailles plus petites, le front plus convexe, le museau très court (5).
Les Sciénoides à dorsale unique . et à moins de sept rayons aux branchies , se subdivisent encore; les unes ont la ligne latérale continue jusqu'à la caudale ; dans les autres elle est interrompue.
Parmi les premières, nous rangeons les genres suivants :
(1) Wy-ifi-a sang , et d'yAov, gencive.
(2) Hœm. elegans ,^.^ ou Jnthias formosus ,'^\. 323 ; — Hœm. formosum, N., ou Perça formosa , Lin. , qui n'est pas le même que le précédent , Catesb. II , vi , 1 ; mais c'est le Lahre plumiérien , Lacep. III, u, 2; et le Guaihi coara de Margr. p. 163, dont la figure est transposée et placée à l'article du capeuna , p. 155; — Hœm. heterodon ou Diabase rayée, Desmar. Dict. class. d'hist. nat.j — Hœm. caudimacula, N., ou uribaco , Margr. 177; et Diabase de Parra, Desm. loc. cit.; — Hœm. capeuna ou capeuna, Margr. 155, et la fig. p. 163, à l'art, du Guaibi coara. C'est le Grammist. triiittatus , Bl. Schn. 188; — Hœm. chrysopterum , Nob., ou Perça chrysnptera , L. Catesb. II, ii, 1 , et plusieurs autres espèces décrites dans notre cinquième vol.
(5) Pr.hasta, N. Lî/i/awwsAasto, Bl. 246, 1; — Pr. nageb. ,^ . ; sciœna nageb. , Forsk., ou Labre comersonicn , Lacep. Ill , xxui, 1 ; et Lutjan micro stome , ib. xxxiv, 2 ; — Pr. guoraca , N. Russel. 132, ou Perça grunniens, Forsk., ou Anthias grunniens , Bl. Schn. p. 305; —Pr.paikelli, N. Russel, 121; — Pr. caripa,ià. 124, dont Jnthias maculatus, Bl. 326, 2, paraît une variété; — Pr.coro, N. Séb. III , xxvii , 14, ou Sciœna coro , Bl. 307, 2 ; — Lutj. surinamensis , Bl. 253 ; — Sparus virginicus , Lin. dont Perça juba, Bl. 308, 2; et Sparus vittatus , Bl. 263; sont déjeunes individus. — Cotus. nandus, Bucban, XXX, 32.
(4) Nous n'en connaissons qu'un, dont le Lutjanus Ititeus , Bl. 247, nous paraît une mauvaise figure.
(5) C'est à eux que se rapporte le Plectorynque , Lacep. I , xni ,2. — Aj. Sciœna gaterina, Forsk. ; — Se. shotaf, id.; — Diagr. lineatum Nob. on Perça diagramma , Lin. Seb. III, xxvii, 18 , on Anthias diagramma, ^\. 5'20; — Diag. pœcilopterum , N. Séb. III, xxvn, 17;— D. pictum,fi. Séb. III, xxvi, 32, ou Perça picta, Thunb. nouv. Mém.deStokb. XIII, v; — D.pertusum , ou Perça perfusa , id. ib. XIV, vji, 1.
ACANTHOPTERYGIENS. 469
Les LoBOTES, N.
Dont le museau est coui't , la mâchoire inférieure proéminente , le corps haut, et dont la dorsale et l'anale alongent leur angle postérieur, de sorte qu'avec leur caudale arrondie, il semble que leur corps se termine en trois lobes. Quatre groupes de très petits points se voient vers le bout de leur mâchoire. Il y en a dans les deux Océans (1).
Les Cheilodactyles , Lacep.
Ont le corps oblong , la bouche petite , de nombreux rayons épineux à leur dorsale , et surtout les rayons inférieurs de leurs pectorales simples et prolongés hors de la membrane, comme dans les Cirrhites (2).
Les SCOLOPSIBES (ScOLOPSIDES. N.)
Ont le deuxième sous-orbitaire dentelé et terminé près du bord de l'orbite par une pointe dirigée en arrière , et qui se croise avec une pointe du troisième sous-orbitaire , dirigée en sens contraire. Leur corps est oblong ; leur bouche peu fendue ; leurs dents en velours ; leurs écailles assez grandes. Il n'y a pas de pores à leurs mâchoires. Ils vivent dans la mer des Indes (3).
Les MicROPTÈRES , Lacep.
Ont le corps oblong , trois pores de chaque côté de la symphyse , et les derniers rayons de la partie molle de leur dorsale séparés des autres, et formant une petite nageoire particulière. Il n'y a aucune dentelure à leur opercule (4).
Les Sciéaoïdes à moins de sept rayons branchiaux et à ligne latérale interrompue, forment plusieurs genres de poissons assez petits, ovales, pour la plupart joliment variés en couleurs, que l'on peut distinguer comme il suit, d'après l'armure de leur tête. Ils ont des rapports sensibles avec les Chœtodons , et ressemblent extérieurement à plusieurs de nos poissons à branchies labyrinthiques.
(1) Holocentnis surinamensis , Bl. 245, ou Bodiamts triurus, Mitchill., III, f. 10, et des espèces nouvelles.
(2) Le Cheilod. fascié, Lacep. V, i, 1 , ou Ctjnœdus , Gronov. Zoophyl. i , x , 1 ; — le Cheil. de Carmichael , ou Chœtodon monodactijlus , Carmich. Trans. Lin. XII , xxiv; — Cheil. carponemus. N. , ou Cichla macroptera , Bl. Schn. 342; — Cheil. zonatus , Nob., ou Lahrus japonicw j Tiles. Voy. de Rrusenstern , pi. txiii , f . 1 .
(ô) Scol. hâte, Nob. nommé par Bloch Anlhias japonictts , 325, f- 2; — Jnt. Vosmeri , Bl. 321 , figure très peu exacte, et le même que Perça mira ta , Mungo Park. Trans. Lin. 111,35;— ^«f/i. bilineatus , Bl. 325,1 ; — Scol. kurifa , Nob. Russel, 106; — Scol. hjcogenis, Nob. on Holocentre cilié, Lacep. IV, 371; — Sciœna ghanam , Forsk, et plusieurs espèces nouvelles.
(4) On n'en connaît qu'un : \e Microptère dolomieu , Lacep. IV, III 3.
Nous avons encore quelques petits genres de cette subdivision , que nous ferons mieux connaître dans notre cinquième vol.
Les Amphiprions, BI. Schn. (1)
Ont le préopercule et les trois pièces operculaires dentelées ; ces dernières sont même sillonnées ; des dents obtuses sur une seule rangée (2).
Les Premnades (Premnas. Nob. )
Ont au sous-orbitaire , une ou deux fortes épines et des dentelures au préopercule (â).
Les Pomacentres , Lacep. (4)
Ont le préopercule dentelé, l'opercule sans armure , les dents tranchantes sur une seule rangée (5).
Les Dascylles (Dascyllus. Nob.)
Ne diffèrent des Pomacentres que par des dents en velours (6j. Tous ces poissons habitent la mer des Indes.
Les Glyphisodons , Lacep.
Ont l'opercule et le préopercule sans dentelures, et les dents sur une seule rangée , tranchantes et le plus souvent échancrées.
Il y en a de TAlIantique (7), mais la mer des Indes en produit Lien davantage (8).
Certains Glyphisodons se distinguent des autres par des épines nombreuses à l'anale (9).
Les Héliases
Ont, avec les pièces operculaires des Glyphisodons , des dents semblables à celles des Dascylles , c'est-à-dire en velours. Il y en a aussi dans les deux Océans (10).
(1) Je réduis beaucoup les espèces de ce genre , tel que Blocli l'avait composé.
(2) Jinphipr. ephippium, Bl. 250, 2; — Jniph. bifasciatus , Bl. 516, 2; — Ainph. polijmnus,lil. ô](i,'l -^ — Jmph. percula ,!■(., ou Lutj. perchot y Lacep. IV, 259, Rleiii. Mise. IV, XI, 8; — Amph. Iciicurus, N. Renard, VI, 49, et diverses espèces nouvelles.
(3) Chœtodon biaculeatus, Bl. 219, 2, qui est aussi VHolocentrc sonnerai, Lacep, IV, 391; et le Lutjanus trifasciatus , Bl. Schn. 567; et Kœhheuter, Nouv. Corn. Pétrop. X, VIII, 6 ; Séb. III, xxvi , 29 , en est une var. ; — Pr. unicolor , N. Séb. III , XXVI, 19, qui est aussi la Scorpène aiguillonnée, Lacep. III, 268.
(4) Nous les définissons autrement que Lacep. et en diminuons beaucoup le nombre par des démembrements.
(5) Chœtodon pavo , Bl. 198, 1 , qui est le Pomacentre paon, Lacep. et son Holocentre diacanthe , IV, 338; — Pomacentrus cœrttleus, Quoy et Gavm. Voyage de Fieycin., pi. 64, {.2; — P.2mncfalus, ib. 1 -, — P. emarginatiis , Séb. lîl , xxvi,26, 27,28; — VHol. négrillon j Lacep. IV, 367.
(6) Chœtodon aruanus , Lin. Mus. Ad. Fred. xxxn, Bl. pi. 198, f. 2.
(7) LeJacaragua, Margr. ou Chœtodon saxatilis^ Lin. Mus. Ad. Fred. xxvii, 5, qui est aussi le Ch. marginatus , Bl. 287; et son Ch. mauritii , 213, 1 ; et le Ch. sargoïdo , Lac. ; mais ce n'est pas le Ch. saxatilis de Bl. 206 , 2; — Ch. curassao , Bl. 212.
(8) Chœtodon bengalensis, Bl. 213, ^,o\iLahre macrogastère , Lacep. III, xix. 3; — Gl. melanurus, N. ou Labre six bandes , Lacep. III, xix,2; — Chœt: sordidus ,¥orsk., ou Calamoia pota , Russel, 85 ; — Gl. sparoïdes, Nob. Lacep. IV, ii , 1 ; — Gl. lachnjmatus , Nob. Quoy et Gayra. Freyc. pi. 62, f. 7 ; — Gl. azureus , ib. pi. 64 , f. 3 ; — Gl. unioccllatus , ib. f. 4.
(9) Chœtodon siiratcnsis , B1.217; — Chœtodon maculatiis ,Bl. 427.
(10) Les espèces sont nouvelles, nous les décrivons dans notre cinquième volume.
Les Acanthoptérygiens de la quatrième famille, Les Sparoïdes
Ont, comme les Sciénoïdes , le palais dénué de dents ^ leurs formes générales, plusieurs détails de leur organisation sont les mêmes ; ils sont aussi couverts d 'écailles plus ou moins grandes, mais ils n'en ont point aux nageoires. Leur museau n'est pas bombé , ni les os de leur tête caverneux ; il n'y a ni dentelures à leur préopercule , ni épines à leur opercule ; leur pylore a des appendices cœcales. Aucun d'eux n'a plus de six rayons aux branchies. On les divise d'après les formes de leurs dents.
La première tribu , les Spares proprement dits (Sparus, N.), a sur les côtés des mâchoires , des molaires rondes en forme de pavés, nous les subdivisons en cinq genres.
Les Sargces (Sargcs. N.)
Ont en avant des mâchoires des incisives tranchantes, presque semblables à celles de l'homme.
La Méditerranée en possède plusieurs, peu différents les uns des autres et il s'en avance jusque dans le golfe de Gascogne. Leurs couleurs consistent en bandes verticales noires, sur un fond argenté (1).
11 y a de ces Sargues qui ont des incisives échancrées (2).
D'autres se distinguent parce que leurs molaires rondes sont sur une seule rangée, et trùs petites. Il y en a de tels dans la Méditerranée (3).
Les Daurades (Chrtsophris. N.)
Ont sur les côtés, des molaires rondes, formant au moins trois rangées à la mâchoire supérieure, et sur le devant quelques dents coniques ou cmoussées.
Nous en avons deux espèces dans nos mers.
La Daurade vulgaire. {Sparus aurata. h.) Bl. 2G6 (4) , et beaucoup mieux Duhamel. Sect.IV.pl. 2.
A quatre rangs de molaires en haut; cinq en bas; dont une ovale beaucoup plus grande que les autres. C'est un beau et bon poisson , que les
(l)Le Sargue de Rondelet (Sargus rauctis , Geoff.), Eg. poiss. pi. xviii , 1, Rondelet, 122. Sp. Puntazzo de Risso; — le Sargue de Salviani, (Sargus vulgarts G.) Eg. xvin, 2; Salviani. fol. 179, pisc. 64; — le Sparaillon., Sargtis anmilarts, L. Rondel. 1 18 ; Salv. 63 ; Laroche, Ann. du Mus. XIII, pi. xsiv, f. 13 ^—Sp. ovis, Mitch., ou Shecphead des Anglo-Américains.
(2) Perça unimaculata ,'&\. 508, 1 , ou salema, Margr. 153; — Sparus crcnidens, Forsk. appartient probablement à cette subdivision.
(3) S. puntazzo Gm. ou Sp. acutirostris, La Roche, Ann. du Mus. XIII, xxiv, 12, dont Risso fait son genre Chahax.
(4) Les dents sont d'une autre espèce , et celles de la vraie Daurade , sont données, pi. 74 , pour celles de l'Anarrhichas.
anciens nomment Chrysophris (sourcil d'or), à cause d'une bande en croissant de couleur dorée, qui va d'un œil à l'autre.
La Daurade à petites dents, [Chr. microdon. N.)
A peu près des couleurs de la commune, plus petite 5 le front plus bombé, a deux rangs de molaires seulement en bas, toutes autant ou plus larges que longues, et sans qu'il y en ait une grande ovale (1).
Les Pagres
Durèrent des Daurades parce qu'ils n'ont que deux rangées de petites dents molaires, arrondies, à chaque mâchoire; leurs dents de devant sont en cardes ou en velours.
Le Pagre de la Méditerranée. {Sparus pap'us. Lin. et Arted.)
Argenté, glacé de rougeàtre ; sans tache noire. (2)
La mer des Indes, et celle des Etats-Unis ont des Pagres, dont les premières épines dorsales se prolongent en filets (3).
Il y a aux Antilles, des Pagres remarquables par le premier interépineux de leur anale, qui est creux et terminé en bec comme une plume à écrire ; la vessie natatoire a sa pointe enfoncée dans cette espèce d'entonnoir. On les nomme Sardes à plumes (4) .
Mais une particularité encore plus notable, est celle d'un Pagre du Cap, qui a les maxillaires renflés et solides comme des pierres. Nous le nommons Pagrus llthognathus .
Les Pagels
Ont des dents à peu près comme les Pagres , mais leurs molaires, aussi sur deux rangées, sont plus petites; les coniques de devant sont grêles et plus nombreuses. Un museau plus alongé donne à ce sous-genre une autre physionomie.
Nous en avons plusieurs dans nos mers.
Le Paqel commun. {Sparus erythrinus. L.) Bl. 274.
Est un beau poisson argenté, glacé de rose clair, à corps haut, comprimé.
Le Rousseau des Marseillais, Besugo des Espagnols. {Sp. ceiitrodontus. Laroche.) An. du Mus. X. xxm. 3.
Argenté ; glacé de rose ; une large tache noire , irrégulière , à l'épaule (5).
(1) Aj. Sparus bufonites , Lacep. IV , xxvi , 2, le même que son Sp. perroquet, ib. ô , et peut-être que le Sp. haffara, Forsk. 35; — Sp. sarba, Forsk, 22; — Chr. chrysargyra] N. Chitchillâe , Russel 7 91 ; — Sp. hasta , BI. Schn. 275, ou Sp. berda, Forsk, 33; — Sp. calamara , N. Russel , 92 ; — Sciœna grandocuïis , Forsk. 33 ; — Chœtodon bafasciatus, Forsk, qui est aussi le Z,o6rp chapelet, Lacep. III, ni, 3, son Spare mylio , ïb . xxvi , 2, et son Holocentre rabagi , IV, supp. 725 , etc.
(2) C'est aussi le Sp. pagrus , de Brùnnich , mais non pas celui de Bloch ; ce dernier n'a pas représenté le vrai Pagre , et il en fait dans son Syst. postli. son Sparus argenteus.
(ô) Sparus spinifer , Forsk. — Sp. argyrops, Lin. ou Labrus rersicolor Mifch.
(4) Pagr. calnmus, et Pagr. penna , Nob.
(5) C'est le Sparus pagrus de RI. pi. 202.
lj''Jcame. {Pagr. acarne, Nob.) Rondel. 511. Spams berda de Risso, mais non de Forskal.
Plus petit, plus oblong. Argenté ; teint de verdâtre vers le dos ; sans tache noire.
Le Bogueravel. {Sp, hocjaraveo. Gm.) Rondel. 157.
Plus oblong; à museau plus pointu; doré, teint de violàtre ; luie tache noire à l'aisselle.
Le Morme. {Sp. moryiiyrus. L.) Rondel. 153. Geoff. Eg. Poiss. pi. xviii. 3. A bandes verticales noires, sur un fond argenté.
La deuxième tribu n'a qu'un genre ,
Les Dentés. (Dentex. N.)
Caractérisés par des dents coniques , même sur les côtés des mâchoires d'ordinaire sur un seul rang, dont quelques-unes des antérieures s'alongent en grands crochets. Ils auraient d'assez grands rapports avec les Hœmulons , sans l'absence de dentelure au préopercule et le rayon de moins aux ouïes. Leur joue est écailleuse.
La Méditerranée en nourrit deux espèces. Le Denté vulgaire, Dentale des Italiens. {Sparus dentex. Lin.) Bl. 268.
Argenté , nuancé de bleuâtre vers le dos ; long quelquefois de trois pieds (1).
Le Denté à gros yeux. (Sp. macrophtalmus . Bl. 272.)
Rouge; à très grands yeux ; beaucoup plus rare, et de moitié moindre.
Nous distinguons des autres Dentés, sous le nom de Pentapodes, des espèces à bouche moins fendue , à tête plus écailleuse; à corps moins élevé, à caudale écailleuse jusqu'au bout (2).
Et, sous le nom de Lethrinus, des espèces à joues sans écailles. La plupart ont, comme les Hsemulons, du rouge à Tangle des mâchoires (3).
Tous ces poissons ont une écaille pointue entre les ventrales et une au-dessus de chacune d'elles.
Une troisième tribu se compose aussi d'un seul genre.
Les CaNTHÈRES (CANTHARnS. N.)
Qui ont les dents en velours ou en cardes serrées , tout autour des mâchoires dont le rang extérieur est plus fort. Leur corps est élevé , épais ; leur museau court ; leurs mâchoires ne sont pas protractiles.
(1) Aj. D. macroccphalus, N, ou Labre macrocéphahy Lacep. III , xxvi , 1; — Sparus synodon , Bl. 278; — Dentex hexodon, Quoy et Gayni. Voyage de Fieycin. 501.
(îi.) Sparus vittatus, Bl. 275; — le Sp. rayé d'or, Lucep. iv, 151 , et des espèces nouvelles.
(ô) Spar. chœrorhynchus , Bl. Schn. 278; — Bodian lentjan, Lacep. IV, 294; — Kurua , Russel, 89; — Sciœna mahsena, Foisk , p. 52 , 11° C2; — Sciœna harak , id.
Nous en avons deux, que l'on prend dans nos deux mers.
Le Canthère vulgaire, (Sparus cantharus. Lin.) Rond. 120, et Duham. secl. iv. pl.iv, f. 1.
Gris-argenté, rayé longitudinalement de brun. Il a de petites dents grenues derrière les dents en cardes,
La Brème de mer. {Sparus brama. Lin.)
A peu près de même couleur; les dents toutes en cardes (1).
Une quatrième tribu a les dents tranchantes et comprend deux genres :
Les BoGi3ES (Boors. N.)
Ont les dents du rang extérieur tranchantes ; la bouche petite et nullement protractiie .
La Méditerranée en produit plusieurs espèces.
Le Bogue vulgaire {Sparus boops. Lin.) Rond. 136.
A vingt-quatre dents à chaque mâchoire, à tranchant oblique; le corps est oblong, rayé en long de couleur d'or sur un fond d'argent,
La Saupe ; {Sparus salpa. L.) Bl. 265.
Plus ovale, à raies d'or plus brillantes, courant sur un fond d'acier bruni. Les dents larges et échancrées.
Les Oblades (Oblada N.)
Diffèrent des Bogues parce que derrière leurs dents tranchantes il y en a en velours, ce qui les rapproche un peu des Canthères.
La Méditerranée en produit une,
VOblade commune, {Sparus me lanurus. Lin.) Salv, 181,
Argentée ; rayée de noirâtre ; une large tache noire de chaque côté de la queue.
On peut former une cinquième famille d'AcANTHOPTÉRYGiEivs
Des Menides.
Qui diffèrent des familles précédentes , parce que leur mâchoire supérieure est fort protractiie et rétractile , à cause de la longueur des pédicules des intermaxillaires, qui se retirent entre les orbites. Leur corps est écailleux comme cehii des Spares , dans le genre desquels on les avait laissés jusqu'à présent.
(1) L(!s figures données par Bloch , 2G'J et 270 de ces deux espèces , n'en offrent point d'idée juste.
Les Mendoles (Mjena. N.)
Se distingueraient déjà de tous les vrais Spares, parce qu'elles ont les dents en velours ras, sur une bande étroite et longitudinale du vomer. Leurs mâchoires n'en ont aussi que de très fines, et sur une bande fort étroite. La forme de leur corps est oblongue , comprimée , un peu semblable à celle d'un hareng. Il y a une écaille alongée au-dessus de chacune de leurs ventrales et une entre elles.
Nous en possédons quelques espèces dans la 3Iéditerranée.
La Mendole vulgaire. {Spams 7?iœtia. Lin.) Bl. 270.
Plombée sur le dos ; argentée au ventre ; luie tache noire'sur le flanc, visà-vis la dernière épine de la dorsale.
La Juscle {M.juscttliim. N.)
Ne diffère de la vulgaire que par un corps plus étroit, un museau plus court, une doi'sale plus haute.
hdi M. d'Osbeck. {Spams vadialus. OûiecX^.) Spams tricuspidatus. Spinola. Ann. du Mus. X , pi. xviii.
D'un bleu d'acier foncé ; des raies bleues obliqvies sur la joue; des taches bleues sur les ventrales ; la dorsale encore plus haute.
Les PicARELs (Smaris. n.)
Ne diffèrent absolument des Mendoles que parce qu'ils n'ont aucune dent au vomer; leur corps est généralement un peu moins élevé.
Il y en a aussi quelques-uns dans la Méditerranée.
Le Plcarel commun. {Sparus smaris. Lin) Laroche. Ann. Mus. XIII. pi. xxv, f. 17.
Gi'is-plombé en dessus, argenté en dessous; une tache noire sur le flanc.
Le Picarel martin-pêcheur {Smaris alcedo. Riss. )
Est nommé ainsi à cause de la belle couleur bleue dont son corps est varié.
Le Picard cagarel {Smaris cagarella. N.)
A le corps aussi haut que la Mendole, dont il ne diffère que par son palais sans aucune dent.
Les CjEsio (Lacép. )
Ne s'éloignent des Picarels que par une dorsale un peu plus élevée de l'avant, et entourée à sa base de fines écailles. Ce sont des poissons de la mer des Indes, à peu près de la forme d'un fuseau (1).
(1) Cœsio asuror , Lacep. III , 86 , ou Fackum, Valent. 132, ou Canthère douteux, Dict. class. d'hist. natur., quatrième liv. ; — C. smaris, N., ou Vackuvimare, Reuard, I, pi. 32, f. 174; — Bodianus argenteus, Bl. 251 , ou Picarel raillard, Quoy et Gaym. Zool. de Freyc. pi. 44, f. 3; — Sparus cuning, Bl. 263, ou Cychla cutiing , Bl. Schn. p. 336.
N. B. Lacepède fait aussi son Cœsio du Scomher equula de Forskal , ou Centrogastcr cqiiula de Gmelin , qui est notre Equula caballa.
Les Gerres, Nob. Vulgairement 3Iocharra chez les Espagnols d'Amérique,
Ont aussi la bouche protractile ; mais en se projetant en avant , elle s'abaisse ; leur corps est élevé , et surtout la partie antérieure de leur dorsale , dont la partie postérieure a le long de sa base une gaine écailleuse. Il n'y a de dents qu'à leurs mâchoires , et elles sont petites et en velours. Le premier interépineux de leur anale est creusé en tuyau , comme dans certains pagres
Il y en a dans les parties chaudes des deux Océans. Ce sont de très bons poissons (1).
On ditqu'il en vient quelquefois une espèce (G. rhombeus, Nob., Barsderoche de la Jamaïque, Sloane., II, pi. 253, f. 1), jusque sur les côtes de Cornouailles, à la suite des pièces de bois chargées d'anatifes que les courants entraînent (2).
La sixième famille des Acanthoptérygiens , ou celle Des Squammipennes ,
Est ainsi nommée de ce que la partie molle, et souvent la partie épineuse de leurs nageoires dorsales et anales, sont recouvertes d écailles qui les encroûtent, pour ainsi dire, et les rendent difficiles à distinguer de la masse du corps. C'est le caractère le plus apparent de ces poissons, dont le corps est en général très comprimé, et qui ont des intestins assez longs et des cœcums nombreux.
Linnaeus les comprenait dans son genre des
Ch^etodons.
Ainsi nommés de leurs dents semblables à des crins , par leur finesse et leur longueur, rassemblées sur plusieurs rangs serrés, comme les poils d'une brosse. Leur bouche est petite , leurs nageoires dorsales et anales sont tellement garnies d'écaillés semblables à celles du dos, que l'on a peine à distinguer l'endroit où elles commencent. Ces poissons, très nombreux dans les mers des pays chauds , sont peints des plus belles couleurs, ce qui en a fait recueillir beaucoup dans les cabinets , et représenter un grand nombre. Leurs intestins sont longs et amples , et leurs cœcums grêles , longs et nombreux; ils ont une grande et forte vessie aérienne , et fréquentent généralement les rivages rocailleux; leur chair est bonne à manger.
Les Ch^itodons proprement dits
Ont le corps plus ou moins elliptique, les rayons épineux et les mous se cou-
(1) Lahrus oijeiia , Forsk, Ruppel , voy. poiss. pi. III , x , 2, ou Spare breton, Lacep. IV, 134, ou Labre long museau, id. III , xix, 1 , et p. 467; — Gerres apn'on , N. Catcsb. II, XI, 2; — G. rhombeus , N. ou Stonc bass., Sloane, Jam. II , pi. 235, f. 1 ; — G.poieti, N. Ren. pi. ii, f. 9, Valent. no334; — G. lineatus, N. ou Smaris lineatus , Humb. Obs. Zool. pi. xLVi, f. 2; — Gerres argyreus, N. ou Sciœna argyrea , Forster, ou Cychla argyrea, Bl. Schn. ; — G. flamentosus , N. ou fP'ordatcahah, Russel, f. 68.
(2) Couch. Trans. lin. XIV, première part. p. 81.
ACANTHOPTERYGIENS. 477
tinuant en une courbe à peu près uniforme ; leur museau est plus ou moins avancé, et quelquefois leur préopercule a une fine dentelure.
Ils se ressemblent même à quelques égards, par la distribution de leurs couleurs, et la plupart ont, par exemple, une bande verticale, noire, dans laquelle est Tceil.
Dans les uns, plusieurs autres bandes verticales sont parallèles à celle-là (1).
Dans d'autres, elles sont obliques ou longitudinales (2).
Il y en a aussi qui ont les flancs semés de taches brunes (3).
Plusieurs ont seulement des lignes de reflets , dans diverses directions ; et tantôt seulement la bande oculaire (4) ; tantôt aussi quelques rubans sur les nageoires verticales (5).
il y en a dans lesquels un ou deux ocelles contribuent à varier le dessin (6).
Quelques-uns de ces Chœtodons proprement dits, se distinguent des autres par un filet qui résulte du prolongement d'un ou de plusieurs des rayons mous de leur dorsale (7).
Enfin, il y en a qui se font remarquer par le très petit nombre des épines de leur dorsale (8).
LcsChelmons Nob.
Sont séparés des Chœtodons, à cause de la forme extraordinaire de leur museau qui est long et grêle, ouvert seulement au bout , et formé par l'intermaxillaire et par la mâchoire inférieure prolongés outre mesure. Leurs dents sont en fin velours plutôt qu'en soie.
Une espèce {Chœt. rostratus, Lin.), Bl., 202, a l'instinct de lancer des gouttes d'eau aux insectes qu'elle aperçoit sur le rivage, et de les faire tomber dans l'eau pour s'en nourrir. Il fait l'amusement des Chinois à Java (9).
Les Heniochus ou Cochers
Diffèrent des Chaetodons proprement dits , parce que leurs premiers aiguillons du dos croissent rapidement , et surtout le troisième ou le quatrième qui se prolonge en un filet quelquefois double de la longueur du corps, et semblable à une espèce de fouet (10).
(1) Chœl. striatus, L. Bl. 205 , f . 1 ; — Cli. octofasciatus , Gm. Bl. 215, 1 ; — C'A. collare, Bl. 216.
(2) Chœt. Mctjeri , Bl. Schn. nommé mal à propos Holacmi,the jaune et «otr par Lacep. IV, xm, 2.
(3) Chœt. miliaris, N. Zool. du Voyage de Freycinet, pi. 62, f. 5.
(4) Chœt. Kleinii, B12I8, 2; — Ch- Scbœ , N. Seb. III , xxvi, 36.
(5) Chœt. vittatus, Bl. Schn. Seb. III, xxix, 18 ; — Ch. vagabundus , Bl. 204; — Ch. decussatuSf'H. Russel,8ô; et Klein. Miss. IV, ix, 2, — Ch. bifascialis , N. Voyage de Freyc. pi. 62, f . 5 ; — Ch.strigangulus, Gm. ; — Ch. baionessa , N. Renard, I. xliu, 218; — Ch. frentalis, N. ou Pomacentre croissant^ Lacep.; — Ch. fasciatus, Forsk, ou Ch. flavus, Bl. Schn. n" 37.
(6) Ch. nesogalliciis , N. Ren. I, v, 37; et Will. app. V, 4 ; — Ch. captstratus , L. Seb. III, XXV. 16, Mus. Ad. Fred. xxxni, 4; Klein. Mise. IV, xi,o; — Ch. bimaculatus, Bl. 219, 1; — Ch. plebeius , Gm; — Ch. unimaculatiis , Bl. 201, 1 ; — Ch. sebanus, N. Seb. III, XXV, 11 ; — Ch. ocellatus,B\. 211,2.
(7) Chœt. setifer,BÏ. 426 , 1 ; — Ch. aiiriga , Forsk.; — Ch. principalis , N. Renard , 2e part. Lvi , 2-39 , Valent, n" 407.
(8) Ces espèces sont nouvelles , ainsi que beaucoup d'autres qui appartiennent aux subdivisions précédentes , et que nous décrirons dans notre Ichtyologie.
(9) Schlosser, Trans. phil. 1764, p. 39. — Aj. Ch. longirostris, Brousson. Dec. ichtyol.
(10) Chœtodon macrolepulotus , L. Bl. 200,1. Chœt. acuminatus , L. Mus. ad. Fred, xxxui, f. 2, n'en paraît qu'une variété individuelle. — Chœt. cornutus, L. Bl. 200, 2, dont Chœt. canescens, L. Séb. III , xxv, 7, n'est qu'un jeune individu décoloré.
Les Ephippcs ou Cavaliers
Se distinguenl par une dorsale profondément échancrée entre sa partie épineuse et sa partie molle, et dont la partie épineuse, sans écailles, peut se replier dans un sillon formé par les écailles du dos. Une de leurs subdivisions a trois épines à l'anale et des pectorales ovales.
Il y en a en Amérique une espèce {Eph. gigas, N.) remarquable par le très gros renflement en forme de massue du premier interépineux de son anale et de sa dorsale, et par un renflement analogue de la crête de son crâne (1).
Une autre subdivision, qui est de la mer des Indes , avec les trois épines à 1 anale, a des pectorales longues et pointues (2).
Une troisième subdivision , aussi de la mer des Indes, a quatre épines à 1 anale, et des écailles très petites.
Une de ces espèces (Chœtodon argus, L.), Bl., 204, 1, passe pour dévorer de préférence les excréments humains (3).
Une espèce de cette subdivision a été trouvée fossile au mont Bolca (4). Les Taurichtes, sont des Eph/ppus des Indes, qui ont sur chaque œil une corne arquée et pointue (5).
Les IIoLACANTHEs, Lacép.
Ont pour caractère un grand aiguillon à Tangle du préopercule, et la plupart ont aussi les bords de cet os dentelés. Ce sont des poissons remarquables par la beauté et la distribution régulière de leurs couleurs, excellents pour le goiit. Les deux Océans en possèdent de nombreuses espèces (6).
Leur forme est ovale ou obloup-ue.
On peut encore en distinguer
Les POM ACANTHES,
Çui ont la forme plus élevée, parce que le bord de leur dorsale monte plus rapidement (7).
On n'en connaît que d'Amérique.
Les Platax
Ont en avant de leurs dents en brosse, un premier rang de dents tranchantes, divisées chacune en trois pointes; leur corps, très comprimé, semble se continuer avec des nageoires verticales, épaisses, et très élevées, écailleuses comme lui, et où un petit nombre d'épines se cachent dans le bord antérieur, en sorte
(1) Aj. Chœtodon faber^ Brousson. , B1.2I2, 2, dont le Chœtod.phiinieri, id. 211, 1, pourrait n'être qu'une variété; — Chœt. orhis, Bl. 202 , 2.
(2) Chœt.pii.nctatus, L. ou Latte, Russel, 79; — Chœt. longimanus, Bl. Schn. Russel ^80 ; — Eph. ferla, N. Russel , 81.
(ô) Aj. Chœ. ietracanfhiis , Lacep. III , xxv, 2.
(4) Ittioïitologia veronese, pi. v, f. 2. On l'y donne coiiime VJrgus, mais c'est une espèce différente.
(o) Le Poisson bufle des Malais, Taurichthys varias, N. très bien rendu , Renard , I , xxs, 164, Valent. no71 ; — T. viridis, Ren. Il, x, 49, Valent, n» 161.
(6) Espèces d'Amérique : Chœtodon ciliaris , L. Bl. 214 , ou Isahelila , Pana, VII, 1 , ou Chœt. couronné , Dcsmar. Dec. ichtyol. ; — Chœt. tricolor , Bl. 425 ; Duliam. sect. IV, pl. xiu, 5. — Espèces des Indes : Chœt. bicolor , Bl. 206 , 1 ; — Ch. mesoleucos, Bl. ou mesomelas, Gm. Bl. 216 , 1 ; — Holac. amiralis , N. Renard, I , xvi, 92; — Chœt. anntilaris, Bl. 215, 2; — Chœt. tmperator , Bl. 194; — Ch. fasciatus , Bl. 195; — Chœt. nicobareensis, Bl. Schn. 50, ou Gcomctricus, Lacep. IV, xiii, 1 ; — Hol. Lamark., Lacep. lV,^5ôl , Renard , I , xxvi , 144 , 145, et plusieurs espèces nouvelles.
(7) Chœt. atireus , Bl. 193 , I, ou Chiriiita jaune , Parra , VI , 2 ; — Oiœl. paru, Bl. 197, ou Chirivita noir, Parr. VI, 1; — Ch. ^-cinclus , N. Guaperm, Margr. 178; — Ch. arcuatus ^ L. Bl. 204 , 2.
ACANTHOPTERYGIENS. 479
que le poisson entier est beaucoup plus élevé qu'il n'est long. Les ventrales sont aussi i'ort longues. Ce sous-genre est de la mer des Indes (1).
Une espèce {Ch. art/unticus, Bell., Trans. phil., 1795, pi. vi), de forme plus orbiculaire, est remarquable par les nœuds ou renflements de quelquesuns de ses interépineux, et de ses apophyses (2).
On en a aussi trouvé une espèce fossile au mont Bolca (3).
Les PsETxrs Commers.
Ont, avec des formes à peu près semblables à celles des Platax, des dents en velours ras , et surtout des ventrales réduites à une seule petite épine, sans rayons mous.
Il y en a d'élevés (4), et d'autres de forme ronde ou ovale (5), tous de la mer des Indes.
Les Pdiéleptèkes (Piîielepterus. Lacep.)
Se distinguent parmi tous les poissons , par des dents sur une seule rangée, portées sur une base ou talon horizontal, au bord antérieur duquel est une partie verticale, tranchante. Ils ont le corps oblong , la tête obtuse , les nageoires épaissies par les écailles qui les recouvrent , ce qui leur a valu leur nom (6) .
Ce sont des poissons ovales , lisses, couverts d'écaillés brunes ; il y en a dans les deux Océans (7).
Un genre voisin des Piméleptères , est celui des
DiPTERODONS (8),
Qui a aussi des dents tranchantes , mais taillées obliquement en biseau, et non coudées , et la dorsale épineuse séparée de la molle par une échancrure profonde.
On n'en connaît qu'un du Cap {D'ipterodon capensis, N.)
Les genres suivants que nous laissons à la suite des Chœto-
(1) Chœtodon vespertilio,^\., 199,2; — Ch. teïra, ib., 1; — Ch. guttulatus, N.,Ren., IL XXIV, 129.
(2) Cest aussi le Ch. pentacanthe, Lacép., IV, xi, 2, et le Chœtodon orbicularis, Forsk., ou Acanthinion orbiculaire^ Lacép., IV, 500.
(5) Ittiol. veron, pi. 4 et 6.
(4) Psett. Sehœ, N., Chœtodon rhomheus, Bl, Scbn., Seb., III, xxvi, 21 ; — Ps. JRhombctis^ N., nu Scoiiiher rhombcus, Forsk, ou Centrogaster rhombeus y Gm,, ou Centropodc rhomboïdal , Lacép., Russel, 59.
(5) Psett. Commersonii^ N., ou Monodactyle falciforme, Lacép., II, v, 4; et III, 151, qui pourrait bien ne pas différer du Chœtodon argenteus , Lin., ou Jcanthopode argenté^ Lacép.
(6) Pimélcptère (nageoire grasse). Ce genre de Lacépède, IV, 429, fait d'après Bosc, est le même que celui des Xistèrf.s, V, 484, institué d'après Commerson ; et tout fait croire que le Dorsuaiee, Lacép. , V, 482, qui est certainement identique avec le Kyphose, III, 114, pourrait bien être aussi le même que le Xistère.
(7) Le Ptméleptère bosquien, Lacép., IV, ix, 1, ou Chœtodon cypritiaceus y Broussonet; ■ — le Piméleptère marciac, Quoy et Gaym. Voyage de Freycin., pi., G2, f. 4; — le Pim. du Cap., ou Kiphose double bosse, Lacép., III, vui, 1; — une espèce du Brésil, nommée autrefois par Banks Chœtodon ensis.
(8) Ce genre dont le nom est emprunté de Lacépède ne comprend cependant pas les mêmes espèces.
dons , à cause de leurs nageoires écailleuses , en diffèrent néanmoins }3eaucoup par les dents qui revêtent leurs palatins et leur vomer.
Les Castagnoles (Brama. B1. Sclin.) (1)
Tiennent à cette famille, par les écailles qui couvrent leurs nageoires verticales, lesquelles n'ont qu'un petit nombre de rayons épineux, cachés dans leurs bords antérieurs ; mais elles ont des dents en cardes aux mâchoires et aux palatins , le profil élevé , le museau très court , le front descendant verticalement, la bouche presque verticale quand elle est fermée; des écailles jusque sur les maxillaires; sept rayons aux ouïes, une dorsale et une anale basses , mais commençant en pointe saillante ; l'estomac court , l'intestin peu ample ; les cœcums au nombre de cinq seulement.
On n'en connaît qu'une de la Méditerranée, qui s'égare aussi quelquefois dans l'Océan (Sparus Raii, Bl., 273). C'est un bon poisson, de couleur d'acier bruni, qui devient grand, mais qui est tourmenté par des vers intestinaux de beaucoup de sortes.
Les Pempbérides (Pempheris. N.)
Ont une anale longue et écailleuse , et une dorsale courte et élevée ; la tète obtuse , l'œil grand , une petite épine .à l'opercule , et des dents en velours aux mâchoires, au vomer et aux palatins. Ils sont de la mer des Indes (2).
Les Archers (Toxotes. N.)
Ont le corps court et comprimé , la dorsale sur la dernière moitié du dos, à épines très fortes, à partie molle écailleuse, ainsi que l'anale qui lui répond ; le museau déprimé , court ; la mâchoire inférieure plus avancée que l'autre ; les dents en velours très ras aux deux mâchoires , au bout du vomer, aux palatins , aux ptérygoïdiens et sur la langue ; six rayons aux ouïes, des dentelures très fines au bord inférieur du sousorbitaire et du préopercule. Leur estomac est court et large ; il y a douze appendices cécalcs à leur pylore ; leur vessie aérienne est grande et mince.
L'espèce connue { Toxotes jaciilator , Nob.), Lahrus jaculator , Shaw., tome IV, part., II, p. 485, pi. 68 (3), de Java, est devenue célèbre par l'instinct qu'elle partage avec le Chœt. rostratus, de lancer des gouttes d'eau sur les insectes qui se tiennent sur les herbes aquatiques, et de les faire ainsi
(1) Je soupçonne fortement que c'est la Castagnole que M. Rafînesque a en vue dans son Lojjodus saragus, Nuov. gen., n» 144. Shaw. en fait, on ne sait pourquoi, deux espèces, Sp. Raii, et Sp. castancola ; ce dernier d'après Lacép. ; mais Lacép. n'a fait son genre que pour l'espèce de Bloch et de Rai.
(2) Pempheris touea, N., Sparus argenteus, J. White , app. 267, ou Ktirtus argenteus, Bl. Schn., 164 ; — P. mangula, N. Russel , 114; — P. violucca , ii . Renard, I, XV, 85; et Valent, no 46.
(ô) C'est aussi le Srariis Sc/ilotseri , Gmel. Lacep. et Shaw, le Sciœna jaculatrix de Bonnaterrc; le Labre sagitiairti de Lacep., le Coius chatareHsàa Buchauan.
ACANTHOPTERYGIENS. 481
tomber dans Teau pour s'en saisir. Il les lance quelquefois à trois ou quatre pieds de hauteur et les manque bien rarement.
La septième famille des Acanthoptérygiens , ou
Les SCOMBÉROÏDES,
Se compose d'une multitude de poissons à petites écailles , à corps lisse , à cœcums nombreux souvent réunis en grappes , dont la queue et surtout la nageoire caudale sont très vigoureuses.
C'est une des familles les plus utiles à l'homme, par le goût agréable de ses espèces, par leur volume, et par leur inépuisable reproduction qui les ramène périodiquement dans les mêmes parages, et en fait l'objet des plus grandes pêches.
Les SCOMERES
Ont une première dorsale non décomposée, tandis que les derniers rayons de la seconde , ainsi que ceux qui leur correspondent, à l'anale , sont au contraire détachés , et forment ce que l'on a appelle de fausses nageoires [prinnœ spuriœ).
Ce genre se subdivise comme il suit :
Les Maquereaux, (Scomber. Nob.)
Ont le corps en forme de fuseau, couvert d'écaillés uniformément petites et lisses . les côtés de la queue relevés de deux petites crêtes cutanées , la deuxième dorsale séparée de la première par un espace vide.
Le Maquereau vulgaire. {Scomber scombrus, L.) Bl. 54.
A dos bleu, marqué de raies ondées noires; à cinq fausses nageoires en haut et en bas ; sa chair est ferme et excellente ; il arrive en abondance en été, sur nos côtes de FOcéan , et y donne lieu à des pèches et à des salaisons presque aussi productives que celles des Harengs. 11 en vient aussi quelquefois eu d'autres saisons. Ceux du premier printemps, généralement plus petits, sont connus sotis le nom de Sansonnets.
Le Maquereau commun n'a point de vessie natatoire; mais, chose très remarquable, cet organe se trouve dans plusieurs espèces d'ailleurs si semblables qu'il faut de l'attention pour les distinguer, telles que le petit Maquereau de la Méditerranée {Se. colias , Se . pnemnatophorus , Laroche, Ann. du Mus., XIII), elle Se. grex, Mitch., Trans. New-York, 1, 423, qui arrive quelquefois sur la côte des Etats-Unis, en nombre prodigieux (1), etc.
Les Thons (Thynnus. Nob.)
Ont , autour du thorax, une sorte de corselet formé par des écailles plus grandes et moins lisses que celles du reste du corps. Les côtés de la queue ont entre les deux petites crêtes des Maquereaux une carène cartilagineuse. Leur première dorsale se prolonge jusque très près de la seconde.
(1) Aj. Scomber vernali s , Mitch. loc. cit, ; — Se. canagurta, N. Russel, 136. T I. * 61
Le Thoncovvmm {Se. thynmis. Lin.)
Est ce grand poisson dont la pèche, dans la Méditerranée, date de la plus haute antiquité, et fait une des richesses de la Provence, de la Sardaigne, de Sicile, etc., par Tétonnante abondance avec laquelle il s''y prend et s'y prépare àrhuile,ausel, etc. Il atteint,dit-on. jusqu'à quinze et dix-huit pieds, et a neuf fausses nageoires en dessus, et autant en-dessous. Ses pectorales ont le cinquième de sa longueur.
Il y a dans la Méditerranée plusieurs espèces voisines, jusqu'à présent assez mal distinguées.
VAllcorti. {Se. brachypterus. N.) Rondel. 245, et Duham. Sect. VII, pi. VU, f. 5.
Dont les pectorales ne font que le huitième de la longueur totale.
La Tonine. {Se. thunina. N.) Aldrov. 315. Descrip. de l'Eg. Poiss., pi. xxiv, f. 5.
D'un bleu brillant, avec des lignes noires, ondulées et repliées de diverses manières, etc.
C'est aussi dans ce premier groupe qu'il faut placer
liA Bonite des tropiques, ou Thon à ventre rayé. {Se.pelamys. L.) Lacep. II, XX, 2.
A quatre bandes longitudinales , noirâtres , sur chaque côté du ventre (1). Les Germons (Orcynus. N.)
Ne diffèrent des Thons, que par de très longues pectorales qui égalent le tiers de la longueur du corps, et atteignent au-delà de l'anus.
Le Germon des Basques, Alalonga des Italiens. {Se. alalonga. Gm.) Duham. Sect. VII, pi. VI, f. 1, sous le faux nom de Thon. Willughb. App. pi. 9, f. 1.)
Se prend, dans la Méditerranée, avec les Thons, et vient en été en troupes nombreuses dans le golfe de Gascogne ; il y fait l'objet d'assez grandes pêches ; son dos est bleu noirâtre , et passe par degrés à l'argenté qui est la couleur du ventre. 11 pèse souvent quatre-vingts livres; sa chair est beaucoup plus blanche que celle du Thon.
Les AuxiDEs (Auxis. N.) (2)
Ont, avec le corselet et les pectorales médiocres des Thons, les dorsales séparées comme dans les Maquereaux.
Il y en a une dans la Méditerranée,
Le Bonicou ou Scombre Laroche de Risso , ou Seomber bisus. Rafinesque. Caratt. pi. II, f. 1. Egypt. XXIV, 6.)
Ados d'un beau bleu; des lignes obliques noirâtres; chair d'un rouge foncé.
(1) Aj. Se. coretta, N. Sloane, Jam. I, 1 , 3; — Dangiri mangela?ig , Renard, I, txxvi, 189.
(2) AuxiSy nom ancien d'un poisson de la famille des Thons.
ACANTHOPTERYGIENS. 483
Les Antilles en possèdent une antre que l'on y nomme Thon, et qui devient aussi grande que le Thon d'Europe (1).
Les Sardks {Sarda. N.) (2)
Se distinguent des Thons seulement par des dents pointues, distinctes, et assez fortes.
On n'en connaît qu'une, abondante dans la mer Noire et la Méditerranée {Scomber sarda, Bl., 334), AIdrov., 513, Salvian., 125, Bélon., 179 (5). Bleue, à dos rayé obliquement de noirâtre. Elle habite aussi les deux Océans. C'est un poisson remarquable par l'extrême longueur de sa vésicule du fiel, qui était déjà connue d'Aristote (4).
Les Tassards (Cybium. N.) (5)
Ont le corps alongé, sans corselet; des dents grandes , comprimées, tranchantes, en un mot en forme de lancettes; leurs palatins n'ont que des dents en velours ras. 11 y en a plusieurs dans les parties chaudes des deux Océans, dont quelques-uns deviennent fort grands (6).
Les Thyrsites (7)
Diffèrent des Cybiums, parce que leurs dents antérieures sont plus longues que les autres, et qu'il y a aussi des dents pointues à leurs palatins. Leur queue n'a point de carène latérale.
Ce petit sous-genre conduit sensiblement aux Lépidopes et aux Trichiures (8).
Les Gempyles (9)
Ressemblent aux Thyrsites par les dents des mâchoires, mais ils manquent de dents au palais, et leurs ventrales sont presque imperceptibles , ce qui est encore un rapport avec les Lépidopes (10).
Les Espadons (Xiphias, Linn.)
Appartiennent à la famille des Scombéroïdes, et se rapprochent particulièrement des Thons , par leurs écailles infiniment petites, par les carènes
(1) Aj. le Tassard, Lacep. IV, p. 8; — VAlhacore, Sloane, Jam. I, i, 1.
(2) Sarda était le nom ancien du Thon, péché et salé dans la mer Occidentale.
(5) C'est VAmia des anciens , et de Rondelet , 258 , le Sarda de Rondelet , 248 , en est le jeune âge. C'est aussi le Scomher palamitus de Rafinesque, le Se. ponticus de Pall. Zoogr. ress,
(4) Arist. Hist. II, c. 15. Au reste, le Thon commun a la vésicule du fiel tout aussi longue.
(5) Cybium , nom ancien d'une préparation de Thon , et d'un poisson de la famille des Thons.
(6) C. Commersojiii , N. Se. Commersonii , Lacep., ou Konam, Russel , 135; — C. lineolatum, N., Mangelang, Russ. I, vn, 53; — C. guttatum , N., ou Se. gultatus, Bl. Schn. pi. V, Vingeram, Russel , 134; — C. maculatum , ou Se. maculatus , Mitch. Trans. New-Y., I, VI, 8; — C. regale, N., ou Se. regalis, Bl. 333, qui est aussi le Scotnberomore plumier , Lacep. 111,293; — C. cavalla , ou Guarapuca , Maigr. 178.
(7) Nom ancien d'un poisson de celle famille.
(8) Seoviher dejilatus , Bl. Schn. ou Se. alun, Euphrascii el Lacep., ou Acinacée bdfarde, Bory Saint-Vincent.
(9) Nom ancien d'un poisson inconnu.
(10) Gempylus scrpens, N., ou Serpeiis iiiariuii.i comprcssus lividus , Sloane, 1 , 1 . f. 2.
des côtés de leur queue , par la force de leur caudale , et par toute leur organisation intérieure. Leur caractère distinctif consiste dans le bec ou la longue pointe en forme d'épée ou de broche , qui termine leur mâchoire supérieure , et leur fait une arme offensive très puissante , avec laquelle ils attaquent les plus grands animaux marins. Ce bec se compose principalement du vomer et des intermaxillaires ; il est renfoncé à sa base par l'ethmoïde, les frontaux et les maxillaires. Leurs branchies ne sont pas divisées en dents de peignes, mais formées chacune de deux grandes lames parallèles, dont la surface est réticulée (1). Leur rapidité est excessive; ils ont la chair excellente.
Les Espadons proprement dits (Xiphias , N.)
N'ont point de ventrales.
On n'en connaît qu'un ,
L'Espadon commun. {Xiphias gladiiis. L.)
A pointe aplatie horizontalement et tranchante comme une large lame d'épée. Les côtés de sa queue sont fortement carénés. Il n'a qu'une dorsale, mais qui s'élève de l'avant et de l'arrière, et dont le milieu s'use avec l'âge, au point qu'il paraît en avoir deux. C'est un des plus grands et des meilleurs poissons de nos mers ; on en a souvent de quinze pieds et plus. Il est plus commun dans la Méditerranée que dans l'Océan. Un crustacé parasite (2) entre dans sa chair, et le rend quelquefois si furieux, qu'il échoue sur le rivage (3).
Les Tetkaptures (Tetrapturus, Rafmesque.)
Ont la pointe du museau en forme de stylet, et des ventrales consistant chacune en un seul brin non articulé. Leur caudale a de chaque côté de sa base, deux petites crêtes saillantes comme dans le Maquereau.
Il y en a un dans la Méditerranée : V Aiguille des Siciliens, Tetrapturus
belone, Rafîn., Caratt., pi. I, f. 1.
Les Makaira, Lacep.
Ont la pointe et les deux petites crêtps des Tétraptures, mais ils manquent de ventrales.
On n'en a vu encore qu'un individu, pris à l'île de Ré en 1802 {3Iakaira noirâtre, Lacep., Xiphias makaira, Sh. (4) ).
Les Voiliers (Istiophorus, Lacep. Notistium. Herman.)
Ont le bec et les crêtes de la queue comme les Tétraptures, mais leur dorsale est très haute, et leur sert à prendre le vent lorsqu'ils nagent ; leurs ventrales sont longues, grêles, composées de deux rayons.
(1) C'est ce qui a fait dire à Aristote, que le''Xiphias a huit branchies.
(2) Il est nommé mal à propos par Gmel. Pennatula filosa.
(ô) N. B. Le Xiphias imperator, Bl. Schn. pi. 21 , pris de Duhamel , sect. IV, pi. xxvi, f. 2, n'est que la copie d'une mauvaise figure donnée par Aldrovande (Pisc. p. 532) comme celle du Xiphias ordinaire. L'espèce de l'imperator doit donc disparaître.
(4) Il reste même à savoir si ce n'était pas un Tétrapture qui avait perdu ses ventrales. La figure de Lacep. IV, xiii . 3 , est faite d'après le dessin grossier d'un pêcheur.
Il y eu a quelques espèces encore mal déterminées, dont une de la merdes Indes {Scombcr gladius, Broussonet , Acad. des Se, 1786, pi. 10.) Xiphias velifer, Bl., Schn., Xiphias platisterus, Shaw., IV, part., 11, p. 101, a été décrite depuis longtemps (1).
Tous ces poissons atteignent une très grande taille.
Les Centronotes (Ceivtroivotijs , Lac.)
Sont un grand genre de Scombéroïdes caractérisés, parce que les épines qui , dans les Acantlioptérygiens , en général , forment ou la partie antérieure de la dorsale, ou une première dorsale séparée , sont libres et non réunies par une membrane commune. Leurs ventrales existent d'ailleurs toujours. Ils se subdivisent comme il suit :
Les Pilotes (Naucrates, Rafîn.)
Joignent à ces épines libres du dos, un corps en fuseau, et une carène aux côtés de la queue, comme les Thons, et deux épines libres au devant de l'anale.
L'espèce commune, ou le Fanfre de nos matelots provençaux {Garterosteus ductor, Lin., Scomber ductor , Bl., 338), est bleue, avec de larges bandes verticales d'un bleu plus foncé. Son nom de Pilote vient de ce qu'elle suit les vaisseaux pour s'emparer de tout ce qui en tombe; et comme le Requin a aussi cette habitude , quelques voyageurs ont dit qu'elle sert de guide au Requin ; sa taille n'est guère que d'un pied.
Il y en a au Brésil une espèce noire, le Ceixupira, Margr., 158 {Scomber niger, Bl., 337), qui atteint jusqu'à huit ou neuf pieds de longueur.
Les Elacates
Ont la forme générale des Pilotes, et leurs épines libres du dos; mais leur tête est aplatie horizontalement , et ils n'ont ni carène à la queue , ni épines libres au devant de l'anale (2) .
Les Liches (Lichia. N.)
Ont, avec les épines libres du dos, et deux autres libres aussi devant l'anale, le corps comprimé , et la queue sans carènes latérales. En avant des épines du dos en est une couchée et dirigée en avant.
La Méditerranée en nourrit trois espèces déjà bien caractérisées par
Rondelet, et toutes très bonnes comme aliment.
La ZzW?e propre ou Vadigo. {Scomber amia. L.) Rondel. 254. Amia. Salv. 121.
A ligne latérale fortement courbée en S. Grande espèce qui atteint à plus de quatre pieds de long, et pèse jusqu'à cent livres.
(1) Il a été représenté aussi par Nieuhof ; ap. Willughb. app. pi. V, f. 9 , par Renard, I, pl.34,f. 182, et II,pl.54,f. 2.33; par Valeatyn , n" 527. Le Guebucu, Jlargr. 171 , paraît à peine différer derespècc des Indes. Bl. 345, est une copie falsifiée d'une figure du prince Maurice , qui différait beaucoup moins de celle de 3Iargrav.
(2) El. motta, N., Pedda moltah, Russel, 153; — El. americana , N., Centionolus spinosus , Mitch. Trans. Noveb. I , ni, î) , qui est probablement le Gaslerostcus cunadensis, L., et quebpies fspèces nouvelles. •
Le Derbio. Rond. 252. {Se. glaucus L.)
A ligne lalérale à peu près droite; Tanale et la deuxième dorsale marquées d'une tache noire en avant. Les dents en velours.
La Lichc sinueuse. Rond. 255. {L. sinuosa. N.)
Le bleu du dos, distingué de Targenté du ventre par une ligne en zigzag ; les dents en crochets sur une seule rangée (1),
Lacepôde sépare des Liches , sous le nom peu approprié de ScombÉ- ROÏDEs, les espèces où les derniers rayons de la deuxième dorsale et de l'anale sont séparés en fausses nageoires comme dans les Scombres proprement dits (2).
Les Trachinotes, Lacep.
Dont ses Acanthinions et ses C-esiomores, ne diffèrent pas génériquement, sont des Liches à corps élevé, à profil tombant plus verticalement, à dorsale et anale aiguisées en pointes plus alongées (5).
Les Rhinchobdelles (Rhinchcbdelia. B1. Schn.)
Ont des épines libres sur le dos, comme les Centronotes , et deux épines libres audevantde l'anale, mais ils manquent de ventrales, comme les Espadons proprement dits. Leur corps est alongé.
Il y en a deux sous-genres.
Dans
Les Macrognathes, Lacep.
Le museau se prolonge en une pointe cartilagineuse , qui dépasse la mâchoire inférieure ; la seconde dorsale et l'anale sont distinctes de la caudale (4). Dans
Les Mastacembles. (Mastacembelds, Gronov.)
Les deux mâchoires sont à peu près égales, et la caudale et l'anale presque réunies à la caudale (5).
Les uns et les autres vivent dans les eaux douces de l'Asie, et s'y nourrissent de vers qu'ils cherchent dans le sable. Leur chair est estimée.
Peut-être est-ce ici que l'on doit placer un genre sur lequel on n'a encore que des notions incomplètes : celui des
(1) Aj. Scomh.calcar, Bl. 536, f. 2.
(2) Scomber Forsteri, Bl. Schn., ou Scombcroïde commersonien , Lacep. II, xx, 5, ou Jkeiiparah, Russel, 141 ; — Tolparah , Russel , 138; — Se. aculeatus, Bl. 336, 1 ;
— Se. hjsan, Forsk ; — Se. saliens , Bl. 335; et Lacep. II, xix ; — Gasterostous occidentalis, L. Brown. Jani. xlvi , 2 ; — Quiebra-acha , Parra, xu, 2.
(3) Chœtodon glaucus , Lacep. 210, ou Âcanthinion bleu, Lacep. IV, 500; — Chœt. rhomboïdes, Bl. 209, ou Ac. rhomboïde. Lac; — Gasterosteus ovatus , L., ou Mookalée parah, Russel, 154 ; — Cœsiomoro Bloch., Lacep. III, ni ,'2;— Scomber falcatus, Forsk.; —Cœsiomore Bâillon, Lacep. III , ni, 1 ; — Botlah-parah , Russel , 142.
(4) Rhynchobdella orientalis , Bl. Schn., ou Ophidium aculcatum , BL 159, 2, ou Macrognate aiguillonné , Lacep. II, vin, 3; — Rh. polyacantha , Bl. Schn., ou Macrognate armé , Lacep. ; Buchan. pi. xxxvii , x, 6; ~ Bh. arah, Bl. Schn. pi. lsxxix ;
— Macrogn.panealus, Buchan. xxii , 7.
(5) Rhynchobdella halepensis , Bl. Schn. ; Gronov. Zooph. pi. vin , a , x.
ACANTIIOPTÉRYGIENS. 487
INoTACANTHES. Bl. (Campiiodoiv. Oth. Fabric.)
Leiii- corps est très alongé, comprimé, revêtu d'écaillés petites et molles; leur museau, obtus, saille en avant de la bouche qui est armée de dents fines et serrées ; il n'y a sur le dos que des épines libres ; les ventrales sont en arrière sous l'abdomen ; une anale très longue règne jusqu'au bout de la queue, où elle se joint à une très petite caudale.
On n'en connaît qu'une espèce (Notacanthus nasus , Bl. 431, de la mer Glaciale, longue de deux pieds et demi.
Les Sérioles (Seriola. N.)
Offrent tous les caractères des Liches; une épine couchée avant la première dorsale ; une petite nageoire libre soutenue par deux épines en avant de l'anale; le corps comprimé ; une ligne latérale, sans carène ni armure ; mais les épines de leur première dorsale sont unies en nageoire par une membrane.
Une de leurs espèces, le Pêche lait de nos colons de Pondichéry {Scomber lactariuSj Bl., Schn.), Russel., 108, est remarquable par l'extrême délicatesse de sa chair; une autre {Seriola cosmopolita, N., Scojnber chloris, Bl., 559), comme étant du petit nombre des poissons que l'on rencontre dans les deux Océans (1).
Il y en a une espèce dont le dernier rayon de la dorsale et de l'anale est détaché {Seriola bipinnulata, Nob.), Zool. de Freycin., pi. 61, f. 5.
Les Pasteurs. (Nomecs. Nob.)
Longtemps placés parmi les Gobies, ont de grands rapports avec les Sérioles ; mais leurs ventrales extrêmement grandes et larges , attachées au ventre par leur bord interne , leur donnent un caractère particulier.
On en a une espèce des mers d'Amérique le Harder, Margr., 153 {Nomeus maurîtîi, N.), argentée; à bandes transverses noires sur le dos (2).
Les Temnodons, Nob.
Ont la queue sans armure , la petite nageoire ou les épines libres au devant de l'anale des Sérioles ; leur première dorsale est très frêle et très basse; la seconde et l'anale sont couvertes de petites écailles; mais leur principal caractère consiste dans une rangée de dents séparées , pointues et tranchantes , à chaque mâchoire ; derrière celle d'en haut en est une rangée de petites, et il y en a de fin velours au vomer, aux palatins et à la langue. Leur opercule finit en deux pointes , et ils ont sept rayons aux ouïes.
(1) Aj. Sériole Dtimvril , Risso ; — Scomber fasciatus , Bl. 341 ; — Seriolcde Eafincsqiie , Risso ou Trachurus aquilus. Raff. carat, xi, ô.
(2) Cestle Gobius gronovti ^ Gmel. le Gobiomore gronovien , Lacep., YEleotris mauritii, Bl. Schn. et le Scomber zonatus , Blitch. Trans. New-Yorck , I, iv, 3. Il grandit comme un Saumon. L'autre Harder, Margr. bras. 166, paraît un Muge.
//a rt/er ou //errfer (berger) est un pom que les matelots hollandais donnent à divers poissons, d'après des idées semblables à celles qui ont fait donner, par les nôtres, ceux de Conducteur , de Pilote, etc. Peut-être même a-t-on confondu notre Nomeus avec le Pilote ordinaire, à cause de la ressemblance de ses bandes noires.
On n'en connaît bien qu'un {Temn. saltator, N.); argenté; de la taille du Maquereau ; il est du petit nombre des poissons communs aux deux Océans (1).
Les Caraax (Caranx. N.)
Sont des Scombéroïdes , caractérisés par une ligne latérale cuirassée sur une étendue plus ou moins grande , de pièces ou de bandes écailleuses , carénées et souvent épineuses. Ils ont deux dorsales distinctes', une épine couchée en avant de la première , les derniers rayons de la seconde faiblement liés, et quelquefois séparés en fausses nageoires , des épines libres ou formant une petite nageoire au devant de l'anale.
Nos mers d'Europe en nourrissent plusieurs, semblables au Maquereau par la forme générale et par le goût, remarquables, parce que les bandes ou plaques qui garnissent leur ligne latérale commencent dès l'épaule.
On les confond sous les noms de Saurels , Maquereaux bâtards, etc. {Scomber trachurus, Lin.); mais ils diffèrent par le nombre des bandes (2) et inflexion plus ou moins rapide de leur ligne latérale. On en trouvejusqu'à la Nouvelle-Zélande de fort semblables aux nôtres.
Les autres Caranx n'ont de plaques que sur la partie postérieure et droite de leur ligne latérale; sa partie antérieure et arquée, n'a que de petites écailles.
Il y en a en forme de fuseau, comme le Saurel d'Europe; et parmi eux, quelques-uns-uns ont une seule fausse nageoire à la dorsale et à l'anale (3), d'autres en ont plusieurs (4), mais le plus grand nombre n'en a point (5).
Quelques Caranx, dont le corps est plus élevé, mais qui ont encore le profil oblique et peu convexe, se font remarquer par des dents sur une seule rangée (6).
Nos marins nomment Carangues, des poissons de ce genre , à corps élevé, à profil tranchant, courbé en arc convexe, et descendant rapidement. Les espèces en sont très nombreuses dans les deux Océans.
La Carangue des Antilles [Scomber carangus. Bl. 540.)
Est argentée, avec une tache noire à l'opercule ; elle pèse souvent de vingt à vingt-cinq livres. C'est un bon poisson, et très sain.
Une espèce très semblable, mais sans tache noire,
(1) Nous l'avons, presque sai>3 différence, d'Alexandrie, des Etats-Unis , du Brésil, du Cap et de la Nouvelle-Hollande. C'est le Cheilodiptère heptacanthe , Lacep. III, xxi, 3, d'après Commerson, et son Pomatome skib, IV, vui, 3, d'après Base. C'est aussi le Perça saUatrix , Linn. Catesb. II , vui , 2 ou Sparc sauteur , Lacep. — Aj. Perça antarctica. Carmich. Trans. lin. XII, xxv.
(2) Il y a depuis 70 jusqu'à 100 de ces bandes.
(3) Kurra-wodagahuah , Russel , 139; Car. punctatus , N. nommé Scomber hippos , par Mitch. Trans. de New-York, I, v, 5 ; mais qui n'est pas l'Hippos de Linnœus; — Curvata j)inima, Margr. bras. 130.
(4) Scomber Rotlcri , Bl. , 34G , et Russel, 143; — Se. cordyla, L. mais non pas ses synonymes, qui sont des Carangucs.
(5) Scomber crumenophtalmus , Bl. , 343; — Scomber Plumieri , Bl. , 344, le même que Se. ruber, 345, et que le Caranx. Daubentony Lacep. 111,71.
(6) Scomber dentex, Bl. Schn. ; — Caranx lune, Geoffr. Saint-Hil., Egypte, poiss. xxni, 3, dont Citula Banksii, Riss., 2e éd. VI, 13, et peut-être Trachurus imperalis. Rafin. Car. XI, I, sont au moins très-voisins.
La Carangue bâtarde. (Guaratereba. Séb., III, xxvii, 3.)
Est au contraire très sujette à être empoisonnée (1). On pourrait encore distinguer les Carangues sans aucunes dents (2), et les Carangues à pointes de la deuxième dorsale et de Tanale très prolongées, que j'avais nommées CiTULEs (3).
On passe ainsi par degrés à des poissons que l'on pourrait réunir sous le nom commun de
VOMER ,
Et qui sont de plus en plus comprimés et élevés ; où l'armure de la ligne latérale s'affaiblit successivement; dont la peau devient fine, satinée, sans écailles apparentes , qui n'ont que des dents en velours ras , et qui se distinguent entre eux par divers prolongements de quelques-unes de leurs nageoires.
Linnaeus et Bloch les rangeaient dans le genre Zeus, mais avec peu de propriété. Nous les divisons comme il suit :
Les Olistes (Olistus. N.)
Diffèrent des Citules, en ce que les rayons mitoyens de leur seconde dorsale ne sont pas branchus, mais seulement articulés", et qu'ils se prolongent ea longs filaments (4).
Les SCYRES (SCYRIS. N.)
Ont les mêmes filaments et à peu près la même forme; mais les épines, qui devraient former leur première dorsale, sont entièrement cachées dans le bord de la seconde. Leurs ventrales sont courtes (5).
Les Blepharis, Cuv.
Ont de longs filaments à leur deuxième dorsale, et à leur anale ; leurs ventrales sont très prolongées, et les épines de la première sont courtes, et percent à peine la peau (6). Leur corps est élevé. Leur profil n'a qu'une inclinaison ordinaire.
Les Gals, Cuv.
Ont le profil plus vertical que les Blepharis, mais offrent du reste les mêmes caractères (7).
(1) Aj. le Scomher hippos de Linn. qui est le Se. chrysos de Mitchill. ; — Ekulahparah, Russel, 146, peut-être le Scomher ignohilis, Forsk. ; — Car. se.r fasciatus, Quoy et Gaym. Zool. de Freycin. pi. 63, f . 4 ; — Jerra clandrce parah, Russel^ 147 ; — Scomher Klcinii, Bl., 347, 2; — Se. sansun, Forsk. ; — Kuguroo paraît, Russel, 143 ; — Talan parah , id. 130. ou Scomher malahariciis, Bl. Schn. 5 — TVootim parah., Russel, 148.
(2) Scomher speciosus , Lacep. III, i, 1, ou Polooso-païah , Russel, 149, dont le Car. petaurista, Geoffr. Eg. xxiii, 1. paraît l'adulte.
(-3) Tchawtl-parah, Russel, 131 ; — Mais-parah, id. 152. (4) L'espèce est nouvelle.
(3) Le Gai d'Alexandrie, GeoÉfr. Eg. poiss. XXII, 2.
(6) Zeus ciliarts, Bl. 196 ; — Zeus siitor, N. le Cordonnier de la Martinique.
(7) Zeus gallus , L. Bl. ou Gurrah-parah , Russel, 57; — le petit Gai; chewoolaparah, id. 58.
Dans les Argyreyoses,
Le profil esl encore plus élevé ; la première dorsale se prononce loul-à-(ai(. el même ses rayons se prolongenl, en partie, en filaments, comme ceux de la seconde. Leurs ventrales sont aussi 1res prolongées (1).
Les VoMERS proprement dits.
Avec le corps comprimé, et le profil vertical des Gals et des Arcvreyoses, n'ont point de prolongements à aucune de leurs nageoires (2). Le genre
Zeus, Linn.
Après qu'on en a retranché les Gals, les Argyreyoses, etc., comprend des poissons à corps compi'imé , à bouche très protractile , comme celle des Mcnides à petites écailles, n'ayant que des dents faibles et peu nombreuses; mais on doit aussi beaucoup les subdiviser.
Les Dorées (Zeus. Nob.)
Ont la dorsale échancrée, ses épines accompagnées de longs lambeaux de la membrane, et une série d'épines fourchues, le long des bases de la dorsale et de l'anale.
Nous en avons dans nos deux mers une espèce {Zeus Faber, Lin.); Bl., 41, jaimâtre, avec une tache ronde et noire sur le flanc, que l'on connaît sons les noms de Dorée et de poisson saint Pierre. C'est un très bon poisson.
La Méditerranée en possède une autre, distinguée par une forte épine fourchue h son épaule [Z.pungio, Nob., Rondel., 328).
Les Capros, Lacep.
Ont la dorsale échancrée des Dorées, et la bouche encore plus protractile; mais il n'y a pas d'aiguillons le long de leur dorsale et de leur anale; tout leur corps est couvert d'écaillés fort rudes.
On n'en connaît qu'un de la Méditerranée, petit , jaunâtre {Zeus aper, L.) (5).
Les Lampris Retzius. Chrysotoses. Lacep.
N'ont qu'une dorsale très élevée de l'avant, ainsi que l'anale, et qui n'a qu'une seule petite épine à la base de son bord antérieur. Leurs ventrales ont dix rayons très longs, et les lobes de leur caudale sont aussi très alongés, mais tous ces prolongements s'usent avec l'âge. Les côtés de la queue sont relevés en carène.
On n'en connaît qu'un des mers du Nord {Lampris guttatus, Retz.), qui devient fort grand; il est violet, tacheté de blanc, avec les nageoires rouges (4).
(1) Zens vomcrj L. Mus. ad Fred. xxxi, 9, et mieux, Bl. 93, 2, ou Âhacatuia, Margr. 161 ; Zeus rostratus^ Mitch. Trans. de New-Y., II , 1 . — N. B.Le Zeus nigcr, Bl. Schu. n'est fondé que sur une méprise , parce que , dans le Slargrav imprimé, une figure d'y/èacatuia a été placée par mégarde, p. 145, à côlé de la description du Guaperra ou Chœtodon arcuatus. La Sélène argentée ^ Lacep. IV, ix, 2, est un Abacatuia dont la première dorsale et les ventrales étaient usées. Sa Sélèiie quadranguîaire est le Chœt. faber.
(2) Zeus setapinnis, Mitchill. Trans. New-Y., I, 9. Labat. Voyage de Desmarchais , I, p. 312.
(ô) C'est aussi le Perça pusilla de Brunnich.
(4) C'est le Zeus regius, Bonnat. Encycl. iehlyol. fig. 133. Le Z. imperialis^ Shaw. Nat. mise, no 140; le Z. luna , Gniel ; le Z. gitilafus, Brunnich. Soc. des Se. de Copenh. III ,
Les Equula , Cuv.
N'oiil aussi qu'une seule dorsale, mais à plusieurs aiguillons, dont les antérieurs sont quelquefois très élevés ; leur museau est très protractile, leur corps comprimé , les bords de leur dos et de leur ventre dentelés le long des nageoires.
Ce sont de petits poissons dont il y a plusieurs espèces dans la mer des Fndes (1).
Quelques-unes de ces espèces ont, dans l'état de repos, le museau singulièrement retiré, et en le déployant subitement, elles saisissent les petits poissons ou insectes qui passent à leur portée (2).
Les Menés, Lacep.
Ont le museau des Equula, et le corps encore plus comprimé; leur ventre est tranchant, et son bord très convexe, vers le bas, par le développement des os de l'épaule, et du bassin, tandis que la ligne du dos est presque droite, ce qui recule leurs ventrales en arrière de leurs pectorales.
On n'en connaît qu'un de la mer des Indes, et de la Chine, {Mené Atine- Carolîne, Lacep., V, xiv, 2, ou Zeus maculatus, Bl., Schn., pi. xxa, Russel., 60.) D'un bel argenté, tacheté de noirâtre vers le dos.
Les Stromatées (Stromatetis. L.)
Ont la même forme comprimée que les diflférents Zeus, les mêmes écailles très petites et peu apparentes , sous un épiderme satiné ; mais leur museau est obtus , non protractile ; ils n'ont qu'une dorsale dont les aiguillons, peu nombreux, sont cachés dans le bord antérieur; ils manquent surtout de ventrales. Leurs nageoires verticales sont assez épaisses pour qu'on puisse aussi vouloir les rapprocher des Squammipennes. Outre la ligne latérale ordinaire , il y a sur leur flanc une strie qui a été prise pour une deuxième ligne latérale. Leur œsophage est armé en dedans d'une quantité d'épines qui tiennent à la veloutée par des racines disposées en rayons.
La Méditerranée en a une jolie espèce oblongue {Slromateiis fiatola , L.); Belon., Aquat., 153, Ilondel., 493 (3), remarquable par ses taches et ses bandes interrompues, de couleur dorée, sur un fond plombé.
Les côtes du Pérou en possèdent un {Str. stellatus, N.) à peu près de même forme, mais semé de taches noires ; il est commun au marché de Lima.
Il y en a, dans la mer des Indes, plusieurs autres espèces coanues de nos
388: le Scomher pclagicus , Gunner, Mém. de Dronth. IV, xu, 1 ; le Chrysotose lune, Lacep. IV, ix, 3 ; le Poisson lune , Duham. sect. IV, pi. vi, f. 5 ; VUpah de Prenant, etc. (1) Le type de ce genre est le Scomber equula de Forskal, dont Gmelin a fait son Centrayaster equula, etLsice^. son Cœsio poulain. Aj.iS'g. ensifera , Nob, ou Scomber edentulus, Bl. 428, on Leyognathe argenté, Lacep.; — £"5. cara, N. Russel, 06; — Eq.fasciata, N. ou Clupea fasciata, Lacep. V. p. 465, Mém. du Mus, I, xxiu, 2 ; — Eq. splendens^'ii. Russel, 61 ; — Eq. dama. N. Russ. 65 : — Eq. totta, Russ. 62 ; — Eq. coma , Russ. etSeb. III,xxvn, 4, 65; — Eq. ruconius, Buchan. XII, ô'ô;— Eq. minuta, N. ou Scomber minutus, Bl. 429, 2, qui poui'iait bien être le même que le Zeus argentarius, Forster , IX, Schn. 96.
(2) Eq.iiisidiatrix, N. ou Zeus insidiator, Bl. 192, f. 2 et 3.
(3) Cette figure, où la pectorale gauche , reployée vers le bas , a paru à Lacépede elie une ventrale , a donné lieu à l'établissement de son genre Chrysostrômc , qui en conséquence doit être supprimé.
colons français sous le nom de Pamples ; elles sont généralement plus hautes que la Fiatole, et Ton voit souvent des épines ou des lames tranchantes au devant de leur dorsale et même de leur anale (1). On peut en distinguer
Les Peprilus,
Dont le bassin forme, en avant de leur anus, une petite lame tranchante et pointue, que Ton pourrait être tenté de prendre pour un vestige de ventrales (2). D'ailleurs ils ont aussi les lames tranchantes dont nous venons de parler • et même nous en avons un où ces lames sont crénelées (3).
Les LuvARus, Rafinesque,
Paraissent se rapprocher beaucoup des Peprilus ; l'extrémité de leur bassin porte une petite écaille qui sert comme d'opercule à l'anus. On ne leur voit point de lames tranchantes. Leur queue a, de chaque côté , une carène prononcée, comme dans les Thons, les Lampris.
Nous en avons une très grande espèce dans nos mers {Luvarus imperialis,
Rafin., Ind., d'Ittiol., Sicil., pi. i, f. 1 ), argentée, à dos rougeâtre (4).
Les Seserincs , Cuv.
Ont tous les caractères des Stroraatées , même à l'intérieur ; mais on leur voit deux très petites ventrales , ou plutôt deux vestiges de ventrales.
La Méditerranée en a une petite espèce ( Seserinus rondeletii , N. ) , Rondel.,257.
Les Kdrtes (KuRits. Bl.)
Tiennent de près aux Peprilus, dont ils diffèrent surtout parce que leur dorsale est moins étendue en longueur, et parce que leurs ventrales sont bien développées ; leur anale est longue ; leurs écailles sont si fines, qu'on ne les aperçoit guère que lorsque la peau se dessèche; il n'y en a point aux nageoires ; on compte sept rayons à leurs ouïes ; leur bassina une épine entre les ventrales, et il y a de petites lames tranchantes au devant de la dorsale , dont la base a une épine couchée en avant.
Leur squelette offre une grande singularité , en ce que les côtes sont dilatées , convexes , et forment des anneaux qui se touchent les uns les autres, et enferment ainsi un espace conique et vide qui se prolonge sous
(1) La Pample noire, Slromateus, Niger, Bl. 422, et mieux 160 , sous le faux nom de Sir. paru, Russel, 43; — la Pample blanche, Str. albus, N. Russe), 44 ; — la Pample éclatante , Str. candidus, N. Russel ,42; — la Pample argentée, Str. argenteus, Euphiasen, Nouv. Mém. de Stokh. , IX, pi. ix, ou Str. aculeatus , Bl. Schn. ; — la Pample grise , Str. griseus , N.
(2) Chœtodon alepidotus, Linn., ou Stromateus lotigtpinnis , Mitchill.; — Str. cryj)tosus, Mitch.; — Str. paru, Sloane, Jam. II, pi. ccl, fig. A.
(ô) Peprilus crenulatus , Nob., espèce petite et nouvelle.
(4) On en a pris un à l'île de Ré , en 182G, dont nous avons reçu la figure par M. Journal Rouquet , employé des douanes dans cette île.
Je soupçonne que l'on doit y rapporter, au moins comme congénère, VÀusonia Cuvieri, Risso , deuxième édition , pi. xi , f . 28 , à laquelle cependant on repaésente deux épines à l'anus.
ACANTHOPTERYGIENS. 493
la queue, dans les anneaux inférieurs des vertèbres, en un tube long et mince qui renferme la vessie natatoire.
Le Kurtus indiens , Bi., 169,
Pourrait bien n'être que la femelle du Kurtus cornutus ou Somdrum-Kara- Mottee de Russel, poisson très remarquable par une petite corne cartilagineuse et courbée , qui s'élève sur la première des petites lames tranchantes, au devant de la dorsale.
Les CoRYPHÈNEs ( CoRYPH^NA. Linn.) Vulg. Dorades, et parles Hollandais Dolphin et Dofin.
Ont le corps comprimé , alongé , couvert de petites écailles ; la tête tranchante à sa partie supérieure, une dorsale qui règne sur toute la longueur du dos, et se compose de rayons presque également flexibles , quoique les antérieurs n'aient pas d'articulation. Il y a sept rayons à leurs ouïes.
Les CoRYPHÈNES proprement dites (Coryph^na. Nob.)
Ont la tête très élevée; le profil courbé en arc, tombant très rapidement; les yeux fort abaissés ; des dents aux palatins comme aux mâchoires. Ce sont de grands et beaux poissons, célèbres parmi les navigateurs, pour la rapidité de leur natation, et la guerre qu'ils font aux poissons volants.
La Coryphène de la Méditerranée (C. hippurus. L.)
A soixante rayons à sa dorsale; d'un bleu argenté en dessus, avec des lâches bleu foncé ; jaune citron, tacheté de bleu clair, en dessous.
Il y en a dans l'Océan plusieurs espèces voisines, jusqu'à présent confon • dues avec celle-là (1).
Les Caranxomores. Lacep.
Diffèrent des Coryphènes propres , parce que leur tête est oblougue et peu élevée; leur œil est dans une position moyenne (2).
Les Centrolophes, Lacep.
Ont en outre le palais dénué de dents, et im intervalle sans rayons entre l'occiput et le commencement de la dorsale (3).
Il y a dans la Méditerranée une espèce de chacun de ces sous genres, et elles s'égarent quelquefois dans l'Océan.
Les AsTRODERMus, Bonclli ,
Ont la tête élevée et tranchante, et la longue dorsale des Coryphènes ; mais leur bouche est fendue. On ne compte que quatre rayons à leurs ouïes;
(1) Nous en décrirons plusieurs dans notre IVhtyologie , et nous essaierons d'y débrouiller leur synonymie.
(2) Somber pelagicus , L. Mus. ad. Fred. xxx , f . 3 , ou Cychïa pelagica , Bl. Schn. ; — Cor fasciolata , Pall. Spic. Zool. fasc. VIII , pi. m , f. 2.
(3) Conjphœna jjomptlus , L. Rondel. 230 ; — le Centrolophe nègre , Lacep. IV, 441 ", le même que le Qerca nigra , Gmel. Borlase, llist. of Cornw. pi. xxvi , f. 8, ou Holocenfrc noir , Lacep. ; le Merle, Duhani. secl, IV, pi. vi , f. 2.
leurs ventrales sont très petites, placées sous la gorge, et surtout les écailles éparses sur leur corps ont la (orme rayonnée de petites étoiles.
On n'en connaît qu'un, de la Méditerranée; argenté , tacheté de noir; à dorsale très élevée; à nageoires rouges (1).
Les Pteraclis, Gron. (Oligopodes. Lacep.)
Ont les dents et la tête des Coryphènes, mais leurs écailles sont plus grandes, leurs ventrales jugulaires et très petites, et leur dorsale et leur anale aussi élevées que le poisson, ce qui leur donne la forme d'une haute voile.
On n'en connaît qu'un , de la Caroline {Coryphœna velîfera , Pall., Spic,
Zool., fasc, VIII, pi. (2).
La huitième famille des Acanthoptérygiens, celle Des Poissons en Ruban ou T^nioides.
Se rattache de très près aux Scombéroïdes , et son piemier genre se lie même étroitement avec les Gempyles et les Thyrsites ; ce sont des poissons très alongés, très aplatis par les côtés, à très petites écailles.
Une première tribu a le museau alongé ;^ la bouche fendue , armée de fortes dents pointues et tranchantes; la mâchoire inférieure plus avancée que l'autre ; elle ne comprend que deux genres.
Les Lépidopes (Lepidopcs. Gouan.) Vulgairement Jarretières.
Ont pour caractère spécial , des ventrales réduites à deux petites pièces écailleuses ; leur corps alongé , mince , a en dessus une dorsale qui règne sur toute sa longueur, en dessous une anale basse , et se termine par une caudale bien formée. Il y a huit rayons à leurs ouïes ; leur estomac est alongé. On compte plus de vingt cœcums près de leur pylore ; leur vessie aérienne , longue et grêle, a un corps glanduleux fort marqué.
Nous en avons dans nos mers une espèce {Lepidopus anjyreus, N.), longue souvent de cinq pieds, et qui a été décrite sous plusieurs noms. (5). On l'a prise depuis l'Angleterre jusqu'au Cap, mais elle est rare partout.
Les Trichidres ( Trichidrus, Linn. — Leptdrijs, Artedi. — Gtmnogaster, Gronov.)
Ont les mêmes formes de corps , de museau , de mâchoires , les mêmes
(1) J strodennus gutiatus , Bonelli ; ou Diana semilunata , Risso, -2" éd. pi. vii,f. 14.
(2) Bosc nous assure l'avoir pris à la Caroline; Pallas dit le sien des Moluques. Peutêtre sonl-ce deux espèces .
(ô) C'est le Lepidopus àe Gouan., llist. des Poiss. pi. i, f. 4; le Trichiurics caudal us , Euphrasen , ?Jouv. Mcni. de Stock , IX , pi. ix , f. 2; le Trichiurus gladius , Holten , Soc. d'hist. nat. de Copenh. V, p. 23 et pi. u ; le Trichiurus ensiformis de Vandelli , ou f^aridellus lusitaniens de Sliaw ; le Zipholheca tetradens de Montagu , Soc. Weriier. I , ]). 81 et pi. Il ; le Scarciiia atgyrea de Rafinesque , Nuov. caralt. pi. vu, f. I ; le Lepidope pcro/t de Risso; le Lepidopo argenté Ae. Nardo.
ACÂNTHOPTÉRYGIENS. 495
dents pointues et tranchantes, la même dorsale étendue sur le dos, que les Lépidopes ; mais ils manquent de ventrales et de caudale , et leur (jueue se prolonge en un long filet grêle et comprimé. A la place d'anale , ils n'ont qu'une suite de petites épines à peine visibles, sous le bord inférieur de la queue ; leurs ouïes n'ont que sept rayons. Ils ressemblent à de beaux rubans d'argent; leur estomac est alongé et épais; leurs intestins droits ; leurs cœcums nombreux; leur vessie natatoire longue et simple.
Il y en a une espèce dans TAllantique {Ttnchiurus lepturus. Lin.), Brown., Jam. pi. XLV, f. 4 (1), qui se trouve également sur les côtes de rAmérique et sur celles de l'Afrique.
Nous en connaissons deux de la mer des Indes, dont une {Trich. haumela, Schn., Cliipea haumela , Forsk., et Gmel., Savala, Russel., I, 41) est très semblable à la précédente, et seulement un peu moins alongée.
L'autre {Trich. savala, N.) , est encore moins alongée; elle a Toeil plus petit (2).
Une deuxième Iribii comprend des genres à bouche petite et peu fendue.
Les Gtmnètres (Gymnetrcs. B1.)
Ont le corps alongé et plat comme tous les précédents , et manquent entièrement d'anale ; mais ils ont une longue dorsale , dont les rayons antérieurs prolongés, forment une sorte de panache, mais se rompent facilement ; leurs ventrales sont fort longues ( tant qu'elles n'ont pas été usées ou rompues) ; leur caudale , composée de peu de rayons , s'élève verticalement sur l'extrémité de la queue , laquelle finit en petit crochet. Il y a six rayons à leurs ouïes ; leur bouche est peu fendue , très protractile , et n'a que quelques petites dents ; leur ligne latérale a de petites épines plus saillantes vers la queue. Ce sont des poissons très mous, à rayons très frêles , qui ont souvent été présentés d'une manière fausse , d'après des individus mutilés (â) ; leur squelette a les os et surtout les
(1) C'est VUhirî-eàe Laet, Ind. Occid. 575, qu'il a reproduit par une méprise , qu'il indique lui-même, dans Margrav, p. 161 , mais à côté de la description du Mucu, qui est une 3Iurène; confusion qui a fait croire mal à propos à Bloch et à d'autres, que le Trichiure est d'eau douce.
(2) C'est à cause d'une transposition dans le texte de Nieuliof , que l'on a attribué aux Trichiures des Indes des propriétés électriques, que bien sûrement ils n'ont pas.
(3) Le Faix rcnetorum de Belon , dont Gouan a fait son genre Traciiyptèrf. , et qui est devenu le Cepola irachijptera, Gmel., ne diffère du Tœnia altéra de Rondelet, 527, et même de son Tcenia prima , qui est le Ccpola tœnia, L.. et du Spada maxiiiia , Imperati , 587, ou Cepola gladtus de Walbaum et du Tœnia falcata d'Aldrov, ou Cepola iris de Walbaum, que par les diversités de mutilation des individus. Il en est de même du Vogmar des Islandais d'Olafsen et Powelsen, Isl. trad. fr. pi. li, ou Gymnogaster articus deBrùnnich (Snc. des scienc. de Copenhague, III , pi. xiu), qui est le genre Bogniarus, Bl. Schn., du Gyiuîiètre câpvdicn, Risso, l^e édit. pi. v, f. 17; àeV Argyctiusquadrimaculalus, Rafinesque, Caratt. 1 , f, 3. de ses Scarcina quadrimaculata et iinperialis ; du Gynitietrus mcditerraneus d'Otto; de VEpidesmus maculatus de Ranzani , opuscol. scientif. fascic. VIII. et du Regaleciis maculatus, de Nardo , Journ. de phys. dePavie, VIII, pi. 1, f. 1. Tous ces poissons diffèrent à peine par l'espèce, et nullement parle genre. Bonnelli est celui qui a décrit l'individu le moins mutilé, qu'il nomme Trachypfe~ rus cristatus, Acad. de Turin, XXlV, pi. ix.
vertèbres très peu durcis ; leur estomac est alongé, et ils ont de très nombreux eœcums ; la vessie natatoire leur manque ; leur chaire muqueuse , se décompose très proraptement.
Il y en a dans nos mers quelques espèces qui varient par le nombre des rayons de la dorsale, et qui, lorsqu'elles sont entières, c'est-à-dire dans leur première jeunesse, ont souvent une apparence fort singulière, a cause des prolongements de leurs nageoires.
L'espèce la plus brillante de la Méditerranée n'a que de cent quarante à cent cinquante rayons à sa dorsale. On ne l'a vue que petite ou médiocre; une autre en adecent soixante-dixà cent soixante-quinze; ily en a dans les cabinets des Individus de quatre à cinq pieds ; une troisième a plus de deux cents rayons, et atteint à plus de sept pieds.
La mer du nord en produit deux espèces, dites, en Norvège, lîoi des Harengs (1); une à laquelle on donne tantôt cent vingt, tantôt cent soixante rayons, qui atteint dix pieds; et une qui en a plus de quatre cent, et atteint jusqu'à dix-huit pieds (2). Leur ventrales se composent d'un long fdet dilaté vers le bout. Il y en a aussi aux Indes (3).
Les Stylephores (Stylephorus. Shaw.)
Ont, comme les Gymnètres , une caudale redressée, mais plus courte, et l'extrémité de leur queue , au lieu de ne former qu'un petit crochet , se prolonge en une corde grêle , plus longue que le corps.
On n'en connaît qu'un individu mal conservé, pris dans la mer du Mexique, et dont on n'a eu long-temps qu'une image toute défigurée {Stylephorus chordatiis, Shaw., Trans. Lin., I, vi ; Nalur., miscell,, VII, pi. 274, et Génér. Zool., IV, I""" part., pi. Il); mais de Blainville en a donné une plus régulière (Journ. de pbys. tome LXXXVII , pi. i, f. 1). Cet individu ne montre point de ventrales.
Une troisième tribu a le museau court, la bouche fendue obliquement.
Les Rubans (Cepola. Linn.) (-4)
Ont une longue dorsale et une longue anale, atteignant l'une et l'autre la base de la caudale qui est assez grande : leur crâne ne s'élève point ; leur museau est très court : leur mâchoire inférieure relevée , leurs dents bien prononcées, et leurs ventrales suffisamment développées. Il n'y a dans leur dorsale que deux ou trois rayons non articulés et aussi flexibles que les autres. L'épine de leurs ventrales est seule poignante; ils ont six rayons
(1) C'est le Regalecus glesne , ascanius, le. 2« cahier, pi. xi, qu'il a nommé ensuite Ophidium glesne , Mém. de la Soc. des scienc. de Copenhag. III, p. 419, ou le Regalecus remipes , Brûnnich , ib. pi. B, f. 4 et 5, Bloch. Syst. pi. 88, copie la figure à^ Ascanius en raltérant. Elle est mieux copiée dans l'Encyclop. méth., f. 358.
(2) Gijmnetrus Grillii , Lindroth , Nouv. Mém. de Stock, t. XIX , pi. vni.
(3) Gymnetrus Russelii, Shaw. IV, part. II, pag. 195 , pi. 28.
Ajout, le Gymnetrus hmckenti , B. 425, si toutefois cette figure est fidèle; mais le Régalée lancéolé ou Ophidie chinoise, Lacep. I , xxu , 3, ou Gymnetrus cepedianus de Shaw, n'appartient point à ce genre.
(4) Ce nom de cepola, donné par Willughby comme appartenant, à Rome, au Fierasfer, a été appliqué par Linnœus au genre actuel dans lequel le Fierasfer n'entre pas.
ACANTHOPTERYGIENS. 497
aux ouïes ; leur cavité abdominale est fort courte , ainsi que leur estomac. Ils ont quelques cœcums et une vessie aérienne qui s'étend dans la base de la queue.
Nous en avons une espèce dans la Méditerranée, de couleur rougeâtre (Cepola rubescens, L.), Trans. Linn., VII, xvn, et Bl., 170, sous le faux nom de Cepola tœnia (1).
Les LoPHOTEs, Giorna.
Ont la tête courte , surmontée d'une crête osseuse , très élevée , sur le sommet de laquelle s'articule un long et fort rayon épineux , bordé en arrière d'une membrane ; à partir de ce rayon , une nageoire basse , à rayons presque tous simples , régnent également jusqu'à la pointe de la queue qui a une caudale distincte , mais très petite ; en dessous de cette pointe est une très courte anale. Les pectorales sont médiocres , et sous elles on aperçoit, avec peine, des ventrales de quatre ou cinq rayons excessivement petites. Les dents sont pointues et peu serrées , la bouche dirigée vers le haut , et l'œil fort grand. On compte six rayons aux branchies ; la cavité abdominale occupe presque toute la longueur du corps.
On n'eu connaît qu'un,
Le Lophote Lacepède. (Giorna, Mém. de l'Académie imp. de Turin, 1805, 1808, p. 19, pi. 2.)
Qui se trouve, mais rarement, dans la Méditerranée, et devient fort grand (2).
Une neuvième famille (I'Acanthoptérygiens ,
Les Theltyes ,
Tient aux Scombéroïdes aussi étroitement que la précédente, mais par d'autres rapports, tels que l'armure que plusieurs de ces genres ont aux côtés de la queue ou l'épine couchée , dans d'autres , en avant de la dorsale , etc. Elle ne comprend qu'un très petit nombre de genres, tous étrangers, à corps comprimé, oblong, à bouche petite, peu ou point protractile, armée à chaque mâchoire de dents tranchantes , et sur une seule rangée^ le palais et la langue sans dents et une seule dorsale. Ce sont des poissons Herbivores , vivant de fucus et d'autres herbes marines , et dont les intestins ont beaucoup d'ampleur.
Les SiDJANS (SiGANcs. Forsk. ) Bcro de Commerson; Centrogaster de Houttuyn ; Amphacanthus de Bloch.
Ont un caractère très remarquable et unique en ichtyologie , dans leurs
(1) Aj. Cepola japonica. Voy. de Rrusenstern , pi. lx, f. 1.
(2) iV. B. La description de Giorna est incomplète , parce qu'il n'avait qu'un individu mutilé, dont on ignorait l'origine. J'ai fait la mienne sur un individu de plus de quatre pieds, pris à Gênes. Voyez Ann. du Mus, XX- xvn.
ventrales qui ont deux rayons épineux : l'externe et l'interne; les trois intermédiaires étant branchus comme à l'ordinaire. Ils ont cinq rayons branchiaux. Une épine est couchée en avant de la dorsale. Les os styloïdes de leur épaule se prolongent en se recourbant, jusqu'à s'attacher par leur extrémité , aux premiers in ter- épineux de l'anale (1).
Les espèces en sont assez nombreuses dans la mer des Indes (2).
Les AcANTHijRES ( AcANTHTjRCs. Laccp. et BI.) Harpurcs, Forster. Vulgairement Chirurgiens.
Ont les dents tranchantes et dentelées , et de chaque côté de la queue une forte épine mobile , tranchante comme une lancette , qui fait de grandes blessures à ceux qui prennent ces poissons imprudemment; c'est ce qui leur a valu leur nom vulgaire.
Il y en a dans les parties chaiules des deux Océans (5).
Quelques-uns ont la dorsale très haute (4). •
On peut aussi en remarquer qui ont une sorte de brosse de poils roides , en avant de l'épine latérale (5).
Et d'autres oii les dents sont dentées profondément d'un côté, comme des peignes (6).
Les Prionures, Lacep.
Ne diflfèrent des Acanthures que par l'armure des côtés de leur queue , qui consiste en une suite de plusieurs lames tranchantes, horizontales et fixes (7).
Les Nasons (Nasexjs. Commers. Monoceros. B1. Schn.)
Ont, comme les Prionures, les côtés de la queue armés de lames tranchantes fixes : mais leurs dents sont coniques , et leur front proéminent en forme de corne ou de loupe au-dessus de leur museau; ils n'ont que quatre
(i) Gecffr. phil. anat. 1,471 et pi. ix, fr. 108.
(2) Thetitis javus, Linn. Gronov. Zoophyl. pi. VIII, f. 4. — Siganus stellatus , Forsk.;
— Amjihac. pnnctatus , Bl. Schn. ou Acanthurus mcleagris, Shaw; — Buro hrunneiis, Commers. Lacep. V, 421 ; — Sigaviis rivtilatus, Forsk. ; — jniphac. nebulosus, Quoy et Gaym. Zool. du voy. de Freycin. p. 369; — Ccntrogastcr fuscesccns, llouttuyn. ; — Chœtodoti gntfatus, Bl. 190 ; • — Âmph. marmorntus, Quoy et Gaym. voy. de Freye. Zool. pi. 62, f. 1 , et 2 ; — Aiiiph. viagniahac, ih. f . 5 ; ^ — Centrogaster argcutattis, Houtt. et plusieurs autres ([ue nous décrirons dans notre Ichtyologie.
(-5) Chœtodon chirurgiis, Bl. 208 ; — Theutis liepatus, L. Seb. III, xxxin, f. 5; — Je. ghiuco-pareius, N. Seb. III, xxv, 5, qui paraît le vrai Chœtodon nigricans , L. ; — Chœtodon triostcQUSj Brousson. Dec. Icht. n" 4, ou Acanthure zèbre, Lacep. qui est aussi son Chœiod. zèbre , III , xxv, ô; — Ac. guttatus, Bl. Schn.; — Ac. suillus, N. Renard, I, pi. 14, f. 82; — Chœtodon Uneatus, L. Seb. III, xxv , 1 ; — Chœtodon achilles, Broussonnet ;
— Chœtodon meta, Russel , 82 ; — Chœtod. sohal, Forsk. dont Lacepède a fait mal à propos un genre sous le nom A''Aspisure ; — Ae. slriattis. N. Paningu, Renard, I, pi. i, f. 8;
— Ac. argenté, Quoy et Gaym. voyage de Freycin. jiag. 65, f. 3; — Chœt. nigrofuscus, Forsk,; — Chœt. iiigricans, Bl. 205, qui n'est pas celui de Linnaeus.
(4) Ac. velifer, Bl. 427.
(5) Ac. scopas , N. Renard, I, pi. xl , f. 201 .
(6) Ac. ctevodon, N. esp. nouv.
{7) Prionure microUjndoto , Lacep. Ann. du Mus. iV , p. 205; — Acanthurus scalrprum, Langsdorf.
ACANTHOPTERYGIENS. -WD
rayons aux branchies, et trois rayons mous aux ventrales; leur peau est semblable à du cuir (1).
Les AxiNiiRES , Nob.
Plus alongés que les Nasons, et sans corne ni loupe, mais avec les mêmes rayons branchiaux et ventraux , ont la queue armée de chaque côté, d'une lame unique, carrée , tranchante, sans bouclier; leur bouche est très petite , et ils ont les dents très grêles (2).
Les Priodo>s, Nob.
Réunissent les dents dentelées des Acanthures, les trois rayons moux aux ventrales des Nasons , et la queue non armée des Sidjaus (3)
La dixième famille des Acanthoptérygiens comprend un petit nombre de genres , distingués par des
Pharyngiens Lâbyrinthiformes ,
C'est-à-dire qu'une partie de leurs pharyngiens supërieuis sont divisés en petits feuillets plus ou moins nombreux , irréguliers, interceptant des cellules dans lesquelles il peut demeurer de l'eau qui découle sur les branchies et les humecte pendant que le poisson est à sec , ce qui permet à ces poissons de se rendre à terre et d'y ramper à une distance souvent assez grande des ruisseaux ou des étangs qui sont leur séjour ordinaire ; propriété singulière qui n'a pas été ignorée des anciens (4) , et qui fait croire au peuple de l'Inde, que ces poissons tombent du ciel.
Les Anabas
Sont ceux qui ont ces labyrinthes portés au plus haut degré de complication; néanmoins les troisièmes Pharingiens ont des dents en pavés , et il y en a aussi sous l'arrière du crâne. Leur corps est rond , couvert de fortes écailles ; leur tête large; leur museau court et obtus; leur bouche petite ; leur ligne latérale interrompue à son tiers postérieur. Les bords de leur
(1) Naseun fronticornis ,l^oh., Lacep. , III, vu, 2, Bl. , Sclm.,pl. 42, llasseq. , il. pal. , 332 ; — Nas. tandock , Renard. , I , iv , 23; et Valent. , 518 ; — Chœt. umcornis, Forsk. , diffèrent de notre première espèce. — Nas. hrevirostris , N. , Ren. , I, xxiv , 130; — Nas. tumifrons , N., mal rendu, Ren., I, f. 178; —Nas. incornis, N., Ren., I, f. 128, et encore moins bien, f. 147, probabl. VJcanthurus harjmras, Shaw. ; — Nas. carolinarum, N., Quoy et Gayni., Zool. du ^'oyage de Freycin., pi. , 03, f . 1 ; — Nas. tuber Commers. , ou Nason-Loiqie , Lacep. , III , vu , 3 , ou Acanthiirus nasus, Shaw. , Renard. , I , f. 79 , Valent. , n». , 119 et 478. .
(2) Axinurus thymioides , Nob. ; nouvelle espèce du havre Doré , à la Nouvelle-Guinee rapportée par MM. Quoy et Gaymard.
(3) Priodon annularis, Nob. , espèce nouvelle de Timor , rapportée par les mêmes.
(4) Théophraste, dans son traité des poissons qui vivent au sec, parle de petits poissons qui sortent des rivières pour ([uelque temps , et qui y retournent ensuite; il dit qu ils ressemblent à des Muges.
opercule, de leur sub-opercule et de leur inter-opercule , sont fortement dentelés , mais non celui du préopercule. Leurs ouïes ont cinq rayons. Il y a beaucoup de rayons épineux à leur dorsale et même à leur anale. Leur estomac est médiocre , arrondi; leur pylore n'a que trois appendices.
On n'en connaît qu'une espèce , dite en tamoule Paneirî , ou Monteur aux arbres {Anabas testudineus , N. ) (1) , devenue célèbre parce que , non seulement elle sort de l'eau, mais que, selon Daldorf, elle grimpe même aux arbustes du rivage; cependant ce dernier fait est contesté. L'espèce est répandue dans toutes les Indes-Orientales.
Les POLYACAIÏTHES { PoLYACANTHBS Kuhl.)
Ont les rayons épineux , autant et plus nombreux que les Ânabas , leur bouche, leurs écailles, leur ligne latérale interrompue, mais il n'y a de dentelures à aucune de leurs pièces operculaires ; leur corps est comprimé ; leurs ouïes ont quatre rayons ; il y a une bande étroite de dents en velours à leurs mâchoires, mais leur palais en manque; leur appareil branchial est plus simple : leur pylore n'a que deux appendices cœcales.
Il y en a dans les eaux douces de toutes les Indes (2).
Les Macropodes, Lacep.
Ne difiFèrent des Polyacanthes que par une dorsale moins étendue , qui se termine , ainsi que la caudale et les ventrales, par une pointe grêle et plus ou moins alongée. L'anale occupe plus d'espace que la dorsale.
Ce sont aussi des poissons d'eau douce ; des Indes ^et de la Chine (5).
Les Hélostomes, Kuhl.
Ont , avec les caractères des Polyacanthes , une bouche petite , comprimée, protractyle , de manière qu'elle a l'air de sortir et de rentrer entre les sous-orbitaires ; leurs très petites dents sont attachées aux bords des lèvres, et non aux mâchoires ni au palais; leurs ouïes ont cinq rayons. Les arceaux de leurs branchies sont garnis, du côté de la bouche , de lames presque semblables à celles de l'extérieur , et qui pourraient bien servir aussi à la respiration (4). Leur estomac est petit, et il n'y a que deux appendices à leur pylore, mais leur intestin est très long; ils ont une vessie natatoire médiocre et à parois épaisses.
(1) C'est YAmphiprion scansor, BI. , Schn., p. 204 et 570, ou Perça scandons , Daldorf. , Trans.Linn.,111, p. 62. C'est aussi VAnthias testudineus, Bl., pi. 322 ; et le Coius cohoius, llamilton Buchanan, pi. xiii, f, 38.
(2) Trichopodus cotisa , ïlam. Buchanan; — Trich. bejeus, id. , 118; — Tr. cotra, id., 119;— Tr. lalius, id., 120; — Tr. sola , ib.,ib.;— Tr. chtiua /id. , ni; — Trichogaster fasciatus , Bl. Schn., pi. xxxvi,p. 164; — Chœtodon chineusis , Bl. , pi. ccxvni , f. 1 .
(3) Le Macropodc vert doré , Lacep, III , xvi , 1 , et une espèce nouvelle, bien plus belle encore par des bandes alternativement rouges et vertes.
(4) On n'en connaît qu'une espèce des Moluques {Hvlostoina Temminckii , N.) que nous décrirons amplement dans notre Ichtyologie.
ACANTHOPTERYGIENS. 301
Les OsPHROMÈNEs, ( OsPHROMENus. Commcrs. ) (1)
Ont tous les caractères des Poly acanthes ; mais leur chanfrein est un peu concave ; leur anale occupe plus d'espace que la dorsale , comme dans les Macropodes ; une très fine dentelure s'aperçoit à leurs sous-orbitaires , et au bas de leur préopercule ; le premier rayon mou de leurs ventrales est très alongé. On compte six rayons à leurs ouïes. Leur corps est très comprimé.
Une espèce de ce genre , originaire de la Chine,
Le Goiirami ( Osphr. olfax. Commers.) Lacep. III , m, 2.
Devient aussi grande que le Turbot, et passe pour plus savoureuse encore. Elle a été introduite dans les étangs de l'Ile-de-France , où elle se propage très bien ; et on Ta portée depuis peu à Cayenne. On dit que la femelle se creuse dans le sable une fossette pour y déposer ses œufs.
Les Trichopodes
Dififèrent des Osphromènes , par un chanfrein plus convexe , et une dorsale moins étendue en longueur ; en outre il n'y a que quatre rayons à leurs ouïes. Le premier rayon mou de leurs ventrales est aussi très alongé.
On n'en connaît qu'une petite espèce des Moluques , marquée d'une tache noire sur le côté (2).
Les Spibobr ANCHES (Spirobranchcs. Nob.)
Ont les formes de l'Anabas ; mais point de dentelures aux pièces operculaires , et l'opercule seulement terminé par deux pointes : il y a une série de dents à leurs palatins.
On n'en connaît qu'un {Spirobranchus capensis nob.) , qui est un très petit poisson d'eau douce, du cap de Bonne-Espérance.
Les Ophicéphales (Ophicephalcs. Bl.)
Ressemblent à tous les précédents par la plupart de leurs caractères , et notamment par cette disposition de leurs pharyngiens en cellules , propres à retenir l'eau ; aussi se portent-ils comme eux , en rampant dans l'herbe , à de grandes distances des eaux qui sont leur séjour ordinaire ; mais ce qui les distingue fortement et même les sépare de tous les Acanthoptérygiens , c'est qu'ils n'ont pas d'aiguillons à leurs nageoires, si ce n'est tout au plus le premier rayon de leurs ventrales ; encore , quoique simple n'est-il pas
(1) Ce nom vient ô.'o(jfpciJLM (olfacio), et a été imaginé par Commerson , parce qu'il croyait que les pharyngiens caverneux qui se voient dans ce poisson, comme dans les autres de cette famille, pouvaient être des organes de l'odorat , une espèce d'ethmoïde.
N. B. VOsphromène gai , Lacep. Scariis galltis, Forsk , n'est qu'une Girelle; mais nous avons deux espèces nouvelles de vraies Ophromènes 5 Ophr. notatus et vittatus , N,
(2) C'est le Labrus trichopterus , Gmel. Pal. Spic. VIII» cah. p. 45, le Trichopterus Pallasii, Shaw. IV, part. II, p. 392, le Trichogaster trichopterus, Bl. Schn., le Trichopode trichoptère , Lacep.
N. B. Le Trichopode mentoHiiier , Lacgr., ou Trichopode satyre, Shaw. vol. IV, part. II . p. 31)1 , ne repose que sur une mauvaise figure du Gourami.
poignant. Leur corps est alongé , presque cylindrique ; leur museau court et obtus ; leur tête déprimée , garnie en dessus d'écaillés ou plutôt de plaques polygones , comme dans les Muges , les Anabas. etc. Il y a cinq rayons à leurs ouïes ; leur dorsale s'étend sur presque toute leur longueur , et leur anale est aussi fort longue ; leur caudale est arrondie ; leurs pectorales et leurs ventrales médiocres : il n'y a pas d'interruption à leur ligne latérale. Leur estomac est en sac obtus ; deux cœcums seulement , mais assez longs, adhèrent à leur pylore. Leur cavité abdominale se prolonge au-dessus de l'anale , jusque tout près du bout de la queue. Tous les bateleurs des- Indes ont de ces poissons à sec pour divertir le peuple, et les enfants même s'amusent à les faire ramper sur le sol : dans les marchés de la Chine , on coupe les grandes espèces toutes vivantes , pour les distribuer aux consommateurs (1).
On peut les diviser d'après le nombre des rayons de leur dorsale.
Dans les uns elle n'en a que trente et quelques (2).
Dans d'autres elle en a quarante (5).
Il y en a enfin où l'on en compte cinquante (4).
Les MUGILOÏDES
Forment une onzième famille d'Acanlhoptéry(jiens, composée du genre
Des Muges, (Mcgil. L. )
Qui peuvent en effet être considérés comme une famille distincte , tant ils offrent de particularités dans leur organisation ; leur corps est presque cylindrique , couvert de grandes écailles , à deux dorsales séparées , dont la première n'a que quatre rayons épineux ; leurs ventrales sont attachées un peu en arrière des pectorales. Il y a six rayons à leurs ouïes. Leur tête est un peu déprimée, couverte aussi de grandes écailles ou de plaques polygones; leur museau est très court. Leur bouche, transversale , forme un angle au moyen d'une proéminence du milieu de la mâchoire inférieure qui répond à un enfoncement de la supérieure , et n'a que des dents infiniment déliées, souvent même presque imperceptibles. Leurs ospharyngiens , très développés , donnent à l'entrée de leur œsophage , une forme anguleuse comme l'ouverture de la bouche , qui ne laisse arriver à leur estomac que des matières liquides ou déliées , et toutefois cet estomac se termine en une sorte de gésier charnu , analogue à celui des oiseaux ; leurs appendices pyloriques sont en petit nombre, mais leur intestin est long et replié.
Ce sont de bons poissons, qui remontent en troupes aux embouchures
(1) C'est incontestablement de ce genre que Théophraste a entendu parler.
(2) Ophicephalus jJHiictatus y Bl.,ou Oph. lata , Buchan.; — O. marginatus , N., ou O. gachua, Buch. pi. xxi, f. 21 , ou Cora motta , Russel, II, pi. 1C4; — O. aumnliacus, Buch.
(ô) Ophicephalus striattis, Bl. 359, ou Muttah ,K\isse\, pi. 162, ou O. chcna , Buchan.
— O. sola, id. ; — O. sowara, Russel, 163.
(4) Ophicephalus matulitis , Buchan., (|ui est le Bosin'choïdc aillé, Laeep. II , xiv, ô;
— O. barca, Buchan., xxxv,20, dont le L'oxlrichc tacheté, Lacep. III, p. 145, est au moins fi es voisin , et plusieurs espèces nouvelles que nous décrirons dans noire Ichtyologie.
des fleuves, en faisant de grands sauts au-dessus de l'eau, et dont nos mers produisent quelques espèces jusqu'ici mal déterminées (1).
Le Céphale {M. cephahts. N.)
Se distingue parmi les Muges d'Europe , en ce que ses yeux sont à demi couverts par deux voiles adipeux qui adlièrent au bord antérieur et au postérieur de l'orbite; en ce que le maxillaire , quand la bouche est fermée, se cache entièrement sous le sous-orbitaire , et en ce que la base de la pectorale est surmontée d'une écaille longue et carénée.
Les orifices de sa narine sont écartés l'un de l'autre ; ses dents sont assez marquées.
C'est la meilleure et la plus grande des espèces de la Méditerranée. Nous ne l'avons pas observée sur nos côtes de l'Océan ; mais ses caractères se retrouvent dans plusieurs espèces des Indes et de l'Amérique (2).
Une espèce presque aussi grande , commune à nos deux mers ,
Le Ramado de Nice, {31. capilo. N.)
A le maxillaire visible derrière la commissure des mâchoires , même lorsque la bouche est fermée ; ses dents sont bien plus faibles ; les orifices de sa narine rapprochés , la peau des bords de son orbite n'avance point sur le globe de l'œil ; l'écaillé du dessus de sa pectorale est courte et obtuse. 11 y a une tache noire à la base de cette nageoire (3).
Deux espèces plus petites ( le Muge doré et le Muge sauteur, Risso ) , se rapprochent du Capito ; le premier a le maxillaire caché sous le sous-orbitaire comme le Céphale ; mais les orifices de sa narine sont rapprochées comme dans le Capito ; l'autre , avec les caractères du Capito , a le sous-orbitaire échancré , laissant voir le bout du maxillaire (4).
Une troisième grande espèce , commune aussi à nos deux mers , Le Muge à grosses lèvres , ( M. chelo. N. )
Se distingue surtout par des lèvres très grosses , charnues , dont les bords sont ciliés , par des dents qui pénètrent dans leur épaisseur comme autant de cheveux. Son maxillaire se recourbe et se montre derrière la commissure.
Une petite espèce de la Méditerranée {M. labeo, N.) a les lèvres encore plus fortes à proportion , et crénelées aux bords.
II y a aussi de ces espèces à grosses lèvres dans la mer des Indes (5).
(1) Linnaeus et plusieurs de ses successeurs ont confondu tous les Muges européens sous uneseule espèce (\e\ir Mugil cephalus).
(2) Il y en a en Amérique cinq ou six espèces confondues et mal caractérisées , par Linnaeus , sous le nom de M. alhiila. Dans le nombre sont le M. Plumieri, Bl., devenu une Sphyrène dans leBl. Schn. p. 110, et le M. Hneatus , Mitchill. On trouve le vrai Céphale delà Méditerranée tout autour de l'Afrique. Aj. en espèces des Indes, le Bontah, Russel, II, 180, ou le M. oi<r., de Forskal, peut-être identique avec notre Céphale; Kan, nesee , id. 181 ; — M. corsula , Buchan , pi. is , 97.
(ô) C'est cette espèce qui nous paraît avoir été particulièrement décrite par Willughby, et représentée par Pennant.
(4) Aj. Le M. Christian, Voyage de Freycinet ; — M. Ferrandi, ib. ; — M. parsia, Buchan , pi. xvn , f. 71 ; — M. cascasia ,'\A.\—M. peradak, N. Russel , 182.
(5) M. crenilahis, Forskal ; — M. cirrhosthoimis , Forster , ap. Bl. Schn. 121 .
iV. B. Le M. cœruleo-maculatus , Lacep. V, 589 ; le même qui est représenté sous le nom de Crenilahis , pi. xni , f . 1 , appartient au groupe du Capito.
N. B. Le Mugil appendiculatus, Bosc, ou Mugiloniorc Anne-Caroline, Lacep. V, 598,
Les Tétragondrus. Riss.
Ainsi nommés , de crêtes saillantes qu'ils ont vers la base de la caudale , deux de chaque côté , sont encore un de ces genres isolés qui semblent l'indice d'une famille particulière. Ils tiennent en partie des Muges , en partie des Scombéroïdes. Leur corps est alongé ; leur dorsale épineuse longue, mais très basse, la molle rapprochée d'elle, plus élevée et courte ; l'anale répond à cette dernière ; les ventrales sont un peu en arrière des pectorales. Les branches de la mâchoire inférieure', élevées verticalement, garnies d'une rangée de dents tranchantes , pointues , faisant une espèce de scie , s'emboitent , quand la bouche se ferme , entre celles de la mâchoire supérieure. Il y a de plus une petite rangée de dents pointues à chaque palatin, et deux au vomer. Leur estomac est charnu, replié; leurs cœcums nombreux ; leur intestin considérable. Leur œsophage est intérieurement garni de papilles pointues et dures.
L'espèce connue, le Courpata ou Corbeau, de nos côtes de la Méditerranée ( Tetragonurus Cuvîerî , Risso), ne se trouve que dans les grandes profondeurs. Elle est noire , longue d'un pied , et a toutes ses écailles dures, profondément striées et dentelées. On dit sa chair venimeuse (1).
Je place encore ici entre les Mugiloides et les Gobioïdes , un genre qui ne se laisse complètement associer avec aucun autre , c'est celui des
Athérines (Atherina. Lin.)
Qui ont le corps alongé, deux dorsales très écartées, des ventrales plus en arrière que les pectorales , la bouche très protractile , garnie de dents très menues. Toutes les espèces connues ont une large bande argentée le long de chaque flanc. Il y a six rayons à leurs ouïes ; leur estomac n'a point de cul-de-sac , et leur duodénum n'a pas d'appendices cœcales; leurs dernières vertèbres abdominales recourbent leurs apophyses transverses , et forment ainsi un petit cornet où se loge la pointe de la vessie natatoire.
Ce sont des petits poissons d'un goût délicat, et dont les jeunes se tiennent long-temps en troupes serrées , et se mangent sur nos côtes de la Méditerranée, sous le nom de Nonnat (les Aphyes des anciens).
Nos mers en produisent plusieurs espèces, confondues jusqu'ici sous le nom fX' Atherina hepsetiis , Lin.
n'est autre chose que l'Élops , et il en est de même du Mugil salmoneus de Forstei- , BI. Schn. 121 ; — le Mugil cïnereiis , Walbaum. Catesb. H , xi , 2 , est un Gerres ; le M. chanos de Forskal , est de la famille des Cyprins.
(1) On n'en a que de mauvaises figures : Mugil niger, Rondel. 423 ; Corvus niloticus , Aldrov. pisc. 610 ; Risso, l^e édit. pi. x, f. 37.
ACANTÏIOPTERYGIENS. 305
Le Sauclet du Languedoc, ou Cabassous de Provence, {Atherina hepsetus. N.) (1) RondeL 216. DuhameL sect. VI , pi. iv, f. 3.
A la tête un peu pointue, neuf rayons épineux à la première dorsale, onze mous à la deuxième , douze à l'anale , cinquante-cinq vertèbres au squelette.
Le Joël du Languedoc , Cabassouda d'Ivica {Atherina Boyer. Risso.) Rondel. 217.
A la tête plus large , plus courte , Fœil plus grand ; sept épines à la première dorsale ; onze rayons à la deuxième, treize à l'anale j quarante-quatre vertèbres au squelette.
Le Mochon d'Ivica , ( Atherina mochon. N. )
De la forme du Sauclet , mais à sept épines à la première dorsale , quinze rayons mous à l'anale , et quarante-six vertèbres au squelette.
Le Prêtre, Abusseau , ou Roseré des côtes de l'Océan (2) {Ath. presbyter. Nob. ) Duham. sect. VI , pi. iv, f. 1 , 2 , 5 , 4, 6 et 7.
A le museau un peu plus court que le Sauclet , huit épines à la première dorsale, douze rayons mous à la deuxième, quinze ou seize à l'anale, cinquante vertèbres au squelette.
Les espèces étrangères d'Athérines sont assez nombreuses (5).
La douzième famille des Acanthoplérygiens ou celle Des GoEioïDEs ,
Se reconnaît à ses épines dorsales grêles et flexibles. Tous ces poissons ont à peu près les mêmes viscères, c'est-à-dire un canal intestinal égal , ample , sans cœcums . et point de vessie natatoire.
Les Bleknies ou Baveuses (Blennitjs. L.)
Ont un caractère très marqué dans leurs nageoires ventrales , placées en avant des pectorales, et composées seulement de deux rayons. Leur estomac, est mince sans cul de sac; leur intestin ample, mais sans cœcum ; ils n'ont pas de vessie natatoire. Leur corps est alongé , comprimé, et ils ne portent qu'une dorsale composée presqu'en entier de rayons simples, mais flexibles. Ils vivent en petites troupes parmi les rochers des rivages, nageant, sautant, et pouvant se passer d'eau pendant quelque temps. Leur
(1) C'est probablement cette espèce qui a servi en particulier de type à l'espèce de l'Hepsetus de Linn. Il faut remarquer que la figure intitulée Atherina hepsetus par Bloch, pi. cccxciu , f. 3 , et Syst. pi. xxix, f. 2, est purement imaginaire.
(2) Ces noms viennent de la bande d'argent de ses flancs, que l'on a comparée à une ëtole.
(3) Atherina lacunosa , Forster, Bl. Schn. 112, probablement l'/Zepse^Ms de Forskal, 69; — A. endrachtensis j Quoy et Gaym. Voyage de Freyc. Zool. p. 354; — A . jacksoniana , id. 333 ; — A. hrasiliensis , id. 532 ; — A .neso-gallica , N. Lacep. V, pi. xi , f. 1 . Ce n'est pas le même que VA. pinguis du teste. — A. viœnidia , Lin. qui n'est pas , comme il le croit , le Mœnidia de Brown , Jam. pi. xlv , f . 5 . mais bien VA. notata , Mitchill. Trans. de New-Yorck , I . pi. iv, f. 6 , et plusieurs antres que nous décrirons dans notre Irhlyologie.
TOJIE î. 6-i
peau est enduite d'une mucosité qui leur a valu leur nom grec Blennius , et leur nom français Baveuses, qui en est une traduction. Plusieurs sont vivipares , et ils ont tous, et dans les deux sexes , près de l'anus, un tubercule qui parait leur servir pour l'accouplement. Nous les divisons comme il suit.
Les Blennies proprement dits,
Dont les dents longues, égales et serrées , ne forment qu'un seul rang bien régulier à chaque mâchoire , terminé en arrière, dans quelques espèces, par une dent plus longue et en crochet. Leur tcte est obtuse , leur museau court , leur front vertical ; leurs intestins larges et courts.
La plupart ont un tentacule souvent frangé en panache sur chaque sourcil, et plusieurs en ont un autre sur chaque tempe.
Nous avons diverses espèces de cette subdivision le long de nos côtes ;
tme des plus remarquables est
Le Blennle papillon , {Bl. ocellaris. Bl. 167. L)
A dorsale bilobée ; le lobe antérieur très élevé , marqué d'une tache ronde et noire, entourée d'un cercle blanc et d'un cercle noir.
Le Bl. tentaculaîre {Bl. tentacularis . Brûnn.) Bl. 167. 2. Sous le nom de Bl. Gattorugine.
A quatre fdaments aux sourcils ; à dorsale unie ; une tache noire entre le quatrième et le cinquième rayons.
Le Bl. à bandes, {Bl. gattorngi?ie. L. ) AViU. H. 2, et Bl. 162, 1,2. Sous le nom de Bl. fasciatus.
A deux fdaments ; à dorsale presque unie ; à bandes obliques , nuageuses , brunes.
Le Bl. à tentacules palmés , {Bl. palmicornis. Cuv.) Penn. Cop. Encycl. Méth. f. 117. Sous le nom de Gattorugine.
A dorsale unie; le tentacule sur l'œil divisé en petits fdaments (1).
D'autres n'ont que des panaches à peine visibles aux sourcils , mais portent sur le vertex une proéminence membraneuse, qiù s'enfle et rougit dans la saison de l'amour.
II y en a aussi quelques-uns dans nos mers.
Le Bl. galerite, {Bl. galerita. L.) Rondel. 204. Bl.pavo. Risso.
A dorsale unie ; tacheté et rayé de bleu; une tache noire, ocellée derrière l'œil.
Le Bl. à tête rouge. {Bl. rubriceps. Risso.)
Les trois premiers rayons de la dorsale élevés, faisant une pointe rouge , ainsi que le dessus de la tête.
(1) Aj. Bl. cornutus, L.; — Bl. inlicornis ,^ . punaru j Margr. 105; la deuxième fig. mais la prem. descript., etc.
ACANTnOPTERYGIENS. 507
Dans d'autres enfin (les Piiolis (1) , Artécl.) , il n'y a ni panache, ni crête. Nous en avons un petit, très commun sur toutes nos côtes,
La Baveuse commune, {Bl. pliolis. L.) Bl. 71 , 2.
A profil pi-csque vertical ; à dorsale un peu échancrée , pointillée et marbrée de brun et de noirâtre.
Nous distinguons de ces Blennies jiroprement dits , sous le nom de
BIyxodes ,
Des espèces à tète alongée , à museau pointu , saillant au devant de la bouche , à dents sur une seule rangée , comme dans les Blennies , mais sans canines (2) ; et sous le nom de
Les espèces dont les dents , également sur une seule rangée et fort serrées , sont comprimées latéralement , crochues au bout , d'une minceur inexprimable et en nombre énorme. Elles se meuvent , dans l'individu Irais, comme les touches d'un clavecin. La tête de ces poissons , fort comprimée en haut , est très large transversalement dans le bas. Leurs lèvres sont charnues et renflées ; leur front tout-à-fait vertical; leiîrs intestins, roulés en spirale, sont plus minces et plus longs que dans les Blennies ordinaires.
On n'en connaît que de la mer des Indes (5).
Nous appellerons
Clinus (4),
Les espèces à dents courtes et pointues, éparses sur plusieurs rangées, dont la première est plus grande. Leur museau est moins obtus que dans les deux sous-genres précédents ; leur estomac plus large , et leurs intestins plus courts.
Dans quelques-uns , les premiers rayons de la dorsale forment une pointe séparée, par une échancrure, du reste de la nageoire (5). Leurs sourcils sont surmontés de petits panaches.
Il y en a même où les premiers rayons sont totalement en avant , et semblent former une crête pointue et rayonnée sur le vertex (6).
Dans d'autres , au contraire , la dorsale est continue et égale (7).
(1) Pholis , nom grec d'un poisson toujours enveloppé de mucus. Aj. Bl. cavernosus, Schn. 37, 2; — Gadus salarias ^ Forsk, p. 22.
(2) Les espèces sont nouvelles.
(ô) Sal. quadripinnis, Cuv., qui est le Blennius gattorugine de Forsk. p. 23 ; — Bl. simus , Sujef. act. Petrop. 1779, Il^part. pl.vi; — VJlticus ou Sauteur do Commers., Lacep. II, p. 479, et plusieurs espèces nouvelles. J'ai tout lieu de croire qu'il faut y rapporter aussi le Bl. edentulus, Bl. Scliu., ou truncatus , Forster ,bieii qu'on prétende qu'il n'a pas de dents.
(4) Clinus , nom des Blennies chei les Grecs modernes.
(5) Bl. musteralis, L. Mus. Ad. Fred. xxxi,3; — Bl. superciliosus , Bl. 1G8 ; — Bl. argenteus , Risse.
N. B. LeBlcnnie pointillé^ Lacep. II , xu, 5, ne me paraît qu'un individu mal conservé du Superciliosus.
(6) Bl.fencstratus, Forster. Bl. Schn. p. 173.
(7) Bl. spadiceus , Schn. Séb. III, xxx, f . 8 ; — Bl. acu minât us , id. Séb. ib, 1 ; — 5/.;jK«cfafMs, Olt.Fabr. Soc. d'Hist. nat. de Copenh. vol. II, cah. u, pi. x, f. 3; — BL Audifrcdi, Risso , pi. vi,f. 15;— JS/. capensis , Forster. Bl. Schn. \75]~Bl.lufnpenus. Walb. Arted. renov. part. 111 , pi. m.
j08 poissons.
Les ClRRHIBARBES CuV.
Ont, avec la forme des Clinus, des dents en velours, et outre un petit tentacule sur l'œil , et un à la narine , ils en portent trois grands au bout du museau , et huit sous la pointe de la mâchoire inférieure.
On n'en connaît qu'un , des Indes, d'un fauve uniforme.
Les GoNNKLLF.s ( Mur/Enoïdes. Lacépède. Centronotus. Schn. )
Ont les ventrales encore plus petites que tous les autres Blennies, presque insensibles, et souvent réduites à un seul rayon. Leur tête est très petite , et leur corps alongé en lame d'épée ; leur dos est garni, tout du long, d'une dorsale égale , dont tous les rayons sont simples et sans articulations. Leurs dents sont comme dans les Clinus ; leur estomac et leurs intestins d'une venue.
Il y en a un très abondant sur nos côtes {Bl. gunnellus , L.), Bl. 71 , 1 , Lacep. II , XII, 2, dont la dorsale a, tout du long de sa base, une suite de taches ocellées.
Les Opistog\athes (Cuv.)
Ont les formes des Blennies propres, et surtout leur museau court; ils se distinguent par leurs maxillaires très grands et prolongés en arrière en une espèce de longue moustache plate. Leurs dents sont en râpe à chaque mâchoire , et la rangée extérieure plus forte. On leur compte trois rayons aux ventrales , qui sont placées précisément sous les pectorales.
On n'en connaît qu'un , rapporté de la mer des Indes par Sonnerat ( Opis-
tognathiis Sonnerati j Cuv.).
Nous n'osons éloigner des Blennies , bien qu'ils n'aient aucun rayon épineux,
Les ZoARcÈs, Cav.
Qui , d'ailleurs, ont le tubercule anal , les intestins sans cœcums , le corps oblong et lisse des Blennies , six rayons aux branchies. Leurs ventrales ont trois rayons ; leurs dents sont coniques, sur un seul rang, aux côtés des mâchoires; sur plusieurs en avant; ils n'en ont aucunes au palais. Leur dorsale, leur anale et leur caudale sont réunies , après toutefois que la dorsale a éprouvé une grande dépression.
Il y en a dans nos mers et dans tout le nord, une espèce connue depuis
long-temps comme vivipare {J3len?iius viviparus , L.), Bl. 72; sa taille est
d'un pied; elle est fauve , avec des taches noirâtres le long de sa dorsale. L'Amérique en aune beaucoup plus grande ( Z. labrosus , N. Blennius la-
brosus , Mitchill. Trans. de New-Yorck , 1,1,7, qui arrive à trois pieds et
plus; olivâtre semée de taches brunes.
Les Anarrhiqtjes (Anarichas. L.) (1).
Me paraissent si semblables aux Blennies , que je les nommerais volontiers des Blennies sans ventrales. La nageoire dorsale, toute composée de rayons simples, mais sans roideur , commence à la nuque, et s'étend, ainsi que l'anale , jusqu'auprès de celle de la queue , qui est arrondie aussi bien que les pectorales. Tout leur corps est lisse et muqueux. Leurs os palatins, leur
(1) Anarhichas , grimpeur, nom imaginé par Gesner (Paralipomen, p. 1261 ) , parce fjue ce poisson grimpe, dit-on, contre les écueils , en s'aidant de ses nageoires et de sa
•(UCUC.
ACANTHOPTERYGIENS. 509
vonier et leurs mandibules sont armés de gros tubercules osseux, qui portent à leur sommet de petites dents émaillées , mais les dents antérieures sont plus longues et coniques. Cette dentition leur donne une armure vigoureuse qui , jointe à leur grande taille , en fait des poissons féroces et dangereux. Ils ont six rayons aux ouïes , l'estomac court et charnu , le pylore près de son fond , l'intestin court , épais et sans cœcums , et ils manquent de vessie aérienne.
Le plus commun, appelé vulgairement Loup 7narin , Chat marin {Anar. Lupus , L.) . Bl. 74 , habite les mers du nord , et vient assez souvent sur nos côtes ; il atteint six et sept pieds de longueur; il est brun , avec des bandes nuageuses plus foncées. Sa chair ressemble à celle de l'Anguille. Il est d'une grande ressource pour les Islandais qui le mangent séché et salé , emploient sa peau comme chagrin , et son fiel comme savon (1).
Les GoBocs , Boulereaux ou Gougeons de mer. (Gobius. L.)
Se reconnaissent sur-le-champ à leurs ventrales thorachiques réunies soit dans toute leur longueur , soit au moins vers leurs bases , en un seul disque creux , et formant plus ou moins l'entonnoir. Les épines de leur dorsale sont flexibles; l'ouverture de leurs ouïes, pourvue de cinq rayons seulement, est généralement peu ouverte, et comme les Blennies, ils peuvent vivre quelque temps hors de l'eau; comme eux aussi ils ont un estomac sans cul-de-sac , et un canal intestinal sans cœcums ; leurs mâles ont enfin le même petit appendice derrière l'anus, et l'on sait de quelques espèces qu'elles produisent des petits vivants. Ce sont des poissons petits ou médiocres, qui se tiennent entre les roches des rivages. La plupart ont une vessie aérienne simple.
Les GoBiES proprement dits {Gobius. Lacep. et Schn. )
Ont les ventrales réunies sur toute leur longueur, et même en avant de leur hase par une traverse, en sorte qu'elles forment un disque concave. Leur corps est alongé , leur tête médiocre, arrondie; leurs joues renflées, leurs yeux rapprochés. Leur dos porte deux nageoires , dont la postérieure assez longue. Nous en avons quelques-uns dans nos mers , dont les caractères ne sont pas encore suffisamment établis (2).
Ils se tiennent dans les fonds argileux, et y passent l'hiver dans des canaux qu'ils y creusent. Au printemps , ils préparent dans des lieux riches en fucus un nid qu'ils recouvrent de racines de zostera ; le mâle y demeure renfermé , et y attend les femelles , qui viennent successivement y déposer leurs œufs. Il les féconde , les garde et les défend avec courage (5).
(1) On a cru que ses dents pétrifiées formaient les hufonitcs , mais elles n'en ont ni la forme ni le tissu.
Ajoutez le petit Jnarhique {Anar. mùior, Olafsen), Voyage en Isl. Tr. fr. pi. l.
(2) Bélon et Rondelet ont voulu reconnaître dans ces poissons les Gobius des anciens , et Artédi a prétendu trouver dans l'Océan les espèces mal déterminées par ces deuxauteursdans laMéditerranée. De là une confusion inextricable ; pour réclaireir, il faut recommencer les descriptions et les figures. C'est ce que nous essaierons en partie dans notre Ichtyologie.
(ô) Ces observations ont été faites par feu Olivi sur un Gobie des lagunes de Venise , qu'il croit le même que le Niger , mais qui est peut-être une autre des nombreuses espèces de la Méditerranée; elles sont rapportées par de Martens, dans le deuxième volume de son voyage à Venise, p. 419. J'en ai conclu que le Gobie est le Phijcis des anciens; le seul des poissons qui se construise un nid; Arist. Hist. anc. liv. VIII , chap. 30.
Le Boulereau noir, {Gobius n'iger. L.) Penn. Brit. Zool. pi. 58.
A corps brun-noirâtre; les dorsales liserées de blanchâtre; il est très commun sur nos rivages de l'Océan. Il n'atteint que quatre ou cinq pouces. Les rayons supérieurs de ses pectorales ont l'extrémité libre.
On y trouve aussi en abondance
Le Boulereau bleu, {Gob. jozzo.) Bl. 107, f. 3.
Brun-marbré de noirâtre ; les nageoires noirâtres ; deux lignes blanches sur la première dorsale , dont les rayons s'élèvent en filets au dessus de sa membrane.
Le Boulereau blanc, {Gob. minutus. L.) Aphia. Penn. pi. 37.
A corps fauve-pâle ; à nageoires blanchâtres , rayées en travers de lignes fauves ; long de deux à trois pouces.
La mer Méditerranée , qui nourrit peut-être ces trois espèces , en produit plusieurs autres de taille et de couleurs variées. (1)
he grand Boulereau, {Gob. capito. N.) Gesner. 596.
Long d'un pied et plus; olivâtre, marbré de noirâtre; des lignes de points noirâtres sur les nageoires. Sa tête est large et ses joues renflées.
Le Boulereau ensanglanté {G. cruentatus. Gmel.)
Est ' assez grand, brun, marbré de gris et de rouge; des marbrures roTiges de sang sur les lèvres et l'opercule ; des lignes rouges sur la première dorsale; des lignes de points saillants forment un H sur la nuque, etc.
11 y en a aussi des espèces dans l'eau douce ; tel est le Gobius fluviatills , observé par Bonnelli dans un lac de Piémont; plus petit que le noir; noirâtre ; sans filets libres aux pectorales ; une tache noire au dessus de l'ouverture des ouïes. Aux environs de Bologne, il s'en trouve un plus grand ( G. Iota, Nob.), brun, avec des veines noirâtres sur la joue ; une petite tache noirâtre sur la base de la pectorale , une autre de chaque côté de celle de la caudale.
Parmi les Gobies étrangers on peut remarquer, à cause de l'extrême largeur de sa tête, le B. à large tête {Cottus macrocephalus , Pall. Nov. Act. Petrop , I , pi. X , f. 4 , 6 , 6 ). A cause de leur forme alongée et de leur caudale pointue, les G. lanceolatus , Bl. 38, 1; G. bato , Buchan. pi. 57, f. 10; Eleotris lanceolata, Bl. Schn. pi. 15, que nous nommons Gobius elongatus (2).
Les GoBioÏDEs. Lacep.
Ne diffèrent des Gobies que par la réunion de leurs dorsales en une seule. Leur corps est plus alongé (5).
(1) Voyez-en les descriptions, mais sans en adopter entièrement la nomenclature. Risso, Icht. de Nice, p. 155 et suivantes.
(2) En espèces étrangères , on peut mettre sans difficulté parmi les Gobies : le Gobius Plmncrii, Bl. 175, 5; — G. lagocephalus, Pall. VIII, pi. n, f. 6, 7; — G. Boddarli , là. ib. pi. I, f. 5; — G. ocellaris, Brouss. Dec. pi. n ; — G. bosc. Lacep. II, xvi, 1, ou G. viridi-paUidus , Mitchill, Trans. de New-Yorck , I , 8, ou G. alepidotus, Bl. Schn.; — G. Russelii, N. Russel, I, 53 ; — G. giuris, Buchanan, pi. xxxni, f. 15; Russel, 1 , 50 ; — G. changua, Buch. pi. v, f. 10; — le Bostryche Chinois, Lacep. II, xiv , et beaucoup d'espèces nouvelles que nous décrirons dans notre llist. des Poiss.
(3) Gob. broussonnet, Lacep. II, pi. xvu, f. 1 {Gob. oblongatus, Schn. add. 548).
ACANTHOPTERIGIENS. 511
Les T>ENioÏDES , Lacep.
Ont, avec la dorsale unique des Gobioïdes , un corps encore plus alongé. Ce sont des poissons d'une physionomie fort extraordinaire. Leur mâchoire supérieure est très courte : Tinférieure, haute et convexe de toutes parts, remonte au devant de la supérieure; toutes les deux sont armées de longues dents crochues ; enfin leur œil est réduit presque à rien et caché entièrement sous la peau. La concavité de leur bouche contient une langue charnue et presque globuleuse. Leur mâchoire inférieure a en dessous quelques petits barbillons. On n'en connaît qu'un (le Tœniolde Hermannien , Lacep.), qui se tient
dans la vase des étangs , aux Indes orientales (I).
Bloch (édition de Schn. p. 63) sépare avec raison de tout le genre Gobîe
Les Periophtalmes (Periophtalmus. Schn. )
Oui ont la tête entière , écailleuse , les yeux tout-à-fait rapprochés l'un de Tautre , garnis à leur bord inférieur d'une paupière qui peut les recouvrir, et les nageoires pectorales couvertes d'écaillés sur plus de la moitié de leur longueur , ce qui leur donne l'air d'être portées sur une sorte de bras. Leurs ouïes étant phis étroites encore que celles des autres Gobies, ils vivent aussi plus long-temps hors de l'eau , et aux Moluques , leur patrie^ on les voit souvent ramper et sauter sur la vase, pour échapper à leurs ennemis ou pour atteindre les petites crevettes, dont ils font leur principale nourriture.
Les uns ont les ventrales en disque concave des Gobies proprement dits (2).
Les autres ont leurs ventrales séparées presque jusqu'à la base (3).
Je séparerai aussi, et j'appellerai avec Gronovius
Eléotris,
Des poissons qui ont , comme les Gobies , la première dorsale à aiguillons flexibles, et l'appendice derrière l'anus, mais dont les ventrales sont parfaitement distinctes, la tête obtuse, un peu déprimée, les yeux écartés l'un de l'autre , et dont la membrane branchiale porte six rayons.
Leur ligne latérale est peu marquée , et leurs viscères sont pareils à ceux des Gobies.
La plupart vivent dans les eaux douces , et souvent dans la vase.
(1) C'est le Cœpola cœcula, Bl. Schn. pi. liv, d'après un dessin de John ; le Tœnioïde heriuannieny Lacep. II, xix, 1, d'après un dessin chinois j et le Gobioïde rubtcundaf Buchanan, pi. v, f. 9.
(2) Gobius Schlosseri , Pall. Spic. VIII, pi. i^ f. 1-4, auquel il faut joindre le Gobius striatus, Schn. pi. xvi, resté, on ne sait pourquoi parmi les Gobies, car c'est uu véritable Périophtahne.
(ô) Gobius Kœheuteri, Pall. Spic. VIII, pi. ii, f. 13; — Poi\ ruber, Schn. ; — Pe?:papilio, Schn. p\.xi\.
N. B. Soit les Gobies, soit les Periophtalmes, dont les nageoires ventrales seraient séparées , prendraient dans la méthode de Lacepède le nom de Gobiomorcs ; si avec cette division des ventrales ils ne portaient qu'une dorsale, ce seraient des Gobioinoroïdes , mais les espèces rangées sous ces deux genres, n'en portent pas tous lescaractères. Le Gobiomore gronovieti (Gob. Gronovii, Gni.), Margr. 153, n'est point de cette famille. C'est notre genre Pasteur de la famille des Scoiiibrcs. Le Gobiomoroïdc pison , Gob. pisonis , Gni. Minore pixtima , Margr. 100; Eléotris i, Gron. Mus, 16, n'a pas le caractère de ce genre , car il a deux dorsales, dans la figure de Margrav et dans les descriptions de Gronovius; et par ses ventrales c'est un Éleotris.
Bl. éd. de Schn. p. 63, sépare des Gobies, et fait le genre ^^eo/ris différent de celui du même nom de Gronovius , des espèces dont les ventrales seraient seulement réunies en éventail, sans former l'entonnoir; mais dans celles que j'ai examinées, j'ai trouvé que la membrane qui réunit en avant leurs bords externes est seulement plus courte à proportion , ce qui a empêché de la remarquer. C'est pourquoi je les laisse dans les Gobies.
Les Antilles en ont une espèce nommée
Le Dormeur, {Eleolris dormitatrlx. N. ) Platycephalus dormitator. Bl. Schn.
Assez grande ; à tête déprimée ; à joues renflées ; à nageoires tachetées de noir ; qui se tient dans les marais (1).
Il y en a aussi au Sénégal (2) et aux Indes (3).
Les côtes de la Méditerranée en ont une petite espèce {Gobius auralus , Riss. ) dorée , marquée d'une tache noire sur la base de la pectorale (4).
Les Callionymes ( Callionymcs , L.) (S)
Ont deux caractères fort marqués , dans leurs ouïes ouvertes seulement par un trou de chaque côté de la nuque , et dans leurs nageoires ventrales placées sous la gorge , écartées et plus larges que les pectorales. Leur tête est oblongue, déprimée, leurs yeux rapprochés et regardant en haut, leurs intermaxillaires très protractiles , et leurs préopercules alongés en arrière et terminés par quelques épines. Leurs dents sont en velours; ils en manquent au palais. Ce sont de jolis poissons, à peau lisse, dont la dorsale antérieure soutenue par quelques rayons sétacés, s'élève quelquefois beaucoup. La seconde dorsale est alongée ainsi que l'anale. Ils ont derrière l'anus le même appendice que les précédents. Leur estomac n'est point en cul-de-sac , et ils manquent de cœcums et de vessie aérienne.
Nous en avons un commun dans la Manche. Le Savarf ou Doucet , ( Callion. lyra. Lin. ) Bl. 161. Lacep. II , x , 1.
Dont la première dorsale est élevée, et le premier rayon en long filet. Il est orangé, tacheté de violet. Le Call. dracunculus , Bl. 162, n'en diffère que parce que sa première dorsale est courte et sans filet; plusieurs le croient sa femelle.
La Méditerranée en a quelques autres , tels que
Le Lacert, ( Call. lacerta. N.) Rondel. 304 , et moins bien Call. pusUlus. Laroche. Ann. du Mus. XIII, xxv, 16.
A première dorsale basse , la deuxième , au contraire , très élevée dans le mâle; des points argentés et des lignes blanches , liserées de noir sur les flancs. La caudale longue et pointue (6).
(1) C'est le Gohiomore dormeur , Lacep. Ajoutez le Guavina, Parr. pi. xxxix, f . i ; — YAvtore guacu, Marg. 66 ; — V Amore pixuma , id. ib. ou Gobius jnsonis , Gm.
(2) Je le juge d'après la note jointe à une peau séchée, donnée au Muséum par Adanson, et qui est d'une espèce différente des précédentes.
(3) Le Gohius slrigatus, Broussonnet, Dec. pi. i^ ou Gobioiiiore taihoa , Lacep. copié Encycl. Méth. f. 138 ; — VElcotris noir, Quoy et Gaym. Vovage de Treyc. pi. lx, f. 2 , et les Sciœna macrolcpidota, Bl. 298, et Maculata, id." 299, 2, dont j'avais fait autrefois le genre PnociiiLus , qui doit être supprimé.
(4) C'est une Eleotris et non un Gobie.
(5) Calliomjmus (beau nom), l'un des noms de l'Uranoscope chez les Grecs. C'est Linnœus qui l'a appliqué à ce genre-ci.
(6) A^. B. Le CalUonymus diacanthus, Carmichael, Trans. Linn., \II, pi. xxvi , ne me paraît pas de ce genre ; le Calliomore indien , CalUonymus indiens , Linn. , n'est autre que le Platycephalus spatula , Bl. ,424.
Aj. Call. citlinra, N. ; — C.jacnlus, et d'autres espèces nouvelles delà Méditerranée;
Les Trichonotes (Trichonotus. Schn.)
Ne paraissent que des Callionymes dont le corps est très alongé, et dont la dorsale unique et Tanale ont une longueur proportionnée. Les deux premiers rayons delà dorsale alongés en longues soies , représentent la première dorsale des Callionymes ordinaires. On dit pourtant les branchies des Trichonotes bien fendues (1).
Les CoMÉPHOREs, Lacep.
Ont la première dorsale très basse , le museau oblong, large, déprimé, les ouïes très fendues , à sept rayons, de très longues pectorales, et, ce qui les distingue dans cette famille , ils manquent absolument de ventrales.
On n'en connaît qu'un, du lac Baïkal {Callionymus Baîcalensis , Pall. Nov. Act. Pelr. I, ix, 1 ). Long d'un pied , d'une substance molle et grasse , que l'on presse pour en tirer de l'huile. On ne l'obtient que mort , après des tempêtes.
Les Plattptères, Kulil et van Hasselt.
Ont , avec les ventrales larges et écartées des Callionymes , une tête courte et déprimée, une petite bouche , des branchies ouvertes et de larges écailles ; leurs deux dorsales sont courtes et écartées (2).
Je place, en hésitant , à la fin de cette famille , un genre qui formera probablement un jour le type d'une famille particulière , c'est celui des
Chitus. Steller. (Labrax, Pallas. )
Poissons à corps assez long , garni d'écaillés ciliées ; à tête petite , sans armure ; à bouche peu fendue , armée de petites dents coniques , inégales ; dont la dorsale n'a que des épines presque toujours minces, et s'étend tout le long du dos; leur caractère distinctif est d'avoir plusieurs séries de pores semblables à la ligne latérale , ou en quelque sorte plusieurs lignes latérales. Leurs intestins manquent d'appendices cœcales; ils ont souvent une aigrette au sourcil, comme certaines Blennies; mais leurs ventrales ont cinq rayons mous, comme à l'ordinaire.
Ceux que l'on connaît viennent de la mer du Kamschatka (5).
Je forme une treizième famille, celle des Pectorales Pédiculées,
De quelques Acanthoptérygiens dont les os du carpe s'alongent pour former une espèce de bras qui porte leurs pectorales.
et eu espèces étrangères , C. orient alis , Schn. , pi. vi ; — C. ocdlatus , Pall., VIII , pi. 4 , f- 13 ; — C. sagitta , id. , ib. , f. 4, 5 ; et quelques autres que nous décrirons dans notre Ichthyologie.
(1) Trichonotun sciigcrus , El. Sclin. , pi. ô9.
(2) Platyptera iiielanocephala , K. , et V. H.; PL trigonocephala . id., deux poissons des Indes , que nous décrirons dans notre Ichtyologie.
(ô) Lahrax lagoccphahis ; — L. dccagramtmis ; — L. .luperciliosus ; — L. monoptcrytjius; — L. octorjraniinus ; — L. hexagrammus ; tous décrits et représentés par Pallas dans le onzième tome des Mém. de l'Ac. de Pétersh., pour 1810.
T r. fi!5
Elle comprend deux genres voisins l'un de l'autre, quoique les auteurs les aient presque toujours fort éloignés , et qui tiennent de près aux Gobioides.
Les Baudroyes (Lophius, L.) (1).
Ont pour caractère général , outre leur squelette à demi cartilagineux , et leur peau sans écailles, les pectorales supportées comme par deux bras, soutenus chacun par deux os que l'on a comparés au radius et au cubitus , mais qui appartiennent réellement au carpe , et qui , dans ce genre , sont plus alongés qu'en aucun autre ; des ventrales placées fort en avant de ces pectorales ; enfin , des opercules et des rayons branchiostèges , enveloppés dans la peau, et les ouïes ne s'ouvrant que par un trou, percé en arrière de ces mêmes pectorales. Ce sont des poissons voraces , à estomac large , à intestin court , qui peuvent vivre très long-temps hors de l'eau , à cause du peu d'ouverture de leurs ouïes.
Les Baudroyes proprement dites , vulgairement Raies-Pécheresses ( Lophius. Cuv.)
Ont la tête excessivement grande à proportion du reste de leur corps, très large et déprimée, épineuse en beaucoup de points, la gueule très fendue, armée de dents pointues , la mâchoire inférieure garnie de nombreux barbillons ; deux dorsales distinctes, et quelques rayons de la première détachés en avant, libres et mobiles sur la tête, où ils sont portés sur im inter-épineux couché horizontalement; la membrane des ouïes formant un très grand sac ouvert dans l'aisselle, soutenu par six rayons très alongés, mais l'opercule petit. Elles n'ont que trois branchies de chaque côté. On assure qu'elles se tiennent dans la vase , et qu'en faisant jouer les rayons de leur tête , elles attirent les petits poissons, qui prennent l'extrémité souvent élargie et charnue de ces rayons pour des vers , et qu'elles peuvent ainsi en saisir ou en retenir dans le sac de leurs ouïes (2).
Leur intestin a deux très courts cœcums, vers son origine ; la vessie natatoire manque.
hdL Baudroye , Raie pécheresse , Diable de mer, Galanga, etc. {Lophius piscatorius. L. ) Bl. 87.
Est un grand poisson de nos mers , atteignant quatre et cinq pieds de longueur, que sa figure hideuse a rendu célèbre.
Nous en avons encore dans nos mers une espèce très semblable ( L. parvipinnis , N.), à deuxième dorsale plus basse, et qui n'a que vingt-cinq vertèbres , tandis que l'espèce commune en a trente (3).
(1) Lophius, non fait par Artédi , de Ac <().-;/ (pinna), à cause des crêtes de leur tête. Les anciens les nommaient ijxrfûixcc, et rana ( grenouille ).
(2) Geoffroy, Ann. du Mus., X, p. 180.
(3) Nous ne savons si c'est le Lophius hudecassa de M3I. Spinola et Risso , qui est décrit coinrae plus fauve et plus varié en couleur que Tespèce commune.
Ajoutez le Lophius setigerus, Yahl. , Soc. d'hisl. nat. de Copenh. , IV, p. 215 , et pi. m, f. 5 et 6, nommé mal à propros viviparus par Bl. , Syst. pi. xxxii.
N. B. La Baudrotje f'erguson yLacep. ,Trans. phi\., LUI ,\m-jlc Lophiuscornùbicus, de Sh., Borlase corn. xxvn,6; le L. barhatus, Gmel., Act. Stockh , 1779, 5^ cah , pi. iv, ne sont cjub des individus altérés de la Baudroye commune ; le L. monopterygius , Shaw , Nat. misccU., 202 et 205, n'est qu'une Torpille défigurée par rempaillage.
ACANTHOPTERYGIENS. 515
Les Chiroaectes ( Antennarius. Coinmers. )
Out, comme les Baiulroyes , des rayons libres sur la tête, dont le premier est grêle, terminé souvent par une houppe, et dont les suivants, augmentés d'une membrane, sont quelquefois très renflés, et d'autres l'ois réunis en une nageoire. Leur corps et leur tête sont comprimés ; leur bouche ouverte verticalement. Leurs ouïes , munies de quatre rayons , ne s'ouvrent que par un canal et un petit trou derrière la pectorale ; leur dorsale occupe presque tout le dos. Des appendices cutanées garnissent souvent tout leur corps. Ils ont quatre branchies. Leur vessie natatoire est grande ; leur intestin médiocre et sans cœcums. Ils peuvent, en remplissant d'air leur énorme estomac , à la manière des Tédrodons . gonfler leur ventre comme un ballon; à terre, leurs nageoires paires les aident à ramper, presque comme de petits quadrupèdes , les pectorales , à cause de leur position , faisant fonction de pieds de derrière , et ils peuvent vivre ainsi hors de l'eau, pendant deux ou trois jours. On les trouve dans les mers des pays chauds, et Linnaeus en avait confondu plusieurs sous le nom de Lophius liistrio (1).
On pourrait distinguer les espèces où le deuxième et le troisième rayon sont réunis en une nageoire , qui même se joint quelquefois à la deuxième dorsale (2).
Les Malthées (Malthe. Cuv. )
Ont la tête extraordinairement élargie et aplatie , principalement par la saillie et le volume du sub-opercule; les yeux fort en avant; le museau saillant comme une petite corne; la bouche sous le museau, médiocre et protractile ; les ouïes soutenues par six ou sept rayons, et ouvertes à la lace dorsale , par un trou au dessus de chaque pectorale; une seule petite dorsale molle; le corps hérissé de tubercules osseux , des barbillons tout le long de ses côtés , mais point de rayons libres sur la tête. Ils manquent de vessie natatoire et de cœcums (5) .
Les Batracoïdes, Lac. (Batrachus, B1. Selin.) (-4)
Ont la tète aplatie horizontalement, plus large que le corps , la gueule bien fendue , l'opercule et le sous-opercule épineuv ; six rayons aux ouïes ; des ventrales étroites, attachées sous la gorge, et qui n'ont que trois
(1) Espèces. Chironectespictus, N. , ou Lophius hislrio pictus ; Bl. Schn. , 142 , Méni. du Mus., III, xvi, 1 ; — Ch. tumidus, N., Mus. Ad. Fred., p. 56 ; — Ch. lœcigatus, N. , ou L. gibbiis, Mitch., Trans,New-Yorck, I, vi, &; — Ch. marmoratus , ou L. histr. marin., Bl. Schn., 142, Klein , iMiss. , III, ni , 4, ouL. raninus, Tiles , Mém. des nat. de Mosc. II,xvi; — Ch. hispidus, Bl. Schn., 14-5, Mém. du Mus. , III, xvii , 2; — Ch. scabcr, ib. , XVI, 2, ou Gnaperra, Margr., 150 (mais non la figure) , L. histrio , Bl., pi. csi ; — Ch. bioccllatus ,^ . , Mém. Mus. , III , xvii , ô; — C/i. oce//a^ws, ou L. histr. ocelL, Bl. Schn., 14Ô, Pana, I; — Ch. varieqatus , ou L. chironecte , Lacep. I , xiv , 2 , ou L. pictus, Shaw, Gen. Zool., V, part. Il, pi. clsv ; — Ch. furcipilis, N. , Mém. du Mus. , 111 , xvn , 1 ;Laët., Ind. Occ. , 574, figure répétée pour le guapeiva , Margr. , 150; — Ch. nuinmi- /èr,N.,Mém. du Mus., III, xvn, 4; — CA. Commersonii , N., Lacep., I, xiv,5,et très mal,Ren., I, xLiii, 212; — Ch. tuberosus ,ii.
(2) Ch. punctatus, N. , Mém. du Mus. , III, xvui, 5 , Lacep., Ann. du 3Ius. , IV, lv, ô; — Ch.unipinnis, N.;Mém. du Mus., III, xvui, 3,Lacep. , Ann. du Mus., III, xviii , 4.
(3) Lophius vespertilio , L., Bl., 110 ; — 3/o^/A. nasuta, N., Seb., I, lxxiv,2; —M. notata, N.; — M. Angusta , Nob. , dont le squelette est dans Rosenthal, pi. Ichthyol. t. XIX,2; — ilf. <rwnc«<a,N.; — M. stellata,'^. , ou Lophius stellatus, Vahl. Mém. de la société d'Hist. nat. de Copenh. , IV, pi. m , f. 3 et 4 , le même que le Lophie fcntjas , Lacep. I , XI, 2 et 5, et le Lophius ruber, Til., Voyage de Krusenslcin , lXI.
(4) oxTfAXOç, grenouille, à cause de leur tète élargie.
rayons, dont le premier alongé et élargi; des pectorales portées par un bras court , résultant de l'alongement des os du carpe. Leur première dorsale est courte, soutenue de trois rayons épineux, la seconde molle et longue, ainsi que celle de l'anus, qui lui répond. Souvent leurs lèvres sont garnies de filaments. Ceux qu'on a disséqués, ont l'estomac en sac oblong, des intestins courts, et manquent de cœcums. Leur vessie natatoire est profondément fourchue en avant. Ils se tiennent cachés dans le sable, pour tendre des embûches aux poissons, comme les Baudroies et les Platycéphales. On croit les blessures faites par leurs piquants dangereuses.
Il y en a dans les deux Océans.
Les uns ont la peau lisse et fongueuse, et un lambeau cutané sur l'œil (1).
D'autres l'ont garnie d'écaillés, et manquent de lambeaux sur l'œil (2).
On pourrait en séparer, qui manquent d'écailles et de barbillons, et ont des lignes de pores percés à la peau (5) , et des dents crochues à la mâchoire inférieure.
La quatorzième famille des Acanthoptérygiens , ou celle Des Labroïdes
Se reconnaît aisément à son aspect 5 elle a le corps oblong, écailleux- une seule dorsale soutenue en avant par des épines , garnies le plus souvent chacune d'un lambeau membraneux; les mâchoires couvertes par des lèvres charnues; les pharyngiens au nombre de trois : deux supérieurs appuyés au crâne , un inférieur grand, tous trois armés de dents , tanlôt en pavé , tantôt en pointes ou en lames , mais généralement plus fortes qu'à l'ordinaire ; un canal intestinal sans cœcums ou avec deux cœcums très petits et une forte vessie natatoire.
Les Labres (Labrus, L.)
Forment un genre nombreux de poissons très semblables entre eux, par leur forme oblongue , les doubles lèvres charnues , qui leur ont valu leur nom , dont l'une tient immédiatement aux mâchoires , et l'autre aux sousorbitaires; leurs ouïes serrées à cinq rayons; leurs dents maxillaires coniques, dont les mitoyennes et antérieures plus longues , et leurs dents pharyngiennes cylindriques et mousses , disposées en forme de pavé , les supérieures sur deux grandes plaques , les inférieures sur une seule qui
(1) Batr. tau {Gadus tau, L.), ou Lophius hufo , Mitch. ou Batrachoïdo verneul, Lesueur, Mém. du Mus. V, svii ; — le Batr. varie, id. Se. nat. phil.;— ^a^r. grunniens (Cottus grunniens, L.), Bl. I/O, Séb. III, xxin, 4; — Batr. gangeue , Buehaii , xiv, 8;
— Batr. dubiiis, N. ou L. dubius, J. White, 203, Nieuhof , ap. Will, ap. IV, 1 ; — Batr. A-spinis , N. ou Batr. diemcnsis , Lesueur, Se. nat. pliil.
(2) Batr. surinamensis , Bl. Sehn. pi. vu, donné comme le Tau, Lacep.II, xn, 1 ;
— Batr. conspicillum, N. ou le prétendu Batr. tau, Bl. pi. lxvu, f. 2 et ô.
(5) Batr. porosissimus, N. Niqui, Margr. 178 , ou deuxième Niqui de Pison , 295. N. B. Le premier Niqui de Pison , 294, en est une figure mal copiée du recueil dit de Mentzel, et où le graveur a ajouté des écailles.
ACANTHOPTERYGIENS. 517
correspond aux deux auti'es. Leur estomac n'est point en cul-de-sac , mais se continue avec un intestin sans aucuns cœcums , qui , après deux replis , se termine en un gros rectum. Ils ont une vessie aérienne simple et robuste.
Les Labres proprement dits , vulgairement Vieilles de mer,
N'ont aux opercules et aux préopercules , ni épines, ni dentelures; leur joue et leur opercule sont couverts d'écaillés. Leur ligne latérale est droite ou à peu près.
Nos mers en possèdent quelques espèces que les variations de leurs couleurs ont rarement permis de bien distinguer (1).
La Vieille tachetée. Duham. Sect. IV, pi. ii, fig. 1. { Labrus maculatus . Bl. 284. Labrus bergilta. Ascan. le. I. )
Longue d'un pied à dix-huit pouces ; à vingt ou vingt-une épines dorsales; bleue ou verdàtre en dessus ; blanche en dessous ; émaillée partout de fauve ; le fauve devient quelquefois général (2).
La Vieille rayée. ( Labrus variegatus. Gm. L. lineatus. Penn. XLV, cop.Encycl. 402.)
Une ou plusieurs bandes nuageuses , irrégulières , foncées le long du flanc , sur un fond plus ou moins rougeâtre ; dorsale à seize ou dix-sept épines, marquée d'une tache foncée sur le devant (3).
La Vieille coxileur de chair. {Labrus carneus. Bl. et Labrus trimaculatus. L.)B1.289.
Rougeâtre , trois taches noires sur l'arrière du dos.
La Vieille verte. {Labrus turdus. Gm. ) Salvian. 86.
D'un vert plus ou moins prononcé ; à taches tantôt nacrées , tantôt brunes, éparses : souvent une bande nacrée le long du flanc (4).
La Vieille 7ioire. {Labrus merula. Gm. ) , Salvian. 87.
D'un noir plus ou moins bleuâtre ; ces trois espèces ont de seize à dixsept ou dix-huit épines à la dorsale. Nous n'avons la dernière que de la Méditerranée (5).
(1) N. B. On ne peut se fier, les Labres concernant ni aux figures de Blocli , ni aux synonymies de Gmelin.
(2) La Vieille tachetée a été indiquée, par Lacépède, sous le nom de Lahre Ncustrien. Il serait possible que le Labrus maculatus, Bl.^ 294 , en fût une mauvaise figure faite d'après un individu sec, dont la couleur aurait été entièrement altérée; le Labrus tinca , Shaw. Nat. Mise. 426, et Gen. zool. IV, pi. ii, p. 409 , en est une belle variété rouge , tachetée de blanc, mais ce n'est pas le Tinca de Linn. ; le Labrus ballan , Pennt , 44, copié encycl. 400," est la variété toute fauve ; le L. Coinber, Pennt. xui, cop. encycl. 405 , est une variété rouge avec une suite de taches blanches le long du flanc.
(ô) Je n'en connais de bonne figure que celle de Pennant; je soupçonne le Labr. vetula, Bl. 293, d'en être une figure altérée; c'est, dans la saison de l'amour, le Turdus pcrbeUc pictus de Willughby, 522, et le Spartis formosus de Shaw. Nat. Miscell.
(4) Je crois que le Labrus' viridis et le Labrus luscus, Lin. sont des variétés de ce Turdus, qui est sujet aux plus grands changements , sous le rapport des couleurs. Le Labr. viridis, Bl. 282, est une Girelle, et diffère de celui de Linné. \
(5) Aj. Labr. americaiius, Bl. Schn. ou Tautoga, Mitchil , pi. ni , 1 ; — L. Hérissé ,
Les Cheilines, Lacep.
Difl'èrenl des Labres proprement dits, parce que leur ligne latérale s'interrompt vis-à-vis la fin de la dorsale, pour recommencer un peu plus bas. Les écailles de la fin de leur queue sont grandes et enveloppent un peu la base de leur caudale. Ce sont de beaux poissons de la mer des Indes (1).
Les Capitaines ( Lachnolaimus. N. )
Ont les caractères généraux des Labres proprement dits , mais leurs pharyngiens n'ont de dents en pavé qu'à leur partie postérieure ; le reste de leur étendue , ainsi qu'une partie du palais , est garni d'une membrane villeuse. Ils se reconnaissent dès l'extérieur, parce que les premières épines de leur dorsale s'élèvent en longs filets flexibles.
Les espèces connues viennent d'Amérique (2).
Les GiRELLES (JULIS. N.)
Ont la tête entièrement lisse et sans écailles. Leur ligne latérale est fortement coudée vis-à-vis la fin de la dorsale. Nous en avons quelques-unes dans nos mers.
La Gîrelle lapins connue delà Méditerranée , {Labritsjulis, h.) Bl. 287, f. 1.
Est un petit poisson remarquable par sa belle couleur violette, relevée de chaque côté par une bande en zigzag, d'un bel orangé, etc. Elle est sujette à beaucoup de variétés. On la trouve aussi dans l'Océan.
La Girelle rouge. {Julis gloffredi. Risso.)
D'un beau rouge d'écarlate ; une tache noire à l'angle de l'opercule ) une bande dorée le long des flancs. Elle habite aussi nos deux mers.
La Girelle turque. {Julis turcica. Riss.)
D'un beau vert ; un trait roux sur chaque écaille ; la tête rousse avec des lignes bleues ; une ou plusieurs bandes verticales, d'un bleu turquoise j une
Lacép. III^ XX, 1 ; — L. Large queue, id. III , ix , 3; — L. Deux croissants ., id. III, xxxu, 2; — L. Diane, id. III,xxxii, 1. — N. B. Le Cheilion doré de Commers. Lacep. IV, 433; ou le Labrus inermis de Forskal {L. Hassec, Lacep.), et Voyage de Freyciii. Zool. pi. 34, n" 2, n'est qu'un Labre très grêle, dont les épines dorsales sont flexibles.
(1) Le Cheiline trilobé, Lacep. III , xxxi, 3 , le même que le Sparus chlorurus , Bl . 2G0 ;
— Sparus radiatus , Bl. Schu. 56; — Sparus fasciatus, Bl. 257, qui est aussi le Labre ennéacanthe , Lacep. III, p. 490 ; — Labrus fasciatus, Bl. 290 , qui est aussi le Labre malapteronote , Lacep. III , xxxi, 1 ; figure à laquelle doit se rapporter la descr. du Labre fuligineux ., id. III, p. 493, mais non la figure qui est celle du Mesoprion uninotatus;
— Labrus melagaster. Bl. 296 , 1 ; — L. diagramme , Lac. III, 1, 2; — L. lunula, Forskal.
N. B. Le Labrus scarus, L. ( Cheiline scare, Lacep. ) , n'avait été établi par Artédi et Linnaeus que sur une description équivoque de Bélon , Aquat. éd. lat. p. 239, et Obs. p- 21 , où l'on ne peut pas même voir de quel genre est le poisson dont il veut parler. La figure et la description de Rondelet , lib. YI, ch. n , p. 164, que l'on cite d'ordinaire avec celles de Bélon, appartiennent à un poisson tout différent et du genre des Spares. Le vrai Scaru.^ des Grecs est un tout autre poisson , comme nous le verrons bientôt.
(2) Lachnolaimus suillus, N . ; Catesb. II , xv ; — i. caninus , N . ; Parra , pi. m , f. 2.
ACANTHOPTERYGIENS. 519
tache noire à la pectorale , la queue en croissant; c'est un des plus jolis poissons de la Méditerranée.
Les Girelles des mers des pays chauds sont très nombreuses , et pour la plupart peintes des couleurs les plus vives et les plus variées.
Les unes ont la caudale arrondie ou tronquée (1); et il y en a dont les premiers rayons dorsatix s'alongent en filets (2).
D'autres ont la queue en croissant ou fourchue (3).
Les Anampsès, Cuv.
Ont tous les caractères des Girolles , si ce n'est que leurs mâchoires n'ont chacune que deux dents plates, saillant hors de la bouche et recourbées en dehors.
On n'en connaît qu'un ou deux de la mer des Indes (4).
Les Creniladres,
Que nous séparons des Lutjans de Bloch, pour les ramener à leur vraie place, ont tous les caractères intérieurs et extérieurs des Labres proprement dits , et ne s'en distinguent que par la dentelure du bord de leur préopercule.
On en prend quelques-uns dans les mers du Nord; tels que Lutjanus rupestris Bl. 250; fauve; à bandes nuageuses, verticales, noirâtres. Lutj. Norvegicus. id. 256; brunâtre; tacheté et marbré irrégulièrement de brun foncé ; Labr. Melops; orangé ; tacheté de bleu ; une tache noire derrière
(1) Girelles à queue ronde ou tronquée : le Lahre parterre , Lacep. III., xxix, 2, le même (lyieV Echiquier , id. p. 495; — le L. trilobé , id. III , iv, 3; — le L. ténioure, Lac. III , xxix , 1 , le même que son Spare hémisphère ; III , xv, 3 , et probablement que son Spare brachion, III, xvni, 3; — le L. ceinture , id. III, xxvui , 1 ; — Labrus brasilieusis, Bl. 280; — L.macrolepidotus, Bl. 284, 2; — L. guttatus , Bl. 287; 2. — L. cyanocephalus , Bl. 28G ; — L. vtalapterus, Bl. 285; — L. chloropterus , Bl. 288; — L. birittatiis , 284,1; — Jtilis crofaphus, Nob. Parra, xxxvu , 1 ; — L. albovittatits ^Kœhlr. Nov. Conim. petr. IX, 458, et Encycl. 399; — L. mola , Nob. Russel , II, 120; — L, vtargarilifcrus , Nob. ou Gir. Labiche. Voyage de Freycin. Zool. pi. f . 3 ; — L. ornatuSf Carniich. Trans. Linn.XII, xxvn.
(2) La Gir elle Gayiiiard, Voyage de Freycinet , pi. liv, qui est aussi le Spams crctus , Forsl. et Renard, I"-" part. pi. n , n» 11 , et II» part. 160.
A'. B. Les Coris établis par Lacépède , d'après les dessins de Commerson , se sont trouvés des Girelles à queue tronquée , où le dessinateur avait négligé d'exprimer la séparation du préopercule et de l'opercule. Le Coris angulé , III, iv , 2, paraît même n'être que le Labrus malapterus, et le Coris aigrette, III, iv, 1, doit être bien voisin de la Girelle Gaymard.
Lacépède a aussi nommé Hologymnoses des Girelles dont les écailles du corps , plus petites que de coutume , seraient cachées dans l'état de vie par un épidémie épais; mais les écailles, qui ne paraissent point dans le dessin de Commerson, gravé Lacep. , III , pi. 1 , f. 3, se voient très bien dans le poisson desséché, apporté depuis au Muséum ; ainsi ce genre doit rentrer dans les Girelles, aussi bien que \e Demi-Disque , III, pi. vi , f. 1 ; V^ntielé , ib. , pi. xxvni , et le Cerclé , qui en sont tous au moins très voisins.
(5) Girelles à queue en croissant ou fourchue : Labre hébraïque , Lacep., III, xxix,5; — Labrus bifasciatus , Bl., 283; — L. liinaris, L. , Gron. , Mus. , II , vi ,2, cop. Encycl., 196 ; — L. lunaris, Bl. , 281 , qui est différent , et pourrait même n'être qu'un individu altéré delà Girelle turque:, — L.viridis , Bl., 282; — L. brasiliensis ^Bl.'iSO; — Julis cœrulcoccphalus , N. , ou Girelle Duperrey , Voyage de Freycin. , Zool., pi. , f. 333; — L. argenté, Lac. , III, xvui.
N. B.Lc Scarus gallus de Forskal est probablement le même que le Lab. lunaris.
(4) Labrus tetrodon , Bl. Schu , 263; — Anampscs Cuvieri, Quoy et Gaymard. Voyage de Freycin. , Zool. , pi. lv, f. 1 .
l'œil , pi. XXI , fig. 1 ; Labr. exoletus ou L. -pallonl de Risso ; remarqual>le par les cinq épines de son anale (1).
La Méditerranée en fournit un grand nombre, des plus jolies couleurs, dont le plus beau est le Labr. lapina, Forsk., argenté, à trois larges bandes longitudinales, formées de points vermillons; les pectorales jaunes; les ventrales bleues , etc. (2). Il y en aussi beaucoup dans les mers des pays chauds (5) ; et plusieurs espèces, laissées jusqu\i présent parmi les Labres, doivent encore être ramenées ici.
Les SuBLETs (CoRicus. Cuv.)
Joignent aux caractères des Crénilabres , celui d'une bouche presque aussi protractile que celle des Filous.
On n'en connaît que de petits ; de la Méditerranée (4).
On doit retirer du genre des Spares , pour les placer auprès des Cheïlines ou des Sublets,
Les FiLons, (Epibulus. Cuv.)
Si remarquables par l'extrême extension qu'ils peuvent donner à leur bouche , dont ils font subitement une espèce de tube par lui mouvement de bascule de leurs maxillaires , et en faisant glisser en avant leurs intermaxillaires. Ils emploient cet artifice pour saisir au passage les petits poissons qui nagent à portée de ce singulier instrument. Les Sublets, les Zées, les Picarels , l'emploient également, suivant le plus ou moins de protractilité de leurs mâchoires.
Tout le corps et la tête des Filous sont recouverts de grandes écailles , dont le dernier rang empiète même sur la nageoire de l'anus et sur celle de la queue, ainsi que dans les Cheïlines. Leur ligne latérale est interrompue de même ; ils ont comme elles, et comme les Labres , deux dents coniques, plus longues au devant de chaque mâchoire, et ensuite de petites dents mousses; mais nous n'avons pu observer celles de leur pharynx.
On n'en connaît qu'un, de la mer des Indes; de couleur rougeâtre {Sparus
insidiator), Pall. Spic. Zool. fasc. VIII, ])l. v, 1.
Les Cleptiques (Clepticus. N.)
Ont un petit museau cylindrique , qui sort subitement comme celui des Filous; mais il n'est pas si long que la tête, et laisse à peine sentir quelques petites dents ; leur corps est oblong ; leur tête obtuse ; leur ligne latérale con-
(1) Aj. Lab. gihbus, Penn. , xlvt, copié Encycl. , 40-5 ; — Lutj. virescens, Bl ,254 , i.
(2) Risso eu a décrit plusieurs, dans sa première édition, sous le nom de Lutjans ; dans la seconde , il a adopté notre genre Cbéni labre , et il en porte le nombre à vingt-huit; mais une partie de ses espèces rentrent les unes dans les autres , et sa synonymie est quelquefois hasardée. Il y aura lieu de comparer ses espèces avec celles de Brunnich, de Bloch, etc. Labr. rcnosiis, Brunn. ; — Labr. fuscus , Brunn. ; — Labr. nuimacitlatus, Brunn. ; — Lutj. rostratus , Bl, 254 , 2 , peut-être le Cr. tinca , Risso; — Labr. 5-vtaculatus, Bl. , 291 , 2, est le Crctiil. Baissai, Risso; — Lufj. bidens , Bl. , 251 , 1; — Labr. mediterrafieus , Brunn.; — Labr. riibcns , Brunn. ; — Labr. perça, Brunn.; — Labr. .^palatensis , Br. ; — Labr. tinca, Br. ; — Labr. ocellatiis , Forsk., ou oh'vaceus, Brunn. , etc.
(3) Nous devons mettre en tête le Lutjavus verres, Bl. , 255, le même que son Bodianus bodianus , 225 , et que le Perro-colorado , Parra , pi. m , f . 1 . Aj Lutj. notatus, Bl.,251,2; — Z,.«o/ace?<s,ou L. Linkii, El. . 252; — L. vircsccns , Bl.,254, 1; — Lab. burgall , Schœpf. , ou Z,. chogsct, Mitch. , III ,2. — L. clirt/sops, Bl. , 24S.
(4) Le Lutjaii verdâtre etïc Lufjan Laiiiark, Risso, prcniièreédition. Dans sa deuxième édition , il adopte ce sous-jenre, et y joint uu Coricus riibcscens.
ACANTHOPTERYGIENS. .V2I
liniie ; leurs ôcailles onveloppent la dorsale et l'anale, presque jusqu'au somiiiot des épines.
On n'en connaît qu'un {Clepticus genizara, N.), Parra , pi. xxi , fig. r; d'un rouge pourpré; des Antilles.
Les GoMPHOSEs, Lacep. (Elops. Commers.)
Sont des Labroïdes h tète entièrement lisse , comme dans les Girelles, mais dont le nnisean a la forme d'un tube long et mince , par le prolongement de leurs inlermaxillaires et de leurs mandibulaires , que les téguments lient ensemble , jusqu'à la petite ouverture de la bouche (1).
Ils se prennent dans les mers des Indes , et certaines espèces fournissent
un aliment délicieux (2).
Les Rasons (Xirichthys, Cuv.)
Sont des poissons semblables aux Labres par les formes , mais très comprimés, dont le front descend subitement vers la bouche, par une ligne tranchante et presque verticale , formée par l'ethmoïde et les branches montantes des intermaxillaires. Leur corps est couvert de grandes écailles; leur ligne latérale interrompue, leurs mâchoires armées d'une rangée de dents coniques , dont les mitoyennes plus longues, et leur pharynx pavé de dents hémisphériques; enfin leur canal intestinal est continu, à deux replis sans cœcums ni cul-de-sac stomacal. Ils ont une vessie aérienne assez étendue. Les naturalistes les avaient placés jusqu'à nous, avec les Coryphènes , dont ils diffèrent beaucoup à l'intérieur et à l'extérieur. C'est des Labres qu'ils se rai)procheut le plus, ne s'en distinguant que par le profil de leur tête (3).
La plupart ont la lèlc nue comme les Girelles , tel est
Le Rason ou Rasoir de la Méditerranée. ( Coryphœna novacula, L. ) Rondel.l46,Salv. 117.
Rouge, diversement rayé de bleu. On estime sa cbair (4). Quebpies-uns ont la joue écailleuse (5) ; et il y en a qui se distinguent par de petites écailles (G).
(1 ) Gomphosiis viridis , ou G. Laccpùde , Quoy et Gnym. , Voyage de Freycinet , Zool. , pi. LV , f. 2; — Gomphosua cœndcun, Lacép..IIl. pi. v , f . 1 , ou Jcarauna longirostris, Sevaslianof, Nov. acl. Peliop. , xni , tom. XI ; — G. varicgatus , Lacép. , ib., fol, 2. — Gompliose, deyciJi.fCi;^ citnens, clar.us.
(2) Renard. Poissons de la mer des Indes, deuxième partie, pi. xu, f. 109. Cependant Commerson dit quele Gompliose t/et/ est un manger médiocre.
(ô) Le tranchant de la têle des Coryphènes tient à la crête interpariétale ;Jeurs e'cailies sont petites et molles : leurs cœcums nombreux, frayez Mém. du Mus. , II , 324,
(4) N. B. Le Conjph. lineolata, Rafin., Canitt. , 35, ne diffère pas du Rason ordinaire: mais le noracida corfjphœiia deRisso n'est nvâfc quelePonipile ou Centrolophe.Lc Coryph. cœndea de Rloch , 170, est un Scare. — Ajoutez Cor. iisitlacas , L. ; Cor. lineaia , L. ; et des espèces nouvelles.
{5) Coryphœna poitadactyla, RI., 175, ou Blennius maculis 5, etc., Ankarstrom, Mém. de Stockh. pi. m , f. 2.
LinnK-us l'a confondu avec le poisson .n cinq doigts de Nieiibof, WillugUb. , App. pi. VMi, f. 2, qui n'est qu'un Pilote, ce quia engagé Lacepède à en faire son genre Hcmiptéronote , dont les cisractères ne conviennent nullement à ce Rason.
(f)) Ranon l'écliisr, Quoy et Gaym. , Vovage de Freycinet, Zool. , pi. Lxv,f. 1 . T. I. " 60
Les Chrojiis, Cuv. (1)
Ont les lèvres, les interiuaxillalres protractilcs, les os pharyngiens, les filaments à la dorsale et le port des Labres, mais leurs dents sont en cardes aux mâchoires et au pharynx, et il y en a en avant une rangée de coniques. Leurs nageoires verticales sont filamenteuses,etsouvent même celles du ventre prolongées en longs filets; leur ligne latérale est interrompue. Leur estomac est en cul-dc-sae , mais sans cœcums.
Nous en avons une petite, d'un brun châtain , que Ton pèche par milliers dans la 3Iéditerranée. C'est \e petit Castagneau {Sparus chromis , L.), llondel. 152; le Coraciti vulgaire ou noir des anciens.
Le Nil en produit une autre , qui atteint deux pieds de long , et passe pour le meilleur poisson d'Egypte: c'est le Bolli ou Labriis iiiloticus , Ilasselq. 316, Sonnini, pi. xxvii , fig. 1; le Coracin blanc ou d'Egypte des anciens (2).
Les Cychles (Cychla. B1. Schn.)
Diffèrent des Chromis par leurs dents toutes en velours, sur une large bande; el par un corps plus alongé (3).
Les Plésiops, Cuv.
Sont des Chromis à tète comprimée, dont les yeux sont rapprochés, et les ventrales très longues.
Les Malacanthes (Malacanthus. Nob.)
Ont les caractères généraux des Labres, et des dents maxillaires assez semblables aux leurs , mais leurs dents pharyngiennes sont en cardes comme dans les Chromis et les Cychles ; leur corps est alongé , leur ligne latérale continue , leur opercule terminé par une petite épine , et leur longue dorsale n'a qu'un très petit nombre d'épines minces et flexibles en avant.
Nos Colons des Antilles en ont une espèce qu'ils nomment f^ive; c'est le
Corfphœne plumier, Lacep. IV, vni , 1 , jaunâtre, rayé irrégulièrement en
travers de violet (4); à queue en croissant.
(1) X:o,«ii;, xpsf^iq, xpsfxy , noms grecs d'un poisson indéterminé.
(2) Ajoutez Labrus punclatus, Bl. 2t)o, 1 ; — le Labre filamenloux , Lac. III , xviii , 2; — le Labre l'â-épines , id. ib. xxv, 1 ; — Spams suritiamensis , Bi. 277 ,2; — Chœlodon suratcnsis, Bl. 217? — Pcrca biiiiacidnta , Bl. 510, i.
(ô) Je retrnnclie beancdiip d'espèces du genre Cychla tel que l'a formé Bloch, mais j'y laisse C. saxalilis, Bl. 301); — C. ocvUaris, Bl. Schn. pi. lxvi ; — C. argus, Valenc. ap. llumboldt, Obs. zool. iom. II , p. 109 ; — peut-être le C. brasiliensis , Bl. 510, 2, et des espèces nouvelles. Mais le C. erythrura , Bl. 2G1 , et le C. argi/rca sont des Gerhes; le C. cuning un C.esio , le C. brama un Cantiière; le C. iiiacroplitalma , Bl. 2G8, le C japonica , id. 277, 1 , le C cijnodon, id. 278, 1, sont des Dentex; le C. suriitaincnsis, id. 277 , 2 , et le C. btmaciilata , id. 510, 1 ; sont des CuROiMis ; le C. gultata, Bl. 51 2, !c C. viaciilata, id. 515 , le C. pttuctata , id. 514, sont des Serrans, ou, dans la méthode de Bloch, des Bodians ; le C. pclagica est le Caranxomore de Lacepéde , ou Cortjpliœna pelagica, Linn. On voit que Bloch avait fait son genre Cychla aussi mal que son genre Gramsustes.
Les Hialuhs seraient des Labres sans nageoire anale, mais on n'en cite qu'un, de la Caroline , et seulement d'après une note de Garden, qui a besoin d'être confirmée (Labriis hiafiila, L.). On ne conçoit pas d'après quelle idée Bloch , édition de Schn. p. 481 , a pu le mettre parmi les Trachyptèrus.
(4) N. B. Celte figure tirée de Plumier a été altérée pai Bloch, po ur en faire son Corij
ACÂjSTIIOPTÉRYGIENS. 525
Les SCARES (SCARUS, L.)
Sont des poissons remarquables par leurs mâchoires, (c'est-à-dire leurs os intermaxillaires et prémandibulaires ) convexes, arrondies, garnies de dents disposées comme des écailles sur leur bord et sur leur surface antérieure; les dents se succèdent d'arrière en avant, de manière que celles de la base sont les plus nouvelles et formeront un jour un rang au tranchant. Les naturalistes ont cru à tort que l'os lui-même était à nu. Ces mâchoires sont d'ailleurs recouvertes dans l'état de vie par des lèvres charnues; mais il n'y a pas de double lèvre adhérente au sous-orbitaire. Ces poissons ont la forme oblongue d'un Labre , de grandes écailles, et la ligne latérale interrompue ; ils portent à leur pharynx deux plaques en haut et une en bas , garnies de dents comme les plaques pharyngiennes des Labres; mais ces dents sont des lames transversales et non des pavés arrondis.
L'Archipel en possède une espèce de couleur bleue ou roujje , suivant la saison , qui est le Scariis creticus d'Aldrovande , pisc. p. 8 ; et qui, d'après de nouvelles recherches, me paraît être vraiment le Scarus si célèbre chez les anciens, et que , sous le règne de Claude , Elipertius OptîTtus , commandant d'une flotte romaine, alla chercher en Grèce pour le répandre dans la mer d'Italie. On le mange encore aujourd'hui en Grèce, en l'assaisonnant de ses intestins (1).
11 y en a de nombreuses espèces dans les mers des pays chauds. On leur donne communément , à cause de la l'orme de leurs mâchoires et de l'éclat de leurs couleurs , le nom de Poissons Perroquets.
Les ims ont la caudale en croissant (2) ; et dans ce nombre , il y en a dont le front est singulièrement bombé (3).
D'autres l'ont coupée carrément (4). Nous détachons des Scares :
Les Calliodons j
Où les dents latérales de la mâchoire supérieure sont écartées et pointues , et où cette mâchoire en a un rang intérieur de beaucoup plus petites (5) , et
Les Odax,
Qui se rapprochent des vrais Labres par des lèvres renflées , et une ligne
phœna plumieri, pi. 175. Lacepède en donne une copie plus exacte. C'est aussi le jl/«<ejuelo blanco de Parra, ^III, 1, ou le Spams ohlongus , Bl. Schn. 283.
Aj. le TuMcu de l'Ile de Fiance, ou Labre large raie , Lacep. III , xxvni, 2, dont la description se trouve tome IV, p. 204 , sous le nom de Tœnianolc large raie.
(1) N. B. Ce n'est pas le Se. crcfensis de Bloch, 228.
(2) Scarus coccineus, Bl. Schn. Parra , XXVIII, 2 , qui est le Spams abildgardii, Bl. 239 , et le Spare roageor, Lacep. III , xxxiu, ô ; — ^ le Grand Scare à mâchoires bleues , Se. guacamaia , Nob. Parra , XXVI ; — le Se. cutesby , Lacep. Castesb. Il , xxix ; — le Se. bridé , Lacep. IV , 1 , 2; — 5c. chrijsopterus , Bl. Schn. 57 ; — Se. capilaneus, N. qui est àlafois le6"c. ©««éflcrt/i^Ae; Lacep. IV, p.C, ei son Se. denticulé ,\à.ç. 12 et pi. i , f . 1 , et dont il a rapporté une description sous la rubricjue du Se. chadri.
(ô) Se. loro, Bl. Schn. Parra, XXVII, i ; — Se. cœruleus, Bl. Schn. Parra, XXVII , 2 , etCatesb. II , xni, qui est aussi le Coryphœna cœrulea, Bl. 176, et, ce qui est plus extraordinaire, le Spare holocijanose , Lacep. Ill, xxxni, 2 , et IV , p. 441 , tire son origine du même dessin de Plumier que cette figure de Bloch. ,
(4) Se. vetula, Bl. Schn. Parra, xxviu, 1 ; — Se. tœniopterus, Desmarest ; — Se, chloriSjVsLTv. xxvni ,3; — Sc.psittacus, Forsk.; — Se. viridis , Bl.
(5) Scarus spinidcns , Quoy et Gaym. , Zool. du Voyage de Freycin. p. 289, et quelques espèces nouvelles.
latérale coiiliiiue; loins uuichoires composées comme celles des Scares , sont cepeiidaiit plates et non bombées , et se laissent recouvrir jîar les lèvres ; leurs deuts pharyngiennes sont en pavés comme dans les Labres (1).
La quinzième etdernièrefamille des Acanlhoptërygiensou celle Des Bouches en flûte ,
Se caractérise par ua long tube formé au devant du crâne , par le prolongement de réllimoide. du vomer, des préopercules, interopercules, ptérygoidiens et tympaniques, et au bout duquel se trouve la bouche composée comme à l'ordinaire, des intermaxillaires, maxillaires, palatins et mandibulaires. Leur intestin n'a point de grandes inégalités, ni beaucoup de replis, et leurs côtes sont courtes ou nulles.
Les uns ( les Fistulaires) ont le corps cylindrique 5 les autres (les Centrisques) l'ont ovale et comprimé.
Les Fistulaires (Fistularia, L. )
Prennent en particulier leur nom du long tube commua à toute la famille. Les mâchoires sont au bout , peu fendues et dans une direction presque horizontale. Cette tête ainsi alongée, foit le tiers ou le quart de la longueur du corps, qui est lui-même long et mince. On compte six. ou sept rayons aux ouïes; des appendices osseux s'étendent encore en arrière de la tête, sur la partie antérieure du corps quelles renforcent plus ou moins. La dorsale répond à l'anale, l'estomac, en tube charnu, se continue avec un canal droit, sans replis , au commencement duquel adhèrent deux cœcums.
Dans
Les Fistulaires proprement dits, (Fistularia. Lacep.)
Il n'y a qu'une dorsale, composée en grande partie, ainsi que l'anale, de rayons simples. Les intermaxillaires , et la mâchoire inférieure, sont armés de petites dents. D'entre les deux lobes de leur caudale sort un filament qnehjuefois aussi long que tout le corps. Le tube du museau est très long et déprimé ; la vessie natatoire excessivement petite; les écailles invisibles. Un en trouve dans les mers chaudes des deux hémisphères (2) .
Dans
Les AuLosTOMES, Lacep. (5).
La dorsale est précédée de plusieurs épines libres , et les mâchoires manquent de dents; le corps, bien écailleux , moins grêle , est élargi et comprimé ,
(1) Scarus pullus , Forster , BI. Schn. 288. , (2) Fistularia tabacaria, Bl. , -587 , 1 ; — Fistid. scrmla, id. , ib, , 2 , bout d'Aïuériiiiu? , Marg. ,148, Catesb. , II, xvn; — Fist. iinmaculataj Comraers,, John Wliile, p. 200, f. 2 , est de la mer des Indes.
(ô) Atdostoinc { bouche en flûte ) , de xuKcq et •;ojJ.x.
ACANTIIOPÏÉRYGIENS. 52j
enlre la dorsale et Tanale , que suit luie queue courte et menue , terminée par une naQ-eoire ordinaire. Le Uibe du museau est plus court , plus [jros et comprimé ; la vessie natatoire est très grande.
Ou n'en connaît qu'un ; de la mer des Indes (1).
Les Cemrisques (Centrisccs (2). L.) Vulgairement Bécasses do mer.
Ont, avec le museau tubuleux de cette famille, un corps non alongé , mais ovale ou oblongf, comprimé par les côtés et tranchant en dessous; des ouïes seulement de deux ou trois rayons grêles ; une première dorsale éj)ineuse et de petites ventrales en arrière des pectorales. Leur bouche extrêmement petite, est fendue obliquement ; leur intestin sans cœcums , replié trois ou quatre fois , et leur vessie natatoire considérable.
Dans
Les Centrisques proprement dits,
La dorsale antérieure, située fort en arrière, a sa première épine longue et forte, supportée par un appareil qui tient à fépaule et à la tète. Us sont couverts de petites écailles, et ont de plus quelques plaques larges et dentelées sur l'appareil dont nous venons de parler.
Le CenMscus scolopax L. Bl. 125 (5).
Est une espèce très commune dans la Méditerranée ; longue de quelques pouces; d'une couleur argentée.
Dans
Les Amphisiles, (Ahphisile. Klein.)
Le dos est cuirassé de larges pièces écailleuses , dont l'épine antérieure de la première dorsale a l'air d'être une continuation.
Les uns ont même d'autres pièces écailleuses sur les flancs , et l'épine en question placée tellement en arrière qu'elle repousse , vers le bas la queue , la seconde dorsale et l'anale. Tel est le Centriscus scutatus , Lin. Bl. 125, 2.
D'autres tiennent le milieu entre cette disposition et celle des Centrisques ordinaires. Leur cuirasse ne couvre que la moitié du dos {Ccnlr/scus velitavis ^ l>all. Spic.VIIl,iv, 8).
Les uns et les autres viennent de la mer des Indes.
(\) Fistularia chinensis, Bl. , 588.
(2) Centriscus, de x^vieq.
(3) C'est aussi le iÇ/^MrMS cornulusdc Foiskal, Macrorauiphosc. Lac.
r)2G POISSONS.
La deuxième division des poissons ordinaires ou celle des Malacoptérygiens , contient trois ordres, caractérisés d'après la l)osition des ventrales ou leur absence.