DEUXIÈME ORDRE DES POISSONS
MALACOPTÉRYGIENS abdominaux;
C'est-à-dire, dont les ventrales sont suspendues sous l'abdomen et en arrière des pectoiales, sans être attachées aux os de l'épaule; c'eslle plus nombreux des trois ; il comprend la plupart des poissons d'eau douce.
Nous le subdivisons en cinq familles.
La première famille , ou celle
Des Cyprinoïdes ,
Se reconnaît à une bouche peu fendue, à des mâchoires faibles , le plus souvent sans dents , et dont le bord est formé par les intermaxillaires; à des pharyngiens fortement dentés^ qui compensent le peu d'armure des mâchoires ; à des rayons branchiaux peu nombreux. Leur corps est écailleux; ils n'ont point de dorsale adipeuse , comme nous en verrons dans les Silures et les Salmones. Leur estomac n'a point de cul-de-sac, ni leur pylore d'appendices cécales. Ce sont les moins carnassiers des
Les Cyprins
Forment un genre très nombreux et fort naturel , aisé à distinguer à sa petite bouche, à ses mâchoires sans aucunes dents, et aux trois rayons plats de ses ouïes. Leur langue est lisse ; leur palais est garni d'une substance épaisse, molle , et singulièrement irritable, que l'on connaît vulgairement sous le nom de langue de Carpe; leur pharynx offre un puissant instrument de mastication , savoir de grosses dents adhérentes aux os pharyngiens inférieurs, et pouvant presser les aliments entre elles , et un disque pierreux enchâssé dans une large cavité, sous une apophyse du basilaire. Ces poissons n'ont qu'une dorsale, et leur corps est couvert d'écaillés le plus souvent fort grandes; ils habitent les eaux douces, et sont peut-être les moins carnassiers de toute la classe , vivant en grande partie de graines, d'herbe et même de limon. Leur estomac se continue avec un intestin court et sans cœcums; et leur vessie est divisée en deux par un étranglement.
:\1ALAC0PTÉRYGIENS ABDOMINAUX. IWT
Nous les subdivisons en sous-genres comme il suit :
Les Carpes proprement dites. (Cypuinus. Cuv.)
A dorsale lonfjue, ayant , ainsi que Tanale, une épine plus ou moins forte pour deuxième rayon.
Les unes ont des barbillons aux angles de la mâchoire supérieure. Telle est
La Cavpe vulgaire, ( Cyprlnus carpîo. L. ) Bl. 16. (1)
Poisson connu de tout le monde; d'un vert olivâtre ; jaunâtre en dessous ; dont les épines dorsales et anales sont fortes et dentelées et les barbillons courts; ses dents pharyngiennes sont plates et striées à la couronne. Originaire du milieu de TEurope , il vit dans nos eaux tranquilles , oii il atteint jusqu'à quatre pieds de long. Il s'élève aisément dans les viviers, dans les étangs . et est généralement de bon goût.
On en voit assez souvent des individus monstrueux , à front très bombé et à museau très court.
L'on en élève une race à grandes écailles, dont certains individus ont la peau nue par places , ou même entièrement , que l'on nomme Reine des Carpes , Carpe à miroir, Carpe à cuir, etc. (Cypriiius rex cyprinorum , Bl. 17.) D'autres espèces manquent de barbillons. Tels sont en Europe
Le Carreau ou carrassin. ( Cypr. carassius. L. ) Bl. XL
A corps très élevé; à ligne latérale droite; à tête petite; à caudale coupée carrément.
H est rare dans nos environs , mais fort commun dans le nord.
La Gibèle. {C. Gibelio. Gm.) Bl. 12.
A corps un peu moins haut; à ligne latérale arquée vers le bas ; à caiulale coupée en croissant.
Elle est plus commune autour de Paris ; les épines de ces deux espèces sont faibles , et c'est à peine si l'on y aperçoit quelque dentelure. Telle est encore une espèce importée chez nous , et qui s'y est fort multipliée
à cause de l'éclat et de la variété de ses couleurs , qui font l'ornement de nos
bassins.
La Dorade de la Chine ( Cypr. auralus. L.) Bl. 95.
Qui a les épines dorsales et anales dentelées comme la Carpe. D'abord noirâtre , elle prend par degrés ce beau rouge doré qui la caractérise; mais il y en a d'argentées et de variées de ces trois nuances. Il y en a aussi des individus sans dorsale, d'autres à dorsale très petite , d'autres dont la caudale est très grande et divisée en trois ou quatre lobes, d'autres dont les yeux sont énormément gonflés; et tous ces accidents, produit de l'éducation domestique, peuvent se combiner diversement (2).
(1) Les Cyprins Anne Caroline , Laccp. , Y, xvui, 1 , routje-hriin , id., ib. , xvi, 1 , mordorv, ib. , 2 , vert-violet, ib. , 2 , tous connus seulement d'api es des peintures cbinoises, se rappiocbent beaucoup de la Carpe. Les Chiiv^is, qui se plaisent à élever des poissons d'eau douce , en obtiennent des variétés très diverses, dont on voit des figures dans leurs recueils , mais qu'il ne serait pas sûr d'ériger en espèces sur ces seuls documents.
(2) Tels sont le Cypr. inacroplilahiins ,]i]. , 410, ou le Gros yeux , Lacep. , \,xvui,2.
rr2,S '* POISSONS.
Cosl aussi à ce groupe qu'appartient le plus petit de nos Cypriens d'Europe , dit
La Bouvière ou péteuse , ( Cypr. ayiictrus. I>1. VIII. 3. )
Longue d'un pouce ; verdâtre dessus, d'un bel aurore dessous ; en avril, dans le temps du frai , elle a une ligne d'un bleu d'acier de chaque coté de la queue; le deuxième rayon dorsal lorme une épine assez roide.
Les Barbeaux (Barbus. Cuv. )
Ont la dorsale et l'anale courtes , une forte épine pour second ou troisième rayon de la dorsale, et quatre barbillons, dont deux sur le bout, et deux aux angles de la mâchoire supérieure.
Le Barbeau commun, {Cyprinus barbus. L. ) Bl. 18.
Reconnaissable à sa tète oblongue , est très commun dans les eaux claires et vives, où il atteint quelquefois plus de deux pieds de long.
L'Italie a quelques espèces voisines, dont l'épine est plus faible, et qui, néanmoins, diffèrent des Goujons par leurs quatre barbillons. {Barbus canimiSj Bonelli; B. plebeius, Val., B. Eques, id.) (1).
Les Goujons. (Gobio Cuv.)
Ont la dorsale et l'anale courtes, sans épines à l'une ni à l'autre, et des barbillons.
Nous en avons un à nageoires piquetées de brun, qui, malgré sa petitesse, est estimé par son bon goût {Cypr. gobio, L.), Bl., 8, f. 2. Il vit en troupes dans nos eaux douces, et ne passe guère huit pouces de longueur (2).
Les Tanches (Tinca, Cuv.)
Joignent aux caractères des Goujons, celui de n'avoir que de très petites écailles; leurs barbillons sont aussi très petits.
Nous en avons une, la Tanche vulgaire {Cypr. tinca, L.), Bl., 14, courte et grosse; d'un brnn jaunâtre; elle n'est bonne que dans certaines eaux, et prend quelquefois une belle couleur dorée { Cypr. tinca auratus, Bl., 25). Elle habite de préférence les eaux stagnantes.
le C. quatre lobes, Lacep. , ib. , ô , et les variétés de la Dorade , Bl. , 93 , 94 , etc. f^oi/cz la Collection de Dorades de la Chine, par Sauvif^ny et Martinet. — Aj. Ci/pr. devarid, Euchanan , pi. vi, f. 94; • — C. catla, id., pi. xni, f. 81.
(1) Ajoutez les Barbeaux dte la mer Caspienne; Cijprinvs jxwrsa , Guldenstcdt, Nov. Connu. Petrop.,XVII, pi. xvin , f. ô-o ; — C. hulatmai , PalL, et le Barbeau du Nil (Rypriniis hinny , Forsk. , 71 ; Sonnini , Voyag. , pi. xxvn , f. 5 , ou Cypr. lepidotus, Geoffr. , Eg.Poiss. duNil, pi. x,f. 2).
N. B. Bruce, après avoir donné riiisloire du vrai Binny, y rapporte, par mégarde, la fir^nre et la description d'un Folynème qu'il aura dessiné dans la mer Rouge, d'où Tespèce iina^'îinairedu Polyti. Niloticus Shaw.
11 y a aussi des Barbeaux aux Indes, telscjue : Cypr. c allas u , Buebann. Poiss. du Gange, pi. Il, f. ôô; — C. cocsa, id.,pl. m , f. 77; — C. Datiiconiiia , id., xV; 89; — C. kiiiHiiitn., Hussel , 204; — C. monila, Bucb., xvni , 91 ; — C. qoitius, ib. , iv, 82; — C. Bohita, ib., xxxvi, 83, et plusieurs autres (ine nous décrirons dans notre Icblyologie; nous en avons même d'Amérique.
(2) Aj. Cypr. capnefa., Gnldenst. , Nov. Comm. Pctrop. , XVII, pl.xvui, f. 12; — C. ruriiiuca, Bncban., Voyage au Ulysorc , III, pi. xxx; — C. hcndelisis, id. , ib., pi. xxxu.
Les CiRRHiNEs, Cuv.
Ont la dorsale plus grande que les Goujons, et leurs barbillons sur le milieu de la lèvre supérieure (1).
Les Brèmes (Abramis. Cuv.)
K'out ni épines ni barbillons ; leur dorsale est courte, placée en arrière des ventrales, et leur anale est longue. Nous en avons deux :
La Brème commune. (C. brama. L.) Bl. 13.
La plus grande espèce de cette subdivision ; elle a vingt-neuf rayons à l'anale, et toutes les nageoires obscures. C'est un assez bon poisson, fort abondant, et qu'on multiplie aisément.
La Bordelière, petite Brème ou Hazelin.'(C. blicca. C. latus. Gm.)Bl. 10. A pectorales et ventrales rougeâtres, à vingt-quatre rayons à l'anale ; peu estimée, et ne servant guère qu'à nourrir dans les viviers. (2).
Les Labéons (Labeo. Cuv.)
Ont la dorsale longue, comme les Carpes proprement dites ; mais les épines et les barbillons leur manquent, et leurs lèvres, charnues et souvent crénelées, sont d'une épaisseur remarquable. Us sont étrangers (3).
Les Catastomes (Catastomus. Lesueur.)
Ont les mêmes lèvres, épaisses, pendantes et frangées ou crénelées, que les Labéons ; mais leur dorsale est courte comme celle des Albes ; elle répond audessus des ventrales. Ils vivent dans les eaux douces de l'Amérique septentrionale. (4).
Les Ables (Leuciscus. Klein.) Vulg. Poissons blancs.
Ont la dorsale et l'anale courtes, et manquent d'épines et de barbillons; leurs lèvres n'ont rien de particulier. C'est une subdivision nombreuse en espèces , mais dont la chair est peu estimée. On leur applique assez indistinctement, dans nos diverses provinces, les noms de Meunier, Chevanne, Gardon, etc. (5).
Nous les distinguons d'après la position de leur dorsale, caractère qui n'est pas toujours assez net. Dans les uns, elle répond au-dessus des ventrales.
(1) Cypr. cirrhosus, Bl., 411 ; — C. mrigala Buchann. , pi. vi , f- "9 ; — C. nandina, id. , vni , 84.
(2) Ajoutez trois poissons qui remontent de la Baltique dans les fleuves qui s'y jettent, la Sopc ( C. hallerus), Bl. , 9 , la Série ( C. vimba, L.) , Bl. , 4 , et le C. Buggenhagii, Bl., Oo ; et en espèces étrangères , C. cotis, Buchan. , pi. xxxix , f. 93.
(ô) C. niloticus, Geoffr. , Poiss. du Nil, pi. ix, f- 2; — C. fimbriatus, Bl., 409, auquel il faut ajouter le Cotastomus cypriniis, Lesueur.
(4) 31. Lesueur en a décrit cîis-sept espèces, dans le Journal de l'Académie des sciences naturelles de Philadelphie , tom. 1 , 1817, p. 88 et suiv., et en représente neuf; mais il faut en retrancher la première (Cfff. cyprinus) , qui est plutôt un Labéon. — Aj. Cypr. teres, Mitchill, Trans. New-Y. , I, vi,ii , et le Cyprin sucet, Laccp. , V,xv,2.
(o) N. B. Bloch et ses successeurs n'ont point suivi l'usage des environs de Paris dans l'application de ces noms français , qu'ils ont répartis presque au hasard.
Nous possédons ici de ce groupe,
Le Meunier. {Cyprînus dobula. h.) Bl. 5. A tête largej à museau rondj à pectorales et ventrales rouges.
Le Gardon. {C. idus.) Bl. 6, et mieux Meidinger. 56.
A peu près des mêmes couleurs; à tète moins large: à dos plus relevé; à museau plus convexe.
La Rosse. {Cyprhms rutîlus. L.) Bl. 2.
A corps comprimé, argenté , avec nageoires rouges.
La Vandoise. (C Leuciscus.) Bl. 97, fig. 1.
A corps étroit; à nageoires pâles; à museau un peu proéminent. On prend dans le Rhin
Le Nez, {C. Nasus. L.) Qui aie museau plus saillant et plus obtus que la Vandoise (1). En d'autres, la dorsale répond au-dessus de Tintervalle qui est entre les ventrales et l'anale.
11 y a de ce groupe dans nos eaux,
Le Rotengle. (C. Erythrophtalmus.) Bl. 1.
A nageoires rouges comme la Rosse ; le corps est plus haut et plus épais.
V Ablette. {Cfpr. alburtius. L.) Bl. 8, f. 4.
A corps étroit, argenté, brillant; à nageoires pâles ; à front droit; à mâchoire inférieure un peu plus longue. Très abondante dant toute l'Europe ; c'est un des poissons dont la nacre sert- à fabriquer les fausses perles.
Le Spirlin ou Éperlan de Seine. {Cyp. bipunctatus. L.) Bl. 8 , f.
Très semblable à l'Ablette ; deux points noirs sur chacune des écailles de la ligne latérale.
Le Véron. (Cypr. phoxinus. L.) Bl. 8, f. 5.
Tacheté de noirâtre. C'est la plus petite espèce de ce pays.
Les rivières d'Allemagne et de Hollande nourrissent
L'0;/e. [C. Orphus.) Bl. 95.
D'un beau rouge de minium (2).
(1) Ajoutez Cypr. grislagine; — C. jeses, et en espèces étrangères, Cypr. pala , N., Russ.,207; — C. tolo, N.,Russ., 208 ; — C. Aoya^ Buchan. , Fisc. Gang. , pi. xxviii, f. 80; — C. mola, ib. , xix, f. 86 ; — C. sophore, ib., sxxvm , f. 92; — C. ariza , id. , Voyage au Meissour, III , xxxi.
La difficulté de reconnaître les figures données par les auteurs d'espèces si semblables, est encore augmentée parce qu'il y a dans les rivières d'Europe plusieurs autres espèces qui n'ont pas encore été représentées.
(2) Aj. 1' Aspe ( C. aspius Bl.)
ïn espèces étrangères : Cypr. hashora , Buchan, , Fisc. Gang. , II , f. 90; — C. morar.
11 y en a enfin où elle répond sur le commencement de Tanale (les Chkla. de Buchanan), et dans plusieurs de ceux-ci le corps est comprimé presque comme daus certains Clupes. Tel est
Le Rasoir, {Cypr. cultratits. L.) Bl. 37.
Remarquable encore par sa mâchoire inférieure, qui remonte en avant de la supérieure, par ses grandes pectorales taillées en t'aulx, etc. (1). Ce groupe possède des espèces à barbillons (2).
On pourrait séparer de tous les autres Cyprins
Les GONORHINQUES, {GoNORHYNCHUS. GrOUOV.)
Qui ont le corps et la tête alongés et couverts, ainsi que les opercules , et même la membrane des ouïes, de petites écailles ; le museau saillant, au devant d'une petite bouche sans dents et sans barbillons; trois rayons aux ouïes, et une petite dorsale au-dessus des ventrales.
On n'en connaît qu'un, du Cap {Cjyrimis gonorhynchus , Gm.), Gron., Zooph.,pl. X, fig. 24. (3).
Les Loches, ou Dormilles (Cobitis, L.) (4)
Ont la tète petite , le corps alongé , revêtu de petites écailles et enduit de mucosité ; les ventrales fort en arrière , et au-dessus d'elles une seule petite dorsale ; la bouche au bout du museau , peu fendue , sans dents , mais entourée de lèvres propres à sucer, et de barbillons ; les ouïes peu ouvertes , à trois rayons seulement. Leurs os pharyngiens inférieurs sont assez fortement dentés , il n'y a point de cœcums à leur intestin , et leur très petite vessie natatoire est enfermée dans un étui osseux , bilobé, adhérent à la troisième et à la quatrième vertèbres (S). Nous en avons trois espèces dans nos eaui douces.
La Loche fmnche. {Cobitis barbatula, L.) Bl. 31, 3.
Petit poisson de quatre ou cinq pouces, nuage et pointillé de brun, sur un fond jaunâtre, à six barbillons ; commun dans nos ruisseaux, et de fort bon
goût.
La. Loche d'étang. Misgukn. Lac. (6). [Cobitis fossilis, L.) Bl. 31, 1.
Longue quelquefois d'un pied, avec des raies longitudinales brunes et jaunes, et dix barbillons. Elle se tient dans la vase des étangs, où elle subsiste long-temps même lorsqu'ils sont gelés ou desséchés. Quand le temps est orageux, elle vient à la surface, l'agite, et trouble l'eau; quand il est froid, elle se retire plus soigneusement dans la vase. Elle avale sans cesse de l'air,
ib. , XXXI, f. 75 , et un grand nombre d'autres des eaux douces de toutes les parties du monde , dont Buchanan , Mitchill , etc. , ont déjà indiqué plusieurs , et auxquelles nous en ajouterons encore dans notre histoire des Poissons. Buchanan seul a trouvé aux Indes plusde quatre-vingts C; prias. Nous ne citons icique ceux dont il a donné des figures.
(1) Aj. Cypr. cliqieoïdes';^. , 408 , 2; — C. bacaila, Buchan. , VIII , 76.
(2) Cypr. dantica, id. , xvi,88.
(3) Malcopié ,Schn.,78.
(4) Kcojir:j, nom grec d'un petit poisson mal déterminé.
(5) f^oy. Schneider, Syn. pisc. Arted. , p. 5 et 357.
(6) N. B. Je ne sépare pas les Misgurus des LocAes, parce que leur organisation ne diffère en rien, et que les premiers n'ont pas plus de dents que les autres aux mâchoires; j'ai cherché inutilement celles qu'y décrit Blocli.
qu'elle rend par l'anus, après l'avoir changé en acide carbonique , selon la belle observation de M. Ehrman .Sa chair est molle et sent la vase (1).
La Loche de rivière. {Cobitis tœnia, L, 12.) Bî. 31, 2.
A six barbillons ; à corps comprimé, orangé, marqué de séries de taches noires. Ellese distingue des deux autres par un aiguillon fourchu et mobile, que le sous-orbitraire forme en avant de l'œil. C'est la plus petite des tfois. Elle se tient dans les rivières, entre les pierres (2).
Les Anabieps (Anableps, B1.) (3)
Long-temps et mal à propos réunis aux Loches, ont des caractères fort particuliers : d'abord leurs yeux, très saillants sous une voûte formée de chaque côté par le frontal , ont la cornée et l'iris partagés en deux portions par des bandes transverses , en sorte qu'ils ont deux pupilles et paraissent doubles quoiqu'ils n'aient qu'un crystallin, un vitré et une rétine (4) , ce dont il n'y a pas d'autre exemple parmi les animaux vertébrés. Ensuite les organes de la génération et la vessie du mâle ont leur canal excréteur dans le bord antérieur de la nageoire anale , lequel est gros , long , revêtu d'écaillés ; son extrémité est percée et sert sans doute à l'accouplement. La femelle est vivipare, et les petits naissent déjà très avancés.
Ces poissons ont le corps cylindrique, revêtu de fortes écailles, cinq rayons aux ouïes, la tête aplatie, le museau tronqué, la bouche fendue transversalement au bout, armée aux deux mâchoires de dents en velours; les intermaxillaires sans pédicule, et suspendus sous les os nasaux qui forment le bord antérieur du museau; les pectorales sont en grande partie écailleuses et une petite dorsale est placée sur la queue , plus en arrière que l'anale. Leurs os pharyngiens sont grands et garnis de beaucoup de petites dents globuleuses ; leur vessie aérienne est très grande ; leur intestin ample, mais sans cœcums.
On n'en connaît qu'un des rivières de la Guiane {Cobitis anabieps, L.), Anabieps tetrophtalmus, Bl., 361.
Les PoEciUEs (PoEciLiA, Scho. )
Ont les deux mâchoires aplaties horizontalement, protractiles , peu fendues , garnies d'une rangée de petites dents très fines , le dessus de la tête plat, les opercules grands, cinq rayons aux ouïes, le corps peu alongé , les ventrales peu reculées, et la dorsale au-dessus de l'anale. Ce sont de petits poissons vivipares des eaux douces de l'Amérique (3).
(1) Aj. les trois espèces de Cobitis à joue non armée décrites par Buchanan, Poiss. du Gange, p. Ô57-Ô59. n
(2) Aj. Cobitis geta, Buchanan, xi, 96 , et les sef)t autres espèces à joues armées décrites parjietichtyologisle, Poiss. du Gange, pag. 550-556.
(5) D i-jxiiXèTrco^ lever les yeux, nom donné par Artédi. »
(4) Voyez Lacep. , Mém. de l'Institut , tom. II , p. 572.
(5) Pœcilia Schneideri , Val. , ou P. rivipara , Schn. , 86 , 2; — P. mulHlineata , Lesueur , .lourn. Se. , Philad. , janvier 1821 , pi. i ; — /'. unimacula , Val. , Ap. Humb. , Obs. zool. , II , pi. Li, 2; — P. surinamonsis , id. , ib. , f. 1 .
Les Lebias (Cuv.)
Ressemblent aux Pœcilies , si ce n'est que leurs dents sont dentelées.
Il y en a une espèce en Sardaigne (Pcecil. calaritana, Bonelli); très petit poisson marqué de petites raies noirâtres sur les flancs (1).
Les FoNDULEs ( FcNDCLus , Lacép.)
Ont encore beaucoup de rapports avec les Pœcilies ; mais leurs dents sont en velours, et la rangée antérieure en crochets; ils en ont de coniques, assez fortes au pharynx. On ne leur compte que quatre rayons aux ouïes (2).
Les MoLiNEsiA, Leslieur.
Se distinguent par la position de leur anale entre les ventrales , et sous l'origine de la dorsale qui est très grande. Leurs dents sont comme dans les Fondules , et ils n'ont que quatre ou cinq rayons aux ouïes (3).
Les Cyprinodons , Lacép.
Ont de fines dents en velours , et six rayons aux ouïes ; d'ailleurs ils ressemblent aux trois genres précédents.
Il y en a un dans les lacs d'Autriche , surtout dans les eaux souterraines {Cypr. umbra , Nob., Umbra^ Cramer). Petit poisson d'un brun roussâtre avec quelques taches brunes (4).
La deuxième famille des Malacoptérygiens abdominaux , ou celle
Des ÉsocES ,
Manque aussi d'adipeuse ; sa mâchoire supérieure a son bord formé par l'intermaxiilaire, ou du moins, quand il ne le forme pas tout-à-fait, le maxillaire est sans dents et caché dans l'épaisseur des lèvres, ils sont Toraces; leur intestin est court, sans cœcums ^ plusieurs remontent dans les rivières ; tous ont une vessie natatoire. Excepté les Microssonies , tous ceux que nous connaissons ont la dorsale opposée à l'anale.
(1) Aj. Lehias ellipsoïdea , Lesueur , Ac. Se. , Philad. , janv. 1821 , pi. u , f. 1 et 3 ; — Leh. rhomboïdalis , Val. , Ap. Humb. , Obs. zool. , II , pi. li, 5 ; — Lch. fasciata, id. , ib. , 4.
(2) Fundulus cœniculus, Val. , ou Cohitis heteroclita , Lian. , ou Pœcilia cœnicola , Schn. , Mudfish. de Schœpf. ; Fiind. fasciatus , Val. , loc. cit. , lu, 1 , ou Pœcilia fasciata, Scbn. ,ou Esoxpisciculus, Wiich. , Aanison Ésox zonatus , ou Hydrargyre swampine. , Lacep . , V , 31 9 , est le j eune âge , mais la figure V , x , 3 , est d'une autre espèce j — Fund. hrasiliensis, Val. , loc. cit. , lu , 2.
(3) Molinesialatipinna , Lesueur, Ac. Se. nat. Pliilad. janvier, 1821 , t. III , 1.
(4) Aj. Cyprinodon flaviilu.1 , Val. loc. cit. lu, 3 , qui est VEsox flavuliis , Mitch. pi. iv, f- 8, ou le Cohitis maialis , Schn. ; — C. oviniis, ou Esox ovinis, Mitch. ib. ; — C. varicgalus, Lacep. V, xv, 1 .
Linnœus les réunissait dans son genre des
Brochets (Esox. L. )
Que nous divisons comme il suit :
Les Brochets proprement dits (Esox. Cuv.)
Ont de petits intermaxillaires garnis de petites dents pointues au milieu de la mâchoire supérieure, dont ils l'orment les deux tiers; mais les maxillaires, qui en occupent les côtés, n'ont pas de dents. Le vomer, les palatins, la langue, les pharyngiens et les arceaux des branchies sont hérissés de dents en carde ; sur les cotés de la mâchoire inl'érieure, est en outre une série de longues dents pointues. Leur museau est oblong, obtus, large et déprimé. Ils n'ont qu'une dorsale, vis-à-vis de l'anale. Leur estomac, ample et plissé, se continue avec un intestin mince et sanscœcums, qui se replie deux fois. Leur vessie natatoire est très grande.
Nous en avons un en Europe {Esox Inclus, L.), Bl. 32, connu de tout le monde comme l'un des poissons les plus voraces et les plus destructeurs, mais dont la chair est agréable et d'une digestion facile.
Cette espèce existe aussi dans les eaux douces de l'Amérique septentrionale, qui en ont de plus deux autres : l'une avec des lignes brunâtres sur les flancs, qui forment quelquefois un réseau. Esox retlculariSj Lesueur, Ac. Se, nat. Philad.) ; l'autre semé de taches rondes et noirâtres {Es. Ester, id., ib., L, 413).
Les Galaxies (Galaxias, Cuv.)
Ont le corps sans écailles apparentes, la bouche peu fendue, des dents pointues et médiocres aux palatins et aux deux mâchoires , dont la supérieure a presque tout son bord formé par l'intermaxillaire ; en'fin quelques fortes dents crochues sur la langue.
Les côtés de leur tête offrent des pores , et leur dorsale répond à l'anale, comme dans les Brochets, dont ils ont aussi les intestins (1).
Les Alepocéphales, Risso.
Ont à peu près les mêmes formes générales, mais leur tête seule est sans écailles, leur corps en a de larges; leur bouche est petite, et n'a que de fines dents en velours. Ils ont l'œil très grand, et huit rayons aux ouïes.
On n'en connaît qu'un des profondeurs de la Méditerranée. {Al. rostrattts,
Risso, 2'"<= édit., f. 27, et Mém., de l'ac, de Turin, XXV, pi. x, f. 24.
Les MicRosTOMEs (3IicR0ST0MA, Cuv.)
Ont le museau très court, la mâchoire inférieure plus avancée, garnie, ainsi que les petits intermaxillaires, de dents très fines; trois rayons larges et plats aux ouïes ; l'œil grand ; le corps alongé; la ligne latérale garnie d'une rangée de fortes écailles; une seule dorsale peu en arrière des ventrales; les intestins des Brochets.
On n'en connaît qu'un de la Méditerranée (la Serpe 7nlcrostome, Risso,
pag. 356.)
(I) Eso.vlriittuccus, Cuv.; — Esox ulcpidolus ,YQy^{.
JHALACOPTÉRYGIENS ABDOMINAUX. 535
Les Stomias, Cuv.
Ont le museau extrêmement court, la gueule fendue jusque près des ouïes , les opercules réduits à de petits feuillets membraneux, et les maxillaires fixés à la joue. Les intermaxillaires , les palatins et les mandibules armés d'un petit nombre de dents longues et crochues, et de petites dents semblables sur la langue. Leur corps est alongé; leurs ventrales sont tout-à-fait en arrière, et leur dorsale opposée à Tanale, sur Textrémité postérieure du corps.
On connaît deux espèces de ces singuliers poissons; elles ont été découvertes par Risso dans la Méditerranée; noires, ornées tout le long de leur ventre de plusieurs rangées de points argentés. L'une, VEsox Boa (Risso, l"^» éd., pi. x, f, 34, et 2"^ éd.. f. 40), n'a point de barbillons ; l'autre, Slomias barbatus, en a un très long, épais, pendant sous la symphyse de la mâchoire inférieure.
Les Chauliodes (Chauliodus, Schn.),
Autant qu'on en peut juger par une figure (Catesb., Supp,, pi. ix , Sch., pi. 85.), ont beaucoup de rapport avec les Stomias par la tète et les mâchoires. Deux dents à chaque mâchoire croisent sur la mâchoire opposée, quand la gueule se ferme. La dorsale répond à l'intervalle des pectorales et des ventrales, qui sont bien moins reculées qu'aux Stomias, et le premier rayon de cette dorsale s'alonge en filament.
On n'en a encore trouvé qu'un, près de Gibraltar (C/zat<//oc?2/.y5/oû!;7?. Schn., pi. 86 ; Esox stomias, Sh. V, part. 1, pi. m), long de quinze ou dix-huit pouces, et d'un vert foncé (1).
Les Salanx, Cuv. (2).
Ont la tète déprimée; les opercules se reployant en dessous: quatre rayons plats aux ouïes; les mâchoires courtes, pointues, garnies chacune d'une rangée de dents crochues : la supérieure formée presque en entier par des intermaxillaires sans pédicules , l'inférieure lui peu alongée de la symphyse par un petit appendice qui porte des dents ; leur palais et le fonds de leur bouche sont entièrement lisses. On ne leur voit pas même de saillie linguale (3).
Les Orphies (Belone, Cuv.)
Ont les intermaxillaires formant tout le bord de la mâchoire supérieure, qui se prolonge, ainsi que l'inférieure, en un long museau ; l'une et l'autre est garnie de petites dents; leur bouche n'a point d'autres dents; celles de leur pharynx sont en pavé. Leur corps est alongé et revêtu d'écaillés peu apparentes, excepté une rangée longitudinale, carénée, de chaque côté, près du îjord inférieur. Leurs os sont bien remarquables par leur couleur d'un beau vert (4). Elles diffèrent peu des Brochets par les intestins.
Nous en avons une près de nos côtes, longue de deux pieds, vert dessus, blanc dessous, qui donne un bon manger, malgré la prévention qu'inspire la couleur de ses arêtes [Esox belone , L.), Bl., 53. Il y a des espèces voisines
(1) Le Stomias Schneideri , Risso, deuxième éd., f. 57, , me paraît d'un autre genre et même d'un autre ordre.
(2) Salanx , nom grec d'un poisson inconnu. (ô) Il n'y en a qu'une espèce encore nouvelle.
(4) Cette couleur est inhérente aux os, et ne dépend ni de la cuisson ni de la moelle épinière, comme le croit Bl. éd. de Schn. p. 391.
dans toutes les mers. On dit que Tune d'elles parvient jusqu'à huit pieds de long, et que sa morsure est dangereuse (1).
Les ScoMBRÉsocES, Lacep. (Saïris, Rafin.)
Ont la même structure de museau que les Orphies, et à peu près le même port et les mêmes écailles , avec la rangée carénée le long du ventre ; mais les derniers rayons de leur dorsale et de leur anale sont détachés en fausses nageoires, comme dans les Maquereaux.
Il y en a un dans la Méditerranée (le Scombrésoce campérlen, Lac, V, vi, 5.
Esox saurits, FI. Sch., pi. 78, 2.) Saïris nians, Rafin. Nuov., gen., ix, 1 (2).
Les Demi-Becs (Hemi-Ramphus, Cuv.)
Ont les intermaxillaires formant le bord de la mâchoire supérieure, qui, ainsi que le bord de l'inférieure, est garni de petites dents; mais la supérieure est très courte, et la symphyse de l'inférieure se prolonge en une longue pointe ou demi-bec sans dents. Du reste, par leur port, leurs nageoires et leurs viscères, ils ressemblent encore aux Orphies. Leurs écailles sont assez grandes et rondes, et il y en a aussi une rangée de carénées le long du ventre.
On en trouve plusieurs espèces dans les mers chaudes des deux hémisphères ; leur chair, quoique huileuse, est agréable au goût (3).
Les Exocets (Exocetus, L.) (4)
Se reconnaissent sur-le-champ, parmi les Abdominaux, à l'excessive grandeur de leurs pectorales , assez étendues pour les soutenir quelques instants en l'air. Du reste , leur tête et leur corps sont écailleux ; une rangée longitudinale d'écaillés carénées leur forme une ligne saillante au bas de chaque flanc, comme aux Oi^pliies, aux Hémiramphes, etc. (S). Leur tête
(1) Le Brochet de Bantam, Renard, Ile part. fol. 14, n» 65 ; — le Belone crocodila, Lesueur , Ac. Se. nat. Philad, I, 121), probablement le même que le ffahla kuddera, Russel , 175 , et que la variété de l'Orphie , Lacep. VII , pi. v, f. 1 .
Aj. Belone caudimacula , N., kuddera, A. , Russel , 176; — Belone cancila, Ham. Buchan , xxvu , 70; — Belone argalu s, Lesueur , loc. cit. p. 125; — Bel. truncafa, id. p. 126 ; — Bel. caribœa , id. 127, qui est peut-être le Timucu de Margr. 168 , et d'autres espèces que nous décrirons dans notre grande Ichtyologie.
(2) Aj. Scomhcr-esox eqiiirostris , Lesueur , Ac. Se. nat. Philad. I, 132; — Se. scutellatus, id. ib.
(•5) Espèces des Indes, Hemir. longirostris , N., ou kuddera, C. Russel, 178 ; — H. hrevirostris ou kuddera, B. Russel , 177, Willuglib. app. pi. vi , f. 4 ; — H. marginatus, N. Lacep. V, vu , 2 ; — H. commersonii , N . Lacep. V, vu , ô , ou le demi-hec de Baggeicaal, Renard, II" part. pi. v, n» 21.
Espèces d'Amérique , H. brasilicnsis , N., ou Esox hrasiliensis , Bloch , 591 ; — H. hepsetus ou Es. hepscfus, Bl. Schn. et d'autres que nous décrirons dans notre grande histoire des Poissons. Ployez aussi l'article de Lesueur, Journ. des Se. nat. de Philad., I, 134 et suivantes.
N. B. Lacep. réunit VEsox hepsetusàeWan. à Y Es. margtnatus ; mais VEsox hepsetus est un composé de deux poissons : l'un , le Piquitinga de Marg. 159 , ( le Mœnidia de Brown, Jam. XLV, 3), est un Anchois. L'autre, amœn. ac. I, p. 321 , me paraît indéterminable, mais ce ne peut pas être un Hémirantjjhc.
(1) Ef wxoirsç , couchant dehors , nom grec d'un poisson qui, au dire des anciens, venait se reposer sur le rivage. C'était probablement quelque Gobie ou quelque Blennie, comme l'ont pensé Rondelet et d'autres. On ne comprend pas comment Artédi a pu associer nos poissons actuels à ces Blennies : Linnaeus les en a séparés en leur conservant ce nom iV Exocet qui ne leur appartenait point.
(5) Ou ne doit pas confondre, comme l'a fait Bloch, cette carène avec la ligne latérale qui est il sa plaro ordinaire, quoique souvent peu marquée.
est aplatie en dessus et par les côtés ; leur dorsale est placée au-dessus de l'anale; leurs yeux sont grands, leurs intermaxillaires sans pédicules et faisantseuls le bord de la mâchoire supérieure; leurs deux mâchoires sont garnies de petites dents pointues, et leurs os pharyngiens de dents en pavé.
On compte dix rayons à leurs ouïes ; leur vessie natatoire est très grande, et leur intestin droit est sans cœcums. Le lobe supérieur de la caudale est le plus court. Leur vol n'est jamais bien long; s'élevant pour fuir les poissons voraces, ils retombent bientôt, parce que leurs ailes ne leur servent que de parachute; les oiseaux les poursuivent dans l'air comme les poissons dans l'eau. On en trouve dans toutes les mers chaudes et tempérées.
Nous en avons un assez commun, dans la Méditerranée, reconnaissable à la longueur de ses ventrales, placées pins en arrière que le milieu du corps. C'est VExocetiis exiliens, Bl. 597. Les jeunes individus ont des bandes noires sur leurs nageoires (1). L'espèce la plus commune dans TOcéan, Ex. volitans, Bl. 598, a les ventrales petites et placées avantle milieu (2).
Les mers d'Amérique en produisent avec des barbillons tantôt simples (5), tantôt doubles, et même branchus (4).
Nous plaçons , à la suite de la famille des Esoces , un genre qui en diffère peu, mais qui a les intestins plus longs et deux cœcums. Il donnera lieu très probablement à une famille particulière. C'est celui des
MORMYRES. (MORMYRUS, L.) (3)
Poissons à corps comprimé , oblong, écadieux ; à queue mince à sa base, renflée vers la nageoire ; à tète couverte d'une peau nue et épaisse , qui enveloppe les opercules et les rayons des ouïes , et ne laisse pour leur ouverture qu'une fente verticale , ce qui leur a fait refuser des opercules par quelques naturalistes, quoiqu'ils en aient d'aussi complets qu'aucun poisson , et a fait réduire à un seul leurs rayons branchiaux, quoiqu'ils en aient cinq ou six. L'ouverture de leur bouche est fort petite, })resque comme aux mammifères nommés Fourmilliers; les maxillaires en forment les angles. Des dents menues et échanerées au bout garnissent les intermaxillaires et la mâchoire inférieure, et il y a sur la langue et sous le vomer une longue bande de dents en velours. L'estomac est en sac arrondi ,
(1) Tel était le petit individu de la Caroline décrit par Linnœus , et, à ce que je crois , VE.rocctiis fasciatns, Lesueur , Ac. Se. nat. Phil. II, pi. iv, f. 2, mais le deuxième Pirabibe de Pisou , Cl , est le volitans.
(2) Je vois par les dessins de Comnierson et par celui de Wliyte, Botan. Bay. app. p. 266. ainsi que par les envois de nos voyageurs récents , que l'on en trouve des deux forraesdansla mer Pacifique.
N.B.Vexilivns et le mcsmjaslcr, Bl. 399, se ressemblent beaucoup. Il n'est pas aisé de les distinguer dans les relations et les figures des voyageurs. — Verolans de Linn. ne parait qu'un volitans dont les écailles étaient tombées.
(ô) Exocetus comatus, Mitch. Trans.New. I, pi. v, f. 1, probablement le même que VEx. appendiculatus , Will. Wood. Ac. se. nat. Philad. IV, svn, 2.
(4) Exocctusftircatus, JMitch. I, cit. f. 2, que je soupçonne le même que VEx. nuttalii, Lesueur, Se. nat. Philad. II , iv. 1.
(a) ?iTo:/j.vpcç , nom grec d'un poisson de mer, littoral et varié en couleur : probablement \c Spams moruiyvus. L. Il a été applique assez mal à propos par Linnicus à des poissons ù'c.ni douce, d'une conlour uniforme.
suivi de deux cœcums et d'un intestin long et grêle , presque toujours enveloppé de beaucoup de graisse. La vessie est longue, ample et simple. On compte les Mormyres parmi les meilleurs poissons du Nil.
Les uns ont le museau cylindrique, la dorsale longue (1).
D'autres ont le museau cylindrique, la dorsale courte (2).
On peut croire, ainsi que le pense M. Geodroy, que c'est dans l'une ou l'autre de ces subdivisions que l'on doit chercher V Oxyrinque , révéré des anciens Egyptiens.
D'autres encore ont le museau court, arrondi, la dorsale courte (5).
Enfin, il en est où le front fait une saillie bombée, en avant d'une Ijouche reculée (4).
La troisième familles des Malacoplérygiens abdominaux ou celle
Des SÏLUROIDES,
Se dislinjTue de toutes les autres de cet ordre, parce qu'elle n'a jamais de véritables écailles, mais seulement une peau unie, ou de grandes plaques osseuses. Les intermaxillaires suspendus sous l'ethmoide forment le bord de la mâchoire supérieure, et les maxillaires sont réduits à de siinples vestiges ou alongés en barbillons. Le canal intestinal est ample, replié et sans cœcums; la vessie grande et adhérente à un appareil osseux particulier ; presque toujours la dorsale et les pectorales ont une forte épine articulée , pour premier rayon , et il y a très souvent en arrière une adipeuse comme dans les Saumons.
Les SlLtJRES (SlLURUS, L.) (Sj.
Forment un genre nombreux que l'on reconnaît à sa nudité, à sa bouche fendue au bout du museau, et, pour le plus grand nombre des sous-genres, à la forte épine qui fait le premier rayon de la pectorale. Elle est tellement articulée sur l'os de l'épaule , que le poisson peut à volonté la rapprocher du corps ou la fixer perpendiculairement dans une situation immobile, ce qui en fait alors une arme dangereuse et dont les blessures passent , en
(1) Le Morm. d'Hasselquist , Geoff. poiss. du Nil, pi. vi , f. 2; — Mormyrus caschire, Hasselq. ô'J8, qui me paraît différent du précédent par plusieurs traits essentiels, à eu juf;er par sa description ; — \e Monn. oxijrinqne , Geoff. pi. vi, f. \ , (\uï aile Centriscus niloticus, Schn. pi. 30; — Mormyrus cannume , Forsk. 74 , dont la description ne me paraît pas non plus pouvoir s'accorder avec aucun des précédents.
(2) Le Morm. de De^idarah, ou anguilloïdes^ L. Geoffr. pi. vu , f. 2, mal à propos confondu avec le c«sc/iiï-e d'Hasselquist par Linna'us, mais qui esile Hersé , Sonnini, Voyag. en ÉgYp. pL XXII, f. 1.
(5) Le Morm.de Salhcyhe, M. lahiatus, Geoffr. pi. vu , f. 1 ; — le M. de Belbetjs , M. dorsalis , id. pi. vui . f , 1 , qui est le liaschouv ., Bonn. pi. xxi , f. 3.
(4) Le Morm. banc, ou M. cyprinoïdes , L. Geoffr. pi. vni , f. 2.
N. B. Il y a dans le Nil et dans le Sénégal plusieurs autres espèces de Mormyres , non encore publiées.
(3) Sihtrus et Glanis, deux noms anciens, pris tantôt pour synonymes, tantôt pour différents, et donnés à des poissons du Kil , du Danube , de l'Oronte et de quelques rivières derAsie-Jlineure. Il n'est guère douteux qu'ils n'appartiennent à ce genre.
beaucoup d'endroits, pour envenimées, sans doute parce que le tétanos survient à la suite de leurs déchirures.
Les Silures ont en outre la tête déprimée , les intermaxillaires suspendus sous l'ethmoïde , et non protractiles , les maxillaires très petits , mais se continuant presque toujours chacun en un barbillon charnu, auquel se joignent d'autres barbillons attachés à la mâchoire inférieure ou même aux narines. Le couvercle de leurs branchies manque de la pièce que nous avons appelée subopercule; la vessie natatoire, robuste et en forme de cœur, adhère, par ses deux lobes supérieurs, à un appareil osseux particulier, qui tient ta la première vertèbre. L'estomac est en cul-de-sac, charnu; l'intestin long, ample et sans cœcums (1). Ces poissons abondent dans les rivières des pays chauds. On trouve des grains dans l'estomac de plusieurs espèces.
Dans
Les Silures proprement dits, (Silcrus. Lacep.)
Il n'y a qu'une petite nageoire de peu de rayons, sur le devant du dos ; mais l'anale est fort longue, et va très près de celle de la queue.
Les SiLtRES , plus spécialement ainsi nommés, (Silurus Artéd., etGronov.) Ont la petite dorsale sans épine sensible; les dents en cadres aux deux mâchoires, et derrière la bande intermaxiliaire de ces dents, une bande vomérienne. Tel est
Le Saluth des Suisses. {Sîlumis glanis, L.) , Bl. 34. Wels ou Scheîd des Allemands; Mal des Suédois.
Le plus grand des poissons d'eau douce de l'Europe, et le seul de tout ce grand genre qu'elle possède; lisse, noir, verdâtre, tacheté de noir en dessus, blanc-jaunâtre en dessous ; à grosse tète ; à six barbillons ; quelquefois long de six pieds et davantage; et pesant, dit-on jusqu'à trois cents livres. Il se trouve dans les rivières d'Allemagne, de Hongrie, dans le lac d'Harlem, etc.; il se cache dans la vase pour attendre sa proie. Sa chair est grasse, et on emploie en quelques endroits son lard comme celui du Porc (2).
Les ScHILBÉS
Diffèrent de ces Silures par un corps comprimé verticalement, et par une épine forte et dentelée à leur dorsale. Leur tête petite, déprimée, leur nuque subitement relevée, et leurs yeux placés très bas, leur donnent une apparence singulière.
On n'en connaît encore que dans le Nil, où leur chair est moins mauvaise
que celle des autres Silures de ce fleuve. Ils ont huit barbillons (3).
On pourra faire un nouveau sous-genre de quelques espèces d'Amérique , à téter onde, mousse, petite, pourvue de barbillons, et dont les yeux sont presque imperceptibles (4).
(1) llasselquist en attribue au Schilbé , mais je me suis assuré du contraire.
(2) Ajoutez SU. fossilis , Bl. 370 , 2 ; — SU. himacidaliis , id. 3G4 ; — fFaUagoo , Russel, 160; — SU. atta, Schn. 73; — le SU. chinois, Lacep. V, ii, 1 ; — SU. asotus, L. Pallas,nov. act. Petiop. I,xi, 2.
N. B. D'après une inspection de l'individu desséché, VOmpok siluroïde y Lacep. V, i, 2^ est un Silure dont la dorsale repliée n'a pas été vue par le dessinateur.
(3) Silurus «tysfus.Hasselq. Geoff. poiss. d'Ég. pi. II, fig. 3 et 4: — Silurus aurititSf Geoff.ib.f.l et2.
(4) Silurus candira , Spix , X , 1 ; — SU. cœcutiens , id. ib. 2.
MO POISSOXS.
Les Macuoirans (1) (Mystus. Artétl., et Lin., clans ses premières éditions.)
Sont des Silures qui, outre leur première dorsale rayonnée , en ont une seconde adipeuse j ils se composent principalement des Pimelodes et des Doras, Lacep.
Les Pimelodes, Lacep.
Ont le corps revêtu seulement d'une peau nue, sans armures latérales.
Ce sous-genre est encore beaucoup trop nombreux en espèces, et ses espèces sont beaucoup trop diverses par leur conformation, pour que nous n'ayons pas été obligés de le diviser et de le subdiviser.
iSous y distinguons d'abord ;
Les Bagres ,
Qui ont à chaque mâchoire une bande de dénis en velours, et derrière celles de la mâchoire supérieure, une bande parallèle qui appartient au vomer ; le nombre de leurs barbillons et la forme de leur tète, servent à les subdiviser.
Parmi ceux qui ont huit barbillons, il y en a à tète oblougue et déprimée (2).
A tête large et courte (5).
Parmi ceux à six barbillons, les plus remarquables ont le museau déprimé et large, autant et plus que le Brochet (4).
D'autres ont la tête ovale, et ses os chagrinés lui forment une espèce de casque (5).
D'autres l'ont ronde et non casquée , mais couverte seulement d'une peau nue (6).
Quelques-uns se font remarquer par une tête déprimée, des yeux placés très bas sur ses cotés, et une adipeuse extrêmement jietitej ils ressemblent beaucoup aux Schilbés (7).
Enfin il y a des Bagres qui n'ont que quatre barbillons (8).
Les Pimelodes proprement dits
N'ont point de bande de dents au vomer, parallèle à celle de la mâchoire supérieure ; mais il y en a souvent à leurs palatins. Ils offrent dans le nombre de leurs filets et dans les formes de leur tête , des variétés encore plus nombreuses que les Bagres.
Ainsi parmi ceux qui n'ont qu'une seule bande de dents, on en voitquiontla tête casquée, et une plaque osseuse ou bouclier distinct, entre le casque et l'épine de la dorsale (9).
(1) Machoiran , nom de ces poissonwGans les colonies françaises. Schn. p. 478, le rapporte mal à propos aux Balistes.
(2) SU. BayacL, Forsk., Porcus hnyad., Geoff. É^yp. poiss. pi. xv, f . 1 et 2; — SU. Docmac, Forsk. GeoiT. ib. 3, 4; — Pimclodiis aor., Buchan. xx, G8.
(ô) SU, crythroptcrus ., Bl. 569, 2; — Piinel. carasius , Buchan. XI, 07; — Pim. gidio, id. xxiii ,60; — Pim. carcio , id. I, 72; — Pim. nangra, id. xi , Gô.
(4) SU. lima, Bl. Schn.; — SU. fasciatus , Bl. 366, et diverses espèces nouvelles. Spix fait de cette division son genre Sorubim.
(o) Pimêlodc aboiircal, Geoff. Égyp. poiss. pi. xiv, f . 3 cl i;—Pimcl. hUincatus, Dcddi-Jallah, ^ussel, 169.
(6) Ces espèces sont nouvelles.
(7) Spix en fait son genre IIypophtalmtjs , dont il a deux espèces : Ili/J^. edcntatus, ix , Hyp. nuchalis , xvii.
(8) SU. hagre, Bl. 365 ; — SU. marinus, Mitch.
(9) SU. clarias , Bl. xxxv, 1 , 2j — Pimcl. inacidalus , Lacep. V, p. 103; — SU. heinio- Ui^plcrus, Bl, Schn.
D'autres où le bouclier s'uuit et ne fait quUin seul corps avec le casque qui rogne ainsi depuis le museau jusqu'à la dorsale (1).
D'autres encore, qui ont la tète ovale, revêtue seulement de peau, au travers de laquelle les os ne paraissent pas, et dans ce groupe, les uns ont six barbillons (2) ; les autres huit (5).
Il y en a à tcte nue, mais très large, que l'on connaît sous le nom de Chats, et leurs barbillons sont aussi tanlck au nombre de six (4), tantôt de huit (5).
On doit en distinguer à tète petite, plate; à dorsales aussi très petites; à dents presque imperceptibles (6).
Viennent ensuite les Pimelodes, qui, outre la bande de dents de la mâchoire, en ont des plaques aux palatins ; ces dents palatines peuvent être en velours oU cardes, et alors le bouclier de la nuque peut être distinct du casque (7), ou bien il peut lui être réuni (8). Ces dents palatines sont quelquelois aussi rondes comme de petits pavés (9).
H y ajdes Pimelodes très singuliers, par des dents en cardes, qui leur forment un groupe mobile en dedans de la peau delà joue (10).
Il y en a aussi à museau alongé (11), et même pointu et presque sans dents (12).
Ces Pimelodes à museau alongé conduisent au groupe encore beaucoup plus extraordinaire
Des ScHALS (Synodontis, Cuv.) (15).
Dont le museau est étroit, et où la mâchoire inférieure porte un p.aquet de dents très aplaties latéralement, terminées en crochets, et suspendues chacune par un pédiculeflexible, dentition dont il n'y apoint d'autre exemple connu. Le casque rude, formé par le crâne de ces poissons, se continue sans interruption, avec une plaque osseuse., qui s'élend jusqu'à la base de la première dorsale, épine qui est très forte, aussi bien que celles des pectorales. Leurs barbillons inférieurs, quelquefois même les maxillaires, ont des barbes latérales. On trouve de ces poissons dans le Nil et dans le Sénégal ; leur chair est méprisée (14).
Les Acéneioses, Lacep.
Ont tous les caractères des Pimelodes, excepté qu'ils manquent de barbillons proprement dits.
(1) Espèces nouvelles.
(2) SU. 4-macHlatus , BI. ô68, 2; — Piin. namdia, N. Marge. 149; — Piiii. schœ,^. Scb. III, XXIX, 5; — Piiii. pirinamp., Spix, 8.
(3) Pim. octocirrhus , N. Séb. III , xxix , 1 .
(4) Espèces nouvelles.
(5) SU. catns, Linn. Catesb. II, xxui.
(6) Espèces nouvelles.
(7) Pim. hcrzbergii, Bl. 567. — le Piiii. doigt-de-nùgrc , Lacep.
(8) Espèces nouvelles.
(9) Espèces nouvelles.
(10) Pim. genidens , Nob., espèce nouvelle.
(11) Le Karasche {Pim. biscutatus) , Geoffr. Égyp. poiss. XIV; 1,2; — Pim. gagala , Buchan.xxxix,65.
(12) Pim. conirostris , N.
(lô) Sijnodonlis , nom ancien d'un poisson du Nil , indéterminé.
(14) Silurus clarias , Ilasselquist , très différent Au Clarias de Gronovius et de Bloch. ; c'est le même que le SU. schal, Schn. Sonnini, Voyag. pi. xxi , f . 2 , ou que le Pimclode SchcUan , Geoff. poiss. d'Eg. xni, f. ô et 4; — Pimelodus si/?iodontes , Geoff. ib. xu , f • iî ; — Pimclodiis viembranaceus , id. ib. f. 1 et 2. iV. B. Schal est leur nom géuciiquc dans la basse Egypte; Gttrgur dans la haute.
Dans les uns, Vos maxillaire, au lieu de se prolonger en un barbillon charnu et flexible, se redresse comme une corne dentelée (1).
Dans d'autres, il ne fait aucune saillie, et reste caché sous la peau ; les épines dorsale et pectorale y sont peu apparentes (2).
Les Doras, Lacep.
Sont des 3Iachoîrans , c'est-à-dire des Silures à deuxième dorsale adipeuse, où la ligne latérale est cuirassée par une rangée de pièces osseuses, relevées chacune d'une épine ou d'une carène saillante. Leurs épines dorsales et pectorales sont très fortes, et puissamment dentelées. Leur casque est âpre, et se continue jusqu'à la dorsale, comme aux Schals, et leur os de l'épaule fait une pointe en arrière.
Il y en a qui n'ont que la bande de dents en velours à la mâchoire supérieure (3).
D'autres ont le museau pointu, et point de dents, ou des dents à peine sensibles; leurs barbillons maxillaires ont quelquefois des soies latérales (4).
Les HÉTÉROBRA.NCHES (HeTEROBRANCHUS, Gcoff.)
Ont la tête garnie d'un bouclier âpre , plat et plus large qu'aucun autre Silure, parce que les frontaux et les pariétaux donnent des lames latérales, qui recouvrent l'orbite et la tempe ; l'opercule est encore plus petit à proportion qu'aux précédents, et ce qui les distingue même de tous les poissons, c'est la particularité observée par M. Geoffroi qu'outre les branchies ordinaires, ils ont des appareils ramifiés comme des arbres, adhérents à la branche supérieure du troisième et du quatrième arc branchial, et qui paraissent être une sorte de branchies surnuméraires. Du reste, leurs viscères ressemblent à ceux des autres Silures; leur membrane branchiale a de huit ou neuf, à treize ou quatorze rayons. Leur épine pectorale est forte et dentelée, mais il n'y en a point de telle à la dorsale ; leur corps est nu et alongé ainsi que leur dorsale et leur anale. Il n'y a point d'épine à la dorsale. La caudale est distincte. Ceux qu'on connaît ont huit barbillons : ils viennent du Nil, du Sénégal, et de quelques rivières d'Asie. Leur chair est médiocre ou mauvaise.
Les uns, les Macroptéronotes, Lacep. Clarias, Gronov., n'ont qu'une dorsale toute rayonnée.
L'un deux, le Sharmuth ou Poisson noir {Silurus anguillaris, Ilasselq. etL.),
est commun en Egypte et en Syrie, et forme, en ce dernier pays^ un grand
article de nourriture (5).
(1) Silurus mililaris, Bl. 362.
(2) SU. inermis, Bl. 363 , Séb. III , xxix , 8 ; — Pimol. silondia , Buchan, VII , 50.
N. B. Le Silurus ascita, L. ad. fr. pi. xxx, f. 2, 2, n'est qu'un Pimelode ordinaire, sortant de l'œuf, et dont le jaune n'est pas encore tout à fait rentré dans l'abdomen. Linnxus a pris ce jaune pour un ovaire, et son erreur a été paraphrasée par Bloch. C'est aussi par une faute d'impression que Linnœus place quatre barbillons à la mâchoire supérieure. Ses figures les mettent à l'inférieure.
(3) Silurus costatus, L. Bl. 376 , et Gronov. V, 1 , 2, qui est aussi le Cafaphractus ame- »-4caMj<s, Catesb.suppl. IX, cité d'ordinaire sous SU. cataphractus ; — SU. carinatus , Lacep. qui me paraît le même que Gronov. III , 4 et 5 , cité aussi d'ordinaire sous S. cataphractus ei quele Klip-bagre , Margr. 174; ainsi l'espèce du 67/. cataphractus sq réduirait à rien. — Doras granulosus , Valenc. ap. llumb. Obs. zool. II, 183.
(4) Doras niger, Valenc. loc. cit. ou Corydoras cdetitulus. Spis. V , — Dor. oxyrhynchus, Val. ib.
(a) Aj. Macropl. magur, Buchan. xxvi, le même que le Silurus nommé Anguillaris par Patr. Russel , 168 ; — SU. batrachus, Bl. 370 , 1 , qui pourrait bien être le même que
D'autres ont uue dorsale rayonnée, et une adipeuse (1).
Les Plotoses , Lacep.
Se caractérisent par une seconde dorsale rayonnée, très longue, aussi Lien que Tanale, et toutes les deux s'unissant à la caudale pour i'ornier une pointe comme dans TAnguille. Leurs lèvres sont charnues et pendantes; leur gueule est armée, en avant, de dents coniques, derrière lesquelles en sont de globuleuses, qui, à la mâchoire supérieure, appartiennent au vomer. Une peau épaisse enveloppe leur tète comme le reste de leur corps ; leur membrane branchiale a neulou dix rayons.
Ceux qu'on connaît viennent des Indes orientales. On leur compte huit barbillons, et derrière l'anus et le tubercule charnu et conique commun à tous les Silures, est encore un appendice charnu et ramifié, dont les fonctions doivent être singulières.
Les uns ont des épines dorsales et pectorales dentelées et considérables (2).
D'autres les ont presque cachées sous la peau (3).
Les Callichtes (Callichthys , Linn., dans ses prem., édit., Cataphractus, Lacep.) (4).
Ont le corps presque entièrement cuirassé sur ses côtés , par quatre rangées de pièces écailleuses, et il y a aussi sur la tèle un compartiment de ces pièces ; mais le bout du museau est nu, ainsi que le dessous du corps; leur deuxième dorsale n'a qu'un seul rayon dans son bord antérieur; leur épine pectorale est forte, mais la dorsale est faible ou courte. La bouche est peu fendne, et les dents presque insensibles; les barbillons au nombre de quatre; les yeux petits et sur les côtés de la tête.
Ces poissons peuvent ramper à sec pendant quelque temps, comme l'Anguille.
Les xuis ont l'épine pectorale simplement âpre (5) ;
D'autres l'ont dentelée, comme la plupart des Silures (6).
Les Malaptérures, Lacep.
Se distinguent de tous les vrais Silures, parce qu'ils n'ont point de nageoire rayonnée sur le dos , mais seulement une petite adipeuse sur la queue, et qu'ils manquent tout-à-fait d'épine aux pectorales, dont les rayons sont entièrement mous. Leur tête est recouverte, comme leur corps, d'une peau lisse; leurs dents sont en velours et disposées, tant en haut qu'en bas , sur un large croissant ; on leur compte sept rayons branchiaux. Leurs mâchoires et leurs viscères ressemblent à ceux des Silures.
On n'en connaît qu'un , à six barbillons; à tète moins grosse que le corps, qui est renflé en avant ; c'est le fameux Silure électrique du Nil et du Sénégal {Sîlurus electricus, L.), Geoff., poiss. d'Eg., pi. xn, f. 1, Brousson, Ac, des
le Macroptéronote brun , Lac. V, ii , 2 ; — VHexacircine , id. ib. o , n'a que sis barbillons,' mais il n'esl tiré que de dessins chinois.
(1) Le Halé (Heterohraiichus hidorsalis), Geoff. Ég. Poiss. du Nil, pi. xvi, f. 2.
(2) Platystacus anguillaris , Bi.ô7ô ; 1 ; Renard , I, fol. 5,f. 19. (ô) Plolosus cœsttis, Euchan. xv, 44.
(4) N. B. Bloch réunit dans son genre Cataphractus, les Doras et les Callichlcs. (o) Silunis calliclithys, Bl. 577, 1.
(o) Espèce nouvelle.
Se, 1782. Le Putasch ou To?ine}V'e des Arabes, qui donne, comme la Torpille et le Gymnote , des commotions électriques. II paraît que le siège de cette lacuilé est un tissu particulier, situé entre la peau et les muscles, et qui présente rapparence d^ui tissu cellulaire graisseux, abondamment pourvu de nerfs.
Les AspRÈDES ou Platystes ( AspREDO , Lin. clans ses édit. quatrième ert sixième. Platystaccs, BL ) (1)
Ont des caractères fort particuliers dans l'aplatissement de leur tête et l'élargissement de la partie antérieure de leur tronc , qui résulte surtout de celui des os de l'épaule; dans la longueur proportionnelle de leur queue; dans leurs petits yeux placés à la face supérieure; dans leurs intermaxillalres couchés sous l'cthmoïde, dirigés en arrière et ne portant de dents qu'à leur bord postérieur; enfin et principalement en ce que ce sont les seuls poissons osseux connus, qui n'aient rien de mobile à l'opercule, attendu que les pièces qui devraient le composer, sont soudées au tympanique et au préopercule. L'ouverture des branchies se fait par une simple fente de la peau , sous le bord'externe delà tète , et leur membrane, qui a cinq rayons, est adhérente partout ailleurs. La mâchoire inférieure est transversale, et le museau avance plus qu'elle. Le premier rayon pectoral est armé de dents plus grosses que dans aucun autre Silure ; il n'y a qu'une dorsale sur le devant du dos , dont le premier rayon n'est pas très fort ; l'anale au contraire est très longue et règne sous toute la queue qui est longue et grêle.
On nVn connaît que peu dVspèces; elles ont six ou huit barbillons ; ce qui est remarquable, c'est que lorsqu^il y en a huit, il y en a une paire attachée à la base des barbillons maxillaires; les quatre de la mâchoire inférieure sont par paires l'un derrière Pautre (2).
On voit à quelques-xms de ces poissons des globules qui paraissent leurs œufs, et qui adhèrent à leur thorax par des pédicules.
Les LORICAIRES (LORICARIA, L.j
Ainsi nommées à cause des plaques anguleuses et dures , qui cuirassent entièrement leur corps et leur tête; se distinguent d'ailleurs des Silures cuirassés , tels que les Caîlichtes et les Doras, par leur bouche percée sous le museau. C'est avec celle des Schals que cette bouche a le plus d'analo-
(1) Sous ce nom de Platystacus, Bloch réunit les Plotoses et les ^sprédes. Lucepède laisse les Asprèdes avec les Silures , mais fait un genre distinct des Plotoses.
N. D. On doit éloigner de tout ce grand genre Silure : l» le Siliirtis cornutiis , Forsk. p. C6 , qui a fait le genre Macroramjihose , Lac, ce n'est que la Bécasse (Ccntriscus scu- Inpax , L.) ; 2° le genre Pogonalhe , Comniers. et Lac. La première espèce, Pogonaliis coHrbi7ia, Lac. V, p. 122, n'est autre que le Pogonias, Lac. II ,xvi,2, et III , p. 15S, et par conséquent de la famille des Sciènes; l'autre, Pcgonatus auratus, est évidennnent du !!;enre des Oinhrincs; ô° le genre Centranodon , Lac., ou Siluris inibcrhis, llouttuyn . Act. haarl. xx,2, 558; ce n'est dans aucun sens un Silure, jmisqu'il a des écailles, des aiguillons aux opercules, la première dorsale épineuse , eic. Il est probablement voisin des Pcrclies , et c'est fort gratuitement que Bloch , édit. de Sclin.. p. 110 , le range parmi les Spliyvènes.
(•i) Siliinis asprcdo , L. ; P/rifijs!arus lœris, Kl. Sél). III, xxix, 9 et 10; — Platijxt. rolylcplwrus, VA. 572 ; — Siluius Iic.radacti/li/Sj Lac. V, p. 82. — Le Pluti/sfacns vernico.-,u.i, Bl. 575 , 5 , diffère des autres par une queue et une anale plus courtes.
MALACOPTERYGIENS ABDOBIINAUX. 545
gie ; des intermaxillaires petits , suspendus sous le museau , et des mandibulaires transverses et non réunis , portant des dents longues, grêles, flexibles et terminées en crochet. Un voile circulaire, large, membraneux, entoure l'ouverture ; les os pharyngiens sont garnis de nombreuses dents en pavés. Les vrais opercules sont immobiles comme dans les Asprèdes , mais deux petites plaques extérieures, mobiles, paraissent en tenir lieu. La membrane a quatre rayons; les premiers rayons de la dorsale et des pectorales et même des ventrales sont de fortes épines. On ne trouve ni cœcums ni vessie aérienne. On peut en faire deux sous-genres.
Les Hypostomes, Lacep. ,
Ont une deuxième petite dorsale, munie d'un seul rayon comme dans les Callichtes. Leur voile labial est simplement papilleux, et porte un petit barbillon de chaque côté, lis n'ont point de plaques sous le ventre 5 leurs intestins , roulés en spirale, sont grêles comme de la ficelle, et douze ou quinze fois plus longs que le corps. On les pêche dans les rivières de l'Amérique méridionale (1).
Les LoRicAiREs proprement dites (Lobicaria, Lacep.)
N'ont qu'une seule dorsale en avant ; leur voile labial est garni sur ses bords de plusieurs barbillons , et quelquefois hérissé de villosités ; leur ventre est garni de plaques en dessous ; leurs intestins sont de grosseur médiocre (2).
La quatrième famille des Malacoptérygiens abdominaux , on celle
Des Salmones ,
Ne formait, dansLinnœus , qu'un grand genre nettement caractérisé par un corps écailleux et une première dorsale à rayons mous , suivie d'une seconde petite et adipeuse; c'est-àdire formée simplement d'une peau remplie de graisse et non soutenue par des rayons.
Ce sont des poissons à nombreux cœcums, pourvus d'une vessie natatoire ; presque tous remontent dans les rivières et ont la chair agréable. Ils sont d'un naturel vorace. La structure et l'armure de leurs mâchoires varient étonnamment.
Ce grand genre
Des Saumons (Sauio, L.)
Doit être subdivisé comme il suit :
Les Saumons proprement dits , ou plutôt les Truites (Salmo Cuv.)
Ont vme grande partie du bord de la mâchoire supérieure, formée par les maxillaires; une rangée de dents pointues aux maxillaires, aux intermaxillaires,
(1) Loricaria plecostomus f L, B. 374; — Hyp. etentaculatum , Spix, IV.
(2) Loricaria cataphracta , Linn. ou L. cirrhom , Bl. Schn., etSetigera, Lacep. Bl. 375 ,1,2; — Loric. rostrata, Sp. III ; — Rinclepis aspera, id. H ; — Acanthicus hys Iri.r y id. I.
aux palatins et aux mandibulaires, et deux rangées au vomer, sur la langue et sur les pharyngiens, en sorte que ce sont les plus complètement dentés de tous les poissons. Dans les vieux mâles, le bout de la mâchoire inférieure se recourbe vers le palais , où est une fossette pour le loger quand la bouche se ferme. Tout le monde connaît leur forme. Leurs ventrales répondent au milieu de leur première dorsale et l'adipeuse à l'anale. Leurs rayons branchiaux sont au nombre de dix ou environ. Leur estomac, étroit et long, fait un repli ; il est suivi de très nombreux cœcums ; leur vessie natatoire s'étend d'un bout de l'abdomen à l'autre, et communique, dans le haut, avec l'œsophage. Ils ont presque toujours le corps tacheté, et leur chair est généralement très bonne.
Ils remontent dans les rivières pour frayer, sautent même au-dessus des cataractes, et l'on en trouve jusque dans les ruisseaux et les petits lacs des plus hautes montagnes.
Le Saumon (Salmo salar, L.) Bl. 20.
Est la plus grande espèce du genre; à chair rouge; à taches irréguliôres brunes, qui s'effacent promptement dans l'eau douce. Le crochet cartilagineux que forme sa mâchoire inférieure, même dans le vieux mâle, est peu considérable. De toutes les mers arctiques, d'où il entre en grandes troupes dans les rivières, au printemps. Sa pêche est très importante dans tous les pays septentrionaux, où l'on en sale et en fume beaucoup.
Le Bécard {Salmo hamatus , N.) Bl. 98.
Est tacheté de rouge et de noir sur un fond blanchâtre ; le museau du mâle est rétréci en pointe, et le crochet de sa mâchoire inférieure est bien plus marqué qu'au Saumon. Ses dents sont plus fortes ; sa chair est aussi rouge , mais plus maigre , et moins estimée. Il se pêche aussi à l'embouchure de nos rivières.
La Timite de mer, {Salmo Schiefermulleri), Bl. 105.
Moindre que le Saumon ; à dents plus grêles et plus longues; il a les lianes semés de petites taches en forme de croissant, sur un fonds argenté ; sa chair est jaune. On nous en apporte beaucoup en été.
Le Huch du Danube et de ses affluents. {Salmo hvcho, L.) Bl. 100, et mieux Meidinger. 45.
Qui devient presque aussi grand que le Saumon, diffère peu du précédent par ses taches ; mais il a le museau plus pointu, et les dents bien plus fortes. Quant aux autres Truites de rivière, il y en a dans toutes nos eaux claires, et surtout dans celles des montagnes , de couleurs et de tailles très différentes, parmi lesquelles plusieurs naturalistes ont cru pouvoir distinguer certaines espèces, tandis que d'autres prétendent que ce sont seulement des variétés résultant de l'âge, de la nourriture, et surtout des eaux dans lesquelles elles séjournent; mais je trouve qu'ils portent cette supposition au-delà de la vraisemblance.
La grande Truite du lac de Genève. {Salmolernanus, N.)
Qui se trouve aussi dans quelques lacs voisins, a la tête et le dos semés de petites taches rondes et noirâtres, sur un fond blanchâtre; sa chair est très blanche. II y en a «le «juarante et de cinquante livres.
MALACOPTERYGIENS ABDOMINAUX. 547
La Truite saumonée {Salmo Irutta, L.) Bl. 21 .
Est marquée de taches ocellées ou en forme d'X: les supérieures sont quel quefois entourées d'un cercle plus clair ; il y a beaucoup de ces taches sur les opercules et l'adipeuse; la chair est rougeâtre. Les ruisseaux d'eau claire, qui se jettent immédiatement dans la mer sont les eaux où l'on pèche les meilleures Truites saumonées j mais il en monte à toutes les hauteurs.
La Truite commune. {Salmo fario, L.) Bl. 22.
Plus petite; à taches brunes sur le dos, rouges sur les flancs, entourées d'un cercle clair; mais variant à l'infini pour les teintes du fond, depuis le blanc et le jaune doré jusqu'au brun foncé; à chair blanche; commune dans tous les ruisseaux dont l'eau est claire et vive.
La Truite pointillée {Salmo punclatus , N.) S. alpinus , Bl. lOî ; mais non VAlpinus de Linn. Le Carpione des lacs de Lombardie.
Est semée de petits points noirs et rouges. On la trouve tout autour des Alpes. Sa chair est délicieuse.
La Truite marbrée des lacs de Lombardie {Sabno viarmoratus, N.)
A des taches et des traits irréguliers bruns , serrés et mêlés de manière à former une sorte de marbrure, etc.
On est plus d'accord de séparer
La Truite roufje , CAa>v des Anglais. {S. salvelinus, L. Meidinger, 19, sous le nom ùHAlpinus.)
Qui a des taches rouges sur les flancs, le ventre orangé, l'anale et les nageoires rouges; leur premier rayon est gros et blanc.
La Truite des Alpes. (S. alpinus, Linn.) Bl. 99, et Meidinger, 22, sous le nom de Salvelinus.
A peu près <les mêmes couleurs, mais les premiers rayons de ses nageoires inférieures ne se distinguent pas. Elle remplit les lacs des montagnes de la Laponie ; c'est une ressource précieuse pour les Lapons, en été.
Il y a aussi dans nos rivières une petite Truite ,
Le Salmlet des Anglais. Le Saumoneau du Rhin. Penn. Zool. Brit. IIl,pl. Lix,l.
Que plusieurs croient distincte ; le verdàtre du dos forme , avec le blanc du ventre , des zigzags dans chacun desquels est une tache rouge. C'est un petit poisson délicieux.
V Ombre Chevalier {S. Umbla. L.) Bl. 101.
A les écailles plus petites et les dents plus fines que les autres; ses taches sont peu marquées et manquent souvent; sa chair, plus grasse et blanche, approche de celle de l'Anguille. L'Ombre Chevalier du lac de Genève est surtout célèbre (1).
(1) Outre ces Saumons tt ces Truites de nos eaux, les natuialistes russes claméiicainsc-u
Les Éperlans ( Osmerus. Artécl. )
Ont deux rangs de dents écartées à chaque palatin ; mais leur vomer n'en a que quelques-unes sur le devant. Du reste , leur (ormes sont celles des Truites ; mais leur membrane des ouïes n'a que huit rayons. Leur corps est sans taches , et leurs ventrales répondent au bord antérieur de leur première dorsale. On les prend dans la mer, et à l'embouchure des grands fleuves.
On n'en connaît qu'un petit, brillant des plus belles teintes d'argent et cfe
vert clair j il est excellent à manger {S. Eperlanus , L. ) , Bl. 28 , 2.
Les LoDDES, (Mallotus. N.)
Avec la bouche fendue des précédents , n'ont que des dents en velours raz aux mâchoires , au palais et à la langue. Leurs ouïes ont huit rayons; leur corps est alongé , couvert de petites écailles ; leur première dorsale et leurs ventrales sont plus en arrière que le milieu ; ils se reconnaissent surtout à de larges pectorales rondes , qui se touchent presque en dessous.
On n'en connaît qu'un ; des mers septentrionales {Sal??io ffroenlandicus , Bl. 581; le Capelan, Duhamel, sect. 1, pi. xxvi ; Clupea villosa , Gmel.), petit poisson que l'on emploie pour appât à la pêche de la Morue. Le mâle , dans le temps du frai , prend tout le long du flanc une large bande, garnie d'écaillés longues, étroites et relevées , qui ont l'apparence de poils.
Les Ombres (Thymallus. N. ) (1)
Ont la même structure de mâchoire que les Truites ; mais leur bouche est très peu fendue , et leurs dents sont très fines. Leur première dorsale est longue et haute ; leurs écailles plus grandes les distinguent encore ; d'ailleurs , elles ont à peu près les habitudes des Truites , et leur bon goût. Leur estomac est un sac très épais ; leurs ouïes ont sept ou huit rayons.
Ïj Ombre commune {Salmo thymallus. L.) Bl. 24.
A sa première dorsale aussi haute que le corps , et du double plus longue que haute , tachetée de noir et quelquefois de rouge ; elle est brunâtre , rayée en long de noirâtre; et d'un excellent goût (2).
Les Lavarets (CoRECONns. N. )
Ont la bouche comme les précédents , et encore moins bien armée , car elle n'a souvent point de dénis du tout. Leurs écailles sont encore plus grandes; mais leur dorsale est moins longue qu'elle n'est haute de l'avant.
L'Europe en possède plusieurs espèces très semblables entre elles ; une d'elles cependant ,
out décrit plusieurs, mais qui n'ont pu être comparés suffisamment aux nôtres, au point que Pallas même conserve des doutes sur quelques-unes de ses espèces. Nous nous efforcerons d'en éclaircir la synonymie dans notre grande Ichtyologie ; mais les détails où cette recherche nous obligerait d'entrer, ne peuvent trouver place ici : nous y ferons connaître aussi plusieurs espèces du nord de l'Amérique , dont une partie a été indiquée par Mitchill , Lesueur , Rafinesque , Richardson, etc.
(1) N. B. Artédi réunissait les Ombres et les Lavarets sous son genre Coregonus.
(2) Aj. Coregonus signifer, Richardson; 1er Voyage du capitaine Franklin, pi. 26; — Cor. thijmalloïdcs, id.
Le Houlincj ou Hautln des Belges {Salmo oxyrhînchus. L. ) Bloch. 25 , sous le faux nom de Lavaret
Se distingue encore aisément par une proéminence molle , qu'il porte au bout du museau. De la mer du Nord , de la Baltique , où il poursuit les bandes de Harengs. On le prend aussi dans TEscaut , dans le lac de Harlem, etc. (1)
La Femme {Salmo marœ>mla. Bl. 28, fig. 5) , et S. albula. Ascan.
pi. XXIX.
A aussi un caractère fort déterminé dans sa mâchoire inférieure , qui dépasse la supérieure (2).
Les autres ont le museau obtus ou comme tronqué ; et il est fort difficile de leur assigner des caractères précis.
Tels sont :
La Marène. {Salmo marœna. Bl. 27.)
Des lacs du Brandebourg ; son museau quoique obtus , avance plus que la bouche.
he Lavaret. {Salmo fFartmanni. Bl. 105.)
Des Lacs du Bourget , de Constance , du Rhin , etc. Son museau est tronqué au niveau du devant de la bouche , sa tête est moins longue à proportion , sa forme plus effilée.
La Fera, { Coregonus fera. Jurine ) , mém. de la Soc. phys. de Genève , tom. 111, part. I, jil. vu.
Du lac de Genève et de quelques autres ; est plus haute que le Lavaret , a les nageoires grandes.
La Gravanche. {Coregonus hyemalis, Jurine, îb. pi. vui. )
Du lac de Genève , où elle ne se montre qu'en hiver ; sa tête est plus grosse , ses nageoires plus grandes à proportion que dans la Fera.
La Palée noire. { Cor. palœa. N. )
Du lac de Neuchâtel ; est plus haute , surtout de la nuque , que tous les précédents ; ses teintes sont foncées.
Le Sik. {S. sikus , N.) Ascan. pi. xxx^ sous le nom de Lavaret.
Des rivières de Norvège ; a le museau i^roéminent comme la Marène, mais le corps plus étroit, plus brun (3).
(1) Une raauTaise figure de ce Haut in, envoyée à Rondelet (Rondel., Fluviat., 195), et à laquelle, je ne sais par quelle erreur, on avait dessiné trois dorsales , a donné lieu au genre Triptéronote , Lacep, lequel doit en conséquence être supprimé. Schoenefeld lui avait transporté, mal à propos , le nom d'^/6M7« nobilis, et Artédi et Linnaeus l'avaient confondu avec ]eLavarct^ en quoi ils ont été suivis par Bloeli. Le Salmo thymallus latus, RI. 26, en paraît une variété dans le temps du frai.
(2) Aj. Salmo clupcoïdes, Pall.
(ô) Aj, Salmo silus, Ascan. xxivj — Coregonus alb us , Lesueur, Ac. Se. nat. Phil. L p.
Les Argentines (Arcentina. L.)
Ont la bouche petite et sans dents aux mâchoires , comme les Ombres , mais cette bouche est déprimée horizontalement, la langue est armée , comme dans les Truites et les Eperlans , de fortes dents crochues , et il y en a une rangée transversale de petites , en avant du vomer. Il y a six rayons aux ouïes j les intestins diffèrent peu de ceux des Truites.
On n'en connaît qu'une espèce ; de la Méditerranée {At^gentina sphyrœna , L.), Cuv. Mém. du Mus. I, xi ; sa vessie natatoire est très épaisse , et singulièrement chargée de cette substance argentée si remarquable dans les poissons; elle s'emploie pour colorer les perles. Son estomac est remarquable par sa couleur noire (1).
Artédi, et plusieurs de ses successeurs ont réuni sous le nom de Characins ( Characinus ) , tous les Salmones qui n'ont pas plus de quatre ou cinq rayons aux ouïes 5 mais leurs formes et surtout leurs dents , varient encore assez pour donner lieu à plusieurs subdivisions. Cependant je trouve à tous les nombreux cœcums des Salmones précédents, avec la vessie divisée par un étranglement des Cyprins. Aucun n'a les dents sur la langue des Truites. Nous y établissons les sous-genres suivants :
Les CuRiMATES , Cuv.
Ont toute la forme extérieure des Ombres ; leur petite bouche , la première dorsale au dessus des ventrales , etc. Quelques-uns même ressemblent à certaines Ombres par des dents qui ne se voient qu'à la loupe , et n'en diffèrent que par le nombre de leurs rayons branchiaux (2).
D'autres ont à chaque mâchoire une rangée de dents dirigées obliquement en avant , tranchantes . les antérieures plus longues, comparables en un mot à celles des Balistes (3).
Ils viennent des rivières de l'Amérique méridionale.
Les Anostomes ( Anostomus. Cuv. ).
Ont , avec la forme des Ombres et une rangée de petites dents en haut et en bas , la mâchoire inférieure relevée au devant de la supérieure , bombée , en sorte que la petite bouche a l'air d'une fente verticale sur le bout du museau (4).
Les Serpes, Lacep. ( Gasteropelecus. B1.)
Ont la bouche dirigée vers le haut comme les Anostomes ; mais leur ventre est comprimé, saillant et tranchant, parce qu'il est soutenu par des côtes qui
(1) Ce poisson, qui est bien sûrement VArgentina de Willughby, 229, et par conséquent celle d'Arlédi et de Linnaeus , a constamment une seconde dorsale adipeuse, comme l'a bien observé Brunnich, Icht. mass. 79; on aurait donc dû le ranger parmi les Saumons. Vargentina macimata , Forsk. n'est autre que Vélops saurus; il en est probablement de même de VArgentina carolina de Linnœus, quoique Catesby , dans la figure citée , Car. IIj, xxiv, ait oublié la dorsale. Gronovius n'a donné pour son Argentine qu'un Anchois, et Pennant qu'une Scopèle (Serpe de Risso). Quanta VArgentina glossodonta, Forsk. c'est un genre particulier , le Butirin de Commerson.
(2) Salmo edentulus , Bl. 380 : — S. unimaculatus, Bl. 381, 5; — iS". tœniurus, Valen. Ap. Humb. Obs. zool. II, p. 166; — S. curima , N. Margr. 156; — Curimate Gilbert, Quoy et Gaym. Voyage de Freycinet, Zool. pi. xlvui, f . 1 ; — et probablement S. cyjtrinoides, Gronov. Zooph. n" 378. Ce sont les Pacus, de Spix, xxxvui et xxxix. Ses Anodus, xl et XLi, en diffèrent seulement par une bouche un peu plus fendue.
(3) Salmo fasciatiis, Bl. 379 ; — S. Fridericii, id. 378. {A) Salmo anostomus^ L. Gronov. VII, 2.
MALACOPTERYGIENS ABDOMINAUX. SSl
aboutissent au sternum; leurs ventrales sont fort petites , et fort en arrière; leur première dorsale sur Tanale qui est longue. A leur mâchoire supérieure , sont des dents coniques ; à l'inférieure, des dents tranchantes et dentelées (1).
LesPlABUQUES.
Avec la petite tête et la bouche peu fendue des Curimates, ont un corps comprimé, la carène du ventre tranchante, mais non dentelée, et l'anale très longue. Leur première dorsale répond au commencement de leur anale (2).
Les Serra-Salmes , Lacep.
Déjà distingués par Lacepède , ont le corps comprimé , haut verticalement, et le ventre tranchant et dentelé en scie, caractères auxquels il faut ajouter celui de leurs dents triangulaires, tranchantes, dentelées. Le maxillaire , sans dents , traverse obliquement sur la commissure. 11 y a souvent une épine couchée en avant de leur dorsale.
Ceux que l'on connaît , viennent des rivières de l'Amérique méridionale. Ils poursuivent, dit-on , les Canards, et même les hommes qui se baignent, et avec leurs dents tranchantes, leur emportent la peau (3).
Les TÉTRAGONOPTÈRES ( Tetragonopterds. Artédi.)
Ont la langue anale , et les dents tranchantes et dentelées des Serra-Salmes ; le maxillaire sans dents traverse de même obliquement sur la commissure , mais leur bouche est peu fendue , et leur ventre n'est ni caréné , ni dentelé (4).
Les Chalceus, Cuv.
Ont la même forme de bouche , et les mêmes dents tranchantes et dentelées que les précédents , mais leur corps est oblong , et non caréné ni dentelé. Leur maxillaire a de très petites dents rondes (5).
Les Raiis ( Myletes. Cuv. )
Sont remarquables par des dents bien singulières, en prisme triangulaire , court, arrondi aux arêtes , et dont la face supérieure se creuse par la mastication , en sorte que les trois angles y font trois pointes saillantes. La bouche, peu fendue, a deux rangs de ces dents aux intermaxillaires, et un seul à la mâchoire inférieure , avec deux dents en arrière ; mais la langue et le palais sont lisses. Les maxillaires placés sur la commissure , n'ont aucune dent.
Quelques-uns ont la forme élevée, les nageoires verticales en faux, l'épine couchée en avant, et même le ventre tranchant et dentelé des Serra-Salmes, avec lesquels on les réunirait volontiers sans leurs dents. 11 y en a même un
(1) Gasteropelectis sternicla, Bl. 97, 3.
(2) Salmo argentinus, Bl. 382, 1 ; Margr. 170 'j—S. bimaciilatus Bl. 16; — 6". gibbosas, Gronov. Mus. 1, 1, 4 ; — 6'. mclanurus, Bl. 381, 2.
(3) Salmo rhomboïdes, Bl . 383; — Serras piraya , Cuv. Mém. du Mus. V , pi. xxvni , f. 4 ; — Serras, mento , id. ib. f . 3 ; — Serr. aureus, Spix , xxix ; — S. nigricans id. xxx.
(4) Tetragonopterus argcntous , Artéd. ap. Scb. III, pi. xxxiv , f. 5, ou Coregonoïdes amboinensis, Art. spcc. 44, que Ton a confondu mal à propos avec le salmo bimaciilatus , — Chalceus fasciatusy Cuv. 31ém. du Mus. V, pi. xxvi, f. 2; — Scrrasalnio chalceus, Spix. xxxni, 1.
(f)) Chalceus macrolcpidotus, Cuv. Mém. du Mus. IV, pi. xxt , f . 1 ; — Ch. opnlinus , id. ib. V, pi. XXVI, f . 1 ; — Ch. angulatus, Spix, xxxiv.
qui porte aussi une épine couchée en avant de la dorsale (1). L'on en trouve , en Amérique, de fort grands , qui sont bons à manger (2).
D'autres ont simplement la forme alongée. Leur première dorsale répond à l'intervalle des ventrales et de l'anale. On n'en connaît qu'un ; d'Egypte (5).
Les Hydrocyns (Hydrocyon. Cuv.)
Ont le bout du museau formé par les intermaxillaires ; les maxillaires commençant près ou en avant des yeux, et complétant la mâchoire supérieure. Leur langue et leur vomer sont toujours lisses, mais il y a des dents coniques aux deux mâchoires. Un grand sous-orbitaire , mince et nu comme l'opercule, couvre la joue.
Les uns ont encore une rangée serrée de petites dents aux maxillaires et aux palatins ; leur première dorsale répond à l'intervalle des ventrales et de l'anale (4). Ils viennent des rivières de la zone torride; leur goût ressemble à celui de la Carpe (5).
D'autres ont une double rangée de dents aux intermaxillaires et à la mâchoire inférieure , une rangée simple aux maxillaires , mais leurs palatins n'en ont pas. Leur première dorsale est au dessus des ventrales (6).
D'autres encore n'ont qu'une simple rangée aux maxillaires et à la mâchoire inférieure; les dents y sont alternativement très petites et très longues, surtout les deux secondes d'en bas , qui passent au travers de deux trous de la mâchoire supérieure , quand la bouche se ferme. Leur ligne latérale est garnie d'écaillés plus grandes , leur j^remière dorsale répond à l'intervalle des ventrales et de l'anale (7).
Une quatrième sorte a le museau très saillant , pointu , les maxillaires très courts, garnis, ainsi que la mâchoire inférieure et les intermaxillaires, d'une seule rangée de très petites dents serrées ; leur première dorsale répond à l'intervalle des ventrales et de l'anale. Tout le corps est garni de fortes écailles (8).
D'autres enfin n'ont absolument de dents qu'aux intermaxillaires et à la mâchoire inférieure 5 elles y sont en petit nombre , fortes et pointues. Leur première dorsale est au dessus des ventrales. On n'en connaît qu'un , du Nil (9).
Les C1THA.RINES (CiTHARiNus. Cuv.) Se reconnaissent à leur bouche déprimée, fendue en travers au bout du
{\) Myletes rhomboïdalis, Cuv. Méra. du Mus. IV, pi. xxu, f. 5.
(2) Outre le précédent , Myl. duriventris , ib. f. 2; — M. hrachypomus , ib. f . 1 ; — M. macropovnts , ib. pi. xxi , f . Z] — M. paco , Humboldt, Obs. zool. II, pi. xi.vu , f. 2.
(3) Le Raii du Nil, qui est le cyprinus dentcx , Linn. Mus. Ad. ïr. et Xll^éd. ou le Salmo denfex d'Hasselquist , et le S. niloticus de Forskahl , et qui se trouve ainsi deux fois dans Ginelin et ses successeurs. C'est le Myl. Hasselquistii , Cuv. Blém. du Mus. IV , pi. XXI, f. 2.
(4) C'est ce qui les a fait ranger parmi les Osmères par Lacepède.
(5) Salmo falcatus, Bl. .385 ; — S. odoc, id. 386; — Hydrocyon falcirosfris, Cuv. Mém. du Mus. V, pi. xxvu,f. l ; — Ifydr. hepsetus, N. ou Hydr. faucille , Zool. du Voyage de Freycin. pi. 48, f. 2.
(6) Espèce nouvelle du Brésil (Hydroc. hrctidcns, Cuv. Blém. du Mus. V , pi. xxvu, f. 1, ou Characinus amazonicus, Spix, xxxv.)
(7) Autre espèce du Brésil, Hydroc. scomhcroïdes, Cuv. Mém. du Mus. V, pi. xxvu, f. 2, ou Cynodon vulpinus, Spix, xxvi ; — Cynodon gihbus. id. xxvu.
(8) Autre espèce du Brésil [Hydroc. luciiis , Cuv. Mém. Mus, V, pi. xxvi , f . o , ou Xiphostoiua Cuvierii, Spix,xLU.)
(1>) Le lîoschal ou Chien d'eau, Forsk. 06, ou Characin denlex , Geoffr. Poiss. d'Ég.
museau , dont le bord supérieur est formé , en entier, par les intermaxillaires , et où les maxillaires , petits et sans dents , occupent seulement la commissure ; la langue et le palais sont lisses , la nageoire adipeuse est couverte d'écaillés . ainsi que la plus grande partie de la caudale. On les trouve dans le Nil.
Les uns ont de très petites dents à la mâchoire supérieure seulement, le corps élevé comme aux Serra-Salmes , mais le ventre sans tranchant ni dentelures (1).
D'autres ont aux deux mâchoires un grand nombre de dents serrées sur plusieurs rangs, grêles et fourchues au bout; leur forme est plus alongée (2).
Les Saurus ( Saurds. Cuv. )
Ont le museau court ; la gueule fendue jusque fort en arrière des yeux ; le bord de la mâchoire supérieure formé en entier par les intermaxillaires; beaucoup de dents très pointues le long des deux mâchoires et des palatins, sur la langue et les pharyngiens , mais aucune sur le vomer ; huit ou neuf, et souvent douze ou quinze rayons aux ouïes. La première dorsale un peu en arrière des ventrales qui sont grandes ; des écailles sur le corps , les joues et les opercules; leurs viscères ressemblent à ceux des Truites. Ce sont des poissons de mer très voraces.
On en trouve un dans la Méditerranée (S. Saurus , L. ) , Salv. 242 (oj. Le lac de Mexico en possède un presque transparent (S. mexicaniis , Nob.) Un autre également transparent ; à dents très longues , flexibles , en partie terminées en flèches ; à museau excessivement court ; à nageoires très frêles {S. ophioclon, Nob.), Fanamotta, Russel. 171 , s'emploie aux Indes, séché et salé comme assaisonnement (4).
Les'ScopÈLES (ScoPELus. Çj\i\.) Serpes de Risso (5).
Ont la gueule et les ouïes extrêmement fendues , les deux mâchoires garnies de très petites dents, le bord de la supérieure entièrement formé par les intermaxillaires , la langue et le palais lisses. Leur museau est très court et obtus : on leur compte neuf ou dix i-ayons aux ouïes ; et outre la dorsale ordinaire , qui répond à l'intervalle des ventrales et de l'anale , il y en a en arrière une très petite , où l'on aperçoit des vestiges de rayons.
pi. 4 , f. 1 , et Cuv. Mcm.du Mus. V, pi. xxvai , f . 1 , mais qui n'est point , comme l'a cru Forskahl, le salmo denlex d'Hasselquist : celui-ci est le Raii.
(1) Le Scrrasalme citharine ou Astre de la nuit des Arabes , Geoffr. Poiss. d'Eg. pi. v, f. 2 et 3 (Citharinus geoffrcei , Nob.) ; — Salmo cyprinoïdes , Gronov. Mus. p. 378.
(2) Le Charactn nefasch, Geoffr. ib. fig, 1 , ou Salmo œqyptius, Gm. c'est le Salmo niloticus d'Hasselquist , très différent de celui de Forskahl, qui est le Hait.
(3) Aj. S. satirus, El. 384, qui me paraît différent de celui de la Méditerranée; — Salmo fœtens, Bl. 584, 2 ; —S. tumbil. Bl. 400; — VOsmère galonné, Lac. V , vi, 1 ; — le Salmone varié, id. Y, m ,3; — VOsmère à bandes, Risso, prem. éd. p. 326; — S. badi, Nob. {Badimotta) ,\\\\sse\. 172 ; — Salmo myops , Foster, Bl. Schn. p. 421 ; — S. minutus, Lesueur, Se. nat. Philad. V, part. I , pi. v ; — S. conirostris, Spix. xlui ; — S. intermedius , id , xnv; — S. truncatus , id. xlv , et plusieurs espèces nouvelles que nous décrirons dans notre Ichtyologie.
N. B. Que VEsox synodus, Gron. Zooph. VII, 1 , Synodus synodus , Schn. Synode fascé, Lac. ne paraît qu'un Saurus qui avait perdu son adipeuse ; sa petitesse fait qu'elle disparaît aisément par le frottement ou la dessication.
(4) Le Salmo microps , Lesueur, Soc. des Se. nat. de Philad. V, part. I , pi. m, est sinon la même espèce, une espèce très voisine. Lesueur en fait son genre Harpodon , parce qu'il lui a cru des dents au vomer , mais ce sont les dents pharyngiennes qu'il a prises pour des voméiiennes à cause de l'extrême brièveté du museau.
(5) 1y.û7T^}.:s . nom grec d'un poisson inconnu.
On les pêche dans la Méditerranée , mêlés avec les Anchois , et ils s'y nomment Mélettes , comme d'autres petits poissons. L'un deux (la Serpe Humbolt , Ilisso , pi. X, fjg. 58), est remarquable par le brillant des points argentés disposés le long de son ventre et de sa queue (1).
Les AuLOPEs (Allopus. Cuv.) (2)
Réunissent des caractères de Gades à des caractères de Saumons. Leur gueule est bien fendue; leurs intermaxillaires, qui en forment tout le bord supérieur, sont garnis , ainsi que les palatins , le bout antérieur du vomer et la mâchoire inférieure, d'un ruban étroit de dents en cardes; mais la langue n'a que quelque àpreté , ainsi que la partie plane des os du palais. Les maxillaires sont grands et sans dents , comme dans le grand nombre des poissons. Leurs ventrales sont presque sous les pectorales, et ont leurs rayons externes gros et seidement fourchus. La première dorsale répond à la première moitié de l'intervalle qui les sépare de l'anale. Il y a douze rayons aux branchies; de grandes écailles ciliées couvrent le corps, les joues et les opercules.
La 3Iéditerranée en produit une espèce {Salmo filamentosus , Bl.), Berl.
Schr. X , IX , 2.
Les Sternoptyx, Herman.
Sont de petits poissons à corps haut et très comprimé , soutenu par les côtes , à bouche dirigée vers le ciel ; dont les huméraux forment en avant une crête tranchante , terminée en bas par une petite épine ; les os du bassin en forment une autre aussi terminée par une petite épine en avant des ventrales , qui sont assez petites pour avoir échappé au premier observateur. Le long de la crête du bassin , de chaque côté , est une série de petites fossettes , que l'on a regardées comme un pli festonné du sternum , ce qui a donné lieu au nom de Sternoptyx. En avant de leur première dorsale , est une crête osseuse ou membraneuse qui appartient aux inter-épineux antérieurs , et derrière cette nageoire se voit une petite saillie membraneuse, qui représente la nageoire adipeuse des Salmones; leurs maxillaires forment les côtés de leur bouche.
Nous en avons deux espèces qui pourront former un jour les types de deux genres,
Le Sternoptyx d' Herman {Sternoptyx dlaphana. Herman, Naturforscher, fascic. XVI , pi. 8 , copié AValbaum , Artéd. renov. tome III , pi. I, flg. 2.
A les dents en velours, et cinq rayons aux ouïes; sa forme est singulièrement oblique, sa bouche revenant même au-delà de la verticale.
Le Sternoptyx d'Olfers {Sternoptyx Olfersii. N.)
A les dents en crochets et neuf rayons aux ouïes ; Toutes les deux se trouvent dans les parties chaudes de l'Océan Atlantique (5).
(1) Je crois ce poisson le même que la prétendue y^rgrexf/wa sj»/ii/rœ«« de Peiinant, Biit. Zool. n» 156 ; ainsi on le trouverait aussi dans notre Océan. — Ajoutez la Serpe crocodile , Risso, p. 057; — la Serpe ballo, id. Ac. des Se. de Turin , toniexxv, pi. x, 1'. 5. — Mais la Serpe microstomc , p. 350 , est sûrement d'un autre genre , et de la famille des Brochets.
(2) Au>.coTO<.:,nomgrec d'un poisson inconnu.
(û) Nos descriptions sont faites d'après nature. Herman refusait au sien des rayons aux ouïes et des ventrales ; mais son individu , qui existe encore à Strasbourg, montre les uns et les autres. Nous eu traiterons plus en détail dans notre grande histoire des Poissons.
MALACOPTERYGIENS ABDOMINAUX. 555
La cinquième famille des Malacoptérygiens abdominaux, ou celle
Des Clupes ,
Se reconnaît aisément en ce que n'ayant point d'adipeuse , sa mâchoire supéi'ieure est formée comme dans les Truites , au milieu pardesinlermaxillaires sans pédicules, et sur les côtés par les maxillaires; leur corps est toujours bien écailleux. Le plus grand nombre a une vessie natatoire, et de beaucoup cœcums. Il n'y en a qu'une partie qui remonte dans les rivières.
Les Harengs (Cltjpea, L. )
Ont deux caractères bien marqués dans leurs intermaxillaires étroits et courts , qui ne font qu'une petite partie de la mâchoire supérieui-e dont les maxillaires complètent les côtés , en sorte que ces côtés seuls sont protractiles , et dans le bord inférieur de leur corps qui est comprimé et où les écailles forment une dentelure comme celle d'une scie. Les maxillaires se divisent en outre en trois pièces. Les ouïes sont très fendues : aussi dit-on que ces poissons meurent à l'instant où on les tire de l'eau. Les arceaux de leurs branchies sont garnis , du côté de la bouche , de longues dentelures comme des peignes. L'estomac est en sac alongé ; la vessie natatoire longue et pointue , et les cœcums nombreux. Ce sont de tous les poissons ceux qui ont les arêtes les plus nombreuses et les plus fines.
Les Harengs proprement dits (Clupea. Ciiv. )
Ont les maxillaires arqués en avant , divisibles longitudiuaiement en plusieurs pièces ; Touverture de la bouche médiocre ; la lèvre supérieure non échancrée.
Le Hareng commun. {Clupea harengiis, L.) Bl. 29, 1.
Poisson connu'de tout le monde; il a les dents visibles aux deux mâchoires , ' la carène du ventre peu marquée , le subopercule coupé en rond , des veines siu' le sous-orbitraire, 1-e préopercule et le haut de l'opercule. Ses ventrales naissent sous le milieu de sa dorsale ; la longueur de sa tète est cinq fois dans sa longueur totale; et, en portant en arrière la distance de son museau à sa première dorsale, on atteint le mdieu de la caudale. Son anale a seize rayons.
Ce poisson renommé part tous les ans en été des mers du nord, descend en automne sur les côtes occidentales de la France , en légions innombrables , ou plutôt en bancs serrés , d'une étendue incalculable , qui fraient en route , et arrivent, presque exténués, à l'issue de la Manche , vers le milieu de l'hiver. Des Hottes entières s'occupent de sa pèche , qui entretient des milliers de pêcheurs, de saleurs et de commerçants. Les meilleurs sont ceux que l'on prend le plus au nord ; une fois arrivés aux côtes de basse Normandie, ils sont vides , et leur chair est sèche et désagréable.
Le Melet, Esprot ou Harenguet, Sprat des Anglais {Clupea spratlus. Bl. 29,2.)(1)
A les proportions du Hareng , mais il demeure beaucoup plus petit. Ses (1 ) Artédi et ses successeurs ont confondu l'Esprot avec la Sardine.
5j6 poissons.
opercules ne sont pas veinés; une bande dorée se montre, le lonjj de ses flancs, au temps du frai. On en fait des salaisons dans le nord.
La Blanquette y Breitling des Allemands , TVhite-Blte des Anglais {Clupealatuliis. N. ) Schonefeld. p. 41.
A le corps plus comprimé, le ventre plus tranchant que le Hareng; sa hauteur et la longueur de sa tête ont chacune le quart de la longueur totale. Sa dorsale est plus avancée , son anale plus longue , et approchant davantage de la caudale. C'est un très petit poisson , de la plus l3elle couleur d'argent , avec une petite tache noire sur le bout du museau (1).
Le Pilchavd des Anglais, ou le Célan de nos côtes. ( Clupea pîlcliardus . Bl. 406 ) , et mieux Will. pi. I , f. 1.
A peu près de la taille du Hareng , a les écailles plus grandes ; le subopercule coupé carrément ; des stries en rayons au préopercule , et surtout à l'opercule ; sa tête est plus courte , à proportion , qu'au Hareng , et sa dorsale plus avancée : en sorte que la distance du museau à la dorsale n'atteindrait pas la caudale. Les ventrales naissent sous la fin de la dorsale. Son anale a dix-huit rayons ; deux écailles plus longues se portent de chaque côté sur sa caudale. H se pêche plutôt que le Hareng, et surtout sur la côteouest de l'Angleterre.
La Sardine {Clupea sardina. N.) Duham. sect. III, pi. xvi, f. 4.
Est tellement semblable au Pilchard , que nous ne lui trouvons de différence que dans sa taille moindre. C'est le poisson célèbre par l'extrême délicatesse de son goût , dont on fait des pêches si abondantes sur les côtes de Bretagne. On en prend aussi beaucoup dans la Méditerranée, où le Hareng n'est pas connu (2).
Les Aloses (Alosa. N.)
Se distinguent des Harengs proprement dits, par une échancrure au milieu de la mâchoire supérieure. Elles offrent du reste tous les caractères des Pilchards et des Sardines.
V Alose proprement dite, ( Cl. alosa. h.) Duham. sect. III , pi. I , f. 1.
Qui devient beaucoup plus grande et plus épaisse que le Hareng, et atteint jusqu'à trois pieds de longueur, se dislingue par l'absence de dents sensibles , et par une tache irrégulière noire , derrière les ouïes. Elle remonte au printemps dans les rivières , et est alors un excellent manger. Quand on la prend en mer, elle est sèche et de mauvais goût.
(1) Espèces voisines de la Blanquette par les formes : le Cailleu , Duham., sect. III , pi. xxxT , f. 3 {Cl. clupeola, N.) ; — la Sardine de la Martinique {CL humeralis , N .) , Duham . ib. f. 4; — Cl. melanura, N. Laeep. V, xi , o, sous le nom de Clupanodon Jussieu , mais la description se rapporte à la èg. xi, 3 , nommée variété du Clujjatiodon chinois. — Cl. coval, N. Russ. 186 , etc.
(2) On pourrait encore séparer des Harengs proprement dits le Jangartoo, Russel , 191 , ou Clupea melastoma , Schn. ; et son Ditchœe, 192 , qui ont la dorsale plus en arrière que les ventrales et une longue anale.
MALACOPTERYGIENS ABDOMINAUX. r»57
La Finie {Clupeafinta. ÎN. Cl.ficta. Lac.) Venlh des Flamands , Agone Ae Lombardie , Lacliia ^ Alachia d'Italie, etc.
Est plus alongée que TAlose , et a des dents très marquées aux deux mâchoires; elle a cinq ou six taches noires le long du flanc. On laretrouve jusque dans le Nil. Son goût est de beaucoup inférieur (1).
Les Cailleu-Tassarts (Chatoessus Cuv.)
Sont des Harengs proprement dits , où le dernier rayon de la dorsale se prolonge en un fdament. Les uns ont les mâchoires égales et le museau non proéminent; leur bouche est petite et sans dents (2).
Quelques-uns ont le museau plus saillant que les mâchoires ; leur bouche esl petite comme dans les précédents. Les peignes supérieurs de la première Lranchie s'unissent à ceux du coté opposé , pour former sous le palais vme pointe pennée, très singulière (3).
Nous plaçons à la suite des vrais Harengs , quelques genres étrangers qui s'en approchent par leur ventre tranchant et dentelé.
Les Odontognathes , Lacép. (Gnathobolcs , Schn.)
Ont le corps très comprimé, à dentelures très aiguës jusqu'à l'anus; l'anale longue et peu élevée ; une très petite dorsale frêle , qui est presque toujours détruite; six rayons aux ouïes; leur maxillaire se prolonge un peu en pointe; elle est armée de petites dents dirigées en avant. On ne leur a point aperçu de ventrales (-4).
On n'en connaît qu'un , de Cayenne ,
U Odontoffnatke aiguillonné. Lacep. II, vu , 2.
A peu près de la forme d'une petite Sardine , mais encore plus comprimé.
Les Pristigastres (Pristigaster. Cuv.)
Ont la tète et les dents comme les Harengs ordinaires , quatre rayons aux ouïes, et paraissent aussi manquer de ventrales ; leur ventre, très com-
(1) Bloch. , pi. 30 , ne donne sous le nom d'Alose qu'une Jointe , dont le bas ventre était dépouillé de ses écailles. Aj. Cl. vernalis ., Mitch. V , 9 ; — Cl. œstivalis , id. , V , 6 ;
— Cl. menhaden , id. V, 7; — Cl. matoioaka , id. \ ., 8; — Cl. palasah , N. , Russel ,198 ; — Cl. kelée , id. , 195 ; — Clupanodon ilisha, Hamilt. Buchanan , XIX , 73 ;
— Clupan. cAawyjo/e, H. Buch. , XVIII, 74; et ses autres espèces, p. 246-251.
Les genres PoMOLOBUS , Dorosoma , Notemigonus de Rafinesque (Poiss. de l'Ohio ) , doivent se rapprocher plus ou moins des Aloses , et manquent de dents; mais nous ne les connaissons pas assez bien pour les placer définitivement.
(2) Le Cailleu-tassard des Antilles (Clup. thrissa , Al. , 404 , f. 3) ; Duham. , sect. III, pi. XXXI, f. 3; — Peddakome, Russel,197; — Megalops oglina , Lesueur , Se. nat. Philad. , 1 ,359; — M. notatus , id. 36, — M. cepedianus , id. ib.
(3) Clup. nasus, Bl. 427 , ou Komc , Russel ,196.
(4) Lacepède, n'ayant vu qu'un individu mal conservé , a cru que ses maxillaires étaient naturellement dirigées en avant de la bouche comme deux cornes; mais c'était un accident. Ils sont placés dans ce genre comme dans tous les autres. C'est sur celte idée erronée qu'a été formé le nom de Gnathoholus (lançant ses mâchoires).
primé, forme un arc convexe tranchant et dentelé. Il y eu a dans les deux Océans (1).
Les NoTOPTÈREs (NoTopTERus, Laccp. )
Long-temps placés parmi les Gymnotes, se rapprochent davantage des Harengs. Leurs opercules et leurs joues ont des écailles; leurs sous-orbitaires, le bas de leurs préopercules et leurs interopercules, deux arêtes de leur mâchoire inférieure et la carène de leur ventre, dentelés; leurs palatins et leur deux mâchoires armés de dents fines , et la supérieure en grande partie formée par le maxillaire ; leur langue garnie de fortes dents crochues. Ils n'ont qu'un seul rayon, mais fort et osseux, à la membrane des ouïes; deux ventrales, presque imperceptibles, sont suivies d'une très longue anale qui occupe les trois quarts de la longueur, et s'unit, comme dans les Gymnotes , à la nageoire de la queue ; sur le dos , vis-à-vis du milieu de cette anale , est une petite dorsale à rayons mous.
On en connaît un, des étangs d'eau douce des indes, Gymnotus tiotoplerus , Pall. Spic. VI, pi. VI, f. 2. Clupea sfnura , Sch. 426. Notoptère kapirat, Lacep. (2)
Les Anchois (Angraulis, Cuv.)
Forment un genre assez, différent des Harengs , par sa gueule fendue jusque loin derrière les yeux , par des ouïes encore plus ouvertes , et dont les rayons sont au nombre de douze et davantage ; un petit museau pointu sous lequel sont fixés de très petits intermaxillaires , saille en avant de leur bouche ; les maxillaires sont droits et alongés.
Les plus connus n'ont pas même le ventre tranchant ; leur anale est courte , et leur dorsale placée vis-à-vis des ventrales.
V Anchois vulgaire. ( CL encrasicholus . L. ) Bl. 502.
Long d'un empan, à dos brun, bleuâtre , à flancs et ventre argentés ; se pèche en quantités innombrables dans la Méditerranée, et jusqu'en Hollande; on le prépare, après en avoir ôlé la tête et les intestins, pour servir comme assaisonnement. C'est un des mets les plus répandus.
Le Mélet{Engr. meletta. N. ) Duham. sect. VI , pi. m , f. 6.
Est une espèce plus petite, de la Méditerranée , à profil moins convexe. L'Amérique en a plusieurs espèces remarquables , dont une sans aucune dent ( Engr. edentulus. N. ) , Sloane , Jam. II , pi. 250, f. 2 (3). Dautres ont, comme les vrais Harengs, le corps comprimé, et le ventre tranchant et dentelé (4).
(1) Pr. tardoore , N. Riissel , 193 ; — Pr. cayavus, N. Esp. nouv.
(2) C'est bien la Tanche de vier de Bontius , ind., 78 , mais non pas le Capirat ou Pangais^ , Ren. feuille 16 , fig. 90 , qui a de longues ventrales.
(ô) Aj. Engr. fewMwcoiJM; N., ou /'?q'i«7(«g'a, Margr. 159, Spix, xxin; — le Stoléphorc commersonien, Lacep. V, xu, 1 , ou Nattoo , Russel, 187, probablement VJtherina aiistralis, Vf hile, p. 196, f. 1 ; — iaiflupée tuberculeuse, Lacep, V, p. 460. N. B. Sa Clupée raie d'argent, ne diffère pas de son Stoléphorc.
(4) Clupca alherinoides, Bl. ; — Cl. telara, Buch. II , 72 ; — Cl.phasa, id. p. 240 ; — Poorwa.. Russel, 194.
Les Thrisses (Thryssa. Cuv.)
Ne diffèrent des Anchois à ventre dentelé que par uu grand prolongement de leurs maxillaires.
On n'en connaît que des Indes Orientales (1).
Les Mégalopes (Mégalops, Lacep.)
Ont les mâchoires constituées comme les Harengs proprement dits, auxquels ils ressemblent aussi par la forme générale, et par la disposition des nageoires; mais leur ventre n'est point tranchant, ni leur corps comprimé ; des dents en velours ras garnissent leurs mâchoires et leurs os palatins ; on leur compte beaucoup plus de rayons aux ouïes (de vingt-deux â vingtquatre ) , et le dernier rayon de leur dorsale , souvent même de leur anale, se prolonge en filet, comme dans les Cailleux-Tassarts.
L'Amérique en a une espèce (la Savalle on Jpalike) , Cltipea cyprinoides , Bl. 403, d'après Plumier; CL gigantea, Sh., Camaripu guaçu. Margr., qui atteint jusqu'à douze pieds de longueur, et n'a que quinze rayons h la dorsale ; son anale a i.ussi ^un filet. Il y en a une autre aux Indes , confondue mal à propos avec la précédente : le Mêgalope filamenteux , Lacep. V, xui , 3, sous le faux nom d'Apalike. Russel , 203. Elle a dix-sept rayons à la dorsale.
Les Elopes (Elops, L.)
Ont tous les caractères des Mégalopes , mais manquent de filet prolongé à la dorsale ; leur forme est un peu plus alongée ; on leur compte jusqu'à trente rayons et plus , â la membrane des ouïes ; une épine plate arme le bord supérieur, et l'inférieur de la caudale.
On en trouve dans les deux hémisphères (2).
Les Bdtip.iivs (Bctirincs. Commerson.)
Ont avec des mâchoires composées comme celles des Harengs , et le corps alongé et rond comme les Elops et les Mégalops , le museau pi-oéminent comme les Anchois , la bouche peu fendue , des dents en velours aux mâchoires ,\douze ou treize rayons aux ouïes; et ce qui fait leur caractère le plus distinctif, des dents en pavés arrondis et serrés sur la langue, le vomer et les })alatins.
On en trouve aussi dans les deux Océans.
Les Elopes et les Butirins sont de beaux poissons argentés , à beaucoup
(1) Cliipea sotirosfris^ Broussonnet, déc. Icht. copié Encycl. 516; — CL mystus ou Pedda poorau-ah, Russel, 190; — CL mystax , Bl. Sclin. 83 ; — Poorawah, Russel , 189.
(2) 'V Elops de la mer des Indes est YArgentina viachnata de Forskal, et le Mugil salinoneus de Forster, Bl. Schn. p. 1 21 ; quoiqu'il ne lui donne que quatre rayons branchiaux, je m'en suis assuré par sa figure. C'est aussi \cJinagow , Russel, 179, et \c Synode chinois ^ Lacep. V, X, 1. L'Elops d'Amérique est le Mngil appendiculatus de Rose, ou Mugilomore ^nne-Caroline , Lacep. V, 098 ; le Poimdcr , Sloane, Jam. II , pi. 250 , f . 1 . VArgentina carolina, Lin., est bien sûrement aussi le même poisson , bien qu'il n'en cite qu'une très mauvaise figure , Catesb. II , xxiv ; mais le Satirus viuxinius, Sloane , II , pi. 251 , 1 , que l'on cite d'ordinaire comme synonyme de l'Elops, est d'un tout autre genre. C'est YÈsnr synodus , Lin., Synode fasciv , Lacep. ou , ce qui revient au même , un de nos Sauras qui avait perdu sa nageoire adipeuse.
d'arêtes, à cœcuins nombreux, qui deviennent grands; et donnent de
bon bouillon (1).
Les Chirocentres (Chirocentrus. Cuv.)
Ont comme les Harengs, le bord de la mâchoire supérieure formé au milieu par les intermaxillaires , sur les côtés par les maxillaires qui leur sont unis; les uns et les autres sont garnis, ainsi que la mâchoire inférieure, d'une rangée de fortes dents coniques, dont les deux du milieu, d'en haut et toutes celles d'en bas sont extraordinairement longues. Leur langue et leurs arcs branchiaux sont hérissés de dents en cardes , mais ils n'en ont point aux palatins ni au voraer. Leurs ouïes ont sept ou huit rayons, dont les externes fort larges. Au-dessus et au-dessous de chaque pectorale est une longue écaille membraneuse , pointue ; les rayons pectoraux sont fort durs ; leur corps est alongé , comprimé , tranchant , mais non dentelé en dessous ; leurs ventrales sont extrêmement petites et leur dorsale plus courte que l'anale, vis-à-vis de laquelle elle est placée. Us ont l'estomac en forme de long sac grêle et pointu, le pylore près du cardia, la vessie natatoire longue et étroite. Je ne trouve pas de cœcums.
On n'en connaît qu'un argenté , de la mer des Indes (2). Les Hyodons, Lesueur.
Ont la forme des Harengs , le ventre tranchant mais non dentelé; la dorsale vis-à-vis de l'anale ; huit ou neuf rayons aux ouïes , et des dents en crochets aux mâchoires, au vomer, aux palatins et à la langue, comme les Truites.
Ceux que l'on connaît, vivent dans les eaux douces de l'Amérique septentrionale (â).
Les Erythrins (Erythrinus. Gronov.)
Ont , comme toute cette famille , de petits intermaxillaires et les maxillaires faisant une grande partie des côtés de la mâchoire supérieure ; une rangée de dents coniques occupe les bords de chaque mâchoire , et parmi celles de devant , il en est quelques-unes plus grandes que les autres. Les
(1) Le Butirin banane de Commerson , Lacep. V, 45, qui est aussi son Synode renard, id. V, pi. vni, f. 2, ou Esoxvulpes , Lin. Catesb. II, 1,2, copié Eucyclop. 294, est un poisson de la mer Atlantique sur les côtes d'Amérique , le même que VUharana de Margrav. Bras. 154 , ou Clupea brasiliensis , Bl. Schn.; que VAniia de Browne ; que VAlbulagonorynchus, Bl. Schn. p. 452 , ou Albula plumieri , id. pi. 86; que\e Cltipée macrocéphale , Lacep. V, xiv, 1 , et que le Mncabi, Parra , pi. 55 , f. 4, ou J inia immaculafa , Bl. Schn. 451 . Spix en a deux , pi. xxni , 2 , et xxiv. — Le Butirin des Indes est VArgcntina glossodonta, Forsk . ou Argentine bonitk, Lacep. VEsox argenteus , Forster, ap. Bl. Schn. 596. N'ayant vu que l'espèce d'Amérique, je ne connais pas encore bien leurs caractères distinctifs.
(2) VEsoce chirocentre , Lacep. V, vni , 1 , Sabre ou Sabran de Commerson , qui est le même poisson que le Clupea dentex , Schn. p. 428, Forsk. p. 72, ou que le Clupea dorab, Gm. et que le ff'allah, Russel, 199. C'est probablement aussi le Parring ou chneen des Moluques , Ren. VIII , 55.
(5) Ihjodnn clodoliis, Lesueur , Ac. des Se. nal. de Philad. I, pi. xiv, et p. 367; — //. tergisus , id. il), p. ôGC).
MALACOPTERYGIENS ABDOMINAUX. S61
palatins ont chacun deux plaques de dents en velours. Il n'y a que cinq rayons larges aux ouïes. La tête est ronde , mousse, garnie d'os durs et sans écailles. Des sous-orbitaires durs couvrent toute la joue. Le corps est oblong, peu comprimé , revêtu de larges écailles comme dans les Carpes. La dorsale répond aux ventrales. L'estomac est un large sac , et il y a beaucoup de petits cœcums. La vessie natatoire est très grande.
Ces poissons habitent les eaux douces dans les pays chauds; leur chair est agréable (1).
Les Amies (Amia, L.)
Ont beaucoup de rapports avec les Erythrins, parleurs mâchoires, leurs dents, leur tête couverte de pièces osseuses et dures, leurs grandes écailles, les rayons plats de leurs ouïes, mais ces rayons sont au nombre de douze. Entre les branches de leur mâchoire inférieure est une sorte de bouclier osseux , dont on voit déjà un commencement dans les Mégalops et les Elops ; derrière leurs dents coniques en sont d'autres en petits pavés , et leur dorsale, qui commence entre les pectorales et les ventrales, s'étend jusque près de la caudale. L'anale au contraire est courte. Les narines ont chacune un petit appendice tubuleux. L'estomac est ample et charnu, l'intestin large et fort , sans cœcums , et , ce qui est bien notable , la vessie natatoire est ceiluleuse comme un poumon de reptile.
On n'en connaît qu'une ; des rivières de Caroline , où elle vit d'Ecrevisses Amia calva, L. ) , Bl., Schn. 80 (2). Elle se mange rarement.
Les Vastrès (Sudis. Cuv. ) (3)
Sont encore des poissons d'eau douce qui ont tous les caractères des Erythrins . excepté que leur dorsale et leur anale , placées vis-à-vis l'une de l'autre et à peu près égales entre elles , occupent le dernier tiers de la longueur du corps.
On en possède un, à museau court, rapporté du Sénégal par Adanson , que Ruppel a aussi trouvé dans le Nil, Sudis adansonii , Nob.; et un autre de très grande taille, à museau oblong, à grandes écailles osseuses, à tête singulièrement rude, du Brésil {Sudis gigas , n. S. pirarucu, Spix, xvi). Ehrenberg en a découvert un troisième dans le Nil [Sudis niloticus , Ehr. ), où il a observé un tuyau singulier, contourné en spirale qui adhère à la troisième branchie , peut-être est-ce quelque disposition analogyie à celles que nous avons observées dans les Anabas , et autres genres voisins.
(î) Esox malaharicus , Bl. 392 ; — Synodus erythrinus, Bl. Schn. Gron. Mus. VU, 6; — Stjn. tareira, Bl. Schn. pi. 79, Margr. 157; — Syn.palustris, Bl. Schn. Maturaque , Margr. 169; — Erythrinus, tœniatus, Spix, XIX; — Probablement aussi VEsoxgymnocephaluS) Lin.
N. B. Le Synodus vulpes , connu seulement par Catesb. II, xxx, me paraît le même que le Btitirin banane, et je crois que le Synodus synodus, Schn. que l'on ne connaît que par une figure de Gronovius , Zooph. et Mus. VII, 2, n'est qu'un Salmo sauras qui avait perdu la seconde dorsale. VEso.r synodus. Lin. autant qu'on en peut juger par sa courte description , n'est pas le même.
(2)iV. B. VJmia immaculata , Schn. 451 , ou Macabi , Parra, XXXV, 1 , -3, 5, n'est mitre que le Butirin banane.
(.■>) Sudis , nom employé par Pline , comme synonyme de Sphyrœna.