MALACOPTÉRYGIENS SUBBRACHIENS
velours serré, tandis que le côté des yeux n'en a aucune. Leur forme est oblongue; leur museau rond, et presque toujours plus avancé que la bouche ; la dorsale commençant sur la bouche, règne, aussi bien que l'anale, jusqu'à la caudale. Leur ligne latérale est droite; le côté de la tête opposé aux yeux, est généralement garni d'une sorte de villosité. Leur intestin est long, plusieurs fois replié, et sans cœcums.
L'espèce commune dans nos mers, et connue d'un chacun (PI. solea., L.), Bl. 45, brune du côté des yeux, à pectorale tachée de noir, est un de nos meilleurs poissons.
Nous en avons encore plusieurs autres, surtout dans la Méditerranée (1). (^)uelques espèces étrangères n'ont aucune distinction entre leurs trois nageoires verticales (2).
Nous appellerons
MONOCHIRES, (MONOCIIIR. CuV.)
Des Soles qui n'ont qu'une extrêmement petite pectoraledu côté des yeux, et où celle du côté opposé est presque imperceptible, ou manque tout-à-fait.
Nous en avons un dans la Méditerranée ; le Linguatula , Rondelet, 324 {Pleur, mîcrochirus, Lar., Ann. du Mus. XIII, 356) (3).
Les AcHiRES (AcHiRus, Lacep.)
Sont des Soles absolument dépourvues de nageoires pectorales. On peut aussi les diviser, selon que leurs nageoires verticales sont distinctes (les AcuiRES (4) proprement dits),
Ou qu'elles s'unissent à la caudale (les Plagusia (5), Brown.).
La troisième famille que nous appellerons
Discoboles ,
A cause du Bisque formé par leurs ventrales, comprend deux genres peu nombreux.
(1) La Pôle de Bélon, 143, et de Rondel. 523 , différente de celle de Paris , qui est une Plie , a les yeux à gauche , selon ces deux auteurs ; je ne sais si c'est le Rh. polus , Riss. deuxième éd. f. 52 , qui est dessiné avec des yeux à droite ; — le PI. ocellatus , Sch. 40 , le même que PL rondeletii, Sch. solea oculata , ou Pégouze, Rondel. 322; — PI. Iascari9, Risso, première éd. pi. vu , f . 32, et plusieurs espèces étrangères que nous décrirons dans notre grande Ichtyologie.
(2) PI. zébra, Bl. 187; — PI. plagiusa, L. — PI. oricntalis , Schn. 157; — PI. commcrsonien, Lac. III, xu , 2, ou Jerré potoo , A. Russel, 70; mais la descript. Lacep. IV, 656, est d'une autre espèce du sous-genre Turbot; — laso/e cornue , Russel^ 72, figure peuexacte; — P/. Jer/CKS; N. ou Jerré potoo, B. Russel, 71 ; — PI. pan, Buchan.XIV, 42.
(3) C'est probablement le Pleur. manijUii, Risso, 310. Il en existe d'autres espèces , dont quelques-unes sont sans doute confondues parmi les Achires des auteurs. Le Pi. trichodactylus doit aussi y appartenir. Aj. la pegouze de Risso, 308, deuxième éd. f. 33; — \eMon. thcophile; id.
(4) PI. achirus, L. achire barbu , Geoff. Ann. du Mus. tome I , pi. xi. Ce n'est pas le même que celui de Lacep. Il est essentiel de remarquer que ses barbes ne sont pas des rayons , mais des cils , comme il y en a dans la Sole commune , et comme l'on en retrouve dans plusieurs Achires ; — VÂch. iiiarbré. Lac. III , xii, 3, et IV , p. 660 ; — VAch. fascié, id. PL lineatus ; Sloane ,iam. pi. 346, PL mollis, Mitch. II, 4.
(5) PL hiUncatus , RI. 188, ou Jerré potoo, 'E. Russel, 74; — ïylch. orné , Lac. IV, p. 663; — Pleur, arel, Sch. 159, PL plagusiœ, aff. Jam^ Br. 445 , diffèieut du PL platjHsia, L. — PL potous, N. ou Jcrrépotoo , D. Russel, 73.
Les PoRTE-ÉctELLE ( Lepadogaster. Gouaii.)
Sont de petits poissons remarquables par les caractères suivants. Leurs amples pectorales , descendues à la face inférieure du tronc , prennent des rayons plus forts , se reploient un peu en avant , et s'unissent l'une à l'autre sous la gorge par une membrane transverse, dirigée en avant, qui se compose de l'union des deux ventrales. Du reste , leur corps est lisse et sans écailles , leur tête large et déprimée , leur museau saillant et extensible , leurs ouïes peu fendues , garnies de quatre ou cinq rayons ; ils n'ont qu'une dorsale molle vis-à-vis d'une anale pareille. Leur intestin est court, droit, sans cœcums; ils manquent de vessie natatoire : cependant on les voit nager avec vivacité le long des rivages.
Dans
Les PoRTE-EcuELLE proprement dits,
La membrane qui représente les ventrales règne circulairement sous le bassin, et forme un disque concave; d'un autre côté, les os de l'épaule forment eu arrière une légère saillie qui complète un second disque, avec la membrane qui unit les pectorales. Nos mers en possèdent plusieurs espèces.
Dans les unes, la dorsale et Tanale sont distinctes de la caudale, avec laquelle leur membrane se continue cependant quelquefois, mais en se rétrécissant (1).
En d'autres, ces trois nageoires sont unies (2).
Les GoBiÉsocEs, Lacep.
N'ont point ces doubles rebords, et par conséquent^ l'intervalle entre les pectorales et les ventrales n'y est point divisé en un double disque, mais ne forme qu'un seul grand disque fendu des deux côtés, et s'y prolongeant par des membranes. Leur dorsale et leur anale sont courtes, et distinctes de la caudale. Leurs ouïes sont beaucoup plus fendues (3).
Les Cycloptères. ( Cyclopterus , L.)
Ont un caractère très marqué dans leurs ventrales , dont les rayons, suspendus tout autour du bassin , et réunis par une seule membrane , forment un disque ovale et concave , que le poisson emploie , comme un suçoir, pour se fixer aux rochers. Du reste, leur bouche est large, garnie, aux deux mâchoires et aux pharyngiens , de petites dents pointues ; leurs opercules petits ; leurs ouïes fermées vers le bas , et garnies de six rayons ; leurs pectorales très amples , et s'unissant presque sous la gorge , comme pour y embrasser le disque des ventrales ; leur squelette durcit très peu , et leur peau est visqueuse et sans écailles, mais semée de petits grains durs. Ils ont un estomac assez grand , beaucoup de cœcums , un long intestin et une vessie natatoire médiocre. Nous les divisons en deux sous-genres.
(1) Lepadog. goiian, Lac. I , xxui , 3 , 4 , ou Lep. rostratus, Schn. — Lepad balbis, Risso , pi. IV, f. 9, probablement le même que le Cyclopt, cornubicus, Sh. ou Jura sucker, Penn. Brit. Zool. , n" 59; — Lepadog. decatidolle, Risso , p. 76.
(2) Lepadog. fFildenoiv, Risso, pi. IV, f. 10.
(3) Lepad. dentex , Schn. Pall. Spic. VII , i, le même que le Cyclopterus ntidus, Lin. du Mus. ad. fr. xxvii, 1 , et que le Gobicsoce testar, Lac. II, xix, 1 ; — Cyclopterus bimacnlafus, Penn., Brit. Zool. pi. xxii; f . 1 ; — Cyclopterus littoreus, Schn. 199.
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Les Lumps,
Ont une première dorsale plus ou moins visible, quoique très basse, à rayons simples, et une seconde à rayons branchus, vis-à-vis Tanale; leur corps est plus épais.
Le Lump de nos mers, Gras-Mollet, etc., {Cyclopterus Liimpus, L.) Bl. 90.
A sa première dorsale tellement enveloppée par une peau épaisse et tuberculeuse , qu'à l'extérieur on la prendrait pour une simple bosse du dos. Trois rangées de gros tubercules coniques le garnissent de chaque côté. Il vit, surtout dans le nord, de Méduses et autres animaux gélatineux. Sa chair est molle, insipide. Lourd et de peu de défense, il devient la proie des Phoques, des Squales, etc. Le mâle, dit-on, garde avec soin les œufs qu'il a fécondés (1).
Les LiPARis (LiPARis , Artéd.)
N'ont qu'une seule dorsale assez longue , ainsi que l'anale ; leur corps est lisse, alongé et comprimé en arrière.
Nous en avons un sur nos côtes {Cycl. Lîparis, L.), Bl. 123, 5, 4 (2).
Le genre dont nous allons parler pourrait aussi donner lieu, comme celui des Pleuronectes , à l'érection d'une famille particulière dans l'ordre des Malacoptérygiens subbrachiens.
Les ECHENEIS (ECHENEIS, L. )
Sont remarquables , entre tous les poissons , par un disque aplati qu'ils portent sur la tète , et qui se compose d'un certain nombre de lames cartilagineuses transversales , obliquement dirigées en arrière , dentelées ou épineuses à leur bord postérieur , et mobiles , de manière que le poisson , soit en faisant le vide entre elles, soit en accrochant les épines de leurs bords , se fixe aux différents corps , tels que les rochers , vaisseaux , poissons, etc., ce qui a donné lieu à la fable que l'Echeneis pouvait arrêter subitement la course du vaisseau le plus rapide.
Ce genre a le corps alongé , revêtu de petites écailles ; une seule dorsale molle vis-à-vis de l'anale ; la tête tout-à-fait plate en dessus ; les yeux sur le côté; la bouche fendue horizontalement, arrondie; la mâchoire inférieure plus avancée, garnie, ainsi que les intermaxillaires, de petites dents en cardes ; une rangée très régulière de petites dents semblables à des cils, le long du bord des maxillaires, lesquels forment le bord externe
(1) Le Cycl. patonins , n'est qu'une variété d'âge du Lump. Le Cyclopt. gibhosus, Will. V , 10, f. 2, ne paraît qu'un lump mal empaillé ; — aj. Cijcl. spinosus , Schn. 46 ; — Cycl. mtnutus, PalL Spic. , VII , ni , 7 , 8 , 9 , — Cycl. ventricosus , id. ib. II , 1 , 2, 3. — Gobtus mtnutus, Zool. Dan. CLIV , B.
(2) C'est le même que le Gobioïde smyrnéen, Lac. nov. corn. Pctiop. IX, pi. ix, f. 4, 6 , et probablement que le Cyclopt. souris, Lac. IV , xv , 3 , et peut-être que le prétendu gobius, Zool. Dan. CXXXIV ;— aj. Cyclopt. montagui , soc. Wern. I , v,l ; — Cyclopt, gelatinosus, Pall. Spic. VII , ni , 1 ; — Gobius, Zool. Dan. CLIV , A.
de la mâclioire supérieure ; le bord antérieur du vomer garni d'une bande de dents en cardes, et toute sa surface, qui est élargie, âpre, ainsi que celle de la langue. On leur compte huit rayons branchiostéges. Leur estomac est un large cul-de-sac ; leurs cœcums au nombre de six ou huit ; leur intestin ample, mais court; ils manquent de vessie natatoire.
Les espèces n'en sont pas nombreuses; la plus connue, de la Méditerranée, célèbre sous le nom de Rémora {Echen., rémora, h.), Bl. 172, est plus courte, et n'a que dix-huit lames à son disque. Une autre espèce, plus alongée {Ech. naucrates^ L.), Bl. 171, en a 22; et une troisième, la plus longue de toutes ( Ech. lineata , Schn. ) , trans. , Linn. 1 , pi. 17 , n'en a que dix.
Nous en avons découvert une {Ech. osteochir, N.), dont les rayons des pectorales sont osseux, comprimés et terminés par une palette légèrement crénelée.