TOME I, ÎO
1^6 MÀMWFÈRBS.
et de brait | le ne*/ 1* croupe, la queue et les membres
noirâtres (i). #
Les Mouffettes. (Mefbtits. Cuv.)
Ont , comme les putois, deux fausses molaires en haut et trois en bas j mais leur tuberculeuse, supérieure est très grande et aussi longue que large, et leur carnassière inférieure a deux tubercules^ son c$té interne, ce qui les rapproche des blaireaux comme les putois se rapprochent des grisons et des gloutons. Les mouffettes ont d'ailleurs, comme les blaireaux , les ongles de 4**ant Jougs el propres à fouir , et même elles sont à demi plantigrades; la ressemblance va jusqu'à la distribution des couleurs. Dans cette famille remarquable parla puanteur, les mouffettes se fc^É remarquer par une puanteur plus excessive que celle des autres espèces. *
Les mouffettes sont généralement rayées de blanc sur un fond noir, mail elles paraissent varier dans les mêmes espèces par le nombre des raies. L'espèce la* plus commune dans l'Amérique septentrionale ( Vwerra putorius, Gmel.; Catèsb., Carol., Il, 6aj Schreb. iai ) est noire, avec des raies blanches plus ou moins larges, plus ou moins nombreuses, etaJa queue noire avec le bout blanc. Son odeur est celle du putois, mêlée à une odeur très forte d'ail. Il n'y a rien de plus odieux. .
• Il parait que dans l'Amérique méridionale on rencontre plus souvent une espèce dont la queue est blanche. Les raies de son dos occupent quelquefois toute la largeur du dos ; \kChùiche( Piverramephitisy Gmel.)* BuflF., XIII, xxxix (a).
d (t) C'est le pékan de Daubenton; mais il n'a pas toujours du blanc tous la gorgé. Il y a encore nlusieurs espèces de putois oa de maries indiquées par MM. Molina, de Humboldi çt Harlan ; maïs elles exigent an nouvel examen.
{?) Elfe est mieux représentée dans PHiit. des fttammif» de M. Fréd. Cnv; La mouffette* du Chili, BnJff. , suppl. VII, ]tf. i*ti, n'en parait cpfone variété mal oa*tctvét. Vojea mes Rtoherehes sot lesossem, foss. IV.469.
CAANAttlBRS. l/jy
On. peut faire un sous-genre «téstiftcVàes Mmitrsf Fréd. Cuv.), qoî ont les dents, les pieds, et jusqu'aux couleurs des mouffettes, mais dont le museau tronqué prend la forme d'un groin, et dont la queue est réduite à un petit pinceau.
On n'en connaît qu'un t
Le TélagQfl de Java. (Midaus meliçcps. Fréd. Guv. et
Horsfield. Jav. )
Noir; la n uque, une raie le long du dos jet la queue blanches , la raie dorsale est quelquefois Interrompue au milieu. Sou odeur est aussi mauvaise que celle d'aucune mouffette.
Lbs Loutres. (LtmA. Storr.)
Ont trois fausses molaire* en haut el en bas. un fort talon à la carnassière supérieure, un tubercule au coté interne de Piraférieure et une grande tuberculeuse presque aussi longue que large en haut; leur tête est comprimée et leur langue. demi rude. Elles se distinguent d'ailleurs de tous les sous* genres précédents par leurs -pieds palmés et par leur queue aplatie horizontalement , deux caractères qui en font des. animaux aquatiques : elles se nourrissent de poisson*
£a Loutre commune. ( Mustela lutra, L. ) Buff, VUI, xi.
Brune dessus , blanchâtre autoui des lèvres, aux joues et sous tout le corps* On en voit quelquefois de mouche» fées, de blanchâtres. Des rivières d'Europe.
Plusieurs loutre* étrangères diffèrent à peine de la notre. Celle de la, Céline (Jouira Içtaxina, Fr. Cuv. ) devient un peu plus grande, e( a quelquefois une teinte plus foncée, et le dessous du .corps teint dé brunâtre, anais souvent afi*8ieUe.n'e& diffère point par les nuances. Il y en a au Brésil de toutes semblables à celle* de la Caroline. Celle des Indes ( Lutra nair, Id. ) parait seulement un peu plus lisse,. et a quelque chose de pâle aux sourcils, mais à peine sensible. Les Indiens savent l'employer pour la pèche, comme nous nous servons des chiens pour la chasse. Celle de Java,» nommée Simung (Lutra léptonyoc. Horsf t? ), a lajgorge plus bkuche, et ce blanc remonte sur les côtés de U tête de manière à entourer l'feH. Dans
l4â MAMMIFÈRES.
celle du Cap (&utm cap émis, Fr. Cuv. ), le blanc dé la gorge , des côtés de la tête et du cou , est plys pur , plut étendu; il y -en a même sur le bout du nez? ce qui la distingue le plus, c'est que (du moins à un certain Ige) elle n'a point d'ongles , caractère sur lequel M. Lessou a établi son genre Aonyx. Cependant on a rapporté du Cap de jeunes individus qui ont des ongles; il reste à savoir s'ils sont de la même espèce.
La Loutre d'Amérique. ( Mustela lûtra brasilienis. Gm. )
Toute brune ou fauve, à gorge blanche ou jaunAtse f un peu plus grande que la nôtre, à corps plus alongé , à poil plus ras. Elle se distingue parce que le bout de sou nez n'est pas nu, comme dans la plupart des animaux , mais garni de poils comme le reste au chanfrein. Des rivières des deux Amériques.
La Loutre de mer. (Mustela lu tris. L. ) Schreb,
CXXVM<i).
Deux fois pi Us grande que la nôtre; à corps- très alonge , 4 queue trois fois moindre que le corps, à pieds de derrière très courts. Son pelage noirâtre , d'un vif éclat de velours, est la plus précieuse de toutes les fourrures; il y a souvent du blanchâtre à la tête. Les Anglais et les Russes \#nt chercher cet anjtaal dans tout le nord de la mer Pacifique, . jpour vendre sa peau à la Chine et au Japon. Elle n'a que quatre incisives en bas , mais ses molaires sont comme dans les autres loutres. „ , .
La deuxième subdivision dil digitigrades a deux tuberculeuses plates derrière la carnassière supérieure , qui elle-même a un talon «jpez large. Ils sont carnassiers, mais sans montrer beaucoup de
(i) Cette figure, faîte > à ce qu'il parait, d'après an indmdm mal préparé, offre une ressemblance exagérée «avec les phoques, ce qui a fiait croire a quelques naturalistes qu'on doit la rapprocher de ce genre ; mais tonte son organisation est celle des loutres. Vojr. Everard Hom., Trans. phil. ,170*.
CARNASSIERS. i4q
courage à proportion de leurs forcés, et vivent souvent de charognes. Ils ont tous un petit caecum.
Les Chiens. ( Cajems. Lin. )
Ont trois fausses molaires en haut, quatre en bas, et deux tuberculeuses derrière l'une et l'autre carnassière : la preinière supérieure de ces tuberculeuses est fort grande. Leur, carnassière supérieure n'a qu'un petit tubercule .en dedans; niais l'inférieure a sa partie postérieure tout-à-fait tuberculeuse. Leur langue est douce; leurs pieds de devant ont cinq doigts > et ceux de derrière quatre.
Le Chien domestique. ( Canis/amiliaris. L. )
Se distingue par sa queue* recourbée; et varie d'ailleurs à l'infini pour la taille , la forme , la couleur et la qualité du poil. C'est la conquête la. plus complète, la plus singulière et la plus utile que l'homme ait faite; toute l'espèce est devenue notre propriété; chaque individu est tout entier k son maître , prend ses mœurs , connaît et défend son bien , lui reste attaché jusqu'à sa mort;. et tout cela ne vient ni du besoin , ni de la contrainte , mais unique-
. ment de la reconnaissance. et d'une véritable amitié. La vitesse , la force et l'odorat du cbieu en ont fait pour l'homme un allié puissant contre les autres animaux,. et étaient peut-être nécessaires à rétablissement de la société. Il est le seul animal qui ait suivi l'homme par toute la terre. ' m
Quelques naturalistes pensent que le chien est un loup, ' d!autres que c'est un chacal apprivoiser :. les chiens rede-
' venus sauvages dans des lies désertes, ne. ressemblent cependant ni à l'un ni a l'autre. Les. chiens sauvages et ceux des peuples peu civilisés , tels que les habitants de la Nouvelle -Hollande, ont les oreilles droites, ce qui a fait croire que les races européennes les plus voisines du premier type sont notre Chien de berger, notre Chien- Loup/ mais là comparaison des crânes en rapproche davantage le Mâtin et le Danois, après Tesquelrviennent le Chien
l5o MAMMIFÈRES.
courant, le Braque et te Basset, qui oe diffèrent entre eu* que par la taille et les proportions des membres. Le Lévrier est plus élancé et a des sinus fron/aux plus petits et un odorat plus faible. Le Cïùen de berger et le Chien- Loup re prennent les oreilles droites des çbiens sauvages > mais avec plus de développement dans le cerveau , qui va. croissant encore,' ainsi que l'intelligence, dans ie Barbet ei dans VEpagneuL Le Dogue, d'un autre ce té, se fait remarquer parle raccourcissement et la vigueur des mâchoires. Les petits chiens d'appaf temeut* , Doguins, Epdgnculs, Bichons , ete* , sont le» produits les" plu» dégénérés, et les marques les pins fortes de la puissance que l'homme exerce sur là Dfture(i).
Le chien naît les yeux fermés; il les ouvre le dixièùfM ou le douzième jour f ses dçnt* commencent à changer le quatrième mois; il a terminé sa croissance à* deux ans. La femelle porte soixante-trois jours et fait de six à douze petits. Le chien est vieux à quinze ans et n'en passe guère vingt. Chacun connaît sa vigilance, son aboiement, son mode singulier d'accouplement, et l'éducation Variée dont il est susceptible.
ULoup. ( Omis lupus. U ) Buff. VU > i.
Grande espèce a queue droite, à pelage gris-fauve , à jambes fauves , avec une raie nuire sur celtes de devant des adultes (a), est l'animal carnassier le plus nuisible de nos contrées. On le trouve depuis l'Egypte jusqu'en Laponîe , et il parait être passé en Amérique. Vers le Mord , son pelage devient blanc en hiver. Il attaque tous nos animaux*, et ne montre cependant pas un courage proportionné à ses forces. Il te repaît* souvent de charognes. Ses habitudes et son développement physique ont beaucoup de rapport» avec ceux du chien.
Le Loup noir. ( Canis tycaon. L. fJBuff. IX , xu*
Habite aussi en Europe , et ae trouve même en France ,
—«--*' •- '• r nu -il-"!-" -i"»'r 1 "* r" *'"* lfcJ ■**"■■ — ' ■
\t) Voye* Frédéric C*vier, Alla. Mas. XVHt. p. 3S» ot sttlv* (a) Cette nie se recrodrephu on aamwnsswres^sutladbacidvhiloup do Manque, etc. • •
CARKASSfBfi*. l5l
mai* irè» rarement (i). Son .pelage est d'un noùr profond et uniforme, avec un peu de blanc au, bout du museau , et une petite tache de même couleur sou* la poitrine. Ou le dit plus féroce que le loup commun!
Le Loup du Mexique. { C. mt&eicawis* L. )
D'un gris rouasâtre , mâle d'un peu de noirâtre; le tour du museau , le dessous du corps et les pieda blanchâtres. A peu près de la taille de notre loup d'Europe (a).
Le Loup rougèd' Amérique. {Cariisjubatus* Cuv.Agoum-
Gouazou d'Azz. )
D'un, ^eau roux-cannelle, une courte crinière noire tout le long de l'épine.. Des marais de l'Amérique méridionale*
Le Chacal ouLàup doré (Çanisaureuf.L.) Schreb* XC1V.
Moindre que les précédents, à museau plus pointu,, gris-brun, les cuisses et les jambes fauve-clair , du roux à l'oreille; la queue n'atteignant guère sjue le talon. C'est i\n animal vorace qui chasse a là manière du cht&t, et parai Uui .ressembler plus qu'aucune autre espèce sauvage par la. conformation et par la facilité à s'apprivoiser. On trouve, des chacals depuis 4es Indes et les environs de la nier Caspienne , jusqu'en Guinée; mais il n'est pas sûr qu'ils soient tous de la même espèce. Ceux dû Sénégal, par exemple ( C. anikus, Fr. Cuv\, Mammif. ), sont plus élevés sur jambes, et paraissent avoir le museau plus fin ,. et la queue un peu plus longue. c
Les Renards peuvent être distingué^ de* loups et des chiens, par une queua plus longue, et plus touffue, par un museau plus pointu, par des pupilles qui de jour sont* en
■W»— "IM" tH ■ — — ^»É »■ mw <■>■ ■ ■ l' 1 Html I * "■ *> ■ ''
(i) Hou sa «vous «m quatre imtyridtis prit et tués en France. H ne firat pas le confondre avec le renard noie, dontGmelin mêle les synonymie* avec les siens.
(a) Ce caractère est pris d*un individu venu du Mexique iptme, et donné an cabinet du roi par M. de Humboldt. On doit rejeter ceux qae les auteurs ont tiré de la mauvaise figure de Reccbi , insérée dans Hernanéet-, p. 47^- Mais MM. Sây et Harlan, Paun. am., parlent de deux aatee^espaa— de ionpt, C*n. iatram et Can. nuhUus, qoi auraient besoin d'être eianuoées ttssuMrttUvemeiift.
l5* MAMMIFÈRES.
fente verticale, et par des incisives supérieures moins échancrées : ils répandent une odeur fétide, se creusent des terriers, et n'attaquent que des animaux faibles. Ce sous-genre est plus n ombreux que le précéden t.
Le Renard ordinaire. (Canis vuipes. Lin.) Buff. VII, vi.
Plus ou moins roux , le bout de la queue blanc , est répandu depuis la Suède jusqu'en Egypte ; ceux du nord des deux continents (C.fulvus,Dcsm.)ont seulement le poil plus brillant. On n'observe point de différence constante •entre ceux -de l'ancien continent et ceux du nord de l'Amérique. Le Renârdcharbonnier ( Canis alopex, Schreb. XCI), qui a le bout de la queue noir , et se trouve sdans les mêmes pays que le commun; \e Renard croisé (id.,XCl, h. ), qui vient du Nord, et se distingue seulement par du noirâtre le long de l'épine et sur les épaules j le renard que nos foureurs nomment turc , et qui est d'un gris jaunâtre avec le boutf de la queue blanc , ne sont peut-être que des variétés du renard commun j mais les espèces suivantes sont bien distinctes.
Le Renard du Brésil. ( Canis Azarœ. Pr. Max. Bras. Agua-
rachat d'Azsara. )
Gris $ les cotés du cou roussâtres , une ligne noire commence sur la nuque et s'étend sur tout le dos de la queue.
Le Corsac ou petit Renard jaune. ( Canis corsac. Cm. ) Buff. Sup. III, xvi , sous le nom d'Adive.
. D'un gris jaunâtrê^pâle , quelques ondes noirâtres sur la 1 base de la queue , le. bout de la queue noir, la mâchoire blanche* Commun dans les vastes landes du milieu de l'Asie, «depuis le Volga jusqu'aux Indes. Il a les mœurs du renard , ne boit jamais. Je ne crois pas qu'on doive en distinguer Y Abouhotsein de Nubie ( Canis pallidus, Ruppel , pi. xi. )
U y a aussi dans les landes de l'intérieur de l'Amérique septentrionale un petit renard (C. velox., Say. et H aria n, f., Ann. am., 91 qui vit dans les terres, mais parait différer du corsac par d'autres teintes t une queue noirâtre, etc.
CARNASSIERS* l53
Le Renard tricolor dx Amérique. ( Canis cinereo-ar- . genteus.) Schreb. XC1I. A.
Cendré dessus, blanc dessous, une bande roux-cannelle le long des flancs. De toutes les parties chaudes et tempérées des deux Amériques.
Le Renard argenté on Renard noir (i). (C. argentatus.)
Noir, à bouts des poils blancs, excepté* aux oreilles, sur les* épaules et à la queue, où il est d'un noir pur. Le bout de la queue est tout blanc. De l'Amérique septentrionale. C'est une des plus belles fourures, et .des plus chères.
Le Renard bleu ou Isatis «(Canis'lagopus* L.) Sdhreb. XCI1I.
Cendré-foncé, le dessous des doigts garni de poils (a), souvent blanc en hiver. Du nord des deux continents, surtout de Norwège et de Sibérie. Aussi très estimé pour la fourrure. • i
Renard du Cap. ( Canis mesomelas ) ( 3 }. Schreb. 3ÊCV.
Fauve sur les fanes, le milieu du dos noir, mêlé de blanc, et finissant en pointe en arrière ; les oreilles rousses ' ainsi que les pieds , les deux tiers postérieurs de la queue
noirs, etc....
L'intérieur de l'Afrique produit des espèces de renards remarquables parla grandeur de leurs oreilles, et la force des poils de leurs moustaches^ ce sont les mégalotis d'Iliger. On en connaît deux *t
Le C. mégalotis de Lalande.
Espèce du Cap /un peu moindre que notre renard commun , plus haute sur jambes; gris-jaunâtre dessus, blanchâtre dessous , les pieds , la queue et une ligne dorsale noires. .
Le C. Zerda Gmel. ou Fennec de Bruce* feuff. Sup. III, xix.
A les oreilles encore plus grandes; c'est une petite espèce
(i) Gmel. l'a confondu avec le loup noir, sou* le nom de canis lycaon. (a) Planeur* renard», même le commun, prennent dan» le Nord du poil
sous les pieds. 9
(3) Gmel. Va confondu avec Fadhre de Bufïon, qui est une espèce fae lice , et ne diffère point du chacal.
1 54 MAMJH1FBHES.
d'un fauve presque blanc , qui te cveus* des terriers dans les sables de la Nubie (i) j son poil est laineux , et il en a jusque sous, les doigts.
Enfin on peut placer à la suite des chiens comme un quatrième sous-genre , distingué par le nombre de W doigts , qui est de quatre à tous les pieds,
Le Chien sauyage du Cap. (Hyœna venatica. Bureshel). Hyœna picta. Temm.) ^n. gén. des Se. phys. , III.
Qui a la dentition des chiens et non pas des hyènes, la taille élancée, le pelage marbré de blanc, dé fauve, de gris et de noirâtre; la taillé duJoup, de grandes oreilles, noires au bout, etc. H vit en. grandes troupes, et approche trèspfts de la ville du Cap, dont il devante les environs.
LBS ClVBfTBS. ( YlVEltfiA. )
Ont trois fausses molaires en haut, quaue ep. bas, dont les antérieures tombent quelquefois ; deux tuberculeuses assez grandes^en haut, une seule en bas, et deux tubercules saillants au côté interne de leur carnassière inférieure en avant , le reste de cette dent étant plus ou moins tuberculeux. Leur langue est hérissée de papilles aiguës et rudes ; leurs ongles *e redressent plus ou moins dans la marche; et près de leur anus est une poche plus ou moins profonde, où des glandes particulières font suinter une matière onctueuse et aonvemt odorante.
JEIles se divisent en quatre sous-genres :
Les Civettes proprement dites. ( VrvERRA. Cuv. ) .
Où la poche profonde , située entre Panus et l'organe de la génération , et divisée en deux sacs, se remplit d'une pomade abondante, d'une forte odeur musquée, produite par des glandes qiii entouren^ta poche. Cette substance est un
(«) La figure de Bruce » copiée par £u£on et ensuite par tous les compilateur», «Art exagéré* la grandeur des oreilles. On a enfin mie bonne figure et une description exacte de cet aninjal ,' dans le Yoy. de &uppel, Zoolog. 9 pi. m.
CARNASSIERS. . l55
article de commerce pour la parfumerie. On l'employait davantage lorsque le in use et l'ambre gris étaient moins connus. Leur pupille demeure ronde pendant le jour, et leurs ongles ne se retirent qu'à demi.
La Civette. ( Vwerràcwetta. Lin..) Buff. IX, xxxtr.
Cendrée , irrégulièrement barrée et tachetée dé noir; la queoe moindre que le corps, noire vers le bout, avec quatre ou cinq anneaux ver» sa. base; deux bandes noires faisant fetour de la gorge f et une entourant la face; tout le long du dos et de la queue une crinière susceptible de se relever. Des parties les plus chaudes de l'Afrique.
Letibeth. ( Viverra zða. Lin.) Buff. IX, xxxi.
Cendré , ponctué de noir , der demi-anneaux noirs sur toute la queue, des bandes noires aux côtés du cou; point de crinière. Des Indes orientales.
, Les Geweîtès. ( Genetta. Cuv. )
Où la poche se réduit à uu enfoncement léger formé par la saillie des glandes, et presque sans excrétion sensible , quoiqu'il y ait une odeur très manifeste. Leur pupille est ï la lumière une fente verticale, et leurs^ongles se retirent entièrement entre les doigts comme dans les chats.
La Genette commune. ( FwerVa geneetà. L. )
Grise , tachetée de brun ou de noir, le museau noirâtre, des taches blanches au sourcil, sur la joue, et de chaque côté du bout du nez^ la queue aussi longue que le corps, anmlée de noir et de blanc 5 le* anneaux noirs au nombre de neuf k onze. On en trouve depuis la France méridionale jusqu'au Cap de Bonne-Espérance, qui varient par la grandeur 'et le nombre des taches , par les bandes le long de l'épaule et du cou , ainsi que par les lignes de la nuque , etc. ( 1 ). Elle se tiennent le long des rhisse&ux, près
(1) La meilleure figure de genette est celle que Pennant donne, Sjnop»., no 1 y * 9 ffist. , Uo 2&of «ras le Jaux nom Adjbssiwc. C'est ls> variété qu'on apporte le plus souvent du Ca£. Il j en a «ne autre diaprés on jeune individu, Brown, illly.pl. xuuf encore 00m le. nom de ./taone. Elle se distingue par ses jambes blanchâtres et non brunes, et noas en avons vu
l56 MAMMIFÈRES.
des sources; etc.; leurs peaux forment «xi article assea imt portant de pelleterie»
La Genette de Jaya. (Viverra linsang. Hardw. Iran*, lin. XIII, pi. xxiv. Felis gracHis. Horsf. Jav. )
A sur le corps plusieurs bandes transverses, irrégulières, brunes ,• et sept anneaux à la queue.
La Fossane de Madagascar. ( Viv. fossa.) BufF. XIII, xx.
Le dessus, les flancs et la queue fauves, le dessous et les jambes blanc-jaunâtre^ des taches roux-brun , dont celles du dos forment quatre bandes longitudinales ; des demi-anneaux roussâtres sur la queue, qui n'a que moitié de la longueur du corps ( i ). *
La Genette des Indes* (Fwerra russe* Horsf. Jav. )
Les jaufbes brunes, le corps gris*brun, à petite taches brunes , réunies sur la croupe en cinq lignes longitudinales. La queue plus courte que le corps, annelée de noir et de blanc, a six ou sept anneaux noirs (2). Son poil est
moins doux que dant4es espèces précédentes.
, Le PaVadoxuêe. ( Paradoxueus. «Tréd. Cuv. ). À les dents et la plupart des caractères des genettes, avec
une semblable da Sénégal. Celle de Buffbn IX , xxxvi , n'a pat les bandes du con^et des épaules assez marquées, Le nombre des anneaox noirs de la queue va de neuf à onze.
Ja civette de Mahxca détonnerai , deuxième Voy. , pi. lxxxïx, qui est la même que la genette du Cap de Buff. , Suppl. VII , pi. i/rm. Le chat bUaam de Vosmeer , dont Gmelin a mit autant (d'espèces , ne paraissent que des genettes communes.
(1) Description d'après l'original envoyé par Poivre à Baftta, et gravé Hist. nat. XIII, pi. xx. La description de Danbenton est exacte, quanta la distribution des taches ; mai» il les appelle noires f et elles sont rousses. Au reste, cet aninjal ne peut guère être \ejbssa de Fjocourt, que cet auteur dit grand comme un blaireau. Malgré l'assertion contraire de Poivre, la fossane a le même sillon que les genettes*
(a) C'est probablement l'animal du .musc , de La Peyronie , Acad. des Se. ,.1 7?8 , pi. xxrv , p. 4^4 > <JoeTon avait confondu avec le-nbeth ; mais le zibeth est plus grand et a d'autres teintes. Il faut rapporter à celte subdivision le putois rayé de l'Inde. BuÛVSuppl., "VII,lvh. ( Ftp.fasckua, Gm. )
CARNASSIERS- l5^
lesquelles on l'a long-temps confondu , mais ses formes sont plus trapues; ses doigts à demi palmés, sa marche presque plantigrade; et, ce qui le distingue surtout, c'est la manière dont sa queue se roule en spirale, quoiqu'elle ne soit pas prenante*
On n'en connaît qu'un, le Pougouné -( Parad. typus., F/éd. Cuv.) des Indes, brun -jaunâtre avec quelques mouchetures plus brunes; les pieds, le museau, une partie de la queue noirâtres, un sourcil blanc et une .tache blanche sous l'œil. -x - m \
Nos Français de Pôndichéry t'appellent Marte des palmiers ( i ).
Les Mangoustes. Cuv. ( Herjpestes. Iliger. )
Ou la poche est volumineuse, simple , et a l'anus percé dans sa profondeur. Leurs poils sont annelés de teintes claires et obscures, .ce qui détermine pour l'œil leur couleur générale. «
La Mangouste à? Egypte, si célèbre chez les anciens sous le nom àlIchneumon. ( Viverra ichneumon. Lin.) Buft. Sup. lil , ravi.
GAe,à queue longue terminée par- un 'flocon noir, plus grande que nos chats , effilée comme nos martes. Elle cherche surtqot les œufs de crocodiles, mais se nourrit aussi de toutes sortes de petits animaux; élevée dans les maisons, elle donne la chasse aux souris, aux reptiles, etc.... Les Européens du Caire la nomment rat de Pharaon ; les gens du pays nerhs. Ce qu'en ont dit les anciens, qu'elle se jette dans le corps des crocodiles, pour les mettre à mort, est fabuleux.
La Mangouste des Indes. ( F iv erra mungos. Lin.) Buff. XIII,. xix , et celle du Càp. ( Viv. cafra. Gm. ).Schreb. CXVI , B.
Sont plus petites et ont toutes deux la queue pointue et le pelage gris ou brun, mais plus cendré dans celle-ci,
(0 Cett la prétendue genette de France de Baff., SoppL III, pi. n.vu; la Civette à handeau , Geoff. »
l58 MÀMMIFEftBS,
plus teint de rauve dan* la première, qui a an outre du . roussâtre aux joues et aux mâchoires,
La mangouste des Indes est célèbre par ses Combats avec les serpents les plus dangereux , et par le renom d'avoir fait connaître la vertu de Yophiorhiza mongos contre leurs morsures.
On connaît encore une mangouste de Java. ( H.ffwanicus) Brun-roussâtre, à joues roux-marron, à gorge plus fauve f une grande dé* marais du Cap. ( fi. pàludmosus.) D'un roux brun presque uniforme, tirant au noirâtre , un peu plus pâle au menton $ une troisième du Cap. (.fi. penicîlUUus9) gris-fauve , à bout de la queue blanc ; une du Sénégal ( 2Z. albicaudus ), grise, à queue toute blanche ; mais il est difficile d'établir entre ces
animaux des limites bien spécifiques.
* • Les Suarc ates. (Rymna. Niger. )
Ressemblent aux mangoustes , et en ont jusqu'aux teintes et aux rayures transverses du poil, mais se distinguent d'elles et de tous les carnivores dont on a parlé jusqu'ici , parce qu'ils n'ont que quatre 4oigU a tous les pieds. Us sont aussi plus hauts sur jambes , et ont de moins la petite molaire immédiatement derrière la canine* UVpocjbe donne dans l'anus même.
On n'en connaît qu'une espèce, originaire d'Afrique
( Vwerra tetradactyia, Gm. ), Buff., XIII, vin , un peu
moindre que la mangouste des Indes (i).
< Les Mahgves. ( Cbossa&citus» Fréd. Cuv; )
Ont le museau , les dents , la poche , la marche des suricates , les doigts , les organes génitaux des mangoutes. On n'en connaît qu'un (Crossmrchus obscurus, Fr. Cuv.), deSierra-Leone,d* la taille du suricate, gris-brun, à joues plus pâles , à queue fournie.
Nous devons mentionner ici un animal singulier du midi de l'Afrique, qui n'est connu que dans son jeuue
*^' i » »■ - ■ ii .1. » ■ i — — ^
(i) Le atfttfc de Boonerat , deuxième Vojr. , pi. xcii i ne paraît différer du toricate que parce qu'il est grossièrement dessiné.
CÀAKA0SIBAS. l5g
âge f etqui joint aux cinq doigts devant, aux quatre derrière , et à la tête un peu alongée des civettes , les pieds élevés, ceux de derrière plus courts, et une crinière comme l'hyène; qui ressemble même singulièrement à l'hyène rayée par les couleurs de son pelage. Son pouce de devant est court et plus haut; c'est le Proteles lalandù, Isid. Geoff., Mém. du Mus., XI, 354, p'< xx-^ se tient dans des cavernes. '
. Les iodividus que l'on a observés , et qui étaienteacore jeunes F, n'ont offert que trois petites fausses molaires , et une arrière-molaire petite et tuberculeuse, fl semble que lÉk* dents étaient avortées comme il arrive^souvent aux
. genettes(i). . ,
La dernière subdivision des digitigrades ri*a point de petites dents du tout derrière la grosse molaire d'en bas. Elle contient les animaux les pKis cruels , les plus carnassiers de la classe. 11 y en a deux genres.
Les Hyènes. ( Hyjenà. Storr. )
Qui ont trois fausses molaires en haut et quatre en bas, toutes coniques , mousses , et singulièrement grosses : leur carnassière supérieure a un petit tubercule en dedaps et en avant; mais l'inférieure n'en a point , et ne présente que deux fortes pointes tranchantes : 'cette armure vigoureuse leur permet de briser les os des plus fortes proies. Leur langtnf est rùdey tous leurs pieds ont quatre doigts comme ceux des çnricates , et au-dessous de leur anus est une poche profonde et glanduleuse qui a fait. croire i quelques anciens qu'elles sont hermaphro-» dites. Les muscles de leur cou et de leur mâchoire sont si robustes, qu'il est presque impossible de leur arracher ce qu'une fois elles ont saisi* Aussi , leur nom est-il chez les Arabes le symbole de l'opiniâtreté. Il ^rriye quelquefois
■ ■i iïït m ■ I m*
( 0 ^r°X- mes Recherches sur les ossem. fossiles , tom. IV, p. 368.
l60 MAMMIFÈRES.
que leurs vertébrée cervicales s'ankyldsent par ces efforts, et cela a fait dire qu'elles n'ont qu'un seul os dans le cèu. Ce sont des animaux nocturnes , habitant des cavernes ; vôraces, vivant surtout de cadavres, et en cherchant jusque dans les tombeaux, et sur lesquels on a une infinité de traditions supertitieuses.
On en connaît trois espèces : f
h* Hyène rayée, (Canis hyœna. lin.) Buff. Supp.III, xlvi.
Grise, rayée irrégulièrement en travers de brun ou de noirâtre; une crinière tout le long de la nuque et dudos, qu'elle relève dans lès moments de colère. Elle hab^Plepuis les Indes jusqu'en Abyssinic et au Sénégal.
Utfyènc brune* ( Hyœna brunnc*. Thunberg. ) Acad. de Stokh. 18120. 1" part. pi. 1. H. Villosà. Smith. Tracs, linn. XV, pi. 19.
D'un gris brun foncé, n'ayant de raies noirâtres que sur les jambes. Du midi de l'Afrique , oà les colons du Cap la connaissent sous le nom de foup de rivage*
UJfyène tachetée ( Canis crocutà* Lin. ) Schreb. XCVï, B. \
Grise ou roussâtre , semée de taches noires , aussi du midi de l'Afrique. C'est le loup-tigre du Cap.
Dans ces derniers temps, on a trouvé dans plusieurs cavernes de France f d'Allemagne et d'Angleterre, beaucoup d'os d'hyènes d'une espèce perdue, ( H. spçlœa* ) qui paraissent y avoir fait leur séjour, et y avoir laissé des os de beaucoup d'autres animaux entamés par leurs dents , et même leurs propres excrémeAs (i).
Les Chats. (Feus. Lin. )
Sont, de tous les carnassiers, les plus fortement armés. Leur museau court et rond, leurs mâchoires courtes, et surtout leurs ongles rétractiles , qui , se redressant vers le ciel , et se cachant entre les doigts dans l'état de repos ,
(1) Foy. Buckiand : RèUquwt dihmanœ, et le tome IV de mes Osseroents fo**iles, à« édition. . ~
CARNASSIERS. i6l
par l'effet de ligaments élastiques, ne perdent. jamais leur pointe ni leur tranchant, .^n font des animaux très redoutables , surtout les grandes espèces^ Us ont deux fausses molaires en haut et deux en bas ; leur carnassière supérieure a trois lobes et un talon mousse en dedans , l'inférieure deux lobes pointus et tranchants, sans aucun talon; enfin, ils n'ont qu'une très petite tuberculeuse supérieure, sans rien qui lui corresponde en bas. Les espèces de ce genre sont très nombreuses et très variées en grandeur et en couleur, quoique toutes semblables pour la forme. On ne peut les subdiviserqUe d'après les caractères très peu importants de la taille etd#la grandeur du poil. A la tête du genre se présente :
Le Lion. (Felis leo. Lin. ) Buff. VIII, i , n.
Distingué par sa couleur fauve uniforme, le flocon de poil du bout de la queue , et la crinière qui revêt la tête , le cou et les épaules du mâle. C'est le plus fort et le plus courageux des animaux de proie. Autrefois répandu dans les trois parties de l'ancien monde , il paraît aujourd'hui presque confiné dans l'Afrique et quelques parties, voisines de l'Asie. Le lion a la tête plus carrée que les espèces suivantes.
Les tigres sont de grandes espèces à poil ras , le plus souvent marqué de taches vives.
Le Tigre rqyal. (Felis tigris. ) Bnff. VIII, ix.
Aussi grand que le lion, plus alongé, à tête plus ronde, d'un fauve vif en dessus* d'un blanc pur en dessous , rayé irrégulièrement en travers de noir; le plus cruel /des quadrupèdes, et le plus terrible fléau des Indes orientales; sa force et la rapidité de sa course sont telles, que dans les marches d'armées, il lui est arrivé quelquefois d'enlever un cavalier de dessus sa monture , et do l'entraîner dans le fond du bois sans pouvoir être atteint.
Le Jaguar ou Tigre d'Amérique. La grande Panthèredcs fourreurs. ( Felis ohca7 Lin. ) XfAzzara , 'pL: ne. Fwéd.
% Cuv. Mammif. ' '
Presque aussi grand que le tigre d'Orient, et presque TOME I. H
i62f MAM*rrt>ènEs.
*tissft cfattgeteux y fauve vifen dessus, marqué lé long des fiàiK* ide quatre raagées de lâche* noires en forme d'yeux , c'dst-fc-dire d'ansteaux plu» ou moins complété avec un point itoir au milieu \ blanc dessous , rayé en travers de noit. )i y en a des individus noirs , dont Ites taches d'un noir plus profond ne se voient qu'à une. certaine exposition.
La Pqntiière. (Felis pardus. Lin. ) Le Pardalis des anciens» Cuv. Ménag. du tylus. in-8°, I', p, 212.
Faure dessus, blanc dessous, avec six ou sept rangées détaches noires en forme de roses, c'est-à-dire formées de l'assemblage de ënq ou six petites taches simples, sur chaque flanc; la queue est de la longueur du corps, moius la tête.
Cette espèce est répandue dans toute l'Afrique , et dans ' les parties chaudes de l'Asie, ains^que dans l'archipel des • Indes.
Il y en a des individus où le fond du pelage est noir, avec des taches d'un noir plus profond. (FeL mêlas Pér.) ; mais tts ne forment point une espèce. On en a vu plus d'une fois de noirs, et de fauves allaités par la même m&e (r).
Le Léopard* (Felis leopardus* Lin. )
D'Afrique, semblable à la panthère f mais avec dix rangées de taches plus petites (a).
Ces deux espèces sont plus petites que le jaguar. Les voyageurs et les fourreurs Tes désignent indistinctement sous lès noms de léopard 7 panthère, tigre d'Afrique, etc. (3)
11 y en a une troisième , particulière aux contrées reculées des Indes orientales, un peu plus basse stir jambes , à
' ( i ) M. Tërammk nomme cette espèce tfili* leopardm. (a) Le même naturaliste regarde notre léopard comme une variéce* de notre panthère, et le» confond sous non Jetis icopurdus,
(3) Buffpna méconnu le jaguar, qu'il a pris pour la panthère de l'ancien continent, et il n'a pas bien distingué la panthère et le léopard ; c'est pourquoi on ne peut citer positivement ses pi. xi , xn, xin , et xiv du huitième volume.
CARNASSIERS. l65
queue égalant le corps et ta tête ensemble; à taches plus nombreuses et plus petite» (Felis chatybeata , Herm. Schreb., 101 )• (i)
Le Cottgimr, Puma } ou prétendu Lion d'Amérique* (Felis discolor. h. ) Buff. VIII, xix^
Roux , avec de petites taches d'un roux un peu plus foncé, qui se distinguent difficilement. De toute l'Amérique , où il dévaste les basses-cours 7 etc.
Parmi les espèces inférieures , on doit distinguer les lynx , qui se font remarquer aux pinceaux de poils dont leurs oreilles sont ornées.
On en ,con naît tans* le commerce , sous le nom de loups ceryiers, quatre ou cinq sortes assez différentes, qui ont Jong-temps été confondues par les naturalistes (Felis lynx, Lin. ), et dont les limites spécifiques ne sont peutêtre pas encore bien fixées. Toutes ont la queue très courte et le pelage plus ou moins tacheté.
Les plus beaux, grands comme des loups (Felis cenraria, Temm. ), viennent de l'Asie par la Russie, et ont le pelage d'un gris ou peu roussàtre , avec de belles mouchetures noires.
D'autres, venus du Canada et du nord de ja Suède ÇFelis borealù , Temm. ), ont le pelage très touffu jusque sous les pieds , d'un gris cendré et à peine moucheté.
Le lynx de l'Europe tempérée (Felis tynx.y Temm. ) , qui a presque entièrement disparu défe contrées peuplées , mais qui se retrouve encore dans les Pyrénées , les monta-
(i ) .C'est à cette espèce que M. Temmini affecte le nom de panthère , perce qu'il croit que Linnaeus Pavait en vue lorsqu'il disait de toafilis pardui : caudd elongaUt. Ce qui est certain , c'est que la panthère , si connue des anciens , et qui a paru si souvent dans les jeux des Romains , ne pouvait être un animal du fond de l'Asie orientale.
L'Once de Buffoa , IX, pi. xm ( Felis uncia , Gin.) , diffère des panmères et dès léopards par des taches plus inégales, semées plus irregnlièrement r en partie échancrées on annelées , etc. Tl parait qu'elle se trouve en Perse. Nous ne la connaissons que par la figure de Buffon et par celle que K . Hamilton Smith a insérée dans la traduction anglaise du pré sent ouvrage d'après un individu qui a vécu à Londres.
l64 MAMMIFÈRES.
gnes du royaume de Naples , et même , à ce que Ton dit , en Afrique , a le pelage roux, tacheté de roux brun.
Ces trois espèces ou variétés ont la queue noire au bout. On croit pouvoir en distinguer un lynx du midi de l'Europe (FeUs pardina, Oken. ), qui est plus petit, moins velu , roux moucheté de noir, et dont la queue a des mouchetures comme le corps.
On, trouve encore dans l'Amérique septentrionale :
Le Chat cervier des fourreurs. ( Felis rufa. Gûldenst. )
Schreb. C1X , B.
Fauve-roussâtre ou grisâtre moucheté de brunâtre , des ondes brunes sur les cuisses , la queiie annelée de brun ou de noir, un peu plus petit que le lynx (i).
Le Lynx de marais. (Felis chaus. Giild.) Schreb» CX.
Est gris-brun -jaunâtre , le derrière des quatre jambes noirâtre, la queue allant jusqu'aux jarrets, annelée de noir au bout ; il habite les marais du Caucase , de la Perse , de l'Egypte, chasse aux oiseaux d'eau , etc.
On croît aujourd'hui pouvoir en distinguer le Ijrnx botté ( Felis califat*, Temm. ), Bruce, pi. 3o, qui est un peu moindre, et a la queue un peu plus longue; ses oreilles ont la face externe rousse. C'est au moins une espèce très voisine, et qui a les mêmes habitudes.
Le Caracal. (Felis caracal. L. ) Buff. IX, xxiv et Supp.
III, xlv.
Roux vineux presque uniforme. De Perse et de Turquie, etc.... C'est le vrari lynx des anciens.
Les espèces inférieures , dont les oreilles n'ont pas de pinceaux de poils, ressemblent plus ou moins à notre chat domestique; telles sont :
"U Ocelot. (Felis pardalis. L.) Buff. XII{, pi. xxxv ctxxxvr.
Un peu plus bas sur jambes que la plupart d<es autres, gris, à grandes taches fauves bordées de noir, formant des bandes obliques sur les flancs. De toute l'Amérique.
(i) M. Rafincsquc indique encore un lynxfasciatus, un lynx aurais un lynx floridanus, un lynx montanus, et M. Temmink, unfilii duratay qui appartiendraient tous à cette petite tribu.
CARNASSIERS* l65
Le Chati. ( Felis mitis. Fr. Cuv. J
Marqué de taches triangulaires fauves bordées de noir et non liées.
Le Chat de Cafrërie. ( FeL cafra )
Haut sur jambes , gris, rayé , en travers , de noir.
Le Serval. ( Felis serval. L. ) BufF. XIII , xxxt.
Jaunâtre, à taches irrégulières noires. D'Afrique.
Le Jaguar ondi. ( Felis jaguarondi. ) Azzara , voy. pi. x.
Alongé et tout entier d'un brun noirâtre. Des forêts de l'Amérique méridionale.
Le Chat ordinaire. ( Felis catus. L. ) Buff. VI, i et suif.
Est originaire de nos forêts d'Europe. Dans son état sauvage , il est gris-brun avec des ondes transverses plus foncées , le dessous pâle , le dedans des cuisses et des quatre pattes jaunâtre , trois bandes sur la queue, et son tiers inférieur noirâtre. En domesticité , il varie , comme chacun sait, en couleurs, en longueur et en finesse de poil , mais infiniment moins que le chien ; aussi est-il beaucoup moins soumis et moins attaché (i).
On pourrait mettre dans un sous-genre à part une espèce qui a la tête plus ronde et plus courte, et dont les ongles ne sontpas rétractiles. C'est le Guépard ou tigre chas» seur des Indes ( Felis jubata , Schreb., io5; et mieux FeL guttata, Id., io5, b. ), de la taille du léopard , mais plus élancé , plus haut sur jambes; la queue longue, annelée au bout ; le pelage fauve, semé de petites taches noires uniformes, un trait noir allant de l'œil à l'angle de la
(i) Les espèce* plus ou moins voisines du chat sont très nombrenscs dans les deux continents ; mais il s'en faut de beaucoup que tontes celles qui sont mentionnées dans les catalogues soient authentiques et suffisamment distinguées les unes des autres. On peut regarder cependant comme telles celles dont il existe de bonnes figures. Le Margot, Buff. ; Felis tigrina , G m. ; Buff., XIII i Schr., 106. — FeL macroura, Pr. Max. bras., pi: u. — Felis sumatrana^ Horsfield. — FeL javanensù , id. — FeL t+ryuat*., Fréd. Cnv. — FeL eolocolo, Fréd. Cuv., Mamm. , etc.
l66 . MAMMIFÈRES-
bouche. Sou naturel.. diffère du reste du genre par une extrême douceur et une grande facilité à s'apprivoiser.