‹ Le règne animal (volume 3)Chapitre 48 sur 91 · LES AMPHIBIES · texte numérisé non relu

LES AMPHIBIES

Formeront la troisième et dernière des petites tribus^, dans lesquelles nous divisons les carnivores; leurs pieds sont si courts, et tellement enveloppés dans la peau , qu'ils ne peuvent , sur terre, leur servir qu'à ramper ; mais comme les intervalles des doigts y sont remplis par des membranes , ce sont des rames excellentes ; aussi ces animaux passent-ils la plus grande partie de leur vie dans la mer, et ne viennent à terre que pour se reposer au soleil , et allaiter leurs petits. Leur corps alongé , leur épine très mobile, et pourvue de muscles qui la fléchissent avec force , leur bassin étroit ,* leur poil ras et serré contre la peau , se réunissent pour en faire de bons nageurs, et tous les détails de leur anatomie confirment ces premiers aperçus.

On n'en a encore distingué que deux genres , les phoques et les morses.

Les Phoques. ( Phocav L. )

Ont six ou quatre incisives en haut , quatre ou deux en bas , , des canines pointues et des màchelièrçs au nombre de vingt, vingt-deux ou vingt-quatre, toutes tranchantes ou coniques, sans aucune partie tuberculeuse ; cinq doigts k tous le» pieds, dont ceux de devant vont en décroissant du pouce au petit doigt, tandis qu'aux pieds de derrière, le pouce et le petit doigt sont les plue longs, et les intermédiaires les plus courts. Les pieds de devant sont enveloppés ttap* la peau du cerps

jusqu'au poignet, ceux de derrière presque ; j^uâu talon. Entre ceux-ci est une courte queue* Lur^étedes phoques ressemble 9 oclle d'un chien , et ils en ont' aussi l'intelligence et le regard doux et expressif. On leis apprivoise aisément, et ils s'attachent bientôt à ceux qui les jiourrissent. Leur langue est lisse et éch ancrée au bout , leur estomac simple, leur caecum court, leur canal -intestinal long et assez égal. Ces animaux viVen&.de poisson ; ils mangent toujours dang l'eau , fà peuvent fermer leur? narines quand ils plonge» t , au moyen d'une esf0k de valvule. Comme ils plongent assez lopg-tem.pa,.on a cru que le tron.de fioial restait ouvert chez eux comme daa* les foetus-, mais il n'enest,rien : cependant il y a un grajsd sinus veineux dans lectr foie , qui doit les aider à plonger , en leur rendant la respiration moins tlécessaire au mouvement du sang. Leur sang est très abondant et très moi*. »...':

Les Pboquss proprement dits , ou sans oreilles extérieures.

0»t des incisives pointues ) tau* leur*- doigts joufoftént d'un «ertain mouvement , el «ont terminés par des oitgies poiutus placé* «tfr lé bord' de la membrane qui lès unit. •

On lés subdivise d'après le nombre de teimvinéSéives.* Les Calocephalxs, Fr. Cuv.,en ont six en Jù ut quatre eu bas; tel est: . . >v

, Le Phoque commun. (Phoea t/àuA'/ia.L «)&**?• <XW* XLvet Supp. VI, xlvi. Ph. littorea. Thjenem. p(. VI.

Long de trois à cinq pieds, d'un gris jaunâtre plus on moins nuancé ou tacheté de brunâtre, selon l'âge; quelque fois brunâtre avec de petites tâches jaunâtres; Il devient blanchâtre dans sa vieillesse. Commun sur nos cotera où ili vient se reposer en grandes troupes. Il siè trrfave assez loin dans le Nord. On assure même nue èVst cette espèce qui habite la mer Caspienne et les grands lacs d'eau douce de la Réussie et de la Sibérie, mais il nepara^t pas que ce4te assertion apitfbndée sur unecpmpar^^p e^apte. En effet, nos propres vaers possèdent piu&jpars phoque,!.

l68 MAJtfKIPJÈaES.

> qui 49 1 été long-temps confondus, et dont quelques-uns job t pe«i£»ètre seulement des variétés les uns des autres. ., Ainsi y nous en avons dont tout le dos e*t couvert de petites tacites nuageuses et con fluet* tes brunâtre*, sur un fond jaunâtre ( Ph. kispida , .Schreb. , 86 ). (i) Ce sont les plus communs dans la mer du Nord. D'autres ont sur un fond de couleur sombre des lignes onduleuses f qui forment quelquefois des anneaux (Ph. annellata , IN ils., Thièneiti , pi. IX— XII ; Ph. fœtida, Fabr. ) (a), etc. ' Un e; espèce .plus aisée à reconnaître est : < ■

^Le Phoque à croissant. ( Pkocà groeniàndica et Ph. ocea-

" nica* ) Egede. Groënl. fig. A, pag. 6a. Lepechin. Act.

Petrop. I. part. I. pi. VI — VU. Thieneman.pl. XIV — XXI.

** GnVjaunâtre , tacheté de brun dans sa jeunesse, marqué i* ensuite d'une écharpe oblique brune ou noire sur chaque

flanc j la tète du vieux mâle est noire; long de cinq pieds.

Du nord jie tout le globe.

Le Phoque barbu. (Ph. barbota. Fabr.) Thienem. pi. I — IV-

Est aussi de tout le nord , et surpasse les précédents par sa taille, qui est de sept ou huit pieds; il est gris, plus : brun en d**AU*, avec une ligne longitudinale noirâtre , qui forme une sorte de croix sur le chanfrein. Ses moustaches sont plus fortes et plus serrées qu'aux autres* Le Phoque àrongles blancs. (Ph*leucopla. Thienem. pi. XIII.) Est d'un gris jaunâtre.

Le Phoque à queue de lièvre. ( Ph. lagura. Cuv. ) A ia queue blanche et laineuse, etc. (3)

Les Stenorhinques. (Fréd. Cuv.)

,Qu% quatre incisives en haut et quatre en bas , et des molanes profondément divisées en trois pointes.

(^).Je soupçonnerais que Ton doit y rapporter le Ph* scopulicola, Thjenem. , pi. v.

(a) C'est, un de ceux que ll\ Fr. Cuv a représentes sous le nom de phoque commun.

(3) le n'ai Voulu mentionner que les espèces qui m'ont paru suffisamment constatées. Les longs catalogues de phoques pubRes récemment me paraissent tes avoir beaucoup trop -multipliée*.

On n'en connaît qu'un des mers australes» ( Ph. leptonyx. Blainv.) De la taille du barbu , grisâtre en dessus, jaunâtre en dessous, à petits ongles.

Les Pelages. (Fréd. Cuv.)

. Ont aussi quatre incisives en haut et en bas; mais leurs m4chelières sont en cônes obtus , avec un talon peu marqué eu avant et en arrière. :''...' 11 y en a un dans là Méditerranée :

Le Phoque à ventre blanc , Moine» ( Ph. monachus. Gm. )

Buff. Supp. VI, pi. xiii (1).

Long de dix à douze pieds, brun-noirâtre, à ventre blanc. 11 se tient plus particulièrement entre les îles de l'Adriatique et de la Grèce'. C'est probablement l'espèce qui a été le plus connue des anciens.

Les Steumatopes. (Fr. Cuv.)

Ont quatre incisives supérieures, deux inférieures , et des , mâchelières comprimées , légèrement trilobées , portées sur des racines épaisses; Tel est :

Le Phoque à capuchon, ( Phoca cristata. Gm. Phoca leonina. Fabric. ) Égede. Groënl. pi. vk Dekay. lyc. de New-Yorèk. I , pi. vu.

Qui atteint sept ou huit pieds, et a sur la tête une peau lâche qui peut se gonfler et former une sorte de capuchon, dont il- se recouvre les yeux quand il se croit menacé ; alors ses narines se renflent aussi comme des vessies. De la mer Glaciale (a)'.

Enfin , les Macbobhims (Fr. Cuv.) ont, avec les incisives des précédents , des molaires coniques obtuses , et le mu. seau en forme de trompe courte et mobile. De ce nombre est le plus grand des phwn^É connus :

(1) C'est le même individu qu'a décrit Hermaan, toc. des nat. de Berl. , IV, xii, xm, sons le nom de monachus»

{?) £e mécanisme pas) lequel ce capuchon se gonflé n'est pas. encore bien éclairci. Voyei Dekay et Ladlow, Mém. do ljcée-de New-Yorck , lome I , p. 94 et 99.

à 70 MàtfMIFi&BS,

Le Phoque à trompe, {J>h. leonina. h.) Lion marin &rku*onf Loup marina* Pernçtty, Eléphant marin de» Anglais , etc.,. Peron , voy. 1. xxxu.

Long de vingt à .vingt-cinq pieds , brun, le museau du mâle terminé par une trompe ridée qui se renfle dans la colère. Il est commun dans les parages méridionaux de la mer Pacifique, à la Tene~de»Feu, à la Nouvelle* Zélande, au Chili, etc.... On en fait des pèches importantes à cause de l'huile abondante qu'il fournit.

Lxa Phoques à oreille* extérieures. ( Otabus. Peron.)

Mériteraient de faire un genre à part, parce qu'outre les oreilles extérieures saillantes, ils ont les quatre incisives supérieures mitoyennes à double tranchant ( forme qu'on n'a encore remarquée dans aucun animal ), les externes simples et plus petites, les quatre inférieures fourchues. Toutes les molaires sont simplement coniques, les doigts des nageoires antérieures presque immobiles , la membrane des pieds de derrière se prolongeant en une lanière au-delà de chaque doigt, tous les .ongles plais et menus.

Le Phoque à crinière. ( Ph. jubata* G ni. ) Lion marin de Steller, de Pernetty, etc.... Buff. Supp. Yll, xlviii.

Long de quinze à vingt pieds et plus, fauve, le cou du mâle revêtu de poils plus épais et plus crépus que le reste du corps. On le trouverait dans toute la mer Pacifique, si,

'.comme il le paraît, ceux du détroit de Magellan ne diffèrent pas de ceux des (les Aleutïennes.

V Ours marin. {Phoca ursina* G m.) Buff. Supp. VII, xlvii. Long de huit pieds, sans crinière, variant du brun au blanchâtre. Du nordkle la mer Pacifique. On trouve dans Cette mer des phoques qui ne diffèrent guères de l'ours ma fin que par là taille et ïa couleur : tel est le petit phoque

' noir de Buffon ( phoca pusilia). Buff., XIII , un; le phoque faune de Shaw., etc.' j^fe

Les IVfpasEs. ( Tkicwqhus. L. ) {1) •Retteniblent aux. phoques par les jaiembres et par la

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( 1 ) Tric/uohus de V'£ (i>°il) * nom imaginé par Artedi pour le lamantin-

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forme générale du corps , mais en diffèrent beaucoup par la tête et parles dents. Leur mâchoire inférieure manque d'incisives et de canines , et prend en avant une forme comprimée pour se placer entre deux énormes canines où -défenses qui sortent de la mâchoire supérieure ,, et se dirigent vers le bas, ayant quelquefois jusqu'à deux pieds de long sur une épaisseur proportionnée. L'énor-* mité des alvéoles nécessaires pour Joger de semblables canines, relève tout le devant de la mâchoire supérieure en forme de gros mufle renflé , et les narines se trouvent presque regarder le ciel et non terminer le museau. Les molaires ont toutes la forme de cylindres courts et tronqués obliquement. On en compte quatre de chaque côté en haut et en bas; mais à un certain âge* il en tombe deux des supérieures»Entre les deux canines sont de plus deux incisives semblables aux molaires, et que la plupart des auteurs n'ont pas reconnues pour des incisives, quoi qu'elles soient implantées dans l'os intermaxillaire; et entre elles en sont encore, dans les jeunes individus , deux petites et pointues. •

L'estomac et les intestins des morses sont à peu près les mêmes que ceux des phoques. Il parait qu'ils se nourrissent de fucus aussi-bien que de substances animales.

Où n'en distkigae encore qu'une espèce (i), appelée

Vache narine , Cheval marin , Bête à la grande demi , etc. ( Trichechus rosmarus. Linn. ) Buff. XIII , uv, et mieux Cook , llï«. Voy.

Elle habite toutes les parties de la mer Glaciale , surpasse en grosseur les plus forts taureaux , atteint jusqu'à vingt pieds de longueur, et est recouverte d'un poil jaunâtre et ras. Ou la recherche pour son huile et pour ses défenses ; dont l'ivoire , quoique grenu , peut s'employer

(i) Cependant M. Shaw soupçonne qu'il pourrait y en avoir deux, distinguées par des défenses plut ou moins grosses , plus ou moins convergentes.

dans les arts. On fait aussi de sa peau d'excellentes sou* pentes de carosse* ( 1 )•

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