‹ Le règne animal (volume 3)Chapitre 49 sur 91 · QUATRIÈME ORDRE DES MAMMIFÈRES · texte numérisé non relu

QUATRIÈME ORDRE DES MAMMIFÈRES

LES MARSUPIAUX ou ANIMAUX A BOURSES.

Que nous avions rangés autrefois à la fin des carnassiers, comme une quatrième famille de ce grand ordre , nons paraissent devoir former un ordre à part, tant ils offrent de singularités dans leur économie , et surtout parce que l'on y oKserve en quelque sorte la représentation" de trois ordres très différents.

La première de toutes leurs particularités , est la production prématurée de leurs petits , qui naissent dans un état de développement à peine comparable à celui auquel des fœtus ordinaires parviennent quelques jours après la conception. Incapables de mouvement , montrant à peine des germes de membres et d'autres organes extérieurs, ces petits s'attachent aux mamelles de leur mère , et y restent fixés jusqu'à ce qu'ils se soient développés au degré auquel les animaux naissent ordinairement» Presque toujours la peau de l'abdomen est disposée en forme de poche autour de ces mamelles, et ces petits si im-

(1) C'est fort mal à propos que Ton a réuni, avant nous , aux morses, les lamantins et les dugongs , animaux beaucoup plus voisins des c&ace*.

parfaits y sont préservés , comme dans une seconde matrice; et même, longtemps après qu'ils ont commencé à marcher , ils y reviennent quand ils craignent* quelque danger. Deux os particuliers , attachés au pubis, et interposés dans les muscles de l'abdomen, donnent appui à la poche , et se trouvent cependant aussi dans les mâles et «dans les espèces où le repli qui forme lat poche est à peine sensible.

La matrice des animaux de cette famille n'est point ouverte par un seul orifice dags le fond du vagin y mais elle communique avec ce canal par deux fabes latéraux en forme d'anse. Il paraît que la naissance prématurée des petits lient à cette organisation singulière* Les mâles ont le scrotum pendant en avant de la verge, au contraire des autres quadrupèdes, et la verge, dans l'état de repos, est dirigée en arrière.

Une autre particularité des marsupiaux, c'est que malgré une ressemblance' générale de leurs espèces entre elles , tellement frappante que l'on n'en a fait long-temps qu'un seul genre, elles diffèrent si fort par les dents, parles organes dé la digestion et par les pieds, que si l'on s'en tenait rigoureusement à ces caractères, il faudrait les répartir entre divers ordres j ils nous font passer par nuances insensibles des carnassiers aux rongeurs, et même il y a des animaux dont le bassin porte des os semblables, mais que le défaut d'incisives ou même de toutes les sortes de dents a fait rapprocher des édentés; nous

les y laisserons en effet seras le nom de monotrèmes. \

On dirait^ eh nn mot, que les marsupiaux forment une classe distincte, parallèle à celle des quadru* pèdes ordinaires et divisible en ordres semblables ; en sorte que si on plaçait ces deux classes sur deux colonnes, les sarigues , les dasyures et les péra mêles seraient , vis-à-vis des carnassiers insectivores à Iongués canines , tels que les tènrecs et les taupes; les phalangers et les potoroos, vis-à-vis des hérissons x et des musaraignes ; les kanguroos proprement dits ne se laisseraient guère comparer à rien , mais les phascolomes devraient aller vis-à-vis des rongeurs. Enfin si l'on n'avait égard qu'aux os propres de la bourse, et si l'on regardait comme marsupiaux tous les animaux qui les possèdent , les ornithorinques et les échidnés , y formeraient un groupe parallèle à celui des édentés.

Linnaeus rangeait toutes les espèces qu'il connaissait sous son genre didelpkis, mot qui signifie double matrice. La poche en est à quelques égards une seconde*

La première subdivision des marsupiaux a de longues canines et de petites -incisives aux deux mâchoires , des arrière-mol aires hérissées de pointes , et en général tous les caractères des dents des carnassiers insectivores; aussi s'en rapproche-t-elle entièrement par îe régime.

MARSUPIAUX. Îj5

Les Sadiques ( i ). ( Didelphis. L.)

Qui sont les plus anciennement connus des marsupiaux , forment un genre propre à l'Amérique. Ils ont dix incisives en haut , dont les mitoyennes sont un peu plus longues, et huit en bas; trois màchelières âirtériegres comprimées, #et quatre arrière-mâcbelières hérissées, dont les supérieures triangulaires, les inférieures oblongues; ce qui, avec les quatre canines leur fait en tout cinquante dents , nombrte le plus grand que l'on ait encore observé parmi les quadrupèdes. Leur langue est hérissée, et leur queue prenante et en partie nue; leur pouce de derrière est long et bien opposable aux quatre antres doigts, ce qui a fait donner à ces animaux l'épithète de pêdimanes; il manque d'ongle. Leur bouche très -fendue , et leurs grandes oreilles nues leur donnent. une physionomie particulière. Le gland de leur verge est bifurqué. Ce sont des animaux fétides et nocturnes, dont la marche est peu rapide : ils nichent sur les arbres , et y poursuivent les oiseaux , les insectes , etc. , sans dédaigner les fruits; leur estomac est simple et petit, leur caecum médiocre et sans boursouflures.

Dans certaines espèces, les femelles ont une poche profonde où sont leurs mamelles, et où elles peuvent renfermer leurs petits.

Le Sarigue à oreilles bicolores, Opossum des Ânglo-Amériricains. {Did. virginiana.) Penn. llist. quadr. 3oa (a).

Presque grand comme un chat, à pelage mêlé de blanc et de noirâtre, des soies blanches, les oreilles mi-parties de noir et blanc, la tête presque toute blanche; habite

^i) Çarigaeia est leur nom brésilien selon Margrave , d'où Ton a fait sariguoi, ccrigon, sarigue. On les nomme micouré *u Paraguay, mariicois dans let Ues, opossum atax ÉtaU-tfaU, thlatjuàlzm av Mexique.

(a) C'est le sarigue des Illinois et le sarigue à longs poils, Boff.. Soppl. VII, pi. xxxniet xxxiv ; did. marsopialis, Schreb., pi. cxlv.

176 MàMMÎCfeRES.

toute l'Amérique , vient la nuit , dans les lieux habités , attaquer les poules , manger leurs œufs , etc. Ses petits, quelquefois au nombie de seize, ne pèsent qu'un grain en naissant. Quoique aveugles et presque informes, ils trouvent la mamelle par instinct, et y adhèrent jusqu'à ce qu'ils aient atteint la grosseur d'une souris, ce qui ne leur arrive qu'au cinquantième jour, époque où ils ouvrent les yeux. Ils ne cessent de retourner à la pocjhe que quand ils ont la taille du rat. La gestation dans l'utérus n'est que de vingt-six jours (1).

Le Gamba ou grand sarigue du Paraguay et du Brésil. L ( Did. Azzarœ. Tçmm. )

Diffère du précédent par le noir qui teint son museau et presque toutes ses oreilles. lia aussi la queue plus longue.

Le Crabierou grand Sarigue de Cayenne, du Brésil, etc. (Dût. marsupialis et did. cancrivora. L.) Buff. Supp. III, liv.

De la grandeur des précédents., jaunâtre mêlé de brunâtre, à soies brunes , une ligne brune sur le chanfrein . Il se tient dans les marécages des bords de la mer , où il vit surtout de crabes (a).

Le Quatre-œil ou moyen Sarigue de Cayenne. (Did. opossum. L. ) BufT. X, xlv, xlvi.

Châtain dessus f blanc dessous, une tache blanche ou

jaune-pâle au-dessus de chaque œil, le tiers postérieur de

la queue blanc ; plus grand qu'un grand rat.

D'autres espèces n'ont pointde poches, mais seulement un

repli de chaque côté du ventre qui en est le vestige. Elles

ont coutume de porter leurs petits sur le dos , les queues

entortillées autour de celle de la mère.

(1) Voyez la lettre de M. Barton à M. Roame sur la gestation da sarigue.

(a) C'est le prétendu grand philandre oriental de Séba, dont Linné a fait son <Ud. mmisupialis. Builpq , qui en « décrit le mâle dans son supplément III , pi. lui, a cru, à tort, que la femelle manquait de poche; ce qui a fait établir, mal à propos, une deuxième espèce, dià. cancrivora, Gm., carcinopliaga^ Bodd. ; à Oycnne, on nomme le ernbier pian oupnant.

Le Sarigue à queue nue. (Z>. nudicauda. Geoff . D. myosu-

ros. Temm. )

Fauve, à queue trfrs longue, nue même à sa base; deux taches blanchâtres, au-dessus de chaque œil et, une au-dessous:

Le Cayopollin (i) (Did. cayopollin, did. philander et did*

dorsigcra.L. ) Buff, X , lv.

Gris-fauve, le tour des yeux et une bande longitudinale sur le chanfrein bruns,' la queue tachetée de noirâtre ; grand comme un surmulot. Le quart supérieur de sa queue est garni de poils*

Le D. ceAdré ou Grisonr(lï. cinereà. Temm. )'

Cendré-clair, à reflets noirâtres, du roussâtre a la poitrine, la moitié postérieure de la queue blanche; delà même grandeur que le précédent! Du Brésil.

La Marmosé (a). {Did. murina. L. ) Buff. X, lu , lui. Gris-fauve, un trait brun au milieu duquel est l'œil, la queue non tachetée* Moindre qu'un rat.

Le Touan. {Did* brachfura. PalL) Buff. Supp. VIL lxi.

Le dos noirâtre, les flancs d'un roux vif , le ventre blanc, la queue plus courte que le corps. Moindre qu'un rat.

Ces trois espèces sont de l'Amérique méridionale.

Enfin , on en connaît une qui a les pieds -palmés et doit être aquatique; on ne sait si elle a une poche; c'est le

Chirowectes. llig» (3) (Didelph. p aima ta. GeofF. La petite Loutre de la Guiane. Buff. $u,pp, III ; xxu. Lutra me mina* Boldd.

Elle est brune dessus , avec, trois bapdes transverscs

( 1 ) Cayopollin^ nom d'une espèce de ce genre qui habite les montagnes du Mexique ; on l'a applique un peu arbitrairement a cette espèce-ci.

(a) Marmose> nom adopté pat Boffëh d'après une featé d'impression de la traduction française de Séba, qai, dans le texte, assure qu'on l'appelle marmotte au Brésil. Il est seulement vrai que les Hollandais, du temps de Margrave, l'appelaient Mt de bois, et les Brésiliens tdîbi; rat de bois est aussi son 40m chez tes Français de Carcfanc; ei Séba aura traduit boschraue par marmotte. •

N.B. On a trouvé dans les platrières des environs de Paris, le squelette fossile d'un didelpha Toisid de la marmose. (3) Chironeeteêy nageant avec des maint,

TOMfi I. 13

• grises interrompues dans leur milita , et blanche dessous ;

plus grande qu'un surmulot.

Tous les autres marsupiaux viennent des contrées orientales et surtout de la Nouvelle-Hollande, pays qui semble même principalement peuplé d'animaux de cette famille.

Les Thylacines. ( Thylacinus (i).Tem. )

- Sont les plus grands de cette première division ; on les distingue des sarigues par des pieds de derrière sans pouce, une queue velue non prenante , deux incisives de moins a chaque mâchoire; leurs molaires sont en même sombre. Ainsi ils ont quarante - six dents , mais le bord extérieur des trois grandes est saillant et tranchant presque comme dans une carnassière de chien ; leurs oreilles sont velues et médiocres.

On n'en connaît qu'une espèce , de la terre de Van Diémen , grande comme un loup, plus basse sur jambes, de couleur grise , rayéeaen travers ,de noir sur. la croupe. (Dldelp. cynocephala, Harris, Trans. lin., IX , pi. xix , i. et Encycl. meth., Mammif.,Supl., pi) vit, f. 3). Elle est très-carnivore, et chasse à tous les petits quadrupèdes.

La* PuABcoGAh*A,i(Pha$eog*U> Tem») .

Ont le même nombre de dents que les Thylacines; mais leurs incisives mitoyennes sont plus longues que les autres , et leurs* arrière-molaires plus hérissées , ce qui ïe& rapproche davantage des Sarigues. Ils y tiennent aussi par leur petite taille; cependant leur queue u'est pas prenante; leur pouce de derrière , quoique très court , est encore fort reconnaissable.'

Le Phase', à pinceau. (Didetph. penieiilcUa* Sh.(Gen. tool. l/it. pt. n3. Schreb. C1AI, ft. L.

Cendré, à queue garnie 4# longs poils noirs, de la taille du sojmulot , vit sur les arbres à la Nouvelle Hollande , et y poursuit les insectes.

^ ■■in ■■■ ■ i ' ■ "H»i^>ii i>»

(») Thylacinu* de â>u A«*«i , feooi*e. —Ofc'â aatti trouvé dans jaat platricrc? , les os d'une espère de TliylaeWie.

Le Phçsc. n#i*. {Jdatfuru* mfyimuê- lïeoff*) Sch*eb^ pi.

. A peine plus grand qu'ope souris, à pelage toussatre, cotonneux. Du sud de 1* lerre de \an Diétnen.

Les Pas?urss, ( Dasyujwjs. Çeoff. )(i).

Ont deux incisives ei quatre «Bachelières de moins à chaque màebpirs que tes sarigues ; ainsi ij ne lemr veste qu* quar^nte-deu* dent* , et leur queue , revêtue partout de longs poils , n'est pas. prenante. Leur pouce de Sdesv rière est réduit h 1* forme d'iui tubercule , eu snjème a disparu tpm^A-feit. Ils viyflPt à la Nouvelle-Hollande d'insecte*, de cadavre*, et pénètrent dans les maisons, où leu^ voFftçîtfi est très incotawûde . etc. Leur gueule esC moins feadw* l$uj? *bju$£qu moins pointu , et leurs oreilles y élues, plus courtes que dalles sarigues. Ils ne grimpent pointu* arbres.

Le Dasyure hérissé. (Did. ufsima. Harr. ) Trans. lin.» IX, six , f. a. et EncycL SupL 7, i. Ô*

A longs poils noirs grossiers , avec quelques taches blanches , irrégu U ère ment placées j la queue moi tiéplud courte que le corps , presque nue en dessous. Il habite Je nord de * la terre de Piémen, et approche de la .taille d" blaireau.

Le P&yutreb longw queue. {Dos. itwcroivms. Geo&.) , Peron. Voy. pj. 33. Schreb. CL1I, B, a.

Grand comme un chat, à queue longue comme le corps , à pelage brun tacheté de blanc sur le corps et sur la queue* Le tubercule do pouce est encore très marqué dans cette espèce , niais. oH ne l^e voit pjus dans }es jiuivau^s* Le Dasyure de fyaugé. ( Dos. fifaugei. Gepiï, Vpy. Je Freycin. Zool. pi. 4» Schreb. CLH. B. h.

Olivâtre, tacheté de blanc , sa^is tpçhes à Ja queue , un peu moindre que le précède» f. .

■ (1) Dasfunt$i qoeue Vdue \ ***** ei ¥{** Yoyet les Mèni. dé M. Geoff. , Ann. du Mu». III , p. 353, et XV, p. 36i.

l8o MAMMIFÈRES.

Le Dasyure de FPTutc* (Did. viverrina. Shaw. Geo. Zool. CXI.) White. Bot. b. App. a85. Schreb. CLlï. B. c.

Noir, tacheté de blanc, sans taches a la queue, d'un tiers moindre que le premier.

LesPéràmèles(i). (PERAMELES.Geoff.)r/i//acw. Ilig.

Ont le pouce de derrière court comme les premiers dasy ures , et les deux doigts qui le suivent réunis par la peau jusqu'aux ongles; le pouce et le petit doigt de leurs pieds de devant ont la forme de simples tubercules , en sorte qu'île ont l'air de n'y avoir que trois doigts; leurs incisives supérieures sont au nombre de dix , dont les externes pointues et écartées; les inférieures de six seulement; mais leurs molaires sont les mêmes que dans les sarigues : on leur compte donc quarante-huit dents. Leur queue est velue et non prenante. Ils vivent aussi dans l'Australasie.' Leurs grands ongles de devant , presque droits, annoncent qu'ils creusent la terre , et leurs pieds de derrière assez longs, que leur course peut être rapide.

Le PéramèU h mus&an pointu. ( Peramcles nasutus. G. )

* Ànu.'du Mus* , IV.

A museau très alongé , à oreilles pointues , à pelage brun-grisâtre. 11 ressemble , au premier coup d'oeil , à un tenrec (a).

La seconde subdivision des marsupiaux porte à la mâchoire inférieure deux longues et larges incisives pointues et tranchantes J>ar leur bord , couchées en avant. , et auxquelles il en répond six à la

(1) Pera-melcs, de meUs9 blaireau, et perat bourse. Voy. le Mém. de M. Geoff., Ann. du Mus., tome IV.

(a) Le Péramèle Bougainville de MM. Quoy et Gaymard ne diffère pas spécifiquement du museau pointa. Le Përam. obesola, Geoff., n'est pas assa aulhentiqne*

MARSUPIAUX l8 1

mâchoire supérieure. Leurs canines supérieures sont encore longues et pointues ; mais ils n'ont pour canines inférieures que des dents si petites , qu'elles sont souvent cachées par la gencive ; le dernier sousgenre n'en a même quelquefois point du tout en bas. Leur régime est en grande partie frugivore ; aussi leurs intestins , et surtout leur caecum , sont-ils plus longs que dans les sarigues ; ils ont tous le pouce grand , tellement séparé des autres doigts qu'il a l'air dirigé en arrière , presque comme celui des oiseaux. Il est sans ongle , et les deux doigts qui le suivent sont réunis par la peau jusqu'à la dernière phalange. Cettedispositiqn a valu à ces animaux le

nom. de

Phalahgers. (Phalangista. Cuv. )

Les Pbalakgebs (1) proprement dits ( Balantia. Hlig. )

N'ont pas la peau des flancs étendue j ils ont à chaque mâchoire quatre arrière-molaires présentant chacune quatre pointes sur deux rangs , en avant une grosse , conique corn* primée, et, entre celle-ci et la canine supérieure, deux petites et pointues, auxquelles répondent les très-petites d'en bas, dont nous avons parlé : leur queue est toujours prenante.

Les uns l'ont en grande partie écailleuse. Ils vivent dans

(1) Le nom de phalange? a été donné par Bqffon à deux individus

qu'il avait observés à cause de la réunion de denx doigts du pied. Celai

de philander n'est pas , comme on le croirais, dérive do grec , mais do

mol pélandor) qui , en majajs , signifie lapin , et que les habitants d7 Am-

> boîne donnent à une espèce de kanguroo. Séba et Brisson l'ont appliqué

indistinctement à tous les animaux a bourse. Les pbalangers s'appellent t

dans les Moluques, couscous ou coussous. Les premiers voyageurs ne les

ayant pas suffisamment distingues des sarigues , avaient donné lieu de

croire que ce dernier genre était commun aux deux continents. Balantia,

de 0«A«v1<o, bourse.

f82 MAMMIFÈBÉS.

les Moluques sur les arbres , où ils cherchent des ïnsect et des fruits. Quand ils voient un homme, ils se suspendent par la queue , et Ton parvient, en les fixant, à les faire tomber de lassitude* Ils répandent une mauvaise odeur, et cependant on mange leur chair.

On en connaît de plusieurs grandeurs et couleurs , que

la dénomination de diâelphis orientalis , Linti., embrasse

toutes.

M. Temmink a cru pouvoir les distinguer en espèces comme il suit :

Lie Phalanger oursin. ( Ph. ursina. T. )

Presque de la taille de la civette: à pelage serré, d'un brun noirâtre j les jeunes , d'un brun fauve. Des bois de nie de Celèbe».

Le Phalanger à ôrqupe dorée. (P4. chryseirhous. T. )

De la taille d'un grand chat j à pelage cendré-brun; blanc en dessous; fauve-doré sur la croupe. Des Moluques.

Le Phalanger tacheté. (Ph. maculata. î. )Bufr. Xltt, pi. u. Voyage de Freycinet. pi. 7. Voyage de Duperr. pi. 4*

De la taille d'un chat; blanchâtre, irrégulièrement tacheté ou marbré de brun.

Le Phalanger à front concave (Ph. canfrons* T. ) Buff. ph io. la fem. et Voy» de Dùperrey ; le mâle.

Le mâle blanc , la femelle fauve, avec une raie brune le- long du dos.

D faut y ajouter

Le Phalanger Quqy. (Ph. Quoy.) Voyage deFreycin. pi. vi.

Gris-brun , une bande longitudinale brun-noirâtre , sur la croupe ; le dessus de la tète roux cannelle ; les joues, la gorge, la poitrine blanches* (1).

Dans d'autres > qui jusqu'à présent ne se sont trouvés qu'à la Nouvelle Hollande , la queue est velue jusqu'au bout*

«**fai

(1) C'est une espèce bien distincte.

MÀUSUPiAUX. i$3

Le Plêolanger renard. {Did. Umurina et wtlpina. §h*yr. ) Bruno de \iq. tfAa. White. Voy. 278.;

Grand comme «ui fort chat-, gris-brun, plu* pâle dessous , à queue en grande partie noire.

Le Phalangerde Oook. (Cook, dern. Voyage, pi. 8.)

Moindre qu'un chat, brun dessus, blanc dessous, roux à la tète et aux flancs ; le tiers postérieur de la queue blanc.

Le Phalançcr dç Bougainville.

.Grand comme un écureuil , cendré 'dessus, Manc à$ssous, la moitié postérieure de la queue noire, et la moitié postérieure de l'oreille blanche (1).

Les Phalangers volants. (Petqurus. Shaw ). (Phalangista.

Iliger.)

Ont la peau des flancs plus ou moins, é^endu^ entre les jambes , comme les polatoucbes parmi les rongeurs , ce qui leur permet de se soutenir en l'air quelques instants f et de faire des sauts plus grands, ils ne se trouvent aussi qu'à la Nouvelle-Hollande.

Quelques-unes de leurs espèces ont encore des canines inférieures, mais très petites. Leurs canines supérieures et leurs trois premières molaires, tant ea haut qu'en bas, sont très pointues; leurs arrière-molaires ont chacune quatre pointes (a).

Le Phalanger volant nain. {Did. pygmœa. Shaw. Gen. eool. pi. 1 14. ) Schreb. CXUV. A. ' <

De la couleur et presque de la taille d'une souris , les poils de la queue disposés nrès régulièrement -des deux cités comme les Wbes .{l'une plume;* . . -

D'autres manquent de canines inférieures , et les supérieures sont très petites. Leurs quatre arrière-molaires présentent aussi quatre pointes, mais un peu courbées en crois-

(1) Eapèoe noovelle rapportée par 11. le baron de ..Çojigaumlle de $u dernière expédition. .

(a) Cest de cette première division que M. Deunarets a fait son geore acrobate. «

«a nt K ce qui esta peu près la forme de celles des ruminants. En avant , il y en a deux en haut et une en bas moins compliquées : cette structure les rend, plus frugivores encore que tous les précédents.

Le grand Pha langer votant. (Did. petaurus. Shaw. , Gen. zool./pl. cxii. White. Voy. a88. )

Ressemble au taguan et au galéopithèque , par la taille; sa fourrure est douce et bien fournie , et sa queue longue et aplatie. Brun-noir en dessus , blanc en dessous. Il y en a de divers nuances de brun ; d'autres sont variés , et d'autres tout blancs.

lie Phalançcr volant bordé. ( Did. sciurea. Shaw.

• pi. cxni.'3. )

De la taille du surmulot, cendré dessus , blanc dessous; une ligne brune prenant du chanfrein , et régnant le long du dos ; Tes bords de la membrane» latérale bruns; la queue touffue de la longueur du corps , noire dans sa partie postérieure. Des îles voisines de la Nouvelle- Guinée,

Le Phalanger volant à pieds velus. (Pet. Peronii. Desmar,)

Gris-brun~rous6atre, le devant des oreiltes et le dessous du corps blanchâtre; les doigts des pieds très velus, bruns; la queue noire , pins longue que le corps , blanche au bout.

Le Phalânger volant à longue queue. (Did. macroura.

Shaw. pi., cuti. f. ?.)

Brun -foncé dessus , blanc dessous , grand comme un surmulot , à queue grêle , une fois et demie longue comme le corps.

Notre troisième subdivision a les incisives , les canines supérieures , les deux doigts réunis aux pieds de derrière comme la seconde; mais elle manque de pouces postérieurs et dp canines inférieures, Elle ne comprend qu'un seul genreî

MÀKSUPUUX. l85

Les Potoroos. [Hypsiprjmnus. Ilig. )

Les derniers animaux de cette famille qui conservent quelque chose des caractères généraux des carnassiers. Leurs dents sont à peu près les mêmes que dans les pha- Iangers, et ils ont encore en haut une canine pointue* Les deux incisives mitoyennes supérieures sont plus longues que les autres, et pointues; les inférieures sont au nombre de deux, couchées en avant. Ils ont en avant une molaire longue , tranchante et dentelée , suivie de quatre autres hérissées de quatre tubercules mousses. Ce qui distingue éminemment ces animaux , ce sont leurs jambes de derrière , beaucoup plus grandes à proportion que celles de devant, dont les pieds manquent de pouces, et ont les deux premiers doigts réunis jusqu'à l'ongle, en sorte qu'on croit d'abord n'y voir que trois doigts, dont l'interne aurait deux ongles. Ils marchent souvent sur deux pieds , et s'aident alors de leur longue et forte queue pour se soutenir. Ils ont donc la forme et les habitudes des kanguroos , dont ils ne diffèrent que par leur canine à la mâchoire supérieure. Leur régime est frugivore , et leur estomac grand , divisé en deux poches , et muni de plusieurs boursouflures ; mais leur

caecum est médiocre et arrondi.

On n'en connaît qu'une espèce, de la taille d'un petit lapin , et d'un gris de souris,- que l'on a appelée Kanguroo- Rat (Macropus minor. Shaw. ) Elle vient de la Nouvelle- Hollande , oit les" habitants la nomment Potoroo. White , Bot. B. a8ô* Voyage de Freycinet. pi. 10'.

La quatrième subdivision ne diffère de la troisième que parce qu'elle n'a point de canines du tout. Ce sont

( r) "ï'^rurç^eta* i élevé de la partie postérieure.

l86 MAMMIFERES.

Les Kahguroos, ( Mackopus. Shaw. ) Halmaturus.

Iliger. ) (i)

Lesquels présentent tous les caractères que nous venons d'assigner au genre précédent, excepté que cette canine supérieure leur manque, et que leurs incisives mitoyennes ne dépassent pas les autres. L'inégalité de leurs ïambes est encore plus forte; en sorte qu'ils ne marchent à quatre qu'avec peine et lenteur , mais sautent avec beaucoup de vigueur sur leurs pieds de derrière , dont le gros ongle du milieu , presque en forme de sabot , leur sert aussi 4e défense ; car en se tenant sut une jambe et sur leur énorme queue , ils peuvent donner avec le pied libre des coups assez violents. Ce sont au reste des animaux très doux , et qui vivent; d'herbe. Aussi leurs mâchelières ne présentent-elles que des collines transverses. On leur en compte cinq partout, dont les antérieures sont plus ou moins tranchantes et tombent avec l'âge , ce qui fait que souvent les vieux n'en ont plus que trois. Leur estomac est formé de deux* longues poches divisées en boursouflures comme un colon. Leur cœcum est aussi grand et boursouflé ; leur radius permet à leur avant-bras une rotation complète.

La verge de ces deux genres n'est pas fourchue; mais leurs organes femelles sont les mêmes que dans les autres animaux à bouvse.

Le Kanguroo géant, (Macropus major. Shaw. Didclphis gigantea. Gm. ) Schreb., CLUl.

A quelquefois six pied» de hauteur ; c'est le plus grand animal de la Nouvelle-Hollande : il fut découvert par Cook en 1779 , et il propage aujourd'hui en Europe. On dît que sa chair ressemble à celle du cerf. Les petits, qui n'ont qu'un pouce en naissant, se retirent encore dans la poche de leur mère, à un âge où ils sont en eut de paître , ce

( 1 ) Halmaturus , queue propre à sauter.

■ qu'Ut font en sortant leur museau delà pochependant que leur mère paît elle-même. Ces. animaux vivent en troupes, conduits par les vieux mâles. Us font des sauts énormes. II paraît que Ton a confondu jusqu'à présent, sous ce nom > plusieurs espèces de la Nouvelle-Hollande et des terres environnantes, dont le pelage, plus oumoins gris , ne varie que par des nuances assez légères (1).

On en connaissait beaucoup plus anciennement une espèce :

Le Kanguroo d'Aroé. ( Didelphis Brunii. Gm. ) Schreb. , CLIII , nommé Pelandor Aroé ou Lapin d'Aroé par les Malais d'Amboine.

Mais les naturalistes européens n'avaient point fait une attention suffisante aux descriptions que Valentin et le Bruyn en avaient données. 11 est pi us grand qu'un lièvre , brun dessus , et fauve dessous , et se trouve aux îles d'Aroé près Banda, et dans celles de Solor.

Le Kanguroo élégant. (Halm. eïegans.)Ver.\oj* t. xxvn.

Est de la taille d'un gros lièvre et rayé en travers de brun , sur un fond gris-blanc. On l'a trouvé à l'île Sai ut- Pierre.

La cinquième subdivision a à la mâchoire inférieure deux longues incisives sans canines ; à la supérieure deux longues incisives au milieu , quelques

( j) M. Geoffroy distingue c le kanguroo infumé > dont le -cris €*1 plu* foncé ; le kanguroo à moustaches , qui a du blanchâtre au-devant de la lèvre supérieure ; le kanguroo a cou roux } nn peu moindre que les antres, à nuque teinte de roux. MM. iLesson et Garnot représentent encore un kangntoo bran, qu'ils romment ouatabate. Voy. de Duperrey> pi. yii. Il y aura probablement lien de faire aussi des espèces particulière» du kanguroo roux-cannelle. (K. fenqger, Quoy etGaym.)* Voy. deFreycinct , pi. ix ; et du kanguroo eendré-bUudtre ; mais tous ces quadrupèdes ont besoin d'être étudiés dans leurs différents âges, et il faut recoonature Finflueaee de* sexes et des âges sur leurs couleurs , avant d'ea établir définitivement les espèces

l88 MÀMM1FÈKBS.

petites sur les côtés, et deux petites canines ; elle ne comprend qu'un genre ,

Les Koala.. Cuv. (Lipurus. Goldfuss.P^scoiiAROTOs.

Blainv. )

A corps trapu , à jambes courtes , sans aucune queue ; leurs doigts de devant, au nombre de cinq , se partagent en deux groupes pour saisir; le pouce et l'index d'un côté, les trois autres du côté opposé. Le poucç manque au pied de derrière, qui a ses deux premiers doigts réunis comme dans lesphalangers et les kanguroos.

On n'en connaît qu'une espèce ( Lipurus cincreus , Goldf. ), Schreb. CLV, A. a. , à poil cendré, qui passe une partie de sa vie sur les arbres , el l'autre dans des tannières qu'elle creuse à leur pied. La mère parte longtemps son petit sur le dos. '

Enfin , notre sixième division des marsupiaux ou

les

Phascolomes. ( Phàscolomys. Geoff. ) (i)

Sont de véritables rongeurs par les dents et par les intestins; ils ne conservent de rapports avec la classe des carnassiers que l'articulation de leur mâchoire inférieure ; et dans un système rigoureux, il serait nécessaire de les ranger avec les rongeurs ; nous les y aurions même placés , si nous n'avions été conduits h eux par une série non interrompue des didelphes aux phalangers , de ceuxci aux kanguroos , ' et des kanguroos aux phascolomes; enfin, si les organes de la génération n'étaient point parfaitement semblables à ceux de toute la famille des animaux à bourse.

Ce sont des animaux lourds , à grosse tête plate , à

(i) Phàscolomys, rat mmu d'une poche, de ^p#c*#A»i » et de i*vt , ( mas. )

M<tfittiufc/\;r aiioiiutt/u I.'Ai/i- -Aye.I- p- iffô

jambes courtes, à corps comme écrasé , sans queue, qui portent cinq ongles aux pieds 4e devant , et quatre , avec un petit tubercule au lieu de pouce , à ceux de derrière , tôuà très longs et propres à creuser. Leur démarche est d'une lenteur excessive. Us ont à cbaque mâchoire deux longues incisives presque pareilles à* celles des rongeurs , et leurs mâchelières ont chacune deux collines transverses.

Ils vivent d'herbe, et ont un estomac en forme de poire et un caecum gros et court , muni , comme celui de l'homme et de l'orang-outang , d'un appendice vermiforme. Leur verge est fourchue comme dans les sarigues.

On n'en connaît qu'une espèce , de la taille d'un blaireau, à poil h i en fourni, d'un brun plus ou moins jaunâtre; elle vit à l'île Ring, au sud de la Nouvelle-Hollande , dans des terriers , et se. multiplierait aisément chez nous : on dit que sa chair est excellente ; c'est

Le Didclphis ursina de Shaw; les naturels l'appellent Wombat ( 1 ). (Peron. Voyage, pi. xxxviu. )

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