‹ Le règne animal (volume 3)Chapitre 51 sur 91 · TOME I. - l · texte numérisé non relu

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de devant armés d'ongles longs et pointus, et quatre à leurs grands pieds de derrière , tous distincts, même par les os du métatarse , et terminés par des fengles larges et presque semblables à des sabots. Ce nombre de doigts est l'inverse de celui qui est le plus général parmi les rats. Leurs incisives inférieures sont tronquées et non pdintues comme celles des vraies gerboises et de la plupart des animaux qui avaient été compris sous le genre des rats. f

On n'en connaît qu'une espèce grande comme un lapin , fauve-clair, à queue longue touffue et noire au bout. (Mus. caffîer.i PalL; Dîpuscqffer.,Gm.) Buff.,Supp., VI, 4i . Et mieux Fred. Cuvier, mammif. Elle habite des terriers profonds au Cap de Bonne-Espérance.

Les fyA.TS-TAyPBS. ( Spalax, Guldenstedt. )

Ont aussi été séparés avec raison du genre des rats , bien que leurs mâchelières soient au nombre de trois, et tuberculeuses comme dans les rats proprement dits et dans les hamsters, et seulement un peu moins i ©gales entre elles; mais leurs incisives sont trop grandes pour être recouvertes par les lèvres ; l'extrémité des inférieures est en coin tranchant et non en pointe ; leurs jambes sont très courtes; tous leurs pieds ont cinq doigts courts et cinq ongles plats et menus; leur queue est très courte ou nulle aussi-bien que leur oreille extérieure. Ils vivent sous terre comme les taupes, soulevant la terre comme elles, quoique avec des instruments bien moins puissants pour la diviser , mais ils se nourrissent seulement déracines.

LeZemni,SlepetzoiiRat'taupeavcugle^Afœtyphlus.Va\\.)

Glir. pi. 8 , Schrcb. 206.

Animal singulier, d'un air tout-à-fait informe par sa grosse tête anguleuse aur les côtés , par sesnieds courts , par l'absence totale de queue , et surtout pa^Bju'il n'a pas môme d'oeil visible a u-dehore, et que l'on troWe seulement sous sa peau un petit grain noirqui paraît organisé comme

Hong eur s. - 21 1

un œil, sans pouvoir servir à la vision , puisque la peau passe dessus sans s'ouvrir ni s'amincir, et sans avoir en cet endroit moins de poils qu'autre part. 11 surpasse notre rat pour la grosseur , et a le poil lisse et d'un cendré tirant sur le roux. Olivier a pensé que c'était de cet anima) que les anciens voulaient parler, quand ils disaient que la taupe est tout- à-fait aveugle.

Les îles de la Sonde possèdent un ràt-taupe aussi gra'iid qu'un lapin, gris- foncé, avec une raie blanche longitudinale sur la tête (Spalax javanus).

On a du séparer des rats-taupes eux-mêmes

Les Orjctères. Fred. Cuy. (Bàthiergus. Iliger. )

Qui , avec la forme générale , les pieds et les incisives

tronquées de ce genre , ont quatre mâchelières partout ;

leur œil , quoique petit, est à découvert , et ils ont une

courte queue.

. UOryctère des dunes. ( Mus maritimus Gm. ) Taupe des

dunes, Buff. Supp. VI , 38.

Est presque de la taille d'uu lapin , et a les incisives supérieures creusées d'un sillon , et le poil d'un gris blanchâtre.

VOîjctère à tache blanche. ( M. capensis. Gm. ) Taupe du Cap. Buff. Supp. VI, 36.

Est à peine delà taille d'un cochon d'Inde, brun , avec une tache autour de l'oreille, une autour de l'œil et une sur le vertex , et le bout du museau de couleur blanche. Ses incisives sont lisses.

U y en a encore un plus petit , gris , à 'incisive* lisses % et qui égale à peine le rat. (Bathiergus hoUeuloltm , Less. et Garn. ) Voy. delà Coquille, pi. a.

On doit rapprocher des spalax et des oryctères

Les Geomys. Rafinesque. ou PSEUbosTOMA. Say.

Ascomys. Lichtenst.

ui ont par touf quatre molaires en prismes comprîmes ; la première double , les trois autres simples; le» incisives

212 MAMMfFÈRES.

supérieures èrèuséés d'un double sillon en ayant ; cinq doigts à tous les pieds; les trois ongles mitoyens de devant, surtout celui du médius, très longs, crochus et tranchants. vIls sont bas sur jambes , et des abajoues très profondes, dont leséouvertures sont extérieures, leur grossissent singulièrement les côtés de la tête et du cou.

On n'en connaît qu'un (Mus. bursarius, Shaw ( i ).) , de la taille d'un rat, à pelage gris-roussâtre , la queue nue , de moitié plus courte que le corps. Il habite des terriers profonds , dans l'intérieur de l'Amérique septentrionale.

Les Diplosto¥A. Rafin.

Ressemblent presque en tout aux géomys , si ce n'est qu'ils manquent absolument de queue (a).

Cersont aussi desanimaux de l'Amérique septentrionale. L'espèce que nous avons sous les yeux est roussâtre, et longue de dix pouces.

Nous passons maintenant à des rongeurs plus robustes que ceiïx dont nous avons traite jusqu'à présent , mais dont plusieurs ont encore des cîavicules très prononcées.

De ce nombre sont :

Les Castors. ( Castor. L. )

Que l'on distingue de tous les autres rongeurs par leur queue aplatie horizontalement, de forme presque ovale et couverte d'écaillés. Ils ont cinq doigts à tous les pieds :

(i) Les figures que Ton avait publiées d'abord de cet animal , Trans. linn. soc., tom. V, pi. .vin, et Shavs, vol. II, paru I, pi. i38, le représentaient avec la peau intérieure des abajoues renversée en dehors, et comme s'il avait eu deux sacs pendants aux côtés de la tète. U n'y a rien de semblable . dans la nature. Q est bien représenté acad. de Berl. , 182* et s» 3 , pi. a.

(a) M. Rafraesquè leur donne quatre doigts seulement à tous les pieds. Notre espèce en a cinq comme fes géomys.

RONGEURS. 2l3

peux de derrière sont réunis par des membranes , et il y a un ongle double et oblique à celui qui suit le pouce. Leurs mâchelières,au nombre de quatre partout et à couronne plate, ont Pair d'être faites d'un ruban osseux replié sur lui-même, en sorte qu'on voit une échancrure au bord interne et trois à l'externe dans les supérieures et l'inverse dans les inférieures.

Las castors sont d'assez grands animaux dont la vie est tout aquatique ; leurs pieds et leur queue les aident également bien à nager. Comme ils vivent principalement d'écorces et autres matières dures, leurs incisives sont très vigoureuses et repoussent fortement de la racine à mesure qu'elles s'usent en avant; aussi s'en servent-ils pour couper toutes sortes d'arbres.

De grosses poches glanduleuses, qui aboutissent à leur prépuce, produisent une pommade d'une odeur forte, employée en médecine sous le nom de castor éum. Dans les deux sexes , les organes de la génération aboutissent à l'extrémité du rectum , en sorte qu'il n'y a qu'une seulç ouverture extérieure.

Le Castor du Canada. ( Castor fiber. ) Buff. VIII , xxxvi. Surpasse le blaireau par sa taille; c'est, de tous les quadrupèdes , celui qui met le plus d'industrie à là fabrication de sa demeure, à laquelle 11 travaille en société dans les lieux les plus solitaires du nord de l'Amérique.

Les castors choisissent des eaux assez profondes, pour ne pas geler jusqu'au fond, et, autan t^ qu'il 8 lç peuvent, des eaux courantes , parce qu'en coupant le bois au-dessus, le courant l'amène où ils veulent. Ils soutiennent l'eau & une égale hauteur par une digue de toutes sortes de branches mêlées de pierres et de limon , qu* ils renforcent tous les ans , et qui finit par germer et se changer en une véritable haie. Les butes particulières servent à deux ou trois familles , et ont deux étages : le supérieur à sec pour les animaux , l'inférieur sous l'eau pour les provisions d'écorces. Il n'y a que celui-ci d'ouvert, et la porte donne sons l'eau sans communication avec la terre. Ces hottes sont

Jl4 MAMMIFÈRES.

faites de branches entrelacées et garnies de limon. Les castors ont d'ailleurs plusieurs terriers le long du rivage , où ils se réfugient quand on attaque leurs huttes. Leurs bâtiments ne leur servent que l'hiver $ Tété ils s'éparpillent et vivent Nchacun pour soi.

On apprivoise aisément le castor, et on l'accoutume à vivre de matières animales.

Le castor du Canada est d'un .brun-roussatre uniforme; sa fourrure est, comme on sait, très recherchée pour le feutrage. Il y en a de blonds, de noirs et quelquefois de blancs.

Nous n'avons pu encore constater ,' malgré des comparaisons scrupuleuses, si les castors ou bièvres qui viveut dans des terriers le long du Rhône, du Danube, du Weser et d'autres rivières, sont différents par l'espèce de celui d'Amérique ; ou si le voisinage des hommes est ce qui les empêche de bâtir.

Les CotrïA. (Mtopotamus. Commerson).

Ressemblent aux castors par la taille, par leurs quatre molaires à peu près composées de même, parleurs vigoureuses incisives teintes en jaune , et par leurs pieds tous à cinq doigts , et dont ceux de derrière sont palmés , mais leur queue est ronde et alongée. Ce sout aussi des animaux aquatiques. . i

Qn n'en connaît qu'un

LeCouï. {Mus* corpus. Jfolin.) Gcoff. Ann. Mus. VI, pi. 35.

Qui vit dans des terriers au bord des rivières, dans une granae partie de l'Amérique méridionale. Son poil gris jaunâtre, fourni de duvet a sa base, s'emploie par les chapeliers comme celui du castor , et il est eu conséquence un objet important de commerce. On en importe les peaux par milliers en Europe.

Les Porc-Epics. (Hystrïx. Lin. )

Se 'font reconnaître au premier coap-d'œil par les piquante' roides et pointus dont ils sont armés, comme

ROKGEURS. 2i5

les lié rissons parmi les carnassiers. Leurs màchelières sont au nombre de quatre partout , f* couronne plate , diversement modifiée par des lames d'émail , qui y laissent des intervalles enfoncés; leur langue est hérissée d'écaillés épineuses; leurs clavicules sont trop petites pour s'appuyer sur le sternum et l'omoplate : elles ne sont suspendues que par des ligaments. Ces animaux vivent dans des terriers, et ont beaucoup des habitudes des lapins. Leur voix grognante , jointe à leur museau gros et tronqué , est ce qui les a fait comparer au porc , et leur a valu leur nom français.

Les Porc-Epics proprement dits ,

Ont la tête plus ou moins bombée par le' développement des os du nez. On leur compte quatre doigts devant et cinq derrière , armés de gros ongles.

L'espèce d'Europe (Hystrix crùtata, L.) Buff. , XI! , pi . 5 1 et 5*, habite dans le midi de l'Italie, de l'Espagne, en Sicile; elle se trouve aussi en Barbarie. Ses piquants sont très longs, annelés de noir et de blanc; une crête de longues soies occupe sa tête et sa nuque. Sa queue est courte et garnie de tuyaux tronquéset YÎdes, suspendus à des pédicules minces qui résonnent en se choquant quand l'animal les secoue. Sa tête osseuse a le chanfrein singulièrement bombé.

Ilyena des espèces peu différentes, mais à tête moins bombées , dans les Indes et en Afrique.

On distingue des Porcs-épics proprement dits ,-

Les Atherures. Cuv.

Dont la tête ni le museau ne sont renflés , ei dont la queue est longue et non prenante ; leurs pieds ont les doigts comme dans les pôrc-épios proprement dits. Le' Porc -épie h queue en pinceau. ( Hjrst. Jhsciculata. Lin. ) Buff. Supp.; VII. 77. Schreb. 170 (1). À les épines du corps creusées d'un sillon en avant ; et la queue terminée par un faisceau de lanières cornées applaties , et étranglées d'espace en espace

(1) Cette figure copiée de Seba , 1 , 5a , 1 , est trop courte. Celle de

2l6 MAMMIFÈRES.

Les Ursons. (Érétisons. Fr. Guy. )

Dont le crâne est plat et le museau court et non bombé \ ils ont la queue médiocre et les piquants courts et à demi cachés dans le poil.

On n'en connaît qu'un du nord de l'Amérique septentrionale {Hystrix dorsata. lin. ) Buff. XII, lv. (i)

Les Coendous. (Synetheres. Fr. Cuv.)

Dont le museau est gros et court , la tête bombée au front, les épines courtes et surtout la queue longue/ nue au tput, e,t prenantecomme celle d'un sarigue ou d'un sapajou; leurs pieds u'ontquequatre doigts armés d'ongles; ils grimpentauxarbres. 11 y en a dans les contrées chaudes de l'Amérique, une espèce à piquants noirs et blancs, à poils brun-noir. (Hystrix prehensilis , Lin. , Cuendu, Margr. , Hoitztiaquatzin , Hernand. (a)

L'Amérique en a une autre plus petite , à piquants en partie roux ou jaunes, cachés pendant une partie de l'a u née, sous un poil long gris-brun. Le Couiy d'Jzzara* {Hysirix insîdiosa. Lichtenst.) Pr. Max. ; Brésil.

Les Lièvres. ( Lepus. Lin. )

Ont un caractère très distinctif , en ce que leurs incisives supérieures sont doubles, c/est-à-dire que chacune d'elles en a par derrière une autre plus petite (3). Leurs molaires , au nombre de cinq partout, sont formées chacune de deux lames verticales soudées ensemble, et il

Bufibn est meilleure , mais les lanières du bout de la queue n'y sont pas assez clairement représentées. On ne volt pas pourquoi M ML. de Blain ville ci Desmarets rapportent cette espèce an genre des rats j elle a les dents et les autres caractères intérieurs et extérieurs des porcs-épics.

( i) Le prétendu coendou de Buffon, XII, 54, est aussi un urson , mais défiguré , et qui avait per^u son poil.

(a) Ce mot veut dire en mexicain sarigue épineux. C'est le coendou à longue queue, Buff., Suppl. VII, 78$ mais le museau n'y est pat assez long. la figure d'Hernondez en donne mieux l'idée, *

(3) IL y a même un instant, lorsqu'ils changent de dents, où ils paraissent avoir trois incisives l'une derrière l'autre , six en tout.

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