LE SIXIÈME ORDRE DES OISEAUX
Ou les PALMIPÈDES.
Leurs pieds, faits pour la natation , c'est-à-dire implantés à l'arrière du corps, portés sur des tarses courts et comprimés, et palmés entre les doigts, les caractérisent. Un plumage serré , lustré, imbibé d'un suc huileux, garni, près de la peau, d'un duvet épais ^ les garantit contre l'eau , sur laquelle ils vivent. Ce sont aussi les seuls oiseaux où le cou dépasse, et quelquefois de beaucoup , la longueur des pieds y parce qu'en nageant à là surface ils ont souvent à chercher dans la profondeur. Leur sternum est très long , garantissant bien la plus grande partie de leurs viscères , et n'ayant de chaque côté qu'une échancrutè ou tin trou ovale garni dé membranes. Ils oqt généralement le gésier rausouleux, les cœ-
(1) Ajoutez le petit Phtmicoptère d'Amer., Geoff. ; Phœnic. rninor w VieilL, gai. , pi. *73 , le jeune; ou Flam. pjgmde, Temm. , coT. \ 19 T l'adulte.
cums longs et le larynx inférieur simple > mais reuflé dans une famille en capsules cartilagineuses.
Cet* ordre se laisse assez nettement diviser en quatre familles.
Nous le commencerons par celle
Des Plongeurs ou B&acbtptùres.
Dont une partie a quelques rapports extérieurs avec celle des poules d'eau; les jambes implantées plus en arrière que dans tous les autres oiseaux, leur rendent la inarche pénible, et les obligent à se tenir à terre dans une position verticale. Comme d'ailleurs la plupart sont mauvais voiliers, et que plusieurs ne peuvent même point voler du tout, à cause de l'excessive brièveté de leurs ailes , on peut les regarder comme presque exclusivement attachés à la surface des eaux ; aussi leur plumage est-il des plus serrés ; souvent même offre-t-il une surface lisse et un éclat argenté. Ils nagent sous l'eau en s*aidant de leurs ailes, presque comme de nageoires. Leur gésier est assez musculeux , leurs coecums médiocres; ils ont un muscle propre de chaque côté à leur larynx inférieur. j
Parmi ces oiseaux , le genre des
Plongeons (Colykbus. L. ) (i)
N'a pour caractère particulier qu'un bec lisse, droit , comprimé , pointu , et des narines linéaires; mais la différence de ses pieds l'a fait subdiviser,
( i ) Col jrmbas , nom grec de ces oUe&ux.
PALMIPEDES. 545
Les Grèbes; Briss. ( Podiceps. Lath.. Colymbus. Bris».
et Uiger. )
Ont, au lieu de vraies palmures, les doigts élargis comme dans les foulques et les antérieurs réunis seulement à leur base par des membranes. L'ongle du milieu est aplati, le tarse fortement comprimé. L'éclat demi métallique de leur plumage l'a souvent fait employer comme' fourrure. Leur tibia , ainsi que celui du sous-genre suivant se prolonge vers le baut en une pointe qui donne des insertions plus efficaces aux extenseurs de la jambe.
Ces oiseaux vivent sur les lacs et les étangs, et ni client dans les joncs. Il parait qu'ils portent dans certaines circonstances leurs petits sous leurs ailes. Leur taille et leur plumage changent tellement avec l'âge, que les naturalistes en ont trop multiplié les espèces. M. Meyer réduit celles d'Europe à quatre.
Le Grèbe huppé {Col. cristatus y Gra., enl. 4 00 et p44 )• Friscb. i83. Naum. 69. F. 106. Col. urinator. Gm. Enl. 941. Edw. 36.
Grand comme un canard , brun-noir dessus, blanc d'argent dessous, une bande blanche sur l'aile; avec l'âge il prend une double huppe noire, et les adultes ont déplus une large collerette rousse bordée de noir au haut du col.
Le Grèbe cornu. (Col. cornu tus. Enl. 4<>4- a- CoL obscurus. Enl. 94a. et Col. caspicus.Gm.)\\e\\\. Gai. 281 .Edw. 1 4 5.
Semblable au précédent pour la forme, mais la colerette de l'adulte noire; ses huppes et le devant de son col roux. Sa taille est d'ailleurs bien moindre.
Le Grèbe à joues grises. (Col. suberistatus , et le jeune âge parotis et rubricollis. Enl. 93 1.) — Lath. Sup.l. 118. Naum. 70. f. 107.
A aussi le devant du cou roux, mais les huppes de l'adulte sont petites et noires, et sa colerette très courte et grise. Sa taille le place entre les deux précédents.
Le petit Grèbe ou Castagneux. ( Cbl. minor. Gm. ) Enl. 905.
Grand comme une caille, n'a jamais de crête ni de cole- TOME I. 35
546 v OISEAUX
rette; son plumage est brun, plus ou moins nuancé àe roux, excepté à la poitrine et au ventre, où il est grâ argenté. Les jeunes ont la gorge blanche (i ).
Les GrébifouIjQItes. Buff. ( Heuo&pis. Bon na terre. Podoa.
Ilig. )
Ont les pieds lobés comme les foulques et les grèbes, mais leur queue est plus développée que dans les uns et lea autres, et leurs ongles plus aigus (a).
Les Plokôeows proprement dits. ( Mérous. Bris» (3)-
CoLYMBtJS. La th. ElJDYTES. IUgCT.
Ont, avec toutes les formes des grèbes, les pieds des palmipèdes ordinaires; c'est-à-dire les doigts antérieurs unis jusqu'au bout par des membranes , et terminés par des ongles pointus. Ce sont des oiseaux du nord, qui nichent rarement chez nous , et nous arrivent en hiver. Alors nous voyons quelquefois sur nos côtes
Le grand Plongeon. (Col. glacialis. L.) Enl. ()5a. et CoL immer. Gro. \ViIs. Am. IX. lxxiv. 3. Naum. 66. f. io3.
Dont l'adulte, long de deux pieds et demi , a la tête et le cou. noirs changeant en vert avec un collier blanchâtre; le dos brun- noirâtre piqueté de blanchâtre, et le dessous blanc. Sa mandibule inférieure un peu recourbée vers le haut a un sillou en dessous. Les jeunes, Col. ùnmer. 9Gm.f Briss., VI, x, t, qui viennent plus souvent sur nos eaux douces, varient diversement pour le plus ou moins de noir du cou, et le gris ou le brun du dos, ce qui, joint a leur moiudre taille, a fait multiplier les espèces.
( 1 ) Ajoutes le Gr. de la Caroline (Pod. caroknensis, Lalh .} , Catrsb , 1 , 91* enl. 943 » — 1° &r- AUxbeUesjouef {Pod, kalipattus+Lcu. etGarn.), Voyage de la Coq. -, Z00L, n° 45 ; — le Gr. Rolland {Pod. Rollandi, Quoy etGaym., Voy. de Freycin,, Zool., pi. xxxvi.
(a) Plotus surinamerisis\ Gmel. , enl. 893^ — Hetiornu senegalcnsis , Tieill. , gai. 380. M. Oh. Bonap. droit devoir comme GmeJin rapprocher ce genre de celai àetAnïdnga.
(3) Mergus (plongeur) , nom latin d'an oiseau de mer difficile à déterminer ; Linnaens , d'après Getner, Ta applique' au Harle. Eudy tes , nom composé par M. Itiger, a le même sens en grec.
PAtilClritoBS. 5^7
On en distingue
Le Lummc. (Col. arcticus. L. ) Edw. i£6. Naum. Sup.
3o. f. 60, et le jeune, enl. 914.
Qui est un peu moindre , et a le dessus du cou cendré et la mandibule inférieure droite et sans sillon. Le jeune ressemble beaucoup à celui du précédent, ,,
ht petit Plongeon. (Col. septentrtùnalis* Enl. 3o8.Ed:vr.gy« Narom. 6«j, f. 94. VîeilL Gai. *fe. et Col. steHatHs. &mi Buff. VIII. xxi, Enl. 99a» Naum. sup. 3i. f. 6a.
Le mâle adulte est brun dessus, blanc dessous , la face •elles côtés1 du cou cendrés } le devant du cou roux* La femelle et les jeunes, sont bruns piquetés de blanc dessus, tout blancs dessous. *
Les Guillemots. (tTaïA. Briss. et II.) (1).
Ont, avec la forme générale du bec dès précédents, des plumes jusqu'à la narine, et une échancrure de la pointe, qui est un peu arquée. Mais leur principale distinction est de manquer de pouce. Leurs ailes, beaucoup plus courtes encore que celles des plongeons, suffisent à peine pour les» faire voleter. Us vivent de poissons, de crabes, se tiennent dans les rochers escarpés et y pondent.
La grande espèce, dite Grand GuHtemot { Cofymbus t[vile. L. ) Enl. 903., Brit. zoo!., pi. H., Edw., 359, *> Frisch. , i85, est de la taille d'un canard, la tète et le cou bruns, le dos et les ailes noirâtres, le vendre blanc, une ligne blanche sur l'aile, formée par les bouts des pennes secondaires. Elle habite dans le fond du Nord; niche cependant sur les côtes rocailleuses d'Angleterre et d'Ecosse, et nous vient dans les grands hivers.
11 y en a une espèce pins petite, noire, avec le haut de l'aile blanc ( Col. Grylle. L. ) Vieil!. , gai. 294, Choris., Voy. aut. du M., isles Meut., pi. xxii, quelquefois maibrée de blanc par tout. (C. marmoratus) Frisch., S upl., B.,
(1) Uria, nom grec 00 plutôt lalia d'un oiseau aquatique qui parait
avoir été un Plongeon ou un Grèbe. Guillemot , nom anglais de noue
oiseau , doit indiquer sa stupidité.
pi. 18S , Edw. 5o , et Penn. , Àrct. eooI. , H, xxn , ». On en voit même des individus tout blancs. C. lacteoha, fcall. ) (0 On pourrait encore séparer des guillemots
Les Ckpsus. ( Vulgw Colombes de Groenland*) (a)
Dont Je bec est pi us court , à dos pi us arqué , et sans échancrure* La symphise de leur mandibule inférieure est extrêmement .courte. Leurs ailes -sent plus fortes et les membranes -de leurs pieds assec échancrées.
L'espèce )a plus connue , dite Petit Guillemot ou Pigeon de Groenland (Cofymbus minor. Gm.) Enl. 917., mergulus allé., Vieill. , Gai. ncfi ; Brit. Zool., pi. H. 4, f- 1, Edw. 91, Naum., 1" éd. , 65, f. 102, delà taille d'un bon pigeon, est noire dessus, blanche dessous, avec un trait blanc sur l'aile comme au guillemot. Son bec est noir et ses pieds rouges. Elle habite toutes les côtes du Nord , niche sous terre. Nous la voyons aussi quelquefois en hiver.
Le genre * Des Pingouins. ( Alca. Lin. )
Se reconnaît à son bec très comprimé , élevé vertica> lement , tranchant par le dos , ordinairement sillonné en travers, a ses pieds entièrement palmés et manquant de pouces, comme ceux des guillemots. Tous ces oiseaux habitent les mers du Nord.
Us peuvent encore être subdivisés en deux sous-genres.
Les Macareux. ( Fratercula. Briss. Mormon. Il i g . )
Dont le bec, plus court que la tète, est autant et plus élevé à sa base qu'il n'est long, ce qui lui donne une forme très
(1) Aj. le G. à gros bec9 (Uria Brunnichu, Sabine), Cboris, Vcy. aut. du m. , pi. xxi ; — Uria lacrymaru , Lapil. , ibùL, xxm , et consultes l'article que M. Valcnciennes y a insère sur ce genre.
*(a) Cephus, nom d'un oiseau de mer souvent mentionné par les Grecs, et qui paraît avoir été quelque espèce de Pétrel on de Mouette. Il a été applique' par Meeting et ensuite par Pallas aux Plongeons et aux Guillemots. M. Vieillot Ta changé en Mergulus , gai. ao5.
extraordinaire»; une peau plisséç en çatoi* ordinâuren^ent la base. Leurs narines, placées, prèa du bord , ne sont que des fentes étroites. Leurs petites ailes peuvent encore les soutenir
un instant \ ils vivent sur la mer comme les guilleraots et
nichent sur les rochers.
Le macareux le plus commun ( Alca arçtica, L., et La- • bradoricij Gm. ; Mormon fratercula, Tem. ), enl. 275 , Brit. Zool., pi. H.,Edw., 358, t,Frisch., jgt, Naum.65, f. ioi, de la taille d'un pigeon, a la calotte et le manteau noir et tout le dessous blanc. Il niche quelquefois, sur les côtes escarpées de l'Angleterre et abonde sur les nôtres en hiver (1).
M. Temmink distingue sous le nom de Staryques ( PfiAleris) les espèces à bec moins élevé (a).
Les Pingouins proprement dits. ( Alca. Cuv.) (3).
Ont le bec plus alongé et en forme de lame de couteau y les plumes en garnissent la base jusqu'aux narines; leurs ailes sont décidément trop petites pour les soutenir, et ils ne volent point du tout.
Nous voyons quelquefois sur nos côtes en hiver
Le Pingouin commun. (Alca torda et pica. Gm.)Enl. 1004, l'adulte. ioo3, le plum. d'été. Edw. 358. a. Briss. VI. vin. a. Brit. Zool. pi. H. 1.
Noir dessus, blanc dessous ; une ligne blanche sur l'aile et une ou deux sûr le bec. Le mâle a de plus la gorge noire et un trait blanc de l'œil au bec. La taille de cet oiseau est à peu près celle du canard.
(1} Ajoutez A. eirrhata , Pallas , Spic. , V , pi. 1 ; Vieill. , gai. 299.
(a) Alca cristatella, Vieill., gai. 197 , ou Starjrque cristatelle, T., col.
. 200, et Pall., Spic. Zool., Y, pi. 1, dont A. pjrgmœa est le jeune ; — A.
psittacula, Pall. , Spic, Y, pi. 2 , dont J. tctracula, ib. pi. 4, est le jeune.
(3) Alca , alk, auk, nom du Pingouin aux Iles de Feroè, et dans le nord de l'Ecosse. Celai de Pinguoin, donne d'abord aux Manchots du sud par les Hollandais , indique leur graisse huileuse. Voyez Clusius , Exot. f 1 01 . C'est Bufibn qui a transfert' exclusivement ce nom aux A laites du Nord.
55o o*$**ip:
Le gnmd Pingouin, (Atca impennis. L. ) Buff. IX , nn.
fini. Sr^.Edw. 147.
Approche de celle de l'oie ; ses couleurs sont semblables à celles du précédent; mais son bec est tout noir, marqué de huit ou dix sillons, et il a une tache blanche ovale entre le bec et l'œil ; ses ailes sont plus petites à proportion que dans aucune espèce de ce genre. On dit qu'il ne pond qir/ua grand œuf, tacheté de pourpre*
. Le genre
Dbs Manchots ( àptbnodytbs, Forst.* )
Bit encore moins volatile que les pingouins; ses petites ailes ne sont garnies que de vestiges de plumes, au premier coup d'œil presque semblables à des écailles ; ses pieds, plus en arrière que dans aucun autre oiseau, ne le soutiennent qu'en s'appuyant sur le tarse, qui est élargi comme la plante du pied d'un quadrupède , et dans l'intérieur duquel on trouve trois os soudés ensemble par leurs extrémités. Ces oiseaux ont d'ailleurs un petit pouce dirigé en dedans, et leurs trois doigts antérieurs sont unis par une membrane entière.
On n'en trouve que dans les mers antarctiques, où ils ne viennent à terre que pour nicher. Ils ne vont à leurs nids qu'en se traînant péniblement sur le ventre.
Leur bec peut les faire diviser eu trois sous -genres.
Les Manchots proprement dits. ( Aptewodytes. Cuv. )
L'ont grêle , long, pointu; la mandibule supérieure un peu arquée vers le bout, couverte de plumes jusqu'au tiers de sa longueur, où est la narine, et d'où, part un sillon qui s'étend jusqu'au bout.
Le gnmd Manchot. {Apt. patagonica. Gm.) Enl. 975.
Est de la taille d'une oie, ardoisé dessus, blanc dessous, à masque uoii* , entoure d'une cravatte citron. Il habite en très grandes troupes aux environs du détroit de Magellan
PALMiPÈrtes. 55 1
et jusqu'à la Nouvelle-Guinée. Sa chair, quoique noire, est mangeable.
Les G or fous. (Cata*rhact£5. Briss.) (i)
Ont le bec fort, peu comprimé, pointu , à dos arrondi , la pointe -un peu arquée; le sillon qui part de la narine se termine obliquement au tiers inférieur du bord.
Le Gorfou sauteur. ( Àpt. chrysocoma. Gm. ) Enl. 964*
Vieill. gai. 398.
Est grand comme un fort canard , noir dessus, blanc dessous , et porte une huppe blanche ou jaune de chaque côté de l'occiput. On le trouve aux environs des îles Malouines et de la Nouvelle-Hollande. 11 saute quelquefois au-dessus de l'eau en nageant, et fait ses œufs dans un trou sur la terre (a).
, Les Sphéitisques. ( Spheiuscus. Briss.) (3)
Ont le bec comprimé, droit, irrégulièrement sillonné à sa base, le bout de la mandibule supérieure crochu , celui de l'intérieure tronqué, les narines au milieu , et découvertes.
Le Sphcnisque du Cap. \Âpt. démena. Gm.) Eul. 38?
et ioo5.
Noir dessus, blanc dessous, le bec brun, avec une bande blanche au milieu : le mâle a de plus un sourcil blanc, la gorge noire, et une ligne noire dessinée sur la poitrine , et se continuant le long de chaque flanc. Il habile surtout aux environs du Cap, où il niche dans les rochers (4).
(1) Gorfou, corrompu degoirfugel, nom du grand Pingouin aux tles de Fe'roë. F oyez Clusius , pxot. , 367. Catarrhactes est le nom grec d\m oiseau très différent , qui volait très bien , et qui se précipite de haut sur sa proie. C'était probablement une espèce de Mouette.
(a) Ajoutez ApU catarrhactes , Edw. , 49 9 — ApU papua , Sonnerat , I«* Voy. , pi. n 5 , et VieUL , gai. 199 \ — ; Apt. minor, Lalham , Sjrn. III, pi. io3.
(3) Spheniscus , nom donne par Mochting aux Macareux, et j>ar Brisson aux Manchots; de wy?» (coin).
(4) Aptenod. torefuata , Sonner., Ir Voy , 1 1{ , paraît la femelle à* Apt. démena.
55a oiseaux
La famille
Des LoNGIPENNES OU GllANDS VOILIERS
Comprend les oiseaux de haute mer, qui, au moyen de leur vol étendu, se sont répandus partout, et que les navigateurs rencontrent dans toutes les plages. On les reconnaît à leur pouce lil>re ou nul, à leurs très longues aileset à leur bec sans dentelures, mais crochu au bout dans les premiers genres , et simplement pointu dans les autres. Leur larynx inférieur n'a qu'un muscle propre de chaque coté ; leur gésier est m usculeux et leurs cœcums courts.
Les Pétrels. ( Procellaria. Lin. )
Ont un bec crochu par le bout , et dont l'extrémité semble faite d'une pièce articulée au reste ; leurs narines sont réunies en un tube couché sur le dos de la mandibule supérieure; leurs pieds n'ont, au lieu de pouce, qu'un ongle implanté dans le talon. Ce sont, de tous les palmipèdes , ceux qui se tiennent le pins constamment éloignés des terres : aussi, quand une tempête approche , sont-i Js souvent obligés de chercher unre/uge sur les écueils et sur les vaisseaux , ce qui leur a va/u le nom d'oiseau de tempête : celui de pétrel ( petit Pierre) leur vient de l'habitude de marcher sur l'eau, en s'aidantde leurs ailes. Ils font leurs nids dans les trous des rochers, et lancent sur ceux qui les attaquent un suc huileux, dont il paraît qu'ils ont toujours l'estomac rempli. Le plus grand nombre des espèces habile les mers du cAlé du pôle antarctique.
On nomme plus particulièrement Pétrels (Procellibia;, ceux dont la mandibule inférieure est tronquée.
La plus grande espèce, Pétrel géant, Quebranta huessos ou Briseur tïos (Procelf. giganlea, Gm.), Lath., Syn. IIL,
pi. 100, n'habite que les mers australes, et surpasse Toie eu grandeur. Son plumage est noirâtre. Il y en a des variétés plus ou moins blanches.
.On trouve dans le» mêmes mers
Le Damier, Pétrel du Cap, Pintado, etc. (Proc.capensis.)
Enl. 964.
De la taille d^in petit canard , tacheté en dessus de noir et de blanc, blanc en dessous. Les navigateurs en parlent souvent.
Nous voyons quelquefois sur nos côtes
Le Pétrel gris-blanc , ou Fulmar, Pétrel de Saint-Kilda (Proc. glacialis.) Enl. 59. Brit. zool.,p1.%M;f. 1. Blanc, à manteau cendré, à bec et pieds jaunes, de la taille d'un gros canard. 11 niche sur les cotes escarpées des lies Britanniques et de tout le Nord (1).
Certaines espèces , petites , à bec un peu plus court, à jambes un peu plus hautes , à plumage noir ( les Thà- LA8SIDBOMA , Vigors. ) sont surtout connues des marins sous le nom d'Oiseaux de tempête. )
La plus commune ( Proc, pelagicU ), Briss., VI , un, 1;
Wils., À m., VII, lix, G; Edw., go, n'est guère plus grande
qu'une allouette, haute sur jambes, toute brune y hors
le croupion, qui est blanc, et un trait blanc sur le bout
des grandes couvertures de' l'aile. Quand elle cherche
un abri sur les vaisseaux, c'est un signe d'ouragan (a). Nous séparons, avec Brisson, sous Je nom
De Puffins ( Puyrwrus ), (3).
Ceux où le bout de la mandibule inférieure se recourbe
vers le bas avec celui de la supérieure, et où les narines,
(1) Ajoutez le Pétrel horde. Te mm. , col. 4 16 > — Ie Pétrel bérard , Freydn., 37 5 — Proc. cinerea , Lath. ; — Proc. desolata , id. ; —Proc. turtur9 Forst.
(a) La fîg. enl. g33 est ane espèce très voisine des mers du Sud (Proc. oceanica, Forst.) — Ajoutez Procell. Leachii, Temm., Ac. de phil., VI, pi. 9, £ 1 ; — Proc. Wilsonii) Ch. Bonap. ; Wils. , Amv VII, lxx , 6, ld.9 Ac. de phil., VI, pi. 9, f.aj — Proc.fregaUa, La th., Rocnef., Anlill. , p. i5a; — Proc. marina, Vieill , gai. 393.
(3) Pujfîn , nom de notre a* espèce, sur les côtes d'Ecosse.
quoique tubuleuses, «'ouvrent, non point par un- orifice comm«n , mai» par deux trous distincts. Leur bec eat plus alongé à proportion.
Le Puffm cendré. ( Proc. puffirms. Gm. ) EnL 96a.
Est cendré dessus, blanchâtre dessous, et a les ailes el la queue noirâtre; le jeune est plus foncé. Sa taille est celle d'un corbeau. Ou le trouve daas presque toutes les mers (1).
On a long-temps confondu avec ce pufân une espèce seulement de la taille de la bécasse, noire eu dessus, blanche en dessous,, qui habite en quantité innombrable les côtes du nord de l'Ecosse , .et des îles voisines , et que les habitants salent pour leurs provisions d'hiver {Proceltaria Anglorurn, Tem. ), Edw., 35g.
Les navigateurs parlent quelquefois, soaslenom de pétrels, d'oiseaux, des mers antarctiques, qui peuvent faire deux, genres particuliers. •
Les PelécakoÏdes. Lacép. ( Halodroha. Uig. )
Qui , avec le bec et les formes des pétrels ou des pùffins, auraient la gorge dilatable comme les cormorans, et manqueraient tout-à-fait de pouce comme les albatrosses ( PraceUaria urinaîrix , Gm. ) , et
Les Prions. Lacép. ( Pachyptila. llig. )
Qui , semblables d'ailleurs au* pétrels, ont les narines séparées comme les puffios, le bec élargi à sa base, et ses bords garnis intérieurement de lames verticales, pointues, très nues, analogues à celles des canards. Les Pétrels bleus, (Procell. vittata et cœrulea. Forst. )
Les Albatrosses. (Diomedea (a).*Lra.)
Sont les plus massifs de tous les oiseaux d'eau. Leur bec, grand, fort et tranchant , a des sutures marquées,
{ 1) Ajoutez Procell. obscura , Vicill. , gai. 3oi \ — et Proc. pacifica ,
oufuliginota, Whiie , a5a , <[ui n'est pcwL-ètre pas différent du Procell.
œquinoctialis , Edw . , 89.
{-à) Diomeàca , nom aucieu de certains oiseaux habitants de Tilc de
et se termine p*r ud gros çroo qui y semble ai^iculé; tyurs narines «ont en forme de rouleaux courts, couçbé? siir les côtés du Jbec ; leurs pieds n'pnt point de pouce, ni même ee petit Ongle qu'on remarque dans les pé(ftjs»lls habitent tous les mers Australes , vivent de frai 4? poisson, de mollusques , etc.
L'espèce la plus connue des navigateurs (Ditmcdea exulanSy Lia.); en^ a37,Vieill.,gal.ag3, est nommée pir eux mouton du Cap, à cause de sa grandeur , de son plumage blanc à ailes noires , et parce qu'elle est surtout abondante au-delà du tropique du Capricorne. Les Anglais l'appellent aussi vaisseau de guerre , etc. C'est un grand ennemi des poissons volants. Elle fait un nid de terre éleVé, et y pond des œufs nombreux et bons à manger. On dit sa voix aussi forte que celle de l'âne.
On a observé divers albatrosses plus ou moins bruns ou noirâtres; mais on n'a pu encore constater jusqu'à quel point ils forment des variétés ou des espèces distinctes (*).
Les Goélands, Mauves, Mouettes (Larus. L.) (a).
Ont le bec comprimé, alongé, pointu, sa mandibule supérieure arquée vers le bout, l'inférieure formant en dessous un angle saillant. Leurs narines, placées vers le milieu, sont longues, étroites et percées à jour; leur queue est pleine , leurs jambes assez élevées, leur pouce court. Ce sont des oiseaux làcherf et voraces, qui four?
Diomède , près de Tareiite , et que Ton disaiuaccueillir les Grecs , et se jeter sur les Barbares. Quant au mot albatros, je vois que les premiers navigateurs portugais ont appelé les Fous, et d'autres oiseaux de mer, alcatros on alcatras. Dampierre a appliqué ce nom aa ^enre actuel ; Grew Ta changé en Albitros, et Edwards en Albatros.
(i) Tel est le Dio/n, spadicca. — Aj. D. brackjrura, Temm.f&û. 963 ; — D. melanophrù, T., col. t\56; — D. chlororliynchos , Lath., V, pi. xcnr, col. 4689 — D. juliginosa, coL 4&)*
(a) Larus , nom grec de ces oiseaux ; Gavia en latin , d'où Gabidn en provençal ; en français, on les nomme Mauves ou Mouettes, de leur nom allemand Mœvej Goéland , employé pour la première fois par Feuillée , n'est qu'une corruption de leur nom anglais Gull, Gull-ent.