‹ Le règne animalChapitre 6 sur 58 · SIXIEME ORDRE DES INSECTES · texte numérisé non relu

SIXIEME ORDRE DES INSECTES

LES ORTHOPTÈRES. (Orthoptera. — Ulonata, Fab.)

Confondus en grande partie , par Linnaeus , avec les Hémiptères , réunis par Geoffroy aux Coléoptères , mais y formant une division spéciale , nous présentent un corps généralement moins dur que les derniers; des étuis mous, demi membraneux , chargés de nervures, et ne se joignant point, dans le plus grand nombre , à la suture , par une ligne droite ; des ailes pliées dans leur longueur, et le plus souvent en manière d'éventail, divisées , dans le même sens , par des nervures membraneuses ; des mâchoires toujours terminées en une pièce cornée , dentelée et recouverte d'une galette , pièce correspondante à la division extérieure des mâchoires des Coléoptères ; enfin une sorte de langue ou d'épiglolle.

Les Orthoptères sont des Tnseetes (1) à demi-métamoiyhose^ dont toutes les mutations se réduisent à la croissance et au développement des étuis et des ailes, qui commencent à se montrer, sous une forme rudimentaire ou comme des moignons, dans la nymphe. Cette nymphe et la larve ressemblant d'ailleurs à l'Insecte parfait, marchent et se nourrissent de la même manière.

La bouche des Orthoptères se compose d'un labre , de deux mandibules, d'autant de mâchoires , d'une lèvre, et de quatre palpes; ceux des mâchoires ont toujours cinq articles; les labiaux, ainsi que dans les Coléoptères, n'en offrent que trois. Les mandibules sont toujours très fortes et cornées j, et la languette est constamment divisée en deux ou quatre lanières. La forme des antennes varie moins que dans les Coléoptères ; mais elles sont généralement composées d'un plus grand nombre

(1) Cet ordre et ceux des Lépidoptères, des llyménoptèreset des Rhipiptères, ainsi que les Insectes Hexapodes aptères , n'offrent aucune espèce aquatique.

d'articles. Plusieurs ont, outre les yeux à réseau , deux ou trois petits yeux lisses. Le dessous des premiers articles des tarses est souvent charnu ou membraneux (1). Beaucoup de femelles ont une véritable tarière, formée de deux lames, pour placer les œufs , que recouvre souvent une enveloppe commune. L'extrémité postérieure du corps offre , dans la plupart , des appendices.

Tous les Orthoptères ont un premier estomac membraneux, ou jabot, suivi d'un gésier musculeux, armé à l'intérieur d'écailles ou de dents cornées, selon les espèces- autour du pylore sont, excepté dans les Forficules , deux ou plusieurs intestins aveugles, munis à leur fond de plusieurs petits vaisseaux biliaires. D'autre vaisseaux de même genre, très nombreux, s'insèrent vers le milieu de l'intestin.

Les intestins des larves sont les mêmes que ceux des Lisecles parfaits (2).

Tous les Orthoptères connus , sans exception , sont terrestres, même dans leur deux premiers états. Quelques-uns sont carnivores ; mais le plus grand nombre se nourrit de plantes vivantes. Les espèces de nos climats ne font qu'une ponte par année,

(1) Le dessous du premier article offre trois pelotes ou divisions dans les Criquets.

(2) Marcel de Serres, professeur de minéralogie à Montpellier , a fait une étude spéciale de l'anatomie de ces animaux. Suivant lui , les Orthoptères à antennes sétacées , tels que les Blattes, les Mantes , les Taupes-Grillons , les Grillons et les Sauterelles , n'ont que des trachées élastiques ou tubulaires , et qui sont de deux oidres , les unes artérielles et les autres pulmonaires. Celles-ci distribuent seules l'air dans tout le corps, après l'avoir reçu des premières. Dans les Orthoptères à antennes cylindriques ou prismatiques, comme les Criquets , les Truxales , des trachés vésiculeuses remplacent les trachées pulmonaires. Elles sont mues par des cerceaux cartilagineux ou côtes mobiles , et reçoivent l'air au moyen de trachées tubulaires ou élasliques, venant des trachées artérielles. Le système nutritif est plus ou moins développé et présente quatre modifications principales. Les Grillons et les Taupes-Grillons l'emportent , à cet égard , sur les autres. Le jabot est en forme de cornemuse et placé de côté , tandis que , dans les autres, il est dans la direction du gésier. Ici les vaisseaux hépatiques s'insèrent isolément; dans les premiers, c'est au moyen d'un canal déférent commun. Les Trusales et les Criquets , quoiqued'ailleursrapprochés des Sauterelles sous le rapport du système digestif , en diffèrent néanmoins par leurs vaisseaux hépatiques supérieurs, qui n'ont plus à leur extrémité de vaisseaux sécréteurs, et ne forment plus de jjoches élargies, mais des canaux cyhndriques et alongés. Les intestins des Blattes et des Manies ne présentent que deux divisions; leur système nutritif est d'ailleurs le même. Toutes les fois (]u'il n'y a qu'un seul testicule, la ftmelle ne présente qu'un ovaire; tous ceux qui ont des trachées vésiculaires sont dans ce cas. Ceux qui n'ont que des trachéesélastiques ou tubulaires ont deux testicules et deux ovaires. Les vessies destinées à lubréfîer le canal sperniatique commun sont doubles ou uniques, suivant qu'il y a deux ou un seultesticule. Les femelles ont aussi une vésicule lubréfiante à l'oviductc commun. Les Forficules, dont il ne ])arle j)iis, s'éloignent, selon Cuvier. de tous les Insectes du même ordre , en ce qu'ils manfjucnt de vaisseaux hépatiques supérieurs. Nous renverrons, à l'égard de l'anatomie de ces derniers, aux Mémoires de Posselt et de Léon Dufour. Sous la considération del'énergie du vol , il est évident qu'elle est beaucoup plus puissanledans les Criquets et les Truxalcsque dans les autres Oi llioplèrcs.

ORTHOPTERES. 105

qui a lieu vers la fin de l'été. C'est aussi l'époque de leurdernière transformation.

Nous diviserons les Orthoptères en deux grandes familles (1).

Les uns ont tous les pieds semblables , et uniquement propres à la course : ce sont les Orthoptères coureurs ; les autres ont les cuisses delà paire postérieure loeaucoup plus grandes que celles des autres , ce qui leur donne la faculté de sauter. Les mc-iles, en outre, produisent un bruit aigu ou une espèce de stridulation; ce sont des Orthoptères sauteurs, et en quelque sorte musiciens .

La première famille des Orthoptères ,

Les Coureurs, (Cursoria.)

Ont les pieds postérieurs uniquement propres, ainsi que les autres, à la course.

Ils ont presque tous les étuis et les ailes couchés horizontalement sur le corps; les femelles sont dépourvues de tarière cornée.

Ils forment trois genres, le premier^ celui

Des Perce-oreilles^ (Forfictjla. Lin)

A trois articles* aux tarses, des ailes plissées en éventail, et se repliant en travers sous des étuis crustacés, très courts et à suture droite ; le corps linéaire , avec deux grandes pièces écailleuses , mobiles , qui forment une pince à son extrémité postérieui'e.

La tête est découverte.

Les antennes sont filiformes , insérées au-devant des yeux , et composées de douze à trente articles , suivant les espèces. La galette est grêle , alongée et presque cylindrique. La languette est fourchue. Le corselet est en forme de plaque.

Les recherches de Ramdohr, Posselt, Marcel de Serres, et surtout celles de Léon Dufour, nous ont dévoilé l'organisation intérieure de ces animaux. Celui-ci a découvert deux glandes salivaires, consistant chacune en une vésicule plus ou moins ellipsoïdale , située dans le prothorax ou corselet, terminée postérieurement par un filet d'une extrême ténuité, et antérieurement par un col tubuleux , capillaire , présentant près du pharynx un léger renflement, et s'unissant ensuite avec la partie correspondante de l'autre glande, pour former un conduit commun, s'ouvrant dans

(1) Composant trois sections dans notre ouvrage sur les familles naturelles du règne animal. La première est partagée en quatre familles correspondantes aux genres Forficula , Blalta., Alantis , Phasnia. La seconde comprend deux familles constituées parles genres Acheta et Locusla. La troisième section forme une autre famille ayant pour type les genres Pneiimoia , Truxalis, et celui de GrtjUus de Fabricius, ou d^Acrydtum de Geoffroy. P'oyez aussi , sur les Insectes de cet ordre, les Mémoires de l'Académie de Saint-Pétersbourg, 1812.

Cette division en deux grandes familles est confirmée par leur anatomie , les Insectes de la première n'ayant que des trachées tubulaires , et ceux de la seconde en offrant de vésiculaires.

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la bouche. Le tube digestif se compose d'un œsophage, d'un grand jabot alopoé, d'un court gésier en forme de nœud, ofl'rant à l'intérieur, pour la trituration , six colonnes longitudinales , de consistance presque calleuse, en forme de lancettes, séparées par autant de gouttières, et une valvule située à son ouverture ventriculaire ; d'un estomac ou ventricule chylifique , au bout postérieur duquel s'insèrent un très grand nombre (trente, selon Dufour) de vaisseaux hépatiques terminés en manière de bec , ce qui éloignerait ces Insectes des Coléoptères , et les rapprocherait des autres Orthoptères et des Hyménoptères ; enfin d'un intestin grêle, d'un cœcum et d'un rectum. Le cœcum présente , comme dans j)lusieurs Hyménoptères , des éminences musculcuses bien circonscrites , sur lesquelles on remarque , avec le secours du microscope , des expansions trachéennes très ramifiées. Suivant Dufour , l'appareil de la génération diffère essentiellement , en divers points, de celui des Coléoptères et des Orthoptères. C'est ainsi , par exemple , que les vésicules séminales , au lieu d'être disposées symétriquement par paires , ne consistent ici qu'en un seul réservoir. Les testiciiles se composent chacun de deux capsules séminifiques, alongées et plus ou moins contiguës. La forme des ovaires, considérés en masse, varie beaucoup, selon les espèces : ils forment tantôt deux grappes, tantôt deux faisceaux. Dans les femelles qui n'ont pas encore été fécondées, les gaines ovigères ont des étranglements successifs , qui leur donnent la forme de grains de chapelet. Nous ne suivrons point ce savant quant aux autres observations, relatives, soit aux oi'ganes de la respiration, qui consistent en trachées tubulaires , soit à l'appareil scnsitifet à la pulpe adipeuse splanchnique. On avait dit que le second article des tarses était bilobé ; il fait observer qu'il est simplement dilaté en dessous vers son extrémité, ou en forme de cœur renversé et sans échancrure. Il signale par des caractères détaillés et rigoureux les deux espèces soumises à son scalpel (1).

Ces Insectes sont très communs dans les lieux frais et humides , se rassemblent souvent en troupe sous les pierres, les écorces des arbres , font beaucovqi de tort aux fruits de nos jardins, dévorent même les cadavres de leur propre espèce , se défendent avec leur pince, dont la forme varie souvent selon le sexe. On a cru qu'ils s'insinuaient dans les oreilles , et de là l'origine de leur dénomination.

JiG grand Perce-oreille {Forficula awicularia , Lin.), De G., Mém. Insect., Ill, XXV, 16 — 25, long d'un demi-pouce, brun, avec la lête rousse, les bords du corselet grisâtres et les pieds d'un jaune d'ocre; antennes de quatorze articles.

Les deux sexes sont unis bout à bout dans l'accouplement. La femelle veille à la conservation de ses œufs, et même pendant quelque temps, à celle de ses petits.

Le petit Perce-oreille {Forficula niinor^ Lin. ), De G., ibid., pi. xxv, 26, 27, de deux tiers moins grand, brun, à tête et corselet noirs, à pattes jaunes ; antennes de onze articles. Il se trouve plus fréquemment autour des i'umiers (2).

(1) Foycz , pour d'auties détails , son Mémoire faisant partie des Annales des sciences naturelles (XII, oô7). Ces Insectes lui paraissent devoir former un oidre particulier, qu'il nonmio Lahidourcs. Kirby l'avait déjà établi sous la dénomination de Dermaptèrcs. Le docteur Leacli partage les autres Orthoptères en deux autres ordres. Ceux dont les ailes sont plissées , longitudinales, et dont la suture des élytres est droite, composent celui des Ortlioptères proprement dits ; et ceux où les élytres se croisent , les ailes étant toujours placées de même , forment l'ordre des Dictuoptèrcs.

(2) Aj. F. bipiiiictata, Fab.; Panz. Faun. Insect. Germ. LWWU ,^0•,—F. giganlcn,

Les Blattes. (Blatta. Lin.)

Qui ont cinq articles à tous les tarses, les ailes plices seulement ilaiis leur longueur, la tête eachce sous la plaque du corselet, et le corps ovale ou orLiculaire et aplati.

Les antennes sont en forme de soie, insérées dans une éeliancrure interne des yeux, longues et comj)osées d'une grande quantité d'articles. Les palpes sont longs. Le corselet a la forme d'un bouclier. Les étuis sont ordinairement de la longueur de l'abdomen , coriaces ou demi membraneux , et se croisent un peu à la suture. L'extrémité postérieure de l'abdomen oflVe deux ap})endices coniques et articulés. Les jambes sont garnies de petites épines. Leur jabot est longitudinal , et leur gésier a en dedans de fortes dents crochues ; on leur compte huit à dix cœcunis autour du pylore.

Les Blattes sont des Insectes nocturnes très agiles, dont les uns vivenl. dans l'intérieur des maisons, particulièrement dans les cuisines, les boulangeries et les moulins à farine , et dont les autres habitent la campagne. Ils sont très voraees, consomment toutes sortes de provisions de bouche. Les espèces propres à nos colonies y sont désignées sous le nom de Kakerlacs ou Kakerlaques , et importunent beaucoup leurs habitants par les dégâts qu'elles y font. Non seulement elles attaquent les comestibles , mais rongent encore les étoffes de laine et de soie , et jusqu'aux souliers. Elles mangent aussi des Insectes. Des espèces de Sphex leur font la guerre.

La B. orientale {B. orientalis, Lin.), De G., Mém. Insect., III, xxv, 1 — 7, longue de dix lignes, d'un brun marron roussàtre ; des ailes plus courtes que Fabdomen, dans le mâle; de simples rudiments de ces organes dans la Cemelle. Ses œul's, au nombre de seize , sont renfermés symétriquement dans une coque ovale, comprimée, d'abord blanche, ensuite brune, solide, dentelée en scie sur un des côtés. La femelle la porte quelque temps à l'anus , où elle fait une saillie, et la fixe ensuite, à Taitle d'une matière gommeuse , à divers corps. Cette espèce est im fléau pour les habitants de la Ilussie et de la Finlande. On la dit originaire de l'Asie. Quelques auteurs la font venir de l'Amérique méridionale.

La B. de Laponie ( B. lapponica Lin.), De G., ibid., 8, 9, 10, d'un brun noirâtre; bords du corselet d'un gris clair; étuis de la même couleur. Elle ronge le poisson sec dont les Lapons font des provisions pour leur tenir lieu de pain. Chez nous , elle habite les bois.

La B. Kakerlac ( B. americana ) , De G. , ihid., xliv, 1,2,5, rousse ; corselet jaunâtre avec deux taches et une bordure brunes; abdomen roux; antennes très longues. — En Améi'ique.

Ilummel , membre de la société impériale Jes naturalistes de BIoscou , a publié dans le premier cahier de ses essais entoniologiques plusieurs obser-

Fab.; Heibst. , Ai cliiv. Insect. XLIX , \:,voij. Palis, de Bcauv. Iiisecl. d'Afr. et d'Amei-. Les deux espèces précitées et toutes celles qui n'ont pas plus de quatorze articles aux aiileiuies , composent mou genre rouFicuLE pro[)rciiicn1 dit (l'am. iial. du rè;;. auini.). Celles qui en ont plus, telles que la F. gùjanlca et autres , composent mon genre FoRricÉsn.F.. Tous ces Insectes sont ailés. Ceux qui sont aplères forment un troisième genre, celui de CiiÉLiDOURK. Le docteur Leach partage aussi les Derniaplères eu trois genres : 1" Forficiila, antennes de quatorze articles; S" Labkitira, antennes de trente articles; 3" Labin , antennes de douze articles. Consullez , &uv ces Insectes , ainsi que pour les autres du mcnic ordre , l'ouvrage de Toussaint Charpentier, intitulé Horœ entoinoloyicie.

vatioiis très intéressantes sur rhisloire de la B. germanique {^ B . yermanica , Fab. ), espèce d'un roussâtre clair, avec deux lignes noires sur le corselet (1).

Les Mantes. (Mantis. Lin.)

Où l'on trouve encore cinq articles à tous les tarses , et des ailes simplement pliées dans leur longueur, mais dont la tête est découverte, et dont le corps est étroit et alongé.

Elles diffèrent encore des Blattes par leurs palpes courts , finissant en pointe, et par leur languette quadritide.

Ces Insectes ne se trouvent que dans les contrées tempérées et méridionales, se tiennent sur les plantes ou sur les arbres, ressemblent même souvent à leurs feuilles ou à leurs branches , par la forme et la couleur du corps , et recherchent la lumière du jour. Les uns vivent de rapine et les autres sont herbivores. Leurs œufs sont ordinairement renfermés dans une capsule de matière gommeuse, se durcissant à l'air, divisée intérieurement en plusieurs loges, tantôt sous la forme d'une coque ovale, tantôt sous celle d'une graine, avec des arêtes ou des angles, hérissée même de petites épines. La femelle la colle sur des plantes ou sur d'autres corps élevés à la surface de la terre. Leurs estomacs ressemblent à ceux des Blattes, mais leurs intestins sont plus courts à proportion (2).

Les unes ont les deux pieds antérieurs plus grands que les autres , avec les hanches longues, les cuisses fortes, comprimées el armées d'épines en dessous, etlesjaml)es terminées par un fort crochet ; elles ont trois yeux lisses , distincts , rapprochés en triangle ; le premier segment du tronc fort grand, les quatre lobes de la languette presque de la même longueur ; les antennes insérées entre les yeux, et la tète triangulaire el verticale.

Ces espèces sont carnassières , saisissent leur proie avec leurs pieds antérieurs, qu'elles relèvent ou portent en avant, et dont elles replient avec promptitude la jambe contre le dessous de la cuisse. Leurs œufs, très nombreux, sont renfermés dans autant de petites cellules, disposées par séries régulières et réunies en une massue ovoïde.

Ces Orthoptères forment le sous-genre

Des Mantes propres. (Mantis.)

Celles dont le front se prolonge en forme de corne, et dont les mâles ont des antennes pectinées, sont des Empuses (E7)ipitsa) pour liliger. Elles ont au bout des cuisses un appendice arrondi et membraneux, en forme de manchette. L'abdomen est festonné sur les bords dans plusieurs (5).

Celles qui n'ont point de corne sur la tête, et dont les antennes sont simples dans les deux sexes, composent seules le genre des JIantes du même naturaliste.

l^A M . ptne-dieu {M . religiosa, Lin.), Rœs. Ins. II, Gryll., 1,11, ainsi nom-

(1) Foyez, poui les autres espèces. De Geer. ihid.-^ Fab.; Oliv. Encyclop. méthod; Fuels. Arch. Insect. lab. xux, 2-11; Coqueb. Illust. Icoii. Iiisect. III, xsi,l; B.paci/îca, et Toussaint Charpentier, Hor. entomol. p. 71-78. Foyez, quant à la Blatla uccrvorum de Panzer, le sous-jjenre Myrmécophile de la famille suivante. Les Blattes , dont l'un des sexes au moins est privé d'ailes, telles que la B. orientalis et les B. limbaia , decipicns, de Hunimel , composent, dans nos familles naturelles du règne animal , le genre Kakerlac.

(2) 3Iarcel de Serres a publié sur ces Insectes de bonnes Observations anatomiques , consignées dans le Recueil des mémoires du Muséum d'histoire naturelle.

(ô) Stoll. Mant. vni, 50; ix, -34; ibid.ù6] x,40; 44,xii, A7;ibid. 48; ibid. 50;xvi,

mée de ce qu'elle relève et rapproche ses deux bras à la manière d'une personne suppliante. Les Turcs ont même pour cet Insecte un respect religieux, et une autre espèce de ce genre est encore plus vénérée chez les Hottentots. La M. p/"/e-rf/(?M, très commune dans les provinces méridionales de la France et en Italie, est longue de deux pouces, d'un vert clair, quelquefois brune, sans taches. On remarque seulement au côté interne des hanches antérieures une tache jaune, bordée de noir, caractère qui la dislingue d'une Mante du Cap de Bonne-Espérance , presque semblable (1). Les autres ont les pieds antérieurs semblables aux suivants, les yeux lisSes, très peu distinctsou nuls ; le premier segment du tronc plus court ou delà longueur au plus du suivant ; les divisions intérieures de la languette plus courtes que les latérales j les antennes insérées devant les yeux , et la tête presijue ovoïde et avancée, avec des mandibules épaisses et les palpes comprimés.

Ces Insectes ont des formes très singulières et ressemblent soit à une petite branche d'arbres , soit à des feuilles. Ils paraissent ne se nourrir que de végétaux, et ont, de même que plusieurs Sauterelles, la couleur de ceux où ils vivent habituellement. Les deux sexes diffèrent souvent beaucoup. Ils forment le sous-genre

Des Spectres. (Spectrum) de Stoll.

Ou l'a partagé en deux autres (2).

Les espèces dont le corps est filiforme ou linéaire , semblable à un bâton , sont

Les PiiASMEs (PuASMA.) de Fabricius.

Plusieurs sont tout-à-fait privées d'ailes , ou ont des étuis forts courts.

38 , 59 ; xvu , 61 ; xx , 74 ; xxi , 79. Lafig. 94 de la pi. xxiv est une larve très semblable à celle du Mantis pauperata de Fab.

(1) f^oyez, pour les autres espèces, Stoll , genre des Mantes ou des Feuilles ambulantes, à l'exception de celles qui se rapportent au genre des Phyllies. ( Foijez plus bas. ) l^oyez encore la Monographie des Mantes de Lichtensteiu ( Linn. soc. Trans. tom. VI ) ; Pal. de Beauv. Insect. d'Afr. et d'Amer.; Herbst. Arch. des lusect. et Charpent. llor. entom. p. 87-91.

(2) Lepelletier et Serville (Eiicyclop. méthod. ) ont ajouté quelques nouveaux genres à ceux que j'avais indiqués dans mes familles naturelles du règne animal. Les uns ont le prothorax beaucoup plus court que le mésothorax; le corps et les pattes longs , linéaires. Les élylres sont toujours très courtes dans les deux sexes, lorsqu'elles existent. Ceux qui sont aptères forment deux genres : celui de Bacille (Bacilliis) , où les antennes sont très courtes , grenues, en forme d'alêne ; et celui de Bactérie ( Bacteria ), où elles sont notablement plus longues que la tête, et en forme de soie. La seconde division comprend des espèces qui ont des élytres et des ailes de moins dans l'un des sexes. Ici les yeux lisses n'existent point; tels sont les genres Cladoxère( Cladoxerus), où les pieds sont également espacés ; et les CypiiocRANEs ( Cyphocrana ) , où les quatre derniers sont plus rapprochés. Là , on distingue des yeux lisses , les Piiasmes ( Phasma ).

Dans les autres, le corps est plus ou moins ovalaire ou oblong, aplati, mais point linéaire. Les pattes sont courtes ou peu alongées et foliacées. La longueur du prothorax égale la moitié au moins de celledu mésotlioiax. L'abdomen est rhomboïdal ou en forme de spatule. Il n'y a jamais d'yeux lisses, et les femelles au moins sont pourvues d'élyfres. Cette division comprend deux genres : les Prisopes (trisopiis), où le prolhorax est plus court que le mésothorax, et où les deux sexes offrent des élytres et des ailes, recouvrant la majeure partie de l'abdomen ; les Phyllies (Phylliuvi), où le prothorax est presque aussi long que le mésothorax ; dont les femelles sont privées d'ailes et ont des antennes très courtes, tandis que les mâles en ont de longues, sont ailés , mais avec des élytres très courtes. Ces individus ayant le prothorax fort long , l'ordre naturel exige que l'on renverse cette série , et que l'on commence par les Phyllies.

Un en trouve do très jurandes aux Moluques et dans rAinériciue njôndionule. Le midi de la France nous olïre

Le P. Rossi (P. rossia. Fab.) lloss. Faim. Etrusc. 11, viu , 1 , sans ailes dans les deux sexes, vert-jaunâtre ou d'un brun cendré; antennes très courtes , grenues et coniques; pieds ayant des arêtes; une dent près de rexlréinité des cuisses (1).

Les espèces dont le corps est très aplati et membraneux , ainsi que les pieds, composent le genre

Des Phyllies (Phyllium) d'Uliger.

Telle est la P. feuille sèche (Mantis siccifoUa, Lin. , Fab.) , Sloll , Spect. vu , 24-26 , très aplatie , d'un vert pâle ou jaunâtre ; corselet court , dentelé sur les bords; des feuillets dentelés aux cuisses. La femelle a des antennes très courtes , et des étuis de la longueur de Tabdomen ; les ailes manquent. IjC mâle est plus étroit et plus alongé , avec des antennes longues et en soie ; des étuis courts et des ailes aussi longues que l'abdomen.

Les babitants des îles Séchelles élèvent cette espèce , comme objet de commerce et d'histoire naturelle.

StoU a représenté le mâle d'une autre espèce; Mantes , pi. xxui , 89.

La seconde famille des Orthoptères , celle .

Des Sauteurs. (Saltatoria.)

Dont les deux pieds postérieurs , remarquables par la graiideiu- de leurs cuisses, et leurs jambes très épineuses , sont propres pour le saut.

Les mâles appellent leurs femelles en faisant entendre un son bruyant, auquel le vulgaire donne le nom de chant. Tantôt ils le produisent en frottant intéi^ieurcmcnt et avec rapidité, l'une contre l'autre, une portion intérieure, plus membraneuse, en forme de talc ou de miroir , de chaque étui : tantôt ils l'excitent par une action semblable et alternative des cuisses postérieures sur les élytres et sur les ailes , ces cuisses faisant l'effet d'un archet de violon.

La plupart des femelles déposent leurs œufs dans la terre.

Cette famille est composée du j>^enre

Des Sautebelles. (Grvllus) de Linnœus.

Que nous diviserons ainsi :

Les uns , dont les mâles ont pour le chant une portion intérieure de leurs étuis en forme de miroir ou de peau de tambour , et dont les femelles

(1) f oyez, pour les aulrus espèces, les figures de Sloll, fjeniedcs Speclrcs; Lichleinslein , Monog. des Mantes; genre Phasma , \.mn. soc. Traiis. VI; le XIVc vol. du même Hecueil, et Palis, de Bauv. Inseel. d'Air, et d'Ainér. /^oiyt-s aussi Cliaipeut. llor. enloni. p. 95 , 94. Les deux espèces de Phasma qu'il décrit (rossium ou (jallivum) renlicnl dans le genre Bacille précité.

ont très souvent une tarière très saillante , en forme de stylet ou de sabre, nous offrent des antennes , soit beaucoup plus grêles et plus menues à leur extrémité , soit de la même grosseur dans toute leur étendue , mais très courtes, et presque en forme de chapelet. Les étuis et les ailes sont couchés horizontalement sur le corps dans ceux , en petit nombre, qui ont moins de quatre articles à tous les tarses. La languette a toujours quatre divisions, dont les deux mitoyennes très petites. Le labre est entier.

Tantôt les étuis et les ailes sont horizontaux ; les ailes forment , dans le repos , des sortes de lanières ou de filets qui se prolongent au-delà des étuis; et les tarses n'ont que trois articles, comme dans le genre

Des Grillons. (Grt(llus. Geoff. Oliv.) ou les Achètes {Grfllus Acheta. Lin. ) de Fabricius.

Ils se cachent dans des trotis, et se nourrissent ordinairement dlnsecles. Plusieurs sont nocturnes. Leur jabot forme souvent une poche latérale. Ils n'ont au pylore que deux gros cœcums. Leurs vaisseaux biliaires s'insèrent dans linleslin par un canal commun.

Ils forment quatre sous-genres :

1" Les CouRTiLLiiîREs. (Gryllo-Talpa. Lat, )

Dont les jambes et les tarses des deux pieds antérieurs sont larges , plats et dentés, en forme de mains , ou propres à fouir 5 qui ont les autres tarses de figure ordinaire , terminés par deux crochets , et les antennes plus grêles au bout, alongées , et composées d'un grand nombre d'articles.

La C. commune (Grxlhis-Grrllo-Taipa. Lin.), Rœs. Insect. II, GrylLXïV.XV, longue d'un pouce et demi, brune en dessus, d'un jaune roussâtre en dessous ; quatre dents aux jambes antérieures ; ailes une fois plus longues que les étuis. Espèce trop connue par les dégâts qu'elle fait dans nos jardins et les champs cultivés, vivant dans la terre , où ses deux pieds antérieurs, qui apis sent comme une scie et comme une pelle , et à la manière de ceux des Taupes , lui fraient un chemin. Elle coupe ou détache les racines des plantes, mais moins pour s'en nourrir que pour se l'aire un passage; car elle vit , à ce qu'il paraît, d'Insectes ou de Vers. Le chant du mâle , qu'on n'entend que/le soir ou pendant la nuit , est doux et assez agréable.

Lafemellesecreuse, en juin et en juillet, à la profondeur d'environ un demipied, une cavité souterraine arrondie, et lisse à l'intérieur , où elle dépose deux à qualre centaines d'œufs j ce nid , avec la galerie qui y conduit, ressemble à une bouteille dont le cou est courbé. Ses petits vivent quelque temps en société. Voyez , pour d'autres détails , les observations de Le Féburier {Nouv. Cours dAgric.) (1)

2" Les Tridactyles. (Tridactylus. Oliv. — Xya, Illig.)

Fouissant aussi la terre, mais avec les jambes antérieures seulement, et qui ont à la place des tarses postérieurs, des appendices mobiles, étroits, crochus, et en forme de doigts. Les antennes sont de la même grosseur , très courtes , et de dix articles arrondis.

On les trouve dans le midi de la France , sur les bords des rivières

Le T. mélangé {Xya variegata, Illig. ; Charpent. , Hor. entom., p. 84, t. u ,

(1) Latr. Gêner. Ciust. et Insecl. III , p. 95.

fig. 2 , 5.) Cette espèce est petite , noire , avec un granc! nombre de taches ou de points d'un blanc jaunâtre , et saute très fort (1).

5° Les Grillons proprement dits. (Gryllus.)

Qui n'ont point de pieds propres à fouir la terre , et dont les femelles portent, à Textrémité postérieure de leur corps , une tarière saillante.

Leurs antennes sont toujours alongées , plus menues vers le bout , et finissant en pointe. Les yeux lisses sont moins distincts que dans les Tridactyles et les Courtilières.

Le G. des champs, {G. campestris , Lin.; Rœs. , Ins , II, GrylL, xiii), noir , avec la base des étuis jaunâtre . tête grosse , cuisses postérieures rouges en dessous. Il se creuse sur les bords des chemins , dans les terrains secs et exposés au soleil, des trous assez profonds, où il se tient à l'affût des Insectes, dont il fait sa proie. La femelle y fait sa ponte, composée d'environ trois cents œufs. Il donne la chasse au suivant :

Le G. domestique ( G. doviesticus , Lin. ; Rœsel. , Insect. , II , GrylL , xii), d'un jaunâtre pâle , mélangé de brun. 11 fréquente les parties intérieures des maisons où l'on a fait plus habituellement du feu , et qui lui fournissent des retraites et des vivres , comme derrière les cheminées , les fours , etc. C'est là aussi qu'il se multiplie. Le mâle produit un bruit aigu et désagréable.

On trouve en Espagne , en Barbarie , un Grillon très singulier ( Gryllus umbraciilatiis , Lin.). Le mâle a sur le front un prolongement membraneux, qui tombe en forme de voile.

LefèvreetBibron ont rapporté de leur voyage en Sicile une nouvelle et grande espèce, que le premier a décrite sous le nom de M ég acéphale; sa stridulation se prolonge la durée d'une demi-minute , et peut être entendue à près d'un mille de distance.

Dans le G. monstrueux, les ailes se roulent en plusieurs tours de spire à leur extrémité (2).

4" Les Myrmécophiles. (Mykmecophila. — Sphcerium. Charpent.)

Qui n'ont point d'ailes , et dont le corps est ovale. Ils ressemblent d'ailleurs, quant aux antennes et au défaut d'yeux lisses, aux Grillons proprement dits. Les cuisses postérieures sont très grosses.

La seul espèce connue ( Blatta acervorum , Panz. , Faun. Insect. Germ. , LXVIII , 24.) vit dans les fourmilières (5).

Tantôt les étuis et les ailes sont en toit , et les tarses ont quatre articles. Les antennes sont toujours fort longues , et en forme de soie. Les mandibules sont moins dentées , et la galette est plus large que dans les Grillons. Les femelles ont constamment une tarière avancée , comprimée , en forme de sabre ou de coutelas.

Il n'y a que deux cœcums, comme dans les précédents, mais les vaissaux biliaires entourent le milieu de l'intestin , et s'y insèrent directement.

(1) Latr. »6?V/. p. 96; T. paradoxtis ,Q,Qi\\iGh. Illust. Icon. Insect. III.xxi,3.

(2) Ajoutez GrijUus pclluccns , Panz. Faun. Insect. Germ. XXII, 17, mâle de V Acheta italica de Fab. Il vit sur les fleurs; — Acheta sylvestris , Fab. ; Coqueb. Illust. Icon. I , 1,2; — A. iiDibracidata , Fab. ; Coq. ibid. III , xxi, 2, et d'autres espèces figurées par De Geer, Drury, Herbst. etc. Foyez Fabricius.

(ô) Elle a été, je crois, le sujet d'un Mémoire de Paul Savi.

ORTHOPTERES. 113

Ces Orthoptères sont herbivores , et forment le genre

Des Sauterelles proprement dites, (Locusta. Geoff. , Fab, — Gryllus tettigonia. Lin.)

h^i grande Sauterelle {L. virîdissima ^Vah. ; Rœs., lnsect.,11, GrylL, x, xi.), longue de deux pouces , verte , sans taches ; tarière de la femelle droite.

La Sauterelle tachetée (L. verrucivora , Fab. ; Rœs. , ib'id., VIIL) , longue d'un pouce et demi , verte , avec des taches brunes ou noirâtres sur les étuis ; tarière de la femelle recourbée. Elle mord fortement; Ton dit que les paysans de la Suède se font mordre par cet Insecte les verrues des mains , et que la liqueur noire et bilieuse qu'il dégorge dans la plaie fait sécher et disparaître ces excroissances cutanées.

Plusieurs espèces de ce genre n'ont point d'ailes , ou n'offrent que des étuis très courts , comme

. h& S. porte-selle {L. Ephippiger , Fab.) de notre pays. Ross., Fann. Etrusc , II, viii, 3,4(1).

Les autres, dont les mâles ne produisent leur stridulation que par le frottement des cuisses contre les étuis ou les ailes, dont les femelles n'ont point de tarière saillante, se distinguent encore des précédents par leurs antennes , tantôt filiformes et cylindriques , tantôt en forme d'épée ou terminées en massue , et toujours aussi longues au moins que la tête et le corselet; ils ont tous les étuis et les ailes en toit ou inclinés , et trois articles aux tarses. Leurs cœcums sont au nombre de cinq ou six, et leurs vaisseaux biliaires s'insèrent, comme dans la généralité de l'ordre , immédiatement à l'intestin.

La languette du plus grand nombre n'a que deux divisions. Tous ont trois yeux lisses distincts , le labre échancré , les mandibules très dentelées , l'abdomen conique et comprimé latéralement. Us sautent mieux que les précédents, ont un vol plus soutenu et plus élevé , et se nourrissent de végétaux , dont ils sont très voraces. On peut les comprendre dans un même genre , celui

Des Criquets. (Acrydium. Geoffr.)

Et que l'on peut sous-diviser de la manière suivante :

Les uns ont la bouche découverte, la languette bifide, et une pelote membraneuse entre les crochets du bout des tarses. Tels sont

1° Les Pneumores. ( Pneumora. Thunb. , partie des Gryllus bulla de Lin. )

Distincts des suivants par leurs pieds postérieurs , plus courts que le corps ,

(1 ) Celte espèce et quelques autres dont les deux sexes sont presque aptères ou n'offient au plus que des élytres très courtes , en forme d'écaillés arrondies et voûtées , forment le {jenre Éphippigère ( Ephippiger) de mes familles naturelles. Celui d'ANisoPTÈRE ( Anisoptera) se compose d'espèces dont les mâles sont ailés et dont les femelles sont aptères ou n'ont que des élytres très courtes ; telles sont les L. dorsalis , hrachyptera de Toussaint Charpentier. Les espèces munies d'élytres et d'ailes ordinaires, dont les anteimes sont simples et dont le front ne s'élève point en manière de pyramide , composent le genre des Sauterelles propres; telles sontlesdeuxpremières espèces ci-dessus. Ajoutez Locustavaria, Fab. ; Panz. ihid, XXXIII ,1; — L. fusca,'ûnà. ii ; — L. clypeata , ibid. iv; — L. denticulala, ibid. v. Son Gryllus proboscidc us , ibid. XXII, 18 , est le Panorpa hiemalis. f^oyez aussi De Géer. Ilerbst. Donovan et Stoll, Sauterelle à sabre , pi. i-xu ; Latr. Gêner. Crust, etinsect. III, p. 100.

Les Sauterelles dont le front est élevé en manière de cône ou de pyramide ont été disfinguéesjgénériquemcnt par Thunberg sous le nom de Conocéphale ( Co;îoce^}/ta/««s ). Enfin les ScAPHURES (Scaphura) de Kirby (Linn. Trans. Encyclop. méthod. ), ou mes Pcnnicornes , ressemblent aux Sauterelles ordinaires , mais leurs antennes sont barbues inférieurement , et leur oviscapte est en forme de nacelle. Voyez, pour d'autres genres , Toussaint Charpentier, et les Mémoires de l'Acad. Impér. de Pétersbourg, où Thunberg a établi d'autres nouvelles coupes génériques.

T. ni. 15

moins propres à sauter , et par leur abdomen vésiculeux , tlii moins dans l'un des sexes.

Leurs antennes sont filiformes.

On ne les trouve que dans la partie la plus méridionale de l'Afrique (1).

2° Les Proscopies. (Proscopia. Klùg.)

Insectes aptères , à corps long et cylindrique, dont la tète, dépourvue d'yeux lisses , se prolonge antérieurement , en manière de cône ou de pointe , portant deux antennes plus courtes qu'elle, filiformes, de sept articles au plus et dont le dernier pointu ; les pieds postérieurs sont grands , longs , rapprochés des intermédiaires, qui sont plus éloignés que d'ordinaire, des antérieurs. Ces Orthoptères , propres à l'Amérique méridionale, ont été l'objet d'uneT excellente Monographie , publiée par Kliig.

5° Les Truxales. (Truxalis. Fab. — Gryllus acrida, Lin.)

Qui, par leurs antennes comprimées, prismatiques et en forme d'épée , et leur tête élevée en pyramide, s'éloignent de tous les autres Orthoptères (2).

Quelques espèces du sous-genre suivant, telles que le GryUus car'mahis de Linnœus , le G. gallinaceus de Fabricius , sont par les antennes , intermédiaires entre les Truxales et les Criquets propres et forment le genre Xyphicère (X;^pliicera. Lalr. — Pamphagiis. ïhunb.).

A° Les Criquets proprement dits. (Gryllus. Fab. — Gryllus-locusta ^ Lin., et quelques G.-hulla.)

Qui dilTèrent des Pneumores par leurs pieds postérieurs , plus longs que le corps , leur abdomen solide et non vésiculeux ; et des Truxales , à raison de leur tête ovoïde , et des antennes filiformes ou terminées en bouton (5).

Ils volent assez haut et par tirades.

Les ailes sont souvent agréablement colorées , et particulièrement de rouge et de bleu , comme on le voit dans plusieurs espèces de notre pays. Parmi celles des pays étrangers , le corselet présente souvent des crêtes , de grosses verrues , en un mot , des formes très bizarres.

Certaines espèces, nommées par les voyageurs Sauterelles de passage , se réunissent quelquefois par bandes , dont le nombre des individus est au-dessus de tout calcul , émigrent, paraissent dans les airs comme un nuage épais , tel que celui qui porte la grêle ou la foudre, et convertissent bientôt en un désert les lieux où elles se sont arrêtées. Souvent même leur mort est un nouveau fléau , l'air étant corrompu par la quantité effroyable de leurs cadavres restés sur le sol.

Dans son excellente traduction d'Hérodote , Miot a émis l'opinion que ces tas de c^adavres de serpents ailés, que cet historien dit avoir vus , dans son voyage en Egypte , étaient formés par des Amas de ces espèces de Sauterelles. Ce sentiment s'accorde parfaitement avec le mien.

(1) Pncmnora sexguttata , Thuiib. Act. Siiec. 1775 , vu , 5; GryUus niants, Fab. ; — P. immaculata, Thunb. ibid.vu, 1 ; G. papillostis ,F.; — P. maculala , Thunb. tbtd. vn, 2 j G. variolosus , F.

(2) Gryllus nasuius , Lin. ; Rœs. II, Gryll. iv, 1 , 2. Les antennes sont fausses j Ilerbsl. ibtd. LU, 7, le mâle, 6, lafcm.; Stoll. vni , b 27; — Drury Insect. II , xl, 1 .

(3) Beaucoup d'espèces offrent de cliaque côté , près de l'origine de l'abdomen , une grande cavité, fermée intérieurement par un diapbragme très mince, membraneux et d'un blanc nacré. J'ai donné, dans les Mémoires du Muséum d'histoire naturelle (VIII), Ja description de cet organe, qui doit avoir une influence soit dans la stridulation , soit dans le vol. Par analogie avec les Cigales, je l'ai compare avec une sorte de tambour.

ORTHOPTÈRES. Uj

On mange ces Insectes dans diverses contrées de l'Afrique. Leurs liabilanls en l'ont des provisions pour leur propre usage et le commerce. Us ôtent les ély- Ires et les ailes de ces Orthoptères , et les conservent ensuite dans de la saumure.

Une grande partie de TEurope est souvent ravagée par

Le C. de passage {Grylliis miijratovius, Lin. ; Rœs., Insect., II, GrylL, xkiv.) , long de deux pouces et demi , ordinairement vert , avec des taches obscures , les mandibules noires, les étuis d'un brun clair, tachetés de noir, une crête peu élevée sur le corselet. Les œufs sont enveloppés d'une matière écumeuse et glutineuse, couleur de chair, et formant une coijue , que l'Insecte colle , dit-on , sur les plantes. — Commun en Pologne.

Le midi de l'Europe, la Barbarie, l'Egypte, etc., éprouvent les mêmes pertes de quelques autres espèces , dont quelques-unes un peu plus grandes {G.œgyptius, tataricus , Lin.) , et qui diffèrent peu du Gryllus-lineola de Fabricius,quel'on trouve au midi de la France (lier bst., Archiv. Insect., Ll V,2.), espèce propre aux mêmes contrées, et qui est celle que l'on mange et que l'on prépare en Barbarie, de la manière exposée ci-dessus. Les indigènes du Sénégal en font sécher une autre, dont le corps est jaune , tacheté de noir, et que Shaw et Denon ont figurée dans les relations de leurs voyages en Afrique , la réduisent ensuite en poudre et l'emploient comme de la farine ; c'est ce que j'ai appris de Sauvigny. Ces deux espèces et plusieurs autres ont une saillie conique au présternum et composent mon genre Criquet proprement dit { Acrydium). Parmi celles qui n'offrent pas ce caractère , et dont les antennes sont pareillement filiformes , les unes ont des élytres et des ailes parfaites dans les deux sexes. Elles appartiennent au genre que j'ai nommé OEdipode {OEdipoda).

De ce nombre sont les deux Criquets suivants des auteurs.

Le C, à ailes rouges ( Gryllics stridulus , Lin. ; Rœs. , ibid. , XXI ,1, 2, 3.) , d'un brun foncé ou noirâtre ; corselet élevé en carène ; ailes rouges , avec l'extrémité noire.

Le C. à ailes bleues ( G. cœrulescens , Lin. ; Rœs. , ibid. , XXI , 4. ) , dont les ailes sont d'un bleu un peu verdâtre , avec une bande noire (1).

D'autres Criquets, pareillement ailés et à antennes filiformes, ont la parlic supérieure du corselet fort élevée , très comprimée , formant une crête aiguo , arrondie et prolongée en pointe en arrière. Les pays étrangers nous eu fournissent quelques grandes espèces. Le midi de l'Europe en donne une autre , mais plus petite. (Acrydium armatwn , Fisch., Entom. de la Russ., I, Orthopt., 1,1.)

L'un des sexes au moins, dans d'autres (les G. pedester , Giornœ de Charpent. ) , a des élytres et des ailes très courtes et nullement propres au vol. J'en ai formé une nouvelle coupe générique , celle de Podisme (Podisma).

Les Criquets , dont les antennes sont renflées à leur extrémité, en manière

de bouton , soit dans les deux sexes , soit dans l'un d'eux seulement , forment

aussi pour Thunberg un genre particulier, GoMPHOciiRE ( Gomphocerus.). Tel est

Le C. de Sibérie{G. Sibiricus, F. ; Panz., Fann. Insect. Germ., XXIII, 20.),

(1) Ajoutez G. biguttulus,Vam. ibid. XXXIII, G; — G. grossus il)id. 7; — G. pedcstris, ibid. 8; — G. Itneatus , ibid. D; et voyez aussi de Géer , StoU {Sauterelles do passage, pi. i-xiu , à l'exception des figures citées au genre Truxale)\ Olivier (article Criquet de rEncyclop. méthod.) ; et les autres auteurs cites par Fabricius , au genre GrijUus, comme Schœffer , llerbst. Urury, Rœs. etc. Foy. aussi Lalr. Gêner. Crust. et Insect. III, p. 104. Mais ces renvois ne s'appliquent qu'au genre Acrydium , tel qu'il ad'abord été établi , ou abstraction faite de ceux indiqués ici, et que l'on peut considérer commcdcsimplesdivisions.

dont le mâle a les jambes antérieures très renflées , en forme de massue. On

le trouve en Sibérie et au mont Saint-Gothard.

Dans la seconde division du genre des Criquets , l'avant-sternum reçoit dans une cavité une partie du dessous de la tête ; la languette est quadrifide ; les tarses n'ont point de pelotte entre leurs crochets.

Les antennes n'ont que treize à quatorze articles. Le corselet se prolonge en arrière , en forme de grand écusson , quelquefois plus long que le corps , et les étuis sont très petits. Ces Orthoptères forment le genre

Des TÉTRix. (Tetrix. Lat. — Acrydium, (1) Fab. — Partie des Gryllus-bulla de Lin.)

11 n'est composé que de très petites espèces.

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