SIÈGE DE TOULOUSE
rassemblé quelques troupes, quitta Tours et, profitant de la douceur exceptionnelle de l'hiver, se dirigea sur Toulouse1. Dès le 8 février, il était arrivé presque à mi-chemin : nous le voyons à cette date à Limoges, au cœur de l'Aquitaine2. Puis l'expédition subit un temps d'arrêt, soit qu'il y ait eu à lutter contre Pépin II et ses partisans, soit qu'il fût nécessaire d'attendre des renforts. Ce ne fut qu'au début d'avril que le roi atteignit le Tarn 3, et il demeura un mois encore en aval de Toulouse : les 29 et 30 avril, il est encore à Castel- Ferrus 4 à soixante kilomètres, au nord-ouest de cette ville*.1
1. Annales Berlinianl, p. 30 : « 844. Hiems mollissima usque ad kalendas fcbruarii quadam temperie modificata. >
2. Diplôme en faveur de l'église cathédrale Saint-Maurice d'Angers. A la requête de l'évêque Doon, Charles, renouvelant les diplômes des rois ses prédécesseurs, confirme, en les énumérant, les domaines de cette église et lui accorde, en outre, l'immunité. La date est ainsi conçue : « Data VI idus februarii, indictione VI, anno IV regni praestantissimi régis Karoli. Actum in Limoricas civitate. » (Historiens de France, t. VIII, p. 436, n° 13, à l'ann. 843; Cartulaire noir de la cathédrale d'Angers, éd Ch. Urseau, Paris-Angers, 1909, p. 10, n° 4). La quatrième année du règne concorde avec le 8 février 844 ; l'indiction est erronée. L'itinéraire de 843 montre, en effet, que le roi ne saurait être à Limoges le 8 février de cette année: à Arras encore le 23 janvier, à Corbie et Amiens à la fin de ce mois, on le voit en Anjou, à Vernantes, le 18 février; le 23 février il n'a pas dépassé Tours (voy. plus haut p. 62 ). — La même faute d'indiction (6 au lieu de 7) se retrouve dans beaucoup des diplômes suivants.
3. Diplôme en faveur de l'église cathédrale de Toulouse. La date telle qu'elle est imprimée dans les Historiens de France (t. VIII, p. 439, n° 15) et même l'Histoire de Languedoc (éd. Privai, t. II, p. 219, p1 104) laisse beaucoup à désirer. L'original a disparu. Nous possédons une transcription exécutée en tête d'une confh*mation donnée par Louis Vil, lorsqu'il passa par Toulouse au début de H55 (Luchaire, Gâtai. Louis VII, n° 339), au retour de son pèlerinage à Saint-Jacques di Compostelle. Le fac-similé de cette copie du xue siècle (prise pour un original) a été donné par G. Causse, à la suite d'un article, du reste sans valeur, paru dans les Mémoires de la Société archéologique du midi d° la France, t. IX (1866-71),
p. 242. On lit « Data nonis aprilis,indictione VI Actum Auuncus (ou Auuncis)
> illa super fluvium Tarni ». L'année du règne, illisible déjà au xvme siècle sur l'original (ou plutôt la copie du xne siècle), avait été lue 1 1 II, par Catel (Mém. de Languedoc, p. 890) et une transcription que reproduit dom Bouquet (loc. cit., p. 439 note G). L'édition du Cartulaire de l'abbaye de Saint-Sernin de Toulouse par C. Douais (Paris-Toulouse, 1887, in -4°) porte « Data nonas aprilis, anno IV., indictione VI. — Actum Avintus villa super fluvium Tarni. » — La localité est Avens, com. de lTsle d'Alby, chef-lieu de canton de l'arr. de Gaillac (Tarn), situé, sur le Tarn. A vol d'oiseau, Avens n'est qu'à dix lieues au nord-est de Toulouse. Cf. page suiv., note l.
4. l° Diplôme du 29 avril pour Aton et Epsarius : « Data III. kal. maii, indictione VI., anno IIII, régnante Karolo gloriosissimo rege. Acte Ferrucius villa. » (Historiens de France, t. VIll,p. 440, n° 16; Hist. de Languedoc, éd. Privât, t. II, p. 221, n° 105, d'après le Cartulaire d'Agde perdu). — 2° Diplôme pour