‹ Le règne de Charles le Chauve (840-877)Chapitre 114 sur 211 · Voy. plus haut p. 98, note · texte numérisé non relu

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2. Historiens de France, t. VIII, p. 442, n° 20 ; Histoire de Languedoc, éd. Privât, t. II, p. 237, n° 114. Nous possédons de cet acte une copie du xn" siècle, Bibl. nat., ms. lat. 11015, fol. 15 verso.

3. Historiens de France, ibid, n° 21 ; Histoire de Languedoc, t. II, p. 237, n° 115. L'original n'existe plus. La pièce conservée à la Bibl. Nat. (Coll. Baluze, vol. 390, n. 478) n'est qu'une copie du xia siècle. Elle ne renferme pas les mots « medietatem totius civitatis cum turribus et adjacentiis earum intrinsecus et extrinsecus » qui constituent une interpolation frauduleuse. Voy. Aug. Molinier dans les Mélanges J. Havet, p. 73.

4. Historiens de France, t. VIII, p. 441, n° 19 ; Hist. de Languedoc, t. II, p. 226 n° 109. (Aug. Molinier croit l'acte altéré : ses raisons ne sont pas décisives).

5. Les deux frères exécutés en 834 et 844. Cf. p. 99, note 3.

6. Historiens de France, t. VIII, p. 465, n° 42 (d'après l'original) ; Hist. de Languedoc, t. II, p. 253, n° 123 (d'après les Historiens de France). La date de jour et l'an de règne n'étaient plus visibles déjà au xvn9 siècle. L'acte se place

10w2 CONCESSIONS DE DIPLÔMES [844]

Le 20 mai, à la prière de l'abbé David, Charles délivre un diplôme en faveur de Saint-Laurent en Narbonnais et de ses dépendances, Cauquennes sur la mer, avec les biens que cet abbé avait obtenu par jugement rendu contre Trasoarius et Théoderet, et Notre-Dame en Carcasses : le roi renouvelle le privilège d'immunité de son père et de son frère Pépin, en l'étendant au port maritime attenant au monastère et concède les mêmes faveurs que nous venons de rencontrer dans l'acte pour Saint- Polycarpe *.

À la requête de l'abbé Richefrid, le roi renouvelle le diplôme d'immunité de son père, en faveur du monastère de Saint-Chignan en Narbonnais, fondé par ledit emperereur Louis, et l'étend au monastère de Saint-Étienne sur l'Orbieu, en Carcasses, et concède, en outre, la liberté des élections abbatiales (5 juin)2.

L'abbaye de Caunes en Narbonnais, par l'entremise de son abbé Heudri, se fit renouveler le diplôme d'immunité à elle accordé par Charlemagne et, de plus, diverses « celles » et églises en Carcasses, Narbonnais et Minerves 3.

Au diocèse de Nîmes, le monastère de « l'île de Psalmodi » obtient, par l'entremise de son abbé Thibaud, la restitution de colonges sises dans le pagus de Nîmes et dans celui de Maguelonne. Louis le Pieux avait jadis déjà voulu les restituer à Théodomir, prédécesseur de l'abbé actuel, mais « le feu comte Bernard, par dédain et orgueil, négligea d'exécuter les ordres de l'empereur » et s'appropria injustement les serfs dudit monastère. Charles gratifie, en outre, l'abbaye

certainement en 844 : il conserve l'indiction 7, et la date de lieu (Actum Tolosa cicitate), et son rédacteur, le prêtre Anscarius, a rédigé également l'acte pour l'abbaye d'Amer, qui est du 14 mai (voy. plus loin p. 120, note 1).

1. Historiens de France, t. VIII, p. 457, n° 36 ; Histoire de Languedoc, t. II, col. 229, n° 111. Les deux éditions sont d'après l'original (Archives de l'Aude, série H, n° 11). L'article de l'abbé Sabarthès sur les Abbayes de Saint-Laurent dans le Narbonnais (dans le Bulletin de la commission archéologique de Narbonne, 1908, p. 23-36) contient d'utiles identifications de lieux, mais sa thèse que l'acte de 844 serait faux, ainsi que les diplômes de l'abbaye de Saint- Chignan, est des moins probantes.

2. Gallia christiana, t. VI, lnstr., col. 74; Historiens de France, t. VIII, p. 459, n° 39 { d'après la Gallia christiana) ; Histoire de Lang., t. II, col. 232, n° 113 (d'après les Histor. de Fr.). La fin, depuis illud jusqu'à optaverint me semble interpolée, et la date (« acta sunt nonis junii, ind. VII, anno IV Karoli praecellentissimi régis in monasterio Sancti Saturnini, dum obsideretur Tolosa ») mal disposée. Je ne pense pas, néanmoins, avec l'abbé Sabarthès (voy. note précédente), que l'acte soit faux ; il nous est parvenu dans une transcription défectueuse.

3. Baluze, Capitularia, t. II, col. 1452 ; Historiens de France, t. VIII, p. 466, n° 44 (d'après Baluze) ; Histoire de Lang., t. II, col. 258, n« 125 (d'après les Histor. de Fr.). La fin et la date manquent dans la copie qui nous est parvenue. L'acte est contemporain du aiège de Toulouse.

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d'une colonge appartenant au fisc, appelée « Orivoldanicus » et située à sa porte, et accorde la permission de couper du bois dans la forêt voisine dite « Pinède » (30 juin) * .

Au diocèse de Carcassonne, l'abbaye de Notre-Dame de la Grasse, sur l'Orbieu, voit renouveler un diplôme d'immunité de Louis le Pieux, à la requête de son abbé Élie (13 mai)2.

Vu diocèse d'Elne, l'abbaye de Notre-Dame d'Arles, en Yalespir, fait renouveler et étendre un diplôme d'immunité de Louis le Pieux, par l'entremise de l'abbé Recevind et se fait reconnaître la liberté de l'élection abbatiale (25 juin) 3.

Les établissements ecclésiastiques de la portion de la Gothie, située au delà des Pyrénées, ne furent pas moins empressés à solliciter des diplômes que ceux de la portion septentrionale ou Septimanie.

Le 11 juin, Charles, à la requête de Gundemar, évêque de Girone, renouvelle un diplôme d'immunité de Louis le Pieux, en faveur de cette église et un acte de Gharlemagne confirmant ses possessions dans les pagi d'Ampurias, de Pierrelate, de Girone, de Besaudun et lui accordant, dans l'étendue du diocèse, un tiers du produit des pâturages, du tonlieu, des droits sur les marchands trafiquant sur terre et sur mer; enfin, le roi unit à l'évêché la petite « celle » de Saint-Clément. Observons, que dans cet acte, comme plus haut, on a eu soin de relever un méfait du comte Bernard : sous couleur de faire un échange, il avait mis la main sur un domaine de l'Eglise, « Parus» , situé dans le pagus d'Ampurias 4.

1. Historiens de France, t. VIII, p. 466, n° 45, d'après une copie exécutée en 1745 et transmise à Dom Bouquet par Le Nain, intendant de Languedoc ; Hist. de Lang., t. II, col. 251, n° 222 (d'après les Histor. de Fr.). Les Archives du Gard conservent, sous la cote H 114, une copie figurée de l'original exécutée au. xne siècle. Elle avait été tracée sur la même feuille qu'une transcription d'un diplôme de Louis le Pieux. On peut s'en assurer en rapprochant les deux pièces. Dans la date, le copiste du xne siècle a lu II le V oncial de l'année de règne.

2. Histoire de Languedoc, t. II, col. 225, n° 108. Cf. Ibid, col. 90, n° 29, le diplôme de Louis, qui est lui-même le renouvellement d'un diplôme de Charlemagne.

3. Baluze, Capitul., !. 11, col. 1438; Historiens de France, t. VIII, p. 458, n° 37 (d'après Baluze); Histoire de Languedoc, t. II, p. 24(3, n° 120 (d'après les Historiens de France). La correction « VII kal. junii » au lieu de « VII kal. julii », proposée par dom Bouquet, est inutile. — On trouve, d'ailleurs, « julii » dans deux copies du xvn* siècle de la Bibl. nat., Coll. Baluze, vol. CXV1I, fol. 288 et 344, qui semblent exécutées d'après des originaux.

4. Baluze, Capitularia, t. II, col. 1449; Historiens de France, t. VIII, p. 462, n° 41 (d'après Baluze). On trouve également une copie ms. de ce diplôme, avec le monogramme royal et la souscription (omise dans les imprimés) du chancelier Deormarus, dans la Collection Baluze, vol. CXV1, fol. 154, sans doute d'après

104 CONCESSIONS DE DIPLOMES [844 J

Outre l'église cathédrale, deux établissements du diocèse de Girone sollicitèrent des diplômes. L'abbaye des saints Emeter et Genès, au pagas de Girone, connue par la suite sous le nom de Notre-Dame d'Amer, fit renouveler par l'abbé Wilera un diplôme d'immunité, concédé par Louis le Pieux sur l'intercession du feu marquis Gaucelm1 et, de plus, la liberté des élections abbatiales (14 mai)2.

Domnul, qui avait construit, avec la permission du marquis Rampon 3, un monastère en l'honneur de Saint-Pierre dans le pagus de Besaudun, vint demander au roi la reconnaissance de sa fondation ; il obtint de plus pour1 elle l'immunité et la liberté des élections abbatiales (M mai)4.

Au diocèse d'Urgel, l'abbaye de Santa Grata avait été bâtie au désert par l'évêque Possedonius, lequel avait défriché son emplacement et ses dépendances. Louis le Pieux avait approuvé cette fondation et avait accordé l'immunité au nouveau monastère, à la requête de cet évêque appuyée par le comte Matfrid5. L'abbé Geila obtint le renouvellement de cette faveur et la liberté des élections abbatiales 9 juin) 6.

l'original. Une autre copie (ibid, vol. CVIII, fol. 189) est d'après le Liber viridis (perdu). Les dispositions de ce diplôme et celui de l'empereur Louis doivent être rapprochés d'un acte de jugement du 21 août 843 (in anno tertio postquam obiit Ludovicus imperator), publié par Florez, Espana sagrada, t. XLIII, p. 377.

1. Le frère de Bernard de Septimanie (cf. p. 99, note 3; 101, note 5.).

2. L'acte a été publié d'après l'original, récemment entré à la Bibl. Nat., par M, Omont dans la Bibliothèque de V École des chartes, 1904, p. 364. Il porte comme date de lieu « Thola (sic) civitate ». Le nom du rédacteur, le prêtre « Anscharius », est écrit « Archarius » par suite d'un lapsus du scribe.

3. Le « marquis » Rampon a échappé à Mabille qui donne une liste .des marquis de Septimanie et de Gothie clans son Royaume d'Aquitaine, p. 52-54. 11 était comte de Girone et a\ait joué un rôle important dans la première moitié du règne de Louis le Pieux. Erinold le Noir (1. II, v. 90) et l'Astronome (Vita Ludovici, c. 21) parlent de lui. Il apparaît encore dans un diplôme de l'empereur (Baluze, col. 1424; Histor. de Fr. t. VI, p. 27 eu note, et 532).

4. Baluze, Capitul., col 1447; Historiens de France, t. VIII, p. 455, n° 34, (d'après Baluze). Les archives de N.-D. d'Arles en Valespir (à laquelle fut réuni Saint-Pierre de Besaudun) possédaient au xvne siècle un double original. Dans l'un, on lisait « V. idus marci, indictione VIL anno III régnante Karolo ». Dans les deux, l'apprécation était suivie de ces mots, évidemment ajoutés postérieurement : « quod (ou ha... sic) propriis manibus construxit». Voy. trois copies du xvne siècle à la Bibl. nat., Coll. Baluze vol, CXVII, fol. 277 verso, 293 verso, 340 verso.

5. Le révolté de 834 partisan de Lothaire. En 827, lui et Hugue de Tours avaient par leur incurie laissé les Sarrasins dévaster la marche d'Espagne qu'ils étaient chargés de défendre. Voy. Vita Hludoicici, c. 41 ; Annales regni Xrancorum, a. 827. Cf. Simson, Jahrbûcher... Ludicig d. trommen, t. II, p. 275.

6. Baluze, Capitularia, p. 1416 ; Historiens de France, t. VIII, p. 461, n° 40, (d'après Baluze) ; Histoire de Lang., t. II, p. 241, n° 218, (d'après les Histor. deFr.). — Pour clore cet'.e revue des actes en faveur de la marche d'Espagne, il

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Des « privilèges » concédés aux particuliers le hasard ne nous a conservé que quatre spécimens :

Avant le siège de Toulouse, à Gastel-Ferrus, Charles renouvela des actes de son grand-père et de son père concédant, à titre de bénéfice, les châteaux de Mese et de la Tour (de Jenat), dans le pagus d'Agde, à Aton, à Epsarius son frère, à leurs sœurs, à Regnopulus, fils de Braceron, à ses sœurs. Ces personnages descendaient d' Arrius et d'Ayxomo, qui, fuyant la tyrannie des païens (les Musulmans d'Espagne), avaient obtenu ces faveurs de Gharlemagne et de Louis le Pieux (29 avril) { .

Le lendemain, le souverain concédait, cette fois en toute propriété, à un fidèle, Heudri, des biens du fisc sis en Minerves, près de Narbonne, dans la villa dite Cessères (30 avril)2.

Pendant le siège, Teodfred, a vassal du royaume de Septimanie », présente un diplôme de Gharlemagne portant concession à son père, Jean, d'un villier appelé Fontes, à charge de le mettre en valeur, et tout ce qu'il avait défriché avec ses hommes à Fontjongouse 8. Il montre aussi une lettre de Louis le Pieux au comte Stormion, chargeant celui-ci de remettre Fontes au susdit Jean, sans exiger de lui aucun cens. Charles renouvelle ces actes et concède à l'impétrant, outre la possession perpétuelle de la villa Fontes, l'exemption, pour lui et ses successeurs, des droits de procuration, de fourniture de chevaux et de cens, pour la partie de Fontjongouse que son père (Jean), son oncle Wilimir et lui-même ont défrichée (5 juin) 4.

me faut citer un jugement condamnant le comte Alaric dans ses prétentions touchant le monastère des SS. Quirice (de Codera) et Andrés au pagus de Pierrelate. La sentence aurait été rendue « in presentia domni gloriosissimi Caroli régis, in civitate prope Tolosam, in monasterio sancti Saturnini », le 25 mai de la 4* année du règne du souverain, par des « judices dati a dicto rege ». Cet acte est un faux insigne du xne ou du xme siècle. Il est publié par Villanueva, Viage literario d las Iglesias de Espana t. XIII (Madrid, 1851), p. 225, n° iv « ex libr. XXIV feudorum curiae episcopalis Gerund.,ubiadditur eam cartam produxisse fr. Br. abbatem S. Quirici de Codera pro se et suo monasterio. Porro translatum est sec. XIII exaratum. » (Cf. les remarques de Villanueva, t. XIII, p. 16; t. XV, p. 103-105). Une transcription de cet acte, d'après un autre texte que celui de Villanueva, exécutée par Francisco Planes le 31 décembre 1597, fut copiée par Jérôme Pu jades. Elle est conservée à la Bibl. nat., Coll. Baluze, vol. CCXXXIV, fol. 62 verso. — Une autre copie se trouve dans la Coll. Baluze, vol. CXVI, fol. 104 recto.

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