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garde. L' « ost » qu'on réunissait d'habitude en mai ou juin, devait rejoindre le roi sous les murs de cette ville, tille prit par l'ouest de 1' aquitaine et était déjà parvenue en Angoumois lorsqu'elle fut surprise par Pépin, aidé peut-être du jeune Guillaume, fils de Bernard de Septimaaie. Ce fut une débâcle épouvantable. L'armée franque fut mise en déroute sans avoir, pour ainsi dire, combattu. Pépin ne subit aucune perte alors que l'armée de son adversaire fut presque tout entière tuée ou faite prisonnière (H juin ').
1. Anyiales Bertiniani, p. 30 : « Pippiaus, Pippini quondam régis filius, exercitui ex Francia ad Karolum, Tolosam civitatem obsidionc vallantem, properanti in pago Ecolesimo occurrens, ita brevi et absque suorum casu eum profligavit ut, primoribus interfectis, ecteros fugam ante congressum eliam ineuntes, vis paucis evadentibos, aut caperel aut spoliatos sacratnentoque a lstrictos ad propria redire permitteret. Qua inopinita congressione Hugo, presbyter et abbas, filius Karoli Magni qaondam imperatoris, et, frater Hlodoici itideiu imperatori,patruusque Hlotharii, Hlodoici et Karoli regum, neenon Richbote abbas et ipse consobrinus regum, nepos videlicet Karoli imperatoris ex filia, Etkardus quoque et Ravanus comités cum aliis pluribus interfecti sunt. Capti vero Ebroinus Pictavorum episcopus, Ragenarius Somarobrivae Ambianorum episcopus et Lupus abbas ac filii Etkardi comitis duo, item Etkardus, Guniardus et Ricliuinus comités, Engilwinus etiam aliique non pauci nobilium. » — Annales Fuldenses, p. 34 : « Pippini duces Karli exercitum superant VIL idus junii ; in quo proelio ceciderunt Hugo abbas, patruus Karli et Rilibodo abbas, Hraban quoque signifer cum aliis multis ex nobilibus. » — Annales Xantenses « an. 844... Et Pippinus rex Aquitaniae, filius Pippini, una cum filio Bernhardi, hostem Karoli valde prostravit, ibique Hugo interfectus est abbas » (Mon. Genn., Script., t. II, p. 227). — Annales Laubacenses, pars secunda : « 810 (sic) : VIII idus jul. fuit tonitruum ingens fereum, de quo multi hommes perierunt, et XVIII. kal. jul. bellum inter Pipinum, filium Pipini, et hoiuines Caroli : in quo Hugo et Ricbodo ceciderunt, die sabbati. » (Ibid., t. I, p. 15.)
La date du jour et le lieu de la bataille ont prêté à diverses contestations. L'accord des Annales Laubacenses avec les épitaphes (p. 115, n. 2) prouve que la date du4juin doit seule être retenue et que le « VIlidus junii » des Annales Fuldenses est une erreur. — Prudence place en Angoumois le lieu de l'action. Mais les historiens (Simson, t. II, p. 240; Meyer von Knonau, Nithard, p. 33 et note 501 ; Wenck, p. 87; Diimmler, 1. 1, p. 247), à l'exception de Puckert (Aniane and Gellone, p. 139), veulent, au contraire, que l'armée de secours ait été battue tout près du but, sur l'Agoùf, à une dizaine de lieues au nord-est de Toulouse. Ils s'appuient sur deux textes, la Narratio d'Eude-Aribert, composition romanesque datant peut-être de la fin du moyen âge, qui n'est plus connue que par les fragments reproduits en 1649 par Pierre Borel dans ses Antiquités de Castres (réimpr. de Pradel, 1868, p. 12 et 117; cf. llistor. de Fr., t. VII, p. 287) et le Ghronicon episcoporum Albigensium et abbatum Caslrensium (d'Achery, Spicil., 1™ éd. t. VII, p. 340; éd. de la Barre, t. Ili, p. 570). Mais le premier ne souffle mot de la victoire de Pépin IL II raconte seulement que, pendant le siège de Toulouse, Charles envoya dans la forêt de Vabre (Tarn, arr. Castres) et le pays d'Alby 1500 cavaliers et 5 000 piétons qui commirent les pires excès; au retour les « Carolovienses » furent surpris sur les bords de l'Agoùt, au passage du « Vadum
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Parmi les morts, le plus illustre était Hugue, abbé des monastères de Saint-Bertin, de Saint-Quentin, deLobbes. Issu de l'union illégitime de Charlemagne avec Regina, il avait régné à la mort du vieil empereur, reçu la prêtrise sur l'ordre de Louis le Pieux ; ce qui ne l'avait pas empêché d'être constamment fidèle à son demi-frère pendant les mauvais jours l. A la mort de Louis le Pieux, Hugue ne sut se décider à prendre parti entre Lothaire et Charles. Le traité de Verdun ayant mis ses abbayes dans le royaume de ce dernier, il remplit son devoir envers son jeune neveu et le paya de sa vie. Hugue, d'une nature douce, paraît-il, était aimé de ses royaux neveux et petits -neveux. Pépin lui-même, quand il découvrit sur le champ de bataille le cadavre nu de son vieux grand-oncle percé de coups de lance, fut
Morinum », par Baudouin, évêque d'Alby, auquel s'étaient joints Alphonse de Vabre, le sire de Mandebourg (?), et exterminés. Depuis ce jour le « Vadum Morinum » a pris une nouvelle dénomination : pour conserver le souvenir de la vengeance tirée des pillards, on l'appelle le « Gué du talion » (vadum talionis). Nous sommes en présence d'une invention pseudo-historique dont le but est de fournir une explication fantaisiste d'un nom de lieu, Guitalens, sis sur l'Agoût à 20 kilomètres à l'ouest de Castres. — Le Chronicon contient en quatre vers la substance du précédent récit : « Dum Carolus valida premitobsidione Tolosam — Castrensem firmat regia charta domum — In silvam Vauri stipatus milite multo — Hostiles Hugo provocat en se acies : — Victor ovat transitque vadum, populosque ruinis — Implens, quas dederat cogitur ipse pati. » Un peu plus haut (p. 336,, on lit : « anno 844 Baldoinus episcopabat. » L'existence de ce Baudouin n'était évidemment connue à l'auteur que par Eude-Aribert. Il est clair que celui-ci est également la source des vers que l'on vient de rapporter. Le mot Hugo qu'on trouve dans le Chronicon a égaré "VVenck et Diimmler : ils ont pensé à l'abbé de ^aint- Quentin et, par une combinaison arbitraire, ont prétendu voir dans l'escarmouche i imaginaire) des bords de l'Agoùt, la grande bataille où périt l'abbé Hugue. En dépit de Baluze, qui disait : « Hi versus sunt ejusdem auctoris qui scripsit chronicon » (S}yicil., t. III, col. 570, en note), Aug. Molinier (Manuel, t. II, n° 15?5) revendique pour le Moyen Age la partie versifiée du Chronicon, dont l'éditeur du Spicilegiam, le P. de la Barre, se fondant sur le témoignage d'un contemporain, Guillaume Masnau, attribuait la paternité à l'oncle de celui-ci, Sabathier de la Bourgade, président du parlement de Toulouse et préchantre de Castres. A ces textes ridicules, il suffit d'opposer le témoignage de Prudence, tellement précis et détaillé que l'annaliste a certainement pris part à l'expédition, et, en outre, un passage d'une lettre (n° 91) de Loup de Ferrières écrivant à un ami qu'il a été délivré de captivité par Turpion (cf. plus bas, p. 116, note 4). Ce Turpion est précisément comte d'Angoumois. La bataille a donc bien été livrée en Angoumois. La proximité du monastère de Cbarroux, non moins sans doute que l'affection que Hugue avait vouée à cet établissement, porta les vainqueurs à y ense\elir son corps (cf. p. 115, note 1). Charroux est à dix iieues au nord de la limite de l'Angoumois.
1. Sur la carrière de Hugue pendant le règne de l'empereur, voy. Sirnson, Jahrbâcher Ludicig d. Fromm., t. II, p. 239.