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saisi de douleur et déclara qu'il eût donné beaucoup pour le conserver en vie. Il fit porter le corps dans l'abbaye de Gharroux en Briosin où Hugue avait reçu la prêtrise, avait passé une partie de sa vie comme moine, et qu'il avait, dit-on, élu de son vivant pour lieu de sépulture1.
Parmi les morts figuraient encore deux descendants de Charlemagne, Ribodon, abbé laïque de Saint-Riquier, fils d'une fille inconnue de l'empereur, et, — perte irréparable pour l'histoire, — Nithard, fils de l'abbé laïque Angilbert et de Berthe (fille de Gharlemagne), l'auteur des mémoires qui sont d'un si précieux secours pour le début du règne de Charles. Il est permis de conjecturer qu'il eût poursuivi son récit au delà de décembre 842 sans le fatal combat du 14 juin. Nithard venait d'être pourvu d'un monastère par le roi, et c'est en qualité d'abbé laïque qu'il menait ses vassaux au siège de Toulouse2. On
1. Annales Sithienses, perdues, source 1" des Annales Blandinienses : « 844 obiit Hugo abbas Sithiu » (Mon. Germ., Script., t. V, p. 23), 2° de Folcuin, Oesta abbalum Sithiensium : « Posthaec abbas Hugo a Karolo rege Aquitaniam missus, propter ejusdem régis fidelitatem, dolo Pippini interfectus est XVI II. kal. julii anno incarnationis Domini DCCCXLIIII » (ibid., t. XIII, p. 618). — Annales Sanctl Germani minores : « 845 (sic) Hugo et Ricbodus eodem anno interimuntur » (ibid., t. IV, p. 3). — Annales Sancti Quintini Viromandi : « 8-44. Hugo obiit abba. » ibid , t. XVI, p. 50). — Ces détails sur la fin de Hugue nous sont connus par un poème en trimètres iambiques à lui consacré, composé évidemment au lendemain de sa mort dans l'abbaye de Charroux. Ce poème, qui était accompagné d'une notation musicale, a été publié en dernier lieu dans les Mon. Germ., Poet. lat. aevi Carol., t. II, p. 139. Il est probable que l'auteur a exagéré l'affection de Hugue pour l'abbaye de Charroux.
2. L'épitaphe en vers fait mourir Nithard le 18 des calendes de juin, ce qui évidemment est un lapsus, puisque le 18 des calendes de juin n'existe pas : il se placerait au 15 mai = ides de mai. Il faut naturellement corriger « junii » en «julii » Nous tombons alors le 14 juin, date de la bataille de l'Angoumois. Voy. éd. Traube, Mon. Germ., Poet. lat. aevi carol., t. III, p. 310. Ribodon prédécesseur de Nithard à Saint-Riquier, a dû résigner cette abbaye peu auparavant; son épitaphe ne figure pas, en effet, parmi les Carmina Centulensia, selon la remarque de Traube (ibid., t. III, p. 268 n° 6). Toutefois ce dernier a tort d'écrire « Rigbodonem interfectum esse non jam abbatem .. comprobari videtur », car Ribodon pouvait avoir obtenu une autre abbaye. Il souscrit encore (Radbaudo humilis abbas) le synode de Germigny de septembre 843 (cf. plus haut, p. 85-86).
Le corps de Nithard, salé et déposé dans un cercueil de bois recouvert de cuir, fut porté à l'abbaye de Saint-Riquier. On le plaça dans le sarcophage qui avait contenu le corps de son père, le célèbre Angilbert, sous la porte de l'église abbatiale. L'abbé Gervin Ier (1045-1071), recherchant le corps d'Angilbert (qu'il ne savait pas encore avoir été transféré à l'entrée du chœur), trouva à la place celui de son fils Nithard dans sa lectica de cuir. On distinguait encore à la tête la blessure qui avait donné le coup mortel. Voy. Hariulf, Chronicon Centulense, éd. F. Lot, p. 264-265 (cf. p. 79, 102. 118). Hariulf ne sait rien, au surplus de la bataille où
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cite encore parmi les victimes les comtes Echard l et Ravan2, ce dernier porte-étendard de l'armée.
Au nombre des prisonniers figuraient l'évêque de Poitiers Evrouin, partisan déclaré de Charles qui l'éleva à la haute dignité d'archichapelain et le gratifia de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés3; Renier évèque d'Amiens; le célèl)re Loup, abbé de Ferrières-en-Gàtinais 4 ; deux fils du comte Echard, un autre Echard5, les comtes Gontard et
périt Nithard. Ç/n ne saisit pas pour quelle raison M. Ernst RJùllcr dans son édition de Nithard (p. vin) semble mettre en doute la valeur des renseignements d'Hariulf.