DÉFAITE EN HERBAUGE
Ricouin, celui sans doute que Charles avait envoyé à Louis le Germanique au mois de novembre précédent1 ; Enjouguin 2, et quantité d'autres personnages nobles. Ceux des prisonniers qui furent relâchés furent dépouillés de tout leur avoir ou durent prêter au vainqueur le serment de ne plus combattre contre lui3.
Les noms qui précèdent montrent que l'armée qui venait de se faire battre si honteusement par les Aquitains était composée de Francs venus de la « France » et peut-être de la Bourgogne4.
Les Francs se montrèrent tout aussi incapables de défendre la Neustrie et le Poitou contre les Bretons et leur allié Lambert. A peu près au même instant où l'armée de secours était anéantie, les marquis chargés de défendre le sud de la basse Loire contre Lambert étaient surpris et tués. Hervé, Bernard, Bègue, après avoir mis à mort nombre de vassaux de Lambert, s'étaient lancés dans l'Herbauge à la poursuite du neveu de ce dernier, Gonfier. Celui-ci se déroba et courut chercher le secours de Renier et de Girard auxquels Lambert avait abandonné la Tifîauge et la Mauge. Puis, tous trois peut-être rejoints par Lambert, suivirent à la piste l'armée du marquis qui revenait sur ses pas. La moitié avait déjà franchi les gués d'une petite rivière de l'Herbauge, le Blaison, non loin de sa jonction avec la Maine, quand la cavalerie de Gonfier et de ses alliés tomba sur le restant et l'écrasa. Parmi les morts figuraient Hervé, fils de Renaud, victime de Lambert un an auparavant, Bernard et Bègue. Ce dernier fut enseveli dans le petit monastère de Duren (aujourd'hui Saint- Georges de Montaigu), à deux lieues environ au sud du lieu de combat. Le château qu'il avait bâti presque en face de Nantes, sur la rive gauche de la Loire, évidemment pour surveiller Lambert, et qui garda longtemps son nom, La Motte-Bougon, tomba au pouvoir de Gonfier5.