‹ Le règne de Charles le Chauve (840-877)Chapitre 123 sur 211 · J ÉCHEC DU SIÈGE DE TOULOUSE · texte numérisé non relu

J ÉCHEC DU SIÈGE DE TOULOUSE

résistance. Seule une incursion de Normands en Bretagne put le contraindre à rebrousser chemin l.

Ces nouvelles accablantes parvinrent certainement à Toulouse avant la fin de juin. Elles commandaient impérieusement au roi de revenir en arrière, vers le nord, pour ne pas être coupé par l'armée de Pépin. Avec une obstination dont nous retrouverons bien d'autres exemples, Charles s'acharna au siège de Toulouse pendant six semaines encore. Il fallut bien tout de même se rendre à l'évidence, comprendre qu'avec une armée affaiblie, sans secours à espérer, il était

appartient à l'histoire tandis que dans la Chronique de Nantes ce n'est qu'une légende ». Il vient de prouver que, au sujet du lieu du combat, la Chronique de Nantes et les Annales de Saint-Bertin sont d'accord. Sur le motif principal de la lutte, une guerre privée, une faida entre deux maisons rivales la Chronique est d'accord avec Airaud (Adrevaldus). Coïncidence significative : une des victimes est fils du comte Renaud d'Herbauge (cf. plus haut p. 77), le combat où il périt eut lieu en Herbauge. Visiblement ce pays était disputé entre deux partis. Selon la Chronique, le vainqueur est un vassal et parent de Lambert : selon les autres textes, Lambert lui-même : si bien que pour le fond toutes ces sources s'accordent, chacune ignorant un nom ou une particularité que l'autre connaît. Dès lors, on ne voit pas pourquoi tout étant admissible dans la Chronique, le seul personnage de Bègue devrait être rejeté. Il est vrai que son nom n'est mentionné que dans la Chronique. Mais Airaud ne connaît que Hervé. Faut-il pour cela rejeter Bernard connu par les sources augoumoisines? Prudence nous parle « des marquis » de Charles. Ils étaient donc plusieurs. Bègue était l'un d'eux (Cf. F. Lot, Réponse à la défense de M. Alfred Richard, p. 18, extr. du Bulletin de la Société des antiquaires de VOuest, 1905). Bègue fut enseveli à Durenum, aujourd'hui Saint-Georges de Montaigu (Vendée, arr. La Roche-sur- Yon), sur la Maine, à deux lieues en amont de la chaussée fatale.

Saint-Georges de Montaigu était situé sur une voie romaine aboutissant à Poitiers; le passage du Blaison était à l'endroit appelé aujourd'hui la Forte Cuillère, lequel serait vraiment dangereux selon La Fontenelle et Dufour, Recherches sur les voies romaines de Limonum à Intromagus et à Portus Namnetum, p. 68-72. Ces auteurs discutent aussi de prétendues « traditions » sur la mort de Bègue qu'on trouve dans l'ouvrage, sans valeur, de Massé-Isidore, la Vendée -poétique et historique. Dans son Histoire des rois et ducs d'Aquitaine, La Fontenelle conteste (p. 549) que Bègue ait rien à faire avec la Motte-Bougon près de Nantes.

La date exacte de l'événement est inconnue. Prudence parle de la défaite des « marquis » avant d'entamer le récit de la bataille de l'Angoumois du 14 juin; mais comme il ne s'astreint pas à un ordre chronologique rigoureux il ne s'ensuit pas que l'engagement du pont de la Maine soit immédiatement antérieur.

1. Annales Bertiniani, p. 31 : « Nomenogius Britto eadem tempestate fines sibi suisque antecessoribus distributos insolenter egrediens, Cenomannos usque cuncta longe lateque populando, ignibus etiam plurima cremando pervenit. Ubi, pudita. Nordomannorum intra fines ejus inruptione, redire compulsus est. » — Ce aassage fait suite au récit de la défaite de l'Angoumois du 14 juin. — a On ne sait où il se fût arrêté », dit M. de La Borderie (Hist. de Bretagne, t. II, p. 45), qui confond Nominoé avec Picrochole.

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