LES PREMIERS DESASTRES
Entrée des Normands dans la Seine et.prise de Paris. Synodes de Beauvais et de Meaux. Traité avec Pépin. Défaite de Ballon. Premier synode de Paris. Hostilité de Lothaire. Assemblée d'Épernay : l'aristocratie contre l'épiscopat. Traité avec Nominoé. Premier colloque de Meerssen et assemblée de Bonneuil. Deuxième synode de Paris, réconciliation de Lothaire et d'Hincmar. Accalmie.
Après l'assemblée de Ver, Charles poussa jusqu'à Saint-Denis, où il célébra peut-être la Noël {, puis il remonta la vallée de l'Oise pour y passer la fin de l'hiver, qui fut très dur 2. Il s'inquiétait de la situation de l'Aquitaine et y envoya son archichapelain, l'évêque de Poitiers Ëvrouin, pour tenter de ramener un peu d'ordre en cette région, peutêtre aussi pour négocier avec Pépin 3.
1. Le 9 décembre, le roi est à Saint-Denis, où, à la demande de l'abbé Enjoubert, il renouvelle un diplôme de Louis le Pieux accordant l'immunité (y compris l'exemption de tout ^tonlieu ou péage) au monastère des Fossés (Historiens de France, t. VIII, p. 469, n° 48 ; Tardif, Cartons des rois, n° 146.) — Étant donné l'itinéraire (le roi vient de l'est, de Tbionville en octobre), il est vraisemblable que le séjour de Charles à Saint-Denis est postérieur à son passage à Ver (près Senlis). Vu sa dévotion particulière à saint Denis, on peut conjecturer qu'il demeura en ce monastère pour y célébrer la fête de Noël, ainsi qu'il arriva plus d'une fois par la suite. — On a dit plus haut (p. 88, note 1) que quatre diplômes qui le montreraient à Tours le 30 décembre 844 et le 5 janvier 845 doivent être reculés d'une année.
2. <r Hiems asperrima » dit Prudence, au début de 845 (Ann. Bertin., p. 32).
3. L'anonyme, auteur delà Translatio sançti Germani Parisiensis, nous apprend, au c. 5, qu'en mars 845, au moment de l'arrivée des Normands, Evrouin, évêque de Poitiers et abbé de Saint-Germain-des-Prés, était absent : « Il avait été dirigé en Aquitaine dans le but de procurer la paix pour laquelle il ne cesse de travailler » : « cum praecellentissimus rex Karolus non adesset, Ebroinus vero, antistes egregius piusque hujus monasterii pastor, in Aquitaniam ob impetrandam pacem, pro qua semper certare non cessât, directus esset... » [Analecta Bollandiana, t. II, p. 73).