SYNODE DE BEAUVAIS
ces événements déplorables avaient été le résultat de surprises. Jamais les Normands n'avaient osé affronter des forces régulières. Aussitôt que le souverain avait fait mine de marcher contre eux, ils s'étaient enfuis '. Cette fois, ils étaient remontés au cœur du royaume, s'étaient emparés d'une cité considérée comme une sorte de capitale, au moins commerciale. L'armée des Francs n'avait même pas osé combattre l'envahisseur. Il avait fallu acheter sa retraite. Gomment s'expliquer l'effondrement subit de la puissance des Francs ? Nul doute que dans l'opinion, surtout en Lotharingie et en Germanie, on ne fit remonter au roi Charles la responsabilité de ce désastre ignominieux 2.
Il est toujours commode de tout rejeter sur un bouc émissaire 3. Les ecclésiastiques trouvèrent une autre explication : l'indifférence mêlée de mépris avec laquelle on avait traité les propositions que le Seigneur avait inspirées aux évêques dans les assemblées de Thionvilleet de Ver recevait son châtiment. Dieu seul avait pu permettre qu'une poignée de brigands vînt surprendre la Cité et mettre le royaume à rançon4. L'unique remède à la colère divine, c'était de s'employer à relever l'Église de l'état lamentable où elle languissait en réformant le clergé et en lui rendant les biens dont elle jouissait au temps de Fempereur