‹ Le règne de Charles le Chauve (840-877)Chapitre 143 sur 211 · Cf. p. 1Î9 et p. 110, note · texte numérisé non relu

Cf. p. 1Î9 et p. 110, note

142 SYINODE DE BEAUVAIS [845]

Charles. La mesure la plus urgente, c'était de mettre fin à l'anarchie de la grande province ecclésiastique de Reims en lui donnant un archevêque. Les païens n'avaient certainement pas évacué Paris1, que Charles convoquait un grand concile à Beauvais pour le milieu d'avril2. Outre les prélats de la province de Reims, les évêques Rothadus de Soissons, Siméon de Laon, Renier d'Amiens, Loup de Chàlons-sur-Marne, Erpouin de Senlis, Immon de Noyon, était venu l'archevêque de Sens Ganelon, avec ses sufïïagants, Erchanré de Paris,. Élie de Chartres, Agius d'Orléans :î. Le roi lui-même était présent à l'assemblée. C'est que l'aflaire était d'une importance non seulement religieuse, mais politique au premier chef. Il fallait absolument que Charles vît à la tête de la province non une créature de Lothaire, mais un homme à lui dévoué. Le prêtre Hincmar, moine de Saint- Denis, qui Lavait accompagné pendant l'expédition de Toulouse, dont le crédit est dès lors attesté et l'influence manifeste, lui sembla

1. Les païens, entrés dans Paris le 29 mars, y restèrent peu de temps (voy. p. 139, note 1). Comme le synode était réuni à Beauvais, dès le 18 avril pour le moins, on peut juger de la hâte avec laquelle il fut convoqué. On peut même se demander si le désir d'en finir avec l'affaire de l'archevêché de Reims n'a pas incité le roi à traiter à tout prix avec les Normands.

2. Cette date est attestée par Hincmar qui, dans une lettre écrite à Charles le Chauve en 868, lui rappelle que le synode a été tenu a. anno incarnationis dominicae DCCCXLV., mense aprili, anno VI. regnivestri, in Belgivaco civitate » (Hincmar, Opéra, éd. Sirmond, t. If, p. 321). Hincmar se borne peut-être à reproduire une mention qu'on trouve dans plusieurs copies des articles promulgués à Beauvais, notamment dans une copie qui remonte au ixe siècle, et suivant laquelle le synode a été tenu « apud Belvacum civitatem anno incarnationis dominicae DCCCXLV., mense aprili, anno VI regni domni Karoli, indictione VII » (Cajjitularia regum Francorum, éd. Krause, t. II, p. 387). Dans ce dernier texte, les chiffres de l'indiction sont évidemment erronés, car ils correspondent à l'année 844, qui ne peut être en cause. D'ailleurs, l'an VI du règne, indiqué de part et d'autre, nous reporterait à 846 ; mais cette date elle-même ne saurait être retenue, car le préambule des articles votés au synode de Paris, en février 846, fait allusion au synode de Beauvais et, sans préciser l'époque, le place entre le synode de Ver (décembre 844) et celui de Meaux (juin 845). La date d'année est, au surplus, confirmée par l'épître qu'adressèrent au pape, en 868, les Pères du concile de Troyes : « Anno autem incarnationis dominicae DCCCXLV. Carolus synodum episcoporum regni sui apud Belgivacum civitatem provinciae Rhemensis convocavit » (Historiens de France, t. VII, p. 591). Flodoard (Hisc. eccles. Rem., livre III, c. 1, dans les Mon. Germ., Script., t. XIII, p. 474), reproduit d'après Hincmar la date de 845, sans l'indication du mois. Dans son De praedestinatione (cf. p. suiv., note 2), Hincmar place le concile de Beauvais, dix ans après la déposition d'Ebon, laquelle est de mars 835. — Sur la date de jour, cf. p. suiv., note 2.

3. La liste des évêques présents est donnée par la note placée en tête des articles (voy. note précédente).

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