‹ Le règne de Charles le Chauve (840-877)Chapitre 144 sur 211 · SYNODE DE KE AU VAIS · texte numérisé non relu

SYNODE DE KE AU VAIS

l'homme de la situation l. Inutile de dire que ce choix eut l'assentiment de l'cvêque de Paris, de l'archevêque métropolitain de Sens et de ses suffragants, de l'abbé et des moines de Saint-Denis, non moins que des évêques de la province de Reims ; ou plutôt, par une fiction, on feignit que l'initiative de ce choix vînt de ces derniers2. Au concile de Beauvais, Hincmar fut « élu » métropolitain de Reims, vers le milieu d'avril 3.

Mais, aussitôt cette cérémonie terminée, ce fut aux prélats, y compris le nouvel « élu », de présenter au roi leurs doléances, presque leurs conditions4. Ils réclamèrent de lui le respect des droits et usages du clergé, la restitution des biens enlevés depuis le temps de Charlemagne et de Louis le Pieux, l'abrogation de tous les actes qui en avaient illégalement disposé, la suppression de toutes les redevances levées abusivement depuis lors en terre d'Église; ils demandèrent enfin que le roi poursuivit de tous ses moyens les oppresseurs du clergé. Sous une forme respectueuse, très ferme au fond, c'étaient les mêmes

1. Hincmar avait accompagné le roi en Aquitaine (voy. p. 121). Il joua certainement un rôle au concile de Ver (voy. p. 128-129).

2. Hincmar prétend que l'initiative de la tenue du synode de Beauvais vint des évêques suffragants du siège métropolitain de Reims et que le roi ratifia leur choix : « ïransacto autem decennii tempore post depositionem ipsius Ebonis, convenerunt episcopi Remorum dioeceseos ad synodum Belvacensium civitatis et obtinuerunt consensu domni Karoli régis gloriosi quendam ex dioecesi Senonensi et parocchia Parisiaca apud archiepiscopum et ci\ itatis ipsius episcopum ceterosque provinciae ejusdem coepiscopos, Hincmarum, venerabilis monasterii sanctorum martyrum Dionysii sociorumque ejus monachum ; quem cum decreto canonico cleri et plebis Remorum ecclesiae eidem metropoli ordinaverunt episcopum, sicut dioeceseos Remorum episcopi in praefata synodo evidentissimis et regularibus studuemnt ostendere documentis d (De praedestinatione, c. 36 dans ses Opéra, éd. Sirmond, t. I, p. 327). Cf. (du même), Epistola ad synodum Suession. et Epistola ad Nicoîaum papam (Opéra, t. II, p. 272-273, 303). — La Nar ratio cîericorum Remensium dit plus justement : « Karolus rex eandem ecclesiam longo post tempore reverendo viro Hincmaro gubernandam commisit » (Historiens de France, t. VII, p. 280). Cf. Dans un diplôme du 1er octobre 845 (plus bas, p. 15'?, note 1), on lit : a Electo et ordinato munere sancti spiritus per Dei et nostram dispositionem in eadem sancta sede Hincmaro archiepiscopo. d — L'ancien archevêque déposé Lbon, si longtemps la créature de Lothaire, venait d'encourir la disgrâce de l'empereur. 11 s'était, réfugié auprès de Louis le Germanique, qui le gratifia de l'évêché de Hildesheim. Selon Schrôrs (Hinkmar, p. 38 et 476-180) cette concession serait antérieure au synode de Beauvais et aurait, facilité sa tâche.

3. Le 18 avril, Charles fait don en pleine propriété au fidèle Nithadus du domaine de Hannapes en Laonnois (Aisne, arr. Venins, cant. Wassigny), domaine que celui-ci tenait jusqu'alors en bénéfice du roi. L'acte est donné à Beauvais (Historiens de France, t. VIII, p. 476, n° 52j. <t. L'élection » d' Hincmar doit être proche de cette date du 18 avril.

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