‹ Le règne de Charles le Chauve (840-877)Chapitre 16 sur 211 · Cf. Simson, op. cit., t. il, p. 80-83 et · texte numérisé non relu

Cf. Simson, op. cit., t. il, p. 80-83 et

L'échec du parti d'opposition était complet, et, dans son écroulement, il entiaînait avec lui les quelques hommes éclairés qui avaient cru lutter pour l'idée impériale. Compromis dans les derniers complots, ils n'avaient plus qu'à s'effacer; et, en effet, ils disparaissent désormais de la scène. La constitution de 817, violée, oubliée, fait place à de nouvelles répartitions opérées au profit de Charles : en 837, il reçoit la Frise, le pays entre Meuse et Seine et le nord de la Bourgogne; en septembre 838, à Quierzy-sur-Oise, au moment où il ceint l'épée, il reçoit la Xeustrie et la Bretagne '.

Mais ce qui marqua bien l'abandon total de l'acte de 817, ce fut la division décidée en mai 839, à l'assemblée de Worms. Pépin était mort (décembre 838 ; Louis le Germanique, après s'être révolté une fois de plus, vivait confiné en Bavière: Louis le Pieux fit savoir à Lothaire que, s'il consentait à devenir le tuteur et le protecteur de Charles, tout le passé serait oublié et qu'il aurait la moitié de la monarchie2. C'était un vrai partage à la mode germanique qui était proposé et tel il fut en effet : sauf la Bavière, laissée à Louis, l'empire était divisé en deux parts qu'on avait faites aussi égales que possible et qui, après la mort de l'empereur, devaient revenir à chacun de ses deux fils. Lothaire, appelé à opter en qualité d'aîné, choisit le lot oriental, laissant à Charles un royaume dont la limite était, à l'est, formée par la Meuse, englobait le comté de Toul, laissait en dehors la Chaumontois, le Saintois, le Portois, le Tarais, l'Escuens, les comtés de Vaud, de Valais et du Val d'Aoste, pour englober les comtés de Langres, d'Atuyer, d'Amous, de Chalon, de Lyon, de Genève, puis toute la Provence jusqu'aux Alpes et jusqu'à la Méditerranée 3.

Plus de doute cette fois: l'unité de l'empire était sacrifiée. La mort de Louis le Pieuv, qui survint l'année suivante, le 20 juin 840, devait y porter le dernier coup.

1. Simson, op. cit., t. II. p. 171 et 179. Cf. Auguste Longnon, Atlas historique de la France. Texte. lre partie, p. 70.

2. Nithard, Histor., I, 6, éd. Mùller, p. 10 : « Quam ob rem niissos deligunt et in Italiam ad Lodharium mittunt, promittentes, si patris voluntatem deinceps erga Karolura conservare vellet, omnia quae in illum actenus deliquerat remitti et omne regaum absque Baioana inter illum et Karolum dividendum. »

Page 1