DÉFAITE DE BALLON
instant le bruit courut qu'il était parmi les morts ainsi que son cousin l'archichancelier Louis *.
cat » (ibid., t. II, p. 252); — ces sources angoumoisines ne donnant pas le résultat final de la bataille, Adémar de Chabannes, qui les utilise, en a conclu que Charles avait été vainqueur; d'où ces lignes surprenantes : « Carolus iterum Brittaniam pergens. cum Nomentio duce diraicat, et victor fuit Nomentio iùgato » (dans J. Lair, Études critiques, t. II, p. 113); — Annales Fuldcnses, p. 35 : « Karolus cum Brittonibus conflixit et cum grandi damno exercitus sui ipse cum paucis vix evasit » ; — Annales Xantensés : « 846 (sic)... Karolus contra Brittanos, sed non profuit » (Mon. Germ., Script., t. II, p. 223); — Chronique de Nantes, p. 32 a. Cui (Nomenoio) venit obviam Karolus rex cum insigni exercitu, datoque interea praelio, superatus est Karolus, multis Francorum millibus occisis » (sur ce passage, voy. F. Lot, Mélanges d'histoire bretonne, p. 71-73). — Six'chartes de l'abbaye de Redon (Ille-et-Vilaine) mentionnent dans leurs dates la bataille entre Charles et Nominoé {Cartulaire de Bedon, n°s 121, 160 , Appendice nos 21, 22, 23, 24) sans en indiquer, du reste, le résultat ; les quatre dernières donnent le nom du lieu du combat : « in loco qui dicitur Ballon ». — Le récit de cet événement donné par M. de La Borderie {Histoire de Bretagne, t. Il, p. 48-50, 467-474) est inexact. Il dépeint Charles à la tête d'une « immense armée », parce qu'il utilise un passage de Réginon qui se rapporte en réalité à 851. La correspondance de Loup de Ferrières (voy. plus haut et note suivante) justifie pleinement l'assertion de Prudence que Charles s'est jeté témérairement sur les Bretons « cum paucis ». En novembre, au surplus, l'ost était dispersée. M. de La Borderiele sait bien (cf. p. 50), mais, s'appuyant sur les chartes de Redon dont on vient de parler, il place la bataille (contre le Chronicon Fontanellense) àlafin de juin, ce qui est une erreur complète (voy. Levillain, loc. cit., p. 74). Son identification de « Ballon t> (ce lieu aurait été situé au lieu dit la Bataille, à 1500 mètres au nord-est du bourg de Bains, lequel est à 6 kil. au nord de Redon) a été contestée par M. R. de Laigue (dans le Bulletin archéologique de l'Association bretonne, 3e série, t. XVIII, p. 247-257; cf la réplique très sensée de M. de La Borderie, ibid., p. 258-266). Ballon est le nom d'un petit monastère dont l'abbé, en compagnie de celui d'un autre petit établissement Busal, disputa à l'abbaye de Redon une partie du tonlieu des na\ires à Balrit et Busal. Nominoé ordonna une enquête à laquelle prirent part des vieillards de Peillac, Bains, Renac et Sixt (localités situées au nord-ouest, nord et nord-est de Redon). Il en résulta que seul celui qui possédait Bains (c'est-à-dire l'abbaye de Redon) avait le droit de percevoir le tonlieu (Cartul. de Bedon, n° 106, p. 80). Balrit est représenté par le moulin et le château dits Beaure, sur la rivière d'Oust, à 7 et 8 kilomètres au nord-ouest de Redon. Basai est la chapelle Saint-Méen, juste en face, sur la rive gauche de l'Oust (Desmars, Statistique historique du canton de Redon, 1869, p. 48). Ballon devait être près de Redon, vers le nord, mais, quoi qu'en dise M. de La Borderie, tout proche de Busal et près de la rivière, puisque le Chronicon Fontanellense nous parle de la « difficulté des lieux » et des « marécages ». De Saint-Méen au confluent de l'Aff et de l'Oust s'étend en effet un marécage bordé « de deux hautes collines dont les pentes abruptes tombent à pic dans les eaux » (R. de Laigue, loc. cit., p. 247). C'est dans ces parages que Beppolenus et une armée fianque, ayant passé la Vilaine et tra\ersé l'Oust sur un pont, luttèrent trois jours contre les Bretons de Guérec en 5Ï-0 : « Enfermés entre des défilés et des marais, ils périrent plutôt par la boue que par le glaive », nous dit Grégoire de Tours (livre X, c. 9).
1. Loup de Ferrières, lettre 32, adressée à Louis « abbatum summo D : « Dici