‹ Le règne de Charles le Chauve (840-877)Chapitre 172 sur 211 · REVERS DES BRETONS · texte numérisé non relu

REVERS DES BRETONS

Gerfïoi1. Néanmoins, privé de l'appui de ses frères, Charles n'était pas en mesure de recommencer une expédition contre Nominoé. On le voit dans le nord-est de son royaume2, à Servais près de Laon, le

solide au point de vue chronologique de cette disposition, car Prudence n'a certainement pas rédigé ses notes sur l'année 847 au jour le jour; sa rédaction désordonnée a été faite après coup.

1. Chronicon Fontanellense : « Anno DCCXLVII, ad Bacivum palatium perreximus pro quibusdam praediis ; ibi missiad domnum regem venerunt, interitum Mangili [sic, Brittonis et sociorum ejus nunciantes, qui a Gairfrido comité interfecti sunt. Ipso anno perreximus Bonoilum etc. & (Duchesne, Scriptores, t. II, p. 338). La date de la visite des moines de Saint-Wandrille au palais de Baizieux (près de Corbie, dans la Somme) peut être fixée approximativement. Antérieure au 1er juillet, date du voyage à Bonneuil (voy. p. 178, note 2), elle est postérieure au 23 janvier, époque à laquelle Charles, venant de Meerssen, n'était encore qua Saint-Amand (voy. p. 171, note 2). On peut même préciser davantage : on verra dans un instant que le roi est à Compiègnele 19 avril, puis à Attigny en mai et même dès avril (voy. note 328). Comme Baizieux est tout près de la voie romaiue Tournai-Arras-Amiens, il est tout à fait vraisemblable que Charles, venant de Saint-Amand en Tournaisis, a pris ce chemin pour, d'Amiens, gagner Compiègne. Si cette déduction est correcte, il s'ensuit que le passage du roi au palais de Baizieux, par suite l'acrivée des messagers annonçant la mort du Breton, est un peu antérieur au 19 avril. A cette date, Charles, se trouvant au palais de Compiègne, confirme, à la prière de l'abbé Einhard, un diplôme de son père, l'empereur Louis, approuvant la donation aux moines des Fossés (Saint-Maur-des-Fossés) par le. convers Joubert de la villa de Miré en Anjou, centaine de Brissarthe (Maine-et- Loire, arr. Segré, cant. Châteauneuf-sur-Sarthe) (Tardif, Cartons des rois, n° 153, p. 100). — Le nom du chef breton est certainement mal transcrit dans le texte détestable qui nous est parvenu du Chronicon Fontanellense. On trouve la graphie Mangisus daos deux actes de 1066 du Cartulalre de Redon (p. 311, 312), et cette forme elle-même est une latinisation du breton moyen Maengi, Maengui (ibid., p. 188,242) breton ancien Maenkl {ibid., p. 102, 199, 234, 322, 329). — Le vainqueur, le comte Gairf'redus, est aussi inconnu que le vaincu. Il devait commander quelque comté de la Neustrie avoisinantla Bretagne. Un diplôme de Charles affecte aux besoins des religieux de Saint-Serge d'Angers les villas de Neuillé (Maine-et- Loire, arr. et cant. Saumur) et de Champigné {ibid., arr. Segré, cant. Chàteauneufsur-Sarthe), à la requête de l'abbé laïque, le comte Gairardus (Historiens de France, t. VIII, p. 486, n° 75; cf. Bibl. nat., ras. lat. 13 819, fol. 276 recto,. Ce personnage est certainement le comte d'Anjou. Mais son nom (= Gérard) diffère de celui de Gairi'redus (= Gerfroi, ou encore, sous une forme hypocoristique, Grifon; voy. Longnon, Polyptique d'Jrminon, t. 1, p. 273). En outre, nous connaissons les noms des comtes d'Anjou à partir de la fin de 816 : Lambert (cf. p. 166, note 6i, Eude, Robert le Fort (cf. R. Merlet, les Comtes de Chartes, etc , p. 32-36) se succèdent sans interruption; Gérard, qui paraît dans le diplôme pour Saint Serge, dont la date a disparu, se place donc avant la fin de 846; par suite, on ne peut l'identifier au Gerfroi qui vivait encore en avril 847. C'est sans doute Gérard qu'a remplacé Lambert de Nantes.

2. Un diplôme en faveur de Saint-Aubin d'Angers, qui montrerait Charles à Aix-la-Chapelle le 17 juillet, est un faux. Voy. Giry, Étude critique de quelques documents angevins, p. 39 (extr. des Mémoires de Y Académie des inscriptions,

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