‹ Le règne de Charles le Chauve (840-877)Chapitre 178 sur 211 · Voy. Longnon, Atlas historique de la France, p · texte numérisé non relu

Voy. Longnon, Atlas historique de la France, p

5. Le 11 janvier, Pépin est à Bourges, capitale de l'Aquitaine proprement dite. Le 26 février, il se serait avancé jusquen Limousin et se trouverait à Solignac à peu de distance de Limoges. Il serait non loin de son oncle qui, le 1er mars est à Poitiers (voy. p. 189, note 34. > Charles et Pépin se seraient-ils rencontrés? Ou bien celui-ci se serait-il retiré craignant d'être attaqué ? On ne peut que forger des hypothèses. Au reste, ce diplôme montrant Pépin à Solignac prête à soupçon. Cf plus haut, p. 173, note 3.

[848] EXPEDITION CONTRE LES NORMANDS 18i)

Il se peut que Charles ait été appelé par les Bordelais et qu'il se crût en droit, comme suzerain de Pépin, de se substituer à lui; ou bien encore que les pirates, tout en assiégeant Bordeaux, aient poussé leurs ravages jusque dans la Saintonge et l'Angoumois qui relevaient directement du roi des Francs ' . Toujours est-il que, au cœur de l'hiver, Charles ontrcprit contre les barbares une expédition. 11 se mit en route au commencement ou au milieu de février de l'année 848. Le 23 de ce mois, on le voit à Tours à l'entrée de l'Aquitaine2. Le lei mars il est à Poitiers '.

1. Adémar de Chabannes dit que Séguin était comte de Bordeaux et de Saintes (voy. plus haut, p. 187, note 1). Il est vrai qu'il rapporte aussi qu'en 839 Louis le Pieux donna le comté de Bordeaux à Séguin, celui de Saintonge à Landri (Lair, Etudes critiques, t. II, p. 109). En admettant que ce dernier fût mort depuis lors, Séguin n'eut pu devenir comte de Saintes tout en restant vassal de Pépin pour Bordeaux. A dire vrai, la situation réelle de la Gascogne est profondément obscure. Cependant l'indignation contre Pépin provoquée par la chute de Bordeaux ne peut s'expliquer, semble-t-il, que si cette ville était sous son autorité, au moins nominale.

2. Le 23 février, « in monasterio sancti Martini », Charles renouvelle un diplôme de son père, l'empereur Louis, du 18 avril 822 (Mùhlbacher, n° 756), que lui présente l'archevêque de Sens Ganelon, diplôme par lequel il est ordonné que les monastères senonais de Saint-Pierre, Saint- Jean et Saint-Remy, que les archevêques s'étaient appropriés et dont ils avaient dissipé les revenus, recouvreront leurs biens tels qu'ils sont énumérés dans le libellus dressé par l'archevêque Jérémie et souscrit par lui et ses collègues; ils auront des abbés particuliers, mais nommés et surveillés par l'archevêque. — L'original de cet acte est à la Bibl. nat., Coll. Baluze, t. CCCXC, n° 479.11 a été publié, d'après cet original, par Mabillon (Ami. Bened., t. II, p. 748) et dom Bouquet (Hist. de Fr., t. VIII, p. 487, n° 66), et par Quantin (Cartulaire de l Yonne, t. I, p. 53, n" 27) d'après les deux éditions précédentes. L'indiction 10 est celle de l'année 847, mais l'an 8 du règne convient à 848. 11 est visible que l'indiction doit être sacrifiée, puisque le 23 février 847 Charles était, sur le cours inférieur de la Meuse, près de Meerssen, et non à Saint-Martin de Tours (voy. p. 171).

3. Charles, à la prière du comte Thibaud, abbé de Saint-Jean et Saint-Lezin d'Angers, confirme l'affectation, opérée par celui-ci, à l'entretien des clercs de ce monastère de 30 manses (facti) de colons et 13 manses de serfs sur le domaine abbatial de Seurdres (Maine-et-Loire, arr. Segré, cant. Châteauneuf). La date est ainsi conçue: « Data kalendis martii, indictione X, anno VIII regni Karoli gloriosissimi régis. Actum Pictavis civitate ». L'indiction correspond à 847, l'an du règne à 848, et doit naturellement être préférée puisque le 1er mars 847 Charles était à Meerssen ou près de cette localité, sur le cours inférieur de la Meuse. — L'acte (encore inédit) n'est plus connu que par une transcription du x" ou du xie siècle des Archives de Maine-et-Loire (G 689, n° 675 ;. Le même dépôt a conservé l'original de la charte de donation du comte Thibaud (G 689, n° 73). Elle est postérieure au diplôme royal, beaucoup plus détaillée et renferme des particularités intéressantes. Le comte Teotboldus devait l'abbaye à la libéralité du roi Charles. Sa femme s'appelait Hildegardis (voy. Inventaire sommaire d<>s Archives départementales de Maine-et- Loire, Série G, publ. par Cél. Port, Angçrs, 1880, in-4°, p. 101). Thibaud n'est pas autrement connu et son existence pose un problème : il semble être comte d'Anjou à une époque où Lambert paraît également investi de ce comté.

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