‹ Le règne de Charles le Chauve (840-877)Chapitre 181 sur 211 · FUITE DE PEPIN · texte numérisé non relu

FUITE DE PEPIN

son neveu *. Pépin se réfugia sans doute en Auvergne, car nous voyons son oncle, qui le traquait, camper près de Clermont, le 23 juillet2. Charles ne réussit point à s'emparer de Pépin'1, mais celui-ci, abandonné, fut réduit à se cacher comme un banni, errant çà et là en Aquitaine4. A l'automne, la campagne était terminée et Charles, en repassant par Orléans 5, regagnait la vallée de l'Oise0.

Le ravisseur de la fille de Lothaire, Gilbert, s'était enfui pendant la

1. Prudence passe sous silence cette deuxième expédition d'Aquitaine de 848, dont parle brièvement le Chronicon Fontanellense : « Ipso anno dominus rex Carolus iterum Aquitaniam ingre^sus est contra Pippinum qui tyrannidem meditabatur » (Duchesne, Hist. Francor. Scripl., t. II, p. 3S8).

2. Charles, à la prière de l'abbé Didon, fait donation au monastère de Saint- Florent-le Vieil, des \illas de Nuniaciim (?; sur la Sarthe dans le Maine (Noyensur-Sarthe, Sarthe ?) et de Joannis villa près de la Loire, en Anjou, avec ses dépendances Chansy et Nantilly (localités englobées dans la ville de Saumur), à charge pour les religieux de payer chaque année la dîme des récoltes desdites villas à l'église cathédrale Saint-Maurice d'Angers de qui elles relèvent. — L'original a disparu. L'acte est connu par des copies des xi6, xne et xm* siècles des divers cartulaires de Saint-Florent, Cartulairc en rouleau, n° 4 (Arch. de Maine-et-Loire). Cartulaire rouge, fol. 21 (ibid.), Livre <Vargent}io\. 23 (ibid.), Cartulaire noir, fol. 2 (Bibl. nat., ms. 4930 des nouv. acq. lat.) etc. Il a été publié partiellement par dom Bouquet (Historiens de France, t. VIII, p. 495, n° 76) et mieux par Marchegay (Chartes mancelles de Vabbaye de Saint-Florent, dans la Revue hist et archéol. du Maine, t. III, p. 439). La date de lieu est Actum in villa Puteata non longea civitate Claromonto. « Villa puteata » est inconnue. Sur les localités énumérées dans le diplôme voy. Cél. Port, Dictionnaire de Maine-et-Loire, t. III, p. 487.

3. Et pas davantage à intimider les Normands qui, pendant qu'il faisait campagne en Berry et en Auvergne, recommençaient à terroriser le Poitou (ou plutôt le Briançais), et incendiaient le vicus de Melle (Deux-Sèvres) célèbre par son atelier monétaire : « Nordmanni Metullum vicum populantes incendio tradunt » (Ann. Bert., p. 36, an. 848 in fine). Melle se relèvera, car, en 864, le roi continuera à y placer un des neuf ateliers monétaires du royaume qu'il maintient en dehors du a palais » (voy. l'édit de Pitres, c. 12, dans les Capitularia, t. II, p. 315). Adémar de Chabannes signale, dans un passage très confus du ms. C. (Lair, op. cit. t. II, p. 113- 114), sous la date de juin 846 (?) la destruction de Saint-Florent, laquelle est postérieure au 15 janvier 850. Voy. Lot, Mélanges cVhist. bretonne, p. 44.

4. Prudence parle de Pépin « in Aquitania vagantem » (Ann. Bert., p. 39).

5. 11 se présente à ce propos une difficulté d'itinéraire. Un diplôme en faveur de l'église d'Agde montrerait le roi sur l'Oise, à Quierzy, dès le 11 août. D'autre part, un diplôme en faveur de l'église d'Angers est donné à Orléans le 17 septembre. 11 est difficile d'admettre que le roi à Orléans le 6 juin, près de Clermont, au cœur de 1 Aquitaine, le 23 juillet (voir note 2), soit allé à Quierzy-sur-Oise en août pour revenir à Orléans le mois suivant. Si l'on étudie ces deux actes on voit que celui qui signale Charles à Orléans le 17 septembre ne donne prise à aucun soupçon :

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