Cette introduction est due à M. Louis Halphen
2. Pour le détail des événements qui suivent, nous renvoyons une fois pour toutes à Bernhard Simson, Jahrbiicher des frànkischen Reichs unter Ludwig dem Frommen (Leipzig, 1874-1876, 2 vol.in-8°), et pour la chronologie, à Miihlbacher, Die RegestendesKaiserreichs unter den Karolingern, 2* éd., 1. 1 1 Innsbruck,1908, in-4°). Sur le sujet spécial abordé ici, voir Aug. Himly, Wala et Louis le Débonnaire (Paris, 1849, in-8°); Arthur Kleinclausz, V Empire carolingien, ses origines et ses transformations (Paris, 1902, in-8°) ; J. Calmette, De Bernardo sancti Guillelmi fîlio (Tolosae, 1902, in-8°j. Aucun de ces trois auteurs ne nous semble, d'ailleurs, avoir suffisamment rendu compte de la complexité des idées et des intérêts en jeu dans la
en 810, Charles en 811 : Bernard, fils de Pépin, qui occupait le royaume d'Italie, devait rester subordonné à l'autorité impériale. Mais que serait-il advenu si les frères de Louis avaient été encore en vie ? L'empire, en vertu du partage de 800, n'aurait-il pas couru risque d'être morcelé à jamais ? Pour parer au retour d'un pareil danger, les conseillers du jeune empereur1 lui persuadèrent de régler dès le début de son règne sa succession d'une façon telle, que l'avenir de la monarchie fut assuré désormais.
Et il sembla, en effet, tout d'abord que toutes les précautions étaient prises. Dès le mois de juillet 817, lors d'une assemblée tenue à Aix-la- Chapelle, sans écouter la plupart de ses fidèles, qui escomptaient un partage à la mode germanique, comme tous ceux qu'on avait vus j usqu'alors 2, Louis promulgua une constitution3 aux termes de laquelle l'empire était déclaré un et indivisible. L'aîné de ses fils, Lothaire, en était reconnu le successeur éventuel et, recevant le titre d'empereur, était associé aussitôt à l'exercice du pouvoir. Deux apanages étaient constitués en faveur des fils cadets, Pépin et Louis, qui recevaient le titre de rois. Comprenant, l'un l'Aquitaine, la Gascogne, la marche de Toulouse et les quatre comtés de Carcassonne, Autun, Avallon et Xevers, et l'autre la Bavière, la Carinthie, la Bohème, les pays des Avares et des Slaves et les deux villae de Lauterhofen et d'Ingolstadt, chacun de ces deux apanages était à son tour indivisible et devait retomber tout entier aux mains de l'empereur si son titulaire mourait sans laisser d'enfant. D'autre part, la situation humble et subordonnée faite aux deux rois garantissait pleinement l'unité de l'empire : quand Lothaire aurait succédé à son père. Pépin et Louis seraient tenus de venir le visiter tous les ans et de lui apporter respectueusement leurs
crise de l'empire sous Louis le Pieux. Les partis ont été, selon nous, moins tranchés que ne le laisse entendre M. Kleinclausz et les questions d'intérêt moins exclusives que ne le soutient M. Calmette. M. Himly a eu le tort de suivre avec une confiance excessive le biographe de \Yala ; par contre, M. Calmette a poussé trop loin la défiance, et son désir d'impartialité s'est changé en une partialité évidente contre Wala et pour Bernard de Septimanie. — Tout récemment, M. L.-M. Hartmann est revenu, d'une manière rapide, sur ce sujet au tome III (lre partie i de sa Geschichte Italiens ira Mittelalter (Gotha, 1908, in-8°), p. 127 et suiv. Mais son point de vue ne diffère guère, somme toute, de celui de M. Himly.
1. Voir le préambule de l'acte de 817 cité plus loin, où il est dit que l'acte a été délivré sur le conseil des personnes « qui sanum sapiunt »,et une lettre dans laquelle l'archevêque de Lyon Agobard rappelle à Louis le Pieux qu'il décida alors « quod cura paucissimis tractaverat » [Mon. Germ., Epist., t. V, p 224, .
2. C'est ce qui est nettement indiqué dans le préambule de l'acte de 817. Cf. Simson, op. cit., t. I, p. 101.