MARIAGE DE CHARLES
Thioirville s'engagèrent solennellement à respecter la trêve et à procéder l'été suivant à un partage en trois lots entre lesquels Lothaire pourrait choisir; puis les rois se séparèrent et chacun s'en retourna chez soi1 (milieu de novembre]2).
Cette période de répit allait permettre à Charles de se consacrer un peu à ses états. Il en profita d'abord pour se marier. Le 13 ou le 14 décembre" il épousa, à Quierzy *, Ermentrude, fille d'Engeltrude et du comte d'Orléans Udon et nièce du célèbre et puissant Alard 5. Il séjourna
hinc etiam quod primores populi, degustato semel periculo, iteruni praelium no-
lebant, ac per hoc ut pas inter illos usque in vigesimo die post missam sancti
Johannis firmaretur assentiunt »; Ann. Berlin., ann. 842, éd. Waitz, p. 29 : « Qui-
bus inibi diutius immorantibus et missis alternatim ad Hlotharium intercurrenti-
bus ac de regni portionibus multum diuque consultantibus, tandem inventum est
ut missi streDnui per universum suae ditionis regnum dirigerentur, quorum indus-
tria diligentior descriptio fieret, cujus série trium fratrum aequissima regni divisio
inrefragabiliter statuto tempore patraretur » ; Ann. Fuld., ann. 842, éd. Kurze,
p. 34 : « Cum missi eorum, in Confluente castello convenientes, de partitione
regni concordare non possent, dilato in aliud tempus placito singuli ad sua re-
vertuntur » ; Ann. Xantenses, ann. 843, dans les Mon. Germ., Script., t. 11,
p. 227 : « Prefati très reges miserunt legatos suos proceres, unusquisque ex parte
sua ut iterum perdescriptas mansasacquetripertirent regnum Francorum. Cumque
et inter illos dissensio facta est, venerunt ipsi reges in unum locum et dissonantiam
illorum coadunaverunt et separati sunt a se. »
1. Nithard, IV, 6, p. 48 : « Ad quam (pacem) statuendam hinc inde primates populi Teotonis villam confluunt , jurant ut ipsi reges inter se intérim mutuam pacem servare deberent et ut nequaquam quolibet modo omitteretur ne in eodem conventu ut aequius possent omne regnum dividerent essetque Lodharii, uti juratum fuerat, partium electio ejusdem regni. Hinc quisque qua libuit discessit. »
2. Lothaire est encore à Thionville le 12 novembre iMiihlbacher, Reg., 2e éd., t. I, n° 1094). Le 23 du même mois, Charles, senible-t-il, repassait par cette ville, regagnant ses états, après la conclusion de la trêve, si du moins il faut identifier avec Thionville la « villa Theorinsthe » ou « Theorenstein » (voir Poupardin, le Royaume de Provence, p. 346) d'où il délivra à cette date un diplôme par lequel il prit sous sa protection les biens que l'archevêque élu (de Vienne) Agilmar possédait tant en Aquitaine qu'en Bourgogne (Historiens de France, t. VIII, p. 675, sous la date de 856 et avec l'attribution à Charles, fils de Charles le Chauve).
3. La date du 13 décembre est donnée dans deux diplômes délivrés par Charles le Chauve lui-même le 19 septembre 862 en faveur de l'abbaye de Saint-Denis : «In idibus decembris, quando Deus me dilectam conjugem Hirmentrudem uxoreo vinculo copulavit » (Historiens de France, t. VIII, p. 579 et 582, n03 176 et 177; Tardif, Monuments historiques, p. 118 et 121, n03 186 et 187). La date du 14 est donnée par Nithard, IV, 6 : « Nuptiis quidem XVIIII kalendas januariiexpletis... »