NOUVELLE CHEVAUCHÉE E> AQUITAINE
on le trouve à Vernantes, en Anjou, entre Angers et Tours ', et à Tours même cinq jours plus tard (23 février 2. De là il se lança en Aquitaine3.
Ce ne fut d'ailleurs qu'une simple chevauchée, et il fallut remettre à un autre moment le soin d'assurer définitivement la soumission de Pépin. Dès le courant du mois de mars, il semble que Charles, passant par Autun *, ait regagné la « France » s ; puis il se remit en route
1. Vernantes (Vernemptas villa, Maine-et-Loire, arr. de Baugé, canton de Longue) était situé, senible-t-il, sur une des voies romaines de Tours à Angers par la rive droite de la Loire. Le 18 février 8-13, Charles le Chauve y concède en pleine propriété à son fidèle Gillain le fisc de Cormeilles en Vexin, que le comte Renaud avait tenu en bénéfice (Historiens de France, t. VIII, p. 432, n° 7; Tardif, Monuments historiques, p. 95, n° 141). — Un autre diplôme, délivré par Charles le Chauve en faveur de l'abbaye de Saint-Lomer, est daté comme suit : « Datum VIII idus martii, anno III, indictione V, régnante Karolo gloriosissimo rege. Actum Vernemptas villa » (Historiens de France, t. VIII, p. 433, n' S). En dépit de l'indiction, cette date correspond évidemment au 8 mars 843. Or, nous Talions ^ir, dès le 23 février, Charles était arrivé à Tours. Il est inadmissible que, de Tours, se rendant en Aquitaine, il soit revenu à Vernantes. Il y a donc, dans l'acte du 8 mars, discordance entre Vactum et le datum : accordé à Vernantes, lors du passage du roi en cette localité le 18 février, l'acte n'aura été expédié que dix-huit jours plus tard.
2. Par un acte daté de Saint-Martin-de-Tours et délivré à la prière d'Alard, abbé de ce monastère, il confirme, ce jour-là, les possessions de l'abbaye de Cormery, spécialement celles qu'elle doit à la munificence d'Alard (Historiens de France, t. VIII, p. 438, n° 14; Car lui. de Cormery, éd. Bourassé, p. 29, n° 14).
3. Annales Bertiniani, ann. 843, éd. Waitz, p. 29 : « Karolus Aquitaniam pervagatur. »
4. Dans une lettre écrite pendant le carême d'une année postérieure à 810 et antérieure à 844, on voit l'évêque Ganelon et le comte Girard exprimer les regrets qu'éprouve le roi Charles de l'impossibilité où l'archevêque de Lyon Amolon se trouve de venir les rejoindre à Autun, où ils doivent passer, pour s'entendre au sujet de l'élection épiscopale de cette cité (lettre 81 du recueil de la correspondance de Loup de Ferrières, éd. Dùmmler, dans les Mon. Germ.,Epist., t. VI, p. 72). M. Levillain nous paraît avoir montré, dans son Étude sur la correspondance de Loup de Ferrières (Bibliothèque de VËcole des chartes, t. LXII1, p. 298) que cette lettre n'avait pu être écrite que pendant le carême de 843, ce qui placerait dans le courant de mars ou les tout premiers jours d'avril le passage de Charles à Autun. A la rigueur cependant, on pourrait rapporter la lettre au début de l'année 842, puisque, nous l'avons vu (p. 47), Charles se dirigea alors vers Autun. Mais il faudrait en ce cas admettre que la lettre a été écrite un peu avant le carême, qui débuta cette année-là le 15 février, ce qui donnerait une interprétation moins satisfaisan'e.
5. C'est peut-être, en etfet, à cette époque qu'il faut rapporter un diplôme de Charles le Chauve donné à Compiègne et atfectant à l'entretien des moines de Saint- Riquier un certain nombre de domaines dont l'abbé ne pourra disposer. L'acte qui n'est connu que par la chronique d'Hariulf, compilée à la fin du xie siècle, est daté « XII kal. junii, anno IV régnante domno Karolo serenissimo rege, indictione VI » (Hariulf, Chronique de Vabbaye de Saint-Riquier,ëd. F. Lot, p. 107-108),
vers l'est, afin d'arriver à Verdun à l'époque fixée pour le partage de l'empire *. Le 5 juillet, il était à Attigny 2. Au début du mois suivant, il retrouvait ses deux frères à Verdun3.
Depuis le mois d'octobre 842, les plénipotentiaires avaient pu enfin faire parcourir l'empire et en préparer le partage4 : à Verdun, Lothaire, Louis et Charles n'eurent plus qu'à sanctionner leur œuvre5. A Louis échurent, avec la Bavière, toutes les provinces situées sur la rive droite du Rhin, sauf la Frise, et, sur la rive gauche, les comtés de Spire, Worms et Mayence6. Vers le sud-ouest, son royaume englobait, en outre, 1' « Allemagne » et la Rhétie 7. Le royaume de Lothaire
ce qui semble correspondre au 21 mai 844, puisque la quatrième année du règne s'étend du 20 juin 843 au 20 juin 844. Mais cette date du 21 mai 844 est inadmissible, puisque, comme on le verra plus loin, Charles était alors* au siège de Toulouse. La correction « XII kal. julii », qui nous reporterait au 20 juin 843 (premier jour de la quatrième année du règne) permettrait, semble-t-il, de tout concilier et ferait même coïncider l'an de règne et l'indiction.
1. Ann. Bertin., ann. 843, éd. Waitz, p. 29 : « Karolus ad condictum fratribus obvians, pênes Virodunum conjungitur. »
2. Arr. de Vouziers (Àrdennes). — Il y délivra, à cette date, un acte par lequel, à la prière de l'évêque d'Autun Altheus, il confirme les possessions de l'église d'Autun, les prend dans sa mainbour et leur accorde l'immunité (Historiens de France, t. VIII, p. 443, n° 22).
3. Ann. Fuld., ann. 843, éd. Kurze, p. 34 : « Descripto regno a primoribus et in très partes diviso,apud ViridunumGalliae civitatem très reges mense augusto convenientes regnum inter se dispertiunt » ; Ann. Bertin., ann. 843, éd. Waitz, p. 29 : « Karolus ad condictum fratribus obvians, pênes Virodunum conjungitur. »