‹ Le règne de Charles le Chauve (840-877)Chapitre 99 sur 211 · LAMBERT MAITRE DU NANTAIS · texte numérisé non relu

LAMBERT MAITRE DU NANTAIS

rappelé par les Nantais ou s'imposa à eux, car nous voyons qu'une partie des prisonniers chrétiens s'étant échappés de Noirmoutier, les païens n'osèrent les poursuivre « par crainte de Lambert » '. Se réser-

à la lin de juin 843 mais dans la période suivante, ce qui n'est point vraisemblable. Les Annales Bertiniani mettent, au surplus, la dévastation de l'Aquitaine maritime au lendemain de la prise de Nantes, avant l'installation à Noirmoutier. En outre, la Chronique de Nantes, dans un des chapitres où elle reproduit une source ancienne (voy. note suivante), nous montre les pirates n'osant plus débarquer sur la côte d'Aquitaine après leur établissement à Noirmoutier.

1. Chronique de Xantes, p. 20 : « Captivos vero qui inde fugerant, Dei virtute et timoré Lamberti, minime ausi fuerunt persequi. » Cette phrase appartient au chapitre vu qui renferme sur l'histoire des invasions normandes en Galice, sur leur passage à Bordeaux et à Saintes, des renseignements que confirment absolument, nous le verrons ailleurs, les sources franques et espagnoles. Il se termine par le récit de la réconciliation, le 30 septembre 843, par Susan, évêque de Vannes, de la cathédrale de Nantes (laquelle n'avait pas été brûlée quoi qu'en disent la traduction française de la Chronique de Nantes, (p. 17), et les Miracles de saint Martin deVertou: (voy. note précédente). Ce récit est emprunté à une annale nantaise contemporaine dont on trouve une copie fragmentaire (concernant la prise de Nantes et la réconciliation de la cathédrale) dans un manuscrit du xe siècle, le n° 817 de la bibliothèque d'Angers, au folio 136, verso (cf. plus haut, p. 79, n. 3). Ce chapitre vu est donc, comme le précédent, la reproduction d'annales du ixe siècle aujourd'hui perdues. La phrase reproduite plus haut montre bien, comme le dit M. René Merlet (p. 20, note 1), que Lambert n'avait pas fait alliance avec les païens « et contredit le récit légendaire » du chapitre v où l'on voit (p. 12-13) Lambert se rendant auprès des « Normands et Danois », les décidant par son éloquence à franchir l'Océan et les conduisant jusqu'à Nantes. Il est étrange que les historiens, et jusqu'à \Venck (p. 77) et Dùmmler (t. I, p. 198-199-247), aient pris au sérieux cette assertion. Je ne crois même pas avec M. René Merlet (p. 13 note 1) que « le chroniqueur de Nantes se soit fait l'écho d'une légende qui semble être le résultat de la haine conçue par certains Nantais contre Lambert ». Le chapitre v (comme le chapitre iv) est une paraphrase du texte (l'annale nantaise contemporaine des événements) que le compilateur du xie siècle va reproduire comme chapitre vi et à laquelle il emprunte çà et là quelques mots. Ainsi « ut per mare Oceanum navigantes, Britanniam novam circumirent et per alveum Ligeris, etc. » (p. 12) s'inspire visiblement de ces lignes de l'annale nantaise ùbid., p. 15) : « Ligerim fluvium qui inter novam Britanniam et ultimos Aquitaniae fines in occiduum mergitur Oceanum ingrediuntur, etc. » Et plus loin : « deinde, dato classibus zephiro, ad urbem Namneticam, impiissimo Lamberto crebro exploratore, praecognitam, céleri carbasorum volatu pariter et remorum imnulsu contendunt ». Je crois que l'annale, qui vient de raconter la prise de Nantes par Lambert le traître (transfuga, c'est-à-dire traître aux Francs) après la bataille de Messac, veut dire simplement que les païens ont été précédés dans leur œuvre néfaste, et comme guidés, par cet homme exécrable. Mais on peut s'y méprendre. Le chroniqueur nantais du xie siècle s'y est trompé; et aussi son contemporain, l'archidiacre d'Angers Renaud, lequel rédigeait au même moment (1040-1060) des annales, aujourd'hui perdues, mais dont nous avons des abrégés. Voy. Louis Halphen,. Recueil d'annales angevines et vendômoises, p. xlvii-xlviii, 53, 82.

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