GAVROCHE, FILS DE GAVROCHE, PÈRE DE GAVROCHE
Quelle figure incorrecte et bizarre se montre pardessus la tête de Cosette, par-dessus les épaules savoyardes du Petit Gervais ? C'est le gamin de Paris, la physionomie la plus vivante et par moment la plus drôle qu'ait animée la verve du poète romancier.
A-t-il créé le type ? Non. Tout au plus a-t-il introduit le mot dans la langue littéraire. D'après lui, le phénomène eut lieu vers 1834, dans une page de Claude Gueux, à la faveur de cette phrase : a Rien ne pouvait faire que cet ancien gamin des rues n'eût point par moments l'odeur du ruisseau de Paris. » D'autres, avant Hugo, avaient signalé le personnage, les uns pour le flétrir, les autres pour l'exalter.
Dans le camp des premiers, le Ju vénal de 1830, Auguste Barbier. Il le prend de haut avec lui. Si Hugo a risqué « gamin » qui a fait fortune , Barbier a
lâché « voyou t qui n'a pas à se plaindre du sort. Il y a un abime entre les deux noms, comme entre les deux êtres. « Gamin » est espiègle, et malicieux avec bienveillance ; — « Voyou » est sévère jusqu'à l'outrage. Sous ce terme, Barbier enveloppe dans une réprobation sans pitié toute une lignée, toute une race :
La race de Paris, c'est le pâle voyou,
Au corps chétif, au teint jaune comme- un vieux sou.
C'est cet enfant criard que Ton voit à toute heure
Paresseux et flânant, et loin de sa demeure,
Battant les maigres chiens, ou le long des grands murs,
Charbonnant en sifflant mille croquis impurs.
Cet enfant ne croit pas, il crache sur sa mère ;
Le nom du ciel pour lui n'est qu'une farce amère ;
C'est le libertinage enfin en raccourci,
Sur un front de quinze ans c'est le vice endurci.
Barbier-Juvénal lui reconnaît une vertu, pourtant, comme Molière à don Juan : le cœur. Le don Juan du faubourg, le don Juan en blouse et en sabots est brave comme un vieux soldat :
Et pourtant il est brave, il affronte la foudre ; Comme un vieux grenadier il mange de la poudre. Il se jette au canon en criant : Liberté !
Sous la balle et le fer il tombe avec beauté.
Vertu mal employée, mise au service du désordre et de la rébellion :
Mais que l'Emeute aussi passe devant sa porte, Soudain l'instinct du mal le saisit et l'emporte : Le voilà grossissant les bandes de vauriens, Molestant le repos des tremblants citoyens,
Et hurlant, et le front barbouillé de poussière, Prêt à jeter à Dieu le blasphème et la pierre.
Un romancier, Eugène Sue, va renchérir sur ces teintes sombres : du voyou de Barbier, il tire son horrible type de Tortillard, — Tortillard, un composé du singe et du tigre, malfaisant comme l'un, féroce et alléché de sang comme l'autre ; ayant inné l'amour du vice et se complaisant à faire le mal pour le mal . J'ai hâte de le dire : Tortillard sort de la nature et de la vérité. C'est une peinture monstrueuse, dont on peut dire qu'elle calomnie l'époque et déshonore l'espèce.
Suivez-moi en place de Grève, un jour d'exécution capitale, toujours à la même date, c'est-à-dire en ces années voisines de 1830. Deux apprentis, en blouse d'atelier, « Lolo et Titi, » font ligure au premier rang des spectateurs, défendent leur place et ne la céderaient pas pour une loge à l'Opéra. Il s'agit de voir tomber une tête, et de redire aux camarades comment cela s'est passé, et si Chose, l'assassin fameux, a fait bon visage en gravissant l'escalier de a l'abbaye de Monteà-Regret. • De l'émotion, ils en éprouvent sans doute, à mesure que se déroule le sinistre spectacle. Mais nos gamins meltent leur amour-propre à n'en rien laisser voir. En quoi Lolo réussit mieux que Titi, puisque le premier dit au second : « Es-tu pâle ! tu pleures ? Que t'es bête! c'est des scélérats. A Clamart (1) ! »
(1) Henri Monnier, Scènes populaires.
Entrez maintenantau théâtre du Gymnase dramatique, un soir du mois de janvier 1836, — ou plutôt, non, n'y entrez pas encore : je vous réserve ce plaisir pour plus tard. Lisez seulement l'affiche qui porte en grandes majuscules ce titre affriandant : Le gamin de Paris, comédie vaudeville en deux actes, de M. Bayard, avec l'excellent acteur Bouffé dans le rôle principal ; sachez en outre que Joseph Meunier, le héros de la pièce, l'apprenti typographe, le gamin en question, est pétri de cœur, et, pour se distinguer de César, possède pas mal de défauts, mais pas un vice ; qu'il repêche les marmots qui se noient et les demoiselles qui sont en passe d'en faire autant; bref, appliquez-lui dans toute son étendue la définition expressive de Gavarni : « un peu vif, mais bon cœur.» Vous aurez un troisième type, une troisième médaille du personnage cher à nos pères.
Or extrayez de chaque type ce qu'il a de plus expressif, et, en général, de meilleur ; étendez infiniment ses limites, accroissez son relief, renforcez son action, faites-y affluer le mouvement, l'esprit et la vie, vous aurez quelque idée du Gavroche de Victor Hugo.
Etrange fortune des créations de l'art ! Le Thersite d'Homère est immortel comme son Achille ; dans Victor Hugo, un drôle en guenilles, né, grandi, tombé dans le ruisseau des rues, s'impose aussi impérieusement à notre souvenir que ces grandes et hautaines figures du drame romantique, Hernani, Ruy-Blas, et les autres. Pourquoi? C'est que, en reprenant le type entre ses mains puissantes, le maître l'a repétri, reforgé, pour ainsi dire. Le métal est entré d'un seul jet dans le
moule qui lui donna sa forme, et l'image, agrandie, transfigurée, a pris je ne sais quoi d'épique. Epique le mystère de cette famille de bohèmes d'où est issu Gavroche ; épiques les épreuves de sa première enfance ; ses courses aventureuses , son existence problématique sur le pavé de la grande ville , ses inventions de domicile fantasque et d'installation saugrenue dans le ventre de l'éléphant de la Bastille; épiques ses chansons, ses propos, sa philosophie de faubourien revenu de bien des choses ; la protection qu'il accorde sérieusement et de haut à de plus faibles, à de plus dénués que lui ; épique enfin sa mort, en pleine émeute, du mauvais côté de la barricade, hélas ! Personnage de prédilection, étudié avec complaisance, dessiné avec amour, envisagé dans son germe et son développement, expliqué par son origine et son milieu d'abord, par lui-même ensuite, enfin par sa descendance. Tout le sujet et toute la philosophie du sujet, sans compter ce qu'il faut de science positive et d'histoire naturelle pour bien faire connaître, comprendre, accepter, j'ai presque dit aimer le phénomène, t Paris a un enfant et la forêt a un oiseau; l'oiseau
s'appelle le moineau, l'enfant s'appelle le gamin
Ce petit être est joyeux. Il ne mange pas tous les jours, et il va au spectacle, si bon lui semble, tous les soirs. Il n'a pas de chemise sur le corps, pas de souliers aux pieds, pas de toit sur la tête ; il est comme les mouches du ciel qui n'ont rien de tout cela. Il a de 7 à 13 ans, vit par bandes, bat le pavé, loge en plein air, porte un vieux pantalon de son père qui lui descend plus bas que
les talons, un vieux chapeau de quelque autre père qui lui descend plus bas que les oreilles, une seule bretelle en lisière jaune, court, guette, quête, perd le
temps, culotte des pipes Si l'on demande à l'énorme
ville : qu'est-ce que cela? elle répondrait: C'est mon petit.
« Le gamin de Paris, c'est le nain de la géante....
« Il a quelquefois un logis et il l'aime, car il y trouve sa mère ; mais il préfère la rue, parce qu'il y trouve la liberté. Il a ses jeux à lui, ses malices à lui... ses métaphores à lui,... sa monnaie à lui...
« La gaminerie est une nuance de l'esprit gaulois. »
Voilà le genre ; voici l'espèce : Gavroche est a bruyant, blême, leste, éveillé, goguenard, àl'airvivace et maladif. 11 allait, venait, chantait, jouait à la fayousse, grattait les ruisseaux, volait un peu, mais comme les chats et les passereaux, gaîment (oh ! oh! monsieur le poète, vousidéalisezle vol, et cela n'est passage!), riait quand on l'appelait galopin, se fâchait quand on l'appelait voyou. Il n'avait pas de gîte, pas de pain, pas de feu, pas d'amour, mais il était joyeux, parce qu'il était libre. » — Tel fils, tel père. Jondrette, l'auteur de ses jours, avait dit à la concierge de la masure Gorbeau, le jour où il emménagait: a Mère une telle, si quelqu'un venait par hasard demander un Polonais, ou un Italien, ou peut-être un Espagnol, ce serait moi. » Au reste, son emménagement est peint d'un mot : « l'entrée de rien du tout. » Quand Gavroche arrivait, on lui demandait: « D'où viens-tu ? «Il répondait: «De la rue. i — Quand il s'en allait, on lui demandait : « Où vas-tu ?» — Il répon-
t : « Dans la rue. » Sa mère lui disait : Qu'est-ce que riens faire ici ? — « Gavroche vivait dans cette absence ffection, comme ces herbes pâles qui viennent dans caves. Il ne souffrait pas d'être ainsi et n'en voulait >ersonne. Il ne savait pas au juste comment devaient e un père et une mère. »
Jn jour, il frappe vainement à la porte du logis. — Il a personne, dit la mère Burgon, concierge delà ,sure Gorbeau. — t Bah ! reprit l'enfant, où est ne mon père? — A la Force. — Tiens, et ma mère ? — saint-Lazare. — Ehbien! etmessœurs? — Aux Madeinettes — L'enfant se gratta le derrière de l'oreille lit : Ah ! — Puis il pirouetta sur ses talons, et un iment après, la vieille restée sur le pas de la porte itendit qui chantait de sa voix claire et jeune, en nfonçant sous les ormes noirs, frissonnant au vent liver :
Le roi Coup-de-Sabot S'en allait à la chasse, A la chasse aux corbeaux, Monté sur des échasses.
Quand on passait dessous, On lui payait deux sous. »
Vinsi commence pour Gavroche une filière d'aven- •es où nous n'avons pas à le suivre. Elles le conisent, de l'éléphant de la Bastille, son domicile ordiire, à la barricade de la rue de la Chanvrerie, son nbeau. Là (juin 1832), sa témérité de gamin ironique gouailleur lui fait provoquer, taquiner, esquiver, laguer » et finalement attraper la mort. Cette mort
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fournit au romancier la matière d'une de ses pages les plus richement, les plus curieusement ciselées. Nous ne la croyons pas bonne ,à reproduire. Ces prouesses d'émeutier en herbe, et plusqu'en herbe, ces gamineries d'insurgé au petit pied ne sont pas des spectacles à présenter à de jeunes regards. A quoi bon se griser à ce breuvage capiteux et malsain? Les jeunes cœurs ne doivent battre que pour des trépas avoués par la loi et l'éternelle justice, revendiqués par le devoir, ombragés par les plis du drapeau de la patrie.
Gavroche est mort, vive Gavroche! Lui-même a pris soin d'assurer sa succession.
Vous vous rappelez l'affreux couple Thénardier, les aubergistes de Montfermeil, bourreaux de cette innocente et gentille petite Cosette ? Les Thénardier ont mal fini : cela devait être. La ruine est venue, puis la misère et la dispersion. Leurs enfants se sont vus, un beau matin, abandonnés sur le pavé de Paris. Les deux plus jeunes, l'un de cinq, l'autre de sept ans, affamés, déguenillés, se traînaient, un jour de froid et de bise, pleurant la faim, lorsque la fortune veut qu'ils rencontrent Gavroche. Gavroche a bon cœur, nous l'avons vu : c^st une qualité héréditaire dans la race des gamins de Paris. Cela l'étonné, non qu'on soit en guenilles, non qu'on montre ses pieds par les trous de ses souliers, ses genoux par ceux du pantalon ; non pas même qu'on soit blême, affamé, et, si jeune, déjà errant sur le pavé de la grande ville : non, Gavroche a ses raisons pour trouver cela tout naturel. Ce qui l'étonné et le scandalise , c'est qu'on geigne , c'est
qu'on pleure pour si peu : il en a vu bien d'autres !
Donc voilà Gavroche qui adopte ces orphelins. Il se fait providence d'abord, puis instituteur et père de famille. Instituteur et professeur de quoi? Eh bien ! de la science du bohème en bas âge, de la profession de gamin en titre, gamin de la capitale et non de labanlieue, gamin de Paris et non de Montfermeil, Gavroche enfin et non Thénardier. Et voilà qu'il leur révèle successivement tous les secrets du métier : l'art de se vêtir à peu de frais, de se nourrir de même, de loger gratis. Entre-temps, leçons de langue et de grammaire pratique sur des bases qui ne sont pas absolument celles qu'a jetées l'Académie française. Stupéfaction des deux marmots, le jour où, pour la première fois, Gavroche, rompant en trois la pitance du déjeuner, présente à chacun sa part en disant : a Colle-toi ça dans, le fusil. » Quel fusil ? Eh ! petit ignorant, celui dont la nature, bonne mère, nous a pourvus tous ; le tube appelé digestif par les doctes, — assimilé par les autres, en vertu d'une hardie métaphore, au tube d'un mousquet. Le fusil, quoi ! C'est limpide.
Et de même pour les actes principaux de la vie.
Sur ce terrain, Gavroche est bon maître, et les petits, bons écoliers, si bien que Gavroche meurt justement à l'heure où les deux jeunes Thénardier sentent leurs ailes venues, peuvent voler d'eux-mêmes, quitter le nid, faire bande à part. Ainsi font-ils.
Nous les retrouvons dans le jardin du Luxembourg, par une matinée de juin, à peine mouillée d'une ondée légère. Car a la terre en été est aussi vite sèche que la
joue d'un enfant. » Ils sont seuls, le grand et le petit, douze ans à eux deux ; ils ont grand faim. Le jardin est désert, à cause de l'émeute qui gronde toujours de l'autre côté de l'eau . Un bourgeois et son fils traversent le parterre, à proximité du bassin. L'enfant tient un gâteau à la main. Il y mord d'une dent repue et blasée ; puis crache le morceau et se met à pleurer, <t Pourquoi pleures-tu? demanda le père. — Je n'ai pas faim. — On n'a pas besoin de faim pour manger un gâteau. — Mon gâteau n^ennuie, il est rassis. — Tu n'en veux plus ? — Non. — Jette-le à ces palmipèdes. » Et le père montra les cygnes dont l'escadre voguait à l'autre bout du bassin. On appelle les cygnes, le gâteau est jeté et surnage. Puis, inquiété par le bruit croissant de l'émeute et par un gros nuage qui menace, le père entraîne son fils.
Ici un petit drame palpitant d'intérêt et dout il ne faut rien perdre :
« En même temps que les cygnes, les deux petits errants s'étaient approchés de la brioche. Elle flottait sur l'eau. Le plus petit regardait le gâteau... Dès qu'ils ne furent plus en vue (le bourgeois et son fils), l'aîné se couche vivement à plat ventre sur le rebord arrondi du bassin et, s'y cramponnant de la main gauche, penché sur l'eau presque à y tomber, étendit avec sa main droite sa baguette vers le gâteau. Les cygnes, voyant l'ennemi, se hâtèrent, et en se hâtant firent un effet de poitrail utile au petit pêcheur ; l'eau devant les cygnes reflua; et l'une de ces molles ondulations concentriques poussa doucement la brioche vers la baguettte de l'en-
fant. Comme les cygnes arrivaient, la baguette toucha le gâteau. L'enfant donna un coup vif, ramena la brioche, effraya les cygnes, saisit le gâteau et se redressa. Le gâteau était mouillé, mais ils avaient faim et soif. L'aîné fît deux parts de la brioche, une grosse et une petite, prit la petite pour lui, donna la grosse à son petit frère, el lui dit : « Colletoiça dans le fusil (1). »
Ainsi s'explique la formation des langues, et leur perpétuité.
Malgré ce succès posthume de sa méthode d'éducation, Gavroche a-t-il vraiment laissé une lignée? J'en doute. En tous cas, elle est, de nos jours, singulièrement clairsemée, et tout annonce pour elle l'heure de la décadence.
Il y a de cela deux causes: c'est d'abord le rude coup de pioche donné par M. Haussmannet ses successeurs, dans le périmètre du vieux Paris. Plus de masure Gorbeau pour servir de gite de hasard à ces échappés de la rue ; plus de ruelles obscures et tortueusesfermées àl'œil inquisiteur du policeman ; hélas ! plus d'éléphant de la Bastille. A leur place, des squares spacieux et ensoleillés, des rues larges, des boulevards rectilignes, des immeubles où régnent l'eau, le gaz, tous les raffinements du confort moderne. Que voulez-vous que deviennent dans tout cela Gavroche et ses guenilles? Gavroche et ses malices? Gavroche et ses combinaisons de vie à bon marché? Gavroche émigré : ce n'est plus Gavroche.
Après le coup de pioche, le coup de cloche : je veux
(1) Les Misérables, cinquième partie, p. 79. (Edition Hachette.)
100 LE RÈGNE DE i/ENFANT.
direla cloche de l'école; de l'école "qui discipline, police, nettoie, civilise; dePécole où l'on entre gamin et d'où l'on sort honnête garçon, studieux, docile, sérieux, rangé. Gavroche se range, ce n'est plus Gavroche. Il n'estplusseulement apprenti typographe, comme Joseph Meunier ; il est télégraphiste: il porte l'uniforme noir et hleu du gouvernement, il tient par un fil à Son Excellence M. le Ministre de l'intérieur. Il a un dossier à son nom dans les cartons de la Direction générale, une feuille d'émargement et d'avancement, un livret de caisse d'épargne. Gavroche est fonctionnaire, Gavroche est rentier. Ce n'est plus Gavroche.
Parfois, au détour d'une rue en construction, à l'extrémité d'un faubourg, sur la frontière indécise de la ville et de la banlieue, l'ancien et le nouveau Gavroche se rencontrent, s'abordent, s'interpellent. Et alors se joue entre eux, bien au naturel, la jolie scène du Loup et du Chien racontée par le fabuliste : Gavroche le maigre admire, envie, flatte Gavroche le gras. L'autre se rengorge, fait sonner sa félicité, découvre un coin de sa chaîne officielle, lâche ces mots : « attaché au bureau de la rue de Grenelle. » — «Attaché! dit Gavroche, dressant l'oreille.
Vous ne courez donc pas
Où vous voulez? — Pas toujours ; mais qu'importe ? — Il importe si bien que de tous vos repas
Je ne veux en aucune sorte, Et ne voudrais pas môme à ce prix un trésor. » Gavroche, cela dit, s'enfuit et court encor.